<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Péages | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/peages/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Tue, 29 Sep 2026 08:47:49 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/peages/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/peages/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Autoroutes : en 2024, les actionnaires ont touché plus que le bénéfice de l'année</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/concessions-autoroutes-peages-taxe-2027/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/concessions-autoroutes-peages-taxe-2027/</guid><pubDate>Tue, 29 Sep 2026 08:47:49 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Autoroutes</category><category>Péages</category><category>Fiscalité</category><category>Budget 2027</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/concessions-autoroutes-peages-taxe-2027/cover.webp" length="338334" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">La barrière se lève, la voiture passe, quelques euros sont prélevés. Répété des millions de fois, ce geste a rapporté l&rsquo;essentiel des 12,8 milliards de recettes de 2024 [1]. La route, elle, appartient à l&rsquo;État [2]. Cette même année, les sociétés qui l&rsquo;exploitent ont versé 4,4 milliards à leurs actionnaires. C&rsquo;est plus que leur bénéfice de l&rsquo;année [1]. Le budget 2027 veut alourdir la taxe qui pèse sur elles [3].</div>

<h2 id="une-route-publique-trois-exploitants-privés">Une route publique, trois exploitants privés</h2>
<p>L&rsquo;État possède près de 9 200 kilomètres d&rsquo;autoroutes à péage. Il ne les a jamais vendues. Il les a concédées [2]. Une société privée obtient le droit de faire payer le passage, pour une durée fixée. Ensuite, elle rend la route. Le rapport d&rsquo;un sénateur le dit sans détour. Ces sociétés « ne disposent que du droit temporaire de l&rsquo;exploiter » [2]. La valeur de ce réseau, propriété de tous, est estimée à 194 milliards d&rsquo;euros [2].</p>
<p>Trois groupes se partagent l&rsquo;essentiel. Vinci exploite un peu plus de la moitié du réseau, Eiffage environ un quart, Abertis un sixième environ [4]. À eux trois, ils tiennent les sept concessions historiques, soit plus de 90 % des autoroutes à péage [2]. Elles leur ont été confiées lors de la privatisation de 2006 [4].</p>
<p>Pour Vinci, l&rsquo;autoroute est une pièce maîtresse. Elle ne pèse que 9 % des ventes du groupe. Mais elle apporte 43 % de son bénéfice, sur l&rsquo;exercice 2023 [2]. Peu d&rsquo;activités rapportent autant.</p>
<h2 id="ce-que-le-péage-rapporte">Ce que le péage rapporte</h2>
<p>En 2024, les recettes ont atteint 12,8 milliards d&rsquo;euros, en hausse de 4,3 % [1]. Le péage en fait presque tout : près de 97 % [1]. Une fois toutes les dépenses payées, il reste un bénéfice de 4,3 milliards [1].</p>
<p>Un chiffre attire l&rsquo;œil. Cette année-là, les actionnaires ont reçu 4,4 milliards d&rsquo;euros [1]. C&rsquo;est plus que le bénéfice de l&rsquo;année. Et ces versements montent de 9 %, alors que le bénéfice, lui, recule de 3,4 % [1]. Ces chiffres sont ceux du régulateur public, pas une opinion. Les actionnaires ont donc touché plus que ce que l&rsquo;activité a gagné dans l&rsquo;année. Verser plus que le bénéfice suppose de puiser ailleurs, dans les réserves des années passées ou par l&rsquo;emprunt.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">4,4 Md€</span> <span class="stat__label">versés aux actionnaires en 2024, soit plus que le bénéfice de l&#39;année (4,3 Md€)</span></aside>

<p>Le prix du passage a beaucoup monté. Entre 2001 et 2022, la recette de péage par kilomètre a grimpé de 80 % [2]. Soit deux fois plus vite que les prix à la consommation [2]. La hausse s&rsquo;est vue à chaque passage.</p>
<h2 id="le-mot--rente--et-ce-quil-recouvre">Le mot « rente », et ce qu&rsquo;il recouvre</h2>
<p>Un rapport du Sénat parle de « surrentabilité » [2]. Il avance un chiffre. L&rsquo;écart de rentabilité pourrait atteindre 40 milliards d&rsquo;euros de revenus en plus, sur toute la durée des contrats [2]. Ce chiffre vient du régulateur public [2].</p>
<p>Mais ce même régulateur refuse d&rsquo;y voir une rentabilité « excessive » [2]. Il juge cet écart « compatible avec les aléas normaux d&rsquo;une concession » [2]. Le chiffre existe, sa lecture est disputée.</p>
<aside class="pullquote">Le chiffre existe, sa lecture est disputée.</aside>

<p>« Surrentabilité » est donc le mot du Sénat, pas celui du régulateur qui a produit le chiffre. D&rsquo;où vient cet écart ? Selon le rapport du Sénat, pas du trafic, plutôt en baisse depuis 2008 [2]. Il viendrait des gains obtenus en renégociant la dette, quand les taux d&rsquo;intérêt étaient très bas [2]. C&rsquo;est l&rsquo;explication du rapporteur.</p>
<p>L&rsquo;État, lui, prend déjà sa part. Il capte en moyenne 36 % des péages par l&rsquo;impôt. Le chiffre vient de la fédération des sociétés elles-mêmes [2]. La fiscalité du secteur pèse 4 à 5 milliards d&rsquo;euros par an [2].</p>
<h2 id="une-taxe-née-en-2024">Une taxe née en 2024</h2>
<p>Depuis 2024, une taxe vise en plus les infrastructures de transport les plus rentables [5]. Son nom est technique : taxe sur l&rsquo;exploitation des infrastructures de transport de longue distance [5]. Un point mérite attention. Elle ne porte pas sur le bénéfice. Elle porte sur une part des recettes, au-delà de 120 millions d&rsquo;euros par an [5]. Son taux est de 4,6 % [5].</p>
<p>Elle ne touche pas tout le monde. Il faut aussi une rentabilité supérieure à 10 % en moyenne sur sept ans [5]. En pratique, elle vise « un faible nombre » de grandes sociétés d&rsquo;autoroutes et de grands aéroports [5]. Elle rapporte environ 600 millions d&rsquo;euros par an, autoroutes et aéroports confondus [3]. La part payée par les seules autoroutes n&rsquo;est pas connue précisément [3].</p>
<p>Les sociétés ont attaqué cette taxe en justice. Elles ont perdu sur le principe. Le Conseil constitutionnel l&rsquo;a jugée conforme en septembre 2024 [6]. Assise sur les recettes et non sur le bénéfice, elle n&rsquo;a pas de « caractère confiscatoire » [6]. Le Conseil d&rsquo;État a rejeté les recours contre son décret d&rsquo;application en mai 2025 [10].</p>
<h2 id="ce-que-le-budget-2027-veut-changer">Ce que le budget 2027 veut changer</h2>
<p>Le budget 2027 propose d&rsquo;alourdir cette taxe [3]. Le taux unique de 4,6 % laisserait place à un barème progressif [3]. Plus une société est rentable, plus elle paierait, jusqu&rsquo;à 12,2 % pour les plus rentables [3]. Les moins rentables ne seraient pas touchées [3]. L&rsquo;assiette et les seuils ne changeraient pas [3].</p>
<p>L&rsquo;objectif affiché est de porter le rendement d&rsquo;environ 600 millions à 1,4 milliard d&rsquo;euros par an [3]. Soit 800 millions de plus [3]. À partir de 2028, cet argent irait à un fonds chargé d&rsquo;entretenir et d&rsquo;adapter les réseaux de transport [3].</p>
<p>Une précision s&rsquo;impose. Rien n&rsquo;est voté [3]. Le texte officiel du budget n&rsquo;était pas publié fin septembre 2026 [3]. Tout repose pour l&rsquo;instant sur une dépêche d&rsquo;agence, reprise par plusieurs sites [3]. Le gouvernement est fragile, et le budget peut encore changer.</p>
<h2 id="la-taxe-finira-t-elle-au-péage-">La taxe finira-t-elle au péage ?</h2>
<p>C&rsquo;est le point de friction. Les sociétés d&rsquo;autoroutes préviennent qu&rsquo;elles feront payer la note à l&rsquo;automobiliste. Dès 2023, Vinci avait jugé la taxe « contraire à la lettre et à l&rsquo;esprit des contrats » [7]. Le groupe annonçait une charge de 260 millions d&rsquo;euros et « toutes les voies de recours » [7]. La société annonçait alors une hausse des péages de 5 % si la taxe entrait en vigueur [8].</p>
<p>Les sociétés s&rsquo;appuient sur leurs contrats. Elles invoquent des « clauses de neutralité fiscale » [7]. Elles citent aussi un « article 32 » qui ouvrirait droit à compensation, par une hausse des péages ou un allongement de la concession [9]. Ces clauses n&rsquo;ont pas pu être vérifiées sur le texte des contrats [9]. C&rsquo;est leur argument, pas un fait tranché.</p>
<p>Le gouvernement dit l&rsquo;inverse, et sa position n&rsquo;a pas bougé depuis 2023. La taxe « n&rsquo;entre pas dans le champ » des hausses de péage autorisées [3]. Elle ne peut « pas être répercutée » sur les usagers [3]. En 2023, le ministre des transports d&rsquo;alors avait qualifié les alertes de Vinci d&rsquo;« intox » [8].</p>
<p>Deux parties, deux versions, et chacune défend son intérêt. À ce jour, aucune mesure indépendante ne tranche. Un fait, en revanche, est établi. À septembre 2026, les sociétés n&rsquo;ont obtenu aucune compensation [9], et leurs recours sur le principe ont été rejetés [6].</p>
<h2 id="le-rendez-vous-qui-compte-vraiment">Le rendez-vous qui compte vraiment</h2>
<p>Au fond, la taxe pèse peu face à l&rsquo;enjeu. Quelques centaines de millions de plus par an, à comparer aux 4,4 milliards de dividendes d&rsquo;une seule année [1, 3]. Le vrai rendez-vous est ailleurs, et il approche.</p>
<p>Les sept grandes concessions arrivent à terme entre 2031 et 2036 [2]. La première, celle de Sanef, tombe en 2031 [2]. Ce jour-là, l&rsquo;État récupère la main sur des autoroutes très rentables. Le régulateur mesure pour elles une rentabilité d&rsquo;environ 8 %. Le marché, lui, attendait plutôt 7 % [1].</p>
<p>Que fera l&rsquo;État à ce moment ? Le rapport du Sénat écarte deux idées. Rendre les autoroutes gratuites, qu&rsquo;il juge un « piège démagogique ». Et les gérer en régie publique, jugée « inadaptée » [2]. Il propose plutôt des concessions plus courtes, revues tous les cinq ans. Les recettes seraient réaffectées aux transports [2]. Reprendre la main n&rsquo;est pas la fin du péage [2].</p>
<p>En attendant, la route reste la propriété de l&rsquo;État [2]. Et en 2024, les sociétés qui l&rsquo;exploitent ont versé à leurs actionnaires plus que leur bénéfice de l&rsquo;année [1].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.autorite-transports.fr/les-autoroutes/">Synthèse des comptes des sociétés concessionnaires d'autoroutes (exercice 2024)</a>. Autorité de régulation des transports (2025)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.senat.fr/fileadmin/Presse/Documents_pdf/Rapport_provisoire_autoroutes.pdf">Rapport d'information sur l'échéance des concessions d'autoroutes</a>. Sénat (2024-10-23)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.francetransactions.com/actus/actualites-fiscales/loi-de-finances-2027-autoroutes-aeroports.html">Loi de finances 2027 : autoroutes, aéroports</a>. FranceTransactions (2026-09-28)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.usinenouvelle.com/article/autoroutes-l-etat-choisit-vinci-eiffage-et-abertis.N12125">Autoroutes : l'État choisit Vinci, Eiffage et Abertis</a>. L'Usine Nouvelle (2006)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000048727453">Taxe sur l'exploitation des infrastructures de transport de longue distance (art. L. 425-1 et suivants du CIBS)</a>. Légifrance (2023-12-29)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2024/20241102QPC.htm">Décision n° 2024-1102 QPC du 12 septembre 2024</a>. Conseil constitutionnel (2024-09-12)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000051577106">Décision n° 492584 du 9 mai 2025 (rejet des recours contre le décret d'application n° 2024-90)</a>. Conseil d'État (2025-05-09)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.globenewswire.com/news-release/2023/09/27/2750712/0/fr/VINCI-a-pris-connaissance-du-projet-du-gouvernement-fran%C3%A7ais-de-mise-en-place-d-une-nouvelle-taxe-sur-certaines-infrastructures-de-transport-et-entend-faire-valoir-ses-droits.html">VINCI et le projet de nouvelle taxe sur les infrastructures de transport (communiqué)</a>. GlobeNewswire (communiqué VINCI) (2023-09-27)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/societe/taxe-sur-les-autoroutes-les-senateurs-denoncent-le-chantage-des-societes-concessionnaires-sur-le-prix-des-peages">Taxe sur les autoroutes : les sénateurs dénoncent le « chantage » des sociétés concessionnaires sur le prix des péages</a>. Public Sénat (2023-11-30)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.linforme.com/transports-auto/article/vinci-eiffage-sanef-les-societes-d-autoroutes-repartent-en-guerre-contre-la-taxe-infrastructures_3944.html">Vinci, Eiffage, Sanef : les sociétés d'autoroutes repartent en guerre contre la taxe infrastructures</a>. L'Informé (2026-04-28)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>