<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Médias | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/medias/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information en ligne produit par une intelligence artificielle. Faits et science, vérifiés et sourcés.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Sun, 05 Jul 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/medias/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/medias/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Canal Saint-Martin : un garçon de 14 ans, un pistolet à eau, et le mot « terreur »</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/hamza-la-douane-recit-mediatique/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/hamza-la-douane-recit-mediatique/</guid><pubDate>Sun, 05 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Médias</category><category>Société</category><category>Justice</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/hamza-la-douane-recit-mediatique/cover.webp" length="139022" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Fin juin, en pleine canicule, un garçon de 14 ans joue au bord du canal Saint-Martin. Pistolet à eau, « péage » à deux euros, vidéos qu&rsquo;il filme lui-même. En quelques jours, le jeu devient une « terreur » nationale. Casier et naissance à l&rsquo;étranger à l&rsquo;appui. Ce que les faits établissent tient en peu de lignes. Le reste est allégué.</div>

<h2 id="sur-les-berges-pendant-la-canicule">Sur les berges, pendant la canicule</h2>
<p>Les faits de terrain sont connus. Une journaliste a rencontré l&rsquo;adolescent et les a rapportés [1]. Sur les quais ouverts à la baignade, Hamza arrête les passants. « Tu me passes deux euros, je ne te mouille pas », résume-t-il [3]. Ceux qui refusent sont arrosés. Il filme, il publie, il repart en courant.</p>
<p>Les débordements sont réels. Des scènes, filmées par des amateurs, montrent des bousculades, des terrasses de commerçants arrosées, des baigneurs poussés à l&rsquo;eau [2, 3]. L&rsquo;exaspération des riverains et des commerçants est réelle, elle aussi. Un commerçant le dit simplement. Désarmer un mineur au pistolet à eau, « c&rsquo;est dérangeant » [3]. Rien de tout cela n&rsquo;est inventé.</p>
<h2 id="un-seul-fait-judiciaire-est-daté">Un seul fait judiciaire est daté</h2>
<p>Sur le plan judiciaire, un seul épisode est daté et recoupé par plusieurs médias. Une garde à vue, le 27 juin, pour violences en réunion et dégradations [3]. Et encore. Aucun communiqué du parquet ne l&rsquo;a confirmé. Le parquet ne s&rsquo;exprime pas sur un mineur. Tout ce volet repose sur des reprises de presse.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">1</span> <span class="stat__label">seul épisode judiciaire daté et recoupé : une garde à vue le 27 juin</span></aside>

<p>Le garçon dit être sous contrôle judiciaire. C&rsquo;est sa seule parole, aucune autorité ne l&rsquo;a confirmée [3]. Il est aussi visé par une plainte, pour une agression de janvier 2024 [8]. Mais cette plainte a d&rsquo;abord été déposée contre X. Personne n&rsquo;avait identifié d&rsquo;auteur. Son nom n&rsquo;est apparu qu&rsquo;ensuite, par ressemblance sur les vidéos virales. Aucune constatation de justice ne l&rsquo;a établi. On peut écrire qu&rsquo;il est visé par une plainte. On ne peut pas écrire qu&rsquo;il a agressé.</p>
<p>Le reste du « casier » circule partout. Né en Espagne en 2012, une dizaine de faits, stupéfiants, extorsion, vol aggravé. Rien de cela n&rsquo;est établi. La source est une « source policière » anonyme, reprise surtout par CNews et par des sites militants [6, 7]. Anonyme, jamais montrée, jamais contredite. Ce n&rsquo;est pas un fait. C&rsquo;est une affirmation posée par un émetteur qui ne se montre pas.</p>
<h2 id="comment-un-jeu-dété-devient-une--terreur-">Comment un jeu d&rsquo;été devient une « terreur »</h2>
<p>Reste la question centrale. Comment un jeu de canicule devient-il une menace nationale ?</p>
<p>D&rsquo;abord la viralité. Les vidéos partent de Snapchat, puis tournent sur TikTok, Instagram, YouTube et X [3]. « Plusieurs millions de vues », dit-on, sans qu&rsquo;aucun compteur soit jamais produit [2, 4]. L&rsquo;adolescent n&rsquo;a rien bâti. Il a mis en ligne sa vie, son quartier, son collège. Un phénomène l&rsquo;a dépassé [2].</p>
<p>Puis la presse s&rsquo;en empare. Le Parisien publie un portrait le 30 juin [1]. Les chaînes d&rsquo;info suivent. Et le vocabulaire change. « Il sème la terreur au sein de la capitale », répète CNews [6]. Le Figaro titre sur une « nouvelle terreur du Canal Saint-Martin », quatre articles en deux jours [4]. Un pistolet à eau d&rsquo;un côté, le mot « terreur » de l&rsquo;autre. Le décalage se voit à l&rsquo;œil nu.</p>
<p>Un dernier étage. Des sites comme Fdesouche mettent en avant une seule information. « Né en Espagne », dès le titre, dès l&rsquo;adresse de la page [7]. Or la nationalité du garçon n&rsquo;est pas établie. Et elle ne change rien à un jeu au pistolet à eau. Ce détail sert à suggérer une chose. Que le danger viendrait d&rsquo;ailleurs. C&rsquo;est un procédé, pas un fait.</p>
<p>Ensuite viennent les responsables politiques. Un député du Rassemblement national dénonce sur CNews « une jeunesse livrée à elle-même » [2]. Le fait divers d&rsquo;un enfant devient le symptôme d&rsquo;un « effondrement de l&rsquo;autorité ». Même un site classé à droite, l&rsquo;OJIM, le reconnaît. Chaque média « transforme des incivilités […] en télé-réalité nationale » [9].</p>
<h2 id="ce-que-le-récit-laisse-dans-lombre">Ce que le récit laisse dans l&rsquo;ombre</h2>
<p>Un point disparaît presque partout. Au centre, il y a un mineur de 14 ans. Nommé, montré, présenté en coupable avant tout jugement. Son prénom, son initiale, son visage ont circulé [4]. La présomption d&rsquo;innocence et le droit à l&rsquo;image valent aussi pour lui.</p>
<p>Le déferlement en ligne a une couleur précise. Des commentaires « aux relents racistes », rapportés sur pièces [4]. Certains réclament la suspension des allocations de ses parents [4]. Le garçon, lui, le résume à sa façon [3].</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« On dit que je suis une racaille. La plupart des gens sont racistes. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Hamza, 14 ans</figcaption>
</figure>

<p>Les parents annoncent porter plainte, par la voix de leur avocate, contre les auteurs de menaces et de publications attentatoires à la dignité [4]. Une association antiraciste annonce de son côté saisir l&rsquo;ARCOM et parle d&rsquo;une « campagne de harcèlement raciste » [5]. Ce sont des annonces, et une qualification militante. Ni la plainte ni la saisine ne sont confirmées enregistrées.</p>
<p>Il manque enfin le décor. Des logements qui virent à la fournaise en canicule. Un canal transformé en seule piscine du quartier, faute d&rsquo;autre chose. C&rsquo;est la lecture d&rsquo;une chronique de service public [2], pas un chiffre officiel. Elle rappelle une évidence. Tous les enfants n&rsquo;ont pas le même droit à un été ordinaire.</p>
<h2 id="deux-histoires-une-seule-tient-aux-faits">Deux histoires, une seule tient aux faits</h2>
<p>Au bout du compte, deux récits coexistent. Le premier, dominant, fait d&rsquo;un garçon au pistolet à eau une « terreur » venue d&rsquo;ailleurs, casier à l&rsquo;appui. Le second, celui des faits, tient en une garde à vue datée et beaucoup d&rsquo;affirmations non vérifiées. Le premier a occupé les écrans pendant une semaine. Le second tient en quelques lignes.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.leparisien.fr/paris-75/jarrose-et-je-pars-en-courant-hamza-dit-la-douane-lado-de-14-ans-qui-agite-le-canal-saint-martin-a-paris-30-06-2026-CIEYPZOAQJABTL2N34MUKWJ2GQ.php">« J'arrose et je pars en courant » : Hamza, l'ado de 14 ans qui agite le canal Saint-Martin</a>. Le Parisien (2026-06-30)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.franceinfo.fr/replay-radio/l-il-de-constance/l-incroyable-emballement-autour-de-la-douane-cet-ado-de-14-ans_8061662.html">L'incroyable emballement autour de « La Douane », cet ado de 14 ans</a>. franceinfo (2026-07-02)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.dhnet.be/actu/monde/2026/07/01/pistolet-a-eau-garde-a-vue-et-millions-de-vues-comment-hamza-14-ans-est-devenu-la-douane-lado-qui-fait-parler-toute-la-france-PAZRUBTUVNDQHBB4W56FX6DKK4/">Pistolet à eau, garde à vue et millions de vues : comment Hamza, 14 ans, est devenu « La Douane »</a>. La DH (Belgique) (2026-07-01)</li><li id="ref-4"><a href="https://fr.news.yahoo.com/hamza-douane-devenu-cible-l-153931765.html">Hamza « La Douane », l'ado de 14 ans devenu une cible</a>. Le Nouvel Obs (via Yahoo Actualités) (2026-07-02)</li><li id="ref-5"><a href="https://sos-racisme.org/actualites/hamza-dit-la-douane-adolescent-de-14-ans-cible-par-une-campagne-de-harcelement-raciste-de-la-part-de-lextreme-droite-sos-racisme-saisit-larcom/">Hamza dit « La Douane », adolescent de 14 ans cible d'une campagne de harcèlement : SOS Racisme saisit l'ARCOM</a>. SOS Racisme (2026-07-01)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.cnews.fr/france/2026-06-29/pistolet-eau-peage-2-euros-qui-est-hamza-la-douane-14-ans-mineur-qui-seme-la">Pistolet à eau, péage à 2 euros : qui est Hamza « La Douane », 14 ans ?</a>. CNews (2026-06-29)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.fdesouche.com/2026/07/02/paris-assants-pousses-a-leau-vols-a-letalage-peage-a-2-euros-hamza-f-alias-la-douane-14-ans-ne-en-espagne-deja-connu-des-services-de-police-pour-une-d/">Paris : Hamza « La Douane », 14 ans, « né en Espagne, déjà connu des services de police »</a>. Fdesouche (2026-07-02)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.lejdd.fr/Societe/paris-hamza-la-douane-vise-par-une-plainte-pour-agression-178206">Paris : Hamza « La Douane » visé par une plainte pour agression</a>. Le JDD (2026-07-05)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.ojim.fr/hamza-la-douane-quand-la-petite-delinquance-devient-telerealite/">Hamza « La Douane » : quand la petite délinquance devient télé-réalité</a>. OJIM (2026-07-03)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>