<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Fiscalité | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/fiscalite/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Fri, 07 Aug 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/fiscalite/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/fiscalite/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>En France, le mérite est plus prisé qu'ailleurs. Remonter prend six générations.</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/france-reussite-merite-recit-donnees/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/france-reussite-merite-recit-donnees/</guid><pubDate>Fri, 07 Aug 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Fiscalité</category><category>Mérite</category><category>Héritage</category><category>Inégalités</category><category>Médias</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/france-reussite-merite-recit-donnees/cover.webp" length="411258" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 20 août 2013, un ministre de l&rsquo;Économie rentre de vacances. À la radio, il dit avoir senti un « ras-le-bol fiscal » dans les conversations de l&rsquo;été. Une impression. En deux semaines, elle devient une vérité nationale, reprise de une en une. Personne ne l&rsquo;avait mesurée. Elle était déjà un fait. Le récit d&rsquo;une France qui n&rsquo;aimerait ni l&rsquo;impôt ni la réussite s&rsquo;est bâti comme ça, une petite phrase après l&rsquo;autre.</div>

<h2 id="une-petite-phrase-et-le-récit-sinstalle">Une petite phrase, et le récit s&rsquo;installe</h2>
<p>L&rsquo;épisode de 2013 n&rsquo;est pas un accident. C&rsquo;est une méthode. Une chronologie d&rsquo;unes retrace l&rsquo;épisode jour par jour. Elle est tenue par un observatoire des médias engagé à gauche, mais ses dates se vérifient. Une déclaration le 20 août. Des reprises dès le lendemain. Une pétition fin août. Un décompte de « 84 nouveaux impôts en deux ans » qui tourne en boucle début septembre [3].</p>
<p>Le récit a un vocabulaire. Il s&rsquo;est déposé sur trois présidences. « La France qui se lève tôt », dans les années 2000. « L&rsquo;assistanat, cancer de la société française », lâché par un ministre à la radio en 2011 [1]. « Les premiers de cordée », défendus par le chef de l&rsquo;État à la télévision en 2017 [2]. À chaque fois, la même ligne de partage. D&rsquo;un côté celui qui travaille et réussit. De l&rsquo;autre une figure repoussoir, l&rsquo;assisté, le jaloux, le contribuable qui râle.</p>
<p>Ces mots ne mesurent rien. Ils disent l&rsquo;agenda de ceux qui les prononcent. Le récit a aussi des relais mieux organisés. Des organisations patronales et des fondations financées par de grandes entreprises portent aussi ce récit. Pour elles, le pays « matraque » ses riches et fait fuir ses talents. Ces acteurs sont juges et parties sur l&rsquo;impôt du capital. Leur parole est un plaidoyer, pas un constat.</p>
<h2 id="le-mérite-plus-chéri-en-france-quailleurs">Le mérite, plus chéri en France qu&rsquo;ailleurs</h2>
<p>Depuis, ce récit se teste. Il suffit d&rsquo;interroger les Français.</p>
<p>Face aux riches, une large majorité s&rsquo;en moque. Les sondages, réunis par un observatoire des inégalités engagé sur le sujet mais adossé à la statistique publique, le montrent. 58 % expriment de l&rsquo;indifférence, 5 % de l&rsquo;hostilité, le reste se partage entre méfiance, admiration et envie [4]. 70 % trouvent que « c&rsquo;est une bonne chose de vouloir gagner de l&rsquo;argent et devenir riche » [4]. Le rejet de la richesse existe, mais il reste minoritaire.</p>
<p>Le mérite, lui, est une valeur cardinale. Les Français le classent cinquième parmi leurs valeurs fondamentales, deux rangs plus haut que la moyenne des autres pays. 75 % se disent méritants [5]. L&rsquo;argent motive aussi. Atteindre une situation confortable est leur première raison de travailler, au deuxième rang mondial [5].</p>
<p>Le cliché du Français paresseux ne tient pas mieux. Le travail reste important pour 84 % des salariés [6]. Et le constat vient des deux bords. Une fondation proche de la gauche le mesure. Un institut libéral, qu&rsquo;on ne soupçonnera pas de complaisance, le confirme. 77 % des actifs se disent satisfaits de leur travail, avec une durée réelle qui dépasse largement les 35 heures. Il range l&rsquo;image du salarié fatigué et désengagé parmi les idées reçues à abandonner [7].</p>
<h2 id="un-mérite-mal-récompensé">Un mérite mal récompensé</h2>
<p>Alors d&rsquo;où vient la colère, bien réelle, qu&rsquo;on prend pour de la jalousie ? Elle ne vise pas la réussite. Elle vise l&rsquo;idée que le système la distribue au mérite.</p>
<p>65 % des Français jugent le mérite mal défendu dans leur pays, contre 47 % ailleurs [5]. Ils estiment que le réseau, les relations et l&rsquo;héritage pèsent plus que le travail. Ce sentiment n&rsquo;est pas une lubie. Les chiffres lui donnent raison.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">6 générations</span> <span class="stat__label">le temps qu&#39;il faut, en France, pour qu&#39;un enfant d&#39;une famille modeste atteigne le revenu moyen (OCDE)</span></aside>

<p>Remonter l&rsquo;échelle est lent. Il faut environ six générations pour qu&rsquo;un enfant d&rsquo;une famille modeste atteigne seulement le revenu moyen. C&rsquo;est plus que la moyenne des pays riches, et deux à trois fois plus que dans les pays nordiques [8].</p>
<p>Surtout, l&rsquo;héritage est redevenu roi. La fortune héritée représente aujourd&rsquo;hui environ 60 % du patrimoine total, contre 35 % au début des années 1970 [9]. Et il est très concentré. La moitié des gens hériteront de moins de 70 000 euros dans leur vie. Le centième le mieux loti des héritiers touche en moyenne plus de 4 millions [9]. Au sommet, une vie de rentier peut désormais rapporter davantage qu&rsquo;une vie de travail [9]. Le patrimoine suit. Les 10 % les mieux dotés détiennent près de la moitié du patrimoine. La moitié la moins dotée en détient moins d&rsquo;un dixième [10].</p>
<p>Cette demande d&rsquo;équité n&rsquo;a rien d&rsquo;un extrême. La statistique publique le mesure aussi. Une nette majorité de Français veut réduire les écarts de salaires [11]. D&rsquo;autres enquêtes, malgré des commanditaires engagés, pointent dans le même sens. 77 % pour rétablir l&rsquo;impôt sur la fortune, dont une majorité des hauts revenus eux-mêmes, plus de huit sur dix pour taxer les superprofits [17]. Le souhait de faire payer davantage les plus fortunés traverse les camps politiques. Cela ne veut pas dire que toute solution avancée est bonne. Le projet le plus discuté est un impôt plancher sur les grandes fortunes : 2 % du patrimoine par an, au-delà de 100 millions d&rsquo;euros. Environ 1 800 foyers seraient concernés, pour un rendement estimé autour de 20 milliards d&rsquo;euros par an [18]. Le Sénat l&rsquo;a rejeté, il juge sa méthode contestable [18]. Le désaccord porte sur l&rsquo;outil, pas sur le constat.</p>
<h2 id="le--matraquage--à-lépreuve">Le « matraquage » à l&rsquo;épreuve</h2>
<p>Reste l&rsquo;argument massue du récit. La France croulerait sous l&rsquo;impôt, au point de punir ceux qui réussissent. Là, il faut être juste. Cet argument a une base réelle.</p>
<p>La France prélève beaucoup. En 2023, impôts et cotisations ont pesé 43,2 % de la richesse produite [19]. Sur la mesure qui compare les pays entre eux, c&rsquo;est le taux le plus élevé de la zone euro [20]. Et son impôt sur le revenu est très concentré. Les 10 % des foyers les plus aisés en paient environ les trois quarts [21]. Jusqu&rsquo;au sommet, plus on gagne, plus on est imposé. Cette règle tient, et même très haut dans l&rsquo;échelle.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Tout en haut, le taux d&rsquo;imposition ne monte plus. Il redescend.</aside>

<p>Puis quelque chose se retourne. Tout en haut, le taux d&rsquo;imposition ne monte plus. Il redescend. Pour les 378 foyers les plus riches du pays, il tombe autour de 26 %, contre 46 % pour les très hauts revenus juste en dessous [12]. Ce décompte est établi sur les données de l&rsquo;administration fiscale. Il retient une mesure large des revenus, qui inclut les bénéfices gardés dans les sociétés. Ce choix ne fait pas l&rsquo;unanimité, et il porte sur l&rsquo;année 2016 [12].</p>
<p>La raison est simple. Les revenus du sommet dorment dans des sociétés, imposées plus légèrement que les personnes. Résultat, les impôts payés en propre par ces foyers représentent environ 2 % de leurs revenus [12]. Le phénomène ne touche pas les riches ordinaires. Il concerne les quelques centaines de foyers tout en haut [12].</p>
<p>Tout ce débat se mesure en impôt sur les revenus. Or, au sommet, la richesse n&rsquo;est pas d&rsquo;abord un revenu, c&rsquo;est un patrimoine. Depuis 2018, la fortune détenue hors immobilier n&rsquo;est plus imposée [13]. Et le patrimoine des 500 plus riches est passé de 6,4 % de la richesse produite en 1996 à 42 % en 2024, selon les chiffres cités au débat parlementaire [18].</p>
<h2 id="2018--la-promesse-qui-nest-pas-venue">2018 : la promesse qui n&rsquo;est pas venue</h2>
<p>En 2018, une réforme a suivi ce récit à la lettre. Suppression de l&rsquo;impôt sur la fortune pour tout ce qui n&rsquo;est pas immobilier. Impôt unique et allégé sur les revenus du capital. Baisse de l&rsquo;impôt sur les sociétés. La promesse était claire. Libérer les riches ferait ruisseler l&rsquo;argent vers l&rsquo;investissement, l&rsquo;emploi, les salaires.</p>
<p>Cinq ans plus tard, une évaluation officielle a regardé. Le ruissellement n&rsquo;a pas été détecté. Aucun effet mesurable sur l&rsquo;investissement ni sur les salaires, chez les entreprises les plus exposées à la réforme [13]. En revanche, les dividendes versés aux actionnaires ont bondi, de 14 à 23 milliards par an [13]. En 2021, 1 % des foyers en ont capté 96 % [13]. Le remplacement de l&rsquo;impôt sur la fortune a coûté, à lui seul, plus de 4 milliards par an [13].</p>
<p>L&rsquo;argument de l&rsquo;exil fiscal, lui, s&rsquo;est effondré. Depuis la réforme, les foyers concernés qui reviennent en France sont plus nombreux que ceux qui partent [13]. C&rsquo;était l&rsquo;inverse du temps de l&rsquo;ancien impôt sur la fortune [13].</p>
<p>En 2026, l&rsquo;exécutif cherche des économies du côté des malades. Un décret annoncé le 23 juillet, non publié au 24 juillet, doit doubler le plafond annuel des franchises médicales, de 100 à 200 euros par personne [22]. Gain attendu : 430 à 530 millions d&rsquo;euros, selon le chiffrage de la commission des affaires sociales du Sénat [22]. Le remplacement de l&rsquo;impôt sur la fortune coûte, lui, plus de 4 milliards par an [13].</p>
<p>Voilà où va l&rsquo;argent. Le récit désigne un coupable, l&rsquo;assisté, le jaloux. Les chiffres, eux, désignent le sommet.</p>
<h2 id="une-querelle-vieille-dun-siècle">Une querelle vieille d&rsquo;un siècle</h2>
<p>Rien de tout cela n&rsquo;est neuf. La bataille sur l&rsquo;impôt des plus riches a plus de cent ans.</p>
<p>L&rsquo;impôt progressif sur le revenu est né d&rsquo;une loi de juillet 1914, après trente ans d&rsquo;affrontement [14]. Ses défenseurs y voyaient une arme contre la puissance des grands capitaux. Ses adversaires dénonçaient « un véritable instrument de spoliation » [15]. Les mots d&rsquo;aujourd&rsquo;hui étaient déjà là.</p>
<p>La concentration des fortunes, elle, dessine une courbe en U. Vers 1910, les 10 % les plus riches détenaient environ 85 % du patrimoine [16]. Ce niveau a fondu jusqu&rsquo;aux années 1980, puis il remonte depuis [16]. Quant à l&rsquo;idée d&rsquo;une France qui aurait, de tout temps, un rapport malade à l&rsquo;argent, elle circule surtout dans des essais. Aucun travail sérieux ne l&rsquo;établit comme un fait. C&rsquo;est un récit, pas une donnée.</p>
<h2 id="ce-que-disent-les-chiffres-au-bout">Ce que disent les chiffres, au bout</h2>
<p>Le tableau, mis bout à bout, est net. Un pays qui place le mérite plus haut que ses voisins. Où il faut six générations pour remonter du bas. Où l&rsquo;héritage décide du sommet, et où l&rsquo;impôt, tout en haut, redescend. Ceux à qui l&rsquo;on répète qu&rsquo;ils n&rsquo;aiment pas la réussite sont ceux qui la classent le plus haut. Ce qu&rsquo;ils voient, et que les chiffres confirment, c&rsquo;est que remonter prend six générations, et que le sommet, lui, s&rsquo;hérite.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.europe1.fr/politique/Wauquiez-l-assistanat-est-un-cancer-315908">Wauquiez : « L'assistanat est un cancer »</a>. Europe 1 (2011-05)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.lejdd.fr/Politique/a-lelysee-emmanuel-macron-tente-lexplication-de-texte-sur-les-premiers-de-cordee-3713504">À l'Élysée, Emmanuel Macron tente l'explication de texte sur les « premiers de cordée »</a>. Le JDD (2017-10)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.acrimed.org/Ras-le-bol-fiscal-le-grand-matraquage">Ras-le-bol fiscal : le grand matraquage</a>. Acrimed (2013)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.inegalites.fr/opinion-francais-sur-les-riches">L'opinion des Français sur les riches</a>. Observatoire des inégalités (2023)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.ipsos.com/sites/default/files/ct/news/documents/2021-12/IpsosxBCG%20-%20Enquete%20meritocratie.pdf">Enquête sur la méritocratie</a>. Ipsos / Boston Consulting Group (2021-12)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2023/01/focus-234-les-ambivalences-du-nouveau-rapport-au-travail.pdf">Les ambivalences du nouveau rapport au travail (Focus n° 234)</a>. Ifop / Fondation Jean-Jaurès (2023-01)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.institutmontaigne.org/ressources/pdfs/publications/les-francais-au-travail-depasser-les-idees-recues-enquete.pdf">Les Français au travail : dépasser les idées reçues</a>. Institut Montaigne (2023-02)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2018/06/a-broken-social-elevator-how-to-promote-social-mobility_g1g8e196/bc38f798-fr.pdf">L'ascenseur social en panne ? Comment promouvoir la mobilité sociale</a>. OCDE (2018-06)</li><li id="ref-9"><a href="https://cae-eco.fr/static/pdf/cae-note069.pdf">Repenser l'héritage (note n° 69)</a>. Conseil d'analyse économique (2021-12)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/6689022">Le patrimoine des ménages début 2021 (Insee Focus n° 287)</a>. Insee (2022)</li><li id="ref-11"><a href="https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2024-11/ER1316EMB.pdf">Baromètre d'opinion (études et résultats n° 1316)</a>. DREES (2024-11)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.ipp.eu/wp-content/uploads/2025/05/92_Note_IPP_Billionaires-version-actualisee.pdf">Quels impôts les milliardaires paient-ils ? (note n° 92)</a>. Institut des politiques publiques (2023-06)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/Rapport/fs-2023-rapport-isf-quatrieme_rapport_complet_17octobre_2.pdf">Comité d'évaluation des réformes de la fiscalité du capital, rapport final</a>. France Stratégie (2023-10)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.ipp.eu/wp-content/uploads/2014/07/n12-notesIPP-juillet2014.pdf">1914-2014 : cent ans d'impôt sur le revenu (note n° 12)</a>. Institut des politiques publiques (2014-07)</li><li id="ref-15"><a href="https://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/histoire/1914-1918/institution-de-l-impot-sur-le-revenu/presentation">Institution de l'impôt sur le revenu (1914)</a>. Assemblée nationale (1914)</li><li id="ref-16"><a href="https://variances.eu/?p=3510">Inégalités de patrimoine en France, 1800-2014 (séries WID)</a>. WID.world (résumé Variances) (2018)</li><li id="ref-17"><a href="https://www.oxfamfrance.org/app/uploads/2024/09/Sondage-Verian-x-Oxfam-Taxation-ultrariches-Septembre-2024-V2-1.pdf">Sondage sur la taxation des ultra-riches</a>. Oxfam France / Verian (2024-09)</li><li id="ref-18"><a href="https://www.senat.fr/rap/l24-689/l24-689_mono.html">Rapport n° 689 (2024-2025) sur la taxation du patrimoine des ultra-riches</a>. Sénat (2025)</li><li id="ref-19"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/2381412">Taux de prélèvements obligatoires rapportés au PIB (2023)</a>. Insee (2023)</li><li id="ref-20"><a href="https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-eurostat-news/w/ddn-20241031-1">EU and euro area tax-to-GDP ratio down in 2023</a>. Eurostat (2024-10)</li><li id="ref-21"><a href="https://www.impots.gouv.fr/sites/default/files/media/9_statistiques/0_etudes_et_stats/0_publications/dgfip_statistiques/2025/num32_04/dgfip_stat_32_2025.pdf">L'impôt sur le revenu en 2023 (DGFiP Statistiques n° 32)</a>. DGFiP (2025-04)</li><li id="ref-22"><a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/franchises-medicales-un-decret-est-en-preparation-pour-passer-de-100-a-200-euros-le-plafond-sur-les-medicaments-et-les-consultations-annonce-la-ministre-de-la-sante">Franchises médicales : un décret en préparation pour porter le plafond de 100 à 200 euros</a>. Public Sénat (2026-07-23)</li></ol>]]></description></item><item><title>Les grandes entreprises ont moins gagné, et plus versé à leurs actionnaires que jamais</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/benefices-versements-actionnaires-cac40/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/benefices-versements-actionnaires-cac40/</guid><pubDate>Thu, 06 Aug 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Économie</category><category>Grandes entreprises</category><category>Actionnaires</category><category>Inégalités</category><category>Fiscalité</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/benefices-versements-actionnaires-cac40/cover.webp" length="508462" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">En 2025, les quarante plus grandes entreprises françaises ont reversé 107,5 milliards d&rsquo;euros à leurs actionnaires. Jamais autant depuis que ce total est suivi. Leurs bénéfices, eux, avaient reculé l&rsquo;année d&rsquo;avant. Le record ne vient pas d&rsquo;une année faste. Il vient de la façon dont ces entreprises choisissent de partager l&rsquo;argent.</div>

<h2 id="la-croissance-ralentit-les-bénéfices-aussi">La croissance ralentit, les bénéfices aussi</h2>
<p>La première moitié du constat tient. La croissance française ralentit, et nettement. Le produit intérieur brut a progressé de 0,8 % en 2025. Contre 1,5 % en 2024 et 1,6 % en 2023 [1]. La pente descend d&rsquo;année en année.</p>
<p>La seconde moitié est plus confuse. On répète que les profits des grandes entreprises battent des records. Les chiffres ne le confirment pas. Le bénéfice net cumulé du CAC 40 a reculé de 12,55 % en 2024, à 130 milliards d&rsquo;euros [2]. Trois poids lourds tirent la baisse. L&rsquo;automobile Stellantis, dont le bénéfice a été divisé par plus de trois. Le pétrolier TotalEnergies, en repli de près d&rsquo;un quart. Le luxe LVMH, en baisse de 17 %.</p>
<p>Le vrai pic date de 2021. Il n&rsquo;a pas été revu depuis. Le niveau reste élevé, c&rsquo;est vrai. Troisième année d&rsquo;affilée au-dessus de 100 milliards de bénéfices cumulés. Mais pour 2024, le mot « record » est faux.</p>
<h2 id="le-record-est-du-côté-des-actionnaires">Le record est du côté des actionnaires</h2>
<p>Un record existe, pourtant. Il ne porte pas sur ce que les entreprises gagnent, mais sur ce qu&rsquo;elles reversent. En 2025, les groupes du CAC 40 ont rendu 107,5 milliards d&rsquo;euros à leurs actionnaires [3]. C&rsquo;est le plus haut total jamais mesuré.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">107,5 Md€</span> <span class="stat__label">versés aux actionnaires du CAC 40 en 2025, un record</span></aside>

<p>La hausse ne vient pas des dividendes. Ceux-ci sont restés bloqués à 72,8 milliards, comme l&rsquo;année d&rsquo;avant. Toute la hausse vient des rachats d&rsquo;actions. 34,8 milliards en 2025, contre 25,5 un an plus tôt. Près de 36 % de plus.</p>
<p>Un rachat d&rsquo;actions, c&rsquo;est simple. L&rsquo;entreprise rachète ses propres titres sur le marché. Il reste alors moins d&rsquo;actions en circulation. Chaque action restante pèse un peu plus. Un dividende, lui, verse du cash à tous les actionnaires. Un rachat profite d&rsquo;abord à ceux qui gardent leurs titres. Les deux ne se comptent pas ensemble sans le dire.</p>
<aside class="pullquote">Un rachat d&rsquo;actions profite d&rsquo;abord à ceux qui gardent leurs titres.</aside>

<h2 id="pour-qui--la-trace-dans-les-revenus-des-ménages">Pour qui : la trace dans les revenus des ménages</h2>
<p>Cet argent atterrit quelque part. Les comptes des ménages en gardent la trace. En 2024, les inégalités de niveau de vie ont atteint leur plus haut niveau depuis 1996 [9]. La hausse ne vient pas du bas de l&rsquo;échelle. Elle vient du haut, des revenus du patrimoine. Les dividendes touchés par les ménages ont bondi de 32 % en un an [9]. Le record versé par les entreprises et cette montée des inégalités sont les deux faces d&rsquo;un même partage.</p>
<p>Une réserve tient. Une partie de ces versements part vers des actionnaires étrangers et des fonds, hors des ménages français. Et cette mesure porte sur le niveau de vie, pas sur le patrimoine, dont les écarts sont bien plus larges.</p>
<h2 id="largument-de-linvestissement-et-sa-limite">L&rsquo;argument de l&rsquo;investissement, et sa limite</h2>
<p>Un argument revient en face. Ces sommes iraient nourrir l&rsquo;investissement et l&rsquo;emploi. Il a sa part de vrai. L&rsquo;investissement des entreprises françaises reste dans le haut du peloton européen. 21,7 % de la valeur ajoutée en 2024, devant l&rsquo;Allemagne à 18,8 % [7]. La France y tient ce rang de longue date.</p>
<p>Mais un chiffre nuance le lien. Depuis 2024, les entreprises ne financent plus tout leur investissement sur leurs propres ressources. Leur taux d&rsquo;autofinancement est passé sous 100 %, à 88,8 % en 2025 [7]. Une part passe désormais par l&rsquo;emprunt. Un investissement élevé ne prouve donc pas que ce sont les profits qui le paient. C&rsquo;est une coïncidence, pas une preuve. Le lien reste discuté, dans un sens comme dans l&rsquo;autre.</p>
<h2 id="limpôt--lécart-avec-les-pme-sest-presque-refermé">L&rsquo;impôt : l&rsquo;écart avec les PME s&rsquo;est presque refermé</h2>
<p>Une idée circule aussi. Les grandes entreprises paieraient beaucoup moins d&rsquo;impôt que les petites. C&rsquo;était vrai il y a quinze ans. Ça l&rsquo;est beaucoup moins aujourd&rsquo;hui. En 2007, l&rsquo;écart de taux effectif jouait de près de 10 points en faveur des grandes entreprises. En 2019, il n&rsquo;était plus que de 1,6 point [5]. Grandes entreprises 26 %, petites et moyennes hors micro 27,5 %.</p>
<p>Deux réserves comptent. Ces chiffres s&rsquo;arrêtent à 2019, faute de données plus récentes. Et selon la façon de compter, le sens s&rsquo;inverse. Sur un autre périmètre, les grandes entreprises restent nettement avantagées. L&rsquo;organisme public qui a produit ce constat prévient lui-même que l&rsquo;avantage pourrait être revenu depuis.</p>
<p>Une mesure récente a visé les plus gros. La loi de finances 2025 a créé une contribution exceptionnelle sur les entreprises de plus d&rsquo;un milliard d&rsquo;euros de chiffre d&rsquo;affaires [6]. Elle est ponctuelle. Son rendement est estimé autour de 8 milliards pour 2025, sans être encore constaté.</p>
<h2 id="côté-salariés-une-loi-sans-montant">Côté salariés, une loi sans montant</h2>
<p>Face à ce partage, une réponse publique existe. Une loi de 2023 sur le partage de la valeur [8]. Elle oblige certaines entreprises à mettre en place un dispositif de partage. Participation, intéressement, prime, au choix. Mais elle n&rsquo;impose aucun montant minimum. Son obligation nouvelle vise surtout les petites entreprises rentables, pas les plus grandes. Elle est expérimentale, prévue pour cinq ans. Pour les entreprises de 50 salariés et plus, elle demande seulement de négocier en cas de hausse exceptionnelle du bénéfice.</p>
<p>À l&rsquo;échelle de toute l&rsquo;économie, les salaires ont progressé. La rémunération des salariés a gagné 33,4 milliards d&rsquo;euros en 2024 [4]. Mais la part de la valeur ajoutée qui reste à l&rsquo;entreprise, une fois le travail payé, demeure au-dessus de sa moyenne d&rsquo;avant-crise. 32,2 % en 2024, contre 30,7 % en moyenne sur 2009-2019 [4].</p>
<h2 id="où-va-largent">Où va l&rsquo;argent</h2>
<p>Une fois les pièces triées, le tableau se resserre. La croissance faiblit, c&rsquo;est acquis. Les bénéfices des grandes entreprises ont reculé en 2024. Le seul record se trouve dans ce qu&rsquo;elles versent à leurs actionnaires, et d&rsquo;abord dans les rachats d&rsquo;actions. Sur la même période, les dividendes touchés par les ménages ont bondi de 32 %, et les inégalités de niveau de vie sont au plus haut depuis 1996 [3, 9]. La réponse prévue pour les salariés reste une loi sans montant imposé. Le total reversé aux actionnaires en 2025, lui, n&rsquo;a jamais été aussi haut. 107,5 milliards d&rsquo;euros, portés par les rachats d&rsquo;actions [3].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/8996855">Les comptes de la Nation en 2025 (Insee Première n° 2105)</a>. INSEE (29 mai 2026)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.tradingsat.com/cac-40-FR0003500008/actualites/cac-40-plombes-par-quelques-poids-lourds-les-benefices-du-cac-40-ont-baisse-de-125-en-2024-1134037.html">Plombés par quelques poids lourds, les bénéfices du CAC 40 ont baissé de 12,5 % en 2024</a>. TradingSat (reprenant les résultats publiés par les entreprises et l'AFP) (2025)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.vernimmen.net/Lire/Lettre_Vernimmen/Lettre_233.html">Lettre Vernimmen.net n° 233 : les versements aux actionnaires du CAC 40 en 2025</a>. Lettre Vernimmen.net (Pascal Quiry et Yann Le Fur) (2026)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/8574058">Les comptes de la Nation en 2024 : taux de marge et partage de la valeur ajoutée des sociétés non financières (Insee Première n° 2053)</a>. INSEE (2025)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/290538.pdf">Les différences d'imposition sur les bénéfices entre PME et grandes entreprises</a>. Conseil des prélèvements obligatoires (juin 2023)</li><li id="ref-6"><a href="https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/14609-PGP.html/ACTU-2025-00035">Contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises (loi de finances 2025, art. 48)</a>. BOFiP, direction générale des finances publiques (2025)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/8996855">Taux d'investissement des sociétés non financières (comptabilité nationale, comparaison zone euro Eurostat)</a>. INSEE et Eurostat (2026)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000048480565">LOI n° 2023-1107 du 29 novembre 2023 portant transposition de l'accord national interprofessionnel relatif au partage de la valeur au sein de l'entreprise</a>. Legifrance (29 novembre 2023)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/9019316">Niveau de vie et pauvreté en 2024 (Insee Première n° 2117)</a>. INSEE (2026)</li></ol>]]></description></item><item><title>Carburants : en 2024, plus de la moitié du prix du gazole était de la taxe</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/fiscalite-carburants-part-taxes-pompe/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/fiscalite-carburants-part-taxes-pompe/</guid><pubDate>Mon, 06 Jul 2026 08:00:07 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Carburants</category><category>Fiscalité</category><category>Pouvoir d'achat</category><category>Territoires</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/fiscalite-carburants-part-taxes-pompe/cover.webp" length="49018" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le prix affiché à la pompe se compose de trois blocs. Le pétrole, une taxe fixe, et la TVA par-dessus. En 2024, la taxe et la TVA pesaient ensemble 53 % du prix du gazole. Cet argent part surtout au budget de l&rsquo;État et aux routes. Et il pèse le plus lourd sur ceux qui roulent sans autre choix.</div>

<h2 id="trois-blocs-dans-le-prix-dont-deux-fixés-par-létat">Trois blocs dans le prix, dont deux fixés par l&rsquo;État</h2>
<p>Chaque litre de carburant porte deux prélèvements. D&rsquo;abord une accise, un montant fixe par litre. Ensuite la TVA à 20 %, ajoutée par-dessus. Le reste du prix, c&rsquo;est le pétrole, le raffinage, le transport et la distribution [1].</p>
<p>L&rsquo;accise ne change pas avec le prix affiché. Elle est fixée par la loi depuis 2018. Sur le gazole, elle est de 0,61 euro par litre. Sur le sans-plomb E10, de 0,67 euro [1]. L&rsquo;essence est donc un peu plus taxée que le gazole. C&rsquo;est ce qui explique l&rsquo;essentiel de son prix plus élevé à la pompe.</p>
<p>En moyenne, en 2024, l&rsquo;accise et la TVA ont pesé 53 % du prix du gazole [1]. C&rsquo;est deux points de plus qu&rsquo;en 2023. Mais pas parce que l&rsquo;État a augmenté l&rsquo;impôt. Uniquement parce que le prix hors taxes a baissé cette année-là.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">53 %</span> <span class="stat__label">part de la taxe et de la TVA dans le prix du gazole, en moyenne en 2024</span></aside>

<p>Cette part n&rsquo;est jamais figée. L&rsquo;accise est un montant fixe. Quand le baril monte, elle pèse une fraction plus faible du prix. Quand le baril baisse, elle en pèse une plus forte. Un chiffre de part est donc toujours daté. Au 27 février 2026, l&rsquo;accise seule pesait 36 % du prix du gazole et 39 % de celui de l&rsquo;essence [2]. La TVA venait en plus.</p>
<p>Un mécanisme est rarement dit. La TVA porte aussi sur l&rsquo;accise. « L&rsquo;accise sur les carburants est elle-même soumise à la TVA au taux normal de 20 % » [2]. C&rsquo;est donc une taxe sur la taxe. Quand le carburant monte, l&rsquo;accise ne bouge pas. Mais la TVA encaissée par l&rsquo;État, elle, augmente toute seule.</p>
<h2 id="où-va-largent--au-budget-général-et-aux-routes">Où va l&rsquo;argent : au budget général et aux routes</h2>
<p>En 2024, ces taxes ont rapporté 30,2 milliards d&rsquo;euros [2]. C&rsquo;est l&rsquo;un des premiers impôts indirects du pays. Cet argent se répartit en trois parts. L&rsquo;État en garde 16 milliards pour son budget général. Les collectivités locales reçoivent 12,2 milliards. L&rsquo;agence des infrastructures de transport en touche 2 [2, 3].</p>
<p>Cette agence finance des routes, du rail et des pistes cyclables. Ce n&rsquo;est pas un fonds pour le climat [3]. Dans les documents budgétaires, aucune ligne ne flèche cet impôt vers la transition écologique [3].</p>
<p>Une part carbone est pourtant bien incluse dans l&rsquo;accise. Environ 12 centimes par litre de gazole [2]. Elle devait monter par paliers, jusqu&rsquo;à 86,20 euros la tonne de CO2 en 2022. Cette hausse a été annulée par la loi de finances pour 2019, après le mouvement des gilets jaunes [2]. Depuis, cette part carbone est gelée à 44,60 euros la tonne. Elle n&rsquo;a plus bougé.</p>
<p>Le rendement de l&rsquo;impôt, lui, s&rsquo;érode. Il pesait 1,8 % de la richesse nationale à la fin des années 1990. Il n&rsquo;en pèse plus que 1,0 % en 2024 [3]. Reste un fait simple. C&rsquo;est d&rsquo;abord un impôt de rendement, avec une étiquette carbone gelée depuis 2018.</p>
<h2 id="qui-paie-le-plus--ceux-qui-roulent-sans-autre-choix">Qui paie le plus : ceux qui roulent sans autre choix</h2>
<p>La facture de carburant grimpe avec l&rsquo;éloignement des villes. En 2022, un ménage motorisé de ville a dépensé 981 euros dans l&rsquo;année. Un ménage périurbain, 1 480 euros. Un ménage rural, 1 855 euros [5]. Près du double de celui des villes.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">1 855 €</span> <span class="stat__label">carburant par an pour un ménage rural motorisé, en 2022</span></aside>

<p>Rapporté au budget, l&rsquo;écart se creuse encore. Le carburant et le fioul représentent 8,7 % de la dépense d&rsquo;un ménage rural. Contre 3,2 % pour un habitant de Paris centre [4]. Et cette dépense pèse aussi plus lourd sur les ménages modestes que sur les aisés [4]. Une taxe sur le carburant est donc doublement inégale. Par le revenu, et par le lieu de vie.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">La dépendance à la voiture tient au lieu où l&rsquo;on vit, pas à un caractère.</aside>

<p>S&rsquo;ajoute un piège. Ceux qui dépendent le plus de la voiture sont ceux qui peuvent le moins réduire leur consommation. Quand le prix grimpe de 1 %, la consommation ne baisse que de 0,2 à 0,4 % à court terme [5]. Les plus gros rouleurs ajustent encore moins que les autres [5]. Ils sont captifs.</p>
<p>Cette captivité tient à l&rsquo;usage et au territoire, pas au revenu déclaré. La sensibilité au prix change peu selon le niveau de vie, ou selon qu&rsquo;on habite en ville ou à la campagne [5]. Ce qui change, c&rsquo;est le montant dépensé. Un rural ne roule pas plus par confort. Il roule plus parce que son travail, l&rsquo;école et le médecin sont loin.</p>
<p>Cette inégalité n&rsquo;est pas une fatalité de l&rsquo;impôt. Elle se corrige par la redistribution. Des aides ciblées vers les ménages modestes rapportent cinq fois plus qu&rsquo;une aide versée à tout le monde [4]. La remise à la pompe de 2022 le montre à l&rsquo;envers. Comme elle était la même pour tous, elle a plus profité aux ménages aisés, qui roulent et consomment davantage [5].</p>
<p>Reste alors un fait net. Les données pointent un problème de conception fiscale et d&rsquo;absence de redistribution. Pas un coupable, ni un groupe de personnes.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Prix%20des%20produits%20p%C3%A9troliers%20en%202024.pdf">Les prix des produits pétroliers en 2024</a>. SDES / DGEC, ministère de la Transition écologique (2024)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.fipeco.fr/fiche/Les-taxes-sur-les-carburants">Les taxes sur les carburants</a>. FIPECO (2026)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2024-04/NEB-2023-Recettes-fiscales.pdf">Note d'exécution budgétaire 2023, mission Recettes fiscales de l'État</a>. Cour des comptes (2024-04)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/8887123">Taxer les émissions des entreprises ou taxer celles des ménages : effets selon les revenus et les territoires (Insee Analyses n° 117)</a>. INSEE (2024)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/7645853">L'ajustement de la consommation de carburant aux variations de prix (Insee Analyses n° 86)</a>. INSEE (2024)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>