<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Risques Industriels | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/risques-industriels/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Tue, 22 Sep 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/risques-industriels/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/risques-industriels/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Sites classés à risque : le manque de moyens de contrôle est chiffré par l'État lui-même</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/sites-seveso-controle-moyens-riverains/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/sites-seveso-controle-moyens-riverains/</guid><pubDate>Tue, 22 Sep 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Risques industriels</category><category>Seveso</category><category>Lubrizol</category><category>Sécurité civile</category><category>Seine-Maritime</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/sites-seveso-controle-moyens-riverains/cover.webp" length="2147494" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 21 septembre 2026, en fin d&rsquo;après-midi, un feu éclate dans un atelier de Saint-Pierre-lès-Elbeuf, près de Rouen. Un container explose. Un salarié est aspergé de solvant en flammes, selon le directeur du site. Héliporté au centre des grands brûlés, il est gravement atteint. Les trente-neuf autres salariés sont indemnes.</div>

<h2 id="un-site-tout-en-bas-de-la-liste">Un site tout en bas de la liste</h2>
<p>L&rsquo;usine fabrique des ingrédients pour médicaments et cosmétiques. Elle est classée Seveso, le régime des sites qui manipulent des produits dangereux. Mais elle est classée « seuil bas ». C&rsquo;est le niveau le moins surveillé.</p>
<p>L&rsquo;écart est simple. Un site Seveso « seuil haut » est inspecté au moins une fois par an. Un site « seuil bas », une fois tous les trois ans [8, 9]. Trois fois moins souvent. Les exercices d&rsquo;entraînement en cas d&rsquo;accident suivent le même rythme réduit [8].</p>
<p>Le jour même, la préfecture écarte tout danger. Elle parle d&rsquo;« un événement interne à l&rsquo;entreprise ne présentant pas de risque pour la population et les riverains » [1]. Les relevés de l&rsquo;air sont sous les seuils, ajoute-t-elle. C&rsquo;est la parole d&rsquo;une partie au dossier, à prendre comme telle. Elle affirme, elle n&rsquo;établit pas. L&rsquo;inverse n&rsquo;est pas prouvé non plus.</p>
<p>Le site avait un antécédent administratif. En mars 2025, il avait été mis en demeure pour une étude sur ses rejets de gaz, non réalisée. Cette obligation a été levée en juin 2026 [1]. Rien ne relie ce dossier à l&rsquo;explosion. L&rsquo;un porte sur des rejets courants, l&rsquo;autre sur un feu. La cause de l&rsquo;accident, elle, n&rsquo;est pas connue. Une enquête est en cours.</p>
<h2 id="ce-que-disent-les-comptes-de-létat">Ce que disent les comptes de l&rsquo;État</h2>
<p>L&rsquo;accident rouvre une question plus large. Dans quel état sont les moyens de contrôle des sites à risque en France ? La réponse ne vient pas d&rsquo;un opposant. Elle vient de la Cour des comptes, l&rsquo;organe qui vérifie l&rsquo;action de l&rsquo;État. Son rapport de février 2024 examine les années 2010 à 2022 [2].</p>
<p>Le parc à surveiller est immense. Près de 490 000 installations classées relèvent du contrôle de l&rsquo;État [3]. Parmi elles, 1 299 sites Seveso en 2024, les plus dangereux [3]. Pour tout inspecter, l&rsquo;État s&rsquo;appuie sur un corps resté stable. Entre 1 300 et 1 400 inspecteurs de terrain depuis 2013, alors que le nombre de sites, lui, montait [2].</p>
<p>L&rsquo;administration chiffre elle-même ce qui manque. Elle estime son besoin à plus de 400 postes. Elle pense pouvoir en obtenir 70 d&rsquo;ici 2026 [2].</p>
<p>Le bas de la liste est presque hors de portée. Environ 450 000 de ces installations relèvent de la simple déclaration, sans rythme de contrôle fixe [3]. La Cour a fait le calcul. En moyenne, elles sont contrôlées une fois tous les 90 ans [2].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">90 ans</span> <span class="stat__label">l&#39;intervalle moyen entre deux contrôles des sites du bas de la liste, calculé par la Cour des comptes</span></aside>

<p>Le nombre de visites, lui, augmente. Environ 24 400 en 2024 [3]. Mais contrôler plus souvent n&rsquo;est pas contrôler plus à fond. La Cour relève des inspections plus courtes, et moins de contrôles surprises des rejets [2]. Elle juge aussi les sanctions peu dissuasives. Les amendes restent « modiques au regard du chiffre d&rsquo;affaires des grandes entreprises » [2].</p>
<p>Le tableau n&rsquo;est pas tout noir. La Cour note des progrès. Les sites prioritaires sont bien inspectés, à plus de 90 % [2]. Et 2024 n&rsquo;a connu aucun accident majeur au sens Seveso, contre deux en 2023 [4]. Un bon chiffre sur une année ne dit rien de la solidité des moyens sur la durée.</p>
<aside class="pullquote">La faiblesse des moyens n&rsquo;est pas une accusation venue du dehors. Ce sont les comptes de l&rsquo;État, rendus par ses propres contrôleurs.</aside>

<h2 id="les-promesses-de-laprès-lubrizol">Les promesses de l&rsquo;après-Lubrizol</h2>
<p>Ces questions ne datent pas de septembre 2026. Elles reviennent d&rsquo;un autre incendie, celui de Lubrizol, à Rouen, en septembre 2019 [6]. Après cette catastrophe, l&rsquo;État avait promis de renforcer les contrôles.</p>
<p>Le gouvernement de l&rsquo;époque annonce alors 50 % d&rsquo;inspections en plus d&rsquo;ici 2022 [5]. Le résultat réel a été de 35 % [5]. En dessous de l&rsquo;objectif.</p>
<p>Autre promesse, 50 inspecteurs supplémentaires. La Cour a mesuré leur effet sur le terrain. Il est « non perceptible ». Les 30 postes ajoutés en 2021 se sont traduits par 3,5 postes techniques de plus, une fois tout compté [2].</p>
<p>En Normandie, région placée en priorité, les inspections ont bien augmenté d&rsquo;environ 40 % [9]. Huit inspecteurs de plus y ont été affectés, dont quatre en Seine-Maritime [9]. Mais c&rsquo;est un redéploiement. On a concentré des moyens sur une région, sans gonfler l&rsquo;enveloppe nationale, restée stable [2, 9].</p>
<h2 id="ce-que-ça-change-pour-ceux-qui-vivent-à-côté">Ce que ça change pour ceux qui vivent à côté</h2>
<p>Reste la question qui compte pour les gens du quartier. Que change tout cela pour eux ?</p>
<p>Des outils existent, et ils se sont renforcés. Autour de chaque site à risque, un plan encadre ce qu&rsquo;on peut construire et impose des travaux sur les logements exposés. Une commission réunit riverains, élus et industriels. Un site public publie les suites des inspections depuis 2022. Un système d&rsquo;alerte prévient désormais les téléphones en cas d&rsquo;accident [2, 6].</p>
<p>Mais ces protections ont des trous, et c&rsquo;est encore la Cour qui les pointe. Beaucoup de logements resteront exposés à la fin du délai prévu pour les travaux [2]. La mise en sécurité des écoles, des mairies et des entreprises voisines n&rsquo;est pas suivie [2]. Le transport de produits dangereux, sur la route ou le rail, n&rsquo;a pas de plan équivalent [2]. Et le régime seuil bas, celui de l&rsquo;usine qui a explosé, reste le moins surveillé, avec le moins d&rsquo;obligations d&rsquo;information [8].</p>
<p>Le point n&rsquo;est pas de dire que tel site est dangereux. Personne ne le sait à l&rsquo;avance, et une usine peut très bien ne jamais poser de problème. Le point est ailleurs. Quelqu&rsquo;un a fixé le niveau de surveillance. Ce niveau, les contrôleurs de l&rsquo;État le jugent trop bas. La décision a une date et un auteur, les budgets votés chaque année. Elle engage des gens qui vivent à côté sans avoir rien choisi.</p>
<h2 id="lubrizol-la-leçon-pas-encore-soldée">Lubrizol, la leçon pas encore soldée</h2>
<p>Le précédent de Lubrizol montre pourquoi les riverains veulent des comptes. En 2020, une commission d&rsquo;enquête du Sénat a rendu un rapport sévère [6]. Le système d&rsquo;alerte était archaïque, à base de vieilles sirènes. Les élus locaux, les médecins, les aides à domicile avaient été laissés hors de la chaîne d&rsquo;information [6].</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Le principe de précaution a été tout simplement oublié. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Commission d&#39;enquête du Sénat sur l&#39;incendie de Lubrizol, 2020</figcaption>
</figure>

<p>Le même rapport pointe « une forme d&rsquo;indulgence des pouvoirs publics vis-à-vis des industries » [6].</p>
<p>Le suivi de la santé des habitants a laissé des questions ouvertes. L&rsquo;agence sanitaire a conclu qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de risque durable établi, sauf sur la santé mentale [7]. Une grande étude sur 119 communes se publie par morceaux. Sur la santé mentale et le cœur, elle n&rsquo;a pour l&rsquo;instant pas trouvé de hausse après l&rsquo;incendie [7]. Mais « pas de risque durable établi » ne veut pas dire « aucun effet ». Le Sénat a reproché à l&rsquo;agence de ne pas avoir tenu de vrai registre des maladies [6, 7]. Et l&rsquo;écart reste entier entre ces conclusions et ce que disent les habitants.</p>
<p>Six ans plus tard, un nouveau feu, une nouvelle usine, un salarié aux grands brûlés. L&rsquo;enquête dira ce qui s&rsquo;est passé ce 21 septembre. Mais la question de fond, elle, a déjà sa réponse écrite. L&rsquo;État manque de moyens pour surveiller les sites à risque, et il le sait. Ce n&rsquo;est pas un adversaire qui l&rsquo;affirme. C&rsquo;est le chiffre de son besoin, posé par sa propre administration, et constaté par ses propres comptes.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/normandie/seine-maritime/rouen/explosion-dans-l-atelier-d-une-entreprise-seveso-seuil-bas-a-saint-pierre-les-elbeuf-un-blesse-grave-ce-que-l-on-sait-3420872.html">Explosion dans l'atelier d'une entreprise Seveso seuil bas à Saint-Pierre-lès-Elbeuf, un blessé grave : ce que l'on sait</a>. France 3 Normandie (franceinfo) (2026-09-21)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-gestion-des-risques-lies-aux-installations-classees-pour-la-protection-de">La gestion des risques liés aux installations classées pour la protection de l'environnement dans le domaine industriel</a>. Cour des comptes (2024-02-01)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.ecologie.gouv.fr/presse/bilan-laction-linspection-installations-classees-lannee-2024">Bilan 2024 de l'action de l'inspection des installations classées</a>. Ministère de la Transition écologique (DGPR) (2025-05-16)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.faceaurisque.com/2025/05/26/icpe-bilan-2024-de-l-inspection-installations-classees-france/">ICPE : bilan 2024 de l'inspection des installations classées</a>. Face au Risque (2025-05-26)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.journaldelenvironnement.net/article/l-etat-presente-ses-premieres-mesures-post-lubrizol,103331">L'État présente ses premières mesures post-Lubrizol</a>. Journal de l'environnement (2020-02-26)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.senat.fr/rap/r19-480-1/r19-480-11.pdf">Rapport de la commission d'enquête sur l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen (Prévenir et anticiper pour ne plus subir)</a>. Sénat (2020-06-04)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/regions-et-territoires/normandie/incendie-industriel-du-26-septembre-2019-a-rouen/suivi-epidemiologique-de-la-population-vivant-dans-la-zone-exposee-a-lincendie-industriel-des">Suivi épidémiologique de la population vivant dans la zone exposée à l'incendie industriel du 26 septembre 2019 à Rouen</a>. Santé publique France (2023-09-01)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.reglementation-environnement.com/seveso-seuil-bas-sites-oublies-dreal-inspections-poi-2026/">Seveso seuil bas : les sites oubliés de la DREAL</a>. Réglementation Environnement (2026-01-01)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.seine-maritime.gouv.fr/Actualites/6-ans-apres-l-incendie-de-Lubrizol-NL-Logistique-point-de-situation-sur-les-normes-et-controles">6 ans après l'incendie de Lubrizol / NL Logistique : point de situation sur les normes et contrôles</a>. Préfecture de Seine-Maritime (2025-09-01)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>