<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Plateformes | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/plateformes/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Sat, 22 Aug 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/plateformes/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/plateformes/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Chez Uber, une machine pouvait couper le revenu d'un chauffeur sans qu'aucun humain vérifie</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/suspension-automatisee-chauffeurs-plateforme-uber/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/suspension-automatisee-chauffeurs-plateforme-uber/</guid><pubDate>Sat, 22 Aug 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Travail</category><category>Plateformes</category><category>Numérique</category><category>Données personnelles</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/suspension-automatisee-chauffeurs-plateforme-uber/cover.webp" length="45502" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Un matin, l&rsquo;application refuse de s&rsquo;ouvrir. À la place, un message. Le même, mot pour mot, que celui reçu par d&rsquo;autres. Un motif vague : « anomalie », ou « violation de la charte » [3]. Aucun nom, aucun interlocuteur, aucune explication. Le compte est fermé. Le revenu du jour aussi. C&rsquo;est le récit de 171 chauffeurs français. Il a mené à l&rsquo;une des plus lourdes amendes jamais infligées à Uber [1].</div>

<h2 id="un-compte-fermé-par-un-calcul-pas-par-un-humain">Un compte fermé par un calcul, pas par un humain</h2>
<p>Uber utilisait un logiciel. Il suivait la façon de conduire et les notes laissées par les clients [1]. Quand le calcul soupçonnait une fraude, le compte était suspendu, de façon automatique [2]. Le soupçon, ce pouvait être un détour jugé inutile pour gonfler le prix. Ou une course acceptée sans intention de la faire [2]. Selon le régulateur, des notes trop basses et répétées pouvaient même fermer le compte pour de bon, sans qu&rsquo;un humain tranche [1].</p>
<p>Pendant la fermeture, le chauffeur ne gagnait plus rien via Uber [1]. Le régulateur résume le problème en une formule : « There was no human assessment here », il n&rsquo;y a eu aucune appréciation humaine [1]. C&rsquo;est ce que dit aussi sa vice-présidente [1].</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Un ordinateur ne devrait pas prendre seul des décisions aux conséquences majeures pour la personne concernée. Ces décisions auraient d&rsquo;abord dû être examinées par un être humain. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Monique Verdier, vice-présidente de l&#39;autorité néerlandaise de protection des données</figcaption>
</figure>

<h2 id="825-millions-deuros-et-pourtant-rien-de-définitif">825 millions d&rsquo;euros, et pourtant rien de définitif</h2>
<p>L&rsquo;amende est tombée le 21 août 2026 [1]. Son montant : 824 990 000 euros, près de 825 millions [1]. C&rsquo;est la deuxième plus lourde de l&rsquo;histoire du RGPD, le règlement européen sur les données. Seule Meta a fait pire, avec 1,2 milliard en 2023 [2]. Le calcul suit un plafond légal, 4 % du chiffre d&rsquo;affaires mondial. Uber a réalisé environ 44,5 milliards d&rsquo;euros en 2025 [1].</p>
<p>Un point mérite d&rsquo;être posé d&rsquo;emblée. Ce n&rsquo;est pas une décision de justice. C&rsquo;est une sanction, prise par un régulateur, l&rsquo;autorité néerlandaise de protection des données [1]. Uber a fait appel [2]. La sanction n&rsquo;est donc pas définitive. Et ces amendes record sont souvent réduites, ou annulées, après des années de recours [2].</p>
<h2 id="ce-quuber-répond">Ce qu&rsquo;Uber répond</h2>
<p>Uber conteste, fermement. La firme parle d&rsquo;une décision erronée et d&rsquo;une « amende disproportionnée » [2]. Elle assure que ses règles actuelles prévoient un réexamen humain et la possibilité de contester [2]. Les suspensions pour fraude étaient, dit-elle, « le plus souvent brèves » [2]. Surtout, Uber affirme n&rsquo;avoir « jamais automatisé » la fermeture définitive d&rsquo;un compte [2].</p>
<p>La firme avance aussi un chiffre : 126 chauffeurs désactivés en Europe en 2021 pour cause de notes basses [2]. Mais ce chiffre ne couvre qu&rsquo;une seule cause, et une seule année [2]. Il ne mesure pas l&rsquo;ensemble des chauffeurs touchés.</p>
<p>Ici, la prudence vaut dans tous les sens. Le régulateur a infligé l&rsquo;amende, il est donc partie prenante sur son propre rôle. Uber se défend, c&rsquo;est la partie sanctionnée. Un syndicat a compté de son côté. Aucune source neutre et extérieure n&rsquo;a mesuré l&rsquo;ampleur réelle. Le syndicat INV a interrogé 813 chauffeurs [3]. Sur 138 déconnectés pour de bon, 120 disent n&rsquo;avoir reçu aucun avertissement, et 123 n&rsquo;avoir pas pu contester [3]. Ce sont des chiffres de syndicat, à prendre comme tels, pas un décompte officiel [3].</p>
<h2 id="la-règle--un-humain-pas-la-seule-machine">La règle : un humain, pas la seule machine</h2>
<p>Derrière l&rsquo;amende, il y a une règle simple. L&rsquo;article 22 du RGPD donne à chacun le droit de ne pas subir une décision prise uniquement par une machine, quand elle a des effets importants sur sa vie [4]. Fermer un compte qui fait vivre quelqu&rsquo;un est un effet important. La même règle impose d&rsquo;informer la personne que la machine décide [4].</p>
<p>Et cette règle vaut pour tout le monde. Le RGPD protège la personne, sans regarder son statut d&rsquo;emploi, salarié ou indépendant [4]. C&rsquo;est là son intérêt pour un chauffeur de plateforme.</p>
<aside class="pullquote">Le droit des données protège la personne, pas seulement le salarié.</aside>

<h2 id="ce-qui-change-à-partir-de-décembre">Ce qui change à partir de décembre</h2>
<p>L&rsquo;amende fait du bruit. Mais ce qui va durer, c&rsquo;est un texte adopté en octobre 2024, la directive européenne 2024/2831 [5]. Elle écrit la règle noir sur blanc, cette fois pour le travail de plateforme. Son article 10 dit ceci, mot pour mot : « Toute décision de limitation, de suspension ou de résiliation (…) du compte (…) est prise par un être humain » [5].</p>
<p>Et elle ouvre un recours. La plateforme devra expliquer sa décision, donner une personne à contacter, motiver par écrit. Un réexamen par un humain devra répondre dans un délai de deux semaines [5].</p>
<p>Une réserve, nette. Une directive européenne ne s&rsquo;applique pas toute seule. Chaque pays doit d&rsquo;abord l&rsquo;écrire dans sa loi. L&rsquo;échéance est fixée au 2 décembre 2026 [5]. Où en est la France sur cette transposition, le dossier ne l&rsquo;établit pas. Ce point reste donc ouvert, à ne pas présumer.</p>
<h2 id="pour-qui-concrètement">Pour qui, concrètement</h2>
<aside class="stat"><span class="stat__num">71 300</span> <span class="stat__label">chauffeurs VTC actifs en France en 2024</span></aside>

<p>En France, environ 71 300 chauffeurs de VTC étaient actifs en 2024 [6]. Un chiffre en hausse de 27 % en un an, et qui ne compte que les VTC, pas les livreurs [6]. Ce sont des indépendants, liés par un contrat commercial, pas des salariés [6]. Leurs revenus sont encadrés, un plancher de 9 euros par course et de 30 euros de l&rsquo;heure, mais en baisse par course comme par heure [6].</p>
<p>Pour eux, pas de fiche de paie. Il y a un compte, une application, des courses. Ce compte est l&rsquo;outil de travail [6]. Le fermer, c&rsquo;est couper le revenu du jour au lendemain [1, 6]. Voilà pourquoi la protection des données compte autant ici. Le droit du travail protège le salarié. Le droit des données, lui, protège la personne, quel que soit son statut [4]. Pour un indépendant sans filet, c&rsquo;est parfois la seule protection qui reste.</p>
<h2 id="ce-que-la-sanction-ne-règle-pas">Ce que la sanction ne règle pas</h2>
<p>Elle ne transforme pas les chauffeurs en salariés. C&rsquo;est une autre question, et elle n&rsquo;est pas tranchée. Elle n&rsquo;interdit pas non plus de suspendre un compte de façon automatique. Elle impose autre chose : qu&rsquo;un humain intervienne, qu&rsquo;on explique, qu&rsquo;on puisse contester. Et comme l&rsquo;appel est en cours, elle ne fixe encore aucune règle gravée dans le marbre.</p>
<p>Reste le principe, lui, déjà écrit. À partir de décembre, sur le papier, une machine ne pourra plus fermer seule le compte d&rsquo;un chauffeur. Il faudra qu&rsquo;un humain regarde d&rsquo;abord.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://autoriteitpersoonsgegevens.nl/en/current/uber-fined-nearly-825-million-euros-for-automated-driver-blocking">Uber fined nearly 825 million euros for automated driver blocking</a>. Autoriteit Persoonsgegevens (AP) (2026-08-21)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.insurancejournal.com/news/international/2026/08/21/882447.htm">Dutch regulator fines Uber for automating driver suspensions</a>. Insurance Journal (dépêche Reuters, Toby Sterling) (2026-08-21)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.clubic.com/uber/actualite-375438-la-ligue-des-droits-de-l-homme-depose-une-plainte-contre-uber-aupres-de-la-cnil.html">La Ligue des droits de l'Homme dépose une plainte contre Uber auprès de la CNIL</a>. Clubic</li><li id="ref-4"><a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32016R0679">Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), article 22</a>. EUR-Lex, Journal officiel de l'Union européenne (2016-04-27)</li><li id="ref-5"><a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=OJ:L_202402831">Directive (UE) 2024/2831 relative à l'amélioration des conditions de travail via une plateforme</a>. EUR-Lex, Journal officiel de l'Union européenne (2024-10-23)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.arpe.gouv.fr/actualites/les-chauffeurs-des-plateformes-de-vtc-en-2024-nouvelle-publication-de-lont3p/">Les chauffeurs des plateformes de VTC en 2024 (ONT3P)</a>. ARPE (Autorité des relations sociales des plateformes d'emploi) (2024)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>