<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Mouvements Sociaux | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/mouvements-sociaux/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Sun, 18 Oct 2026 07:59:35 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/mouvements-sociaux/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/mouvements-sociaux/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Nées sur TikTok, sans syndicat : ce qui a changé dans la rue</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/mobilisations-france-nees-en-ligne-hier-aujourdhui/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/mobilisations-france-nees-en-ligne-hier-aujourdhui/</guid><pubDate>Sun, 18 Oct 2026 07:59:35 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Mouvements sociaux</category><category>Maintien de l'ordre</category><category>Réseaux sociaux</category><category>Syndicats</category><category>Médias</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/mobilisations-france-nees-en-ligne-hier-aujourdhui/cover.webp" length="102098" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 11 juillet 2025, une vidéo paraît sur TikTok. Une voix de robot, fabriquée par une intelligence artificielle, lance une phrase simple : « Le 10 septembre, on arrête tout. » Derrière, pas un syndicat, pas un parti. Un homme du Nord, un salon de discussion sur Telegram, une vingtaine de personnes. Deux mois plus tard, des rocades sont bloquées à Bordeaux, Rennes, Nantes et Caen.</div>

<h2 id="du-canal-telegram-à-la-rue">Du canal Telegram à la rue</h2>
<p>« Bloquons tout » est le cas d&rsquo;école. Le mot d&rsquo;ordre naît en ligne fin mai 2025 [1]. Il circule sur Telegram, TikTok, X, Facebook. Le collectif se dit « indépendant des partis et des syndicats » [1]. Les modes d&rsquo;action, eux, sont hérités des gilets jaunes : blocages de routes, de dépôts, de gares, de péages [1].</p>
<p>Point important : les syndicats n&rsquo;ont pas lancé ce mouvement. Ils l&rsquo;ont rejoint. La grande journée intersyndicale tombe le 18 septembre 2025, huit jours après l&rsquo;appel décentralisé du 10 [1].</p>
<p>La même mécanique se rejoue en 2026. Le 17 octobre, le label est repris contre la vie chère et le prix des carburants [1]. La CGT, SUD et la Confédération paysanne répondent présent. La CFDT et la FSU, elles, visent plutôt le 5 novembre [1]. Les organisations suivent le mouvement ou l&rsquo;accompagnent. Elles ne le déclenchent plus.</p>
<p>Reste la question des chiffres. Le 10 septembre 2025, le ministère de l&rsquo;Intérieur a compté 175 000 à 197 000 manifestants. La CGT, environ 250 000 [1]. Deux comptages, jamais le même, à poser côte à côte sans les additionner. En face, 80 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés, avec hélicoptères, drones et engins lanceurs d&rsquo;eau [1].</p>
<h2 id="moins-de-syndicats-pas-moins-de-colère">Moins de syndicats, pas moins de colère</h2>
<p>Le recul syndical est réel, surtout dans le privé. En 2019, 10,3 % des salariés adhéraient à un syndicat [2]. Ils étaient de l&rsquo;ordre de 20 % au milieu des années 1970, près du double [19]. Dans le privé, le taux tombe à 7,8 %. Chez les jeunes, à 2,7 % [2].</p>
<p>Un autre chiffre semble dire que la contestation faiblit. Les grèves en entreprise ont baissé de près des deux tiers en 2024, après un pic lié aux retraites en 2023 [3]. Mais ce chiffre ne mesure qu&rsquo;une chose. Les arrêts de travail dans les entreprises privées de dix salariés ou plus, hors agriculture [3]. Il ne voit ni les ronds-points, ni les lycées, ni les cortèges du samedi. La grève classique recule dans l&rsquo;outil qui la mesure. La contestation, elle, s&rsquo;est déplacée là où cet outil ne regarde pas.</p>
<p>La défiance, en revanche, atteint un plancher. Début 2026, 15 % des Français disaient faire confiance aux partis politiques, le plus bas de l&rsquo;enquête [4]. Les syndicats restaient à 37 % [4]. Mais attention au contresens : 66 % des sondés voulaient que syndicats et associations soient davantage associés aux décisions [4]. Se méfier de l&rsquo;appareil politique n&rsquo;est pas renoncer à la protection collective.</p>
<h2 id="rien-de-tout-cela-nest-sans-précédent">Rien de tout cela n&rsquo;est sans précédent</h2>
<p>Les médias parlent d&rsquo;un désordre « sans précédent ». Le passé dit autre chose.</p>
<p>La grève déclarée, encadrée par les syndicats, n&rsquo;a pas toujours existé. C&rsquo;est une forme née avec l&rsquo;usine et l&rsquo;État moderne [5]. Avant, on se révoltait autrement, au niveau local. Le cadre syndical n&rsquo;est donc pas une règle de toujours que notre époque aurait brisée.</p>
<aside class="pullquote">« Hier » n&rsquo;était pas un âge d&rsquo;or de l&rsquo;ordre.</aside>

<p>Le débordement des syndicats par la base est même un classique. En mai 1968, les centrales signent l&rsquo;accord de Grenelle : hausse du salaire minimum de 35 %, hausse générale des salaires [6]. La base ouvrière de Renault le rejette et poursuit la grève [6]. Et quand les syndicats menaient le jeu, cela aboutissait parfois : en 2006, le contrat première embauche est passé en force, puis retiré sous la pression de la rue [7].</p>
<p>Les ressorts profonds sont anciens, eux aussi. La colère contre l&rsquo;impôt traverse toute l&rsquo;histoire du pays. Le sentiment d&rsquo;être méprisé par les puissants aussi [8]. Ce qui est neuf, c&rsquo;est la façon de se coordonner : en ligne, à l&rsquo;échelle nationale, en quelques heures, sans organisation pour tenir la barre [8].</p>
<h2 id="-la-france-sembrase---le-chiffre-quon-oublie-de-donner">« La France s&rsquo;embrase » : le chiffre qu&rsquo;on oublie de donner</h2>
<p>Le mot a tourné en boucle à l&rsquo;automne 2026 pour le mouvement lycéen. Il mérite d&rsquo;être mesuré.</p>
<p>Au plus fort, le gouvernement a compté 356 établissements « concernés » [9]. La France compte près de 3 700 lycées [10]. Cela fait environ un lycée sur dix, et un sur sept si l&rsquo;on ne regarde que le public [9, 10]. Un mouvement large, intense par endroits, mais minoritaire dans le pays. Le mot « national » efface ce rapport.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">1 sur 10</span> <span class="stat__label">lycées concernés au plus fort du mouvement de l&#39;automne 2026, sur près de 3 700</span></aside>

<p>Le vocabulaire glisse ensuite. On part de « 356 établissements concernés ». Les mots deviennent « perturbés », « bloqués », puis « partout en France » [9]. L&rsquo;effet de masse grossit, et le dénominateur disparaît. Sur la télévision publique, en quatre jours de journaux, un chronométrage d&rsquo;une association de critique des médias relève 19 minutes 26 sur les violences, contre 1 minute 56 sur les revendications des lycéens [11].</p>
<p>Les violences existent, et il faut le dire net. À Belfort, un policier a été frappé et a perdu connaissance. Cinq lycéens ont été mis en examen, présumés innocents [12]. Des tirs de mortiers d&rsquo;artifice ont visé les forces de l&rsquo;ordre à plusieurs endroits.</p>
<p>Un chiffre circule aussi sur un « retour de la violence » : 5 % de manifestations violentes dans les années 1980, plus de 43 % chez les gilets jaunes. Il vient d&rsquo;un institut partie prenante du débat sur l&rsquo;ordre public [13]. Il est frappant. Mais personne ne dit ce qu&rsquo;est une « manifestation violente ». Ni qui a compté, ni si la riposte policière entre dans le total [13]. Un chiffre sans sa définition n&rsquo;est pas une mesure. C&rsquo;est un argument.</p>
<h2 id="ce-qui-a-changé-cest-la-réponse">Ce qui a changé, c&rsquo;est la réponse</h2>
<p>Le vrai basculement est du côté de l&rsquo;État. Il tient au maintien de l&rsquo;ordre et à ses blessés.</p>
<p>Lens, 5 octobre 2026. Un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade [14]. Les circonstances sont contestées : selon le parquet, la grenade a atterri au sol et un manifestant s&rsquo;en est emparé [21], la famille le conteste [23]. Aucune vidéo de l&rsquo;explosion [21, 22], et la victime n&rsquo;avait pas été entendue cinq jours après [23]. Ce qui a précédé le tir reste une question ouverte, pas une conclusion.</p>
<p>Il n&rsquo;est pas seul. À Saint-Ouen-l&rsquo;Aumône, un collégien de 14 ans a eu la mâchoire fracturée. Le policier qui a tiré a été mis en examen, présumé innocent [15]. À Tours, un lycéen de 16 ans a perdu un œil, et sa famille a porté plainte [16]. Déjà pendant les gilets jaunes, des recensements non officiels dénombraient 26 personnes éborgnées, 5 mains arrachées et 2 morts [18].</p>
<p>Au centre de tout cela, des enfants. Sur 6 877 gardes à vue du mouvement lycéen, 86 % concernaient des mineurs [17]. Présumés innocents. Le droit français fait passer l&rsquo;éducatif avant la sanction pour un mineur. La Constitution l&rsquo;impose [20].</p>
<p>Reste un dernier fait. Les blessés des forces de l&rsquo;ordre sont comptés et publiés en continu. Les manifestants mutilés, eux, n&rsquo;ont aucun décompte public, officiel et consolidé, ni aucun relevé par arme [18]. Les chiffres connus, mains arrachées, yeux perdus, viennent de recensements de presse et d&rsquo;associations, pas de l&rsquo;État [18]. Cette absence ne prouve aucun chiffre caché. Elle montre qu&rsquo;un côté se compte et se publie, et pas l&rsquo;autre.</p>
<p>Au départ, pourtant, il y avait autre chose. Le mouvement lycéen est né d&rsquo;un manque d&rsquo;enseignants et de personnels. La relance du 17 octobre, de la vie chère et du prix des carburants. Ce point de départ concret a disparu derrière le récit du désordre.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.franceinfo.fr/societe/bloquons-tout-mouvement-du-10-septembre/d-un-appel-au-boycott-a-bloquons-tout-comment-le-mouvement-du-10-septembre-a-change-de-mot-d-ordre_7461475.html">D'un appel au boycott à « Bloquons tout » : comment le mouvement du 10 septembre a changé de mot d'ordre</a>. franceinfo (2025-09)</li><li id="ref-2"><a href="https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/leger-repli-de-la-syndicalisation-en-france-entre-2013-et-2019">Léger repli de la syndicalisation en France entre 2013 et 2019 (DARES Analyses n°6)</a>. DARES, ministère du Travail (2023-02)</li><li id="ref-3"><a href="https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/les-greves-en-2024">Les grèves en 2024 (DARES Résultats)</a>. DARES, ministère du Travail (2026-02)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.sciencespo.fr/cevipof/sites/sciencespo.fr.cevipof/files/Barometre_confiance_CEVIPOFVague17_fev2026_vd1.pdf">Baromètre de la confiance politique, vague 17</a>. CEVIPOF, Sciences Po (2026-02)</li><li id="ref-5"><a href="https://publictionnaire.huma-num.fr/notice/repertoire-daction-collective/">Répertoire d'action collective</a>. Publictionnaire (Huma-Num / CNRS) (2016)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/25-27-mai-1968-les-accords-de-grenelle">25-27 mai 1968 : les Accords de Grenelle</a>. INA (1968-05)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/cpe-49-3-dominique-de-villepin-2006">Le CPE, passé au 49.3 puis enterré</a>. INA (2006)</li><li id="ref-8"><a href="https://noiriel.wordpress.com/2018/11/21/les-gilets-jaunes-et-les-lecons-de-lhistoire/">Les gilets jaunes et les « leçons de l'histoire »</a>. Blog de Gérard Noiriel (2018-11-21)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.franceinfo.fr/societe/education/le-blocage-des-lycees-se-poursuit-partout-en-france-des-universites-pourraient-rejoindre-le-mouvement_8216944.html">Le blocage des lycées se poursuit partout en France, des universités pourraient rejoindre le mouvement</a>. franceinfo (2026-09-30)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.education.gouv.fr/sites/default/files/2025-07/rers2025-chapitre-2-441717.pdf">Repères et références statistiques 2025, chapitre 2 (nombre de lycées)</a>. DEPP, ministère de l'Éducation nationale (2025-07)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.acrimed.org/Au-JT-de-France-2-poubelles-brulees-partout">Au JT de France 2 : poubelles brûlées partout, revendications des lycéens nulle part</a>. Acrimed (2026-10)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.macommune.info/policier-tabasse-a-belfort-trois-autre-lyceens-mis-en-examen/">Policier tabassé à Belfort : trois autres lycéens mis en examen</a>. macommune.info (dépêche AFP) (2026-10-09)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.fondapol.org/etude/mouvements-protestataires-le-retour-de-la-violence/">Mouvements protestataires : le retour de la violence</a>. Fondapol (2023-11)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.franceinfo.fr/societe/education/blocage-des-lycees/un-adolescent-de-15-ans-a-eu-la-main-arrachee-par-une-grenade-a-lens-une-enquete-de-l-igpn-ouverte-annonce-le-procureur-de-bethune_8223337.html">Un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade à Lens, une enquête de l'IGPN ouverte</a>. franceinfo (2026-10-05)</li><li id="ref-15"><a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/paris-ile-de-france/val-d-oise/jeune-de-14-ans-blesse-a-saint-ouen-l-aumone-le-policier-auteur-du-tir-place-en-garde-a-vue-3428991.html">Jeune de 14 ans blessé à Saint-Ouen-l'Aumône : le policier auteur du tir placé en garde à vue</a>. France 3 Paris Île-de-France (2026-10-06)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.franceinfo.fr/societe/education/blocage-des-lycees/la-famille-d-un-lyceen-eborgne-a-tours-en-marge-des-blocages-a-porte-plainte-pour-violences-par-personne-depositaire-de-l-autorite-publique_8222851.html">La famille d'un lycéen éborgné à Tours en marge des blocages a porté plainte</a>. franceinfo (2026-10-05)</li><li id="ref-17"><a href="https://www.justice.gouv.fr/actualites/espace-presse/bilan-judiciaire-violences-urbaines-marge-du-mouvement-lyceen-0">Bilan judiciaire des violences urbaines en marge du mouvement lycéen</a>. Ministère de la Justice (2026-10-09)</li><li id="ref-18"><a href="https://www.acatfrance.fr/app/uploads/2024/10/rapport-maintien-ordre-acat-france.pdf">Maintien de l'ordre à quel prix ?</a>. ACAT-France (2020-03)</li><li id="ref-19"><a href="https://www.observationsociete.fr/modes-de-vie/vie-politique-et-associative/une-france-tres-peu-syndiquee/">Une France très peu syndiquée (série longue du taux de syndicalisation)</a>. Observation Société (2023-04)</li><li id="ref-20"><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2025/2025886DC.htm">Décision n° 2025-886 DC du 19 juin 2025 (loi sur les mineurs délinquants et leurs parents)</a>. Conseil constitutionnel (2025-06)</li><li id="ref-21"><a href="https://www.franceinfo.fr/societe/education/blocage-des-lycees/le-tir-de-grenade-qui-a-mutile-un-lyceen-a-lens-juge-conforme-par-le-parquet_8230618.html">Le tir de grenade qui a mutilé un lycéen à Lens jugé conforme par le parquet</a>. franceinfo (2026-10-09)</li><li id="ref-22"><a href="https://www.franceinfo.fr/societe/education/blocage-des-lycees/info-franceinfo-adolescent-ampute-d-une-main-a-lens-une-video-montre-la-victime-se-pencher-vers-la-grenade-assourdissante_8227006.html">Adolescent amputé d'une main à Lens : une vidéo montre la victime se pencher vers la grenade assourdissante</a>. franceinfo (2026-10-07)</li><li id="ref-23"><a href="https://www.franceinfo.fr/societe/education/blocage-des-lycees/l-adolescent-a-la-main-arrachee-conteste-formellement-avoir-ramasse-la-grenade-en-marge-du-blocage-de-son-lycee-selon-son-avocate_8231887.html">L'adolescent à la main arrachée conteste formellement avoir ramassé la grenade, selon son avocate</a>. franceinfo (avec ICI Nord) (2026-10-10)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>