<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Transparence De L'État | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/transparence-de-letat/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Sat, 26 Sep 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/transparence-de-letat/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/transparence-de-letat/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Mourir enfermé : combien de morts ? L'État ne sait pas</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/deces-privation-liberte-decompte-etat/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/deces-privation-liberte-decompte-etat/</guid><pubDate>Sat, 26 Sep 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Prison</category><category>Rétention administrative</category><category>Psychiatrie sous contrainte</category><category>Transparence de l'État</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/deces-privation-liberte-decompte-etat/cover.webp" length="40708" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Un détenu appelle à l&rsquo;aide. Sa cellule s&rsquo;ouvre environ quarante-cinq minutes plus tard. Dans beaucoup de prisons, aucun interphone ne permet d&rsquo;alerter un surveillant à temps [1]. Chaque année, plusieurs centaines de personnes meurent enfermées en France. L&rsquo;État ne sait pas dire combien, ni de quoi [1].</div>

<h2 id="personne-ne-tient-le-compte">Personne ne tient le compte</h2>
<p>Le constat a été rendu public le 25 septembre 2026. Il vient d&rsquo;une autorité de contrôle indépendante des lieux de privation de liberté [1]. Cette autorité ne reçoit d&rsquo;ordres ni du gouvernement, ni de l&rsquo;administration. Son verdict est net.</p>
<p>Plusieurs centaines de personnes meurent chaque année privées de liberté. En garde à vue, en zone d&rsquo;attente, en rétention, en prison, en hôpital psychiatrique. « Leur nombre exact n&rsquo;est pas déterminé, faute de traçabilité », écrit-elle [1].</p>
<p>Le comptage est éclaté entre trois ministères. Chacun a ses trous.</p>
<p>Le ministère de la Santé est « incapable » de dire combien de patients meurent pendant des soins forcés [1]. Le ministère de la Justice recense les morts en détention, mais ne publie pas ces chiffres de façon systématique [1]. Le ministère de l&rsquo;Intérieur compte depuis 2018, mais n&rsquo;a transmis aucun élément à l&rsquo;autorité de contrôle sur les décès dans les locaux de police [1]. En 2023, une personne morte après un passage en rétention n&rsquo;avait même pas été comptabilisée [1].</p>
<p>L&rsquo;autorité demande que chaque ministère compte les morts, en nomme la cause et publie le tout. Un comité de l&rsquo;ONU avait formulé la même exigence à la France en 2025 [1].</p>
<aside class="pullquote">Des centaines de morts chaque année sous la garde de l&rsquo;État, et pas de compte fiable pour les nommer.</aside>

<h2 id="en-prison-le-lieu-le-mieux-suivi">En prison, le lieu le mieux suivi</h2>
<p>La prison est l&rsquo;endroit le mieux documenté. Et le tableau y reste incomplet.</p>
<p>Les chiffres du ministère de la Justice donnent 275 décès en détention en 2025 [1]. Plus de la moitié sont des suicides [2]. Sept décès sur dix sont des morts violentes, pas des maladies [3].</p>
<p>Sur le suicide, la France se détache en Europe.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">19,4</span> <span class="stat__label">suicides pour 10 000 détenus en France, plus du double de la médiane européenne (7,3)</span></aside>

<p>Ce taux vient d&rsquo;un relevé européen du Conseil de l&rsquo;Europe [2]. Un endroit concentre le danger : le quartier disciplinaire. Le risque de suicide y est vingt fois plus élevé que dans le reste de la prison. Quarante fois plus le jour du placement [2].</p>
<p>Même ce chiffre, le mieux suivi, est sous-évalué. Seules les pendaisons et les automutilations graves sont comptées d&rsquo;office comme des suicides [2]. Les morts par médicaments ou par incendie sont jugées « litigieuses ». La commission chargée de trancher « ne se réunit plus depuis 2017 » [2]. L&rsquo;autorité l&rsquo;écrit sans détour : « Le nombre exact de suicides est certainement sous-estimé » [2].</p>
<p>Un dernier chiffre relie la mort et la surpopulation. De début 2022 à avril 2026, vingt-quatre détenus ont été tués par des codétenus. Presque tous étaient dans des prisons suroccupées [1].</p>
<h2 id="des-comptes-qui-ne-concordent-pas">Des comptes qui ne concordent pas</h2>
<p>Hors des prisons, les chiffres se contredisent. C&rsquo;est le signe qu&rsquo;aucun compte unique n&rsquo;existe.</p>
<p>Dans les locaux de police, de gendarmerie et de rétention réunis, l&rsquo;Intérieur recense 14 morts en 2025 [1]. La police des polices, l&rsquo;IGPN, compte 12 tirs mortels de policiers la même année, 16 en 2024 [4]. Mais elle n&rsquo;enquête que sur la police nationale. La gendarmerie dépend d&rsquo;une autre inspection. La police municipale n&rsquo;entre dans aucune des deux [4].</p>
<p>Un média engagé, Basta!, tient sa propre base sur cinquante ans [6]. Ses totaux dépassent ceux des inspections. En 2021, il compte 52 morts, contre 47 pour les deux inspections réunies [6]. L&rsquo;écart tient au périmètre : Basta! ajoute la gendarmerie, la police municipale et les décès survenus pendant une fuite [6]. Il reproche aussi à l&rsquo;IGPN de classer les morts selon « la responsabilité présumée de la victime », ce que « seule la justice devrait trancher » [6].</p>
<p>Aucun de ces décomptes n&rsquo;est neutre. Une inspection qui enquête sur ses propres agents est juge et partie [4]. Un média militant a son parti pris [6]. Le fait solide n&rsquo;est pas un nombre. C&rsquo;est qu&rsquo;aucun décompte officiel des interventions mortelles des forces de l&rsquo;ordre n&rsquo;existe [6].</p>
<p>Un exemple le montre. Pour les morts après une immobilisation au sol, ou plaquage ventral, l&rsquo;IGPN en recense cinq depuis 2014, pour la seule police [5]. Une enquête de presse, qui croise autopsies et dossiers judiciaires, en compte « au moins 20 » en trente ans [5]. Parmi elles, un livreur mort après un contrôle, l&rsquo;autopsie relevant une fracture du larynx [5].</p>
<h2 id="se-soigner-enfermé">Se soigner enfermé</h2>
<p>Beaucoup de ces morts posent la même question : l&rsquo;accès aux soins.</p>
<p>En détention, l&rsquo;escorte manque. Jusqu&rsquo;à un tiers des consultations spécialisées prévues sont annulées, faute d&rsquo;escorte pour accompagner le détenu [1]. Une extraction annulée quatre fois de suite a retardé de six mois la détection d&rsquo;une maladie grave [1]. Un détenu sous dialyse a été limité à deux séances par semaine au lieu de trois [1].</p>
<p>Le même mécanisme se retrouve en rétention. Au centre du Mesnil-Amelot, une personne malade est morte dans la nuit du 17 au 18 octobre 2024 [7]. Un rendez-vous à l&rsquo;hôpital, prévu la semaine d&rsquo;avant, avait été annulé, « sans doute » faute d&rsquo;escorte selon les associations présentes sur place [7]. Le procureur de Meaux a ouvert une enquête. Les causes de la mort restent inconnues [7].</p>
<p>À l&rsquo;entrée en garde à vue et en cellule de dégrisement, l&rsquo;examen médical manque souvent. L&rsquo;autorité y voit « un risque grave » [1].</p>
<p>La prévention du suicide reste défaillante. Le risque avait été repéré dans 40 % des cas [2]. Le délai pour voir un psychiatre va de quatre à huit mois [2]. L&rsquo;accès aux dispositifs nationaux d&rsquo;écoute est quasi nul [2].</p>
<p>Le trou le plus grand est en psychiatrie. Le ministère de la Santé ne sait pas dire combien de patients meurent pendant des soins forcés [1]. Or ces mesures augmentent : 77 767 personnes en 2022, 85 710 en 2024 [1].</p>
<p>En rétention, le seul décompte vient des associations. Elles comptent quatre morts en 2024, quatre déjà en 2023 [7]. Depuis octobre 2024, quatre personnes sont mortes enfermées en centre de rétention : deux suicides, une personne qui a cessé de s&rsquo;alimenter, une autre dont les causes restent indéterminées [8].</p>
<h2 id="ce-que-la-loi-impose">Ce que la loi impose</h2>
<p>Le droit est pourtant clair. Tout décès dans un lieu de privation de liberté « doit être considéré comme suspect », jusqu&rsquo;à preuve du contraire [1].</p>
<p>L&rsquo;État peut être tenu pour responsable. En cas de suicide d&rsquo;un détenu, un défaut de surveillance suffit à engager sa responsabilité. Le Conseil d&rsquo;État l&rsquo;a jugé en 2017 [9]. Une simple faute suffit, la faute lourde n&rsquo;est plus exigée [9].</p>
<p>Et pourtant, une famille qui veut savoir doit se battre. Pour obtenir les conclusions de l&rsquo;enquête sur la mort d&rsquo;un proche, les proches doivent porter plainte et se constituer partie civile [1]. La France a été condamnée sur ce terrain par la justice européenne dès 2004 [1].</p>
<p>L&rsquo;autorité de contrôle résume l&rsquo;affaire d&rsquo;une phrase.</p>
<blockquote>
<p>« Il est tellement anormal de mourir privé de liberté que les autorités doivent anticiper ces situations. » [1]</p>
</blockquote>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.cglpl.fr/app/uploads/2026/09/cglpl_avis-relatif-a-la-prevention-et-a-la-prise-en-charge-des-deces-dans-les-lieux-de-privation-de-liberte_jo.pdf">Avis du 19 août 2026 relatif à la prévention et à la prise en charge des décès dans les lieux de privation de liberté</a>. CGLPL (25 septembre 2026)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.cglpl.fr/app/uploads/2026/09/cglpl_avis-relatif-a-la-prevention-du-suicide-en-prison_jo.pdf">Avis du 19 août 2026 relatif à la prévention du suicide en prison</a>. CGLPL (25 septembre 2026)</li><li id="ref-3"><a href="https://shs.cairn.info/revue-population-2018-4-page-757?lang=fr">Circonstances et causes des décès des personnes écrouées en France</a>. Population (revue, Cairn) (2018)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.franceinfo.fr/faits-divers/police/tirs-mortels-en-baisse-affaires-de-corruption-en-hausse-quatre-infos-a-retenir-du-rapport-annuel-de-l-igpn-la-police-des-polices_8206238.html">Tirs mortels en baisse, affaires de corruption en hausse : quatre infos à retenir du rapport annuel de l'IGPN</a>. franceinfo (2026)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.lejdd.fr/Societe/plaquages-ventraux-cette-technique-dinterpellation-a-fait-au-moins-20-morts-en-trente-ans-3944013">Plaquages ventraux : cette technique d'interpellation a fait au moins 20 morts en trente ans</a>. Le Journal du dimanche (2020)</li><li id="ref-6"><a href="https://basta.media/homicides-accidents-malaises-legitime-defense-50-ans-de-morts-par-la-police">Homicides, accidents, malaises, légitime défense : 50 ans de morts par la police</a>. Basta! (2024)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.lacimade.org/wp-content/uploads/2025/04/RA_CRA_2024_web.pdf">Rapport 2024 sur les centres et locaux de rétention administrative</a>. La Cimade (rapport inter-associatif) (2025)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.lacimade.org/presse/en-retention-une-fin-dannee-2024-tragique-deces-et-actes-de-desespoir-se-multiplient/">En rétention, une fin d'année 2024 tragique : décès et actes de désespoir se multiplient</a>. La Cimade (communiqué inter-associatif) (20 décembre 2024)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000036411838">Conseil d'État, 28 décembre 2017, n° 400560</a>. Légifrance (Conseil d'État) (28 décembre 2017)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>