<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Loi Intégrale | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/loi-integrale/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Sun, 04 Oct 2026 07:52:27 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/loi-integrale/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/loi-integrale/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Violences sexuelles : dans la loi, « l'immigration » recouvre deux mesures opposées</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/loi-violences-sexuelles-immigration-victimes/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/loi-violences-sexuelles-immigration-victimes/</guid><pubDate>Sun, 04 Oct 2026 07:52:27 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Violences sexuelles</category><category>Immigration</category><category>Loi intégrale</category><category>Assemblée nationale</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/loi-violences-sexuelles-immigration-victimes/cover.webp" length="438478" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Une femme sans papiers est violée, ou frappée par son conjoint. Au commissariat, une peur la retient : porter plainte peut l&rsquo;exposer à une expulsion. Alors elle renonce. Et son agresseur reste libre. C&rsquo;est ce piège qu&rsquo;un article de la loi contre les violences sexuelles veut lever. C&rsquo;est aussi sur lui que se concentre la bataille des amendements à l&rsquo;Assemblée.</div>

<h2 id="ce-que-la-loi-veut-changer-pour-les-victimes">Ce que la loi veut changer pour les victimes</h2>
<p>La proposition de loi est épaisse. Soixante-neuf articles, déposés fin 2025, inspirés d&rsquo;une loi espagnole. Elle veut reprendre toute la chaîne, de la plainte au procès [1].</p>
<p>Des tribunaux et des cours dédiés aux violences sexuelles. Des policiers formés pour ça. Surtout, un socle d&rsquo;actes obligatoires avant tout classement : entendre la victime, entendre le suspect, garder les preuves, chercher d&rsquo;autres victimes [1]. L&rsquo;inceste deviendrait un crime à part entière. Le « devoir conjugal » disparaîtrait du droit. Les soins liés aux violences seraient remboursés sans qu&rsquo;une plainte soit exigée [1].</p>
<p>Sur le fond, peu de voix contestent l&rsquo;intention. Le débat porte sur les moyens. Une justice spécialisée sans magistrats en plus, avertit le Conseil d&rsquo;État, allonge les délais au lieu de les réduire. Aux assises, juger un crime prend déjà plus de six ans, sans interruption depuis 2017 [3]. Le garde des Sceaux l&rsquo;a dit sans détour.</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Les moyens ne seront pas au rendez-vous si la loi intégrale est votée en l&rsquo;état, sans une augmentation considérable de moyens en effectifs. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Gérald Darmanin, garde des Sceaux</figcaption>
</figure>

<p>Combien faudrait-il ? Les porteuses du texte parlent de trois milliards d&rsquo;euros « a minima ». Le gouvernement met en avant 1,5 milliard pour les femmes et 2,6 pour l&rsquo;enfance, qu&rsquo;il présente comme un socle acquis [2]. L&rsquo;opposition répond que ces crédits sont déjà engagés, pas nouveaux [2]. Rien n&rsquo;est tranché. Pour la victime, c&rsquo;est pourtant là que tout se joue. Une loi sans moyens, c&rsquo;est une plainte qui attend six ans.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">6 ans</span> <span class="stat__label">le délai de jugement d&#39;un crime aux assises, dépassé sans interruption depuis 2017 (Conseil d&#39;État)</span></aside>

<h2 id="limmigration-nest-pas-arrivée-avec-les-amendements">L&rsquo;immigration n&rsquo;est pas arrivée avec les amendements</h2>
<p>Le récit qui circule tient en une phrase : on aurait glissé l&rsquo;immigration dans une loi sur les violences sexuelles. Le volet étranger est pourtant dans le texte depuis le début. Et il protège les victimes.</p>
<p>C&rsquo;est l&rsquo;article 62. Il vise la femme étrangère qui subit des violences. Cinq mesures [3, 4] :</p>
<ul>
<li>Pas d&rsquo;expulsion tant que dure la procédure pénale.</li>
<li>Une carte de séjour, aujourd&rsquo;hui réservée aux victimes de traite, ouverte à toutes les violences sexuelles, et portée d&rsquo;un à deux ans.</li>
<li>Une protection même sans plainte, si les faits sont établis autrement, par un médecin ou une association.</li>
<li>Pas de rétention sur présentation d&rsquo;un certificat, d&rsquo;une plainte ou de l&rsquo;avis d&rsquo;une association.</li>
<li>Pour les demandeuses d&rsquo;asile, un hébergement séparé des hommes.</li>
</ul>
<p>L&rsquo;idée tient en une ligne. Qu&rsquo;une victime n&rsquo;ait pas à choisir entre dénoncer son agresseur et risquer l&rsquo;expulsion.</p>
<aside class="pullquote">Protéger la plainte d&rsquo;une victime, c&rsquo;est rendre possible la condamnation de son agresseur.</aside>

<h2 id="sous-le-même-mot-deux-mesures-opposées">Sous le même mot, deux mesures opposées</h2>
<p>Un même mot, « immigration », recouvre ici deux mesures. Elles vont en sens inverse.</p>
<p>L&rsquo;article 62 protège la victime étrangère. Il la garde sur le territoire le temps que la justice travaille.</p>
<p>L&rsquo;autre vient d&rsquo;un amendement du Rassemblement national, le n° 243. Elle vise l&rsquo;auteur. Tout étranger condamné pour des violences sexuelles punies d&rsquo;au moins cinq ans serait expulsé, presque automatiquement [6]. Le juge pourrait y déroger, à condition de s&rsquo;en expliquer [6].</p>
<p>L&rsquo;une garde la victime pour que le procès ait lieu. L&rsquo;autre renvoie l&rsquo;auteur une fois le procès fini.</p>
<h2 id="supprimer-restreindre-ou-étendre--trois-camps">Supprimer, restreindre ou étendre : trois camps</h2>
<p>Autour de l&rsquo;article 62, le combat est ouvert. Vingt-sept amendements sur ce seul article [4].</p>
<p>À droite et au centre, on veut le supprimer ou le réduire. Le Rassemblement national a déposé une suppression pure et simple, l&rsquo;amendement n° 244 [5]. Trois autres suppressions viennent du bloc central et de la droite, d&rsquo;Ensemble, des Républicains et d&rsquo;Horizons [4]. Les arguments avancés : une plainte « n&rsquo;est pas une preuve », le dispositif serait « disproportionné », une « dérogation générale » au droit commun [4]. Le Rassemblement national, lui, dénonce une « nouvelle filière d&rsquo;immigration » et une « prime à l&rsquo;allégation » [5].</p>
<p>À gauche, c&rsquo;est l&rsquo;inverse. Treize amendements veulent étendre la protection, par exemple interdire tout contrôle de régularité au moment de la plainte [4].</p>
<p>Un point décisif : rien n&rsquo;est voté. Ces amendements sont déposés, pas tranchés. La séance en est aux premiers articles. Le vote solennel est annoncé pour le 13 octobre [5, 7]. Le Rassemblement national a déposé 49 amendements sur 1 266, presque tous sur l&rsquo;immigration, et s&rsquo;est abstenu en commission [7].</p>
<h2 id="ce-que-dit-lavis-que-les-deux-camps-citent">Ce que dit l&rsquo;avis que les deux camps citent</h2>
<p>Dans ce débat, une pièce fait référence : l&rsquo;avis du Conseil d&rsquo;État, rendu en juillet [3]. Il mérite d&rsquo;être lu en entier.</p>
<p>Le Conseil d&rsquo;État a bien une réserve, sérieuse. Étendre cette carte de séjour à toutes les violences sexuelles toucherait « un nombre d&rsquo;un ordre de grandeur radicalement supérieur » aux seuls cas de traite visés aujourd&rsquo;hui [3]. Il y voit un risque pour le contrôle de l&rsquo;immigration. Et il recommande de ne pas retenir le dispositif en l&rsquo;état [3].</p>
<p>Mais il ne s&rsquo;arrête pas là. Au point suivant, il propose une autre voie : non pas supprimer la protection, mais la conditionner [3]. À la gravité des faits. À la dépendance de la victime envers son agresseur. À l&rsquo;utilité de la personne pour l&rsquo;enquête. Au sérieux de la plainte. Avec la possibilité de retirer le titre ensuite [3].</p>
<p>L&rsquo;amendement de suppression du Rassemblement national cite cet avis. Il s&rsquo;arrête juste avant ce point-là [5].</p>
<p>Cette réserve vaut dans les deux sens. Plus on élargit la protection, plus le problème de contrôle grandit [3]. Elle pèse donc aussi sur les amendements de la gauche. Sur l&rsquo;expulsion pendant la procédure, même nuance : pour l&rsquo;étranger qui a droit à un titre de séjour, cette protection existe déjà dans le droit actuel, note le Conseil d&rsquo;État [3]. L&rsquo;enjeu réel ne porte que sur les autres cas.</p>
<h2 id="ce-qui-se-décide-le-13-octobre">Ce qui se décide le 13 octobre</h2>
<p>L&rsquo;immigration n&rsquo;entre pas dans ce texte : elle y est déjà, des deux côtés. D&rsquo;un côté la victime qu&rsquo;on protège, de l&rsquo;autre l&rsquo;auteur qu&rsquo;on veut expulser. Reste à décider du reste : à quelles conditions ouvrir la carte de séjour, et avec quels moyens pour la justice qui jugera l&rsquo;accusé. L&rsquo;avis le plus neutre du dossier a tracé une voie : conditionner, pas supprimer. Les députés, eux, votent le 13 octobre.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.franceinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/detection-des-victimes-juridictions-specialisees-reconnaissance-de-l-inceste-ce-que-contient-la-proposition-de-loi-integrale-pour-lutter-contre-les-violences-sexistes-et-sexuelles-qui-arrive-a-l-assemblee_8180609.html">Détection des victimes, juridictions spécialisées, reconnaissance de l'inceste : ce que contient la proposition de loi intégrale pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles</a>. franceinfo (2026-09-17)</li><li id="ref-2"><a href="https://lcp.fr/actualites/loi-integrale-contre-les-violences-sexuelles-15-ou-3-milliards-la-question-des-moyens-au">Loi intégrale contre les violences sexuelles : 1,5 ou 3 milliards, la question des moyens au cœur des débats</a>. LCP - Assemblée nationale (2026-09-16)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.conseil-etat.fr/avis-consultatifs/derniers-avis-rendus/a-l-assemblee-nationale-et-au-senat/avis-sur-une-proposition-de-loi-visant-a-lutter-de-maniere-integrale-contre-les-violences-sexistes-et-sexuelles-commises-a-l-encontre-des-femmes-et">Avis sur une proposition de loi visant à lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l'encontre des femmes et des enfants</a>. Conseil d'État (2026-07-16)</li><li id="ref-4"><a href="https://lcp.fr/actualites/loi-integrale-contre-les-violences-sexuelles-la-question-migratoire-va-s-inviter-dans">Loi intégrale contre les violences sexuelles : la question migratoire va s'inviter dans les débats</a>. LCP - Assemblée nationale (2026-10)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/amendements/3190/AN/244.pdf">Amendement n° 244 (suppression de l'article 62), texte n° 3190</a>. Assemblée nationale (groupe Rassemblement national) (2026-09-28)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/amendements/3190/AN/243.pdf">Amendement n° 243 (interdiction du territoire français), texte n° 3190</a>. Assemblée nationale (groupe Rassemblement national) (2026-09-28)</li><li id="ref-7"><a href="https://lcp.fr/actualites/loi-integrale-contre-les-violences-sexuelles-les-offensives-du-rn-sur-l-immigration">Loi intégrale contre les violences sexuelles : les offensives du RN sur l'immigration</a>. LCP - Assemblée nationale (2026-10)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>