<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Grand Âge | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/grand-age/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Mon, 10 Aug 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/grand-age/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/grand-age/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Aux urgences, 970 malades sur un brancard le même jour, faute d'un lit pour les garder</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/urgences-hospitalieres-manque-lits-ete/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/urgences-hospitalieres-manque-lits-ete/</guid><pubDate>Mon, 10 Aug 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Hôpital</category><category>Urgences</category><category>Santé publique</category><category>Grand âge</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/urgences-hospitalieres-manque-lits-ete/cover.webp" length="37784" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Passé 75 ans, une nuit sur un brancard aux urgences fait grimper de près de 40 % le risque de mourir à l&rsquo;hôpital. L&rsquo;été, ces nuits d&rsquo;attente se multiplient. La cause n&rsquo;est pas la foule qui pousse la porte. C&rsquo;est le lit qui manque, un étage plus haut.</div>

<h2 id="une-nuit-sur-un-brancard">Une nuit sur un brancard</h2>
<p>Le 13 juin 2023, un mardi ordinaire, une enquête nationale a compté les malades allongés sur un brancard dans les couloirs des urgences. Ils étaient 970, répartis dans 228 points d&rsquo;accueil [1]. Pas des petits bobos repartis chez eux. Des patients admis pour être gardés en observation, allongés sur un brancard faute de lit.</p>
<p>Pour un patient sur dix à hospitaliser, trouver ce lit a pris plus de six heures en 2023. Dix ans plus tôt, il en fallait moins de quatre [1]. L&rsquo;attente pèse d&rsquo;abord sur les plus âgés. En 2023, 36 % des patients de plus de 75 ans sont restés plus de huit heures aux urgences, contre 24 % dix ans avant [1].</p>
<p>Cette attente n&rsquo;est pas qu&rsquo;un mauvais moment à passer. Un relevé mené fin 2022 dans 97 services français, sur près de 1 600 patients de plus de 75 ans, a mesuré l&rsquo;effet d&rsquo;une nuit sur un brancard. Le risque de mourir à l&rsquo;hôpital passe d&rsquo;environ 11 % à près de 16 %, soit une hausse de près de 40 % [2].</p>
<p>Le mécanisme se retrouve ailleurs. Une étude portant sur le système de santé anglais, 26,7 millions de passages, montre la même chose. Au-delà de cinq heures d&rsquo;attente avant un lit, la mortalité à trente jours monte régulièrement. Environ un décès de plus pour 82 patients dont le transfert traîne au-delà de six à huit heures [7]. Le chiffre exact vaut pour l&rsquo;Angleterre. Le constat, lui, se retrouve aussi en France. Faire attendre un malade qui doit être hospitalisé le met en danger.</p>
<p>Un syndicat d&rsquo;urgentistes a de son côté recensé, sur des remontées de terrain qu&rsquo;il dit lui-même non exhaustives, 43 décès « inattendus » sur deux mois d&rsquo;hiver 2022-2023 [5]. C&rsquo;est un signal d&rsquo;alerte, pas une statistique établie. Il se lit comme tel.</p>
<h2 id="-70--de-cas-peu-graves---ce-qui-se-glisse-derrière-le-chiffre">« 70 % de cas peu graves » : ce qui se glisse derrière le chiffre</h2>
<p>Un chiffre revient à chaque crise des urgences. Plus de 70 % des passages seraient des cas « peu graves ». C&rsquo;est exact [2]. Mais deux erreurs se glissent souvent juste derrière.</p>
<p>La première, c&rsquo;est d&rsquo;y voir des abus. Les données disent autre chose. En 2023, 21 % des patients sont venus aux urgences faute d&rsquo;avoir pu consulter ailleurs, alors que 88 % ont un médecin traitant [1]. Un passage sur quatre a lieu la nuit, quand les cabinets sont fermés [2]. Quand la seule porte ouverte à deux heures du matin est celle de l&rsquo;hôpital, s&rsquo;y présenter n&rsquo;est pas tricher.</p>
<p>La seconde erreur, c&rsquo;est de croire que ces cas légers bouchent le service. Les malades les plus graves ne dépassent pas 2 % des venues [2]. Et les cas légers repartent vite.</p>
<aside class="pullquote">Ce qui bloque, ce sont les patients qu&rsquo;il faut garder, quand il n&rsquo;y a pas de lit pour eux.</aside>

<h2 id="là-où-le-lit-a-disparu">Là où le lit a disparu</h2>
<p>Depuis dix ans, l&rsquo;hôpital a fermé des lits. 43 400 lits d&rsquo;hospitalisation complète en moins, soit une baisse de 11 % [1]. À la sortie des urgences, la part de patients hospitalisés est tombée de 20 % à 15 % [1]. La statistique publique ne tranche pas sur toutes les causes de cette baisse. La conséquence, elle, est nette.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">43 400</span> <span class="stat__label">lits d&#39;hospitalisation complète fermés en dix ans (−11 %)</span></aside>

<figure class="quote">
  <blockquote><p>« [La saturation] résulte même davantage de l&rsquo;insuffisance de disponibilité de lits d&rsquo;aval que d&rsquo;un excès d&rsquo;entrées dans le service. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Cour des comptes, 2024</figcaption>
</figure>

<p>Côté médecins, près d&rsquo;un poste d&rsquo;urgentiste sur quatre est vacant, dans presque tous les services [2]. Attention au raccourci. Il n&rsquo;y a pas moins d&rsquo;urgentistes. Ils sont même plus nombreux, 4 638 en 2018, 5 332 en 2024 [2]. Mais les besoins des hôpitaux montent plus vite que les effectifs. L&rsquo;écart se creuse, et il faut alors supprimer des lignes de garde.</p>
<p>En amont, la médecine de ville a presque disparu la nuit. Seuls 24 % des territoires sont couverts entre minuit et huit heures du matin [2]. Sans médecin de garde à proximité, le malade se rabat sur l&rsquo;hôpital. La saturation des urgences « tient en partie aux difficultés de la médecine de ville », note le Sénat [3].</p>
<h2 id="lété-ne-crée-rien-il-tend-tout">L&rsquo;été ne crée rien, il tend tout</h2>
<p>L&rsquo;été n&rsquo;invente pas ce problème. Il l&rsquo;étire jusqu&rsquo;à la rupture. Dans certains départements touristiques, les passages montent de 10 à 20 % de juillet à début septembre [2]. La chaleur frappe une population âgée déjà fragile. Et les congés retirent des soignants à un effectif déjà en manque.</p>
<p>Le résultat se mesure sur le terrain. Samu-Urgences de France réclame des moyens et compte lui-même les fermetures. Le syndicat a recensé 202 services sur 331 ayant fermé au moins une ligne médicale à l&rsquo;été 2024, contre 163 un an plus tôt [6]. Une ligne fermée, c&rsquo;est une équipe en moins, pas forcément le service entier [6]. Chaque ligne fermée reporte la charge sur ceux qui restent, ce que la mission flash du ministère jugeait déjà « mortifère » en 2022 [4].</p>
<p>Le problème n&rsquo;est même pas que saisonnier. Avant l&rsquo;été 2023, entre la mi-mars et la mi-juin, 8 % des points d&rsquo;accueil avaient déjà fermé au moins une fois, et 23 % avaient filtré les entrées [8]. C&rsquo;est déjà le cas au printemps, avant le pic touristique et avant les congés.</p>
<h2 id="la-réponse-publique-et-ce-que-personne-ne-compte">La réponse publique, et ce que personne ne compte</h2>
<p>Face à ce constat, le ministère a lancé une mission flash à l&rsquo;été 2022. Elle a recensé 133 services « en difficulté », une liste qu&rsquo;elle disait elle-même non exhaustive, et recommandé de réguler l&rsquo;accès aux urgences : appeler le 15 avant de se présenter, ceux qui viennent quand même étant accueillis [4]. Depuis, les fermetures de l&rsquo;été n&rsquo;ont pas reculé, elles ont augmenté de 2023 à 2024. Une mesure recommandée n&rsquo;est pas un résultat obtenu.</p>
<p>Reste une inconnue que personne ne lève. Combien de services ferment vraiment, combien de nuits par an. Aucun décompte public, national et régulier ne le dit. La Cour des comptes demande depuis novembre 2024 que ces chiffres soient publiés en continu [2]. Ils ne le sont toujours pas.</p>
<p>Le décor, lui, est connu et chiffré. Un malade âgé sur un brancard, une nuit d&rsquo;été, pendant qu&rsquo;un étage plus haut un lit manque. Ce lit-là ne s&rsquo;est pas évaporé. Il a été fermé, un peu chaque année, pendant dix ans.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2025-03/ER%201334%20Urgences_EMB.pdf">Enquête Urgences 2023 (Études et Résultats n° 1334, « Urgences : la moitié des patients y restent plus de 3 heures en 2023 »)</a>. DREES (2025-03)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2024-11/20241119-Accueil-et-traitement-des-urgences-a-l-hopital_0.pdf">L'accueil et le traitement des urgences à l'hôpital. Des services saturés, une transformation indispensable du parcours des patients</a>. Cour des comptes (2024-11-19)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.senat.fr/rap/r21-587-1/r21-587-1_mono.html">Hôpital : sortir des urgences (rapport n° 587, 2021-2022, tome I)</a>. Sénat (2022-03)</li><li id="ref-4"><a href="https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_du_docteur_braun_-_mission_flash_sur_les_urgences_et_soins_non_programmes.pdf">Mission flash sur les urgences et soins non programmés</a>. Ministère de la Santé (2022-06)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.sfmu.org/fr/actualites/actualites-de-l-urgences/samu-urgences-de-france-a-recense-43-deces-inattendus-depuis-le-1er-decembre-2022/new_id/68891">Samu-Urgences de France a recensé 43 décès inattendus depuis le 1er décembre 2022 (dépêche APMnews relayée par la SFMU)</a>. SFMU / APMnews (2023-02-06)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.franceinfo.fr/sante/hopital/crise/hopital-deux-services-d-urgence-sur-trois-ont-ferme-au-moins-une-fois-cet-ete-selon-samu-urgences-de-france_6784981.html">Hôpital : deux services d'urgence sur trois ont fermé au moins une ligne médicale cet été, selon Samu-Urgences de France</a>. franceinfo (2024-09-17)</li><li id="ref-7"><a href="https://emj.bmj.com/content/39/3/168">Association between delays to patient admission from the emergency department and all-cause 30-day mortality</a>. Emergency Medicine Journal (BMJ) (2022)</li><li id="ref-8"><a href="https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2025-05/DREES%20-%20Pano%20-%20ES%202025%20-%20Fiche%2019_La%20m%C3%A9decine%20d%E2%80%99urgence._embargo.pdf">La médecine d'urgence (Panorama Les établissements de santé, édition 2025, fiche 19)</a>. DREES (2025)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>