<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"><channel><title>Rétention | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/retention/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Sat, 07 Nov 2026 07:47:00 +0100</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/retention/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/retention/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Prison avant l'expulsion : une OQTF vise d'abord un séjour, rarement une condamnation</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/oqtf-sondage-prison-delits-statistique/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/oqtf-sondage-prison-delits-statistique/</guid><pubDate>Sat, 07 Nov 2026 07:47:00 +0100</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Immigration</category><category>OQTF</category><category>Sondages</category><category>Prison</category><category>Rétention</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/oqtf-sondage-prison-delits-statistique/oqtf-sondage-prison-delits-statistique.mp3" length="5826507" type="audio/mpeg"/><media:content url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/oqtf-sondage-prison-delits-statistique/cover.webp" type="image/webp" medium="image"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Les 5 et 6 novembre 2026, 1 012 personnes ont répondu en ligne à une question de l&rsquo;institut CSA : « En attendant leur expulsion, faut-il emprisonner systématiquement tous les étrangers sous OQTF auteurs de crimes et délits ? » 82 % ont dit oui [2]. Une OQTF est une décision du préfet, pas une peine. Entre 2019 et 2022, 7 225 reposaient sur une condamnation pénale. 167 322 visaient une entrée irrégulière en France [4].</div>

<h2 id="la-question-mot-pour-mot">La question, mot pour mot</h2>
<p>Le sondage est commandé par trois médias du même groupe : CNews, Europe 1 et le JDD [1, 2]. Terrain en ligne, par quotas. Résultat : 82 % de oui, 17 % de non, 1 % sans avis [2].</p>
<p>La même question a été posée cinq fois depuis octobre 2024. Les scores vont de 82 à 86 % [1, 2]. CNews parle d&rsquo;une baisse de « deux points » depuis juillet 2025 [2]. L&rsquo;écart tient dans la marge d&rsquo;erreur, environ 2,5 points selon le sondeur [1].</p>
<p>En septembre 2026, le oui l&rsquo;emportait dans chaque camp. De 75 % à gauche à 96 % chez les proches du RN et de Reconquête [1].</p>
<p>Le libellé dit « auteurs de crimes et délits ». CNews écrit ensuite « coupables », puis « condamnés pour des actes violents » [2]. Ce ne sont pas les mêmes personnes. « Auteur » ne suppose aucun jugement. « Crimes et délits » couvre toute l&rsquo;échelle, du plus léger au plus grave.</p>
<h2 id="une-oqtf-cest-dabord-une-affaire-de-séjour">Une OQTF, c&rsquo;est d&rsquo;abord une affaire de séjour</h2>
<aside class="stat"><span class="stat__num">7 225</span> <span class="stat__label">OQTF fondées sur une condamnation pénale entre 2019 et 2022, contre 167 322 pour une entrée irrégulière, selon la Cour des comptes</span></aside>

<p>L&rsquo;obligation de quitter le territoire français, ou OQTF, n&rsquo;est pas une peine et n&rsquo;apparaît pas au casier. Elle vise d&rsquo;abord un séjour irrégulier. Entre 2019 et 2022, la Cour des comptes compte 167 322 OQTF pour entrée irrégulière. Puis 139 516 après un refus d&rsquo;asile, 109 925 après un refus de titre. En face, 27 598 pour « menace à l&rsquo;ordre public » et 7 225 pour une condamnation pénale. Une OQTF peut avoir plusieurs motifs : ces chiffres ne s&rsquo;additionnent pas [4].</p>
<p>Une partie des délits possibles naît de l&rsquo;OQTF elle-même. Fuir l&rsquo;OQTF, refuser l&rsquo;avion, cacher ses papiers de voyage ou mentir sur son identité : trois ans de prison. Rester en France après une rétention ou une assignation à résidence finie sans départ : un an [11]. La question du sondage n&rsquo;écarte pas ces délits. Leur poids n&rsquo;est publié nulle part.</p>
<p>Combien de personnes sous OQTF ont commis un crime ou un délit ? Une députée RN l&rsquo;a demandé pour 2022. Le 28 février 2023, le ministre de l&rsquo;Intérieur a répondu que police et gendarmerie « ne disposent pas d&rsquo;éléments statistiques » sur ce nombre. Données judiciaires et administratives ne se croisent pas [3]. En 2024, la Cour des comptes recommande d&rsquo;« identifier de manière systématique » les OQTF prioritaires [4]. Ce constat ne dit rien du nombre réel, ni en plus ni en moins.</p>
<p>Ce qui est compté, c&rsquo;est la nationalité. Au 1er mai 2025, les étrangers formaient 24,4 % des détenus [7]. En 2023, ils formaient 17 % des mis en cause par la police et la gendarmerie : des suspects, pas des condamnés [15]. Aucun de ces chiffres ne dit qui est sous OQTF. Deux causes de l&rsquo;écart sont connues. Certaines infractions ne peuvent être commises que par un étranger [11]. Et les mis en cause sont surtout des hommes jeunes, comme une part importante des étrangers [15]. Aucune source consultée ne dit quelle part de l&rsquo;écart en prison revient à chaque cause.</p>
<h2 id="la-prison-pour-le-délit-puis-le-départ--déjà-dans-la-loi">La prison pour le délit, puis le départ : déjà dans la loi</h2>
<p>Un étranger sous OQTF qui commet un délit est jugé comme n&rsquo;importe qui, et peut aller en prison. Le juge peut ajouter une interdiction du territoire. Elle « entraîne de plein droit la reconduite du condamné à la frontière, le cas échéant, à l&rsquo;expiration de sa peine d&rsquo;emprisonnement ou de réclusion » [6]. Au 15 juin 2025, au moins 36 % des étrangers détenus étaient visés par une mesure d&rsquo;éloignement [7]. Entre 2019 et 2022, 6 582 sortants de prison ont été éloignés dès leur sortie de cellule [4].</p>
<p>Après la prison vient le centre de rétention, un lieu fermé qui n&rsquo;est pas une prison. Depuis une instruction du 3 août 2022, le ministère y donne la priorité aux étrangers classés « trouble à l&rsquo;ordre public ». En 2024, ils formaient 86 % des retenus de métropole, contre 7,3 % en 2021 [7]. Ce classement n&rsquo;est pas une condamnation. Le Sénat décrit un groupe « hétérogène » [7]. Sa définition « n&rsquo;est toutefois pas formalisée ni partagée entre les services », note la Cour des comptes [4].</p>
<p>Les OQTF fondées sur une condamnation sont les mieux exécutées : 45 % entre 2019 et 2022. Celles fondées sur le séjour, de 2 à 9 %. Les renvois vers un autre pays européen, 14 %. Selon la Cour, l&rsquo;administration concentre ses efforts sur ces profils et les place davantage en rétention [4].</p>
<p>Depuis la loi du 27 juillet 2026, un condamné peut rester en rétention jusqu&rsquo;à 180 jours, voire 210. Mais « à titre exceptionnel » [9]. Il faut une condamnation pour une atteinte aux personnes punie d&rsquo;au moins cinq ans. Il faut une menace « réelle, actuelle et d&rsquo;une particulière gravité ». Le départ doit rester possible, sous le contrôle d&rsquo;un juge [9]. Une version sans ce caractère exceptionnel avait été censurée en 2025 [10]. Le sondage, lui, dit « systématiquement » et « tous » [1].</p>
<h2 id="ce-qui-bloque-le-départ">Ce qui bloque le départ</h2>
<p>Au premier semestre 2025, 7 426 OQTF ont été exécutées pour 69 888 prononcées, soit 10,6 % [5]. Le Sénat donne ce taux « pour l&rsquo;heure » [5]. Le blocage a plusieurs causes.</p>
<p>En 2025, dans les centres de rétention de l&rsquo;Hexagone, 36,1 % des personnes enfermées ont été éloignées. Plus de 60 % ont été libérées, « principalement suite à des décisions judiciaires, en raison d&rsquo;irrégularités de procédure et dans certains cas, de défauts de perspective d&rsquo;éloignement ». Ces chiffres viennent des associations présentes dans les centres, opposées à cet enfermement [8]. Les places manquent aussi : 3 624 placements refusés en 2024 [7].</p>
<p>Selon la Cour des comptes, 36 % des éloignements forcés tentés sont annulés parce que la personne s&rsquo;y oppose. Les recours devant les juges expliquent 29 % des annulations. D&rsquo;autres départs tombent faute de laissez-passer, le document de voyage délivré par le pays d&rsquo;origine [4]. Selon le ministère, l&rsquo;Algérie a reconnu la nationalité de 20 % des personnes en 2025, contre 51 % en 2024 [13].</p>
<p>Philippine, étudiante de 19 ans, a disparu à Paris le 20 septembre 2024. Son corps a été retrouvé le lendemain dans le bois de Boulogne [16, 18]. Le suspect, un Marocain de 22 ans, avait été condamné en 2021 à sept ans de réclusion pour un viol [17]. Il est sorti de prison en fin de peine le 20 juin 2024, sous OQTF [16, 17]. Il a passé ensuite plus de deux mois au centre de rétention de Metz [18]. Le Maroc ne répondait pas aux demandes de laissez-passer [17].</p>
<p>Le 3 septembre, le juge des libertés et de la détention a refusé une quatrième prolongation. L&rsquo;administration ne pouvait garantir à bref délai « la délivrance d&rsquo;un laissez-passer, a fortiori l&rsquo;organisation d&rsquo;un vol » [17]. Les autres motifs prévus par la loi manquaient, dont un comportement menaçant pendant la troisième prolongation [16, 17]. Le juge écrivait aussi que « le risque de réitération de faits délictueux, et donc la menace à l&rsquo;ordre public ne peut être exclue » [16]. Le laissez-passer est arrivé le lendemain [18]. Assigné dans un hôtel de l&rsquo;Yonne, l&rsquo;homme ne s&rsquo;y est jamais présenté, selon l&rsquo;hôtel [17]. Le suspect, présumé innocent, a été remis à la France le 6 novembre 2024 [19]. La prison et la rétention avaient eu lieu. Le document de voyage, lui, est arrivé trop tard.</p>
<p>CNews accole au sondage « 14.940 ressortissants renvoyés dans un pays tiers après leurs méfaits » [2]. Ce chiffre d&rsquo;Eurostat mêle départs forcés et volontaires, sans rien dire d&rsquo;un délit [14]. Le ministère compte 6 180 éloignements forcés vers des pays tiers en 2025, en métropole [13].</p>
<h2 id="ce-qui-se-vérifie-et-qui-peut-le-demander">Ce qui se vérifie, et qui peut le demander</h2>
<p>Pour la victime d&rsquo;un délit, le statut de l&rsquo;auteur ne change rien. La plainte, les poursuites et la peine suivent le droit commun. Le juge peut ajouter une interdiction du territoire [6].</p>
<p>Le 13 janvier 2026, une députée RN a reposé la question pour l&rsquo;année 2025. Combien de crimes et délits commis par des personnes sous OQTF, et de quelle nature [12] ? Renouvelée le 3 novembre 2026, elle attend toujours la réponse du ministre de l&rsquo;Intérieur, qui s&rsquo;affichera sur sa page publique [12]. Tout électeur peut demander à son député de relayer une telle question.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://csa.eu/wp-content/uploads/2026/07/CSA-pour-Cnews-Europe-1-et-le-JDD-Resultats-1609-OQTF.pdf">Les Français et l'emprisonnement des étrangers sous OQTF (Balise d'opinion n° 2600003)</a>. Institut CSA (sondeur, pour CNews, Europe 1 et le JDD) (2026-09-16)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.cnews.fr/france/2026-11-07/sondage-82-des-francais-estiment-quil-faut-emprisonner-systematiquement-les">Sondage : 82 % des Français estiment qu'il faut emprisonner systématiquement les étrangers sous OQTF</a>. CNews (2026-11-07)</li><li id="ref-3"><a href="https://questions.assemblee-nationale.fr/dyn/16/questions/QANR5L16QE2748.pdf">Question écrite n° 2748 (16e législature) et réponse du ministre de l'Intérieur</a>. Assemblée nationale (2023-02-28)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2024-01/20240104-Politique-lutte-contre-immigration-irreguliere.pdf">La politique de lutte contre l'immigration irrégulière</a>. Cour des comptes (2024-01-04)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.senat.fr/rap/l25-139-315/l25-139-3152.html">Projet de loi de finances pour 2026 : Immigration, asile et intégration (avis)</a>. Sénat (2025-11)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049050734">Code pénal, article 131-30</a>. Légifrance (2026-11-07)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.senat.fr/fileadmin/cru-1758178896/Commissions/Finances/2025-2026/Controles/Rapport_provisoire_CRA.pdf">Renforcer la rétention administrative (rapport d'information, version provisoire)</a>. Sénat, commission des finances (2025-10-01)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.groupe-sos.org/wp-content/uploads/2026/05/RA_CRA_2025_web.pdf">Centres et locaux de rétention administrative, rapport 2025</a>. Groupe SOS Solidarités (avec Forum réfugiés, France terre d'asile, La Cimade, Solidarité Mayotte) (2026-04)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2026/2026906DC.htm">Décision n° 2026-906 DC du 23 juillet 2026</a>. Conseil constitutionnel (2026-07-23)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2025/2025895DC.htm">Décision n° 2025-895 DC du 7 août 2025</a>. Conseil constitutionnel (2025-08-07)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/download/file/pdf/LEGITEXT000006070158.pdf">Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (articles L824-1, L824-3, L824-9)</a>. Légifrance (2026-10-06)</li><li id="ref-12"><a href="https://questions.assemblee-nationale.fr/dyn/17/questions/QANR5L17QE12227">Question écrite n° 12227 (17e législature), crimes et délits commis par des personnes sous OQTF</a>. Assemblée nationale (2026-01-13)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.immigration.interieur.gouv.fr/sites/dgef/files/medias/documents/2026-10/INTV2623196X_Rapport%20au_Parlement_2025_28sept2026.pdf">Les étrangers en France, rapport au Parlement 2025</a>. Ministère de l'Intérieur (DGEF) (2026-09-28)</li><li id="ref-14"><a href="https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/migr_eirtn/default/table?lang=en">Third country nationals returned following an order to leave (migr_eirtn)</a>. Eurostat (2026-09-25)</li><li id="ref-15"><a href="https://factuel.afp.com/doc.afp.com.34QB9EL">Immigration et délinquance : attention aux interprétations trompeuses des chiffres du ministère de l'Intérieur</a>. AFP Factuel (2024-05-03)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.franceinfo.fr/faits-divers/meurtres/meurtre-de-philippine-la-justice-a-libere-le-suspect-tout-en-reconnaissant-le-risque-de-reiteration-de-faits-delictueux_6801472.html">Meurtre de Philippine : la justice a libéré le suspect tout en reconnaissant le « risque de réitération de faits délictueux »</a>. franceinfo (2024-09-25)</li><li id="ref-17"><a href="https://www.bfmtv.com/police-justice/meurtre-de-philippine-comment-le-juge-a-motive-sa-decision-de-remise-en-liberte-du-suspect_AV-202409250860.html">Meurtre de Philippine : comment le juge a motivé sa décision de remise en liberté du suspect</a>. BFMTV (2024-09-25)</li><li id="ref-18"><a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/societe/meurtre-de-philippine-parcours-du-suspect-oqtf-et-legislation-le-point-sur-laffaire">Meurtre de Philippine : parcours du suspect, OQTF et législation, le point sur l'affaire</a>. Public Sénat (2024-09-25)</li><li id="ref-19"><a href="https://www.bfmtv.com/paris/info-bfmtv-meurtre-de-philippine-le-suspect-principal-a-ete-remis-aux-autorites-francaises_AN-202411060349.html">Meurtre de Philippine : le suspect principal a été remis aux autorités françaises</a>. BFMTV (2024-11-06)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>