<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Séparatisme | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/separatisme/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Tue, 07 Jul 2026 07:20:37 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/separatisme/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/separatisme/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>« Communautarisme » : un mot du débat, pas un critère de la loi</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/interdiction-rassemblement-communautarisme-droit/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/interdiction-rassemblement-communautarisme-droit/</guid><pubDate>Tue, 07 Jul 2026 07:20:37 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Libertés publiques</category><category>Associations</category><category>Séparatisme</category><category>Justice administrative</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/interdiction-rassemblement-communautarisme-droit/cover.webp" length="107448" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">« Communautarisme. » Le mot revient à chaque interdiction de rassemblement, à chaque dissolution d&rsquo;association. Il n&rsquo;est écrit dans aucune de ces lois. Ni lui, ni « séparatisme ». Le droit demande autre chose : un motif précis, et un juge qui le contrôle. Le Bourget, en avril 2026, vient de le rappeler.</div>

<h2 id="un-mot-du-débat-pas-un-critère-de-droit">Un mot du débat, pas un critère de droit</h2>
<p>L&rsquo;article qui autorise à interdire un rassemblement parle d&rsquo;une seule chose : le « trouble à l&rsquo;ordre public » [1]. Celui qui permet de dissoudre une association énumère sept motifs précis [2]. La loi de 2021, surnommée « loi séparatisme », s&rsquo;intitule « confortant le respect des principes de la République » [3]. Le mot « communautarisme » ne figure dans aucun de ces textes. « Séparatisme » non plus.</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas un oubli. « Communautarisme » n&rsquo;a pas de définition juridique. Le mot est entré au dictionnaire en 2004, bien après son entrée dans le débat [4]. Un terme politique, commode pour désigner, flou par construction.</p>
<aside class="pullquote">Le droit ne juge pas un mot. Il juge des faits nommés et vérifiables.</aside>

<h2 id="interdire-un-rassemblement--un-motif-un-juge-qui-tranche-vite">Interdire un rassemblement : un motif, un juge qui tranche vite</h2>
<p>Un rassemblement sur la voie publique se déclare en mairie, trois à quinze jours francs avant [1]. L&rsquo;autorité, maire ou préfet, ne peut l&rsquo;interdire que sur un seul fondement : le risque de trouble à l&rsquo;ordre public [1]. Pas l&rsquo;identité des participants. Pas leurs idées. Un risque concret pour l&rsquo;ordre, et lui seul.</p>
<p>Encore faut-il qu&rsquo;aucune autre solution ne tienne. Depuis 1933, une règle domine : « la liberté est la règle, la restriction de police l&rsquo;exception » [5]. L&rsquo;interdiction est le dernier recours. L&rsquo;autorité doit d&rsquo;abord chercher moins radical : sécuriser, encadrer, limiter. Le juge vérifie ensuite chaque point. La mesure était-elle adaptée, nécessaire, proportionnée. Et il tranche vite. Saisi en référé, il statue en quarante-huit heures [6].</p>
<h2 id="le-bourget-avril-2026--la-mécanique-en-vrai">Le Bourget, avril 2026 : la mécanique en vrai</h2>
<p>Le 1er avril 2026, le préfet de police de Paris interdit la Rencontre annuelle des musulmans de France, prévue au Bourget du 3 au 6 avril [7, 8]. Il agit à la demande du ministre de l&rsquo;Intérieur, Laurent Nunez. Le motif écrit dans l&rsquo;arrêté : l&rsquo;ordre public. L&rsquo;arrêté invoque une menace terroriste élevée, y compris contre les musulmans. Il cite aussi un risque de mobilisation de groupuscules d&rsquo;ultradroite, et un attentat déjoué quelques jours plus tôt [7].</p>
<p>Le ministre, lui, parle d&rsquo;une structure « liée aux Frères musulmans » [7]. Ce point, le préfet ne le met pas en avant dans son arrêté, note franceinfo. Le fondement juridique de l&rsquo;acte et le cadrage politique qui l&rsquo;entoure sont deux choses séparées.</p>
<p>Le 3 avril, le jour même de l&rsquo;ouverture, le juge des référés du tribunal administratif de Paris suspend l&rsquo;interdiction [8]. Sa décision tient aux pièces du dossier. La note des services ne contenait pas d&rsquo;éléments précis. Les éditions précédentes s&rsquo;étaient tenues sans incident. Les organisateurs avaient prévu leur propre sécurisation. Aucune preuve de contre-rassemblement par le passé [8]. Le trouble à l&rsquo;ordre public n&rsquo;était pas établi. L&rsquo;interdiction est levée.</p>
<h2 id="dissoudre-une-association--plus-lourd-et-sans-juge-au-départ">Dissoudre une association : plus lourd, et sans juge au départ</h2>
<p>Interdire un rassemblement vise un jour. Dissoudre une association la fait disparaître. C&rsquo;est une autre échelle. La dissolution se décide par décret, en conseil des ministres [2]. Un acte du pouvoir exécutif, pris sans juge au préalable. Le contrôle vient après, si l&rsquo;association le saisit.</p>
<p>Là encore, pas de « communautarisme ». Sept motifs, et sept seulement [2]. Le plus souvent invoqué : provoquer ou contribuer à la haine, à la discrimination ou à la violence envers un groupe. À raison de son origine, de sa religion ou de son sexe. La loi de 2021 a élargi ce motif [3]. Elle a aussi permis d&rsquo;imputer à une association les actes de ses membres. Condition : des dirigeants avertis qui n&rsquo;ont rien fait pour les arrêter. C&rsquo;est le point le plus contesté de la réforme.</p>
<p>Le juge, saisi ensuite, applique une règle stricte. La liberté d&rsquo;association est un principe fondamental. Elle ne se restreint qu&rsquo;à la mesure des troubles [9]. En principe. Dans les faits, la quasi-totalité des dissolutions récentes ont été validées. Des juristes y voient un contrôle à géométrie variable [9]. Le contrôle existe. Il n&rsquo;est pas un rempart automatique.</p>
<p>Les exemples le montrent, des deux côtés. En 2021, le Conseil d&rsquo;État valide la dissolution du CCIF, un collectif contre l&rsquo;islamophobie [10]. Détail parlant : le gouvernement avait aussi invoqué le terrorisme. Le juge écarte ce motif, mal appliqué selon lui, et n&rsquo;en retient qu&rsquo;un seul [10]. L&rsquo;accusation du pouvoir et le fondement retenu par le juge ne coïncidaient pas.</p>
<p>Le même outil a visé la droite radicale. Génération identitaire, dissoute en 2021, recours rejeté [11]. L&rsquo;Alvarium, groupe d&rsquo;ultradroite à Angers, dissous la même année, dissolution validée au fond en 2023 [12]. La dissolution n&rsquo;a pas de camp attitré. Elle suit des motifs, contrôlés au cas par cas.</p>
<h2 id="ce-que-la-décision-change-concrètement">Ce que la décision change, concrètement</h2>
<p>La nature de la mesure change tout pour les personnes visées. Aller à un rassemblement interdit, c&rsquo;est une contravention. Une amende, pas de prison [13]. Encore faut-il un arrêté d&rsquo;interdiction en bonne et due forme. La simple absence de déclaration ne suffit pas.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">750 €</span> <span class="stat__label">l&#39;amende maximale encourue pour avoir participé à un rassemblement interdit, sans peine de prison</span></aside>

<p>Maintenir ou reconstituer une association dissoute, c&rsquo;est un délit. Trois ans de prison et 45 000 euros d&rsquo;amende [14]. Jusqu&rsquo;à sept ans pour celui qui l&rsquo;organise [14]. Rouvrir sous un autre nom compte comme une reconstitution. Ce sont des peines maximales, décidées au cas par cas par le juge, pas des sanctions automatiques.</p>
<p>La dissolution fait aussi disparaître l&rsquo;association elle-même, la personne morale. Ses biens sont liquidés selon ses statuts. L&rsquo;État ne les saisit pas, sauf pour un groupe de combat armé [14].</p>
<p>Reste un effet qui n&rsquo;est écrit dans aucun code. La Commission nationale consultative des droits de l&rsquo;homme, un organisme public, l&rsquo;a pointé en 2025. Plus largement, ce climat de discours et de répression dissuade des gens de s&rsquo;engager, de se réunir ou de manifester, « par peur d&rsquo;être traités comme des criminels » [15]. Des associations comme la Ligue des droits de l&rsquo;homme vont plus loin et contestent le principe même d&rsquo;une dissolution par décret, sans juge d&rsquo;abord [16]. Ce sont des prises de position engagées, à lire comme telles.</p>
<p>Ces critères précis ne protègent pas une cause plutôt qu&rsquo;une autre. Ils valent pour toutes les associations, sans distinction. Un pouvoir qui pourrait dissoudre sur un mot flou pourrait le faire dans n&rsquo;importe quel sens. C&rsquo;est pourquoi le mot compte moins que le motif écrit et le juge qui le vérifie.</p>
<h2 id="un-troisième-levier-et-une-loi-en-chantier">Un troisième levier, et une loi en chantier</h2>
<p>Entre l&rsquo;interdiction d&rsquo;un jour et la dissolution, il existe un levier plus discret : l&rsquo;argent. Depuis 2021, une association qui touche une subvention signe un « contrat d&rsquo;engagement républicain », sept engagements à tenir [17]. Un manquement peut lui coûter la subvention ou son agrément [17]. Une sanction financière, pas pénale, et distincte de la dissolution.</p>
<p>Un nouveau texte se prépare. En 2026, le ministre de l&rsquo;Intérieur porte un projet de loi « entrisme et séparatisme » [18]. Il annonce un nouveau motif de dissolution, un registre national des subventions, plus de pouvoir aux préfets. Le ministre dit viser aussi des groupuscules d&rsquo;extrême droite. Le projet n&rsquo;est pas voté. Il peut encore changer [18]. L&rsquo;Association des maires de France a déjà émis des réserves : risque de « contrôle de masse », atteinte à l&rsquo;autonomie locale [18].</p>
<p>Le fil commun tient en peu de mots. Le débat public parle de « communautarisme ». Le droit, lui, demande un motif écrit, une catégorie précise, et un juge pour la contrôler. Au Bourget, l&rsquo;écart entre les deux a suffi à suspendre une interdiction, le jour même de l&rsquo;ouverture.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000025508384">Code de la sécurité intérieure, art. L211-1 à L211-16 (manifestations sur la voie publique)</a>. Légifrance (2026-07-07)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000025503132/LEGISCTA000025505187/">Code de la sécurité intérieure, art. L212-1 (dissolution administrative)</a>. Légifrance (2026-07-07)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043964778">Loi n° 2021-1109 du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République</a>. Légifrance (2021-08-24)</li><li id="ref-4"><a href="https://laviedesidees.fr/Communautarisme-une-categorie-mutante">Communautarisme, une catégorie mutante</a>. La Vie des idées (Fabrice Dhume) (2018)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.conseil-etat.fr/decisions-de-justice/jurisprudence/les-grandes-decisions-depuis-1873/conseil-d-etat-19-mai-1933-benjamin">Conseil d'État, 19 mai 1933, Benjamin</a>. Conseil d'État (1933-05-19)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006449327">Code de justice administrative, art. L521-2 (référé-liberté)</a>. Légifrance / Conseil d'État (2026-07-07)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.franceinfo.fr/societe/religion/le-ministre-de-l-interieur-fait-interdire-la-rencontre-annuelle-des-musulmans-de-france-en-raison-du-risque-terroriste_7911779.html">Le ministre de l'Intérieur fait interdire la Rencontre annuelle des musulmans de France en raison du risque terroriste</a>. franceinfo (2026-04-02)</li><li id="ref-8"><a href="https://paris.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/le-tribunal-suspend-l-interdiction-de-la-rencontre-annuelle-des-musulmans-de-france-decidee-par-le-prefet-de-police">Le tribunal suspend l'interdiction de la Rencontre annuelle des musulmans de France décidée par le préfet de police (ordonnance n° 2610043)</a>. Tribunal administratif de Paris (2026-04-03)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.conseil-etat.fr/actualites/dissolution-d-une-association">Dissolution d'une association : procédure et contrôle du juge</a>. Conseil d'État (2026-07-07)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000044222778">Conseil d'État, 24 septembre 2021, dissolution du CCIF (n° 449215)</a>. Conseil d'État / Légifrance (2021-09-24)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.conseil-etat.fr/actualites/le-conseil-d-etat-ne-suspend-pas-la-dissolution-de-l-association-generation-identitaire">Le Conseil d'État ne suspend pas la dissolution de l'association Génération identitaire</a>. Conseil d'État (2021-05-03)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044336429">Décrets de dissolution BarakaCity (2020) et l'Alvarium (2021), décisions du Conseil d'État</a>. Légifrance / Conseil d'État (2020-2023)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000038253024/">Code pénal, art. R644-4 (participation à une manifestation interdite)</a>. Légifrance (2026-07-07)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006165361">Code pénal, art. 431-13 à 431-21 (maintien ou reconstitution d'une association dissoute)</a>. Légifrance (2026-07-07)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.cncdh.fr/sites/default/files/2025-06/A%20-%202025%20-%207%20-%20CNCDH%20-%20Avis%20R%C3%A9duction%20de%20l'espace%20civique_0.pdf">Avis A-2025-7 « Sur la restriction de l'espace civique »</a>. CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l'homme) (2025-06-17)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.ldh-france.org/non-a-la-dissolution-dassociations-par-lexecutif/">Non à la dissolution d'associations par l'exécutif</a>. Ligue des droits de l'homme (2025-05-05)</li><li id="ref-17"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044806609">Décret n° 2021-1947 du 31 décembre 2021 approuvant le contrat d'engagement républicain</a>. Légifrance (2021-12-31)</li><li id="ref-18"><a href="https://www.maire-info.com/projet-de-loi-entrisme-et-separatisme--des-mesures-qui-suscitent-des-interrogations-chez-les-maires-article2-30759">Projet de loi Entrisme et séparatisme : des mesures qui suscitent des interrogations chez les maires</a>. Maire-Info (2026)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>