<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Santé Publique | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/sante-publique/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Sat, 08 Aug 2026 08:50:41 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/sante-publique/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/sante-publique/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>ZFE : l'État a supprimé la prime un mois avant d'interdire les Crit'Air 3</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/zfe-qualite-air-cout-automobilistes/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/zfe-qualite-air-cout-automobilistes/</guid><pubDate>Sat, 08 Aug 2026 08:50:41 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Automobile</category><category>Qualité de l'air</category><category>Pouvoir d'achat</category><category>Santé publique</category><category>ZFE</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/zfe-qualite-air-cout-automobilistes/cover.webp" length="56782" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 1er décembre 2024, un décret paraît au Journal officiel. La prime à la conversion, principale aide pour remplacer une vieille voiture, disparaît le lendemain. Trente jours plus tard, le 1er janvier 2025, les voitures Crit&rsquo;Air 3 sont interdites dans le Grand Paris et à Lyon. Dans ces deux zones, chez les 20 % de ménages les plus modestes, quatre voitures sur dix sont concernées.</div>

<h2 id="des-zfe-toujours-en-vigueur-contraignantes-dans-deux-villes">Des ZFE toujours en vigueur, contraignantes dans deux villes</h2>
<p>Le Parlement a bien voté la suppression des zones à faibles émissions (ZFE). L&rsquo;Assemblée nationale le 14 avril 2026, par 275 voix contre 225, le Sénat le lendemain [1]. La mesure venait des groupes LR et RN, contre l&rsquo;avis du gouvernement [1]. Le 21 mai 2026, le Conseil constitutionnel l&rsquo;a annulée [1]. Motif : elle n&rsquo;avait pas sa place dans une loi de simplification économique. Le droit appelle ça un « cavalier législatif ». C&rsquo;est une annulation de procédure, le fond n&rsquo;a pas été jugé. Les ZFE restent donc en vigueur, avec leur calendrier. À la mi-2026, aucun nouveau texte de suppression n&rsquo;était annoncé [1].</p>
<p>Le principe date de 2019, renforcé en 2021. Dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants, la circulation des véhicules les plus polluants peut être restreinte [2]. Le tri se fait par la vignette Crit&rsquo;Air. Elle est attribuée au véhicule pour toute sa vie, selon son moteur et son année [2]. Sur 43 agglomérations concernées, deux seulement appliquaient un calendrier contraignant début 2025 : Paris et Lyon [3]. La quarantaine d&rsquo;autres sont des « territoires de vigilance ». Là, les normes d&rsquo;air sont respectées, et presque rien n&rsquo;est restreint [3].</p>
<h2 id="68-euros-sur-le-papier-presque-pas-damendes-sur-la-route">68 euros sur le papier, presque pas d&rsquo;amendes sur la route</h2>
<p>Rouler dans une ZFE avec une voiture interdite est une contravention de 3e classe [4]. Amende forfaitaire : 68 euros, 45 en payant vite, 180 en tardant, 135 pour un poids lourd [5]. Aucun retrait de points [5]. La vignette, obligatoire, coûte 3,77 euros, envoi compris [8].</p>
<p>Encore faut-il être contrôlé. L&rsquo;État promettait un contrôle automatisé par lecture des plaques « d&rsquo;ici 2024 » [6]. Il n&rsquo;est pas déployé. Un décret de mars 2024 l&rsquo;a ouvert aux polices municipales, mais le dispositif reste au stade de l&rsquo;essai [7]. Sur le terrain, le contrôle est manuel et ponctuel, quand il existe [7].</p>
<aside class="pullquote">L&rsquo;interdiction est écrite partout, l&rsquo;amende n&rsquo;existe encore presque nulle part.</aside>

<p>La date des premières amendes dépend ensuite de chaque métropole. À Lyon, les Crit&rsquo;Air 3 sont exclus depuis le 1er janvier 2025. Mais les amendes n&rsquo;ont commencé que le 1er juillet 2026 [8]. Grenoble verbalise déjà, y compris les voitures à l&rsquo;arrêt [8]. Le Grand Paris (77 communes dans l&rsquo;A86) a prolongé sa « période pédagogique » sur toute l&rsquo;année 2026. Aucune amende avant le 1er janvier 2027 [9]. Le contexte des élections municipales de 2026 est cité [9].</p>
<h2 id="des-dérogations-qui-changent-dune-ville-à-lautre">Des dérogations qui changent d&rsquo;une ville à l&rsquo;autre</h2>
<p>Des dérogations s&rsquo;ajoutent, sur trois étages. Le premier est national et automatique. Il couvre les véhicules de secours et de la défense [10, 11]. Il couvre aussi toute voiture avec une carte mobilité inclusion « stationnement », quelle que soit sa vignette [10, 11]. Les voitures de collection de plus de 30 ans, elles, n&rsquo;y figurent pas. Leur dérogation est locale, fréquente mais pas garantie [10].</p>
<p>Le dernier étage, le « pass petit rouleur », est entièrement local et facultatif [12]. Toulouse accorde 52 jours de circulation par an. Strasbourg et Rouen en accordent 24, gratuits et ouverts à tous à Rouen [12]. Ailleurs, le critère est le kilométrage. Moins de 5 000 km par an à Grenoble et Angers, 8 000 à Montpellier, Nîmes et Lille, 10 000 à Pau [12]. Rien n&rsquo;oblige une métropole à proposer un pass [12]. Même profil, même voiture : un conducteur est donc couvert dans une ville et pas dans l&rsquo;autre.</p>
<h2 id="le-coût--dabord-les-ménages-à-peine-les-flottes">Le coût : d&rsquo;abord les ménages, à peine les flottes</h2>
<p>Dans les ZFE de Paris et de Lyon, un peu plus d&rsquo;une voiture de ménage sur quatre est une Crit&rsquo;Air 3 ou plus [13]. Dans les flottes d&rsquo;entreprises : 2 à 3 % [13].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">4 sur 10</span> <span class="stat__label">la part des voitures Crit&#39;Air 3 ou plus chez les 20 % de ménages les plus modestes (ZFE de Paris et de Lyon)</span></aside>

<p>Un chiffre plus fort circule : 66 % de voitures touchées chez les ménages modestes. Il n&rsquo;a pas de source fiable. Le chiffre établi par la statistique publique est de quatre sur dix [13]. La contrainte ne s&rsquo;arrête pas aux plus pauvres. Ces voitures restent surreprésentées jusqu&rsquo;au milieu de l&rsquo;échelle des revenus [13]. Dans le 3e arrondissement de Marseille, le plus pauvre de France, 52 % des véhicules sont des Crit&rsquo;Air 5, 4 ou 3 [14].</p>
<p>Le Sénat le constatait dès 2023 : un reste à charge « souvent trop élevé » [14]. Et des aides si peu claires qu&rsquo;environ une personne sur deux, pourtant éligible, ne les demande jamais [14]. Environ 13 millions de véhicules sont concernés à terme [14]. Le chiffre de 86 % d&rsquo;opposants, souvent repris, sort d&rsquo;une consultation en ligne du Sénat, ouverte à qui voulait répondre [14]. Ce n&rsquo;est pas un sondage représentatif.</p>
<p>Face à ce coût, l&rsquo;aide principale a disparu. Le décret du 29 novembre 2024 supprime la prime à la conversion [15]. Le même texte abaisse le plafond du bonus écologique de 7 000 à 4 000 euros [15]. Effet au 2 décembre 2024, un mois avant l&rsquo;interdiction des Crit&rsquo;Air 3 à Paris et Lyon [15]. Reste le leasing social : une voiture électrique louée sans apport, 200 euros par mois au plus, pour les revenus modestes [16]. Interrompu en 2025, il a été relancé le 16 juillet 2026, pour au moins 50 000 véhicules [16]. Sa première édition avait fermé au bout de six semaines, débordée par environ 80 000 demandes [16]. Il ne cible pas spécialement les habitants des ZFE [16].</p>
<h2 id="lair-saméliore-la-vignette-nen-explique-quun-dixième">L&rsquo;air s&rsquo;améliore, la vignette n&rsquo;en explique qu&rsquo;un dixième</h2>
<p>L&rsquo;air des villes françaises s&rsquo;améliore nettement, et depuis longtemps. Entre 2000 et 2022, les rejets d&rsquo;oxydes d&rsquo;azote ont baissé de 60 %, ceux de particules fines d&rsquo;environ la moitié [17]. Le moteur principal est le renouvellement du parc : chaque génération de voitures pollue moins que la précédente [18].</p>
<p>La part propre de la ZFE a été isolée pour le Grand Paris, dans la seule évaluation française du genre [18]. Sur le dioxyde d&rsquo;azote, le gaz du trafic, la ZFE pèse environ 0,9 % de baisse par an [18]. La baisse totale est d&rsquo;environ 9 % par an. Un dixième du chemin. Sur les particules, presque rien. 82 % des particules du trafic viennent des freins, des pneus et de la route [18]. Or la vignette ne trie que les moteurs.</p>
<p>La ZFE n&rsquo;est pas sans effet pour autant. Elle a accéléré la sortie du diesel : 45 % des voitures en circulation en 2023, contre 57 % estimés sans elle [18]. Elle n&rsquo;a pas non plus déplacé la pollution : les rejets baissent aussi autour de la zone [18]. Reste l&rsquo;essentiel. Les seuils légaux sont presque partout respectés [17]. Mais les seuils de santé de l&rsquo;OMS ne le sont pas dans 72 à 97 % des agglomérations [17]. Un air conforme à la règle n&rsquo;est pas encore un air sain.</p>
<h2 id="la-santé--des-gains-qui-suivent-le-calendrier">La santé : des gains qui suivent le calendrier</h2>
<p>En France, la pollution de l&rsquo;air reste liée à environ 40 000 décès par an, pour les seules particules fines [19]. Ce que la ZFE peut y changer dépend de son ambition. Une évaluation menée pour l&rsquo;Île-de-France a chiffré les gains de la première année, scénario par scénario [20]. Interdire les seules vignettes 5 et les véhicules non classés : environ 20 décès évités par an. Ajouter les Crit&rsquo;Air 4 : 80. Ajouter les Crit&rsquo;Air 3 : 280 décès évités, et jusqu&rsquo;à 2 360 cas d&rsquo;asthme en moins chez les enfants [20]. Ce sont des ordres de grandeur, aux fourchettes larges [20]. La hiérarchie, elle, est nette : plus le calendrier avance, plus les gains grandissent. Repousser une date, c&rsquo;est renoncer à une part chiffrable de ces gains. La synthèse internationale la plus solide, sur 16 études, va dans le même sens [21]. L&rsquo;effet le plus constant porte sur le cœur et les vaisseaux, avec prudence sur son ampleur [21].</p>
<p>Qui en profite ? Les cartes d&rsquo;exposition ne donnent pas un tableau simple. À Lille et Marseille, les quartiers défavorisés respirent plus de pollution du trafic. À Paris, c&rsquo;est l&rsquo;inverse : le centre-ouest, aisé, est plus exposé [22]. Un fait est constant en revanche : le même air ne fait pas les mêmes dégâts partout. À Paris, une même hausse de dioxyde d&rsquo;azote augmente la mortalité de 3,1 % dans les quartiers pauvres [23]. Dans les quartiers aisés, l&rsquo;effet n&rsquo;est pas mesurable [23].</p>
<h2 id="bruit-et-place-des-voitures--dautres-politiques">Bruit et place des voitures : d&rsquo;autres politiques</h2>
<p>Au-dessus de 30 à 40 km/h, le bruit d&rsquo;une voiture vient du pneu sur la route, pas du moteur [24]. Or une ZFE remplace des moteurs. Elle ne baisse ni la vitesse ni le nombre de véhicules. Pour un changement audible, il faudrait environ 30 à 40 % de trafic en moins [24]. Même logique pour l&rsquo;espace : une Crit&rsquo;Air 1 occupe la même place qu&rsquo;une Crit&rsquo;Air 4. À Paris, la circulation a baissé de moitié depuis la fin des années 1990. La mairie, qui défend son bilan, l&rsquo;attribue à ses aménagements : stationnement, rues piétonnes, vélo [25]. Pas à la ZFE, créée en 2019. Les rues plus calmes, là où elles existent, viennent d&rsquo;autres politiques que la vignette.</p>
<h2 id="deux-calendriers">Deux calendriers</h2>
<p>Ce que changent les ZFE tient en deux calendriers. Celui des interdictions commande les gains d&rsquo;air et de santé. Il est fixé par la loi, appliqué ville par ville, et très peu sanctionné à ce jour. Celui des aides commande qui peut suivre, et il est fixé par l&rsquo;État seul. Le 1er décembre 2024, le Journal officiel supprimait la prime à la conversion [15]. Le 1er janvier 2025, l&rsquo;interdiction des Crit&rsquo;Air 3 entrait en vigueur à Paris et à Lyon [8]. Trente jours séparent les deux dates.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/loi-de-simplification-le-conseil-constitutionnel-censure-la-suppression-des-zfe-et-lassouplissement-du-zan">Loi de simplification : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE</a>. Public Sénat (21 mai 2026)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/zones-faibles-emissions-zfe">Zones à faibles émissions (ZFE), page officielle du dispositif</a>. Ministère de la Transition écologique (consultée en juillet 2026)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/le-parc-de-vehicules-au-1er-janvier-2025-dans-les-territoires-zfe-et-les-territoires-de-vigilance">Le parc de véhicules au 1er janvier 2025 dans les territoires ZFE et les territoires de vigilance</a>. SDES (statistique publique, ministère de la Transition écologique) (19 septembre 2025)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000034621591">Code de la route, article R411-19-1 (sanction en zone à circulation restreinte)</a>. Légifrance (consulté en août 2026)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.legipermis.com/infractions/amende-zfe.html">Amende ZFE : montants des contraventions par catégorie de véhicule</a>. LegiPermis (consulté en août 2026)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.ecologie.gouv.fr/actualites/zones-faibles-emissions-mobilite-mesures-lutter-contre-pollution-lair">Zones à faibles émissions mobilité : les mesures pour lutter contre la pollution de l'air</a>. Ministère de la Transition écologique (consultée en août 2026)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.maire-info.com/sécurité-routière/un-decret-autorise-les-policiers-municipaux-à-effectuer-les-controles-automatises-dans-les-zfe-article-27703">Un décret autorise les policiers municipaux à effectuer les contrôles automatisés dans les ZFE</a>. Maire-Info (2024)</li><li id="ref-8"><a href="https://selectra.info/energie/actualites/marche/zfe-2026-villes-verbalisent-vignette-crit-air">ZFE 2026 : quelles villes verbalisent avec la vignette Crit'Air ?</a>. Selectra (2026)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.largus.fr/actualite-automobile/zfe-a-paris-toujours-pas-de-verbalisation-en-2026-30044944.html">ZFE à Paris : toujours pas de verbalisation en 2026</a>. L'Argus (2026)</li><li id="ref-10"><a href="https://mieuxrespirerenville.gouv.fr/fiches-thematique/derogations/derogations-nationales?profil=Particuliers">Dérogations nationales et locales en ZFE</a>. Mieux Respirer en Ville (portail officiel de l'État) (consulté en août 2026)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044338435">Code général des collectivités territoriales, article R2213-1-0-1 (dérogations de plein droit)</a>. Légifrance (consulté en août 2026)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.portail-cartegrise.fr/s/zfe-pass-petit-rouleur">Pass ZFE et dérogation petit rouleur : modalités locales</a>. Portail-cartegrise (recoupé avec les sites des métropoles) (consulté en août 2026)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/quels-menages-possedent-des-voitures-critair-3-ou-plus-dans-les-metropoles-du-grand-paris-et-de">Quels ménages possèdent des voitures Crit'Air 3 ou plus dans les métropoles du Grand Paris et de Lyon ?</a>. SDES (statistique publique, ministère de la Transition écologique) (2025)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.senat.fr/rap/r22-738/r22-738-syn.pdf">Rapport « Sortir de l'impasse » sur les zones à faibles émissions (synthèse)</a>. Sénat (2023)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050690951">Décret n° 2024-1084 du 29 novembre 2024 (suppression de la prime à la conversion, refonte du bonus écologique)</a>. Légifrance (29 novembre 2024)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.info.gouv.fr/actualite/leasing-social-le-guichet-ouvre-le-16-juillet-2026">Leasing social : le guichet ouvre le 16 juillet 2026</a>. info.gouv.fr (2026)</li><li id="ref-17"><a href="https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-de-la-qualite-de-lair-exterieur-en-france-en-2023">Bilan de la qualité de l'air extérieur en France en 2023</a>. SDES / LCSQA (2024)</li><li id="ref-18"><a href="https://www.airparif.fr/sites/default/files/document_publication/20240531_ZFE_MGP_Eval_a_posteriori_web.pdf">Évaluation a posteriori de la ZFE-m du Grand Paris (étape Crit'Air 4)</a>. Airparif (31 mai 2024)</li><li id="ref-19"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/presse/pollution-de-lair-ambiant-nouvelles-estimations-de-son-impact-sur-la-sante-des-francais">Pollution de l'air ambiant : nouvelles estimations de son impact sur la santé des Français</a>. Santé publique France (2021)</li><li id="ref-20"><a href="https://www.ors-idf.org/fileadmin/DataStorageKit/ORS/Etudes/2020/ORS_benefices_sanitaires_attendus_ZFE_vd.pdf">Bénéfices sanitaires attendus d'une zone à faibles émissions (évaluation d'impact, trois scénarios)</a>. ORS Île-de-France, avec Airparif et Santé publique France (2019)</li><li id="ref-21"><a href="https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(23)00120-2/fulltext">Chamberlain et al., revue systématique des effets des zones à faibles émissions et péages urbains sur la santé (16 études)</a>. The Lancet Public Health (juillet 2023)</li><li id="ref-22"><a href="https://www.peren-revues.fr/pollutionatmospherique/5973">Padilla et al., « Air quality and social deprivation in four French metropolitan areas »</a>. Environmental Research (2014)</li><li id="ref-23"><a href="https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0131463">Deguen et al., dioxyde d'azote, statut social et mortalité à Paris (79 107 décès, 2004-2009)</a>. PLOS One (2015)</li><li id="ref-24"><a href="https://www.cerema.fr/fr/actualites/reduire-vitesse-changer-revetement-quelles-solutions-contre">Réduire la vitesse, changer le revêtement : quelles solutions contre le bruit routier ?</a>. Cerema (consultée en juillet 2026)</li><li id="ref-25"><a href="https://www.paris.fr/pages/quelle-organisation-demain-pour-le-stationnement-a-paris-16858">Quelle organisation demain pour le stationnement à Paris ?</a>. Ville de Paris (consultée en juillet 2026)</li></ol>]]></description></item><item><title>Mortalité des nourrissons : la France était première d'Europe, elle est aujourd'hui 21e</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/mortalite-infantile-france-hausse-donnees/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/mortalite-infantile-france-hausse-donnees/</guid><pubDate>Wed, 05 Aug 2026 08:43:35 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Santé publique</category><category>Périnatalité</category><category>Enfance</category><category>Inégalités</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/mortalite-infantile-france-hausse-donnees/cover.webp" length="281504" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">En 2024, 2 700 enfants sont morts en France avant leur premier anniversaire. Un sur 250. Il y a quinze ans, il en mourait à peu près autant. Mais il naissait alors bien plus d&rsquo;enfants. Le taux, lui, remonte. La France a longtemps compté le moins de bébés morts de toute l&rsquo;Europe. Ce n&rsquo;est plus le cas.</div>

<h2 id="un-enfant-sur-250-et-la-courbe-qui-remonte">Un enfant sur 250, et la courbe qui remonte</h2>
<p>Le chiffre vient d&rsquo;un décompte officiel, publié en avril 2025 [1]. En 2024, la mortalité infantile atteint 4,1 pour 1 000 naissances. Soit 2 700 enfants morts avant un an. Le taux remonte lentement depuis le début des années 2010. Environ 1 % de plus chaque année [3].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">2 700</span> <span class="stat__label">enfants morts avant un an en France en 2024</span></aside>

<p>Il faut poser l&rsquo;échelle tout de suite. Ce niveau reste historiquement très bas. En 1901, c&rsquo;était 151 pour 1 000. Près d&rsquo;un enfant sur sept. Personne ne revit cela. La remontée d&rsquo;aujourd&rsquo;hui se compte en dixièmes de point, pas en effondrement.</p>
<p>Ce qui inquiète n&rsquo;est donc pas le niveau. C&rsquo;est le sens de la courbe, et la comparaison. En 1990, la France comptait le moins de bébés morts de toute l&rsquo;Union européenne [2]. En 2024, elle est 21e sur 27 [3]. La Suède fait presque moitié moins. Ses voisins ont continué de baisser. La France, elle, est repartie vers le haut.</p>
<h2 id="où-la-hausse-se-loge-et-qui-elle-touche">Où la hausse se loge, et qui elle touche</h2>
<p>La donnée est précise sur un point. La hausse ne vient pas du jour de la naissance. Ni de la période après le premier mois. Ces deux moments sont restés stables. Toute la remontée se concentre entre le premier et le vingt-septième jour de vie [1].</p>
<p>Elle ne frappe pas au hasard. Les jumeaux et triplés meurent cinq fois plus que les enfants seuls, souvent nés trop tôt [1]. Outre-mer, le taux est deux fois celui de l&rsquo;Hexagone [1]. En métropole, le département le plus touché est la Seine-Saint-Denis, le plus pauvre du territoire métropolitain (5,4 pour 1 000 sur 2019-2021) [1]. Ces écarts ne disent pas une origine. Ils disent la pauvreté, l&rsquo;accès aux soins, l&rsquo;information.</p>
<p>La santé des mères s&rsquo;est aussi dégradée. Le surpoids et l&rsquo;obésité pendant la grossesse concernent 37 % des femmes en 2024, contre 27 % en 2012 [3]. Les grossesses arrivent plus tard. Ce sont des facteurs de risque de population, pas une faute individuelle.</p>
<h2 id="les-maternités-qui-ferment--un-soupçon-qui-ne-tient-pas-la-mesure">Les maternités qui ferment : un soupçon qui ne tient pas la mesure</h2>
<p>Un récit s&rsquo;est installé. On ferme des maternités, donc des bébés meurent. Le premier fait est vrai. Le nombre de maternités a été divisé par trois depuis 1975, de 1 369 à 446 [4]. La part des femmes à plus de 45 minutes d&rsquo;une maternité a augmenté d&rsquo;environ 40 % entre 2000 et 2017 [4]. Loin des grandes villes, il faut rouler plus longtemps pour accoucher. Le sentiment d&rsquo;un service qui recule est fondé.</p>
<p>Mais le lien avec la mortalité, lui, n&rsquo;est pas démontré [4]. Les taux les plus élevés ne sont pas dans les campagnes isolées.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Les taux les plus élevés touchent des femmes qui vivent à moins de cinq kilomètres d&rsquo;une maternité.</aside>

<p>Ils touchent des femmes qui vivent à moins de cinq kilomètres d&rsquo;une maternité, dans des villes pauvres [4, 2]. Ce qui pèse n&rsquo;est pas le nombre de kilomètres. C&rsquo;est la distance sociale : la précarité, le suivi médical, les transports.</p>
<p>Cette prudence a une limite, et il faut la dire. « Non démontré » ne veut pas dire « aucun effet ». Les sociétés savantes qui écartent ce lien plaident aussi pour plus de moyens dans leurs propres services : elles sont juges et parties [4]. Reste que rien, à ce jour, ne permet d&rsquo;écrire que les fermetures expliquent la hausse. C&rsquo;est pourtant sur ce lien supposé que repose le moratoire sur les fermetures voté par les députés en 2025 [4].</p>
<h2 id="une-mort-sur-dix-reste-sans-cause">Une mort sur dix reste sans cause</h2>
<p>Le fait le plus lourd du dossier est rarement dit. Environ une mort infantile sur dix n&rsquo;a aucune cause documentée. Et cette part augmente depuis 2020 [3]. La raison est administrative : les certificats de décès sont de plus en plus souvent incomplets [3].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">1 sur 10</span> <span class="stat__label">décès de nourrissons sans cause documentée</span></aside>

<p>Le pays compte ses décès, mais il ne les relie pas à une histoire médicale. Faute de registre national, il n&rsquo;a pas l&rsquo;outil pour le faire.</p>
<aside class="pullquote">La France sait combien d&rsquo;enfants meurent. Elle ne sait pas toujours pourquoi.</aside>

<p>Sans cet outil, aucune politique ne peut viser juste. On agit à l&rsquo;aveugle sur un problème qu&rsquo;on ne cartographie pas.</p>
<h2 id="des-annonces-un-rapport-quon-attend-toujours">Des annonces, un rapport qu&rsquo;on attend toujours</h2>
<p>Le manque était connu. Dès 2024, la Cour des comptes réclamait un registre des naissances et des décès [6]. Un registre a été annoncé en 2025. La même année, les députés ont adopté en première lecture une loi qui le prévoit, en plus du moratoire sur les fermetures [4]. Un système national d&rsquo;observation est en construction depuis septembre 2025 [7].</p>
<p>Puis, début 2026, le gouvernement a lancé une nouvelle mission sur la périnatalité. Quelques experts, trois mois pour conclure [5]. Le 7 juillet 2026, il en a présenté les « premières recommandations », rangées en quatre axes [3]. Mais le travail complet qui les fonde n&rsquo;a pas été rendu public. On connaît les conclusions, pas le diagnostic.</p>
<p>Ce procédé a fait réagir. Le président des gynécologues-obstétriciens a parlé « d&rsquo;apparat, de représentation et de démagogie », et d&rsquo;un calendrier relevant de « l&rsquo;improvisation et de la manipulation » [5]. La présidente d&rsquo;un collège de sages-femmes a jugé que « pour le moment, c&rsquo;est mal engagé » [5]. Ces voix sont elles aussi parties prenantes : elles défendent des professions concernées. Mais le constat de base ne prête pas à discussion. Des recommandations ont été publiées, le rapport qui devrait les porter, non.</p>
<p>Reste le chiffre qui résume tout. Une mort d&rsquo;enfant sur dix, en France, sans cause écrite. Tant qu&rsquo;il ne baisse pas, le pays saura combien de nourrissons il perd, sans toujours pouvoir dire pourquoi.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/8547061">INSEE Première n° 2048 (mortalité infantile en 2024)</a>. INSEE (avril 2025)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.ined.fr/fr/actualites/presse/une-mortalite-infantile-plus-elevee-en-france-que-chez-ses-voisins/">Une mortalité infantile plus élevée en France que chez ses voisins</a>. INED (20 mars 2025)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/anomalies-congenitales/bulletin-national/sante-perinatale-et-petite-enfance-en-france-entre-2012-2024">Santé périnatale et petite enfance en France entre 2012 et 2024</a>. Santé publique France (8 juillet 2026)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.franceinfo.fr/sante/enfant-ado/vrai-ou-faux-la-hausse-de-la-mortalite-infantile-en-france-est-elle-liee-aux-fermetures-de-maternites_7261248.html">Vrai ou faux : la hausse de la mortalité infantile est-elle liée aux fermetures de maternités ?</a>. franceinfo (2025)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.vidal.fr/actualites/37537-mortalite-infantile-a-peine-lances-par-le-gouvernement-des-travaux-deja-contestes.html">Mortalité infantile : à peine lancés par le gouvernement, des travaux déjà contestés</a>. Vidal (mars 2026)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-politique-de-perinatalite">La politique de périnatalité</a>. Cour des comptes (mai 2024)</li><li id="ref-7"><a href="https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sources-outils-et-enquetes/systeme-national-dobservation-obstetrical-perinatal-et-infantile-snoopi">Système national d'observation obstétrical, périnatal et infantile (Snoopi)</a>. DREES (2025)</li></ol>]]></description></item><item><title>Chlordécone : huit adultes antillais sur dix en portent encore dans le sang</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/chlordecone-antilles-impregnation-responsabilite-etat/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/chlordecone-antilles-impregnation-responsabilite-etat/</guid><pubDate>Sun, 26 Jul 2026 08:29:36 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Chlordécone</category><category>Antilles</category><category>Pesticides</category><category>Santé publique</category><category>Justice</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/chlordecone-antilles-impregnation-responsabilite-etat/cover.webp" length="220118" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">En 2024, des équipes de santé ont prélevé le sang de plus de 2 300 adultes en Guadeloupe et en Martinique. Les résultats sont tombés le 23 juin. Huit personnes sur dix portent encore du chlordécone. Un pesticide interdit en France depuis plus de trente ans.</div>

<h2 id="le-poison-est-toujours-là-surtout-dans-lassiette">Le poison est toujours là, surtout dans l&rsquo;assiette</h2>
<p>Le chiffre exact : 81,3 % des adultes en Guadeloupe, 85,5 % en Martinique [1]. En 2013, c&rsquo;était environ neuf sur dix [1]. La baisse est réelle. Les doses dans le sang ont à peu près été divisées par deux en Guadeloupe [1]. Mais l&rsquo;exposition reste générale.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">85,5 %</span> <span class="stat__label">des adultes en Martinique portaient du chlordécone dans le sang en 2024</span></aside>

<p>Cette fois, une donnée nouvelle apparaît. Un seuil sanitaire de précaution est franchi chez environ 14 % des adultes en Guadeloupe et 19 % en Martinique [1]. Ce seuil n&rsquo;est pas un diagnostic. C&rsquo;est le niveau à partir duquel un effet sur la santé n&rsquo;est plus exclu. Le dépassement mesure une part de la population, pas une maladie.</p>
<p>L&rsquo;exposition est très inégale. Cinq pour cent des adultes portent vingt fois la moyenne [1]. Les plus touchés sont les hommes de 50 ans et plus, pêcheurs ou agriculteurs des zones polluées [1]. La porte d&rsquo;entrée, aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est l&rsquo;alimentation. Poissons, crustacés, coquillages, et les circuits de vente informels non contrôlés [1]. Pas l&rsquo;eau du robinet, traitée au charbon actif et conforme [2]. Les sources captées hors réseau, elles, restent polluées [2].</p>
<h2 id="un-insecticide-autorisé-puis-prolongé">Un insecticide autorisé, puis prolongé</h2>
<p>Le chlordécone a été répandu contre le charançon du bananier. Environ 300 tonnes entre 1972 et 1993 [4]. Les États-Unis l&rsquo;ont interdit dès 1976, après un grave accident dans une usine de Virginie [5]. Il a été classé cancérogène possible en 1979 [5]. La France l&rsquo;a interdit en 1990 [5].</p>
<p>Mais aux Antilles, son usage a continué. Deux dérogations du ministère de l&rsquo;Agriculture, en mars 1992 puis février 1993, ont prolongé l&rsquo;épandage jusqu&rsquo;en septembre 1993 [5]. Dix-sept ans après l&rsquo;interdiction américaine. La commission d&rsquo;enquête de l&rsquo;Assemblée nationale attribue cette prolongation à « la pression exercée par les acteurs économiques, dont au premier chef les groupements bananiers » [5].</p>
<p>La molécule reste dans les sols. Entre un et plusieurs siècles selon la terre [3]. Une étude isolée avance cinq ans, mais elle est contestée [3]. Aucune dépollution n&rsquo;est possible à ce jour [3]. Environ un tiers des surfaces agricoles et la moitié des eaux douces sont touchés, selon le seuil retenu [4]. C&rsquo;est cette pollution durable qui entretient ce que le sang mesure encore.</p>
<h2 id="ce-que-lon-sait-des-effets">Ce que l&rsquo;on sait des effets</h2>
<p>Le lien le plus solide concerne le cancer de la prostate. Une étude menée en Guadeloupe a comparé des malades à des témoins. Chez les plus exposés, le risque est près de deux fois plus élevé [6]. Il augmente avec la dose [6]. Il reste modéré. Ce n&rsquo;est pas un facteur unique. Après une opération, le cancer récidive plus souvent chez les plus exposés [7].</p>
<p>L&rsquo;incidence antillaise du cancer de la prostate est parmi les plus élevées au monde [8]. Mais d&rsquo;autres facteurs pèsent lourd, comme l&rsquo;origine ouest-africaine et les antécédents familiaux [8]. La part due au seul chlordécone n&rsquo;est pas chiffrée [8].</p>
<p>L&rsquo;exposition avant la naissance compte aussi. Elle est associée à des grossesses plus courtes et à plus de prématurité [16]. Et à une baisse légère des résultats de l&rsquo;enfant aux tests [9]. Ces effets sont mesurés sur des groupes. Porter du chlordécone dans le sang, c&rsquo;est une exposition. Ce n&rsquo;est pas une maladie, ni la cause d&rsquo;un cas précis.</p>
<h2 id="reconnue-jugée-mais-presque-pas-réparée">Reconnue, jugée, mais presque pas réparée</h2>
<p>Trois responsabilités se distinguent, et elles ne se confondent pas.</p>
<p>La première est politique. En 2018, en Martinique, le chef de l&rsquo;État déclare que « l&rsquo;État doit prendre sa part de responsabilité » [10]. Il pose aussitôt une limite : « il ne serait pas responsable de dire qu&rsquo;il y a une réparation individuelle pour tous » [10]. En 2019, une commission d&rsquo;enquête parlementaire conclut que « l&rsquo;État est le premier responsable » d&rsquo;un « scandale d&rsquo;État », partagé avec les acteurs économiques [5]. Cette commission reste l&rsquo;État se jugeant lui-même. Mais elle s&rsquo;appuie sur les archives.</p>
<p>La deuxième est la faute reconnue par la justice. En 2022, le tribunal administratif de Paris retient des « négligences fautives » [11]. En 2025, la cour administrative d&rsquo;appel confirme et élargit cette faute [12]. Et pourtant, la réparation est presque nulle. Une dizaine de personnes indemnisées, neuf salariés de bananeraies, sur près de 1 300 demandeurs [12]. Seuls ceux qui prouvaient leur exposition par une prise de sang ont obtenu quelque chose [12].</p>
<aside class="pullquote">Vivre sur place, boire l&rsquo;eau, manger local a été jugé insuffisant pour être indemnisé.</aside>

<p>Une autre voie existe, administrative. Depuis 2021, le cancer de la prostate est reconnu comme maladie professionnelle liée aux pesticides [15]. Les travailleurs les plus exposés peuvent alors être indemnisés. Mais la preuve d&rsquo;une exposition d&rsquo;au moins dix ans leur incombe, des décennies après les faits [15].</p>
<p>La troisième responsabilité est pénale, et elle n&rsquo;a jamais abouti. En janvier 2023, la justice rend un non-lieu [13]. Confirmé en appel en 2026 [13]. Les raisons : les faits sont prescrits, et le droit pénal exige un lien de cause « certain » impossible à établir ici [13]. Les juges reconnaissent malgré tout une « atteinte environnementale » [13]. Le non-lieu ne nie pas la contamination. Il constate qu&rsquo;on ne peut pas juger au pénal.</p>
<h2 id="une-loi-qui-reconnaît-un-état-qui-conteste">Une loi qui reconnaît, un État qui conteste</h2>
<p>Le 12 juin 2026, une loi reconnaît la responsabilité de l&rsquo;État [14]. Elle se fixe pour objectif d&rsquo;indemniser « toutes les victimes », que la contamination ait eu lieu au travail ou non [14]. Mais elle ne crée aucun fonds et aucune procédure [14]. Elle prévoit seulement un rapport du gouvernement dans l&rsquo;année [14]. Des avocats de victimes pointent une contradiction. L&rsquo;État reconnaît sa faute dans la loi. Au même moment, il a contesté en justice la décision qui le condamnait à indemniser.</p>
<p>La reconnaissance, elle, ne cesse de s&rsquo;élargir. En 2018 l&rsquo;exécutif, en 2026 le Parlement, l&rsquo;ont écrite noir sur blanc. La réparation effective, elle, tient à une preuve : relier le chlordécone à un mal précis, chez une personne précise. Une contamination diffuse, vieille d&rsquo;un demi-siècle, rend cette preuve presque impossible à apporter. En 2024, le produit est encore dans le sang de huit adultes sur dix. Une dizaine de victimes ont été indemnisées.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/etudes-et-enquetes/kannari-2-exposition-de-la-population-antillaise-au-chlordecone-et-a-dautres-polluants">Kannari 2 : exposition de la population antillaise au chlordécone et à d'autres polluants (premiers résultats)</a>. Santé publique France (2026)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.chlordecone-info.fr/agir-ensemble/controles-et-tracabilite/controles-de-leau-potable/controles-de-leau-potable-martinique/">Contrôles de l'eau potable en Martinique</a>. chlordecone-info.fr (portail public d'information) (2026)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.inrae.fr/actualites/chlordecone-poison-longtemps">La chlordécone, un poison pour longtemps</a>. INRAE (2026)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.senat.fr/rap/r08-487/r08-487_mono.html">Impacts de l'utilisation de la chlordécone et des pesticides aux Antilles : bilan et perspectives (rapport d'information r08-487)</a>. Sénat (2009)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cechlordec/l15b2440-ti_rapport-enquete.pdf">Rapport de la commission d'enquête sur l'utilisation du chlordécone et du paraquat (n° 2440, Tome I)</a>. Assemblée nationale (2019)</li><li id="ref-6"><a href="https://ascopubs.org/doi/10.1200/JCO.2009.27.2153">Chlordecone Exposure and Risk of Prostate Cancer</a>. Journal of Clinical Oncology (2010)</li><li id="ref-7"><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30892691/">Endocrine disrupting-chemicals and biochemical recurrence of prostate cancer after prostatectomy: a cohort study in Guadeloupe</a>. International Journal of Cancer (2020)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC9470795/">Urological Cancers in French Overseas Territories (2007-2014)</a>. Registres des cancers Antilles-Guyane (2007-2014)</li><li id="ref-9"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9969702/">Prenatal and childhood chlordecone exposure, cognitive abilities and problem behaviors in 7-year-old children</a>. Environmental Health (2023)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.europe1.fr/politique/chlordecone-aux-antilles-letat-doit-prendre-sa-part-de-responsabilite-affirme-macron-3765899">Chlordécone aux Antilles : « L'État doit prendre sa part de responsabilité », affirme Macron</a>. Europe 1 (AFP) (2018)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.franceinfo.fr/environnement/transition-ecologique-de-l-agriculture/pesticides/chlordecone-l-etat-juge-coupable-de-negligences-fautives_5224168.html">Chlordécone : l'État jugé coupable de « négligences fautives »</a>. franceinfo (AFP) (2022)</li><li id="ref-12"><a href="https://paris.cour-administrative-appel.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/exposition-au-chlordecone-en-martinique-et-en-guadeloupe-l-etat-doit-indemniser-les-victimes-qui-demontrent-un-prejudice-moral-d-anxiete">Exposition au chlordécone : l'État doit indemniser les victimes qui démontrent un préjudice moral d'anxiété (arrêt du 11 mars 2025, n° 22PA03906)</a>. Cour administrative d'appel de Paris (2025)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.franceinfo.fr/environnement/transition-ecologique-de-l-agriculture/pesticides/la-cour-d-appel-de-paris-confirme-le-non-lieu-dans-le-scandale-sanitaire-du-chlordecone-aux-antilles_8073608.html">La cour d'appel de Paris confirme le non-lieu dans le scandale sanitaire du chlordécone aux Antilles</a>. franceinfo (AFP) (2026)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054245243">LOI n° 2026-491 du 12 juin 2026 visant à reconnaître la responsabilité de l'État et à indemniser les victimes du chlordécone</a>. Légifrance (Journal officiel) (2026)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044538004">Décret n° 2021-1724 du 20 décembre 2021 (tableau n° 61, cancer de la prostate lié aux pesticides, régime agricole)</a>. Légifrance (Journal officiel) (2021)</li><li id="ref-16"><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24401561/">Chlordecone exposure, length of gestation, and risk of preterm birth</a>. American Journal of Epidemiology (2014)</li></ol>]]></description></item><item><title>Crack en France : qui consomme, et ce que le soin peut vraiment faire</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/crack-france-qui-consomme-quel-soin/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/crack-france-qui-consomme-quel-soin/</guid><pubDate>Mon, 20 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Crack</category><category>Addiction</category><category>Santé publique</category><category>Réduction des risques</category><category>Précarité</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/crack-france-qui-consomme-quel-soin/cover.webp" length="49574" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Fin mars 2026, dans un centre de soins des Pyrénées-Orientales, un homme pose quarante-deux ans d&rsquo;addiction derrière lui. « Le crack, c&rsquo;est la plus belle des saloperies », lâche-t-il. Cette dépendance ne se traite avec aucun médicament. Le soin repose sur un accompagnement long. Et près des trois quarts de l&rsquo;argent public contre les drogues vont à la répression.</div>

<h2 id="un-usage-étroit-des-adultes-déjà-à-terre">Un usage étroit, des adultes déjà à terre</h2>
<p>Le crack, c&rsquo;est de la cocaïne. La même poudre, rendue solide et fumable. La poudre se sniffe, le crack se fume. Un seul produit, deux mondes d&rsquo;usage [1].</p>
<p>La cocaïne, elle, se répand. Chez les adultes, la part de ceux qui l&rsquo;ont déjà essayée est passée de 5,6 % en 2017 à 9,4 % en 2023 [1].</p>
<p>Le crack, non. Il reste un usage étroit. En 2021, on comptait 48 000 usagers de cocaïne fumée dans le mois, contre près de 139 000 pour la poudre [1].</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas non plus une drogue de jeunes. À 17 ans, l&rsquo;avoir essayé reste marginal : 0,4 % [1].</p>
<p>Les personnes concernées sont des adultes en difficulté. L&rsquo;observation de terrain décrit deux profils. D&rsquo;un côté, la grande précarité des scènes de rue. De l&rsquo;autre, d&rsquo;anciens usagers d&rsquo;héroïne, des hommes de 40 à 60 ans, « surtout des salariés », que le passage au crack a fait rebasculer [2].</p>
<p>Les femmes précaires paient le prix le plus lourd. Violences, et une prostitution de survie décrite comme fréquente chez celles que les intervenants rencontrent [2, 5].</p>
<p>Ce qui installe le crack n&rsquo;est ni une origine ni un statut. Ce sont trois choses : la précarité, une cocaïne devenue abondante et bon marché, et l&rsquo;histoire de certains territoires [1, 3]. Le rôle prêté à telle « communauté » dans les trafics relève, dans les enquêtes de terrain, de propos d&rsquo;usagers rapportés, pas d&rsquo;un constat mesuré [5].</p>
<h2 id="deux-foyers-dont-un-plus-vieux-que-lhexagone">Deux foyers, dont un plus vieux que l&rsquo;Hexagone</h2>
<p>La carte a deux centres. L&rsquo;Île-de-France, avec les scènes ouvertes du nord-est parisien. Et les Antilles-Guyane [3, 4].</p>
<p>Là-bas, le crack est installé depuis le milieu des années 1980. Il y est arrivé avant la métropole, par la route de la cocaïne venue d&rsquo;Amérique du Sud [4].</p>
<p>En 2021, la scène de rue la plus précaire de Paris comptait entre 700 et 800 consommateurs [6]. C&rsquo;est un décompte local, pas un total national : ce total n&rsquo;existe pas.</p>
<p>Le produit gagne aussi du terrain neuf. Des métropoles régionales et des villes moyennes voient arriver le crack déjà prêt, vendu au caillou. Rennes, Lyon, Grenoble sont cités [2].</p>
<h2 id="le-soin-existe-un-médicament-non">Le soin existe. Un médicament, non.</h2>
<p>Le dispositif de soin est réel. Des centres gratuits et confidentiels existent dans tous les départements, les CSAPA. Des structures à bas seuil accueillent les plus à la rue, les CAARUD. La réduction des risques est inscrite dans la loi depuis 2016 [7].</p>
<p>Mais il y a un mur. Pour l&rsquo;héroïne, il existe des traitements de substitution éprouvés, la méthadone et la buprénorphine. Pour la cocaïne et le crack, aucun médicament de substitution n&rsquo;est autorisé [7].</p>
<aside class="pullquote">Pour l&rsquo;héroïne, un traitement de substitution existe. Pour le crack, aucun.</aside>

<p>Ce n&rsquo;est pas une lacune française isolée. Les méta-analyses internationales aboutissent au même constat : aucun médicament d&rsquo;efficacité prouvée contre la dépendance à la cocaïne [8].</p>
<p>Attention au raccourci. « Pas de médicament prouvé » ne veut pas dire « rien ne marche ». Le soin repose alors sur un accompagnement psychosocial et une psychothérapie. Il est souvent long, et semé de rechutes [10].</p>
<p>Le sevrage est dur pour une raison précise. Le crack monte en une à deux minutes, et l&rsquo;effet dure dix à quinze minutes. Cela pousse à répéter les prises. La dépendance est surtout psychique, et le modèle du manque physique des opioïdes ne s&rsquo;y applique pas [1].</p>
<p>Le recours au soin existe malgré tout. En 2022, près de 14 000 personnes ont consulté un centre pour la cocaïne ou le crack [1].</p>
<h2 id="les-nuisances-sont-réelles-la-réponse-penche-dun-seul-côté">Les nuisances sont réelles. La réponse penche d&rsquo;un seul côté.</h2>
<p>Autour des scènes ouvertes, les nuisances existent. Personne ne les invente. Des riverains vivent avec des scènes de consommation à ciel ouvert et des seringues au sol [3].</p>
<p>L&rsquo;état de santé des usagers de rue est lourd. Plaies infectées, abcès, amputations, et le retour de maladies que l&rsquo;on croyait rares [3].</p>
<p>Une réponse a bien été tentée. Le « plan crack » parisien, signé en 2019 par l&rsquo;État, la Ville et les préfectures. La Cour des comptes en a jugé les résultats « inégaux », faute d&rsquo;hébergement pérenne et d&rsquo;un suivi suffisant [6].</p>
<p>Reste que l&rsquo;argent public, lui, penche d&rsquo;un seul côté. Sur 2,6 milliards d&rsquo;euros consacrés aux drogues dans le budget 2026, environ 1,9 va à la répression [3].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">≈ 75 %</span> <span class="stat__label">du budget public contre les drogues part à la répression (projet de budget 2026)</span></aside>

<p>Pendant ce temps, l&rsquo;offre de soin est jugée sous-dimensionnée. L&rsquo;hébergement est saturé en Île-de-France, et les soins sont sous-dotés outre-mer [3].</p>
<p>Et l&rsquo;usager simple est de plus en plus poursuivi. En Île-de-France, le nombre de personnes mises en cause pour usage a augmenté de 8,6 % en dix ans [3].</p>
<p>Le choix est assumé par ceux qui le portent. En février 2025, le ministre de l&rsquo;Intérieur le formulait ainsi.</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Bien sûr, je sais, il y a des malades, on doit s&rsquo;en occuper. Je ne suis pas ministre de la Santé et mon rôle est d&rsquo;assumer l&rsquo;ordre public. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Bruno Retailleau, ministre de l&#39;Intérieur (propos rapportés par la presse, février 2025)</figcaption>
</figure>

<p>C&rsquo;est une position politique, pas un constat de santé publique.</p>
<h2 id="un-dispositif-qui-marche-toujours-à-lessai">Un dispositif qui marche, toujours à l&rsquo;essai</h2>
<p>Un maillon est évalué comme efficace : les haltes soins addictions. Il en existe deux, à Paris et à Strasbourg [9, 11].</p>
<p>Elles réduisent les abcès, les overdoses non fatales, les passages aux urgences et les seringues abandonnées [9]. Certains de ces gains sont mesurés sur le terrain, d&rsquo;autres sont des projections d&rsquo;un modèle sur dix ans : à ne pas confondre [9].</p>
<p>Leur portée reste faible. Les deux structures accueillent environ 1 600 personnes, soit moins de 1 % des usagers en difficulté [11].</p>
<p>Surtout, leur statut est fragile. Le dispositif est encore expérimental, prolongé jusqu&rsquo;au 31 décembre 2027 seulement [11]. Une inspection de l&rsquo;État recommande de le pérenniser, mais c&rsquo;est un avis, pas encore une loi [11].</p>
<p>Une limite tient au produit lui-même. Ces salles ont d&rsquo;abord été pensées pour l&rsquo;injection. Or le crack se fume, un usage que les évaluations couvrent mal [9].</p>
<h2 id="ce-que-disent-les-faits">Ce que disent les faits</h2>
<p>Le crack n&rsquo;est pas d&rsquo;abord une affaire d&rsquo;origine. C&rsquo;est une addiction très dure, sans médicament pour en sortir, qui frappe des personnes déjà à terre. Le soin existe, il fonctionne par étapes, mais il reste court en moyens là où le besoin est le plus fort. À Font-Romeu, l&rsquo;homme aux quarante-deux ans d&rsquo;addiction appelle son parcours sa dernière chance [12].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.ofdt.fr/produits-et-addictions/de-z/cocaine-et-crack/">Cocaïne et crack, synthèse des connaissances</a>. OFDT (consulté juillet 2026)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.ofdt.fr/sites/ofdt/files/2025-03/tendances_166_trend.pdf">Substances psychoactives, usagers et marchés : tendances en 2023 (Tendances n° 166, dispositif TREND)</a>. OFDT (décembre 2024)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.ofdt.fr/publication/2026/substances-psychoactives-usagers-et-marches-tendances-recentes-paris-et-en-ile-de">Substances psychoactives, usagers et marchés : tendances récentes à Paris et en Île-de-France en 2025 (TREND)</a>. OFDT (juin 2026)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.ofdt.fr/BDD/publications/docs/epfxio2a6.pdf">Drogues et addictions dans les outre-mer. État des lieux et problématiques</a>. OFDT (2020)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.ofdt.fr/publication/2026/drogues-et-conduites-addictives-en-guadeloupe-2691">Drogues et conduites addictives en Guadeloupe</a>. OFDT (26 juin 2026)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-mise-en-oeuvre-du-plan-crack-paris">La mise en œuvre du plan crack à Paris</a>. Cour des comptes (9 décembre 2021)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.drogues-info-service.fr/Tout-savoir-sur-les-drogues/Se-faire-aider/L-aide-specialisee-ambulatoire">L'aide spécialisée et la réduction des risques (CSAPA, CAARUD)</a>. Drogues Info Service, Santé publique France (consulté juillet 2026)</li><li id="ref-8"><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27670244/">Psychostimulant drugs for cocaine dependence (Castells et al.)</a>. Cochrane Database of Systematic Reviews (2016)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.inserm.fr/rapport/salles-de-consommation-a-moindre-risque-rapport-scientifique-mai-2021/">Salles de consommation à moindre risque, rapport scientifique</a>. INSERM (mai 2021)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.inserm.fr/dossier/addictions/">Dossier addictions (prise en charge)</a>. INSERM (consulté juillet 2026)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.igas.gouv.fr/les-haltes-soins-addictions-hsa-un-dispositif-experimente-depuis-2016-pour-reduire-les-nuisances-liees-la-consommation-de-stupefiants-dans-lespace-public">Les haltes soins addictions (HSA), un dispositif expérimenté depuis 2016</a>. IGAS-IGA (décembre 2025)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/190726/le-crack-c-est-la-plus-belle-des-saloperies-deux-consommateurs-temoignent">« Le crack, c'est la plus belle des saloperies » : deux consommateurs témoignent</a>. Mediapart (19 juillet 2026)</li></ol>]]></description></item><item><title>Lait cru : un danger concentré sur les tout-petits, un seul bénéfice sérieusement étudié</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/lait-cru-risques-benefices-enfants/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/lait-cru-risques-benefices-enfants/</guid><pubDate>Tue, 14 Jul 2026 08:44:17 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Alimentation</category><category>Fromages</category><category>Santé publique</category><category>Enfance</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/lait-cru-risques-benefices-enfants/cover.webp" length="115520" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Au printemps 2019, quatorze jeunes enfants ont souffert d&rsquo;une grave atteinte des reins. Le plus jeune avait six mois. Tous avaient mangé un fromage au lait cru. Sept ont eu besoin d&rsquo;un rein artificiel. En dix ans, la France a connu trois épidémies de ce genre. Le lait cru fait pourtant l&rsquo;objet d&rsquo;un vieux débat, entre danger sanitaire et vertus supposées. Les études permettent de trancher.</div>

<h2 id="trois-épidémies-presque-toujours-des-enfants">Trois épidémies, presque toujours des enfants</h2>
<p>Le point commun de ces épidémies est une bactérie. Un type d&rsquo;E. coli, présent parfois dans le lait cru [1]. Elle produit une toxine qui attaque les reins. Chez le jeune enfant, cela déclenche parfois un syndrome grave. Les médecins l&rsquo;appellent syndrome hémolytique et urémique. C&rsquo;est la première cause d&rsquo;insuffisance rénale aiguë chez les tout-petits [1].</p>
<p>Ce syndrome ne vient pas que du lait cru. La viande hachée mal cuite, l&rsquo;eau souillée, le contact avec des animaux le provoquent aussi. Mais les fromages au lait cru en sont une cause régulière et tracée. Sur la dernière décennie, ils sont liés à une large part des infections à cette bactérie en France.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">60 %</span> <span class="stat__label">des infections à cette bactérie E. coli en France, ces dix dernières années, sont liées aux fromages au lait cru (ANSES)</span></aside>

<p>Les épidémies récentes portent des noms de fromages connus. En 2018, un reblochon au lait cru a contaminé plusieurs enfants de un à cinq ans. Onze ont développé la maladie rénale. Un enfant est mort [3]. En 2019, des Saint-Marcellin et Saint-Félicien ont touché quatorze enfants. Six ont présenté des complications neurologiques [4]. Fin 2024, un morbier au lait cru a de nouveau frappé. Onze enfants malades, quatre rappels de lots [5].</p>
<p>Le poids sur les plus jeunes est net. Chaque année, cent à cent soixante enfants de moins de quinze ans développent ce syndrome, toutes causes confondues [2]. En 2023, sur cent quarante-trois cas, près de sept sur dix touchaient un enfant de moins de trois ans [2]. De là vient la règle officielle. Pas de fromage au lait cru avant cinq ans [1].</p>
<h2 id="tous-les-fromages-au-lait-cru-ne-se-valent-pas">Tous les fromages au lait cru ne se valent pas</h2>
<p>Le lait cru reste un pilier du patrimoine fromager français. Près des trois quarts des fromages sous appellation en sont faits [6]. La France ne l&rsquo;a pas interdit. Elle recommande, elle encadre, elle n&rsquo;impose pas l&rsquo;arrêt [1]. Les États-Unis, eux, interdisent sa vente entre États depuis 1987 [7].</p>
<p>Surtout, le risque n&rsquo;est pas le même d&rsquo;un fromage à l&rsquo;autre. Les pâtes pressées cuites sont sûres. Le comté, le gruyère, le beaufort en font partie [1]. Leur fabrication chauffe le caillé, puis un long affinage fait le reste. Un fromage au lait cru bien cuit dans un plat au four ne pose plus de problème non plus [1].</p>
<p>Le danger se concentre ailleurs. Sur les pâtes molles comme le camembert ou le reblochon jeune, surtout pour les publics fragiles [1]. Un détail compte. Retirer la croûte ne protège pas. La bactérie se répartit dans toute la pâte [1].</p>
<h2 id="la-légende-du-lait-cru--plus-sain-">La légende du lait cru « plus sain »</h2>
<p>Une idée circule depuis longtemps. Le lait cru serait plus riche, et la pasteurisation détruirait ses nutriments. Les études disent le contraire. Chauffer le lait ne détruit presque aucune de ses vitamines [8, 9]. La seule vraiment sensible à la chaleur est la vitamine C. Or le lait en contient de toute façon très peu [8]. Les protéines et le calcium, eux, restent identiques [8].</p>
<p>Le reste des vertus prêtées au lait cru ne tient pas mieux. Ses enzymes ne facilitent pas la digestion. L&rsquo;acidité de l&rsquo;estomac les détruit avant qu&rsquo;elles agissent [8]. Il ne contient pas non plus de « bonnes bactéries » utiles. Celles qu&rsquo;il porte ne sont pas des probiotiques [8, 10]. Au contraire, un taux élevé de bactéries dans un lait signale surtout un défaut d&rsquo;hygiène à la traite [10].</p>
<p>Quant à l&rsquo;intolérance au lactose, le lait cru ne la soulage pas. Il contient autant de lactose que le lait pasteurisé [8]. Au total, aucune preuve solide ne montre qu&rsquo;il nourrit mieux, se digère mieux, ou aide contre le lactose [10].</p>
<h2 id="le-seul-bénéfice-sérieux-et-ce-quen-disent-ses-découvreurs">Le seul bénéfice sérieux, et ce qu&rsquo;en disent ses découvreurs</h2>
<p>Un bénéfice, pourtant, résiste à l&rsquo;examen. Les enfants qui grandissent à la ferme et boivent du lait cru font moins d&rsquo;asthme et d&rsquo;allergies [11]. La baisse atteint environ 40 % pour l&rsquo;asthme dans une grande étude [11]. L&rsquo;effet est réel, mesuré plusieurs fois. Mais il ne dit pas ce qu&rsquo;une lecture rapide en conclut.</p>
<p>D&rsquo;abord, cet effet va avec toute la vie à la ferme. L&rsquo;étable, les animaux, la poussière, le lait, tout est mêlé [11]. Impossible d&rsquo;isoler le rôle du seul lait. Ensuite, l&rsquo;effet disparaît quand le lait est chauffé [11]. Ce qui protège serait une molécule fragile, détruite par la cuisson.</p>
<aside class="pullquote">Ce qui protégerait est détruit par le geste même qui rend le lait sûr.</aside>

<p>Un dernier point tranche le débat. Les chercheurs qui ont mis en évidence cet effet refusent d&rsquo;en tirer un conseil. Ils écrivent noir sur blanc qu&rsquo;il ne faut pas boire de lait cru pour se protéger des allergies [12]. La raison tient aux bactéries dangereuses qu&rsquo;il peut contenir [12]. Leur piste est d&rsquo;isoler la molécule utile, pour la mettre un jour dans un produit sûr. Jamais de recommander le lait cru.</p>
<h2 id="ce-que-pèsent-les-deux-plateaux">Ce que pèsent les deux plateaux</h2>
<p>Au bout du compte, les deux plateaux ne pèsent pas pareil. D&rsquo;un côté, un danger prouvé, daté, grave chez les tout-petits. De l&rsquo;autre, un bénéfice réel mais fragile, que ses propres découvreurs refusent de conseiller.</p>
<p>Le lait cru reste un produit du terroir, légal et encadré. La règle sanitaire, elle, tient en peu de mots. Pas de lait cru pour les tout-petits et les publics fragiles, sauf les pâtes pressées cuites. Le comté et le beaufort passent la table de tout le monde. Le camembert au lait cru, lui, attendra les cinq ans de l&rsquo;enfant.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.anses.fr/en/content/raw-milk-cheeses-what-are-associated-health-risks-and-what-preventive-measures-can-be-taken">Fromages au lait cru : quels risques sanitaires et quelles mesures de prévention ?</a>. ANSES (4 août 2022)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-infectieuses-d-origine-alimentaire/syndrome-hemolytique-et-uremique-pediatrique/documents/bulletin-national/syndrome-hemolytique-et-uremique-en-france.-bilan-2023">Syndrome hémolytique et urémique en France, bilan 2023</a>. Santé publique France (29 octobre 2024)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2018/epidemie-de-syndrome-hemolytique-et-uremique-pediatrique-a-escherichia-coli-o26-en-france-metropolitaine-en-lien-avec-la-consommation-de-reblochon">Épidémie de SHU à E. coli O26 liée au reblochon au lait cru, France 2018</a>. Santé publique France (15 juin 2018)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2019/epidemie-de-shu-pediatrique-a-e.-coli-o26-en-france-metropolitaine-en-lien-avec-la-consommation-de-fromages-saint-marcellin-et-saint-felicien-poi">Épidémie de SHU à E. coli O26 liée aux fromages Saint-Marcellin et Saint-Félicien au lait cru, France 2019</a>. Santé publique France (25 mai 2019)</li><li id="ref-5"><a href="https://agriculture.gouv.fr/e-coli-retrait-rappel-de-morbier-au-lait-cru-de-la-societe-perrin-vermot-en-raison-dune-possible">E. coli : retrait-rappel de morbier au lait cru de la société Perrin-Vermot</a>. ministère de l'Agriculture (25 janvier 2025)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.inao.gouv.fr/sites/default/files/2024-11/Chiffres-cl%C3%A9s-laitier-AOP-IGP-2023.pdf">Chiffres clés des produits laitiers AOP-IGP, part du lait cru</a>. INAO (2024)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.fda.gov/food/buy-store-serve-safe-food/food-safety-and-raw-milk">Food Safety and Raw Milk</a>. FDA (États-Unis) (2024)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.fda.gov/food/buy-store-serve-safe-food/raw-milk-misconceptions-and-danger-raw-milk-consumption">Raw Milk Misconceptions and the Danger of Raw Milk Consumption</a>. FDA (États-Unis) (2011)</li><li id="ref-9"><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22054181/">Systematic Review and Meta-Analysis of the Effects of Pasteurization on Milk Vitamins</a>. Journal of Food Protection (2011)</li><li id="ref-10"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4890836/">Raw Milk Consumption: Risks and Benefits</a>. Nutrition Today (2015)</li><li id="ref-11"><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21875744/">Consumption of unprocessed cow's milk and asthma/allergy in children (cohorte GABRIELA)</a>. Journal of Allergy and Clinical Immunology (octobre 2011)</li><li id="ref-12"><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21155907/">Can farm milk consumption prevent allergic diseases ?</a>. Clinical & Experimental Allergy (janvier 2011)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>