<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Reconnaissance Faciale | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/reconnaissance-faciale/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Wed, 08 Jul 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/reconnaissance-faciale/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/reconnaissance-faciale/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Reconnaissance faciale : cent heures en cellule sous une fausse identité</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/reconnaissance-faciale-valence-erreur-identite/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/reconnaissance-faciale-valence-erreur-identite/</guid><pubDate>Wed, 08 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Reconnaissance faciale</category><category>Surveillance</category><category>Libertés publiques</category><category>Police</category><category>Vie privée</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/reconnaissance-faciale-valence-erreur-identite/cover.webp" length="35878" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">En garde à vue, il refuse de donner son nom. Les policiers photographient son visage. Un logiciel le compare à des millions de portraits. Le résultat tombe : ce sera « Marius », 23 ans, un casier pour stupéfiants et violences. Sauf que ce n&rsquo;est pas lui. Il passera près de cent heures enfermé sous le nom d&rsquo;un inconnu. Le 6 juillet 2026, le tribunal de Valence a relaxé les huit prévenus de cette affaire.</div>

<h2 id="lhomme-qui-nétait-pas-marius">L&rsquo;homme qui n&rsquo;était pas Marius</h2>
<p>Le 14 mai 2026, huit opposants à une déviation routière mènent une action près de Valence. Deux se suspendent au pont Mistral, au-dessus de l&rsquo;autoroute A7. Les huit sont interpellés et placés en garde à vue [2].</p>
<p>Plusieurs gardent le silence sur leur nom. C&rsquo;est leur droit. Les policiers les photographient et les filment pendant leurs auditions [5]. Puis ils comparent ces visages à un fichier de police, par reconnaissance faciale. Un procès-verbal obtenu par l&rsquo;enquête de France 2 porte la mention « formellement identifié via la reconnaissance faciale » [3].</p>
<p>Pour l&rsquo;un des militants, le résultat est faux. Le logiciel le donne pour « Marius », 23 ans, un casier pour stupéfiants et violences. Il est détenu sous ce nom près de cent heures. Il comprend l&rsquo;erreur le lendemain, quand son avocat l&rsquo;appelle « Marius » à son tour. Les documents remis portent toujours le mauvais nom. Et la mauvaise date de naissance, les parents, la nationalité, le lieu de naissance d&rsquo;un autre [3].</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Si mon client n&rsquo;avait pas dit &ldquo;non non, je m&rsquo;appelle pas de ce nom-là&rdquo;, eh bien le vrai Marius se serait retrouvé potentiellement condamné. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Thomas Fourrey, avocat de la défense</figcaption>
</figure>

<p>Ce Marius-là n&rsquo;a rien à voir avec la manifestation. Sans ce démenti, c&rsquo;est son casier qui aurait pu s&rsquo;alourdir, pour des faits commis par un autre.</p>
<h2 id="ce-qua-jugé-le-tribunal">Ce qu&rsquo;a jugé le tribunal</h2>
<p>Le 6 juillet, le tribunal correctionnel de Valence relaxe les huit prévenus [1]. Le motif est double, et il mérite d&rsquo;être lu en entier.</p>
<p>D&rsquo;abord sur les faits. Pour les prévenus jugés sur ce qu&rsquo;ils avaient fait, le tribunal estime que « la mise en danger de la vie d&rsquo;autrui n&rsquo;était pas assez caractérisée ». Le blocage de la route, lui, était « sans gravité et sans préjudice » [1]. Autrement dit, les faits reprochés ne tenaient pas, sans même parler du logiciel.</p>
<p>Ensuite sur la méthode. Pour quatre prévenus dont l&rsquo;identité n&rsquo;avait pas été vérifiée, le président du tribunal a dénoncé « des stratagèmes » : des photos prises sans consentement, des enregistrements d&rsquo;audition utilisés pour identifier ceux qui se taisaient [1].</p>
<p>Le verdict est souvent résumé en une formule : le logiciel aurait fait tomber le procès. Cette lecture vient surtout de la presse militante et de Disclose, le média d&rsquo;investigation qui défend les libertés numériques [4, 5]. Elle n&rsquo;est pas fausse, mais elle laisse de côté la première raison. Le tribunal a d&rsquo;abord jugé les faits faibles. La motivation écrite, elle, n&rsquo;a été publiée par aucune source : la qualification exacte reste à confirmer.</p>
<h2 id="neuf-millions-de-visages">Neuf millions de visages</h2>
<p>L&rsquo;outil interroge un fichier précis, le traitement des antécédents judiciaires. Il contient environ neuf millions de photos de face [3]. Ce sont celles de personnes un jour mises en cause, prises par exemple en garde à vue. Pas forcément condamnées.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">9 millions</span> <span class="stat__label">de photos de visage dans le fichier interrogé, dont des personnes jamais condamnées</span></aside>

<aside class="pullquote">Figurer dans ce fichier ne suppose pas d&rsquo;avoir été condamné. Une garde à vue suffit.</aside>

<p>La technologie ne rend pas une certitude. Elle calcule une chance de ressemblance, et peut se tromper dans les deux sens [9]. En 2022, une femme accusée de cambriolage a été reconnue sur un taux de 68 %. Cela a suffi à valider un nom qui n&rsquo;était pas le sien. La peine a été inscrite au casier d&rsquo;une autre femme [3]. Aucun chiffre officiel n&rsquo;existe en France sur ces erreurs [3].</p>
<p>Le fichier et l&rsquo;outil, eux, sont légaux. En 2022, le Conseil d&rsquo;État a validé cet usage adossé au fichier [8]. Son motif : un tri à la main serait impossible, vu le nombre de fiches. La décision de Valence ne change rien à cette base légale.</p>
<h2 id="-on-ne-lutilise-pas-">« On ne l&rsquo;utilise pas »</h2>
<p>Le droit français fonctionne à deux vitesses. Comparer un visage au fichier, dans le cadre d&rsquo;une enquête, est autorisé [6]. Surveiller la rue avec le même outil est interdit [7].</p>
<p>Le 1er avril 2026, au Sénat, le ministre de l&rsquo;Intérieur Laurent Nuñez déclarait que cet outil, lors des contrôles d&rsquo;identité, « n&rsquo;est pas légal », et « donc on ne l&rsquo;utilise pas ». Un mois plus tard, une équipe filme la scène à Paris. Deux policiers en civil photographient un homme, puis interrogent le fichier, en plein contrôle [4]. Un rapport de la police des polices notait dès 2023 l&rsquo;outil « très fréquemment utilisé sur la voie publique » [4].</p>
<p>La règle européenne, elle, ne vise que le temps réel dans la rue [10]. À Valence, la comparaison s&rsquo;est faite après coup, sur une photo prise en garde à vue. Ce n&rsquo;est pas le même régime, et cette affaire n&rsquo;entre pas dans ce cas.</p>
<h2 id="ce-que-la-décision-change-et-pour-qui">Ce que la décision change, et pour qui</h2>
<p>Juridiquement, peu de chose. C&rsquo;est un jugement de première instance, dans un dossier précis, sans motivation écrite publiée. Il n&rsquo;abroge aucun texte et ne crée aucune règle générale. Le parquet peut faire appel, et cette décision n&rsquo;est peut-être pas définitive.</p>
<p>Ce que l&rsquo;affaire établit est ailleurs. Un logiciel a désigné un nom. Il a fallu un homme qui dise non, puis un avocat, puis un juge, pour que l&rsquo;erreur ne se transforme pas en condamnation. Le contrôle humain a fini par jouer. Il a joué parce qu&rsquo;une personne était là pour protester.</p>
<p>Reste la question que personne ne tranche : combien de fois, ailleurs, le nom rendu par la machine n&rsquo;a rencontré aucun démenti. Sur ce point, il n&rsquo;existe aucun chiffre.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.ici.fr/emissions/l-info-d-ici-ici-drome-ardeche/jugement-des-opposants-a-la-deviation-de-saint-peray-relaxe-pour-les-huit-prevenus-1589228">Jugement des opposants à la déviation de Saint-Péray : relaxe pour les huit prévenus</a>. ICI Drôme Ardèche (2026-07-07)</li><li id="ref-2"><a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/drome/valence/cinq-activistes-opposes-au-chantier-routier-de-saint-peray-ardeche-places-en-detention-provisoire-3351835.html">Cinq activistes opposés au chantier routier de Saint-Péray (Ardèche) placés en détention provisoire</a>. France 3 Régions (2026-05-16)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.franceinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/enquete-francetv-mais-non-ce-n-est-pas-moi-quand-l-outil-de-reconnaissance-faciale-des-forces-de-l-ordre-identifie-la-mauvaise-personne_8092685.html">« Mais non, ce n'est pas moi ! » : quand l'outil de reconnaissance faciale des forces de l'ordre identifie la mauvaise personne</a>. franceinfo (L'Œil du 20 heures, France 2) (2026-07-06)</li><li id="ref-4"><a href="https://disclose.ngo/fr/article/reconnaissance-faciale-illegale-la-police-prise-en-flagrant-delit">Reconnaissance faciale illégale : la police prise en flagrant délit</a>. Disclose (2026-07-06)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.streetpress.com/1780479420-prison-reconnaissance-faciale-menaces-drome-ardeche-calvaire-militants-ecolos-banderole-repression-police-ecologie/">Prison, reconnaissance faciale erronée, menaces : dans la Drôme, le calvaire de militants écolos pour une banderole</a>. StreetPress (2026-06-03)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.leclubdesjuristes.com/societe/numerique/quel-cadre-juridique-pour-la-reconnaissance-faciale-11401/">Quel cadre juridique pour la reconnaissance faciale ?</a>. Le Club des Juristes (2025-07-04)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.village-justice.com/articles/utilisation-reconnaissance-faciale-france-reserve,39913.html">Reconnaissance faciale et procédure pénale : ne souriez pas !</a>. Village de la Justice (2023-06-23)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.laquadrature.net/2022/05/03/le-conseil-detat-sauve-la-reconnaissance-faciale-du-fichier-taj/">Le Conseil d'État sauve la reconnaissance faciale du fichier TAJ</a>. La Quadrature du Net (2022-05-03)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.cnil.fr/fr/reconnaissance-faciale-pour-un-debat-la-hauteur-des-enjeux">Reconnaissance faciale : pour un débat à la hauteur des enjeux</a>. CNIL (2019-11-14)</li><li id="ref-10"><a href="https://ai-act-service-desk.ec.europa.eu/en/ai-act/article-5">Règlement sur l'intelligence artificielle (UE 2024/1689), article 5</a>. Commission européenne (AI Act Service Desk) (2024)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>