<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Méditerranée | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/mediterranee/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Sat, 18 Jul 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/mediterranee/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/mediterranee/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Sea-Watch : la vidéo présentée comme preuve d'une « collusion », et le tir libyen du même jour</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/sea-watch-images-sauvetage-collusion/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/sea-watch-images-sauvetage-collusion/</guid><pubDate>Sat, 18 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Immigration</category><category>Méditerranée</category><category>Sea-Watch</category><category>Libye</category><category>Désinformation</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/sea-watch-images-sauvetage-collusion/cover.webp" length="40700" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 11 mai 2026, une caméra de l&rsquo;agence européenne Frontex filme le Sea-Watch 5 au large de la Libye. On y voit un canot rapide, des hommes cagoulés, un transbordement, un pouce levé vers l&rsquo;équipage. Deux mois plus tard, ces images tournent sur les télévisions françaises comme la preuve d&rsquo;une « collusion » entre l&rsquo;ONG et des passeurs. Le même jour, une demi-heure après ce sauvetage, un patrouilleur libyen a ouvert le feu sur le navire.</div>

<h2 id="ce-que-la-caméra-filme">Ce que la caméra filme</h2>
<p>Les faits d&rsquo;abord. Le 11 mai 2026, le Sea-Watch 5 secourt environ 90 personnes en détresse, en eaux internationales au large de la Libye [2]. Un aéronef de Frontex filme la scène. On y voit un transbordement depuis un canot rapide, des hommes en tenue paramilitaire et cagoulés, un pouce levé vers l&rsquo;équipage [1].</p>
<p>À la mi-mai, le navire entre à Brindisi. Le parquet italien ouvre une enquête. Il vise le commandant du navire, de nationalité néerlandaise, pour aide à l&rsquo;immigration illégale [1]. Pour les enquêteurs, la vidéo montre « un rendez-vous », une rencontre organisée avec des passeurs, pas un secours fortuit [1].</p>
<p>C&rsquo;est une thèse d&rsquo;accusation. L&rsquo;enquête est préliminaire. Il n&rsquo;y a ni procès, ni mise en accusation, ni jugement. Le commandant est présumé innocent [1]. Sea-Watch nie tout rendez-vous et affirme que l&rsquo;équipage ignorait qui pilotait le canot [3]. Chaque camp défend sa version.</p>
<p>Reste la question simple. Ces gestes prouvent-ils une entente ? Un sauvetage en mer obéit à une procédure fixée par le droit maritime international. Des conventions signées par les États imposent à tout navire de secourir toute personne en détresse [13]. Elles confient la coordination à un centre étatique, pas à un contact privé. Le capitaine signale la détresse à ce centre. Ce centre, en l&rsquo;occurrence celui de Rome, transmet la position aux navires proches. Connaître un point de rencontre en mer, c&rsquo;est la règle, pas un secret partagé avec des passeurs. Un secours coordonné et une collusion produisent la même scène. À ce niveau, l&rsquo;image ne tranche pas.</p>
<aside class="pullquote">Un secours coordonné et une collusion produisent la même scène.</aside>

<h2 id="la-nuit-un-projecteur-un-téléphone">La nuit, un projecteur, un téléphone</h2>
<p>Des gestes de secours relus comme des preuves, ce n&rsquo;est pas nouveau. En 2017 déjà, une accusation visait des projecteurs allumés la nuit, des appels téléphoniques, un transpondeur coupé. Or ces gestes sont la routine d&rsquo;un sauvetage en mer. Un projecteur, la nuit, sert à repérer un canot. Un appel sert à prévenir les secours. Une contre-enquête, menée du côté de la défense des ONG, l&rsquo;a documenté en détail [11].</p>
<p>Un détail est rarement cité. Selon cette même enquête, les téléphones satellitaires des embarcations sont fournis par les passeurs, pas par les ONG [11].</p>
<h2 id="une-demi-heure-après-le-secours-les-tirs">Une demi-heure après le secours, les tirs</h2>
<p>Le 11 mai, il s&rsquo;est passé autre chose. Une demi-heure après le sauvetage, un patrouilleur de la garde-côte libyenne a ouvert le feu sur le Sea-Watch 5 [2]. Le bateau avait été fourni par l&rsquo;Italie [2]. Pas de mort, pas de blessé, mais trente membres d&rsquo;équipage et les rescapés visés.</p>
<p>Ce n&rsquo;était pas un cas isolé. Une investigation recense au moins 79 incidents graves impliquant la garde-côte libyenne depuis 2016 [2]. Le chiffre est tenu par une coalition où siège Sea-Watch, partie prenante, et présenté comme sous-estimé [2]. Un rapport interne de Frontex parlait, lui, d&rsquo;une mise en danger « fréquente » des vies par les autorités libyennes [2].</p>
<h2 id="lhomme-que-lonu-a-sanctionné-lui-porte-un-nom">L&rsquo;homme que l&rsquo;ONU a sanctionné, lui, porte un nom</h2>
<p>Le seul acteur de ce dossier formellement sanctionné pour trafic de migrants n&rsquo;est pas l&rsquo;ONG. C&rsquo;est un officier des garde-côtes libyens. Un chef d&rsquo;unité des garde-côtes de Zawiya, surnommé « Bija », a été inscrit en juin 2018 sur la liste des sanctions de l&rsquo;ONU pour trafic de migrants [7]. C&rsquo;était la première fois que l&rsquo;ONU sanctionnait des personnes pour ce motif [7]. Cette inscription est un acte du Conseil de sécurité, pas une condamnation pénale, et Bija nie les faits [7].</p>
<p>Un an plus tôt, en mai 2017, ce même homme était en Sicile. Avec un visa italien. À une réunion officielle sur le ralentissement des départs, côté italien [8]. Celui que l&rsquo;Italie finance pour garder ses frontières avait donc, dans ses rangs, un homme que l&rsquo;ONU allait sanctionner pour trafic.</p>
<h2 id="sept-ans-daccusations-aucune-condamnation">Sept ans d&rsquo;accusations, aucune condamnation</h2>
<p>L&rsquo;accusation de connivence entre ONG et passeurs n&rsquo;est pas neuve. Elle dure depuis 2017. En sept ans, aucune procédure n&rsquo;a débouché sur une condamnation pour entente avec des passeurs.</p>
<p>Le navire Iuventa a été saisi en 2017. Après plus de quarante audiences préliminaires et environ trois millions d&rsquo;euros de frais, le parquet lui-même a demandé l&rsquo;abandon [4]. En avril 2024, la justice a prononcé un non-lieu avec la formule la plus large de son droit : « le fait n&rsquo;existe pas » [4].</p>
<p>La capitaine Carola Rackete, arrêtée à Lampedusa en 2019, a été disculpée par la Cour de cassation italienne début 2020. Son arrestation était illégitime, jugent les magistrats, car elle accomplissait un devoir de sauvetage [5].</p>
<p>Quant au procureur de Catane qui, en 2017, disait détenir des « preuves » de contacts directs, il a fini par reconnaître n&rsquo;en avoir aucune d&rsquo;utilisable. Son enquête a été classée en 2019, faute de preuve d&rsquo;infraction [6].</p>
<h2 id="ce-que-disent-les-chiffres-sur-l-appel-dair-">Ce que disent les chiffres sur l&rsquo;« appel d&rsquo;air »</h2>
<p>Reste l&rsquo;idée que les secours en mer attireraient les départs, l&rsquo;« appel d&rsquo;air ». La recherche la plus solide sur le sujet, publiée dans une revue scientifique à comité de lecture, conclut que le sauvetage « n&rsquo;induit pas de migration » [9].</p>
<p>Un fait le montre simplement. La présence ou l&rsquo;absence des ONG n&rsquo;a rien changé au nombre de départs [10]. Mais le taux de morts, lui, a plus que doublé, de 2,4 % en 2016 à 6,4 % en 2019 [10]. Moins de sauveteurs n&rsquo;a pas donné moins de départs. Cela a donné plus de morts.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">6,4 %</span> <span class="stat__label">la part des morts en mer en 2019, contre 2,4 % en 2016, après le retrait des ONG</span></aside>

<p>Et la part des ONG dans les secours reste minoritaire. Même à leur maximum, en 2017 et 2018, elles n&rsquo;ont assuré qu&rsquo;environ quatre débarquements sur dix. L&rsquo;essentiel a toujours été le fait des autorités italiennes elles-mêmes [10].</p>
<h2 id="le-navire-anti-ong-pris-avec-des-migrants-à-bord">Le navire anti-ONG pris avec des migrants à bord</h2>
<p>En 2017, un groupe d&rsquo;extrême droite a affrété un navire pour gêner les ONG, accusées de connivence. Ce navire, le C-Star, a lui-même été pris avec une vingtaine de migrants à bord, amenés par des passeurs [12]. Son équipage a été arrêté pour trafic de migrants [12]. Le bateau avait coupé son signal de position, le geste même que ses affréteurs reprochaient aux ONG [12].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.open.online/2026/07/16/sea-watch-trasbordo-migranti-indagine/">La foto del trasbordo di migranti su Sea Watch 5 : « Era un appuntamento »</a>. Open (2026-07-16)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.thenewhumanitarian.org/feature/2026/07/13/eu-expands-libya-cooperation-despite-repeated-warnings-over-violence-sea">EU expands Libya cooperation despite repeated warnings over violence at sea</a>. The New Humanitarian (2026-07-13)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.cnews.fr/monde/2026-07-17/immigration-les-images-de-passeurs-qui-remettent-des-migrants-long-sea-watch-en">Les images de passeurs qui remettent des migrants à l'ONG Sea-Watch relancent les soupçons de collusion</a>. CNews (reprise du Figaro) (2026-07-17)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.ansa.it/sito/notizie/cronaca/2024/04/19/iuventa-prosciolti-tutti-gli-imputati-_05931cc8-a014-4494-8cac-10158d26600e.html">Iuventa, prosciolti tutti gli imputati</a>. ANSA (2024-04-19)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.sistemapenale.it/it/scheda/cassazione-sea-watch-illegittimo-larresto-di-carola-rackete">Cassazione : illegittimo l'arresto di Carola Rackete (arrêt n° 6626/2020)</a>. Sistema Penale (Cour de cassation italienne) (2020-01-16)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.open.online/2019/05/15/zuccaro-si-arrende-archiviata-dopo-linchiesta-sulle-ong-taxi-del-mare/">Zuccaro si arrende. Archiviata l'inchiesta sulle Ong « taxi del mare »</a>. Open (2019-05-15)</li><li id="ref-7"><a href="https://main.un.org/securitycouncil/en/sanctions/1970/materials/summaries/individual/abd-al-rahman-al-milad">Notice de motifs d'inscription, Abd al-Rahman al-Milad (« Bija »)</a>. Conseil de sécurité de l'ONU, Comité des sanctions 1970 (2018-06-08)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.theglobeandmail.com/world/article-how-a-notorious-libyan-trafficker-was-invited-to-an-official-italian/">How a notorious Libyan trafficker was invited to an official Italian meeting</a>. The Globe and Mail (2019)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.nature.com/articles/s41598-023-38119-4">Search-and-rescue in the Central Mediterranean Route does not induce migration</a>. Scientific Reports (Nature) (2023-08-03)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.migrationpolicy.org/article/criminalization-rescue-operations-mediterranean-rising-deaths">Criminalization of Search-and-Rescue Operations in the Mediterranean Has Been Accompanied by Rising Migrant Death Rate</a>. Migration Policy Institute (2020)</li><li id="ref-11"><a href="https://content.forensic-architecture.org/wp-content/uploads/2023/04/2017_Report_Blaming-The-Rescuers.pdf">Blaming the Rescuers</a>. Forensic Oceanography (Forensic Architecture) (2017-06)</li><li id="ref-12"><a href="https://hopenothate.org.uk/2017/07/27/people-smuggling-charges-owner-crew-far-right-ship/">People smuggling charges for owner and crew of far-right ship</a>. HOPE not hate (2017-07-27)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.sosmediterranee.org/legal-framework/">Cadre juridique du sauvetage en mer</a>. SOS Méditerranée (s. d.)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>