<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Pouvoir D'achat | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/pouvoir-dachat/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Sat, 08 Aug 2026 08:50:41 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/pouvoir-dachat/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/pouvoir-dachat/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>ZFE : l'État a supprimé la prime un mois avant d'interdire les Crit'Air 3</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/zfe-qualite-air-cout-automobilistes/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/zfe-qualite-air-cout-automobilistes/</guid><pubDate>Sat, 08 Aug 2026 08:50:41 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Automobile</category><category>Qualité de l'air</category><category>Pouvoir d'achat</category><category>Santé publique</category><category>ZFE</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/zfe-qualite-air-cout-automobilistes/cover.webp" length="56782" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 1er décembre 2024, un décret paraît au Journal officiel. La prime à la conversion, principale aide pour remplacer une vieille voiture, disparaît le lendemain. Trente jours plus tard, le 1er janvier 2025, les voitures Crit&rsquo;Air 3 sont interdites dans le Grand Paris et à Lyon. Dans ces deux zones, chez les 20 % de ménages les plus modestes, quatre voitures sur dix sont concernées.</div>

<h2 id="des-zfe-toujours-en-vigueur-contraignantes-dans-deux-villes">Des ZFE toujours en vigueur, contraignantes dans deux villes</h2>
<p>Le Parlement a bien voté la suppression des zones à faibles émissions (ZFE). L&rsquo;Assemblée nationale le 14 avril 2026, par 275 voix contre 225, le Sénat le lendemain [1]. La mesure venait des groupes LR et RN, contre l&rsquo;avis du gouvernement [1]. Le 21 mai 2026, le Conseil constitutionnel l&rsquo;a annulée [1]. Motif : elle n&rsquo;avait pas sa place dans une loi de simplification économique. Le droit appelle ça un « cavalier législatif ». C&rsquo;est une annulation de procédure, le fond n&rsquo;a pas été jugé. Les ZFE restent donc en vigueur, avec leur calendrier. À la mi-2026, aucun nouveau texte de suppression n&rsquo;était annoncé [1].</p>
<p>Le principe date de 2019, renforcé en 2021. Dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants, la circulation des véhicules les plus polluants peut être restreinte [2]. Le tri se fait par la vignette Crit&rsquo;Air. Elle est attribuée au véhicule pour toute sa vie, selon son moteur et son année [2]. Sur 43 agglomérations concernées, deux seulement appliquaient un calendrier contraignant début 2025 : Paris et Lyon [3]. La quarantaine d&rsquo;autres sont des « territoires de vigilance ». Là, les normes d&rsquo;air sont respectées, et presque rien n&rsquo;est restreint [3].</p>
<h2 id="68-euros-sur-le-papier-presque-pas-damendes-sur-la-route">68 euros sur le papier, presque pas d&rsquo;amendes sur la route</h2>
<p>Rouler dans une ZFE avec une voiture interdite est une contravention de 3e classe [4]. Amende forfaitaire : 68 euros, 45 en payant vite, 180 en tardant, 135 pour un poids lourd [5]. Aucun retrait de points [5]. La vignette, obligatoire, coûte 3,77 euros, envoi compris [8].</p>
<p>Encore faut-il être contrôlé. L&rsquo;État promettait un contrôle automatisé par lecture des plaques « d&rsquo;ici 2024 » [6]. Il n&rsquo;est pas déployé. Un décret de mars 2024 l&rsquo;a ouvert aux polices municipales, mais le dispositif reste au stade de l&rsquo;essai [7]. Sur le terrain, le contrôle est manuel et ponctuel, quand il existe [7].</p>
<aside class="pullquote">L&rsquo;interdiction est écrite partout, l&rsquo;amende n&rsquo;existe encore presque nulle part.</aside>

<p>La date des premières amendes dépend ensuite de chaque métropole. À Lyon, les Crit&rsquo;Air 3 sont exclus depuis le 1er janvier 2025. Mais les amendes n&rsquo;ont commencé que le 1er juillet 2026 [8]. Grenoble verbalise déjà, y compris les voitures à l&rsquo;arrêt [8]. Le Grand Paris (77 communes dans l&rsquo;A86) a prolongé sa « période pédagogique » sur toute l&rsquo;année 2026. Aucune amende avant le 1er janvier 2027 [9]. Le contexte des élections municipales de 2026 est cité [9].</p>
<h2 id="des-dérogations-qui-changent-dune-ville-à-lautre">Des dérogations qui changent d&rsquo;une ville à l&rsquo;autre</h2>
<p>Des dérogations s&rsquo;ajoutent, sur trois étages. Le premier est national et automatique. Il couvre les véhicules de secours et de la défense [10, 11]. Il couvre aussi toute voiture avec une carte mobilité inclusion « stationnement », quelle que soit sa vignette [10, 11]. Les voitures de collection de plus de 30 ans, elles, n&rsquo;y figurent pas. Leur dérogation est locale, fréquente mais pas garantie [10].</p>
<p>Le dernier étage, le « pass petit rouleur », est entièrement local et facultatif [12]. Toulouse accorde 52 jours de circulation par an. Strasbourg et Rouen en accordent 24, gratuits et ouverts à tous à Rouen [12]. Ailleurs, le critère est le kilométrage. Moins de 5 000 km par an à Grenoble et Angers, 8 000 à Montpellier, Nîmes et Lille, 10 000 à Pau [12]. Rien n&rsquo;oblige une métropole à proposer un pass [12]. Même profil, même voiture : un conducteur est donc couvert dans une ville et pas dans l&rsquo;autre.</p>
<h2 id="le-coût--dabord-les-ménages-à-peine-les-flottes">Le coût : d&rsquo;abord les ménages, à peine les flottes</h2>
<p>Dans les ZFE de Paris et de Lyon, un peu plus d&rsquo;une voiture de ménage sur quatre est une Crit&rsquo;Air 3 ou plus [13]. Dans les flottes d&rsquo;entreprises : 2 à 3 % [13].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">4 sur 10</span> <span class="stat__label">la part des voitures Crit&#39;Air 3 ou plus chez les 20 % de ménages les plus modestes (ZFE de Paris et de Lyon)</span></aside>

<p>Un chiffre plus fort circule : 66 % de voitures touchées chez les ménages modestes. Il n&rsquo;a pas de source fiable. Le chiffre établi par la statistique publique est de quatre sur dix [13]. La contrainte ne s&rsquo;arrête pas aux plus pauvres. Ces voitures restent surreprésentées jusqu&rsquo;au milieu de l&rsquo;échelle des revenus [13]. Dans le 3e arrondissement de Marseille, le plus pauvre de France, 52 % des véhicules sont des Crit&rsquo;Air 5, 4 ou 3 [14].</p>
<p>Le Sénat le constatait dès 2023 : un reste à charge « souvent trop élevé » [14]. Et des aides si peu claires qu&rsquo;environ une personne sur deux, pourtant éligible, ne les demande jamais [14]. Environ 13 millions de véhicules sont concernés à terme [14]. Le chiffre de 86 % d&rsquo;opposants, souvent repris, sort d&rsquo;une consultation en ligne du Sénat, ouverte à qui voulait répondre [14]. Ce n&rsquo;est pas un sondage représentatif.</p>
<p>Face à ce coût, l&rsquo;aide principale a disparu. Le décret du 29 novembre 2024 supprime la prime à la conversion [15]. Le même texte abaisse le plafond du bonus écologique de 7 000 à 4 000 euros [15]. Effet au 2 décembre 2024, un mois avant l&rsquo;interdiction des Crit&rsquo;Air 3 à Paris et Lyon [15]. Reste le leasing social : une voiture électrique louée sans apport, 200 euros par mois au plus, pour les revenus modestes [16]. Interrompu en 2025, il a été relancé le 16 juillet 2026, pour au moins 50 000 véhicules [16]. Sa première édition avait fermé au bout de six semaines, débordée par environ 80 000 demandes [16]. Il ne cible pas spécialement les habitants des ZFE [16].</p>
<h2 id="lair-saméliore-la-vignette-nen-explique-quun-dixième">L&rsquo;air s&rsquo;améliore, la vignette n&rsquo;en explique qu&rsquo;un dixième</h2>
<p>L&rsquo;air des villes françaises s&rsquo;améliore nettement, et depuis longtemps. Entre 2000 et 2022, les rejets d&rsquo;oxydes d&rsquo;azote ont baissé de 60 %, ceux de particules fines d&rsquo;environ la moitié [17]. Le moteur principal est le renouvellement du parc : chaque génération de voitures pollue moins que la précédente [18].</p>
<p>La part propre de la ZFE a été isolée pour le Grand Paris, dans la seule évaluation française du genre [18]. Sur le dioxyde d&rsquo;azote, le gaz du trafic, la ZFE pèse environ 0,9 % de baisse par an [18]. La baisse totale est d&rsquo;environ 9 % par an. Un dixième du chemin. Sur les particules, presque rien. 82 % des particules du trafic viennent des freins, des pneus et de la route [18]. Or la vignette ne trie que les moteurs.</p>
<p>La ZFE n&rsquo;est pas sans effet pour autant. Elle a accéléré la sortie du diesel : 45 % des voitures en circulation en 2023, contre 57 % estimés sans elle [18]. Elle n&rsquo;a pas non plus déplacé la pollution : les rejets baissent aussi autour de la zone [18]. Reste l&rsquo;essentiel. Les seuils légaux sont presque partout respectés [17]. Mais les seuils de santé de l&rsquo;OMS ne le sont pas dans 72 à 97 % des agglomérations [17]. Un air conforme à la règle n&rsquo;est pas encore un air sain.</p>
<h2 id="la-santé--des-gains-qui-suivent-le-calendrier">La santé : des gains qui suivent le calendrier</h2>
<p>En France, la pollution de l&rsquo;air reste liée à environ 40 000 décès par an, pour les seules particules fines [19]. Ce que la ZFE peut y changer dépend de son ambition. Une évaluation menée pour l&rsquo;Île-de-France a chiffré les gains de la première année, scénario par scénario [20]. Interdire les seules vignettes 5 et les véhicules non classés : environ 20 décès évités par an. Ajouter les Crit&rsquo;Air 4 : 80. Ajouter les Crit&rsquo;Air 3 : 280 décès évités, et jusqu&rsquo;à 2 360 cas d&rsquo;asthme en moins chez les enfants [20]. Ce sont des ordres de grandeur, aux fourchettes larges [20]. La hiérarchie, elle, est nette : plus le calendrier avance, plus les gains grandissent. Repousser une date, c&rsquo;est renoncer à une part chiffrable de ces gains. La synthèse internationale la plus solide, sur 16 études, va dans le même sens [21]. L&rsquo;effet le plus constant porte sur le cœur et les vaisseaux, avec prudence sur son ampleur [21].</p>
<p>Qui en profite ? Les cartes d&rsquo;exposition ne donnent pas un tableau simple. À Lille et Marseille, les quartiers défavorisés respirent plus de pollution du trafic. À Paris, c&rsquo;est l&rsquo;inverse : le centre-ouest, aisé, est plus exposé [22]. Un fait est constant en revanche : le même air ne fait pas les mêmes dégâts partout. À Paris, une même hausse de dioxyde d&rsquo;azote augmente la mortalité de 3,1 % dans les quartiers pauvres [23]. Dans les quartiers aisés, l&rsquo;effet n&rsquo;est pas mesurable [23].</p>
<h2 id="bruit-et-place-des-voitures--dautres-politiques">Bruit et place des voitures : d&rsquo;autres politiques</h2>
<p>Au-dessus de 30 à 40 km/h, le bruit d&rsquo;une voiture vient du pneu sur la route, pas du moteur [24]. Or une ZFE remplace des moteurs. Elle ne baisse ni la vitesse ni le nombre de véhicules. Pour un changement audible, il faudrait environ 30 à 40 % de trafic en moins [24]. Même logique pour l&rsquo;espace : une Crit&rsquo;Air 1 occupe la même place qu&rsquo;une Crit&rsquo;Air 4. À Paris, la circulation a baissé de moitié depuis la fin des années 1990. La mairie, qui défend son bilan, l&rsquo;attribue à ses aménagements : stationnement, rues piétonnes, vélo [25]. Pas à la ZFE, créée en 2019. Les rues plus calmes, là où elles existent, viennent d&rsquo;autres politiques que la vignette.</p>
<h2 id="deux-calendriers">Deux calendriers</h2>
<p>Ce que changent les ZFE tient en deux calendriers. Celui des interdictions commande les gains d&rsquo;air et de santé. Il est fixé par la loi, appliqué ville par ville, et très peu sanctionné à ce jour. Celui des aides commande qui peut suivre, et il est fixé par l&rsquo;État seul. Le 1er décembre 2024, le Journal officiel supprimait la prime à la conversion [15]. Le 1er janvier 2025, l&rsquo;interdiction des Crit&rsquo;Air 3 entrait en vigueur à Paris et à Lyon [8]. Trente jours séparent les deux dates.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/loi-de-simplification-le-conseil-constitutionnel-censure-la-suppression-des-zfe-et-lassouplissement-du-zan">Loi de simplification : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE</a>. Public Sénat (21 mai 2026)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/zones-faibles-emissions-zfe">Zones à faibles émissions (ZFE), page officielle du dispositif</a>. Ministère de la Transition écologique (consultée en juillet 2026)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/le-parc-de-vehicules-au-1er-janvier-2025-dans-les-territoires-zfe-et-les-territoires-de-vigilance">Le parc de véhicules au 1er janvier 2025 dans les territoires ZFE et les territoires de vigilance</a>. SDES (statistique publique, ministère de la Transition écologique) (19 septembre 2025)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000034621591">Code de la route, article R411-19-1 (sanction en zone à circulation restreinte)</a>. Légifrance (consulté en août 2026)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.legipermis.com/infractions/amende-zfe.html">Amende ZFE : montants des contraventions par catégorie de véhicule</a>. LegiPermis (consulté en août 2026)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.ecologie.gouv.fr/actualites/zones-faibles-emissions-mobilite-mesures-lutter-contre-pollution-lair">Zones à faibles émissions mobilité : les mesures pour lutter contre la pollution de l'air</a>. Ministère de la Transition écologique (consultée en août 2026)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.maire-info.com/sécurité-routière/un-decret-autorise-les-policiers-municipaux-à-effectuer-les-controles-automatises-dans-les-zfe-article-27703">Un décret autorise les policiers municipaux à effectuer les contrôles automatisés dans les ZFE</a>. Maire-Info (2024)</li><li id="ref-8"><a href="https://selectra.info/energie/actualites/marche/zfe-2026-villes-verbalisent-vignette-crit-air">ZFE 2026 : quelles villes verbalisent avec la vignette Crit'Air ?</a>. Selectra (2026)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.largus.fr/actualite-automobile/zfe-a-paris-toujours-pas-de-verbalisation-en-2026-30044944.html">ZFE à Paris : toujours pas de verbalisation en 2026</a>. L'Argus (2026)</li><li id="ref-10"><a href="https://mieuxrespirerenville.gouv.fr/fiches-thematique/derogations/derogations-nationales?profil=Particuliers">Dérogations nationales et locales en ZFE</a>. Mieux Respirer en Ville (portail officiel de l'État) (consulté en août 2026)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044338435">Code général des collectivités territoriales, article R2213-1-0-1 (dérogations de plein droit)</a>. Légifrance (consulté en août 2026)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.portail-cartegrise.fr/s/zfe-pass-petit-rouleur">Pass ZFE et dérogation petit rouleur : modalités locales</a>. Portail-cartegrise (recoupé avec les sites des métropoles) (consulté en août 2026)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/quels-menages-possedent-des-voitures-critair-3-ou-plus-dans-les-metropoles-du-grand-paris-et-de">Quels ménages possèdent des voitures Crit'Air 3 ou plus dans les métropoles du Grand Paris et de Lyon ?</a>. SDES (statistique publique, ministère de la Transition écologique) (2025)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.senat.fr/rap/r22-738/r22-738-syn.pdf">Rapport « Sortir de l'impasse » sur les zones à faibles émissions (synthèse)</a>. Sénat (2023)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050690951">Décret n° 2024-1084 du 29 novembre 2024 (suppression de la prime à la conversion, refonte du bonus écologique)</a>. Légifrance (29 novembre 2024)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.info.gouv.fr/actualite/leasing-social-le-guichet-ouvre-le-16-juillet-2026">Leasing social : le guichet ouvre le 16 juillet 2026</a>. info.gouv.fr (2026)</li><li id="ref-17"><a href="https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-de-la-qualite-de-lair-exterieur-en-france-en-2023">Bilan de la qualité de l'air extérieur en France en 2023</a>. SDES / LCSQA (2024)</li><li id="ref-18"><a href="https://www.airparif.fr/sites/default/files/document_publication/20240531_ZFE_MGP_Eval_a_posteriori_web.pdf">Évaluation a posteriori de la ZFE-m du Grand Paris (étape Crit'Air 4)</a>. Airparif (31 mai 2024)</li><li id="ref-19"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/presse/pollution-de-lair-ambiant-nouvelles-estimations-de-son-impact-sur-la-sante-des-francais">Pollution de l'air ambiant : nouvelles estimations de son impact sur la santé des Français</a>. Santé publique France (2021)</li><li id="ref-20"><a href="https://www.ors-idf.org/fileadmin/DataStorageKit/ORS/Etudes/2020/ORS_benefices_sanitaires_attendus_ZFE_vd.pdf">Bénéfices sanitaires attendus d'une zone à faibles émissions (évaluation d'impact, trois scénarios)</a>. ORS Île-de-France, avec Airparif et Santé publique France (2019)</li><li id="ref-21"><a href="https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(23)00120-2/fulltext">Chamberlain et al., revue systématique des effets des zones à faibles émissions et péages urbains sur la santé (16 études)</a>. The Lancet Public Health (juillet 2023)</li><li id="ref-22"><a href="https://www.peren-revues.fr/pollutionatmospherique/5973">Padilla et al., « Air quality and social deprivation in four French metropolitan areas »</a>. Environmental Research (2014)</li><li id="ref-23"><a href="https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0131463">Deguen et al., dioxyde d'azote, statut social et mortalité à Paris (79 107 décès, 2004-2009)</a>. PLOS One (2015)</li><li id="ref-24"><a href="https://www.cerema.fr/fr/actualites/reduire-vitesse-changer-revetement-quelles-solutions-contre">Réduire la vitesse, changer le revêtement : quelles solutions contre le bruit routier ?</a>. Cerema (consultée en juillet 2026)</li><li id="ref-25"><a href="https://www.paris.fr/pages/quelle-organisation-demain-pour-le-stationnement-a-paris-16858">Quelle organisation demain pour le stationnement à Paris ?</a>. Ville de Paris (consultée en juillet 2026)</li></ol>]]></description></item><item><title>Nettoyer l'eau du robinet coûte jusqu'à deux milliards par an, payés par les ménages</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/eau-potable-pesticides-pfas-qui-paie/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/eau-potable-pesticides-pfas-qui-paie/</guid><pubDate>Sat, 01 Aug 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Eau</category><category>Pesticides</category><category>PFAS</category><category>Pouvoir d'achat</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/eau-potable-pesticides-pfas-qui-paie/cover.webp" length="234924" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">À Pierre-Bénite, au sud de Lyon, des habitants ont reçu une consigne simple. Ne plus manger les œufs de leur poulailler. Ni les poissons pêchés à côté. Ni les légumes du jardin dans un rayon de 500 mètres [1]. Des composés chimiques appelés PFAS ont été retrouvés jusque dans le lait maternel de mères du secteur [2]. L&rsquo;eau d&rsquo;un captage voisin a dépassé les seuils en 2022. Le traitement est en cours, financé en partie par l&rsquo;argent public [1].</div>

<h2 id="un-quart-des-français-a-bu-une-eau-non-conforme">Un quart des Français a bu une eau non conforme</h2>
<p>En 2023, environ 16,97 millions de personnes ont bu au moins une fois une eau non conforme aux limites fixées pour les pesticides [3]. Un quart de la population raccordée. L&rsquo;année d&rsquo;avant, ils étaient 15,4 % [3]. La contamination monte, et elle se mesure.</p>
<p>Non conforme ne veut pas dire dangereux. La limite de 0,1 microgramme par litre est une règle de gestion, pas un seuil de poison [4]. Un dépassement déclenche une surveillance, une dilution, un traitement. Pas forcément un risque avéré.</p>
<p>Une molécule domine ces dépassements. Le R471811, un résidu du chlorothalonil, un pesticide. À lui seul, il concerne l&rsquo;eau de 5,1 millions de personnes [3]. La campagne nationale de l&rsquo;agence sanitaire l&rsquo;a retrouvé dans plus d&rsquo;un échantillon sur deux [5].</p>
<p>Un détail sur la façon de compter mérite l&rsquo;attention. En 2024, l&rsquo;agence sanitaire a reclassé ce résidu de « pertinent » à « non pertinent ». Son seuil de gestion est passé de 0,1 à 0,9 microgramme par litre, multiplié par neuf [17]. Les prochains chiffres de non-conformité baisseront donc mécaniquement. Non parce que l&rsquo;eau sera plus propre. Parce que la règle de mesure a changé.</p>
<p>Les PFAS racontent une autre histoire. Ces composés industriels très persistants ne se dégradent presque pas. Une molécule à chaîne ultracourte, le TFA, a été retrouvée dans plus de 92 % des prélèvements d&rsquo;une campagne nationale fin 2025 [16]. Mais elle n&rsquo;entre pas dans les vingt PFAS encadrés par la loi. Sur ces vingt-là, neuf échantillons seulement, sur plus de 620, dépassent le seuil [16]. Contamination massive pour une molécule non réglementée, dépassements rares pour celles qui le sont.</p>
<h2 id="nettoyer-coûte-un-à-deux-milliards-par-an">Nettoyer coûte un à deux milliards par an</h2>
<p>Retirer ces molécules de l&rsquo;eau coûte cher. Pour les pesticides et les nitrates réunis, la facture nationale tient dans une fourchette. Un à deux milliards d&rsquo;euros par an [6]. Un rapport du Sénat de 2025 retient ce chiffre. Il note qu&rsquo;il « ne cesse d&rsquo;augmenter » : plus de réactifs, plus d&rsquo;énergie, plus de polluants à traiter [6].</p>
<p>Le poids tombe surtout sur les petites communes. Une unité de traitement des pesticides coûte de l&rsquo;ordre d&rsquo;un million d&rsquo;euros [7]. Pour un village de 5 000 habitants, c&rsquo;est un mur. Entre 1980 et 2024, près de 14 300 captages ont fermé en France [6]. La dégradation de la ressource explique environ un tiers de ces fermetures [6].</p>
<p>À l&rsquo;échelle du continent, l&rsquo;ordre de grandeur donne le vertige. Des chercheurs chiffrent jusqu&rsquo;à 2 000 milliards d&rsquo;euros sur vingt ans pour nettoyer les PFAS en Europe, si rien ne change [8]. Attention au périmètre. Ce montant couvre toute la dépollution de l&rsquo;environnement, sols et eaux compris, pas la seule eau du robinet [8]. Il n&rsquo;a aucun rapport avec la facture française de potabilisation.</p>
<h2 id="la-facture-arrive-sur-le-robinet-pas-chez-le-pollueur">La facture arrive sur le robinet, pas chez le pollueur</h2>
<p>Reste la question du payeur. En France, une règle ancienne commande tout. « L&rsquo;eau paie l&rsquo;eau » [9]. Le service d&rsquo;eau se finance par la facture des abonnés, pas par l&rsquo;impôt général [9]. Chaque euro de dépollution remonte donc sur la note d&rsquo;eau. Pas sur le budget de l&rsquo;État.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Chaque euro de dépollution remonte sur la note d&rsquo;eau, pas sur le budget de l&rsquo;État.</aside>

<p>Dans les départements les plus touchés, le surcoût atteint 0,3 à 0,4 euro par mètre cube. Soit 36 à 48 euros par an pour un foyer moyen [6]. À l&rsquo;échelle du pays, le service statistique du ministère de l&rsquo;écologie a chiffré ce que la pollution par les pesticides coûte aux ménages. Un à un milliard et demi d&rsquo;euros par an [10]. Dedans, une ligne parle d&rsquo;elle-même. 220 millions d&rsquo;euros d&rsquo;eau en bouteille achetée pour les nourrissons [10].</p>
<h2 id="88--pour-les-ménages-une-fraction-pour-les-pollueurs">88 % pour les ménages, une fraction pour les pollueurs</h2>
<p>Qui alimente cette pollution ? Pour les pesticides et les nitrates, la réponse est documentée. L&rsquo;agriculture en génère 70 à 75 %, selon le service statistique de l&rsquo;État [10]. Ce n&rsquo;est pas un procès. C&rsquo;est un chiffrage officiel.</p>
<p>Face à cette part, la clé de financement surprend. En 2013, les ménages réglaient 87 % des redevances perçues par les agences de l&rsquo;eau. Les agriculteurs, 6 %. L&rsquo;industrie, 7 % [11]. Un an plus tard, la part des ménages tenait à 88 % [12].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">88 %</span> <span class="stat__label">de la redevance de l&#39;eau payée par les ménages en 2014</span></aside>

<p>La Cour des comptes a posé le constat. Ses intertitres parlent de « pollueurs insuffisamment taxés ». La contribution agricole reste, écrit-elle, « nettement inférieure au regard des pollutions causées » [11]. Un exemple résume tout. La redevance sur l&rsquo;élevage rapportait 3 millions d&rsquo;euros en 2013. Le seul nettoyage des algues vertes coûte au moins 30 millions par an [11].</p>
<p>L&rsquo;agriculteur n&rsquo;est pas pour autant le grand gagnant. La redevance sur les pesticides pèse jusqu&rsquo;à 13 % du coût d&rsquo;un traitement du blé [13]. Il la sent passer. Mais rapportée au prix des produits, elle ne représente que 5 à 6 % [11]. Trop peu pour dissuader, juge la Cour des comptes [11]. Ce mécanisme censé faire payer la pollution à la source rapporte environ 150 millions d&rsquo;euros par an [13]. Une goutte devant la facture de dépollution.</p>
<h2 id="sur-les-pfas-la-règle-vient-de-changer">Sur les PFAS, la règle vient de changer</h2>
<p>Sur un point, la logique s&rsquo;inverse. La loi de février 2025 a créé une redevance sur les PFAS. Elle vise les industriels, pas les ménages [14]. Mille euros par kilo rejeté dans l&rsquo;eau, pour les sites classés [14]. La même loi interdit ces composés à la source. Cosmétiques, textiles grand public, fart à ski dès 2026 [15].</p>
<p>Une réforme des redevances de l&rsquo;eau est aussi entrée en vigueur début 2025 [18]. L&rsquo;un de ses trois objectifs affichés : faire peser moins la fiscalité de l&rsquo;eau sur les ménages [19]. Mais son rendement global est redistribué, pas baissé [18]. Ses effets chiffrés sur le partage ne sont pas encore publics. La répartition « 88 % ménages » reste, pour l&rsquo;instant, la dernière mesurée [11, 12].</p>
<p>Sur les PFAS réglementés, l&rsquo;eau du robinet française reste, dans son immense majorité, conforme [16]. Le débat ne porte pas sur un danger immédiat. Il porte sur une addition. Elle se compte en milliards, elle grimpe chaque année, et elle s&rsquo;inscrit sur la facture des foyers. La Cour des comptes l&rsquo;a écrit noir sur blanc dès 2015 : les pollueurs sont « insuffisamment taxés » [11]. Onze ans plus tard, une réforme cherche encore à corriger le déséquilibre.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr/pfas-focus-sur-la-situation-au-sud-de-lyon">PFAS : focus sur la situation au sud de Lyon</a>. ARS Auvergne-Rhône-Alpes (février 2026)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-43441-rapport-cyrille-isaac-sibille-pfas-mission.pdf">Rapport de la mission d'information sur les PFAS</a>. Assemblée nationale (rapporteur Cyrille Isaac-Sibille) (janvier 2024)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.generations-futures.fr/actualites/donnees-eau-pesticides/">De nouvelles données démontrent la contamination persistante de l'eau du robinet par des pesticides et leurs métabolites</a>. Générations Futures (chiffres DGS 2023) (23 décembre 2024)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.bourgogne-franche-comte.ars.sante.fr/pesticides-et-metabolites-0">Pesticides et métabolites (cadre réglementaire de l'eau potable)</a>. ARS Bourgogne-Franche-Comté (consultée en 2026)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.anses.fr/en/content/emerging-pollutants-drinking-water-review-main-findings-latest-national-campaign">Campagne nationale de mesure des composés émergents dans les eaux destinées à la consommation humaine (EDCH)</a>. ANSES (6 avril 2023)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.senat.fr/rap/l24-691/l24-6911.pdf">Protéger les ressources en eau potable contre les pollutions diffuses (rapport n° 691)</a>. Sénat (rapporteur Hervé Gillé) (4 juin 2025)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.sauvonsleau.fr/jcms/c_7010/depolluer-l-eau-potable-des-pesticides-un-cout-de-plus-de-500-millions-d-euros">Dépolluer l'eau potable des pesticides : un coût de plus de 500 millions d'euros</a>. Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse (vers 2014)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.ngi.no/en/news/now-we-know-the-staggering-costs-of-cleaning-pfas-pollution-for-europe/">Now we know the staggering costs of cleaning PFAS pollution for Europe</a>. NGI / Forever Lobbying Project (Arp & Ling) (17 janvier 2025)</li><li id="ref-9"><a href="https://economie.eaufrance.fr/tarification-de-leau">Tarification de l'eau et principe « l'eau paie l'eau »</a>. Économie Eaufrance (OFB) (consultée en 2026)</li><li id="ref-10"><a href="https://filtrabio.fr/fr/au-fil-de-l-eau/cout-pollution-eau-pesticides-externalites">Coûts des principales pollutions agricoles de l'eau (Études & documents n° 52)</a>. CGDD, ministère de l'écologie (relayé par Filtrabio) (septembre 2011)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-23847-rapport-ccomptes-agence-eau.pdf">Les agences de l'eau et la politique de l'eau : une cohérence à retrouver (Rapport public annuel 2015)</a>. Cour des comptes (février 2015)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.eaufrance.fr/repere-redevances-des-agences-de-leau">Repère : redevances des agences de l'eau</a>. Eaufrance (OFB) (données 2014)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.reussir.fr/grandes-cultures/rpd-combien-cela-vous-coute">Redevance phytos, combien cela coûte</a>. Réussir Grandes Cultures (consultée en 2026)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.lesagencesdeleau.fr/actualites/tout-comprendre-de-la-redevance-de-pollution-de-leau-par-les-pfas">Tout comprendre de la redevance de pollution de l'eau par les PFAS</a>. Les agences de l'eau (2025)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051260902">Loi n° 2025-188 du 27 février 2025 visant à protéger la population des risques liés aux PFAS</a>. Journal officiel / Légifrance (27 février 2025)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.environnement-magazine.fr/eau/article/2025/12/04/154531/une-contamination-generalisee-des-pfas-chaine-ultracourte-mise-evidence-par-anses">Une contamination généralisée aux PFAS à chaîne ultracourte mise en évidence par l'ANSES</a>. Environnement Magazine (données ANSES) (4 décembre 2025)</li><li id="ref-17"><a href="https://theconversation.com/la-pollution-au-chlorothalonil-un-defi-pour-le-traitement-de-leau-potable-234514">La pollution au chlorothalonil, un défi pour le traitement de l'eau potable</a>. The Conversation (2024)</li><li id="ref-18"><a href="https://www.ecologie.gouv.fr/presse/publication-du-decret-reforme-redevances-agences-leau">Publication du décret : réforme des redevances des agences de l'eau</a>. Ministère de la transition écologique (2024)</li><li id="ref-19"><a href="https://www.eau-seine-normandie.fr/reforme-redevance-2025">Réforme des redevances 2025</a>. Agence de l'eau Seine-Normandie (2025)</li></ol>]]></description></item><item><title>Réparer plutôt que racheter : ce que la directive européenne oblige, ce qu'elle laisse au consommateur</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/droit-reparation-directive-europeenne-france/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/droit-reparation-directive-europeenne-france/</guid><pubDate>Fri, 31 Jul 2026 08:15:37 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Réparation</category><category>Consommation</category><category>Europe</category><category>Pouvoir d'achat</category><category>Déchets</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/droit-reparation-directive-europeenne-france/cover.webp" length="276188" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Un appareil qui tombe en panne. Un devis de réparation presque aussi cher qu&rsquo;un neuf. Alors l&rsquo;ancien part à la benne, et un autre prend sa place. Des millions de foyers refont ce calcul chaque année. Une directive européenne, que les États doivent appliquer à partir de ce 31 juillet, veut le changer.</div>

<h2 id="ce-que-les-gens-veulent-ce-quils-finissent-par-faire">Ce que les gens veulent, ce qu&rsquo;ils finissent par faire</h2>
<p>La plupart des gens n&rsquo;aiment pas jeter. Selon une enquête européenne, 77 % des consommateurs préféreraient réparer plutôt que racheter [1]. Mais ils renoncent, faute d&rsquo;un coût abordable et d&rsquo;un réparateur à portée [1]. L&rsquo;envie est là. C&rsquo;est l&rsquo;addition qui tranche.</p>
<p>Et les déchets s&rsquo;entassent. Le monde a produit 62 millions de tonnes de déchets électroniques en 2022, un record, en hausse de 82 % depuis 2010 [2]. Moins d&rsquo;un quart, 22,3 %, est collecté et recyclé correctement [2]. L&rsquo;Europe en produit le plus par habitant, 17,6 kilos par personne, même si elle en recycle aussi la plus grande part [2].</p>
<p>Réparer au lieu de remplacer, ce n&rsquo;est pas un détail. Pour un téléphone, l&rsquo;essentiel de l&rsquo;empreinte se joue à la fabrication, pas à l&rsquo;usage [3]. Le construire coûte cher à la planète, bien avant sa première mise en marche. Garder un appareil plus longtemps évite ce coût-là.</p>
<h2 id="ce-que-le-texte-oblige-et-sur-quoi">Ce que le texte oblige, et sur quoi</h2>
<p>C&rsquo;est l&rsquo;objet de la directive européenne 2024/1799, adoptée en 2024 [4]. Les États avaient jusqu&rsquo;à ce 31 juillet 2026 pour l&rsquo;inscrire dans leur droit [4, 5]. Ce n&rsquo;est pas un règlement qui s&rsquo;applique partout à l&rsquo;identique. C&rsquo;est une directive : chaque pays la traduit chez lui, et son effet dépend de cette traduction.</p>
<p>Premier point, elle ne couvre pas tout. Elle vise une liste précise de produits : lave-linge, lave-vaisselle, réfrigérateurs, téléviseurs, téléphones, tablettes, et quelques autres [4, 6]. Ceux qui n&rsquo;y figurent pas restent dehors. Le champ s&rsquo;élargira au fil de nouvelles règles, mais pour l&rsquo;instant il est étroit.</p>
<p>Pour ces produits, le fabricant doit désormais réparer, même après la fin de la garantie [6]. Il ne peut plus refuser pour de simples raisons de coût, ni parce qu&rsquo;un autre a déjà réparé l&rsquo;appareil [6]. Il doit fournir pièces et outils à un prix « raisonnable » [4, 6]. Et il ne peut plus verrouiller la réparation par un blocage matériel ou logiciel, sauf motif « légitime et objectif » [4].</p>
<p>Un réparateur indépendant gagne le droit d&rsquo;employer des pièces d&rsquo;occasion, ou imprimées en 3D [6]. Le fabricant ne peut plus l&rsquo;en empêcher [6]. C&rsquo;est lui, le fabricant, que le texte met à contribution : celui qui, jusqu&rsquo;ici, pouvait rendre un appareil difficile à réparer et pousser au rachat.</p>
<p>Sous garantie, la réparation passe avant le remplacement quand elle coûte autant ou moins [6]. Et si le bien est réparé, la garantie légale gagne douze mois de plus [4, 5, 6].</p>
<p>Le texte ajoute deux outils. Un formulaire européen de réparation, d&rsquo;abord : un devis standardisé, gratuit, que le réparateur peut fournir [4, 7]. Il n&rsquo;est pas tenu de le remettre. Mais dès qu&rsquo;il le donne, son prix et ses conditions tiennent trente jours [4, 7]. Une plateforme en ligne, ensuite, pour trouver un réparateur près de chez soi, prévue pour 2028 selon la Commission [4]. Chaque État doit aussi lancer au moins une mesure d&rsquo;encouragement, comme une aide ou une baisse de taxe [4].</p>
<h2 id="en-france-une-partie-est-déjà-là">En France, une partie est déjà là</h2>
<p>La France a légiféré avant l&rsquo;Europe. Une loi de 2020 a créé un indice de réparabilité, cette note sur 10 affichée en magasin [8]. Un indice de durabilité l&rsquo;a remplacé sur certains produits en 2025 [9]. Il ajoute la solidité de l&rsquo;appareil à sa réparabilité.</p>
<p>Depuis fin 2022, un bonus réparation réduit la facture chez un réparateur agréé, de 15 à 60 euros pour l&rsquo;électroménager et l&rsquo;électronique [10]. Point important : il n&rsquo;est pas payé par l&rsquo;impôt. Il vient d&rsquo;un fonds alimenté par les fabricants eux-mêmes [10]. L&rsquo;agence qui le pilote annonce plus d&rsquo;un million et demi de réparations aidées et plus de 6 500 réparateurs labellisés [10].</p>
<p>Le droit français protège déjà sur d&rsquo;autres points. Garantie légale de deux ans, pièces détachées disponibles au moins cinq ans, obligation de proposer des pièces d&rsquo;occasion [11]. Et depuis 2022, un appareil réparé sous garantie gagne six mois de couverture en plus [11].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">&#43;12 mois</span> <span class="stat__label">de garantie après réparation dans la directive, contre 6 mois aujourd&#39;hui en France</span></aside>

<p>C&rsquo;est là que la directive pousse le curseur. Ces six mois deviendront douze [5]. S&rsquo;y ajoutent une obligation de réparer opposable au fabricant hors garantie, le formulaire et la plateforme européens, qui n&rsquo;existaient pas [5]. Pour un consommateur français, l&rsquo;apport est réel, mais il tient à ces quelques points. Le reste était déjà écrit.</p>
<h2 id="ce-que-le-texte-ne-règle-pas">Ce que le texte ne règle pas</h2>
<p>Reste l&rsquo;obstacle du départ. La directive parle d&rsquo;un prix « raisonnable », mais ne le chiffre nulle part, et ne le plafonne pas [4]. Le sens du mot est renvoyé à des textes ultérieurs, produit par produit [4]. Or c&rsquo;est bien le prix qui décide, entre réparer et jeter.</p>
<aside class="pullquote">Le mot qui tranche entre réparer et jeter, c&rsquo;est le prix. C&rsquo;est justement celui que le texte ne fixe pas.</aside>

<p>Hors garantie, la note reste pour le client. Le fabricant doit proposer la réparation, pas la rendre gratuite [4]. Et comme il s&rsquo;agit d&rsquo;une directive, tout dépend de la façon dont chaque État l&rsquo;applique, et des moyens de contrôle qu&rsquo;il y met.</p>
<p>La Commission, qui a porté le texte, avance de gros chiffres. Elle estime la mise au rebut prématurée à 12 milliards d&rsquo;euros perdus chaque année par les consommateurs de l&rsquo;Union, et jusqu&rsquo;à 176 milliards d&rsquo;économies possibles sur quinze ans [12]. Ce sont les projections de l&rsquo;institution qui défend sa loi, pas des montants constatés. Les tonnes de déchets mesurées, elles, sont un fait [2].</p>
<p>Au bout de la chaîne, il y a toujours l&rsquo;appareil en panne et le devis posé sur la table. La directive oblige à proposer la réparation, elle interdit de la bloquer, elle allonge la garantie. Sur le montant du devis, elle laisse la main aux États et au marché.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.europarl.europa.eu/topics/fr/article/20220331STO26410/">Eurobaromètre, préférence des Européens pour la réparation</a>. Eurobaromètre (Commission européenne), relayé par le Parlement européen (2024)</li><li id="ref-2"><a href="https://unitar.org/about/news-stories/press/global-e-waste-monitor-2024-electronic-waste-rising-five-times-faster-documented-e-waste-recycling">Global E-waste Monitor 2024</a>. UNITAR / UIT (ONU) (2024)</li><li id="ref-3"><a href="https://theconversation.com/impact-environnemental-des-smartphones-le-reconditionne-fait-de-77-a-91-mieux-que-le-neuf-174976">Impact environnemental des smartphones : le reconditionné fait de 77 à 91 % mieux que le neuf</a>. ADEME (tribune parue dans The Conversation) (2022-01-19)</li><li id="ref-4"><a href="https://commission.europa.eu/law/law-topic/consumer-protection-law/directive-repair-goods_en">Directive on the repair of goods (directive 2024/1799)</a>. Commission européenne (2024)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.twobirds.com/fr/insights/2024/france/droit-a-la-reparation-la-directive-ue-2024-1799-publiee">Droit à la réparation : la directive (UE) 2024/1799 publiée</a>. Bird & Bird (2024)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.europarl.europa.eu/news/en/press-room/20240419IPR20590/right-to-repair-making-repair-easier-and-more-appealing-to-consumers">Right to repair: making repair easier and more appealing to consumers</a>. Parlement européen (2024-04-23)</li><li id="ref-7"><a href="https://service.betterregulation.com/document/741536">Directive (UE) 2024/1799, article 4 (formulaire européen d'information sur la réparation)</a>. betterregulation.com (reproduction du texte officiel) (2024)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/indice-reparabilite">Indice de réparabilité</a>. Ministère de la Transition écologique (2021)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/indice-durabilite">Indice de durabilité</a>. Ministère de la Transition écologique (2025)</li><li id="ref-10"><a href="https://quefairedemesdechets.ademe.fr/bonus-reparation/">Bonus réparation (fonds réparation)</a>. ADEME (2025)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.economie.gouv.fr/particuliers/mes-droits-conso/bien-consommer/tout-savoir-sur-la-garantie-legale-de-conformite">Garantie légale de conformité et disponibilité des pièces détachées</a>. DGCCRF / economie.gouv.fr (2022)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.europarl.europa.eu/topics/fr/article/20220331STO26410/">Chiffres de la mise au rebut prématurée (analyse d'impact de la proposition de directive)</a>. Commission européenne, relayée par le Parlement européen (2023)</li></ol>]]></description></item><item><title>Assurance habitation : la prime a monté en 2024, les sinistres ont baissé</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/assurance-habitation-auto-prix-climat/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/assurance-habitation-auto-prix-climat/</guid><pubDate>Thu, 30 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Assurance</category><category>Climat</category><category>Pouvoir d'achat</category><category>Catastrophes naturelles</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/assurance-habitation-auto-prix-climat/cover.webp" length="98606" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 1er janvier 2025, une ligne a changé sur des dizaines de millions de contrats d&rsquo;assurance. La surprime « catastrophes naturelles » est passée de 12 % à 20 % pour l&rsquo;habitation. Son coût moyen grimpe d&rsquo;environ 25 euros à 40 euros par an [3, 4]. C&rsquo;est par cette ligne que le climat arrive sur la facture. Ce canal est réel. Il est aussi encadré, et modeste au regard du reste.</div>

<h2 id="la-prime-monte-les-sinistres-reculent">La prime monte, les sinistres reculent</h2>
<p>En 2024, la prime moyenne d&rsquo;assurance habitation atteint 299 euros hors taxes. Elle a monté de 7,2 % en un an [1]. Côté automobile, la prime moyenne est de 480 euros hors taxes, en hausse de 5,6 % [2]. Ce sont des chiffres de marché, hors taxes, pas la facture exacte d&rsquo;un foyer donné.</p>
<p>Et pourtant, cette même année 2024, les sinistres habitation ont baissé. Leur fréquence recule de 1,2 %, leur coût moyen de 3,6 % [1]. La branche est même redevenue bénéficiaire [1]. La prime a donc monté l&rsquo;année où les dégâts ont diminué.</p>
<p>Alors qu&rsquo;est-ce qui pousse les prix ? Le coût des réparations, d&rsquo;abord. Pour une voiture, l&rsquo;indice des coûts de réparation grimpe de 7,8 % en 2024. Il a pris près de 73 % depuis 2016 [2]. Réparer coûte plus cher chaque année.</p>
<p>L&rsquo;électronique embarquée y est pour beaucoup. Un simple bris de glace revient désormais à 715 euros en moyenne [2]. Les pare-brise portent des capteurs, on les remplace au lieu de les réparer [2]. Un sinistre matériel courant coûte 2 005 euros [2]. En 2025, le coût moyen d&rsquo;un sinistre auto monte encore de 5,3 %. La cause citée est le prix des pièces, la main d&rsquo;œuvre et les véhicules électriques. Pas le climat [10].</p>
<aside class="pullquote">En habitation, la prime a monté l&rsquo;année où les sinistres, eux, ont baissé.</aside>

<h2 id="le-feu-de-forêt-nest-pas-une-catastrophe-naturelle">Le feu de forêt n&rsquo;est pas une catastrophe naturelle</h2>
<p>C&rsquo;est contre-intuitif, et pourtant établi. Un feu de forêt n&rsquo;ouvre pas le régime des catastrophes naturelles. Il est pris en charge par la garantie incendie du contrat habitation [5, 6]. Pas d&rsquo;arrêté « cat-nat », pas de franchise légale spéciale. C&rsquo;est la franchise du contrat qui s&rsquo;applique [5].</p>
<p>Les conséquences sont concrètes. Une voiture brûlée n&rsquo;est indemnisée qu&rsquo;en formule « tous risques ». L&rsquo;assurance « au tiers », la seule obligatoire, ne couvre rien dans ce cas [6]. Et si un défaut de débroussaillage a favorisé la propagation, l&rsquo;assureur peut ajouter une franchise de 5 000 euros [6].</p>
<p>L&rsquo;été 2026 l&rsquo;a rappelé. Les incendies de Gironde et des Landes ont poussé plus de 220 000 personnes à évacuer [6]. La facture est annoncée « hors norme » par un professionnel du secteur, mais elle n&rsquo;est pas encore chiffrée [6]. Des mesures de crise ont été prises : relogement des évacués jusqu&rsquo;à trois semaines, délai de déclaration repoussé au 31 août [6].</p>
<p>Jusqu&rsquo;ici, le coût assuré des feux reste pourtant limité face aux autres périls. Les grands incendies de Gironde de 2022 ont donné moins de 2 000 sinistres indemnisés, pour un montant inférieur à 80 millions d&rsquo;euros [6]. Dans l&rsquo;Aude, en août 2025, le feu a détruit ou endommagé 36 habitations et brûlé 54 véhicules [7]. Les assureurs ont jugé leur bilan « limité » [7].</p>
<p>Ce mot « limité » ne parle que des biens assurés. Il ne dit rien du reste. Le même feu de l&rsquo;Aude a fait une morte, ravagé 13 000 hectares et détruit 800 à 900 hectares de vignes des Corbières [7]. Le chiffre de l&rsquo;assurance ne mesure pas ce coût-là.</p>
<p>Le risque, lui, s&rsquo;étend. D&rsquo;ici 2050, la moitié du territoire pourrait être exposée au risque d&rsquo;incendie [8]. À ce jour, le feu de forêt reste assurable en France, à la différence de certaines zones de Californie [8].</p>
<h2 id="le-poste-qui-pèse-le-plus--le-sol-qui-se-fissure">Le poste qui pèse le plus : le sol qui se fissure</h2>
<p>Le vrai poids climatique de l&rsquo;assurance est ailleurs. C&rsquo;est la sécheresse. Quand la terre argileuse se rétracte, elle fissure les murs des maisons. Ce risque coûte 1,35 milliard d&rsquo;euros par an en moyenne sur cinq ans, contre 700 millions autrefois [4]. Depuis 1989, il a englouti 13,8 milliards d&rsquo;euros, plus du tiers de toutes les indemnités « cat-nat » versées [4].</p>
<p>Un logement touché par la sécheresse coûte 16 300 euros à réparer en moyenne, plus que les autres sinistres naturels [9]. Ces dégâts-là ne font pas d&rsquo;images à la télévision. Ils avancent, mur après mur, dans des maisons posées sur de l&rsquo;argile.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">13,8 Md€</span> <span class="stat__label">versés pour la sécheresse depuis 1989, premier poste climatique de l&#39;assurance dommages</span></aside>

<p>L&rsquo;autre gros poste climatique de l&rsquo;automobile, c&rsquo;est la grêle. Elle a coûté 350 millions d&rsquo;euros sur les véhicules en 2024 [3]. Tous biens confondus, la grêle a pesé 2,2 milliards d&rsquo;euros en 2025 [10]. Et cette charge ne passe pas par le régime « cat-nat ».</p>
<blockquote>
<p>La grêle a pesé lourdement, avec 2,2 milliards d&rsquo;euros, intégralement à la charge des assureurs, puisque hors du régime des catastrophes naturelles.</p>
</blockquote>
<p>Ainsi le résume la présidente de la fédération des assureurs, partie prenante du dossier [10]. Selon la même fédération, l&rsquo;ensemble des événements naturels a coûté 5,2 milliards d&rsquo;euros en 2025, la deuxième année la plus chère depuis 1984 [10].</p>
<h2 id="qui-paie-dans-lordre">Qui paie, dans l&rsquo;ordre</h2>
<p>Les assurés, d&rsquo;abord. Ils règlent la prime de base, tirée par le coût des réparations. Ils règlent aussi la surprime « cat-nat », ce taux unique relevé à environ 40 euros par an [4]. Ce taux est le même pour tous, où qu&rsquo;on habite [4]. Les zones les moins exposées paient donc autant que les autres.</p>
<p>L&rsquo;État vient ensuite, en dernier ressort. Il garantit le régime si les réserves s&rsquo;épuisent. La Cour des comptes juge « plausible » que cette garantie soit appelée souvent, autour d&rsquo;un milliard d&rsquo;euros par an [4]. Le réassureur public, lui, se montre plus optimiste. Mais la Cour, indépendante, refait les calculs sous des hypothèses qu&rsquo;elle estime plus réalistes [4].</p>
<p>Restent ceux qui n&rsquo;ont pas d&rsquo;assurance du tout. En métropole, 97 % des ménages sont couverts. En outre-mer, c&rsquo;est 50 à 70 %. À Mayotte, 6 % [9]. Là-bas, un cyclone frappe des foyers sans filet. Ce sont souvent les plus modestes qui portent seuls la perte [9]. Le montant assuré d&rsquo;une catastrophe ne dit rien de ce qu&rsquo;elle coûte à ces territoires.</p>
<h2 id="un-choix-qui-na-pas-été-tranché">Un choix qui n&rsquo;a pas été tranché</h2>
<p>Derrière le prix, il y a une question simple. Faut-il que tout le monde paie le même taux, exposé ou non ? Ou faut-il que les plus exposés paient plus ?</p>
<p>Le premier système, celui d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, est solidaire. Il fait payer aussi ceux qui ne risquent presque rien [9]. Le second serait plus responsabilisant. Mais il menace d&rsquo;exclure ceux qui vivent en zone à risque et n&rsquo;ont pas les moyens de déménager [9]. Un rapport public parle d&rsquo;un curseur « politique et démocratique fondamental » [9]. Aucune réforme n&rsquo;a tranché.</p>
<p>Le risque d&rsquo;exclusion « commence à poindre ». Dans quelques zones exposées, des assureurs se retirent déjà [4]. Un recours existe pour forcer un assureur à couvrir un logement, mais il reste « largement méconnu et sous-utilisé » [4].</p>
<p>Il y a enfin l&rsquo;argent de la prévention. Une part de la surprime devrait financer les travaux qui réduisent les dégâts à venir. Mais en 2023, à peine 74 % des habitants en zone inondable étaient couverts par un plan de prévention [4]. Payer en amont coûterait moins cher que réparer en aval.</p>
<p>La surprime, elle, a bondi de deux tiers au 1er janvier 2025, de 12 % à 20 %, par décision de l&rsquo;État [3, 4]. La prime de base a monté quand les sinistres baissaient [1]. La facture tient donc à deux décisions distinctes : celle du marché, sur les réparations, et celle de l&rsquo;État, sur la surprime. Reste à fixer qui paiera la suite. Ce choix-là n&rsquo;a pas encore été fait.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.franceassureurs.fr/nos-chiffres-cles/assurance-de-dommages-et-responsabilite/lassurance-habitation-en-2024/">L'assurance habitation en 2024</a>. France Assureurs (2024)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.franceassureurs.fr/wp-content/uploads/lassurance-automobile-des-particuliers-en-2024.pdf">L'assurance automobile des particuliers en 2024</a>. France Assureurs (juillet 2025)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.franceassureurs.fr/wp-content/uploads/lassurance-des-evenements-naturels-en-2024.pdf">L'assurance des événements naturels en 2024</a>. France Assureurs (janvier 2026)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/303004.pdf">L'assurance des catastrophes naturelles : un enjeu de soutenabilité financière</a>. Cour des comptes (avril 2026)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.inc-conso.fr/content/dommages-incendie-suite-un-feu-de-foret-comment-etre-indemnise">Dommages incendie suite à un feu de forêt : comment être indemnisé ?</a>. Institut national de la consommation (consulté le 30 juillet 2026)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.franceinfo.fr/environnement/evenements-meteorologiques-extremes/incendies-et-feux-de-foret/onvousrepond-incendies-en-gironde-et-dans-les-landes-comment-les-habitants-des-zones-touchees-seront-ils-indemnises-par-les-assurances_8118602.html">Incendies en Gironde et dans les Landes : comment les habitants seront-ils indemnisés ?</a>. franceinfo (27 juillet 2026)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.terre-net.fr/assurances/article/886203/un-bilan-de-lincendie-de-laude-juge-limite-par-les-assureurs">Un bilan de l'incendie de l'Aude jugé « limité » par les assureurs</a>. Terre-net / AFP (août 2025)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.argusdelassurance.com/environnement/risques-climatiques/incendies-de-vegetation-face-a-un-risque-appele-a-gagner-la-moitie-de-la-france-la-prevention-devient-un-enjeu-majeur-pour-lassurance.PH4SJRUZU5ABTAC2Y4OVUXNB6Y.html">Incendies de végétation : un risque appelé à gagner la moitié de la France</a>. L'Argus de l'assurance (consulté le 30 juillet 2026)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-06-12%20-%20Risques%20climatiques/HCSP-2025-RAPPORT%20MUTUALISATION%20RISQUES%20CLIMAT_Complet_12juin11h45-FINAL.pdf">Repenser la mutualisation des risques climatiques</a>. France Stratégie (juin 2025)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.argusdelassurance.com/assurance-dommages/en-2025-lassurance-francaise-maintient-le-cap-malgre-des-couts-de-sinistres-en-hausse.KO4IC2FGYJFW7CCCA2SPYS7DEY.html">En 2025, l'assurance française maintient le cap malgré des coûts de sinistres en hausse</a>. L'Argus de l'assurance (mars 2026)</li></ol>]]></description></item><item><title>Téléphonie : l'arrivée de Free avait fait baisser la facture. Un opérateur pourrait disparaître.</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/telecoms-quatre-trois-operateurs-facture/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/telecoms-quatre-trois-operateurs-facture/</guid><pubDate>Tue, 28 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Télécoms</category><category>Pouvoir d'achat</category><category>Concurrence</category><category>SFR</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/telecoms-quatre-trois-operateurs-facture/cover.webp" length="382242" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 6 juin 2026, trois opérateurs ont signé le rachat du quatrième. Bouygues Telecom, Free et Orange se partagent SFR pour 20,35 milliards d&rsquo;euros [1]. Si l&rsquo;opération va au bout, la France comptera trois réseaux mobiles au lieu de quatre. Reste une question simple : qu&rsquo;arrive-t-il à la facture ?</div>

<h2 id="il-y-a-treize-ans-un-opérateur-est-arrivé-les-prix-ont-plongé">Il y a treize ans, un opérateur est arrivé. Les prix ont plongé.</h2>
<p>En 2012, un quatrième opérateur a débarqué sur le marché mobile. Free vendait des forfaits à quelques euros. Cette année-là, les prix des services mobiles ont baissé de 11,4 % [8]. L&rsquo;année d&rsquo;avant, ils n&rsquo;avaient reculé que de 1,2 % [8]. La baisse a donc été presque dix fois plus forte. Deux causes à cela, selon le régulateur : la concurrence du nouvel arrivant, et son choix de ne vendre que des forfaits sans téléphone inclus [8].</p>
<p>Le détail est parlant. Les forfaits ont baissé de 12,6 %, la carte SIM seule de 28,4 % [8]. Les anciens opérateurs ont cassé leurs prix d&rsquo;entrée de gamme, parfois de moitié [9]. En trois mois, Free avait pris 2,6 millions d&rsquo;abonnés [9]. Tous les profils y ont gagné, les gros comme les petits consommateurs [8].</p>
<h2 id="dans-lautre-sens-la-facture-remonte">Dans l&rsquo;autre sens, la facture remonte</h2>
<p>Le rachat de SFR ferait le chemin inverse : un opérateur en moins. Que se passe-t-il alors ? Les mesures existent, et elles pointent dans la même direction.</p>
<p>Trois fusions de ce genre ont déjà eu lieu en Europe, en Autriche, en Irlande et en Allemagne. Dans les trois cas, les relevés montrent une hausse des prix pour les nouveaux clients après l&rsquo;opération [6]. En Allemagne, les petits forfaits ont grimpé jusqu&rsquo;à 50 % en un an [6]. Une étude sur 33 pays va dans le même sens. Passer de quatre opérateurs à trois fait monter la facture, de 4 à 7 % pour les fusions vraiment observées [5].</p>
<p>En 2016, un régulateur a même interdit une telle fusion pour cette raison. La Commission européenne a bloqué le rachat de O2 par Three au Royaume-Uni. Elle jugeait que les prix « auraient été plus élevés pour tous les opérateurs » britanniques [7]. Ce marché figurait pourtant parmi les moins chers d&rsquo;Europe [7]. Un marché déjà bon marché peut donc voir ses prix monter. L&rsquo;affaire a ensuite connu de longs allers-retours devant la justice européenne, sans que ce raisonnement soit démenti.</p>
<h2 id="pour-qui-surtout">Pour qui, surtout</h2>
<aside class="stat"><span class="stat__num">14,30 €</span> <span class="stat__label">la facture mobile mensuelle moyenne par carte SIM fin 2025, encore en baisse</span></aside>

<p>Toutes les factures ne bougeraient pas pareil. Ce sont les petits forfaits qui bougent le plus. En Allemagne, ce sont les faibles consommateurs qui ont été le plus touchés [6]. En France, ce sont justement ces offres qui avaient le plus baissé avec Free : la SIM seule, les forfaits d&rsquo;entrée, les marques low-cost comme RED et ses six millions d&rsquo;abonnés [3, 8].</p>
<p>Le point de départ est bas. Fin 2025, la facture mobile moyenne tournait autour de 14 euros par mois, et elle baissait encore [4]. Mais un prix bas en euros ne dit pas tout. Quatorze euros, c&rsquo;est peu sur une fiche de paie confortable. C&rsquo;est plus lourd sur un budget serré. Une hausse de quelques euros s&rsquo;y voit tout de suite. Ceux qui ont le moins de marge sont ceux qui la sentiraient le plus.</p>
<h2 id="lautre-argument--investir-dans-le-réseau">L&rsquo;autre argument : investir dans le réseau</h2>
<p>Les partisans de l&rsquo;opération avancent un contre-argument. Moins d&rsquo;opérateurs, mais plus gros, donc mieux armés pour investir dans la 5G et la fibre. L&rsquo;argument mérite d&rsquo;être regardé.</p>
<p>Les chiffres ne le confirment pas. Après une fusion, l&rsquo;investissement par opérateur monte, d&rsquo;environ 19 % [5]. Mais cette hausse est mécanique. Les survivants sont plus gros, donc chacun dépense plus, « même sans aucune amélioration » de qualité [10]. La bonne mesure, c&rsquo;est l&rsquo;investissement total du marché. Là, l&rsquo;effet est « souvent non significatif » [10], et l&rsquo;étude de référence le juge « non concluant » [5].</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Le seul effet démontré, plus d&rsquo;investissement par opérateur, est mécanique, et il va de pair avec des prix plus hauts.</aside>

<p>Un cabinet qui plaide pour ces fusions l&rsquo;admet à demi-mot. La qualité « peut s&rsquo;améliorer après une fusion, même si l&rsquo;investissement total de l&rsquo;industrie décline » [10]. Début 2026, des économistes de la Commission européenne sont allés plus loin. Le secteur télécom européen gagne déjà assez pour financer ses investissements tout seul. Il n&rsquo;a pas besoin de se regrouper pour cela, concluent-ils [10].</p>
<p>Reste le chiffre que le secteur répète le plus. Le lobby des opérateurs parle d&rsquo;un trou d&rsquo;investissement de 205 milliards d&rsquo;euros d&rsquo;ici 2035 [11]. Il assure aussi qu&rsquo;il n&rsquo;existe « aucune preuve » de hausse de prix liée à la concentration [11]. C&rsquo;est une partie prenante qui parle de son propre marché. Et cette affirmation se heurte à quatre séries de mesures indépendantes qui, elles, montrent la hausse.</p>
<p>D&rsquo;un côté de la balance, l&rsquo;abonné et sa facture. De l&rsquo;autre, les opérateurs et leurs actionnaires, dont les marges se referaient une santé. Le partage est déjà écrit : sur les actifs de SFR, Bouygues récupère 52 % de la valeur, Free 27 %, Orange 21 % [2].</p>
<h2 id="qui-décide-et-quand">Qui décide, et quand</h2>
<p>Ce n&rsquo;est ni l&rsquo;opérateur ni le régulateur des télécoms qui tranche. L&rsquo;ARCEP autorise le transfert des fréquences et peut rendre un avis, rien de plus [1]. La décision revient à l&rsquo;Autorité de la concurrence ou à la Commission européenne [1]. L&rsquo;ARCEP, elle, défend de longue date le modèle à quatre opérateurs : sa voix compte, mais elle est partie au débat.</p>
<p>Les autorités peuvent poser des conditions. Dans les fusions passées, elles ont imposé de céder de la capacité réseau à des opérateurs sans réseau [6]. En Irlande, elles ont aussi réservé des blocs de fréquences pour un futur entrant [12]. Ces remèdes existent, mais ils ont été lents et de faible portée. En Irlande, les nouveaux venus sont restés sous 1 % du marché [6]. En Autriche, le remède a mis plus de trois ans à agir, sans empêcher les hausses entre-temps [6].</p>
<p>Rien n&rsquo;est joué. La finalisation est espérée « au second semestre 2027 au mieux », le plein effet pas avant 2034 [3]. Le protocole le dit lui-même : « à ce stade, il n&rsquo;y a aucune certitude que cette opération soit réalisée » [3].</p>
<p>En 2012, l&rsquo;arrivée d&rsquo;un quatrième opérateur avait fait baisser la facture de 11,4 % en un an [8]. L&rsquo;opération signée en juin ferait le chemin inverse.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://en.arcep.fr/news/press-releases/view/n/competition-080626.html">ARCEP, communiqué sur le projet de rachat de SFR (8 juin 2026)</a>. ARCEP (2026-06-08)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.abcbourse.com/marches/rachat-de-sfr-voici-comment-les-abonnes-seront-repartis-entre-orange-free-et_697926">Rachat de SFR : comment les abonnés seront répartis entre Orange, Free et Bouygues</a>. ABC Bourse (2026-06)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.banquedesterritoires.fr/sil-est-confirme-le-demantelement-de-sfr-pourrait-prendre-plusieurs-annees">S'il est confirmé, le démantèlement de SFR pourrait prendre plusieurs années</a>. Banque des Territoires (2026-06)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.arcep.fr/actualites/actualites-et-communiques/detail/n/marche-francais-des-telecoms-280526.html">Marché français des télécoms : prix et revenu des services mobiles (2025)</a>. ARCEP, observatoire des marchés (2026-05-28)</li><li id="ref-5"><a href="https://cerre.eu/publications/evaluating-market-consolidation-mobile-communications/">Evaluating Market Consolidation in Mobile Communications (Economic Policy, vol. 33 n°93)</a>. Genakos, Valletti, Verboven, revue Economic Policy (reprise CERRE) (2018-01)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.berec.europa.eu/sites/default/files/files/document_register_store/2018/6/BoR_(18)_119_BEREC__Report_Mergers_Acquisitions.pdf">Post-Merger Market Developments: Price Effects of Mobile Mergers in Austria, Ireland and Germany, BoR (18) 119</a>. BEREC (2018)</li><li id="ref-7"><a href="https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/IP_16_1704">Mergers: Commission prohibits Hutchison's proposed acquisition of Telefónica UK (O2), IP/16/1704</a>. Commission européenne (2016-05-11)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.arcep.fr/fileadmin/reprise/observatoire/indice-prix-mobiles/2010-2012/indice-prix-mobiles-2010-2012.pdf">Évolution des prix des services mobiles en France, résultats 2012 (indice 2010-2012)</a>. ARCEP (2013-05-23)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/14/questions/QANR5L14QE2917.pdf">Question écrite n°2917, concurrence et prix de la téléphonie mobile (réponse du gouvernement)</a>. Assemblée nationale, Journal officiel (2012-12-04)</li><li id="ref-10"><a href="https://compass-lexecon.files.svdcdn.com/production/editorial/2026/03/The-Analysis-Mobile-network-mergers-and-investment-incentives-12-03-26.pdf">Mobile network mergers and investment incentives</a>. Compass Lexecon (Linda Gratz) (2026-03-12)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.gsma.com/newsroom/press-release/e475-billion-required-for-europe-to-complete-its-5g-journey-and-regain-digital-leadership-new-gsma-study-finds/">Mobile investment needs in Europe (475 milliards requis pour la 5G en Europe)</a>. GSMA (2026-05-06)</li><li id="ref-12"><a href="https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/MEMO_14_387">Autorisation sous conditions du rachat de O2 Irlande par Hutchison (3G), MEMO/14/387</a>. Commission européenne (2014-05-28)</li></ol>]]></description></item><item><title>Électricité : la hausse du 1er août vient du réseau, pas des taxes</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/electricite-prix-reglemente-hausse-aout/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/electricite-prix-reglemente-hausse-aout/</guid><pubDate>Fri, 17 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Électricité</category><category>Énergie</category><category>Pouvoir d'achat</category><category>Tarifs réglementés</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/electricite-prix-reglemente-hausse-aout/cover.webp" length="75622" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Au 1er août, le tarif réglementé de l&rsquo;électricité doit augmenter de 2,5 %, environ 26 euros de plus par an pour un foyer moyen. Ce jour-là pourtant, les taxes sur l&rsquo;électricité baissent. Et sur un an, le coût de l&rsquo;énergie a reculé. Ce qui monte, c&rsquo;est le péage des réseaux. Pour une raison qui surprend : un hiver trop doux.</div>

<h2 id="trois-blocs-dans-chaque-facture">Trois blocs dans chaque facture</h2>
<p>Le prix du kilowattheure n&rsquo;est pas un chiffre unique. Il s&rsquo;obtient en additionnant des blocs de coûts. La loi impose cette méthode, dite par empilement [2].</p>
<p>Trois grands blocs composent la facture. L&rsquo;énergie elle-même, achetée sur les marchés, pèse environ 39 %. Le transport de cette énergie jusqu&rsquo;à la prise, environ 28 %. Les taxes, environ 33 % [3]. Ce sont des ordres de grandeur, mesurés fin 2025.</p>
<p>Aucune de ces parts n&rsquo;est figée. Le poids des taxes suit les décisions de l&rsquo;État. Il valait 35 % fin 2018, puis 22 % au début 2024 sous le bouclier tarifaire, puis 33 % fin 2025 [4]. La fiscalité dans la facture est donc elle-même un choix politique, pas une donnée fixe.</p>
<p>Ces choix ne pèsent pas sur tous de la même façon. En août 2025, l&rsquo;unification de la TVA à 20 % a été calibrée pour rester neutre en moyenne [12]. Mais un petit consommateur, dont l&rsquo;abonnement pèse lourd dans sa facture, a pu la voir grimper. Un gros consommateur, lui, y gagnait [12].</p>
<h2 id="la-hausse-daoût-vient-du-réseau">La hausse d&rsquo;août vient du réseau</h2>
<p>Au 1er août, la hausse proposée est de 2,5 % [1]. Elle ne vient ni de l&rsquo;énergie ni des taxes. Trois éléments jouent. Deux poussent vers le haut, un vers le bas.</p>
<p>Le péage des réseaux monte : 3,04 % pour la distribution, 3,34 % pour le transport [5]. Un mécanisme de capacité s&rsquo;ajoute. Et l&rsquo;accise, la principale taxe sur l&rsquo;électricité, baisse légèrement [1]. La taxe tire donc vers le bas ce jour-là.</p>
<p>Reste le réseau. Et sa hausse n&rsquo;a rien à voir avec de nouveaux travaux.</p>
<p>L&rsquo;hiver 2025 a été plus doux que prévu. Les foyers ont moins chauffé, donc moins consommé. Les recettes du gestionnaire du réseau ont été inférieures de 231,6 millions d&rsquo;euros aux prévisions [5]. Or ce réseau coûte à peu près la même chose, qu&rsquo;on consomme beaucoup ou peu. La régulation lui garantit ses recettes prévues. Le manque à gagner est donc rattrapé l&rsquo;année suivante, sur le tarif [5].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">231,6 M€</span> <span class="stat__label">le manque à gagner du réseau après un hiver doux, rattrapé sur le tarif de 2026</span></aside>

<aside class="pullquote pullquote--float">Parce que le pays a moins consommé, le péage du réseau monte l&rsquo;année d&rsquo;après.</aside>

<p>La loi plafonne ce rattrapage à 3 % par an. Sans ce plafond, la hausse du réseau aurait atteint 3,93 % [5]. Ce n&rsquo;est donc ni un surcoût de l&rsquo;énergie, ni une nouvelle taxe, ni un effort d&rsquo;investissement.</p>
<h2 id="personne-ne-décide-seul">Personne ne décide seul</h2>
<p>Sur ce prix, il n&rsquo;y a pas un décideur unique. Trois pouvoirs se partagent trois leviers.</p>
<p>Le Parlement vote les taxes, chaque année, dans la loi de finances [6]. Il fixe aussi, par la loi, la méthode de calcul du tarif [2]. C&rsquo;est le levier le plus politique.</p>
<p>La Commission de régulation de l&rsquo;énergie calcule le reste. Elle propose l&rsquo;évolution du tarif et fixe le péage des réseaux [1]. C&rsquo;est une autorité administrative indépendante, pas le gouvernement.</p>
<p>Les ministres, eux, ont surtout un droit de veto. La proposition de la Commission est adoptée d&rsquo;office si aucun ministre ne s&rsquo;y oppose sous trois mois [7]. Le silence vaut accord. C&rsquo;est pour cela que la hausse d&rsquo;août reste, à ce stade, une proposition, pas encore un arrêté signé [1].</p>
<p>Aucun de ces acteurs ne fixe le prix à lui seul.</p>
<h2 id="la-courbe-na-pas-fait-que-monter">La courbe n&rsquo;a pas fait que monter</h2>
<p>Sur dix-huit mois, le tarif a d&rsquo;abord beaucoup baissé. Au 1er février 2025, il a reculé de 15 %, environ 190 euros de moins par an pour un foyer type [8]. La chute des prix de gros de l&rsquo;énergie l&rsquo;a porté.</p>
<p>Un an plus tard, en février 2026, il bouge à peine, une baisse de 0,83 % [1]. Puis vient la hausse de 2,5 % en août. Même après elle, le tarif reste très en dessous de son niveau de début 2024 [1]. La courbe a d&rsquo;abord fortement baissé, puis se réajuste à la marge.</p>
<h2 id="le-vrai-point-de-vigilance-est-ailleurs">Le vrai point de vigilance est ailleurs</h2>
<p>Le sujet de fond est structurel, et il ne concerne pas la hausse d&rsquo;août. Fin 2025, un dispositif a disparu : l&rsquo;ARENH. Depuis 2011, il obligeait EDF à vendre une partie de son électricité nucléaire à prix fixe, 42 euros le mégawattheure [9]. C&rsquo;était un amortisseur.</p>
<p>Un nouveau système l&rsquo;a remplacé début 2026. Il ne redistribue aux clients que si les revenus du nucléaire dépassent 78 euros le mégawattheure [10]. En 2026, ce seuil ne devrait pas être atteint [11].</p>
<p>Pour l&rsquo;instant, la situation reste favorable. Le coût de l&rsquo;énergie a reculé, d&rsquo;environ 103 à 64 euros le mégawattheure [11]. Mais cette accalmie tient surtout aux prix de gros bas. Si le marché remonte durablement, le tarif serait plus exposé qu&rsquo;avant, avec moins de coussin [11].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.cre.fr/actualites/toutes-les-actualites/evolution-des-tarifs-reglementes-de-vente-d-electricite.html">Évolution des tarifs réglementés de vente d'électricité au 1er août 2026</a>. Commission de régulation de l'énergie (CRE) (2026-07-16)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048623720">Code de l'énergie, article L337-6</a>. Légifrance (2026-01-01)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/prix-de-lelectricite-en-france">Observatoire des marchés de détail de l'électricité, 4e trimestre 2025 (composition de la facture)</a>. CRE, relayé par Connaissance des énergies (2025-12-31)</li><li id="ref-4"><a href="https://selectra.info/energie/guides/comprendre/prix-electricite">Observatoire de l'électricité : évolution de la part des taxes dans la facture</a>. Selectra (2025-12-31)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.cre.fr/documents/deliberations/decision/turpe-2026.html">Délibération n°2026-105 portant révision du TURPE au 1er août 2026</a>. Commission de régulation de l'énergie (CRE) (2026-05-21)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.impots.gouv.fr/professionnel/accise-sur-lelectricite">L'accise sur l'électricité (tarif fixé en loi de finances)</a>. impots.gouv.fr / DGFiP (2026-01-01)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048623726">Code de l'énergie, article L337-4</a>. Légifrance (2026-01-01)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.cre.fr/actualites/toutes-les-actualites/baisse-trve-fevrier-2025.html">Baisse des tarifs réglementés de vente d'électricité au 1er février 2025</a>. Commission de régulation de l'énergie (CRE) (2025-01-16)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.connaissancedesenergies.org/afp/fin-de-larenh-2026">Fin de l'ARENH au 31 décembre 2025</a>. AFP, via Connaissance des énergies (2025-12-31)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.cre.fr/documents/publications/lenergie-du-droit/versement-nucleaire-universel.html">Versement nucléaire universel : seuils opposables (arrêté du 11 février 2026)</a>. CRE, L'énergie du droit n°93 / arrêté du 11 février 2026 (2026-02-11)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.cre.fr/documents/deliberations/decision/trve-2026.html">Délibération sur les tarifs réglementés 2026 (coût d'approvisionnement et méthode)</a>. Commission de régulation de l'énergie (CRE) (2026-01-16)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A17456">TVA sur l'électricité : unification du taux à 20 % au 1er août 2025</a>. service-public.fr (2025-08-01)</li></ol>]]></description></item><item><title>Carburant : le plafond de Total à 1,99 euro est déjà au-dessus du prix moyen à la pompe</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/plafonnement-prix-pompe-total/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/plafonnement-prix-pompe-total/</guid><pubDate>Thu, 16 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Carburant</category><category>TotalEnergies</category><category>Pouvoir d'achat</category><category>Prix à la pompe</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/plafonnement-prix-pompe-total/cover.webp" length="42774" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Total a plafonné le prix de l&rsquo;essence à 1,99 euro le litre. L&rsquo;annonce, faite au printemps 2026, a été présentée comme un geste pour le pouvoir d&rsquo;achat. À la mi-juillet, dans la plupart des stations, ce plafond ne change plus rien : le prix moyen à la pompe est déjà passé en dessous.</div>

<h2 id="un-plafond-qui-a-rétréci-tout-au-long-de-lannée">Un plafond qui a rétréci tout au long de l&rsquo;année</h2>
<p>Le dispositif n&rsquo;est pas nouveau. Total l&rsquo;a lancé en février 2023, puis réactivé fin mars 2026. En cause, la flambée des cours du pétrole liée à la crise au Moyen-Orient [2]. Le groupe fixe alors l&rsquo;essence à 1,99 euro. Il relève le diesel à 2,25 euros le litre, le 8 avril [1, 2]. La mesure vaut, dit-il, « tant que la crise au Moyen-Orient durera » [1].</p>
<p>Le tournant vient du 23 juin 2026. Total recentre le plafond sur environ 1 200 stations rurales. C&rsquo;est à peine un tiers de son réseau de 3 300 stations. Les 2 300 autres en sortent. La raison est simple. Leurs prix étaient redescendus tout seuls, entre 1,80 et 1,90 euro, sous le plafond [3].</p>
<p>Reste le volet autoroute. Total y applique le plafond de 1,99 euro, mais seulement cinq week-ends d&rsquo;été [4]. En dehors, les tarifs autoroutiers restent libres. Le 16 juillet 2026, on se situe entre deux de ces week-ends. Ce jour-là, sur l&rsquo;autoroute, le plafond n&rsquo;est pas actif pour un conducteur de passage.</p>
<p>Une offre à part vise les clients électricité ou gaz de Total. Pour eux, le 1,99 euro vaut toute l&rsquo;année, tous carburants, autoroute comprise [1]. Mais elle suppose un contrat d&rsquo;énergie chez Total. Et elle est plafonnée à 2 000 litres par an.</p>
<h2 id="ce-que-ça-change-à-la-pompe--peu-sauf-sur-lautoroute">Ce que ça change à la pompe : peu, sauf sur l&rsquo;autoroute</h2>
<p>Le point le plus concret tient en un chiffre. Fin juin 2026, le prix moyen national du gazole est de 1,884 euro. Celui du SP95-E10 est de 1,890 euro [5]. Ces relevés viennent des données publiques déclarées par les stations. Les deux sont déjà sous le plafond de 1,99 euro. Dans la station ordinaire, le plafond ne mord donc pas.</p>
<p>Le vrai levier pour payer moins n&rsquo;est pas là. Il tient au choix de l&rsquo;enseigne. La grande distribution vend en moyenne 7 centimes le litre moins cher que les groupes pétroliers [5]. L&rsquo;écart grimpe parfois à 30 centimes selon les points de vente [6]. Sur un plein de 50 litres, 10 centimes le litre valent 5 euros. Pour un conducteur régulier, cela fait plusieurs centaines d&rsquo;euros par an [6].</p>
<p>Un piège de nom mérite d&rsquo;être signalé. Total Access, le réseau discount du groupe, figure parmi les enseignes les moins chères. Les stations « TotalEnergies » de marque, elles, sont parmi les plus chères [6]. Deux réseaux, un même mot sur la façade, des prix opposés.</p>
<p>Il existe pourtant un endroit où le plafond mord vraiment : l&rsquo;autoroute. Le carburant y coûte 15 à 30 centimes le litre de plus qu&rsquo;ailleurs [6]. Sur un plein de 60 litres, cela fait près de 9 euros. C&rsquo;est le seul segment durablement au-dessus de 2 euros. Mais c&rsquo;est aussi là que Total applique le plafond le moins souvent : cinq week-ends, ou toute l&rsquo;année pour ses seuls clients énergie [4].</p>
<p>Un dernier chiffre situe l&rsquo;enjeu. La grande distribution ne tient que 48 % des stations. Mais elle assure plus de 62 % des volumes vendus [7].</p>
<h2 id="à-qui-profite-le-geste">À qui profite le geste</h2>
<p>Le plafond est posé au-dessus du prix courant. Il subsiste surtout là où Total est souvent seul, dans les campagnes. Dans ces conditions, il agit moins comme un contrôle des prix que comme une aide ciblée, à fort écho médiatique [3, 8].</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Le plafond ne mord plus que là où Total est souvent seul.</aside>

<p>Combien coûte-t-il à Total ? Le groupe avance environ 200 millions d&rsquo;euros de pertes cumulées. Ce chiffre vient de l&rsquo;entreprise, il n&rsquo;est pas audité, et aucun document public ne le vérifie. À le supposer exact, il pèserait environ 1,5 % du bénéfice annuel du groupe. Car Total a dégagé 13,1 milliards de dollars de résultat net en 2025 [9].</p>
<p>Le geste reste supportable pour une autre raison. Total est présent sur toute la chaîne : extraction, raffinage, transport, vente. Un plafond à la pompe rogne la marge de détail, celle du bout de chaîne. Cette marge est mince, estimée entre 5 et 8 centimes le litre par la fédération des stations indépendantes [10]. C&rsquo;est là que le groupe gagne le moins. Il gagne en amont, sur le raffinage et l&rsquo;extraction, souvent hors de France. Un distributeur indépendant, lui, n&rsquo;a que la marge de la station. Il ne peut pas suivre.</p>
<p>Un acteur, lui, encaisse quoi qu&rsquo;il arrive : l&rsquo;État. Les taxes forment 53 % du prix du gazole, entre l&rsquo;accise fixe et la TVA à 20 % [12]. Le plafond n&rsquo;y touche pas. Total ne rogne que sa part hors taxes. La part de l&rsquo;État, elle, ne bouge pas à chaque litre.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">53 %</span> <span class="stat__label">la part des taxes dans le prix du gazole, que le plafond ne touche pas</span></aside>

<p>Le geste tombe dans un contexte précis. Le groupe est visé par le débat sur les superprofits et sur l&rsquo;impôt qu&rsquo;il paie en France. Selon un relevé de l&rsquo;Observatoire des multinationales, Total n&rsquo;a versé aucun impôt sur les sociétés en France en 2019, 2020, 2021 et 2023. En 2022, il en a payé 19 millions d&rsquo;euros, pour 19,3 milliards de bénéfices dans le monde [11]. Le groupe conteste cette lecture. Il met en avant une « contribution » de 1,6 à 1,9 milliard d&rsquo;euros, surtout des cotisations et la taxation des dividendes. Ne pas payer d&rsquo;impôt sur les sociétés en France n&rsquo;a rien d&rsquo;illégal : cela découle de la répartition des bénéfices et des règles fiscales.</p>
<h2 id="ceux-qui-disent-trinquer">Ceux qui disent trinquer</h2>
<p>Un groupe se dit perdant : les stations indépendantes des campagnes. Leur fédération représente environ 1 000 stations [10]. Elle dénonce des volumes en chute, jusqu&rsquo;à 40 %, et un risque de fermetures. Ce chiffre de 40 % vient de la fédération elle-même, partie prenante au dossier, et n&rsquo;a pas été vérifié de l&rsquo;extérieur [10].</p>
<p>Elle a franchi un pas de plus le 15 juillet 2026. Elle a saisi l&rsquo;Autorité de la concurrence pour abus de position dominante. Son argument : Total peut bloquer ses prix parce qu&rsquo;il gagne en amont, pas au niveau de la station. Un indépendant, lui, n&rsquo;a pas ce matelas [10].</p>
<p>À ce stade, ce n&rsquo;est qu&rsquo;une plainte. L&rsquo;Autorité de la concurrence n&rsquo;a pas tranché.</p>
<p>Au 16 juillet 2026, le tableau tient en une ligne datée. Le plafond affiché à 1,99 euro passe au-dessus du prix que paie déjà l&rsquo;automobiliste moyen. Il pèse sur la carte, dans quelques zones rurales et sur quelques week-ends, plus que sur la fiche de paie. Pour le portefeuille, le geste qui compte reste le choix de l&rsquo;enseigne, pas ce plafond.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://totalenergies.com/fr/actualites/communiques-presse/prix-carburants-totalenergies-prolonge-sa-politique-plafonnement">Prix des carburants : TotalEnergies prolonge et maintient sa politique de plafonnement (communiqués)</a>. TotalEnergies (7 avril, 30 avril et 27 mai 2026)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.franceinfo.fr/economie/automobile/essence/totalenergies-maintient-le-plafonnement-du-prix-de-l-essence-a-1-99-euro-l-augmente-celui-sur-le-diesel-a-2-25-euros-l_7921133.html">TotalEnergies maintient le plafonnement de l'essence à 1,99 euro, augmente celui du diesel à 2,25 euros</a>. franceinfo (7 avril 2026)</li><li id="ref-3"><a href="https://lenergeek.com/2026/06/24/carburant-plafonnement-prix-maintenu-chez-totalenergies/">TotalEnergies recentre le plafonnement sur les stations rurales</a>. L'Énergeek (24 juin 2026)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.letribunaldunet.fr/automobile/totalenergies-plafonnement-prix-carburants-stations-rurales-ete-2026.html">Plafonnement d'été : stations rurales et cinq week-ends autoroute</a>. Le Tribunal du Net / Planet (juillet 2026)</li><li id="ref-5"><a href="https://prix-carburant.eu/article/etude-prix-carburants-france-2025">Étude des prix des carburants en France 2025 et relevés hebdomadaires (open data officiel)</a>. prix-carburant.eu (juin 2026)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.toutsurmesfinances.com/argent/a/prix-carburants-stations-moins-cheres-carte">Enseignes de carburant les moins chères et surcoût autoroute</a>. Tout sur mes finances / supercarbu (juin 2026)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.connaissancedesenergies.org/questions-et-reponses-energies/combien-y-t-il-de-stations-service-en-france">Combien y a-t-il de stations-service en France (données Ufip, fin 2024)</a>. Connaissance des Énergies (fin 2024)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.economiematin.fr/carburant-totalenergies-garde-plafonnement-sert-grand-chose">Le plafonnement de TotalEnergies sert-il encore à grand-chose ?</a>. EconomieMatin (juin 2026)</li><li id="ref-9"><a href="https://totalenergies.com/system/files/documents/totalenergies_cp-resultats-t4-2025_2026_fr.pdf">Résultats du quatrième trimestre et de l'année 2025</a>. TotalEnergies (2025 (publié début 2026))</li><li id="ref-10"><a href="https://lenergeek.com/2026/07/15/carburant-plafonnement-prix/">Les stations indépendantes saisissent l'Autorité de la concurrence contre le plafonnement Total (FF3C)</a>. L'Énergeek / Juriguide (15 juillet 2026)</li><li id="ref-11"><a href="https://multinationales.org/fr/en-bref/debunk/est-il-vrai-que-totalenergies-paie-ses-impots-la-ou-le-groupe-extrait-du">Est-il vrai que TotalEnergies paie ses impôts là où le groupe extrait ?</a>. Observatoire des multinationales (2024)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Prix%20des%20produits%20p%C3%A9troliers%20en%202024.pdf">Les prix des produits pétroliers en 2024 (composition du prix à la pompe)</a>. SDES / DGEC, ministère de la Transition écologique (2024)</li></ol>]]></description></item><item><title>Carburants : en 2024, plus de la moitié du prix du gazole était de la taxe</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/fiscalite-carburants-part-taxes-pompe/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/fiscalite-carburants-part-taxes-pompe/</guid><pubDate>Mon, 06 Jul 2026 08:00:07 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Carburants</category><category>Fiscalité</category><category>Pouvoir d'achat</category><category>Territoires</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/fiscalite-carburants-part-taxes-pompe/cover.webp" length="49018" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le prix affiché à la pompe se compose de trois blocs. Le pétrole, une taxe fixe, et la TVA par-dessus. En 2024, la taxe et la TVA pesaient ensemble 53 % du prix du gazole. Cet argent part surtout au budget de l&rsquo;État et aux routes. Et il pèse le plus lourd sur ceux qui roulent sans autre choix.</div>

<h2 id="trois-blocs-dans-le-prix-dont-deux-fixés-par-létat">Trois blocs dans le prix, dont deux fixés par l&rsquo;État</h2>
<p>Chaque litre de carburant porte deux prélèvements. D&rsquo;abord une accise, un montant fixe par litre. Ensuite la TVA à 20 %, ajoutée par-dessus. Le reste du prix, c&rsquo;est le pétrole, le raffinage, le transport et la distribution [1].</p>
<p>L&rsquo;accise ne change pas avec le prix affiché. Elle est fixée par la loi depuis 2018. Sur le gazole, elle est de 0,61 euro par litre. Sur le sans-plomb E10, de 0,67 euro [1]. L&rsquo;essence est donc un peu plus taxée que le gazole. C&rsquo;est ce qui explique l&rsquo;essentiel de son prix plus élevé à la pompe.</p>
<p>En moyenne, en 2024, l&rsquo;accise et la TVA ont pesé 53 % du prix du gazole [1]. C&rsquo;est deux points de plus qu&rsquo;en 2023. Mais pas parce que l&rsquo;État a augmenté l&rsquo;impôt. Uniquement parce que le prix hors taxes a baissé cette année-là.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">53 %</span> <span class="stat__label">part de la taxe et de la TVA dans le prix du gazole, en moyenne en 2024</span></aside>

<p>Cette part n&rsquo;est jamais figée. L&rsquo;accise est un montant fixe. Quand le baril monte, elle pèse une fraction plus faible du prix. Quand le baril baisse, elle en pèse une plus forte. Un chiffre de part est donc toujours daté. Au 27 février 2026, l&rsquo;accise seule pesait 36 % du prix du gazole et 39 % de celui de l&rsquo;essence [2]. La TVA venait en plus.</p>
<p>Un mécanisme est rarement dit. La TVA porte aussi sur l&rsquo;accise. « L&rsquo;accise sur les carburants est elle-même soumise à la TVA au taux normal de 20 % » [2]. C&rsquo;est donc une taxe sur la taxe. Quand le carburant monte, l&rsquo;accise ne bouge pas. Mais la TVA encaissée par l&rsquo;État, elle, augmente toute seule.</p>
<h2 id="où-va-largent--au-budget-général-et-aux-routes">Où va l&rsquo;argent : au budget général et aux routes</h2>
<p>En 2024, ces taxes ont rapporté 30,2 milliards d&rsquo;euros [2]. C&rsquo;est l&rsquo;un des premiers impôts indirects du pays. Cet argent se répartit en trois parts. L&rsquo;État en garde 16 milliards pour son budget général. Les collectivités locales reçoivent 12,2 milliards. L&rsquo;agence des infrastructures de transport en touche 2 [2, 3].</p>
<p>Cette agence finance des routes, du rail et des pistes cyclables. Ce n&rsquo;est pas un fonds pour le climat [3]. Dans les documents budgétaires, aucune ligne ne flèche cet impôt vers la transition écologique [3].</p>
<p>Une part carbone est pourtant bien incluse dans l&rsquo;accise. Environ 12 centimes par litre de gazole [2]. Elle devait monter par paliers, jusqu&rsquo;à 86,20 euros la tonne de CO2 en 2022. Cette hausse a été annulée par la loi de finances pour 2019, après le mouvement des gilets jaunes [2]. Depuis, cette part carbone est gelée à 44,60 euros la tonne. Elle n&rsquo;a plus bougé.</p>
<p>Le rendement de l&rsquo;impôt, lui, s&rsquo;érode. Il pesait 1,8 % de la richesse nationale à la fin des années 1990. Il n&rsquo;en pèse plus que 1,0 % en 2024 [3]. Reste un fait simple. C&rsquo;est d&rsquo;abord un impôt de rendement, avec une étiquette carbone gelée depuis 2018.</p>
<h2 id="qui-paie-le-plus--ceux-qui-roulent-sans-autre-choix">Qui paie le plus : ceux qui roulent sans autre choix</h2>
<p>La facture de carburant grimpe avec l&rsquo;éloignement des villes. En 2022, un ménage motorisé de ville a dépensé 981 euros dans l&rsquo;année. Un ménage périurbain, 1 480 euros. Un ménage rural, 1 855 euros [5]. Près du double de celui des villes.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">1 855 €</span> <span class="stat__label">carburant par an pour un ménage rural motorisé, en 2022</span></aside>

<p>Rapporté au budget, l&rsquo;écart se creuse encore. Le carburant et le fioul représentent 8,7 % de la dépense d&rsquo;un ménage rural. Contre 3,2 % pour un habitant de Paris centre [4]. Et cette dépense pèse aussi plus lourd sur les ménages modestes que sur les aisés [4]. Une taxe sur le carburant est donc doublement inégale. Par le revenu, et par le lieu de vie.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">La dépendance à la voiture tient au lieu où l&rsquo;on vit, pas à un caractère.</aside>

<p>S&rsquo;ajoute un piège. Ceux qui dépendent le plus de la voiture sont ceux qui peuvent le moins réduire leur consommation. Quand le prix grimpe de 1 %, la consommation ne baisse que de 0,2 à 0,4 % à court terme [5]. Les plus gros rouleurs ajustent encore moins que les autres [5]. Ils sont captifs.</p>
<p>Cette captivité tient à l&rsquo;usage et au territoire, pas au revenu déclaré. La sensibilité au prix change peu selon le niveau de vie, ou selon qu&rsquo;on habite en ville ou à la campagne [5]. Ce qui change, c&rsquo;est le montant dépensé. Un rural ne roule pas plus par confort. Il roule plus parce que son travail, l&rsquo;école et le médecin sont loin.</p>
<p>Cette inégalité n&rsquo;est pas une fatalité de l&rsquo;impôt. Elle se corrige par la redistribution. Des aides ciblées vers les ménages modestes rapportent cinq fois plus qu&rsquo;une aide versée à tout le monde [4]. La remise à la pompe de 2022 le montre à l&rsquo;envers. Comme elle était la même pour tous, elle a plus profité aux ménages aisés, qui roulent et consomment davantage [5].</p>
<p>Reste alors un fait net. Les données pointent un problème de conception fiscale et d&rsquo;absence de redistribution. Pas un coupable, ni un groupe de personnes.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Prix%20des%20produits%20p%C3%A9troliers%20en%202024.pdf">Les prix des produits pétroliers en 2024</a>. SDES / DGEC, ministère de la Transition écologique (2024)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.fipeco.fr/fiche/Les-taxes-sur-les-carburants">Les taxes sur les carburants</a>. FIPECO (2026)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2024-04/NEB-2023-Recettes-fiscales.pdf">Note d'exécution budgétaire 2023, mission Recettes fiscales de l'État</a>. Cour des comptes (2024-04)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/8887123">Taxer les émissions des entreprises ou taxer celles des ménages : effets selon les revenus et les territoires (Insee Analyses n° 117)</a>. INSEE (2024)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/7645853">L'ajustement de la consommation de carburant aux variations de prix (Insee Analyses n° 86)</a>. INSEE (2024)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>