<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Santé Au Travail | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/sante-au-travail/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Mon, 03 Aug 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/sante-au-travail/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/sante-au-travail/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Poumons détruits à 45 ans : la maladie des tailleurs de plans en quartz</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/plans-travail-quartz-silicose-artisans/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/plans-travail-quartz-silicose-artisans/</guid><pubDate>Mon, 03 Aug 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Santé au travail</category><category>Silicose</category><category>Artisanat</category><category>Réglementation</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/plans-travail-quartz-silicose-artisans/cover.webp" length="80126" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">En Californie, des médecins ont réuni les dossiers de 52 hommes qui taillaient des plans de cuisine en quartz. Âge médian au diagnostic, 45 ans. Un sur cinq était déjà mort, souvent vers 46 ans. Onze ont été adressés pour une greffe de poumons. Leur maladie porte un nom ancien, la silicose. Ce qui est nouveau, c&rsquo;est qu&rsquo;elle prend des travailleurs si jeunes, à cause d&rsquo;un matériau posé dans des milliers de cuisines.</div>

<h2 id="un-matériau-chargé-en-silice-comme-aucune-pierre-naturelle">Un matériau chargé en silice comme aucune pierre naturelle</h2>
<p>Le plan de travail en quartz n&rsquo;est pas de la pierre. C&rsquo;est un matériau fabriqué. On broie du quartz très fin, on le lie avec de la résine, on presse et on cuit. Le résultat contient autour de 90 % de quartz, parfois plus [1, 4]. Un fabricant en annonce même 93 % [4].</p>
<p>Cette teneur change tout. Un organisme public canadien la situe entre 90 et 97 % pour la pierre reconstituée [3]. Le granit, lui, reste sous les 45 %. Le marbre, sous les 5 % [3]. Des mesures de laboratoire confirment l&rsquo;écart, avec une réserve, la teneur des pierres naturelles varie beaucoup d&rsquo;un bloc à l&rsquo;autre [2].</p>
<p>Le quartz n&rsquo;est pas dangereux en soi. Le danger, c&rsquo;est ce qui s&rsquo;en échappe quand on le taille. Découpé, meulé, poncé, surtout à sec, le matériau libère une poussière de silice cristalline très fine [4]. Ces grains sont plus petits que ceux de la pierre naturelle. Ils descendent plus loin dans les poumons [2]. Plus de silice, des particules plus fines, l&rsquo;exposition est plus dangereuse à chaque geste.</p>
<h2 id="une-maladie-qui-ne-recule-jamais">Une maladie qui ne recule jamais</h2>
<p>Inhalée jour après jour, cette poussière provoque une silicose. C&rsquo;est une fibrose du poumon. Le tissu se cicatrise et durcit. La maladie est irréversible. Elle continue de s&rsquo;aggraver même quand le travailleur a cessé d&rsquo;être exposé [5, 6]. Au bout, c&rsquo;est l&rsquo;insuffisance respiratoire.</p>
<p>Chez les tailleurs de quartz, elle prend une forme accélérée. Elle touche des travailleurs jeunes, après des durées d&rsquo;exposition plus courtes que la silicose classique des mineurs [1]. La série californienne le montre. 52 hommes, âge médian 45 ans. Presque tous étaient des ouvriers immigrés [8]. Le diagnostic est tombé tard. Dans 58 % des cas, la maladie avait d&rsquo;abord été prise pour une pneumonie ou une tuberculose [8].</p>
<p>Le foyer israélien, l&rsquo;un des premiers décrits, disait déjà la gravité. Entre 1997 et 2010, 25 malades de la pierre artificielle ont été adressés au programme national de greffe pulmonaire. Dix ont été greffés [9].</p>
<p>À ce risque s&rsquo;ajoute le cancer. La silice cristalline est classée cancérogène pour l&rsquo;humain, au plus haut niveau, pour le cancer du poumon [7]. L&rsquo;exposition est aussi liée, de façon établie, à des maladies auto-immunes comme la sclérodermie [5]. D&rsquo;autres atteintes sont évoquées sans être prouvées, ce journal ne les présente pas comme certaines.</p>
<p>Le mal n&rsquo;est pas resté au laboratoire. En Espagne, 632 nouveaux cas de silicose ont été déclarés en 2025, année record, tous types de silice confondus [16].</p>
<h2 id="interdit-dun-côté-encadré-de-lautre">Interdit d&rsquo;un côté, encadré de l&rsquo;autre</h2>
<p>Face au même danger, deux pays ont fait deux choix opposés.</p>
<p>L&rsquo;Australie a interdit le matériau. Depuis le 1er juillet 2024, la fabrication, la fourniture et la pose de plans en pierre artificielle y sont prohibées [12]. C&rsquo;est une première mondiale [13]. La décision a été prise par les ministres du travail en décembre 2023 [11, 13]. Le déclencheur, la mort d&rsquo;un travailleur en 2015, puis une campagne du syndicat de la construction [10, 13].</p>
<p>Les fabricants avaient proposé un compromis, autoriser la pierre sous 40 % de silice. Le régulateur australien a refusé. Son motif, aucune preuve scientifique d&rsquo;un seuil sûr n&rsquo;existe [11, 12]. Faute de dose que l&rsquo;on sache inoffensive, il n&rsquo;en a autorisé aucune. Le matériau a des substituts, ce qui a pesé dans la balance [11].</p>
<p>La France et l&rsquo;Union européenne ont choisi d&rsquo;encadrer. Les travaux exposant à la silice sont classés cancérogènes [6]. Une valeur limite d&rsquo;exposition existe, fixée à 0,1 mg par mètre cube d&rsquo;air pour le quartz [6]. La maladie, une fois déclarée, est reconnue comme maladie professionnelle [15].</p>
<p>L&rsquo;agence sanitaire française a instruit ce dossier après un signalement de 2015. En 2019, elle a jugé cette valeur limite « insuffisamment protectrice » [1]. Elle citait des références étrangères plus basses [1]. Sept ans plus tard, la limite française est toujours à 0,1 [1, 6].</p>
<aside class="pullquote">L&rsquo;agence sanitaire française a jugé sa limite d&rsquo;exposition trop permissive dès 2019. Elle n&rsquo;a pas bougé depuis.</aside>

<p>Dans cette affaire, le profit et le risque ne sont pas au même endroit. Le matériau est importé et vendu par des groupes industriels, comme l&rsquo;espagnol Cosentino et sa marque Silestone. Le risque, lui, est porté au bout de la chaîne, par des marbriers souvent installés en petites entreprises. Interrogés, les fabricants minimisent le lien avec la maladie [16]. Ce sont des parties prenantes de leur propre dossier.</p>
<h2 id="la-prévention-existe-surtout-sur-le-papier">La prévention existe, surtout sur le papier</h2>
<p>Le danger est connu, et les moyens de s&rsquo;en protéger aussi. La règle tient en peu de mots, travailler à l&rsquo;eau plutôt qu&rsquo;à sec, capter la poussière à la source, filtrer l&rsquo;air, porter un masque adapté [5]. L&rsquo;eau plaque les particules et les empêche de voler.</p>
<p>Le problème est ailleurs. Il est dans l&rsquo;écart entre la règle et l&rsquo;atelier. Une observation de terrain aux États-Unis a compté les pratiques. Les trois quarts des entreprises repérées réalisaient au moins une étape à sec [14].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">9 %</span> <span class="stat__label">des ateliers surveillés appliquaient les bonnes méthodes de protection à toutes les étapes</span></aside>

<p>La coupe à sec est déconseillée. Elle n&rsquo;est pas interdite par un texte. Le risque n&rsquo;est donc pas seulement dans le matériau. Il est aussi dans la façon dont on le travaille.</p>
<h2 id="en-france-un-décompte-qui-manque">En France, un décompte qui manque</h2>
<p>Combien de marbriers français sont touchés ? Personne ne le sait précisément. Environ 365 000 travailleurs sont exposés à la silice cristalline dans le pays [1]. Mais ce chiffre couvre toute la silice, pas les seuls tailleurs de quartz, et il compte des exposés, pas des malades. Le métier de tailleur de pierre figure parmi les plus exposés [1].</p>
<p>Le premier cas français lié à la pierre artificielle a été mis en investigation en 2017 [14]. Depuis, aucun décompte à jour et propre à ce matériau n&rsquo;a été publié. C&rsquo;est un trou réel. Chaque année, environ 200 cas de maladie liés à la silice sont reconnus, tous secteurs confondus [6].</p>
<p>Le dispositif français répare plus qu&rsquo;il ne prévient. Il reconnaît la maladie une fois qu&rsquo;elle est là [15]. Or la silicose ne recule jamais. Quand elle est reconnue, elle continue d&rsquo;avancer.</p>
<p>Le signalement qui a alerté la France date du 26 juin 2015 [1]. Son agence sanitaire a rendu son diagnostic en 2019, la limite d&rsquo;exposition protège mal. Elle n&rsquo;a pas changé depuis. L&rsquo;Australie, elle, a cessé d&rsquo;importer le matériau.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.anses.fr/fr/system/files/AIR2015SA0236Ra.pdf">Évaluation des dangers, des expositions et des risques liés à la silice cristalline (saisine 2015-SA-0236)</a>. ANSES (mars 2019)</li><li id="ref-2"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8921240/">Characterisation of dust emissions from machined engineered stones to understand the hazard for accelerated silicosis</a>. Scientific Reports (2022)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.ccohs.ca/oshanswers/chemicals/engineered-stone-countertops.html">Engineered Stone Countertops</a>. Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail (CCOHS) (page consultée en 2026)</li><li id="ref-4"><a href="https://theconversation.com/les-plans-de-travail-en-quartz-a-lorigine-dune-crise-de-sante-publique-aux-etats-unis-et-dans-le-monde-286271">Les plans de travail en quartz, à l'origine d'une crise de santé publique aux États-Unis et dans le monde</a>. The Conversation (page consultée en 2026)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.inrs.fr/dam/ficheTox/FicheFicheTox/FICHETOX_232-2.pdf">Silice cristalline, fiche toxicologique FT 232</a>. INRS (page consultée en 2026)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.inrs.fr/risques/silice-cristalline/ce-qu-il-faut-retenir.html">Silice cristalline, ce qu'il faut retenir</a>. INRS (page consultée en 2026)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK304370/">Silica dust, crystalline (monographie IARC vol. 100C)</a>. Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/OMS) (2012)</li><li id="ref-8"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10366949/">Silicose chez des travailleurs de plans de travail en pierre artificielle, Californie 2019-2022 (série de cas)</a>. revue médicale peer-reviewed (NCBI/PMC) (2023)</li><li id="ref-9"><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22383661/">Artificial stone silicosis: disease resurgence among artificial stone workers</a>. Chest (2012)</li><li id="ref-10"><a href="https://thoracic.org.au/wp-content/uploads/2024/01/Editorial-on-engineered-stone-ban-Lancet-Jan-11th-2024.pdf">Australia bans engineered stone to prevent silicosis</a>. The Lancet Respiratory Medicine (11 janvier 2024)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.etui.org/sites/default/files/2024-12/HM29_Australia%E2%80%99s%20ban%20of%20engineered%20stone%20a%20historic%20turning%20point_2024.pdf">Australia's ban of engineered stone, a historic turning point (HesaMag 29)</a>. ETUI (Institut syndical européen) (hiver 2024)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.safework.nsw.gov.au/news/safework-public-notice/engineered-stone-prohibition-to-commence-1-july-2024">Engineered stone prohibition to commence 1 July 2024</a>. SafeWork NSW (2024)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.sbs.com.au/news/article/australias-life-saving-ban-on-engineered-stone-over-silicosis-concerns-a-world-first/esmu6iiiv">Australia's life-saving ban on engineered stone over silicosis concerns, a world first</a>. SBS News (décembre 2023)</li><li id="ref-14"><a href="https://vigilanses.anses.fr/sites/default/files/VigilansesN2_Mat%C3%A9riauxsurfacessolides.pdf">Risque de silicose lié à la fabrication des plans de travail en pierre artificielle à haute teneur en quartz (Vigil'Anses n°2)</a>. ANSES (juin 2017)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006746316">Tableau n°25 des maladies professionnelles du régime général (silice cristalline)</a>. Légifrance (texte consulté en 2026)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.eldiario.es/economia/silicosis-sigue-plena-explosion-espana-600-nuevos-casos-2025-trunca-27-anos_1_13204965.html">La silicosis sigue en plena explosión en España: 600 nuevos casos en 2025</a>. elDiario.es (2025)</li></ol>]]></description></item><item><title>Cancers des pompiers : un danger certain, une reconnaissance qui commence à peine</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/cancers-pompiers-reconnaissance-france/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/cancers-pompiers-reconnaissance-france/</guid><pubDate>Sun, 02 Aug 2026 09:05:45 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Pompiers</category><category>Cancer</category><category>Santé au travail</category><category>Maladies professionnelles</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/cancers-pompiers-reconnaissance-france/cover.webp" length="923414" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Un pompier sort d&rsquo;un feu. Sa tenue a tenu. Le danger, lui, est passé quand même, par la peau chaude et la sueur, jusque sous l&rsquo;équipement. Ce qu&rsquo;il a respiré ce jour-là, une agence de l&rsquo;Organisation mondiale de la santé l&rsquo;a jugé en 2022. Verdict : cancérogène certain pour l&rsquo;humain. Le même niveau de preuve que pour l&rsquo;amiante.</div>

<h2 id="un-danger-reconnu-au-plus-haut-niveau">Un danger reconnu au plus haut niveau</h2>
<p>En juin 2022, un groupe d&rsquo;experts s&rsquo;est réuni à Lyon. Ils travaillent pour le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l&rsquo;OMS. Leur conclusion est nette. Exercer le métier de pompier est « cancérogène certain » [1]. C&rsquo;est le classement le plus élevé qui existe.</p>
<p>Deux cancers sont clairement en cause. Le mésothéliome, une tumeur liée à l&rsquo;amiante. Et le cancer de la vessie [1]. Pour cinq autres, les preuves existent mais restent plus faibles : côlon, prostate, testicule, mélanome de la peau, lymphome [1].</p>
<p>Ce qui rend malade, ce sont les fumées. Un feu libère un mélange toxique. Benzène, formaldéhyde, particules fines, métaux, amiante des vieux bâtiments [1, 2]. Ces produits entrent par les poumons. Mais aussi par la peau. La chaleur et la sueur les font pénétrer, même sous la tenue [2].</p>
<p>Un point doit rester clair. Ce classement dit qu&rsquo;il y a un danger. Il ne dit pas combien de pompiers tomberont malades [1]. Le danger et le risque chiffré sont deux choses différentes. La suite le montre.</p>
<h2 id="en-france-personne-ne-compte">En France, personne ne compte</h2>
<p>Combien de pompiers français développent un cancer à cause du métier ? Personne ne le sait.</p>
<p>Il existe seulement deux études françaises, et elles sont anciennes [2]. Toutes deux se heurtent au même biais. Les pompiers sont recrutés en bonne santé, triés physiquement [4]. Du coup, ils meurent globalement moins que la moyenne. Et cela masque les cancers en trop sur certains organes [4].</p>
<p>Les seuls chiffres solides viennent de l&rsquo;étranger. Une méta-analyse estime le sur-risque de mésothéliome à +58 %, celui de la vessie à +16 % [3]. Mais ces données ne sont pas françaises. Elles ne peuvent pas être recopiées ici comme si elles l&rsquo;étaient.</p>
<p>La France a même réduit sa surveillance. En décembre 2023, son organisme public de santé a abandonné le programme de suivi du mésothéliome [2]. Les données de santé des pompiers existent. Elles ne sont ni centralisées ni exploitées [2]. Le Sénat « regrette vivement le manque d&rsquo;études épidémiologiques sérieuses » [2].</p>
<p>Résultat : impossible d&rsquo;affirmer que les pompiers français ont plus de cancers. Ni de le prouver, ni de l&rsquo;exclure.</p>
<h2 id="le-danger-était-certain-la-reconnaissance-restait-fermée">Le danger était certain, la reconnaissance restait fermée</h2>
<p>Longtemps, la France n&rsquo;a présumé que deux cancers liés au métier. Le carcinome du nasopharynx et le carcinome du foie [2]. Or, note le Sénat, ce lien « ne semble établi par aucune publication » [2]. Deux cancers reconnus sans base scientifique, et pas ceux que la science pointe.</p>
<p>Le retard est visible ailleurs. Le Québec présume 9 cancers, l&rsquo;Ontario 19, le Nevada 28 [2].</p>
<p>Et sur le terrain, la reconnaissance ne suivait pas. En 2023, les pompiers ont déclaré 24 maladies professionnelles. Aucune n&rsquo;était un cancer [7]. L&rsquo;année d&rsquo;avant, ils n&rsquo;en avaient recensé que 31 en tout, le signe d&rsquo;une forte sous-déclaration [2]. Et en dix ans, la caisse des agents territoriaux n&rsquo;a reçu que 21 demandes d&rsquo;indemnisation pour cancer. Aucune ne venait d&rsquo;un pompier [2].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">0</span> <span class="stat__label">cancer déclaré comme maladie professionnelle par les pompiers français en 2023</span></aside>

<p>Un métier classé cancérogène certain dans le monde entier. Et, en France, pas une seule demande d&rsquo;un pompier en dix ans.</p>
<h2 id="fin-2025-une-première-ouverture">Fin 2025, une première ouverture</h2>
<p>Puis les choses ont bougé. Un décret du 26 décembre 2025 est entré en vigueur [5]. Il inscrit la lutte contre l&rsquo;incendie dans deux tableaux de maladies professionnelles. Concrètement, un pompier atteint d&rsquo;un cancer de la peau, du poumon ou de la vessie n&rsquo;a plus à prouver l&rsquo;origine de sa maladie [5]. Le lien est présumé, c&rsquo;est le principe des tableaux [12]. À l&rsquo;administration, désormais, de démontrer le contraire.</p>
<p>Le mésothéliome, lié à l&rsquo;amiante, entre lui aussi dans ce cadre [5]. Et les trois statuts sont couverts : professionnels, volontaires, militaires [5].</p>
<p>L&rsquo;avancée est réelle. Elle a des limites précises. Le décret couvre les cancers des fumées et de l&rsquo;amiante. Pas les sept cancers pointés par la science internationale [5, 2]. Le tableau dédié réclamé par le Sénat n&rsquo;existe toujours pas. Le gouvernement défend une ligne prudente : n&rsquo;ouvrir la présomption qu&rsquo;aux cancers au lien scientifique établi, des études étant en cours [11].</p>
<p>Il manque surtout une pièce. Pour activer cette présomption, il faut prouver qu&rsquo;on a été exposé. Or aucune fiche ne trace les interventions à risque de chaque pompier [2]. Une loi devait la créer. Le Sénat l&rsquo;a votée à l&rsquo;unanimité le 19 mars 2025 [6]. L&rsquo;Assemblée nationale ne l&rsquo;a jamais examinée [6]. Sans cette trace, la présomption ouverte reste difficile à faire jouer.</p>
<h2 id="deux-pompiers-sur-le-même-feu-pas-la-même-protection">Deux pompiers sur le même feu, pas la même protection</h2>
<p>Sur un incendie, tous les pompiers respirent les mêmes fumées. Mais ils ne sont pas protégés pareil.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Sur un incendie, tous respirent les mêmes fumées. Ils ne sont pas protégés pareil.</aside>

<p>Près de quatre pompiers français sur cinq sont volontaires. Ils sont plus de 200 000 [10]. Or le suivi médical après la carrière ne concerne que les professionnels [2]. Les volontaires en sont exclus. Même danger au feu, protection moindre.</p>
<p>Il y a aussi les tenues. Elles contiennent des PFAS, ces « polluants éternels » qui les rendent étanches [8]. Une loi de février 2025 interdit les PFAS dans les vêtements du grand public à partir de 2026 [9]. Mais elle prévoit une exception pour les vêtements de protection [9]. La loi protège donc le consommateur. Et elle laisse hors du champ la tenue du pompier, le plus exposé au feu. Le ministère de l&rsquo;Intérieur reconnaît qu&rsquo;elles « devraient bien en contenir » [8]. La direction de la sécurité civile plaide qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas d&rsquo;alternative industrielle pour l&rsquo;étanchéité aux hydrocarbures [7].</p>
<p>La décontamination, elle, dépend de chaque caserne. Chaque service d&rsquo;incendie est géré de façon autonome [2]. Certains lavent les tenues sur place, d&rsquo;autres non. Beaucoup de volontaires « lavent encore eux-mêmes leurs affaires », relève un syndicat [8]. Les cagoules qui filtrent vraiment les fumées existent. Mais peu de services en sont équipés, faute de moyens [7].</p>
<h2 id="ce-qui-est-établi-ce-qui-reste-à-faire">Ce qui est établi, ce qui reste à faire</h2>
<p>Le danger, lui, est établi, au plus haut niveau de preuve qui existe [1]. Ce que la France ignore encore, c&rsquo;est son ampleur chez ses propres pompiers, faute de l&rsquo;avoir mesurée [2]. La première vraie reconnaissance date de fin 2025 [5]. Elle couvre les cancers des fumées et de l&rsquo;amiante, pas les sept que pointe la science [5, 2]. Et la loi qui permettrait de la faire jouer, en traçant l&rsquo;exposition, attend toujours d&rsquo;être examinée [6].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.iarc.who.int/wp-content/uploads/2022/07/pr317_E.pdf">Monographie vol. 132 : occupational exposure as a firefighter classée cancérogène pour l'homme (Groupe 1), communiqué n°317 et questions-réponses</a>. Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC, OMS) (1er juillet 2022)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.senat.fr/rap/r23-641/r23-641.html">Rapport d'information n° 641, Cancers imputables à l'activité de sapeur-pompier : protéger les soldats du feu</a>. Sénat (29 mai 2024)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.cancer-environnement.fr/fiches/publications-du-circ/monographie-vol-132-cancerogenicite-exposition-professionnelle-pompier/">Monographie vol. 132 : cancérogénicité de l'exposition professionnelle en tant que pompier</a>. Cancer-Environnement (Centre Léon Bérard, INCa et Santé publique France) (2022)</li><li id="ref-4"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10213433/">Cancer incidence and mortality among firefighters, méta-analyse de 38 études</a>. PubMed Central (article peer-reviewed) (2023)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053176919">Décret n° 2025-1349 du 26 décembre 2025 (tableaux de maladies professionnelles 16 bis et 30)</a>. Journal officiel, Légifrance (26 décembre 2025)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b1158_proposition-loi">Proposition de loi n° 1158 visant à garantir le suivi de l'exposition des sapeurs-pompiers aux agents CMR</a>. Parlement (adoptée par le Sénat le 19 mars 2025, en attente à l'Assemblée nationale) (19 mars 2025)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.lagazettedescommunes.com/1002719/feu-fumer-maladie-pompiers-face-aux-risques-de-cancers-la-lutte-sintensifie/">Sapeurs-pompiers : face aux risques de cancers, la lutte s'intensifie</a>. La Gazette des communes (7 octobre 2025)</li><li id="ref-8"><a href="https://reporterre.net/PFAS-chez-les-pompiers-un-difficile-avenir-sans-polluants-eternels">PFAS : les pompiers confrontés à des risques invisibles depuis des décennies</a>. Reporterre (23 décembre 2025)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051260902">Loi n° 2025-188 du 27 février 2025 visant à protéger la population des risques liés aux PFAS</a>. Journal officiel, Légifrance (27 février 2025)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.secoursmag.fr/2026/05/07/augmentation-de-lactivite-des-sdis-en-2025/">Statistiques des services d'incendie et de secours 2025 (effectifs sapeurs-pompiers)</a>. DGSCGC (ministère de l'Intérieur), relayé par Secours Mag (7 mai 2026)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/questions/QANR5L17QE4337">Question écrite n° 4337 et réponse du gouvernement sur la reconnaissance des cancers des pompiers</a>. Assemblée nationale (2025)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.cancer-environnement.fr/fiches/informations-generales/demarches-de-reconnaissance-dun-cancer-professionnel/">Démarches de reconnaissance d'un cancer professionnel</a>. Cancer-Environnement (Centre Léon Bérard, INCa et Santé publique France) (2024)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>