<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Hibernation | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/hibernation/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Thu, 08 Oct 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/hibernation/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/hibernation/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Chaque hiver, cet écureuil défait son cerveau. Au réveil, ses souvenirs sont là.</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/ecureuils-terrestres-hibernation-memoire-cerveau/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/ecureuils-terrestres-hibernation-memoire-cerveau/</guid><pubDate>Thu, 08 Oct 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Cerveau</category><category>Mémoire</category><category>Hibernation</category><category>Recherche</category><category>Alzheimer</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/ecureuils-terrestres-hibernation-memoire-cerveau/cover.webp" length="133580" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Un écureuil ressort de son terrier. Il a passé neuf mois sous la terre. On le lâche dans un labyrinthe qu&rsquo;il avait appris avant l&rsquo;hiver. Il retrouve la sortie presque aussi vite qu&rsquo;un an plus tôt. Pourtant, tout ce temps, son cerveau avait presque cessé de tourner.</div>

<h2 id="un-cerveau-presque-à-larrêt">Un cerveau presque à l&rsquo;arrêt</h2>
<p>Cet animal n&rsquo;est pas l&rsquo;écureuil roux des parcs. Celui des parcs ne dort pas vraiment l&rsquo;hiver. Ici, il s&rsquo;agit d&rsquo;un écureuil terrestre, un spermophile. Il vit dans un terrier, sous la terre.</p>
<p>Son hibernation est extrême. Elle dure huit à neuf mois [1]. Pendant plus de 90 % de ce temps, l&rsquo;animal est en veille profonde [1]. Il perd plus de 30 % de son poids [1].</p>
<p>Dans cet état, le métabolisme de l&rsquo;animal tombe jusqu&rsquo;à 1 % de la normale [1]. Le cerveau, lui, tourne au ralenti : le sang y circule moins, son activité s&rsquo;effondre [1]. Sa température approche le point de congélation. Les neurones s&rsquo;arrêtent presque, parfois une semaine d&rsquo;affilée [2].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">1 %</span> <span class="stat__label">le métabolisme de l&#39;animal en hibernation, comparé à la normale</span></aside>

<h2 id="le-cerveau-se-défait">Le cerveau se défait</h2>
<p>Le plus étonnant vient ensuite. En entrant en veille, le cerveau se démonte. Les neurones replient leurs branches et leurs points de contact. Une grande part des connexions disparaît [2, 7].</p>
<p>Ce repli ne touche pas une seule région. Il gagne tout le cerveau, jusqu&rsquo;à la zone de la mémoire [2, 7]. Et plus il fait froid, plus le cerveau se replie. Le lien est direct et mesuré [2].</p>
<h2 id="deux-heures-pour-tout-reconstruire">Deux heures pour tout reconstruire</h2>
<p>Puis vient le réveil. En se réchauffant, l&rsquo;animal reconstruit tout. Les connexions repoussent pendant les deux heures du retour à sa température normale [2].</p>
<p>Elles repoussent au même niveau qu&rsquo;avant. Peu importe le froid subi pendant l&rsquo;hiver, le cerveau retrouve les mêmes valeurs finales [2]. La repousse dépasse même un instant la cible. Elle culmine deux à trois heures après le réveil, puis le cerveau élague le surplus vers 24 heures [4].</p>
<p>Deux heures, c&rsquo;est très rapide. Un animal qui n&rsquo;hiberne pas mettrait plus d&rsquo;un jour à en faire autant [7].</p>
<h2 id="une-protéine-dalzheimer-qui-va-et-vient">Une protéine d&rsquo;Alzheimer qui va et vient</h2>
<p>Un autre détail surprend. En hiver, une protéine du cerveau se transforme. Elle prend la forme caractéristique de la maladie d&rsquo;Alzheimer [3]. Chez un humain malade, cette forme abîme le cerveau pour de bon.</p>
<p>Chez l&rsquo;écureuil, non. La transformation apparaît en hiver, puis disparaît entièrement au réveil [3]. Elle revient à chaque cycle, sans laisser de trace [3].</p>
<p>Comment ? Le froid bloquerait les mécanismes qui nettoient d&rsquo;habitude cette protéine [7]. Elle resterait transformée jusqu&rsquo;au réveil, puis serait effacée. Ce mécanisme reste une piste, pas une certitude [7].</p>
<h2 id="et-la-mémoire-elle-tient">Et la mémoire, elle, tient</h2>
<p>Reste la grande question. Le cerveau se défait en grande partie. Le souvenir résiste-t-il ?</p>
<p>La réponse la plus claire vient d&rsquo;une expérience de terrain récente. Des écureuils en liberté ont appris un labyrinthe avant l&rsquo;hiver. Neuf mois plus tard, on les y replace. Ils battent les animaux naïfs de 41 à 98 % selon la mesure [1]. Ils repartent presque à leur niveau d&rsquo;avant l&rsquo;hiver [1].</p>
<p>Le souvenir a donc traversé l&rsquo;hiver. Il a survécu à la disparition d&rsquo;une grande part de son support physique.</p>
<aside class="pullquote">Le souvenir a survécu à la disparition d&rsquo;une grande part de son support.</aside>

<p>Une réserve, pour rester juste. Ce résultat n&rsquo;est pas une loi absolue. En réunissant toutes les études publiées, le bilan est partagé : huit trouvent la mémoire intacte, cinq la trouvent abîmée [8]. Et d&rsquo;un animal à l&rsquo;autre, le résultat varie. Certains écureuils gardent tout, d&rsquo;autres non [5].</p>
<p>Une chose est sûre en revanche. Après le réveil, le cerveau réapprend sans peine. Il forme de nouveaux souvenirs normalement, et il les fixe parfois même mieux [4].</p>
<h2 id="ce-que-cet-écureuil-apprend-aux-humains">Ce que cet écureuil apprend aux humains</h2>
<p>Ce cycle intéresse la recherche bien au-delà de l&rsquo;animal. Il offre un modèle rare. Un cerveau perd ses connexions et voit apparaître la protéine d&rsquo;Alzheimer. Puis il répare tout, chaque année, sans séquelle.</p>
<p>Une expérience va dans ce sens. Chez une souris malade d&rsquo;Alzheimer, un court épisode de veille profonde a restauré la mémoire [6]. Mais l&rsquo;effet n&rsquo;a pas duré : il avait disparu au bout de 24 heures [6]. C&rsquo;était une souris, en laboratoire, pas un humain [6]. Aucun traitement n&rsquo;en découle à ce jour.</p>
<p>C&rsquo;est donc une piste de recherche, pas un espoir de soin immédiat. La prudence reste de mise.</p>
<p>Il reste surtout cette leçon, plus large que l&rsquo;écureuil. Un souvenir peut survivre à la perte, puis à la reconstruction, de ses connexions physiques. Il ne tient donc pas seulement au câblage du moment. Chaque printemps, ce petit animal le prouve en ressortant de terre.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://royalsocietypublishing.org/doi/10.1098/rsbl.2026.0220">Memory on ice: spatial memory survives prolonged hibernation in the wild</a>. Biology Letters (Royal Society) (2026-10-07)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.jneurosci.org/content/26/41/10590">Ubiquitous and temperature-dependent neural plasticity in hibernators</a>. The Journal of Neuroscience (2006)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.jneurosci.org/content/23/18/6972">Reversible paired helical filament-like phosphorylation of tau is an adaptive process associated with neuronal plasticity in hibernating animals</a>. The Journal of Neuroscience (2003)</li><li id="ref-4"><a href="https://doi.org/10.1016/j.bbr.2005.08.021">Arousal from hibernation alters contextual learning and memory</a>. Behavioural Brain Research (2006)</li><li id="ref-5"><a href="https://doi.org/10.1086/721185">Torpor does not influence spatial memory in golden-mantled ground squirrels</a>. Physiological and Biochemical Zoology (2022)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.nature.com/articles/s41598-021-94992-x">Torpor enhances synaptic strength and restores memory performance in a mouse model of Alzheimer's disease</a>. Scientific Reports (groupe Nature) (2021)</li><li id="ref-7"><a href="https://doi.org/10.4103/1673-5374.282242">Regrowth and neuronal protection are key features of mammalian hibernation</a>. Neural Regeneration Research (2020)</li><li id="ref-8"><a href="https://doi.org/10.1007/s00360-026-01662-3">Effects of natural deep hypothermia on the cognitive abilities of mammals</a>. Journal of Comparative Physiology B (2026)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>