<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Grands Fonds | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/grands-fonds/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Thu, 15 Oct 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/grands-fonds/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/grands-fonds/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Au fond du Pacifique, des milliers de virus dévoilent un monde que personne n'avait vu</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/virus-inconnus-grands-fonds-pacifique/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/virus-inconnus-grands-fonds-pacifique/</guid><pubDate>Thu, 15 Oct 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Océans</category><category>Grands fonds</category><category>Virus</category><category>Biodiversité</category><category>Recherche</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/virus-inconnus-grands-fonds-pacifique/cover.webp" length="498986" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">En 2023 et 2024, un navire a remonté des carottes de boue des plaines abyssales du Pacifique [2]. Rien qu&rsquo;un peu de sédiment noir, ramené du fond de l&rsquo;océan. Dedans vivait un peuple entier que personne n&rsquo;avait jamais décrit. Onze mille sortes de virus, presque toutes absentes des catalogues de la science [1].</div>

<h2 id="un-peuple-de-virus-et-aucun-danger-pour-lêtre-humain">Un peuple de virus, et aucun danger pour l&rsquo;être humain</h2>
<p>Le mot virus fait peur. Ceux-là ne devraient pas. Près de 95 % des virus trouvés dans ces sédiments sont des phages [1]. Un phage ne s&rsquo;attaque qu&rsquo;aux bactéries et aux microbes. Jamais à l&rsquo;être humain.</p>
<p>La vie cachée des océans dont il est question ici n&rsquo;est donc pas une menace. C&rsquo;est un étage invisible du vivant. Un peuple microscopique qui grouille là où la lumière ne descend plus.</p>
<h2 id="onze-mille-formes-de-vie-presque-toutes-hors-catalogue">Onze mille formes de vie, presque toutes hors catalogue</h2>
<p>Les chercheurs ont recensé 11 742 sortes de virus dans soixante échantillons de boue [1]. Sur ce total, 99,3 % ne figurent dans aucune base de données connue [1].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">11 742</span> <span class="stat__label">sortes de virus recensées dans la boue des abysses, presque toutes hors des catalogues de la science</span></aside>

<p>Le chiffre est spectaculaire. Il demande une précision honnête. Inconnu veut dire ici absent des catalogues de la science, pas forcément nouveau pour elle. La différence n&rsquo;est pas un détail. Elle dit à quel point les bases de données sur le fond des océans sont pauvres.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">La vraie trouvaille, c&rsquo;est la mesure de tout ce qui reste à découvrir du fond des océans.</aside>

<p>La vraie trouvaille n&rsquo;est donc pas une collection d&rsquo;espèces neuves. C&rsquo;est la mesure de tout ce qui reste à connaître, tout au fond de l&rsquo;océan.</p>
<h2 id="des-gardiens-invisibles-de-locéan">Des gardiens invisibles de l&rsquo;océan</h2>
<p>Ces virus restent mal connus. Leur métier l&rsquo;est davantage. Les virus sont les êtres vivants les plus nombreux de l&rsquo;océan. Les mers en abritent environ dix puissance trente, un nombre suivi de trente zéros [3]. Chaque jour, ils élimineraient près d&rsquo;un cinquième des micro-organismes marins, selon une estimation à l&rsquo;échelle du globe qui date de 2007 [3].</p>
<p>Au fond des océans, leur rôle pèse encore plus lourd. Dans les sédiments des grands fonds, les infections virales détruisent environ 80 % de ce que produisent les bactéries [4]. Sous mille mètres de profondeur, presque tout ce que fabriquent ces bactéries finit en débris [4]. Ces débris nourrissent un milieu très pauvre en nourriture.</p>
<p>En recyclant ainsi la matière, les virus déplacent chaque année entre 370 et 630 millions de tonnes de carbone [4]. Ces chiffres sont des estimations anciennes, mesurées ailleurs dans le monde, pas sur cette zone précise. Ils donnent l&rsquo;ordre de grandeur d&rsquo;un travail discret et permanent.</p>
<h2 id="ce-quils-feraient-dans-la-boue-du-pacifique">Ce qu&rsquo;ils feraient dans la boue du Pacifique</h2>
<p>Dans les sédiments de Clarion-Clipperton, ces virus s&rsquo;en prendraient à des bactéries qui font tourner les cycles du carbone, de l&rsquo;azote, du soufre et des métaux [1]. Le conditionnel compte. Les scientifiques le déduisent de l&rsquo;ADN lu en laboratoire. Ils ne l&rsquo;ont pas observé sur place [1].</p>
<p>Autre indice curieux. Beaucoup de ces microbes semblent porter des gènes pour tolérer les métaux, le nickel surtout [1]. Un trait logique dans un fond tapissé de nodules métalliques. Là encore, c&rsquo;est déduit, pas démontré.</p>
<h2 id="chaque-abysse-son-propre-monde">Chaque abysse, son propre monde</h2>
<p>Une surprise s&rsquo;ajoute aux autres. Ce peuple viral ne ressemble presque pas à celui des autres grands fonds déjà étudiés. Seuls 4 % de ses protéines se retrouvent dans un autre fond marin connu [1].</p>
<p>Autrement dit, chaque coin des abysses pourrait abriter son propre monde microscopique, largement inédit. La carte du vivant marin est encore presque blanche à ces profondeurs.</p>
<h2 id="un-monde-à-peine-entrevu">Un monde à peine entrevu</h2>
<p>Cette boue n&rsquo;est pas prélevée n&rsquo;importe où. La zone de Clarion-Clipperton est la plus grande réserve mondiale visée par les projets de minage des grands fonds. Dix-sept des trente et un contrats d&rsquo;exploration délivrés dans le monde s&rsquo;y trouvent [1]. Les auteurs de l&rsquo;étude, financés par l&rsquo;administration chinoise de l&rsquo;océan profond, présentent eux-mêmes leur travail comme une photographie de référence avant toute exploitation [1]. La formule est la leur, et vaut ce que vaut le point de vue d&rsquo;un acteur intéressé.</p>
<p>Reste le vertige. Dans quelques grammes de sédiment remontés du noir, onze mille formes de vie que nul n&rsquo;avait répertoriées. La vie cachée des océans n&rsquo;est pas une légende. Elle est là, bien réelle, et la vraie découverte du jour tient en une phrase simple. Ce monde du fond, on commence à peine à savoir qu&rsquo;on ne le connaît pas.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.nature.com/articles/s41467-026-78161-0">Viral diversity and ecological functions in the world's largest deep-sea mineral exploration region</a>. Nature Communications (2026-09-29)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.sciencealert.com/almost-all-the-viruses-found-in-a-vast-deep-sea-mining-zone-were-new-to-science">Almost All The Viruses Found in a Vast Deep-Sea Mining Zone Were New to Science</a>. ScienceAlert (2026-10-03)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.nature.com/articles/nrmicro1750">Marine viruses — major players in the global ecosystem</a>. Nature Reviews Microbiology (2007-10-01)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.nature.com/articles/nature07268">Major viral impact on the functioning of benthic deep-sea ecosystems</a>. Nature (2008-08-28)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>