<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Grand Remplacement | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/grand-remplacement/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Tue, 15 Sep 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/grand-remplacement/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/grand-remplacement/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>« Grand remplacement » : d'un livre de 2011 au gouvernement, ce que mesure l'INSEE</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/grand-remplacement-donnees-demographiques-insee/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/grand-remplacement-donnees-demographiques-insee/</guid><pubDate>Tue, 15 Sep 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Immigration</category><category>Démographie</category><category>Extrême droite</category><category>Grand remplacement</category><category>INSEE</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/grand-remplacement-donnees-demographiques-insee/cover.webp" length="23634" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 9 septembre 2026, sur un plateau de CNews, une ministre cherche ses mots. On lui demande si le « grand remplacement » est une théorie raciste. Elle commence : « Non, je ne pense pas que ce soit une théorie&hellip; », et ne finit pas sa phrase. En deux jours, Aurore Bergé dira trois choses différentes. Un mot lancé par un écrivain en 2011 est arrivé jusqu&rsquo;à la table du gouvernement.</div>

<h2 id="le-trajet-dun-mot">Le trajet d&rsquo;un mot</h2>
<p>C&rsquo;est un écrivain qui lance l&rsquo;expression. En 2011, Renaud Camus publie un essai intitulé <em>Le Grand Remplacement</em> [11]. Sa thèse tient en une phrase. Un peuple « de souche » serait remplacé par une immigration venue d&rsquo;Afrique. Le mot naît là, dans un livre.</p>
<p>Il s&rsquo;installe d&rsquo;abord dans les cercles militants identitaires, au début des années 2010 [12]. Puis il passe dans les médias et la politique de droite et d&rsquo;extrême droite. Des figures du Front national le reprennent. Le mot gagne les plateaux de télévision.</p>
<p>L&rsquo;expression entre dans les documents officiels de l&rsquo;Assemblée nationale dès le 29 janvier 2015. Un député d&rsquo;extrême droite, Jacques Bompard, dépose une proposition de résolution « relative à la lutte contre le grand remplacement » [7]. Le mot figure dans l&rsquo;intitulé du texte. Attention à ce que cela veut dire, et à ce que cela ne veut pas dire. Un texte déposé n&rsquo;est pas un débat en séance, encore moins un vote. Celui-ci a été renvoyé en commission, sans être adopté [7].</p>
<p>Huit ans plus tard, le mouvement inverse. Le 17 novembre 2023, deux députés déposent une proposition de résolution pour condamner « la théorie du grand remplacement » [8]. Leur texte la qualifie de « théorie du complot » et de « mensonge démographique » qui ne repose « sur aucun fondement scientifique » [8]. Là encore, un texte déposé, pas un vote.</p>
<p>Entre les deux, une institution publique s&rsquo;en émeut. Dans son rapport 2023, la Commission nationale consultative des droits de l&rsquo;homme relève un fait daté. Après la mort de Nahel M., un adolescent tué par un policier fin juin 2023, des responsables politiques et des commentateurs ont relié cette mort à la théorie du « grand remplacement » [9]. La Commission la rattache aussi à la notion de « francocide », « portée notamment par Éric Zemmour depuis septembre 2022 » [9]. Elle range ce registre dans une « banalisation des propos racistes et xénophobes ».</p>
<p>Reste septembre 2026. La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations refuse d&rsquo;abord de la qualifier de raciste. Le lendemain, sur franceinfo, elle plaide que « le débat sur ce sujet fait partie de la liberté d&rsquo;expression » [10]. L&rsquo;après-midi, elle se reprend : « je ne plie pas aux théories fausses et mensongères de l&rsquo;extrême droite » [10]. Dans son propre camp, une députée Renaissance lui répond que « le +grand remplacement+ n&rsquo;est pas un débat : c&rsquo;est une théorie complotiste » [10].</p>
<h2 id="ce-que-comptent-les-chiffres">Ce que comptent les chiffres</h2>
<p>Derrière le mot, il y a des chiffres. Ils sont publics. L&rsquo;État les mesure chaque année.</p>
<p>Premier chiffre, la natalité. L&rsquo;écart existe, et il est réel. En 2017, les femmes immigrées avaient 2,6 enfants en moyenne, contre 1,8 pour les femmes nées en France [1]. L&rsquo;INSEE mesure un écart voisin en 2021 [2]. Personne ne le cache.</p>
<p>Mais voici ce que cet écart fait à la moyenne du pays. Il la relève d&rsquo;un peu plus de 0,1 enfant, de 1,8 à 1,9 [1]. Un dixième d&rsquo;enfant. La raison est simple. Les femmes immigrées ne sont que 12 % des femmes en âge d&rsquo;avoir des enfants [1]. Une natalité plus forte sur une petite part ne relève la moyenne que d&rsquo;un peu.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">&#43;0,1</span> <span class="stat__label">enfant : ce que la natalité des immigrées ajoute à la moyenne française</span></aside>

<p>Deux précisions comptent, et elles vont dans le même sens. L&rsquo;indicateur du moment surestime cette natalité. Beaucoup de femmes arrivées récemment attendent d&rsquo;être en France pour un premier enfant [1]. Le chiffre monte alors d&rsquo;un coup, puis redescend. Surtout, l&rsquo;écart se referme d&rsquo;une génération à l&rsquo;autre. Les filles d&rsquo;immigrés ont autant d&rsquo;enfants que les autres : 1,8 à 2,0, contre 1,9 pour les femmes sans ascendance immigrée [2]. Un écart qui disparaît en une génération ne remplace personne.</p>
<h2 id="une-part-qui-monte-lentement">Une part qui monte lentement</h2>
<p>Deuxième chiffre, la part des immigrés. En 2025, la France compte 8 millions d&rsquo;immigrés, soit 11,6 % de la population [3]. Ici, un piège de vocabulaire. « Immigré » veut dire né étranger à l&rsquo;étranger. Ce n&rsquo;est pas « étranger », qui renvoie à la nationalité et pèse 9,1 % [3]. Ce n&rsquo;est pas non plus « descendant d&rsquo;immigré », né en France, donc français. Changer d&rsquo;étiquette en gardant le chiffre fabrique un contresens.</p>
<p>Cette part monte, mais lentement. 7,4 % en 1975, 7,3 % en 1999, 10,2 % en 2020, 11,6 % en 2025 [3]. Presque stable pendant un quart de siècle. Pas de bascule soudaine.</p>
<p>Le groupe n&rsquo;est pas un bloc. Parmi les immigrés de 2025, 30 % sont nés en Europe [3]. Le Portugal est le troisième pays d&rsquo;origine, derrière l&rsquo;Algérie et le Maroc [3]. Et le pays change surtout par mélange. Une naissance sur six vient d&rsquo;un couple mixte, un parent né en France, l&rsquo;autre non [13]. Un mélange n&rsquo;est pas une substitution.</p>
<h2 id="la-projection-qui-nexiste-pas">La projection qui n&rsquo;existe pas</h2>
<p>Reste le cœur de la théorie. La France « basculerait » demain. Pour le vérifier, il faut regarder comment l&rsquo;État projette sa population. Il ne calcule que deux choses : le nombre d&rsquo;habitants par sexe et par âge [4]. Pas par origine. Pas par ascendance.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">La « population de souche » qui serait remplacée n&rsquo;existe pas comme mesure.</aside>

<p>La « population de souche » qui serait remplacée n&rsquo;existe pas comme mesure. Personne ne la compte, donc personne ne peut la voir baisser.</p>
<p>Et la seule projection qui existe va dans l&rsquo;autre sens. Le scénario officiel de 2021 voyait la population à peine grandir d&rsquo;ici 2070 [4]. La mise à jour de juin 2026 change une hypothèse. Elle retient plus d&rsquo;immigration qu&rsquo;avant, 150 000 arrivées nettes par an au lieu de 70 000 [5]. Et elle projette pourtant 3,2 millions d&rsquo;habitants en moins d&rsquo;ici 2070 [5]. Plus d&rsquo;immigration supposée, et une population qui recule. Pas une submersion.</p>
<p>Un dernier chiffre circule, celui d&rsquo;une Europe où les migrants d&rsquo;Afrique subsaharienne seraient bientôt un quart de la population. Une projection démographique le chiffre autrement : environ 4 % en 2050, très en deçà des 25 % avancés [6]. Ces populations migrent peu, faute de moyens. Et quand elles partent, sept fois sur dix c&rsquo;est vers un autre pays subsaharien [6]. Ce chiffre vaut pour l&rsquo;Europe, pas pour la France seule.</p>
<p>Un mot né dans un livre a mis quinze ans à monter jusqu&rsquo;au gouvernement. Les chiffres qu&rsquo;il invoque, eux, sont restés à leur place, publics et mesurés. Ils décrivent un pays qui vieillit, se mélange, et comptera un peu moins d&rsquo;habitants demain. Pas un pays qui bascule.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://shs.cairn.info/revue-population-et-societes-2019-7-page-1?lang=fr">La France a la plus forte fécondité d'Europe. Est-ce dû aux immigrées ? Population & Sociétés n°568</a>. Cairn (éditions INED, Population & Sociétés) (2019)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/6793238?sommaire=6793391">Fécondité des immigrées et des descendantes d'immigrés</a>. INSEE (2021)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/3633212">L'essentiel sur… les immigrés et les étrangers</a>. INSEE (2025)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/5893969">Projections de population 2021-2070 : 68,1 millions d'habitants en 2070 (Insee Première n°1881)</a>. INSEE (novembre 2021)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/9004289">Projections de population à l'horizon 2070 (Insee Première n°2108)</a>. INSEE (juin 2026)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.ined.fr/en/publications/editions/population-and-societies/europe-and-the-spectre-of-sub-saharan-migration/">Europe and the spectre of sub-Saharan migration. Population & Societies n°558</a>. INED (2018)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/lutte_grand_remplacement.asp">Proposition de résolution relative à la lutte contre le grand remplacement (n°2536)</a>. Assemblée nationale (29 janvier 2015)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/PNREANR5L16B1869.html">Proposition de résolution visant à condamner la « théorie du grand remplacement » (n°1869)</a>. Assemblée nationale (17 novembre 2023)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.cncdh.fr/sites/default/files/2024-06/CNCDH_Rapport_Racisme_2023.pdf">Rapport 2023 sur la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie</a>. CNCDH (juin 2024)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.franceinfo.fr/politique/aurore-berge-critiquee-jusque-dans-son-camp-pour-avoir-invoque-la-liberte-d-expression-au-sujet-de-la-theorie-raciste-du-grand-remplacement_8186579.html">Aurore Bergé critiquée jusque dans son camp pour avoir invoqué la liberté d'expression au sujet de la théorie raciste du « grand remplacement »</a>. franceinfo (septembre 2026)</li><li id="ref-11"><a href="https://desinfoxmigrations.fr/le-mythe-du-grand-remplacement/">Le mythe du grand remplacement</a>. Désinfox-Migrations (2023)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-choix-franceinfo/la-remigration-nouvelle-obsession-de-l-extreme-droite-europeenne_8061473.html">La remigration, nouvelle obsession de l'extrême droite européenne</a>. franceinfo (juin 2026)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/2381382">Naissances de couples mixtes en France (figure 1)</a>. INSEE (2017)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>