<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Sciences | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/sciences/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information en ligne produit par une intelligence artificielle, qui l'assume. Faits et science, vérifiés et sourcés.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Fri, 12 Jun 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/sciences/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/sciences/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Une caméra de 3,2 milliards de pixels a repéré 2104 astéroïdes en dix heures</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/camera-geante-vera-rubin-ciel-austral/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/camera-geante-vera-rubin-ciel-austral/</guid><pubDate>Fri, 12 Jun 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Sciences</category><category>Espace</category><category>Astronomie</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/camera-geante-vera-rubin-ciel-austral/cover.webp" length="49146" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Au sommet d&rsquo;une montagne chilienne, une caméra grande comme une petite voiture vient d&rsquo;ouvrir l&rsquo;œil. En une dizaine d&rsquo;heures de tests, elle a repéré 2104 astéroïdes inconnus. Sept d&rsquo;entre eux passent près de la Terre, sans aucun danger. Et ce n&rsquo;est qu&rsquo;un échauffement. L&rsquo;instrument s&rsquo;apprête à photographier tout le ciel austral, nuit après nuit, pendant dix ans.</div>

<h2 id="une-caméra-grande-comme-une-voiture">Une caméra grande comme une voiture</h2>
<p>L&rsquo;appareil pèse près de trois tonnes. Sa lentille avant mesure 1,57 mètre de diamètre [3]. Son capteur compte 3,2 milliards de pixels [1], répartis sur 189 détecteurs [3]. Ses constructeurs la présentent comme la plus grande caméra numérique jamais construite pour l&rsquo;astronomie [2, 3]. Une revue d&rsquo;astronomie indépendante la décrit aussi comme la plus grande au monde [5].</p>
<p>Six filtres se relaient devant le capteur, du proche ultraviolet au proche infrarouge, en moins de deux minutes [1, 2]. À chaque pose, la caméra embrasse un coin de ciel large comme 40 à 45 pleines lunes [2, 3]. Elle est montée sur un télescope de 8,4 mètres de miroir [1]. Le tout est posé à 2647 mètres d&rsquo;altitude, sur le Cerro Pachón [2]. Elle a été assemblée aux États-Unis, expédiée au Chili en 2024 [3], puis installée sur le télescope en mars 2025 [5].</p>
<h2 id="ses-premières-images">Ses premières images</h2>
<p>Les premières images ont été dévoilées le 23 juin 2025 [4]. On y voit deux nébuleuses colorées, la Trifide et la Lagune. Il a fallu combiner 678 poses, soit un peu plus de sept heures d&rsquo;observation [4]. Le résultat tient dans une image de près de 2000 milliards de pixels [4]. Sur d&rsquo;autres champs, des millions de galaxies apparaissent d&rsquo;un seul coup [4].</p>
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    <img src="https://lecourrierdefrance.fr/articles/camera-geante-vera-rubin-ciel-austral/premieres-images_hu_a13afc3614abe3c3.webp" alt="Illustration générée par IA de nuages de gaz roses et bleus parsemés d&rsquo;étoiles, évoquant les nébuleuses de l&rsquo;espace profond." width="1100" height="733"
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  <figcaption class="article-image__caption"><span class="article-image__credit">Le Courrier de France, OpenAI</span> <span class="article-image__ia" title="Cette image n'est pas une photographie. Elle a été produite par une intelligence artificielle.">Image générée par IA</span></figcaption>
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</div><p>La récolte d&rsquo;astéroïdes a frappé les astronomes. En dix heures, la caméra en a trouvé 2104 jamais vus [4]. À titre de comparaison, tous les autres observatoires réunis en découvrent environ 20 000 par an [4]. La nuit du 24 février 2026, l&rsquo;instrument a émis près de 800 000 alertes, chacune transmise en quelques minutes [6].</p>
<h2 id="tout-le-ciel-austral-nuit-après-nuit">Tout le ciel austral, nuit après nuit</h2>
<p>La méthode est simple à dire. Le télescope balaie le ciel sans relâche, une nouvelle région toutes les 40 secondes environ [6]. En trois à quatre nuits, il couvre tout le ciel austral visible [2]. Puis il recommence. Et ainsi de suite pendant dix ans. Chaque nuit, il produit environ 10 téraoctets d&rsquo;images [2].</p>
<p>Ce balayage répété est l&rsquo;idée maîtresse. En revenant sans cesse sur les mêmes zones, la caméra repère tout ce qui bouge ou change d&rsquo;éclat [1]. Une étoile qui explose, un astéroïde qui file, un astre qui s&rsquo;allume. Une fois le rythme de croisière atteint, l&rsquo;observatoire attend jusqu&rsquo;à 7 à 10 millions d&rsquo;alertes par nuit [2].</p>
<h2 id="ce-quelle-cherchera-pendant-dix-ans">Ce qu&rsquo;elle cherchera pendant dix ans</h2>
<p>Le programme de dix ans poursuit quatre grands buts, fixés dès l&rsquo;article de conception [1].</p>
<p>D&rsquo;abord, dresser l&rsquo;inventaire du système solaire. Le relevé doit établir les orbites de plusieurs millions d&rsquo;objets [1]. Il doit aussi cataloguer 66 % des astéroïdes potentiellement dangereux de 140 mètres et plus [1]. C&rsquo;est une carte des cailloux qui pourraient un jour croiser la Terre.</p>
<p>Ensuite, suivre le ciel qui change. Le balayage répété décrit plus haut sert à ça. Il recense tout ce qui apparaît, disparaît ou varie d&rsquo;une nuit à l&rsquo;autre [1].</p>
<p>Puis cartographier la Voie lactée, avec 17 à 20 milliards d&rsquo;étoiles recensées [1, 2].</p>
<p>Enfin, traquer la matière invisible. La caméra mesurera la forme d&rsquo;environ deux milliards de galaxies [1]. La façon dont leur lumière est déformée trahit la masse cachée qui les entoure. Au bout du compte, le catalogue doit réunir une vingtaine de milliards de galaxies [1].</p>
<p>Ces nombres sont des objectifs, pas encore des résultats. Le grand relevé de dix ans n&rsquo;a pas officiellement commencé. Au 5 juin 2026, l&rsquo;observatoire en était encore aux réglages, sur des observations préparatoires [7]. Le lancement est attendu plus tard en 2026 [7]. La caméra, elle, fonctionne déjà et produit de la science.</p>
<h2 id="la-matière-quon-ne-voit-pas">La matière qu&rsquo;on ne voit pas</h2>
<p>L&rsquo;observatoire porte le nom d&rsquo;une astronome américaine. En mesurant la vitesse des étoiles dans plus de 60 galaxies, elle avait mis en évidence une anomalie [2]. Les étoiles du bord tournent aussi vite que celles du centre. Quelque chose d&rsquo;invisible les retient, une masse qu&rsquo;aucun télescope ne montre.</p>
<p>Cette matière noire reste une énigme. On en mesure les effets, pas la nature. Elle représente environ 84 % de toute la matière de l&rsquo;Univers [8]. Avec l&rsquo;énergie noire, autre inconnue, elle pèse près de 95 % de tout ce que contient l&rsquo;Univers [8]. Autrement dit, la matière ordinaire, celle des étoiles et des planètes, n&rsquo;en forme qu&rsquo;environ 5 % [8]. La nouvelle caméra a été pensée pour éclairer ce continent obscur.</p>
<h2 id="un-film-du-ciel">Un film du ciel</h2>
<p>L&rsquo;instrument a connu ses ratés. À quelques semaines des premières images, il chauffait trop. Les équipes ont parlé de leur « gros pépin » [5]. Elles l&rsquo;ont réglé. Les images de juin 2025 sont là pour le prouver.</p>
<p>Pendant dix ans, le même coin d&rsquo;Univers sera photographié des centaines de fois [1]. De cette accumulation sortira un film du ciel austral. Des astéroïdes qui passent, des étoiles qui meurent, des galaxies par milliards. Reste à lancer le grand relevé. Quand il démarrera, une caméra grande comme une voiture commencera à tenir la chronique du ciel, nuit après nuit, pour dix ans.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://arxiv.org/abs/0805.2366">LSST: From Science Drivers to Reference Design and Anticipated Data Products</a>. The Astrophysical Journal (Ivezić et al.) (2019)</li><li id="ref-2"><a href="https://rubinobservatory.org">Pages officielles de l'observatoire (caméra, Key Numbers, science goals)</a>. NSF–DOE Vera C. Rubin Observatory (2025)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.slac.stanford.edu">Construction et livraison de la caméra LSST</a>. SLAC National Accelerator Laboratory (DOE) (2024)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.nsf.gov">Rubin Observatory First Look (premières images)</a>. National Science Foundation (NSF) (2025-06-23)</li><li id="ref-5"><a href="https://skyandtelescope.org">Reportage de terrain sur la mise en service de la caméra</a>. Sky & Telescope (2025-06-23)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.washington.edu/news">Premières alertes scientifiques de l'observatoire</a>. University of Washington News (2026-02-25)</li><li id="ref-7"><a href="https://community.lsst.org/t/2026-06-05-early-operations-update/12077">2026-06-05 Early Operations Update</a>. Vera C. Rubin Observatory (LSST Community Forum) (2026-06-05)</li><li id="ref-8"><a href="https://arxiv.org/abs/1807.06209">Planck 2018 results. VI. Cosmological parameters</a>. Astronomy & Astrophysics 641, A6 (Planck Collaboration) (2020)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>