<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>PAC | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/pac/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Wed, 09 Sep 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/pac/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/pac/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Sécheresse : dans le « milliard » promis aux agriculteurs, 400 millions d'argent nouveau</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/aides-agriculture-milliard-secheresse-repartition/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/aides-agriculture-milliard-secheresse-repartition/</guid><pubDate>Wed, 09 Sep 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Agriculture</category><category>Sécheresse</category><category>PAC</category><category>Budget public</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/aides-agriculture-milliard-secheresse-repartition/cover.webp" length="1079504" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Fin août, dans de nombreux prés, l&rsquo;herbe manquait. Le déficit de pousse atteignait 36 % au 20 août. Le maïs a reculé de plus d&rsquo;un tiers sur un an. Le 4 septembre, le gouvernement a répondu par un plan « de plus d&rsquo;un milliard d&rsquo;euros ». Le chiffre est juste. Mais il additionne des choses très différentes.</div>

<h2 id="un--milliard--qui-compte-plusieurs-monnaies">Un « milliard » qui compte plusieurs monnaies</h2>
<p>La sécheresse de l&rsquo;été 2026 est un choc réel. En juillet, la température moyenne du pays a dépassé 2003 et 1976 [1]. Les rendements ont chuté de moitié dans beaucoup de territoires. Des éleveurs ont vu leurs stocks de fourrage fondre.</p>
<p>Face à cela, le ministère de l&rsquo;Agriculture a annoncé le plan CASI. Le communiqué parle de « plus d&rsquo;un milliard » [1]. Il ne donne aucun total. La somme des postes chiffrés atteint environ 1,36 milliard [1].</p>
<p>Le détail change la lecture. L&rsquo;agence de presse AFP a ventilé la somme, poste par poste [2]. Une part seulement est de l&rsquo;argent nouveau : environ 400 millions ajoutés à l&rsquo;indemnisation de solidarité nationale. Le reste recouvre des dépenses de nature différente.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">≈ 400 M€</span> <span class="stat__label">d&#39;argent réellement nouveau, sur un plan présenté à « plus d&#39;un milliard »</span></aside>

<p>Les 235 millions du fonds de réarmement figuraient déjà au budget du ministère [2]. Ils devaient être gelés au titre des économies de 2026, ils sont dégelés. La ministre parle elle-même de crédits « dégelés » [2]. Viennent ensuite des allègements. C&rsquo;est de l&rsquo;argent que l&rsquo;État ne touche pas, plutôt qu&rsquo;il ne verse. Environ 330 millions de dégrèvement de taxe foncière, 106 millions sur le gazole agricole, 20 millions de cotisations sociales [1, 2].</p>
<p>Un dernier poste n&rsquo;est même pas une aide. L&rsquo;avance de la PAC passe de 70 à 75 % : environ 420 millions arriveront plus tôt, sans que le montant final augmente [3]. C&rsquo;est de la trésorerie avancée, pas de l&rsquo;argent en plus.</p>
<p>Le constat de l&rsquo;AFP est sobre. « Certaines dépenses sont financées par des gels ailleurs, d&rsquo;autres correspondent à des crédits déjà votés mais finalement dépensés, et une partie du soutien passe par des allègements fiscaux ou sociaux » [2]. Le milliard existe donc sur le papier. Il ne mesure pas un effort public net d&rsquo;un milliard.</p>
<h2 id="assuré-ou-pas--la-ligne-qui-décide-de-tout">Assuré ou pas : la ligne qui décide de tout</h2>
<p>Reste la question qui compte pour celui qui a perdu sa récolte : qui touche quoi ?</p>
<p>Le principe affiché est large. Est concerné l&rsquo;agriculteur dont « une partie de la récolte, du fourrage ou de l&rsquo;outil de production » a souffert de l&rsquo;été, en métropole comme aux Antilles [1]. Mais derrière ce principe, une ligne de partage commande le reste : être assuré, ou non.</p>
<p>L&rsquo;agriculteur assuré voit son acompte d&rsquo;indemnisation porté de 70 à 80 %, et versé plus vite [1]. L&rsquo;agriculteur non assuré, lui, relève d&rsquo;un autre régime, et d&rsquo;un barème dégressif. Au-delà du seuil de pertes, l&rsquo;État indemnise l&rsquo;assuré à 90 %. Le non-assuré n&rsquo;a eu droit qu&rsquo;à 45 % en 2023, puis 40 %, puis 35 % en 2025 [7]. Le taux baisse d&rsquo;année en année, pour pousser à s&rsquo;assurer.</p>
<p>Or l&rsquo;assurance reste minoritaire. Seules 30 % environ des surfaces agricoles sont couvertes [8]. Les freins sont connus : le montant des franchises, les délais de versement.</p>
<p>Le résultat de cette architecture, un syndicat le résume d&rsquo;une phrase. « L&rsquo;État enterre 4 paysans sur 5 », dénonce la Confédération paysanne, qui appelle « les 82 % de paysans non assurés qui passent à la trappe » [3]. Son porte-parole parle d&rsquo;un « véritable scandale » et d&rsquo;un « premier mensonge », estimant que la moitié de l&rsquo;enveloppe correspond au fonctionnement normal du système, qui existait déjà [4].</p>
<p>C&rsquo;est une position de partie prenante, à peser comme telle. Mais elle rejoint, sur les chiffres, ce qu&rsquo;établit l&rsquo;AFP.</p>
<h2 id="à-qui-va-largent">À qui va l&rsquo;argent</h2>
<p>Deux des principaux tuyaux du plan suivent des critères qui avantagent les mêmes profils. L&rsquo;indemnisation renforcée va aux assurés. L&rsquo;avance de trésorerie de la PAC est proportionnelle au montant de PAC déjà perçu, donc à la surface [3]. Plus une exploitation est grande et déjà bien dotée, plus l&rsquo;avance est élevée.</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas un hasard du plan d&rsquo;urgence. C&rsquo;est la logique de fond de l&rsquo;aide agricole française, sur laquelle il se greffe.</p>
<p>L&rsquo;essentiel des aides européennes est versé à l&rsquo;hectare [5]. Mécaniquement, l&rsquo;aide suit la surface : plus une exploitation a de terres, plus elle touche. La France a en plus renoncé à plafonner ces aides et à les rendre dégressives [5]. Elle fixe au minimum légal, 10 %, la part redistribuée aux premiers hectares, environ 49 euros par hectare sur les 52 premiers [5].</p>
<p>Un chiffre circule pour décrire cette concentration : « 80 % des aides à 20 % des agriculteurs ». Pour la France, il est faux. C&rsquo;est la moyenne européenne. En France, les 20 % des plus gros bénéficiaires touchaient 51 % des aides directes en 2019, d&rsquo;après la Cour des comptes [5]. Une concentration réelle, mais nettement moindre que les 81 % de l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Union [5]. Surcharger le trait avec le mauvais chiffre ne rend pas mieux compte du problème.</p>
<p>Par taille, l&rsquo;écart se voit autrement. Les fermes de moins de 100 hectares sont les deux tiers du pays. Elles ne recevaient que 37,2 % des aides directes en 2015 [6]. Même le scénario de redistribution le plus ambitieux testé ne porterait cette part qu&rsquo;à 39,2 % [6]. Quelques points.</p>
<h2 id="ce-que-lagriculteur-ne-garde-pas">Ce que l&rsquo;agriculteur ne garde pas</h2>
<p>La concentration n&rsquo;est pas tout. Une partie de cet argent ne reste même pas à l&rsquo;agriculteur.</p>
<p>L&rsquo;aide versée à l&rsquo;hectare finit par se retrouver dans le prix de la terre, note la Cour des comptes [5]. Elle renchérit le coût des fermages et des reprises. Elle profite alors au propriétaire du foncier, et pèse sur celui qui veut s&rsquo;installer. Une autre part est captée en amont et en aval : les vendeurs d&rsquo;intrants, les transformateurs, la grande distribution. Face à eux, l&rsquo;exploitant isolé négocie mal [5]. Une partie du soutien quitte donc l&rsquo;exploitation avant d&rsquo;avoir servi.</p>
<p>Le revenu final le montre. En 2019, après toutes les aides, la moitié des exploitations gagnaient moins de 2 147 euros sur l&rsquo;année [5]. Un quart, moins de 7 950 euros. Le quart du haut, lui, dépassait 40 940 euros [5]. Les aides n&rsquo;effacent pas cet écart.</p>
<aside class="pullquote">Aider l&rsquo;agriculture et aider l&rsquo;agriculteur ne se recouvrent pas tout à fait.</aside>

<p>L&rsquo;élevage bovin est le cas qui trompe le plus. C&rsquo;est la filière la plus subventionnée, environ 4,3 milliards par an [10]. Cela ressemble à un privilège. C&rsquo;est l&rsquo;inverse. Sans les subventions, plus de 90 % des éleveurs de bovins viande auraient eu un revenu négatif en 2019 [10]. La forte aide ne récompense pas une rente. Elle comble un revenu de marché qui, seul, ne tient pas.</p>
<h2 id="qui-paie-et-pour-quel-horizon">Qui paie, et pour quel horizon</h2>
<p>Ce système repose largement sur le contribuable. L&rsquo;État et l&rsquo;Union financent 70 % de la prime d&rsquo;assurance et la solidarité nationale, une enveloppe publique d&rsquo;environ 600 millions par an, jusqu&rsquo;à 680 selon les dégâts [9]. C&rsquo;est l&rsquo;argent de tous qui porte l&rsquo;essentiel du risque climatique agricole.</p>
<p>Face à un climat qui va se répéter, une limite demeure. Ces aides soutiennent le fonctionnement des exploitations, pas leur transformation [5]. Elles paient l&rsquo;année écoulée, pas l&rsquo;adaptation des années à venir.</p>
<p>Le plan CASI comporte bien une réforme de fond, obtenue à Bruxelles : la période de référence servant à calculer les pertes passera de cinq à huit ans en 2027 [1]. Elle corrige un défaut de calcul qui pénalisait les exploitations frappées plusieurs années de suite. Elle ne change pas la logique à l&rsquo;hectare, qui décide, elle, de qui touche le plus.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://agriculture.gouv.fr/plus-d1-milliard-deuros-debloques-par-le-gouvernement-pour-soutenir-les-agriculteurs-et-la">Plus d'1 milliard d'euros débloqués par le gouvernement pour soutenir les agriculteurs (plan CASI)</a>. Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (2026-09-04)</li><li id="ref-2"><a href="https://actu.orange.fr/economie/secheresse-plus-d-un-milliard-d-euros-pour-soutenir-l-agriculture-francaise-CNT000002rIDdi.html">Sécheresse : plus d'un milliard d'euros pour soutenir l'agriculture française</a>. AFP (via Orange) (2026-09-04)</li><li id="ref-3"><a href="https://fr.euronews.com/my-europe/2026/09/04/agriculture-le-gouvernement-annonce-un-plan-de-soutien-de-plus-dun-milliard-deuros">Agriculture : le gouvernement annonce un plan de soutien de plus d'un milliard d'euros</a>. Euronews (2026-09-04)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.franceinfo.fr/environnement/evenements-meteorologiques-extremes/secheresse/un-veritable-scandale-il-manque-un-milliard-supplementaire-le-plan-d-aide-d-urgence-du-gouvernement-apres-la-secheresse-ne-satisfait-pas-les-agriculteurs_8176691.html">« Un véritable scandale », « il manque un milliard » : le plan d'aide d'urgence ne satisfait pas les agriculteurs</a>. Franceinfo (2026-09-05)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-mise-en-oeuvre-de-la-politique-agricole-commune-pac-par-la-France">La mise en œuvre de la politique agricole commune (PAC) par la France</a>. Cour des comptes (2026-09-03)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.terre-net.fr/politique-agricole-commune/article/174021/paiement-redistributif-et-plafonnement-quelles-exploitations-favorisees-">Paiement redistributif et plafonnement : quelles exploitations favorisées ?</a>. Terre-net (2020-06-01)</li><li id="ref-7"><a href="https://agriculture.gouv.fr/la-reforme-de-lassurance-recolte">La réforme de l'assurance récolte</a>. Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (2023-01-01)</li><li id="ref-8"><a href="https://theconversation.com/proteger-lagriculture-francaise-face-aux-risques-climatiques-254892">Protéger l'agriculture française face aux risques climatiques</a>. The Conversation (2024-01-01)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.senat.fr/salle-de-presse/communiques-de-presse/presse/cp20220217e.html">Assurance récolte : communiqué de la commission des affaires économiques</a>. Sénat (2022-02-17)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2023-10/20230522-S2023-0466-Soutiens-publics-eleveurs-bovins.pdf">Les soutiens publics aux éleveurs de bovins</a>. Cour des comptes (2023-05-22)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>