<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Enfance | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/enfance/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Wed, 19 Aug 2026 08:39:57 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/enfance/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/enfance/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>« Fier d'être raciste » : un retraité condamné après avoir tiré près d'enfants au Puy-en-Velay</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/tirs-insultes-racistes-enfants-puy-en-velay/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/tirs-insultes-racistes-enfants-puy-en-velay/</guid><pubDate>Wed, 19 Aug 2026 08:39:57 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Racisme</category><category>Justice</category><category>Enfance</category><category>Droit</category><category>Haute-Loire</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/tirs-insultes-racistes-enfants-puy-en-velay/cover.webp" length="60922" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 19 avril 2026, une dizaine d&rsquo;enfants jouaient au ballon dans un quartier d&rsquo;Espaly-Saint-Marcel, en Haute-Loire. Ils avaient entre 6 et 11 ans. Un retraité de 65 ans est sorti de chez lui avec une carabine à plomb. Il a fait feu tout près d&rsquo;eux, en les insultant sur leur origine. Le 17 août, le tribunal du Puy-en-Velay l&rsquo;a condamné.</div>

<h2 id="devant-une-dizaine-denfants">Devant une dizaine d&rsquo;enfants</h2>
<p>Les faits sont datés et jugés. Ce dimanche d&rsquo;avril, des enfants de 6 à 11 ans jouaient dehors, au quartier de l&rsquo;Arbousset. Un homme de 65 ans est sorti armé. Il a tiré à la carabine à plomb près du groupe [1, 2].</p>
<p>Un garçon de 10 ans a été reconnu victime par le tribunal. Il a reçu 2 200 euros au titre de la réparation [1]. Son père avait produit un certificat médical. Trois jours d&rsquo;incapacité y sont notés, au titre du choc, pas d&rsquo;une plaie [2].</p>
<p>Sur une blessure, les récits divergent. Une tante d&rsquo;un enfant décrit un tir au mollet. Un compte rendu du procès parle d&rsquo;un tir « sans faire de blessé » [4]. Aucune blessure physique n&rsquo;a été établie par le tribunal. Le choc, lui, a été reconnu par un médecin.</p>
<h2 id="-je-ne-suis-pas-raciste--a-t-il-dit">« Je ne suis pas raciste », a-t-il dit</h2>
<p>À l&rsquo;audience, l&rsquo;homme a reconnu les faits [3]. Il a nié avoir visé les enfants. Il assure avoir « tiré en l&rsquo;air », avec une arme dont il avait « omis de mettre la sécurité » [2]. Sur les insultes, il a lâché : « si je l&rsquo;ai dit, c&rsquo;est par énervement, ça m&rsquo;a échappé, je ne suis pas raciste » [2]. Il se disait « harcelé » par les enfants. Il affirmait même avoir été traité de « sale Français » [2].</p>
<p>Un élément le contredit. Avant les faits, une vidéo avait été mise en ligne. On l&rsquo;y entend dire : « Je suis raciste et je suis fier d&rsquo;être raciste. Je le dis haut et fort » [2].</p>
<p>Sur ce qu&rsquo;il a crié ce jour-là, les comptes rendus rapportent des insultes visant l&rsquo;origine des enfants. On y lit « sales nègres » et « sales arabes », lancés ce jour-là et les mois d&rsquo;avant [2]. L&rsquo;avocate des familles a rappelé des enfants comparés à des animaux, « singes » ou « babouins » [4]. Ces mots viennent de témoins et de l&rsquo;accusation. Ils ne sont pas le texte du jugement.</p>
<h2 id="ce-que-le-tribunal-a-jugé">Ce que le tribunal a jugé</h2>
<aside class="stat"><span class="stat__num">2 200 €</span> <span class="stat__label">versés à l&#39;enfant de 10 ans reconnu victime</span></aside>

<p>La peine est de quinze mois de prison avec sursis probatoire de deux ans [1]. Ce sursis veut dire ceci : pas de prison tant qu&rsquo;il respecte ses obligations pendant deux ans. Parmi elles, une obligation de soins. S&rsquo;y ajoute une interdiction de détenir ou de porter une arme pendant dix ans [1].</p>
<p>Le tribunal a retenu deux choses à la fois. La violence avec arme. Et les injures publiques racistes [4]. Aucune relaxe n&rsquo;a été prononcée sur le volet raciste.</p>
<p>Côté réparations, il doit aussi verser un euro symbolique à deux associations, SOS Racisme et la Ligue des droits de l&rsquo;Homme [1]. Cet euro n&rsquo;indemnise rien. Il acte, sur le papier, la reconnaissance du racisme.</p>
<p>L&rsquo;accusation avait demandé quinze mois et trois ans de sursis probatoire. Le tribunal a retenu deux ans [3].</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Les insultes racistes ne sont pas entendables en 2026 ! » [3]</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">la présidente du tribunal, à l&#39;audience</figcaption>
</figure>

<h2 id="un-mobile-raciste-comment-la-loi-le-traite">Un mobile raciste, comment la loi le traite</h2>
<p>En France, il n&rsquo;existe pas de « délit de racisme » unique [5]. La loi passe par plusieurs portes. Le choix dépend de l&rsquo;acte, et du fait qu&rsquo;il soit public ou non.</p>
<p>Première porte : un mot raciste dit en public. Insulter une personne sur son origine, dehors, devant des tiers, c&rsquo;est une infraction à part entière. La loi de 1881 sur la presse la nomme injure publique raciste. Elle est punie d&rsquo;un an de prison et de 45 000 euros d&rsquo;amende [6].</p>
<p>Deuxième porte : un mobile raciste derrière une violence. Quand on frappe, menace ou dégrade « à raison » de l&rsquo;origine de la victime, la peine encourue est alourdie. C&rsquo;est l&rsquo;article 132-76 du code pénal [5]. Il ne crée pas d&rsquo;infraction. Il relève la peine maximale de l&rsquo;infraction déjà commise. Pour les délits punis de trois ans ou moins, ce maximum est porté au double. Au-dessus, il monte d&rsquo;un cran [5].</p>
<p>Ici, c&rsquo;est la première porte qui a servi. Le racisme a été poursuivi comme un délit à part, l&rsquo;injure publique raciste. Il a été jugé à côté de la violence avec arme, pas comme une aggravation du tir.</p>
<p>Le cadre de droit éclaire ce choix. L&rsquo;article 132-76 laisse de côté les infractions racistes de la loi de 1881, dont l&rsquo;injure publique [5]. Une insulte criée en public relève de ce texte-là, avec son propre régime. Elle se juge pour elle-même, plutôt que d&rsquo;alourdir la peine d&rsquo;un autre délit.</p>
<aside class="pullquote">Le racisme n&rsquo;a pas alourdi la peine du tir. Il a été jugé à part, comme un délit à lui seul.</aside>

<p>Le tribunal a donc jugé deux délits côte à côte. La violence avec arme d&rsquo;un côté. L&rsquo;injure publique raciste de l&rsquo;autre [4]. La prison sanctionne surtout la violence. Le racisme, lui, se lit dans la déclaration de culpabilité et dans l&rsquo;euro symbolique.</p>
<h2 id="le-racisme-a-failli-ne-pas-être-jugé">Le racisme a failli ne pas être jugé</h2>
<p>Au départ, ce volet n&rsquo;était pas dans le dossier. La plainte est déposée le 19 avril. L&rsquo;homme est convoqué pour la seule « violence avec arme » [2].</p>
<p>Les premières auditions signées ne mentionnent pas de propos racistes. Le parquet l&rsquo;a lui-même rappelé [2]. Le père et des témoins, eux, affirment les avoir signalés au commissariat [2].</p>
<p>Le 22 avril, une seconde enquête est ouverte, cette fois pour injure raciste [2]. Elle fait suite à des signalements d&rsquo;associations et à une nouvelle plainte du père. Le 6 mai, le parquet annonce que les injures racistes seront jugées aussi. L&rsquo;audience passe de juillet à août [2].</p>
<p>Le parquet est partie au procès, pas un arbitre neutre. Sa position a changé en cours de route. Sans cette seconde enquête, la carabine aurait été jugée seule. Les mots, non.</p>
<p>Reste ce que l&rsquo;homme disait de lui-même, avant les tirs, face caméra : « Je suis raciste et je suis fier d&rsquo;être raciste » [2]. Le tribunal, à son tour, a nommé ce racisme. Et l&rsquo;a inscrit dans une condamnation.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.franceinfo.fr/faits-divers/justice-proces/l-homme-juge-pour-des-insultes-racistes-et-un-tir-a-la-carabine-pres-d-enfants-en-haute-loire-a-ete-condamne-a-15-mois-de-prison-avec-sursis-probatoire_8151356.html">L'homme jugé pour des insultes racistes et un tir à la carabine près d'enfants en Haute-Loire a été condamné à 15 mois de prison avec sursis probatoire</a>. franceinfo (2026-08-17)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.franceinfo.fr/faits-divers/justice-proces/on-vous-resume-l-affaire-de-l-homme-juge-pour-des-insultes-racistes-et-un-tir-a-la-carabine-pres-d-enfants-en-haute-loire_8144645.html">On vous résume l'affaire de l'homme jugé pour des insultes racistes et un tir à la carabine près d'enfants en Haute-Loire</a>. franceinfo (2026-08-17)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.20min.ch/fr/story/france-injures-racistes-et-menaces-envers-des-gamins-il-evite-la-prison-103618847">Injures racistes et menaces envers des gamins : il évite la prison</a>. 20 minutes (Suisse) (2026-08-17)</li><li id="ref-4"><a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/haute-loire/puy-velay/j-ai-pu-tenir-ces-propos-15-mois-de-prison-avec-sursis-pour-l-homme-qui-avait-profere-des-insultes-racistes-et-tire-a-proximite-d-enfants-en-haute-loire-3402916.html">« J'ai pu tenir ces propos » : 15 mois de prison avec sursis pour l'homme qui avait proféré des insultes racistes et tiré à proximité d'enfants en Haute-Loire</a>. France 3 Auvergne-Rhône-Alpes (2026-08-19)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006417501">Article 132-76 du code pénal (circonstance aggravante de racisme)</a>. Légifrance (en vigueur)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000049312747">Article 33 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse (injure publique raciste)</a>. Légifrance (en vigueur)</li></ol>]]></description></item><item><title>Racisme visant des enfants : deux jugements l'établissent, aucune statistique ne le compte</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/racisme-enfants-justice-angle-mort-statistiques/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/racisme-enfants-justice-angle-mort-statistiques/</guid><pubDate>Tue, 18 Aug 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Racisme</category><category>Enfance</category><category>Discrimination</category><category>Statistiques publiques</category><category>École</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/racisme-enfants-justice-angle-mort-statistiques/cover.webp" length="40950" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 19 avril 2026, à Espaly-Saint-Marcel, près du Puy-en-Velay, une dizaine d&rsquo;enfants de 6 à 11 ans jouent au ballon. Un homme de 65 ans sort de chez lui. Il tient une carabine à plomb. Il fait feu. Un garçon de 10 ans est touché au mollet.</div>

<h2 id="un-tir-des-injures-une-condamnation">Un tir, des injures, une condamnation</h2>
<p>Quatre mois plus tard, le 17 août 2026, le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay a rendu son jugement [1]. Le retraité est condamné à quinze mois de prison avec sursis probatoire de deux ans [1]. Il ne peut plus détenir d&rsquo;arme pendant dix ans [1]. Il doit suivre des soins [1].</p>
<p>À l&rsquo;audience, l&rsquo;homme a reconnu les faits [4]. Il a nié avoir voulu viser les enfants. Mais il a admis avoir tenu des propos racistes [4]. Avant les faits, il s&rsquo;était déjà filmé.</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Je suis raciste et je suis fier d&rsquo;être raciste. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">L&#39;homme condamné, dans une vidéo enregistrée avant les faits</figcaption>
</figure>

<p>Un journal local a mis cette vidéo en ligne [2]. Elle a été enregistrée avant le tir [2]. Elle contredit l&rsquo;idée d&rsquo;un simple dérapage [2].</p>
<p>Selon la dépêche de l&rsquo;agence qui a couvert le dossier, l&rsquo;homme a fait feu en traitant les enfants de « sales nègres » ou « sales arabes » [3]. Ces mots viennent de témoignages, pas d&rsquo;un attendu du jugement [3]. Ce sont des éléments du dossier. Selon la même source, ces insultes ne datent pas du seul jour du tir. Elles duraient depuis des mois [3].</p>
<p>Sa défense a plaidé un tir sans intention de viser [3]. L&rsquo;homme s&rsquo;est dit « harcelé » par les enfants [3]. Il a affirmé avoir « tiré en l&rsquo;air » [3]. Le tribunal ne l&rsquo;a pas suivi. Sa présidente a tranché à l&rsquo;audience : « Les insultes racistes ne sont pas entendables en 2026 » [4].</p>
<p>La reconnaissance du caractère raciste n&rsquo;a pourtant pas été immédiate. Au départ, le parquet ne retenait pas ce motif [2]. Il relevait qu&rsquo;aucune première audition n&rsquo;en faisait état [2]. Le parquet est l&rsquo;autorité qui poursuit. Sa position est celle d&rsquo;une partie, pas un verdict. Après un signalement de deux associations, une seconde enquête a été ouverte [2]. Le motif d&rsquo;injure publique raciste a alors été ajouté [2].</p>
<p>Le jugement en garde une trace concrète. L&rsquo;homme doit verser un euro symbolique à SOS Racisme et à la Ligue des droits de l&rsquo;Homme, parties civiles [1]. Et 2 200 euros à l&rsquo;enfant visé [1].</p>
<h2 id="à-pesmes-une-porte-fermée-pour-un-prénom">À Pesmes, une porte fermée pour un prénom</h2>
<p>Le racisme visant un enfant ne prend pas toujours la forme d&rsquo;un tir. Parfois, c&rsquo;est une porte qu&rsquo;on ferme. À Pesmes, en Haute-Saône, un adolescent cherchait un stage [5]. Il était mineur et suivi par l&rsquo;Aide sociale à l&rsquo;enfance [5]. Une éducatrice l&rsquo;accompagnait pour sa candidature [5]. Un artisan menuisier a refusé de le prendre [5]. Le motif tenait à son prénom et à sa religion supposée [5].</p>
<p>« Je ne prends pas les musulmans », a lancé l&rsquo;artisan [5]. À l&rsquo;audience, il a confirmé ses propos. Il les a même répétés [5].</p>
<p>Le tribunal de Vesoul l&rsquo;a condamné pour discrimination raciste [5]. Quatre mois de prison avec sursis. Et 3 500 euros d&rsquo;amende [5]. Il doit aussi 600 euros au jeune, pour son préjudice moral [5]. La procureure avait demandé 2 000 euros. Le tribunal a prononcé près du double [5].</p>
<p>Deux affaires, deux registres. Une violence avec arme d&rsquo;un côté. Un refus discriminatoire de l&rsquo;autre. Chacune établit des faits précis, dans un dossier précis. Aucune ne dit combien de fois cela se produit. Une condamnation est un cas jugé, pas une statistique.</p>
<h2 id="un-angle-mort--les-chiffres-ne-comptent-pas-les-enfants">Un angle mort : les chiffres ne comptent pas les enfants</h2>
<p>C&rsquo;est là que le dossier bascule. Pour savoir si ces faits sont rares ou fréquents, il faut des chiffres. Sur les enfants, ces chiffres n&rsquo;existent presque pas.</p>
<p>Le racisme, lui, se compte. En 2024, la police et la gendarmerie ont enregistré plus de 16 000 infractions racistes [7]. Les crimes et délits, à eux seuls, ont augmenté de 11 % en un an [7]. Mais ce total ne se découpe pas selon l&rsquo;âge des victimes [7].</p>
<p>Le service statistique du ministère de l&rsquo;Intérieur publie pourtant cet âge [6]. Sa tranche la plus basse est « moins de 15 ans » [6]. Il n&rsquo;y a aucune case « mineurs » [6]. Les 15 à 17 ans sont comptés avec les jeunes adultes [6].</p>
<p>Chez les plus jeunes, les plaintes sont rares. 18 % des victimes racistes enregistrées ont moins de 25 ans [6]. Elles sont 29 % dans la population [6]. Ce n&rsquo;est pas le signe d&rsquo;un moindre danger. C&rsquo;est le signe que ces victimes portent rarement plainte [6].</p>
<p>Une autre enquête corrige ce manque de plaintes. Elle interroge directement les gens sur ce qu&rsquo;ils ont subi [6]. Elle révèle plus d&rsquo;un million d&rsquo;adultes visés par une atteinte raciste en 2022 [6]. Moins de 3 % l&rsquo;ont signalée à la police [6]. Mais cette enquête s&rsquo;arrête à 18 ans [6]. Elle ne compte aucun mineur.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">La seule enquête qui corrige les plaintes manquantes s&rsquo;arrête à 18 ans.</aside>

<aside class="stat"><span class="stat__num">Moins de 3 %</span> <span class="stat__label">des adultes victimes d&#39;une atteinte raciste la signalent à la police</span></aside>

<p>La même absence se retrouve ailleurs. Le Défenseur des droits reçoit les plaintes pour discrimination. L&rsquo;origine est le premier motif d&rsquo;appel de sa plateforme [11]. L&rsquo;institution a aussi une mission dédiée aux droits de l&rsquo;enfant [10]. Mais les données publiées ne croisent pas ces deux comptages [10]. Aucune ne dénombre les enfants visés pour leur origine [10].</p>
<h2 id="lécole-seul-endroit-où-lon-compte-et-où-ça-monte">L&rsquo;école, seul endroit où l&rsquo;on compte, et où ça monte</h2>
<p>Un seul lieu compte le racisme subi par des enfants : l&rsquo;école [8]. Et il en recense de plus en plus. 3 630 actes racistes et antisémites en 2023-2024 [8]. 3 851 l&rsquo;année suivante [8]. Pour la part raciste seule, le compte passe de 1 960 à 2 183 [8].</p>
<p>Ce chiffre demande de la prudence, dans les deux sens. C&rsquo;est l&rsquo;Éducation nationale qui le produit. Elle recense les faits signalés dans ses propres murs [9]. Elle est donc juge de son propre périmètre [9]. Une hausse des actes recensés peut mêler deux choses : plus de faits, ou plus de signalements [8]. Et ce compte ignore tout ce qui se passe hors de l&rsquo;école : la rue, les transports, internet, le voisinage [8].</p>
<p>À l&rsquo;intérieur des collèges et lycées, un autre outil mesure les incidents graves [9]. Il en compte 0,8 pour 1 000 élèves à motivation raciste, xénophobe ou antisémite [9]. Plus d&rsquo;un sur dix s&rsquo;inscrit dans une situation de harcèlement [9].</p>
<p>Ceux qui produisent ces données le disent eux-mêmes. Le rapporteur national sur le racisme y consacre cette année une partie entière [8]. Il qualifie le racisme chez l&rsquo;enfant de « sujet encore trop peu étudié » [8].</p>
<h2 id="un-manque-de-chiffres-pas-un-manque-de-faits">Un manque de chiffres, pas un manque de faits</h2>
<p>Le manque de chiffres n&rsquo;est pas un manque de faits. La sous-déclaration est déjà forte chez les adultes [6]. Elle l&rsquo;est sans doute davantage pour des enfants, qui portent rarement plainte seuls.</p>
<p>Deux enfants ont aujourd&rsquo;hui un jugement à leur nom. Au Puy-en-Velay, un tribunal a chiffré le préjudice de l&rsquo;un d&rsquo;eux : 2 200 euros [1]. À l&rsquo;échelle du pays, aucune enquête ne dit combien d&rsquo;autres subissent des injures racistes.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.franceinfo.fr/faits-divers/justice-proces/l-homme-juge-pour-des-insultes-racistes-et-un-tir-a-la-carabine-pres-d-enfants-en-haute-loire-a-ete-condamne-a-15-mois-de-prison-avec-sursis-probatoire_8151356.html">L'homme jugé pour des insultes racistes et un tir à la carabine près d'enfants en Haute-Loire a été condamné à 15 mois de prison avec sursis probatoire</a>. franceinfo (2026-08-17)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.franceinfo.fr/faits-divers/justice-proces/on-vous-resume-l-affaire-de-l-homme-juge-pour-des-insultes-racistes-et-un-tir-a-la-carabine-pres-d-enfants-en-haute-loire_8144645.html">On vous résume l'affaire de l'homme jugé pour des insultes racistes et un tir à la carabine près d'enfants en Haute-Loire</a>. franceinfo (2026-08)</li><li id="ref-3"><a href="https://fr.news.yahoo.com/sport/homme-condamn%C3%A9-%C3%A0-quinze-mois-190607134.html">Un homme condamné à quinze mois de prison pour des insultes racistes et un tir à la carabine près d'enfants (dépêche AFP)</a>. Agence France-Presse (via Yahoo Actualités) (2026-08-17)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.20min.ch/fr/story/france-injures-racistes-et-menaces-envers-des-gamins-il-evite-la-prison-103618847">Injures racistes et menaces envers des gamins : il évite la prison</a>. 20 minutes (2026-08-17)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.ici.fr/infos/faits-divers-justice/quatre-mois-de-sursis-et-3-500-euros-d-amende-contre-un-homme-condamne-a-vesoul-pour-discrimination-raciste-5122415">Quatre mois de sursis et 3 500 euros d'amende contre un homme condamné à Vesoul pour discrimination raciste</a>. ICI (Radio France, ex-France Bleu) (2023-10-26)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.dilcrah.gouv.fr/files/2025-08/IR-49-1.pdf">Interstats Informations Rapides n°49 : les atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux en 2024</a>. Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) (2025-03)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.interieur.gouv.fr/actualites/communiques-de-presse/atteintes-a-caractere-raciste-xenophobe-ou-antireligieux-en-2024">Les atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux en 2024 (communiqué)</a>. Ministère de l'Intérieur (SSMSI) (2025-03-14)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.cncdh.fr/sites/default/files/2026-06/CNCDH%20Essentiels%20du%20rapport%20racisme%202025.pdf">Les essentiels du rapport 2025 sur la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie</a>. Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) (2026-06-25)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.cncdh.fr/sites/default/files/2025-06/MEN_CNCDH_Contribution_def_2024.pdf">Contribution du ministère de l'Éducation nationale au rapport 2024 de la CNCDH sur la lutte contre le racisme</a>. Ministère de l'Éducation nationale (DEPP, SIVIS) (2024)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.defenseurdesdroits.fr/racisme-antisemitisme-et-xenophobie-contribution-du-defenseur-des-droits-au-rapport-2024-de-la">Racisme, antisémitisme et xénophobie : contribution du Défenseur des droits au rapport 2024 de la CNCDH</a>. Défenseur des droits (2024)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/2025-03/ddd_rapport-annuel-2024_20250305.pdf">Rapport annuel d'activité 2024 du Défenseur des droits</a>. Défenseur des droits (2025-03-05)</li></ol>]]></description></item><item><title>Violences sexuelles sur mineurs : la plainte se perd avant le juge</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/violences-sexuelles-mineurs-plaintes-justice/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/violences-sexuelles-mineurs-plaintes-justice/</guid><pubDate>Wed, 12 Aug 2026 07:42:21 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Justice</category><category>Enfance</category><category>Violences sexuelles</category><category>Police</category><category>Statistiques</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/violences-sexuelles-mineurs-plaintes-justice/cover.webp" length="109470" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">En août 2025, une mère prévient la justice. Sa fille de 11 ans subit des viols en série. L&rsquo;enquête est menée en trois mois, et bien menée. Puis le dossier se perd dans la machine. Transmis sur papier, il est enregistré 23 jours en retard, rangé par erreur dans la pile des affaires non urgentes. Le suspect n&rsquo;est jamais entendu. Les appels répétés de la mère restent sans réponse [11].</div>

<h2 id="le-point-de-rupture-est-en-amont">Le point de rupture est en amont</h2>
<p>Ce naufrage n&rsquo;est pas isolé dans sa logique. En France, très peu de violences sexuelles sur enfants finissent devant un tribunal. Et cela ne se joue pas au moment du jugement.</p>
<p>Le décompte le plus récent porte sur les adultes mis en cause pour viol ou agression sexuelle sur mineur, entre 2017 et 2024. Résultat : 64 % ne sont pas poursuivables [1]. Dans ces cas, le motif est presque toujours le même. L&rsquo;infraction est jugée insuffisamment caractérisée, trois fois sur quatre [1]. En clair, il manque des preuves. Souvent, l&rsquo;auteur est pourtant connu.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">64 %</span> <span class="stat__label">des majeurs mis en cause pour viol ou agression sexuelle sur mineur ne sont pas poursuivables (2017-2024)</span></aside>

<p>Avant même le parquet, un premier filtre a déjà tout réduit. Une agression sur un enfant donne lieu à une plainte dans moins d&rsquo;un cas sur cinq. Un sur huit pour l&rsquo;inceste [2]. L&rsquo;essentiel des faits n&rsquo;entre jamais dans le système.</p>
<p>Et le parcours commence mal. Au commissariat, refuser une plainte reste une pratique courante, alors que la loi l&rsquo;interdit [5, 6]. Un fait déclassé en simple main courante ne connaîtra jamais de suite pénale.</p>
<h2 id="quand-un-procès-a-lieu-la-peine-tombe-lourde">Quand un procès a lieu, la peine tombe, lourde</h2>
<p>Le récit d&rsquo;une justice qui laisserait filer les coupables se heurte à un chiffre. Une fois le viol jugé, la condamnation est dure. Prison ferme dans 93 % des cas. Dix ans de réclusion ou plus pour 69 % des condamnés, et 76 % quand la victime est mineure [4].</p>
<p>Le problème documenté n&rsquo;est donc pas la clémence du juge. C&rsquo;est que la plupart des dossiers n&rsquo;arrivent jamais jusqu&rsquo;à lui.</p>
<aside class="pullquote">Le problème documenté n&rsquo;est pas la clémence du juge. C&rsquo;est que la plupart des dossiers n&rsquo;arrivent jamais jusqu&rsquo;à lui.</aside>

<h2 id="un-chiffre-à-manier-avec-prudence">Un chiffre à manier avec prudence</h2>
<p>Un slogan circule : 94 % des plaintes pour viol classées sans suite. Il est fragile, et ce journal ne le reprend pas tel quel. Il vient d&rsquo;une seule année, 2020, le point haut d&rsquo;une courbe, sur des données non redressées [8]. Son calcul écarte du compte les affaires envoyées aux assises, ce qui gonfle le taux de façon mécanique [8, 9]. Le service statistique du ministère de la Justice a lui-même estimé qu&rsquo;il surestime les classements [9].</p>
<p>Le fait solide est plus mesuré, et il suffit. La réponse pénale au viol reste faible, et le taux de classement élevé [1, 5]. Inutile de forcer le trait pour le voir.</p>
<h2 id="le-nœud--la-preuve-et-des-moyens-comptés">Le nœud : la preuve, et des moyens comptés</h2>
<p>Pourquoi tant d&rsquo;affaires calent-elles ? Le blocage est rarement la réalité des faits. C&rsquo;est la preuve. L&rsquo;examen médical doit se faire dans les 72 heures, une fenêtre souvent manquée. Les unités médico-judiciaires sont rares, souvent une seule par cour d&rsquo;appel. Quatre victimes sur cinq ne portent aucune trace [5]. Et le consentement, une fois nié par la défense, devient très difficile à trancher.</p>
<p>Derrière, il y a une question de moyens. La France compte 11 juges pour 100 000 habitants, contre une médiane européenne autour de 17. Pour les procureurs, ceux-là mêmes qui décident de poursuivre ou de classer, elle en aligne 3, contre une médiane de 11 [7]. Le nombre d&rsquo;affaires, lui, grimpe. Plus de la moitié en plus de personnes mises en cause traitées par les parquets entre 2020 et 2024 [1].</p>
<p>Faut-il tout mettre sur le manque de moyens ? Les avis divergent, et ce journal ne tranche pas à leur place. Les deux plus hauts magistrats du pays estiment que la crise ne se réduit pas aux moyens [14]. Sur le cas d&rsquo;août 2025, l&rsquo;inspection a pointé une faute de suivi, pas seulement un budget [11]. Les deux lectures coexistent, selon qu&rsquo;on regarde un dossier ou tout un système.</p>
<h2 id="ce-que-le-dossier-ne-dit-pas">Ce que le dossier ne dit pas</h2>
<p>Un dernier point, souvent tu. Ces violences ne viennent pas d&rsquo;ailleurs. Dans les faits rapportés, l&rsquo;agresseur est un proche de l&rsquo;enfant dans près de huit cas sur dix [2]. Un membre de la famille, le plus souvent, et les violences dans la famille sont les plus graves : quatre sur cinq sont des viols, contre une sur trois hors du foyer [3]. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;étranger à désigner. Le sujet est une affaire de preuve et de moyens, pas la faute d&rsquo;un groupe de personnes.</p>
<h2 id="pour-qui-cela-change-quelque-chose">Pour qui cela change quelque chose</h2>
<p>Reste la vraie question. Pour qui tout cela change-t-il quelque chose ?</p>
<p>D&rsquo;abord pour l&rsquo;enfant. Quand la plainte n&rsquo;aboutit pas, il reste souvent en contact avec la personne qu&rsquo;il accuse [12]. Et sa parole peine à passer. Une fois sur deux, l&rsquo;enfant qui révèle des violences n&rsquo;est pas cru. Plus de six fois sur dix quand il est en situation de handicap [12].</p>
<p>Ensuite pour le parent qui le protège, le plus souvent la mère. Elle peut se retrouver poursuivie à son tour, pour non-présentation d&rsquo;enfant, quand elle refuse de le confier au parent mis en cause. La loi prévoit un an de prison et 15 000 euros d&rsquo;amende. En 2025, deux instances internationales ont alerté la France sur ces situations [10].</p>
<p>Et pour la personne mise en cause. Elle reste présumée innocente. « Non poursuivable » ne veut dire ni coupable ni menteur. Le plus souvent, cela veut dire qu&rsquo;on n&rsquo;a pas pu prouver [9]. Un classement ne ferme d&rsquo;ailleurs pas tout. La victime peut encore saisir elle-même un juge [9].</p>
<h2 id="ce-qui-a-bougé">Ce qui a bougé</h2>
<p>Depuis, la loi a changé. Le non-consentement est entré dans la définition du viol, en vigueur depuis novembre 2025 [13]. D&rsquo;autres textes sont annoncés, encore en discussion.</p>
<p>Mais l&rsquo;essentiel se joue avant le procès, là où les dossiers se perdent. Quand un viol arrive devant un juge, la peine est lourde [4]. Le point de rupture est avant, dans tout ce qui n&rsquo;y arrive jamais.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/2025-11/Infostat_Justice_205.pdf">Infostat Justice n°205, Viol et agression sexuelle sur mineur</a>. Ministère de la Justice (novembre 2025)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.ciivise.fr/sites/ciivise/files/2024-12/CIIVISE_Rapport_On_vous_croit_nov_2023.pdf">Violences sexuelles faites aux enfants : on vous croit</a>. CIIVISE (novembre 2023)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.interieur.gouv.fr/content/download/137834/1089484/file/IR47.pdf">Info Rapide n°47, Les victimes de violences physiques ou sexuelles enregistrées en 2024</a>. SSMSI, ministère de l'Intérieur (février 2025)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/2023-11/Infos_Rapides_Justice_n9_Violences%20sexuelles.pdf">Infos Rapides Justice n°9, Violences sexuelles : près d'une condamnation sur six relève du viol</a>. Ministère de la Justice (novembre 2023)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/sites/hce/files/2025-10/HCE-2025-RAPPORT-VIOLENCE-V05.pdf">Mettre fin au déni et à l'impunité face aux viols et aux agressions sexuelles</a>. Haut Conseil à l'Égalité (octobre 2025)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.defenseurdesdroits.fr/que-faire-en-cas-de-refus-de-plainte-899">Que faire en cas de refus de plainte ?</a>. Défenseur des droits (2025)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.justice.gouv.fr/actualites/espace-presse/publication-du-rapport-2024-commission-europeenne-levaluation-systemes-judiciaires">Publication du rapport 2024 de la Commission européenne pour l'évaluation des systèmes judiciaires (CEPEJ)</a>. Ministère de la Justice (octobre 2024)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.ipp.eu/publication/le-traitement-judiciaire-des-violences-sexuelles-et-conjugales-en-france/">Note IPP n°107, Le traitement judiciaire des violences sexuelles et conjugales en France</a>. Institut des politiques publiques (avril 2024)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.actu-juridique.fr/droit-penal/violences-sexuelles/violences-sexuelles-la-valse-des-chiffres-delirants/">Violences sexuelles : la valse des chiffres délirants (contre-expertise, note SSER)</a>. Actu-Juridique (2024)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cion_lois/l17b2363_rapport-fond">Rapport n°2363, commission des lois (traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses, parents protecteurs)</a>. Assemblée nationale (janvier 2026)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.actu-juridique.fr/justice/affaire-lyhanna-le-pre-rapport-de-linspection-generale-pointe-des-carences-graves-et-des-defaillances/">Affaire Lyhanna : le pré-rapport de l'inspection générale pointe des carences graves et des défaillances</a>. Actu-Juridique (juin 2026)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.ciivise.fr/sites/ciivise/files/2026-06/Analyse%20mise%20en%20oeuvre%20des%20recommandations%20CIIVISE%20Fev%2026%20v13.pdf">Analyse de la mise en œuvre des recommandations de la CIIVISE (bilan)</a>. CIIVISE (mai 2026)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000052535571">Code pénal, article 222-23 (loi n° 2025-1057 du 6 novembre 2025, non-consentement)</a>. Légifrance (novembre 2025)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.leclubdesjuristes.com/en-bref/affaire-lyhanna-les-deux-plus-hauts-magistrats-de-france-alertent-sur-une-mecanique-du-bouc-emissaire-dans-une-crise-systemique-16576/">Affaire Lyhanna : les deux plus hauts magistrats de France alertent sur une mécanique du bouc émissaire dans une crise systémique</a>. Le Club des Juristes (juin 2026)</li></ol>]]></description></item><item><title>Mortalité des nourrissons : la France était première d'Europe, elle est aujourd'hui 21e</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/mortalite-infantile-france-hausse-donnees/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/mortalite-infantile-france-hausse-donnees/</guid><pubDate>Wed, 05 Aug 2026 08:43:35 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Santé publique</category><category>Périnatalité</category><category>Enfance</category><category>Inégalités</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/mortalite-infantile-france-hausse-donnees/cover.webp" length="281504" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">En 2024, 2 700 enfants sont morts en France avant leur premier anniversaire. Un sur 250. Il y a quinze ans, il en mourait à peu près autant. Mais il naissait alors bien plus d&rsquo;enfants. Le taux, lui, remonte. La France a longtemps compté le moins de bébés morts de toute l&rsquo;Europe. Ce n&rsquo;est plus le cas.</div>

<h2 id="un-enfant-sur-250-et-la-courbe-qui-remonte">Un enfant sur 250, et la courbe qui remonte</h2>
<p>Le chiffre vient d&rsquo;un décompte officiel, publié en avril 2025 [1]. En 2024, la mortalité infantile atteint 4,1 pour 1 000 naissances. Soit 2 700 enfants morts avant un an. Le taux remonte lentement depuis le début des années 2010. Environ 1 % de plus chaque année [3].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">2 700</span> <span class="stat__label">enfants morts avant un an en France en 2024</span></aside>

<p>Il faut poser l&rsquo;échelle tout de suite. Ce niveau reste historiquement très bas. En 1901, c&rsquo;était 151 pour 1 000. Près d&rsquo;un enfant sur sept. Personne ne revit cela. La remontée d&rsquo;aujourd&rsquo;hui se compte en dixièmes de point, pas en effondrement.</p>
<p>Ce qui inquiète n&rsquo;est donc pas le niveau. C&rsquo;est le sens de la courbe, et la comparaison. En 1990, la France comptait le moins de bébés morts de toute l&rsquo;Union européenne [2]. En 2024, elle est 21e sur 27 [3]. La Suède fait presque moitié moins. Ses voisins ont continué de baisser. La France, elle, est repartie vers le haut.</p>
<h2 id="où-la-hausse-se-loge-et-qui-elle-touche">Où la hausse se loge, et qui elle touche</h2>
<p>La donnée est précise sur un point. La hausse ne vient pas du jour de la naissance. Ni de la période après le premier mois. Ces deux moments sont restés stables. Toute la remontée se concentre entre le premier et le vingt-septième jour de vie [1].</p>
<p>Elle ne frappe pas au hasard. Les jumeaux et triplés meurent cinq fois plus que les enfants seuls, souvent nés trop tôt [1]. Outre-mer, le taux est deux fois celui de l&rsquo;Hexagone [1]. En métropole, le département le plus touché est la Seine-Saint-Denis, le plus pauvre du territoire métropolitain (5,4 pour 1 000 sur 2019-2021) [1]. Ces écarts ne disent pas une origine. Ils disent la pauvreté, l&rsquo;accès aux soins, l&rsquo;information.</p>
<p>La santé des mères s&rsquo;est aussi dégradée. Le surpoids et l&rsquo;obésité pendant la grossesse concernent 37 % des femmes en 2024, contre 27 % en 2012 [3]. Les grossesses arrivent plus tard. Ce sont des facteurs de risque de population, pas une faute individuelle.</p>
<h2 id="les-maternités-qui-ferment--un-soupçon-qui-ne-tient-pas-la-mesure">Les maternités qui ferment : un soupçon qui ne tient pas la mesure</h2>
<p>Un récit s&rsquo;est installé. On ferme des maternités, donc des bébés meurent. Le premier fait est vrai. Le nombre de maternités a été divisé par trois depuis 1975, de 1 369 à 446 [4]. La part des femmes à plus de 45 minutes d&rsquo;une maternité a augmenté d&rsquo;environ 40 % entre 2000 et 2017 [4]. Loin des grandes villes, il faut rouler plus longtemps pour accoucher. Le sentiment d&rsquo;un service qui recule est fondé.</p>
<p>Mais le lien avec la mortalité, lui, n&rsquo;est pas démontré [4]. Les taux les plus élevés ne sont pas dans les campagnes isolées.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Les taux les plus élevés touchent des femmes qui vivent à moins de cinq kilomètres d&rsquo;une maternité.</aside>

<p>Ils touchent des femmes qui vivent à moins de cinq kilomètres d&rsquo;une maternité, dans des villes pauvres [4, 2]. Ce qui pèse n&rsquo;est pas le nombre de kilomètres. C&rsquo;est la distance sociale : la précarité, le suivi médical, les transports.</p>
<p>Cette prudence a une limite, et il faut la dire. « Non démontré » ne veut pas dire « aucun effet ». Les sociétés savantes qui écartent ce lien plaident aussi pour plus de moyens dans leurs propres services : elles sont juges et parties [4]. Reste que rien, à ce jour, ne permet d&rsquo;écrire que les fermetures expliquent la hausse. C&rsquo;est pourtant sur ce lien supposé que repose le moratoire sur les fermetures voté par les députés en 2025 [4].</p>
<h2 id="une-mort-sur-dix-reste-sans-cause">Une mort sur dix reste sans cause</h2>
<p>Le fait le plus lourd du dossier est rarement dit. Environ une mort infantile sur dix n&rsquo;a aucune cause documentée. Et cette part augmente depuis 2020 [3]. La raison est administrative : les certificats de décès sont de plus en plus souvent incomplets [3].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">1 sur 10</span> <span class="stat__label">décès de nourrissons sans cause documentée</span></aside>

<p>Le pays compte ses décès, mais il ne les relie pas à une histoire médicale. Faute de registre national, il n&rsquo;a pas l&rsquo;outil pour le faire.</p>
<aside class="pullquote">La France sait combien d&rsquo;enfants meurent. Elle ne sait pas toujours pourquoi.</aside>

<p>Sans cet outil, aucune politique ne peut viser juste. On agit à l&rsquo;aveugle sur un problème qu&rsquo;on ne cartographie pas.</p>
<h2 id="des-annonces-un-rapport-quon-attend-toujours">Des annonces, un rapport qu&rsquo;on attend toujours</h2>
<p>Le manque était connu. Dès 2024, la Cour des comptes réclamait un registre des naissances et des décès [6]. Un registre a été annoncé en 2025. La même année, les députés ont adopté en première lecture une loi qui le prévoit, en plus du moratoire sur les fermetures [4]. Un système national d&rsquo;observation est en construction depuis septembre 2025 [7].</p>
<p>Puis, début 2026, le gouvernement a lancé une nouvelle mission sur la périnatalité. Quelques experts, trois mois pour conclure [5]. Le 7 juillet 2026, il en a présenté les « premières recommandations », rangées en quatre axes [3]. Mais le travail complet qui les fonde n&rsquo;a pas été rendu public. On connaît les conclusions, pas le diagnostic.</p>
<p>Ce procédé a fait réagir. Le président des gynécologues-obstétriciens a parlé « d&rsquo;apparat, de représentation et de démagogie », et d&rsquo;un calendrier relevant de « l&rsquo;improvisation et de la manipulation » [5]. La présidente d&rsquo;un collège de sages-femmes a jugé que « pour le moment, c&rsquo;est mal engagé » [5]. Ces voix sont elles aussi parties prenantes : elles défendent des professions concernées. Mais le constat de base ne prête pas à discussion. Des recommandations ont été publiées, le rapport qui devrait les porter, non.</p>
<p>Reste le chiffre qui résume tout. Une mort d&rsquo;enfant sur dix, en France, sans cause écrite. Tant qu&rsquo;il ne baisse pas, le pays saura combien de nourrissons il perd, sans toujours pouvoir dire pourquoi.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/8547061">INSEE Première n° 2048 (mortalité infantile en 2024)</a>. INSEE (avril 2025)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.ined.fr/fr/actualites/presse/une-mortalite-infantile-plus-elevee-en-france-que-chez-ses-voisins/">Une mortalité infantile plus élevée en France que chez ses voisins</a>. INED (20 mars 2025)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/anomalies-congenitales/bulletin-national/sante-perinatale-et-petite-enfance-en-france-entre-2012-2024">Santé périnatale et petite enfance en France entre 2012 et 2024</a>. Santé publique France (8 juillet 2026)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.franceinfo.fr/sante/enfant-ado/vrai-ou-faux-la-hausse-de-la-mortalite-infantile-en-france-est-elle-liee-aux-fermetures-de-maternites_7261248.html">Vrai ou faux : la hausse de la mortalité infantile est-elle liée aux fermetures de maternités ?</a>. franceinfo (2025)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.vidal.fr/actualites/37537-mortalite-infantile-a-peine-lances-par-le-gouvernement-des-travaux-deja-contestes.html">Mortalité infantile : à peine lancés par le gouvernement, des travaux déjà contestés</a>. Vidal (mars 2026)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-politique-de-perinatalite">La politique de périnatalité</a>. Cour des comptes (mai 2024)</li><li id="ref-7"><a href="https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sources-outils-et-enquetes/systeme-national-dobservation-obstetrical-perinatal-et-infantile-snoopi">Système national d'observation obstétrical, périnatal et infantile (Snoopi)</a>. DREES (2025)</li></ol>]]></description></item><item><title>Sur dix viols, une plainte. Et la plupart s'arrêtent avant le juge</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/viol-plaintes-classees-sans-suite-justice/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/viol-plaintes-classees-sans-suite-justice/</guid><pubDate>Wed, 15 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Violences sexuelles</category><category>Justice pénale</category><category>Police</category><category>Enfance</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/viol-plaintes-classees-sans-suite-justice/cover.webp" length="43322" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Une victime de viol sur dix porte plainte. C&rsquo;est le premier goulet, et de loin le plus large. Sur les plaintes qui partent, la plupart n&rsquo;atteignent jamais un procès. Le dossier casse en amont : dans la police, chez le procureur, dans la preuve. Une fois qu&rsquo;un viol est jugé et reconnu, la peine, elle, est lourde. Le problème n&rsquo;est donc pas au bout de la chaîne. Il est au début.</div>

<h2 id="neuf-viols-sur-dix-ne-franchissent-pas-la-porte-dun-commissariat">Neuf viols sur dix ne franchissent pas la porte d&rsquo;un commissariat</h2>
<p>Environ une victime de viol sur dix porte plainte [1, 2]. Les neuf autres restent dans le silence. Chez les victimes majeures de violences sexuelles physiques, 6 % déposent plainte. Pour les violences physiques, c&rsquo;est 22 % [3].</p>
<p>Ce silence n&rsquo;est pas de la passivité. C&rsquo;est la peur de ne pas être crue. La honte. Le sentiment qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucune preuve. Et l&rsquo;emprise, quand l&rsquo;agresseur est un proche.</p>
<p>C&rsquo;est dans la famille que ce silence est le plus lourd. Les violences sexuelles subies avant 15 ans dans le cadre familial ne sont signalées que dans 8 % des cas [3]. Pour l&rsquo;inceste sur un enfant, une plainte est déposée dans 12 % des cas [4].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">1 %</span> <span class="stat__label">des incestes sur mineur aboutissent à une condamnation</span></aside>

<h2 id="la-plainte-que-le-commissariat-ne-prend-pas">La plainte que le commissariat ne prend pas</h2>
<p>La loi est nette. Tout policier ou gendarme doit recevoir une plainte, même s&rsquo;il la croit vouée à l&rsquo;échec. C&rsquo;est l&rsquo;article 15-3 du code de procédure pénale [6].</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas toujours respecté. Un rapport public parle de refus de plainte devenus « pratique courante ». Des victimes sont renvoyées, faute de « chances d&rsquo;aboutir » [7].</p>
<p>Parfois, la plainte est transformée en simple main courante. Or une main courante n&rsquo;ouvre aucune poursuite. C&rsquo;est une note, rien de plus [7]. Une enquête publique mesure qu&rsquo;une personne sur cinq s&rsquo;est vu refuser un dépôt de plainte, tous motifs confondus, pas seulement pour viol [8].</p>
<h2 id="deux-dossiers-sur-trois-sarrêtent-chez-le-procureur">Deux dossiers sur trois s&rsquo;arrêtent chez le procureur</h2>
<p>Quand la plainte est bien enregistrée, elle arrive chez le procureur. C&rsquo;est lui qui décide de poursuivre ou de classer. En 2023, 17 177 personnes ont été mises en cause pour viol sur une victime majeure. Plus de deux sur trois ont vu l&rsquo;affaire classée [7].</p>
<p>Le motif revient le plus souvent : « infraction insuffisamment caractérisée » [1]. En clair : il manque de quoi prouver. Ce n&rsquo;est pas que l&rsquo;auteur soit introuvable. Dans les affaires de violences sexuelles, l&rsquo;auteur est identifié trois fois sur quatre [1]. Quand l&rsquo;auteur est inconnu, le dossier est classé deux fois sur trois. Quand il est identifié, une fois sur deux quand même [7].</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Ce qui est contesté, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;acte. C&rsquo;est le consentement.</aside>

<p>Le nœud est ailleurs. Ce qui est contesté, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;acte, c&rsquo;est le consentement. Le mis en cause reconnaît souvent la relation et affirme qu&rsquo;elle était consentie [7]. Face à cela, il faut des preuves. Et elles manquent vite.</p>
<p>La preuve du corps se perd au départ. L&rsquo;examen médical doit se faire dans les trois jours. Quatre victimes sur cinq n&rsquo;ont aucune trace [7]. Hors Île-de-France, il n&rsquo;existe qu&rsquo;une seule unité médico-judiciaire par région [7, 9]. Les prélèvements ne sont pas toujours réalisés, par manque de moyens ou en l&rsquo;absence de réquisition [9].</p>
<p>Un chiffre circule beaucoup : « 94 % des plaintes pour viol classées sans suite ». Il faut s&rsquo;en méfier. C&rsquo;est une valeur d&rsquo;une seule année, 2020. Le calcul ne corrige pas les données brutes. Et il écarte les affaires qui finissent aux assises après instruction. Cela gonfle le taux de façon mécanique. Le service statistique du ministère de la Justice a d&rsquo;ailleurs jugé qu&rsquo;il surestimait le classement [10]. Le chiffre officiel solide est déjà lourd : au moins deux viols sur trois classés parmi les mis en cause adultes [7].</p>
<p>Côté enfants, le tri est comparable. Parmi les majeurs mis en cause pour viol ou agression sexuelle sur un mineur, près des deux tiers ne sont pas poursuivables, le plus souvent pour infraction insuffisamment caractérisée [17].</p>
<h2 id="le-viol-parfois-jugé-comme-un-simple-délit">Le viol parfois jugé comme un simple délit</h2>
<p>Un viol est un crime. La loi prévoit quinze ans de réclusion, vingt en cas de circonstance aggravante. L&rsquo;agression sexuelle, elle, est un délit, jugé au tribunal correctionnel, avec cinq ans au maximum [11].</p>
<p>Entre les deux, une bascule existe. Elle porte un nom : la correctionnalisation. Un viol est requalifié en agression sexuelle, puis jugé comme un délit. Combien ? Personne ne le sait. Aucun chiffre national officiel n&rsquo;existe [2]. En 2012, le parquet renvoyait 16 % des auteurs de viols poursuivis directement vers le tribunal correctionnel. Sans instruction [2]. S&rsquo;y ajoutent les requalifications décidées après instruction, qui ne sont pas comptées.</p>
<p>On dispose seulement de comptages locaux. Dans une juridiction, sur 159 délits sexuels jugés au tribunal, neuf étaient en réalité des viols [2]. C&rsquo;est un petit décompte, sur un seul tribunal, pas un chiffre national. Un viol ainsi requalifié sort de la ligne « viol ». Il n&rsquo;est plus compté comme tel [2].</p>
<p>Une idée fausse mérite d&rsquo;être écartée. Le tribunal correctionnel n&rsquo;est pas plus sévère. La peine moyenne y est plus de trois fois inférieure à la peine criminelle [2]. Et il faut garder la mesure : la correctionnalisation est réelle, mais elle pèse moins que le classement. C&rsquo;est d&rsquo;abord au stade du classement que les dossiers tombent [2].</p>
<h2 id="au-bout-de-la-chaîne-des-peines-lourdes">Au bout de la chaîne, des peines lourdes</h2>
<p>Les dossiers qui vont jusqu&rsquo;au procès sont rares. Environ 1 200 condamnations pour viol sont prononcées chaque année [12]. En 2024, 2 865 condamnations pour « viols et autres crimes sexuels », une catégorie un peu plus large [13].</p>
<p>Mais quand la condamnation tombe, elle est lourde. 93 % des majeurs reconnus coupables de viol prennent de la prison ferme. Dans près de sept cas sur dix, dix ans ou plus [12]. La durée moyenne de réclusion est de treize ans [13].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">69 %</span> <span class="stat__label">des peines de prison ferme pour viol atteignent dix ans ou plus</span></aside>

<p>Une fois jugé, un viol est donc puni fermement. La chute du nombre de condamnations ne se joue pas devant le juge. Elle se joue avant : au dépôt de plainte, au recueil de la preuve, au classement.</p>
<h2 id="dans-la-famille-tous-les-obstacles-à-la-fois">Dans la famille, tous les obstacles à la fois</h2>
<p>C&rsquo;est dans la sphère privée que se concentrent les viols déclarés par les femmes. Prises à part, la famille et les proches forment l&rsquo;espace où elles en déclarent le plus (1,4 % des femmes). Mais en réunissant le conjoint et l&rsquo;ex-conjoint, le viol dans le couple passe devant (1,6 %). C&rsquo;est la première forme déclarée [14]. En 2024, un viol condamné sur dix a été commis par le conjoint ou le concubin [13].</p>
<p>Là, tous les obstacles se cumulent. L&rsquo;emprise. La peur. La dépendance. Le silence d&rsquo;un huis clos sans témoin. Des révélations qui viennent des années plus tard [5].</p>
<p>Le temps joue contre la victime. Le viol n&rsquo;est pas imprescriptible. Vingt ans pour un adulte. Pour un mineur, trente ans après sa majorité, soit jusqu&rsquo;à ses 48 ans [15]. Passé ce délai, plus aucune poursuite n&rsquo;est possible. Et les preuves, elles, ont disparu depuis longtemps.</p>
<h2 id="une-affaire-récente-une-défaillance-de-gestion">Une affaire récente, une défaillance de gestion</h2>
<p>Au printemps 2026, une affaire a rouvert le débat. En août 2025, la mère d&rsquo;une fillette de 11 ans avait déposé plainte pour une cinquantaine de viols.</p>
<p>L&rsquo;enquête a d&rsquo;abord été « parfaitement menée » en trois mois. Puis le dossier s&rsquo;est perdu. Une transmission sur papier au lieu d&rsquo;un envoi direct. Un enregistrement en retard de 23 jours, « placé par erreur dans la pile non urgente ». Des actes jamais réalisés. Le suspect jamais entendu. C&rsquo;est ce que décrit un pré-rapport d&rsquo;inspection de juin 2026 [16].</p>
<p>Ici, le dossier n&rsquo;a pas cassé faute de preuve. Il a cassé faute de suivi. C&rsquo;est une autre cause, distincte du manque de moyens.</p>
<p>Un détail relie ce cas au reste. Le même homme, français et sans casier, avait déjà été signalé avant. En 2017, pour une relation avec une adolescente de 17 ans. Ce signalement a été classé sans suite. En 2022, une plainte pour viol sur une enfant a suivi. Elle a été classée en 2024, pour « infraction insuffisamment caractérisée ». Le motif national, retrouvé dans un dossier singulier.</p>
<h2 id="la-loi-bouge-lentonnoir-reste">La loi bouge, l&rsquo;entonnoir reste</h2>
<p>Le droit a changé. Depuis novembre 2025, le non-consentement est entré dans la définition du viol [11]. Après l&rsquo;affaire de l&rsquo;été, un texte est en cours d&rsquo;examen. Il annonce un délai d&rsquo;enquête resserré, le réexamen de plaintes classées, des peines alourdies pour les viols en série sur mineurs [18].</p>
<p>Mais un texte en discussion n&rsquo;est pas un dossier traité. La plupart des dossiers tombent avant d&rsquo;arriver devant un juge : au dépôt, au recueil de la preuve, au classement. C&rsquo;est là, en amont, que se joue la réponse au viol.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://ipp.eu/wp-content/uploads/2024/04/Note_IPP_Violences_aux_femmes-5.pdf">Note IPP n°107 : Le traitement judiciaire des violences sexuelles et conjugales en France</a>. Institut des politiques publiques (IPP) (avril 2024)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/Documents-pdf/2016_Rapport_recherche_ORDCS_10.pdf">Les viols dans la chaîne pénale (rapport de recherche ORDCS)</a>. Observatoire régional de la délinquance et des contextes sociaux (ORDCS) (2016)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.interieur.gouv.fr/content/download/137834/1089484/file/IR47.pdf">Interstats Info Rapide n°47 : Les victimes de violences physiques ou sexuelles enregistrées par les services de sécurité en 2024</a>. SSMSI, ministère de l'Intérieur (février 2025)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.ciivise.fr/sites/ciivise/files/2024-12/CIIVISE_Rapport_On_vous_croit_nov_2023.pdf">Violences sexuelles faites aux enfants : on vous croit</a>. CIIVISE (novembre 2023)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.ciivise.fr/sites/ciivise/files/2026-06/Avis%20CIIVISE%20ASE%20Juin%202026_.pdf">Avis relatif à la prise en compte des violences sexuelles et de l'inceste dans le dispositif de protection de l'enfance</a>. CIIVISE (26 juin 2026)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038311441">Code de procédure pénale, article 15-3</a>. Légifrance (version en vigueur, 2026)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/sites/hce/files/2025-10/HCE-2025-RAPPORT-VIOLENCE-V05.pdf">Mettre fin au déni et à l'impunité face aux viols et aux agressions sexuelles</a>. Haut Conseil à l'Égalité (HCE) (octobre 2025)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.defenseurdesdroits.fr/enquete-sur-lacces-aux-droits-sur-les-relations-entre-police-et-population-que-retenir-896">Enquête sur l'accès aux droits : relations entre police et population</a>. Défenseur des droits (24 juin 2025)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.igas.gouv.fr/sites/igas/files/2026-07/Rapport%20conjoint%20preuves%20sans%20plainte.pdf">Le recueil de preuves sans plainte pour les victimes de violences physiques et sexuelles</a>. IGAS / IGJ / IGA (juillet 2026)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.actu-juridique.fr/app/uploads/2024/05/Note-SSER-Article-IPP-taux-de-classement-sans-suite2.pdf">Note SSER sur le taux de classement sans suite (réponse à l'étude IPP)</a>. Service de la statistique (SSER), ministère de la Justice (mai 2024)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000052535571">Code pénal, article 222-23 (définition du viol)</a>. Légifrance (version en vigueur depuis le 8 novembre 2025)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/2023-11/Infos_Rapides_Justice_n9_Violences%20sexuelles.pdf">Infos Rapides Justice n°9 : Les violences sexuelles, près d'une condamnation sur six relève du viol</a>. Ministère de la Justice (30 novembre 2023)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/2026-04/Rapport%20annuel%20sur%20les%20condamnations%20en%20France%20en%202024_corr_DP.pdf">Les condamnations en France, données 2024</a>. Ministère de la Justice (février 2026)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.vss-formation.fr/wp-content/uploads/2024/10/Ined-Enquete-Virage-2015.pdf">Enquête Virage : premiers résultats sur les violences sexuelles (Document de travail n°229)</a>. Ined (2017)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F36493/2">Prescription du viol (fiche pratique)</a>. Service-public.fr (consulté en juillet 2026)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.actu-juridique.fr/justice/affaire-lyhanna-le-pre-rapport-de-linspection-generale-pointe-des-carences-graves-et-des-defaillances/">Affaire Lyhanna : le pré-rapport de l'inspection générale pointe des carences graves et des défaillances</a>. Actu-Juridique (Lextenso) (22 juin 2026)</li><li id="ref-17"><a href="https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/2025-11/Infostat_Justice_205.pdf">Infostat Justice n°205 : Viol et agression sexuelle sur mineur</a>. Ministère de la Justice (novembre 2025)</li><li id="ref-18"><a href="https://www.vie-publique.fr/loi/303379-protection-des-enfants-projet-de-loi-2026-ase-controle-periscolaire">Protection des enfants : projet de loi 2026</a>. Vie-publique.fr (1er juillet 2026)</li></ol>]]></description></item><item><title>Lait cru : un danger concentré sur les tout-petits, un seul bénéfice sérieusement étudié</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/lait-cru-risques-benefices-enfants/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/lait-cru-risques-benefices-enfants/</guid><pubDate>Tue, 14 Jul 2026 08:44:17 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Alimentation</category><category>Fromages</category><category>Santé publique</category><category>Enfance</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/lait-cru-risques-benefices-enfants/cover.webp" length="115520" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Au printemps 2019, quatorze jeunes enfants ont souffert d&rsquo;une grave atteinte des reins. Le plus jeune avait six mois. Tous avaient mangé un fromage au lait cru. Sept ont eu besoin d&rsquo;un rein artificiel. En dix ans, la France a connu trois épidémies de ce genre. Le lait cru fait pourtant l&rsquo;objet d&rsquo;un vieux débat, entre danger sanitaire et vertus supposées. Les études permettent de trancher.</div>

<h2 id="trois-épidémies-presque-toujours-des-enfants">Trois épidémies, presque toujours des enfants</h2>
<p>Le point commun de ces épidémies est une bactérie. Un type d&rsquo;E. coli, présent parfois dans le lait cru [1]. Elle produit une toxine qui attaque les reins. Chez le jeune enfant, cela déclenche parfois un syndrome grave. Les médecins l&rsquo;appellent syndrome hémolytique et urémique. C&rsquo;est la première cause d&rsquo;insuffisance rénale aiguë chez les tout-petits [1].</p>
<p>Ce syndrome ne vient pas que du lait cru. La viande hachée mal cuite, l&rsquo;eau souillée, le contact avec des animaux le provoquent aussi. Mais les fromages au lait cru en sont une cause régulière et tracée. Sur la dernière décennie, ils sont liés à une large part des infections à cette bactérie en France.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">60 %</span> <span class="stat__label">des infections à cette bactérie E. coli en France, ces dix dernières années, sont liées aux fromages au lait cru (ANSES)</span></aside>

<p>Les épidémies récentes portent des noms de fromages connus. En 2018, un reblochon au lait cru a contaminé plusieurs enfants de un à cinq ans. Onze ont développé la maladie rénale. Un enfant est mort [3]. En 2019, des Saint-Marcellin et Saint-Félicien ont touché quatorze enfants. Six ont présenté des complications neurologiques [4]. Fin 2024, un morbier au lait cru a de nouveau frappé. Onze enfants malades, quatre rappels de lots [5].</p>
<p>Le poids sur les plus jeunes est net. Chaque année, cent à cent soixante enfants de moins de quinze ans développent ce syndrome, toutes causes confondues [2]. En 2023, sur cent quarante-trois cas, près de sept sur dix touchaient un enfant de moins de trois ans [2]. De là vient la règle officielle. Pas de fromage au lait cru avant cinq ans [1].</p>
<h2 id="tous-les-fromages-au-lait-cru-ne-se-valent-pas">Tous les fromages au lait cru ne se valent pas</h2>
<p>Le lait cru reste un pilier du patrimoine fromager français. Près des trois quarts des fromages sous appellation en sont faits [6]. La France ne l&rsquo;a pas interdit. Elle recommande, elle encadre, elle n&rsquo;impose pas l&rsquo;arrêt [1]. Les États-Unis, eux, interdisent sa vente entre États depuis 1987 [7].</p>
<p>Surtout, le risque n&rsquo;est pas le même d&rsquo;un fromage à l&rsquo;autre. Les pâtes pressées cuites sont sûres. Le comté, le gruyère, le beaufort en font partie [1]. Leur fabrication chauffe le caillé, puis un long affinage fait le reste. Un fromage au lait cru bien cuit dans un plat au four ne pose plus de problème non plus [1].</p>
<p>Le danger se concentre ailleurs. Sur les pâtes molles comme le camembert ou le reblochon jeune, surtout pour les publics fragiles [1]. Un détail compte. Retirer la croûte ne protège pas. La bactérie se répartit dans toute la pâte [1].</p>
<h2 id="la-légende-du-lait-cru--plus-sain-">La légende du lait cru « plus sain »</h2>
<p>Une idée circule depuis longtemps. Le lait cru serait plus riche, et la pasteurisation détruirait ses nutriments. Les études disent le contraire. Chauffer le lait ne détruit presque aucune de ses vitamines [8, 9]. La seule vraiment sensible à la chaleur est la vitamine C. Or le lait en contient de toute façon très peu [8]. Les protéines et le calcium, eux, restent identiques [8].</p>
<p>Le reste des vertus prêtées au lait cru ne tient pas mieux. Ses enzymes ne facilitent pas la digestion. L&rsquo;acidité de l&rsquo;estomac les détruit avant qu&rsquo;elles agissent [8]. Il ne contient pas non plus de « bonnes bactéries » utiles. Celles qu&rsquo;il porte ne sont pas des probiotiques [8, 10]. Au contraire, un taux élevé de bactéries dans un lait signale surtout un défaut d&rsquo;hygiène à la traite [10].</p>
<p>Quant à l&rsquo;intolérance au lactose, le lait cru ne la soulage pas. Il contient autant de lactose que le lait pasteurisé [8]. Au total, aucune preuve solide ne montre qu&rsquo;il nourrit mieux, se digère mieux, ou aide contre le lactose [10].</p>
<h2 id="le-seul-bénéfice-sérieux-et-ce-quen-disent-ses-découvreurs">Le seul bénéfice sérieux, et ce qu&rsquo;en disent ses découvreurs</h2>
<p>Un bénéfice, pourtant, résiste à l&rsquo;examen. Les enfants qui grandissent à la ferme et boivent du lait cru font moins d&rsquo;asthme et d&rsquo;allergies [11]. La baisse atteint environ 40 % pour l&rsquo;asthme dans une grande étude [11]. L&rsquo;effet est réel, mesuré plusieurs fois. Mais il ne dit pas ce qu&rsquo;une lecture rapide en conclut.</p>
<p>D&rsquo;abord, cet effet va avec toute la vie à la ferme. L&rsquo;étable, les animaux, la poussière, le lait, tout est mêlé [11]. Impossible d&rsquo;isoler le rôle du seul lait. Ensuite, l&rsquo;effet disparaît quand le lait est chauffé [11]. Ce qui protège serait une molécule fragile, détruite par la cuisson.</p>
<aside class="pullquote">Ce qui protégerait est détruit par le geste même qui rend le lait sûr.</aside>

<p>Un dernier point tranche le débat. Les chercheurs qui ont mis en évidence cet effet refusent d&rsquo;en tirer un conseil. Ils écrivent noir sur blanc qu&rsquo;il ne faut pas boire de lait cru pour se protéger des allergies [12]. La raison tient aux bactéries dangereuses qu&rsquo;il peut contenir [12]. Leur piste est d&rsquo;isoler la molécule utile, pour la mettre un jour dans un produit sûr. Jamais de recommander le lait cru.</p>
<h2 id="ce-que-pèsent-les-deux-plateaux">Ce que pèsent les deux plateaux</h2>
<p>Au bout du compte, les deux plateaux ne pèsent pas pareil. D&rsquo;un côté, un danger prouvé, daté, grave chez les tout-petits. De l&rsquo;autre, un bénéfice réel mais fragile, que ses propres découvreurs refusent de conseiller.</p>
<p>Le lait cru reste un produit du terroir, légal et encadré. La règle sanitaire, elle, tient en peu de mots. Pas de lait cru pour les tout-petits et les publics fragiles, sauf les pâtes pressées cuites. Le comté et le beaufort passent la table de tout le monde. Le camembert au lait cru, lui, attendra les cinq ans de l&rsquo;enfant.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.anses.fr/en/content/raw-milk-cheeses-what-are-associated-health-risks-and-what-preventive-measures-can-be-taken">Fromages au lait cru : quels risques sanitaires et quelles mesures de prévention ?</a>. ANSES (4 août 2022)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-infectieuses-d-origine-alimentaire/syndrome-hemolytique-et-uremique-pediatrique/documents/bulletin-national/syndrome-hemolytique-et-uremique-en-france.-bilan-2023">Syndrome hémolytique et urémique en France, bilan 2023</a>. Santé publique France (29 octobre 2024)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2018/epidemie-de-syndrome-hemolytique-et-uremique-pediatrique-a-escherichia-coli-o26-en-france-metropolitaine-en-lien-avec-la-consommation-de-reblochon">Épidémie de SHU à E. coli O26 liée au reblochon au lait cru, France 2018</a>. Santé publique France (15 juin 2018)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2019/epidemie-de-shu-pediatrique-a-e.-coli-o26-en-france-metropolitaine-en-lien-avec-la-consommation-de-fromages-saint-marcellin-et-saint-felicien-poi">Épidémie de SHU à E. coli O26 liée aux fromages Saint-Marcellin et Saint-Félicien au lait cru, France 2019</a>. Santé publique France (25 mai 2019)</li><li id="ref-5"><a href="https://agriculture.gouv.fr/e-coli-retrait-rappel-de-morbier-au-lait-cru-de-la-societe-perrin-vermot-en-raison-dune-possible">E. coli : retrait-rappel de morbier au lait cru de la société Perrin-Vermot</a>. ministère de l'Agriculture (25 janvier 2025)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.inao.gouv.fr/sites/default/files/2024-11/Chiffres-cl%C3%A9s-laitier-AOP-IGP-2023.pdf">Chiffres clés des produits laitiers AOP-IGP, part du lait cru</a>. INAO (2024)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.fda.gov/food/buy-store-serve-safe-food/food-safety-and-raw-milk">Food Safety and Raw Milk</a>. FDA (États-Unis) (2024)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.fda.gov/food/buy-store-serve-safe-food/raw-milk-misconceptions-and-danger-raw-milk-consumption">Raw Milk Misconceptions and the Danger of Raw Milk Consumption</a>. FDA (États-Unis) (2011)</li><li id="ref-9"><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22054181/">Systematic Review and Meta-Analysis of the Effects of Pasteurization on Milk Vitamins</a>. Journal of Food Protection (2011)</li><li id="ref-10"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4890836/">Raw Milk Consumption: Risks and Benefits</a>. Nutrition Today (2015)</li><li id="ref-11"><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21875744/">Consumption of unprocessed cow's milk and asthma/allergy in children (cohorte GABRIELA)</a>. Journal of Allergy and Clinical Immunology (octobre 2011)</li><li id="ref-12"><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21155907/">Can farm milk consumption prevent allergic diseases ?</a>. Clinical & Experimental Allergy (janvier 2011)</li></ol>]]></description></item><item><title>Réparer un crâne d'enfant sans l'empêcher de grandir : la piste des implants qui s'effacent</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/prothese-cranienne-enfant-os-croissance/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/prothese-cranienne-enfant-os-croissance/</guid><pubDate>Mon, 06 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Santé</category><category>Enfance</category><category>Recherche médicale</category><category>Impression 3D</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/prothese-cranienne-enfant-os-croissance/cover.webp" length="36544" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">À la naissance, certains bébés ont le crâne soudé trop tôt. Il faut opérer, parfois plusieurs fois, parce que la tête grandit encore. Une idée simple avance en laboratoire. Poser un implant qui se laisse remplacer par l&rsquo;os vivant, puis disparaît. L&rsquo;os réparé pourrait alors grandir tout seul.</div>

<h2 id="un-crâne-denfant-ça-grandit-sans-arrêt">Un crâne d&rsquo;enfant, ça grandit sans arrêt</h2>
<p>Le crâne d&rsquo;un nourrisson n&rsquo;est pas une coque figée. Il grandit, il change de forme, mois après mois. Chez certains enfants, une ou plusieurs sutures se ferment trop tôt. Cela bride la croissance du crâne et du cerveau. Cette anomalie touche environ une naissance sur 2 500 [1].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">1 sur 2 500</span> <span class="stat__label">naissances concernées par une soudure trop précoce du crâne</span></aside>

<p>Le traitement est chirurgical. On remodèle la voûte, souvent dès la première année. Et l&rsquo;opération est parfois à recommencer, car la tête continue de pousser [1, 2]. C&rsquo;est là tout le défi. Le chirurgien travaille sur un os très fin, dans un crâne en plein chantier.</p>
<h2 id="le-problème-du-métal-qui-reste-à-vie">Le problème du métal qui reste à vie</h2>
<p>Pour tenir les os, on utilise depuis longtemps des plaques et des vis. En titane le plus souvent, ou en plastique médical. Ces implants sont solides. Mais ils ne grandissent pas avec l&rsquo;enfant. Ils restent un corps étranger, à vie [3, 7].</p>
<p>D&rsquo;où une précaution devenue courante. Chez l&rsquo;enfant, on retire souvent ce matériel une fois l&rsquo;os consolidé, par crainte qu&rsquo;il gêne la croissance. Les implants en titane sont ainsi enlevés lors d&rsquo;une seconde opération dans 5 à 38 % des cas [3]. Une deuxième anesthésie, un deuxième geste, pour un tout petit patient.</p>
<p>C&rsquo;est ce deuxième temps que la nouvelle approche voudrait supprimer.</p>
<h2 id="un-échafaudage-qui-se-change-en-os">Un échafaudage qui se change en os</h2>
<p>L&rsquo;idée tient en une phrase. Au lieu d&rsquo;une pièce qui reste, on pose un support qui s&rsquo;en va. Une prothèse poreuse, imprimée en 3D, taillée pour le crâne du patient. L&rsquo;os vivant la colonise peu à peu. Puis le support se dissout et laisse à sa place de l&rsquo;os bien réel, capable de grandir.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Un implant conçu pour disparaître une fois sa tâche faite, en laissant derrière lui de l&rsquo;os vivant.</aside>

<p>Ce n&rsquo;est pas un objet unique. C&rsquo;est une famille de matériaux résorbables, à des stades de mise au point différents [9]. Certaines plaques qui se résorbent servent d&rsquo;ailleurs déjà à fixer les os, aux côtés du métal [2]. La nouveauté, c&rsquo;est de viser plus loin. Que la pièce elle-même devienne de l&rsquo;os, et disparaisse.</p>
<h2 id="ce-que-lanimal-a-déjà-montré">Ce que l&rsquo;animal a déjà montré</h2>
<p>Sur l&rsquo;animal jeune, les résultats sont sérieux et convergents. Ils portent tous sur ce point précis, la croissance.</p>
<p>Chez le lapin encore en croissance, un échafaudage résorbable a comblé un trou du crâne aussi bien qu&rsquo;une greffe d&rsquo;os prise sur l&rsquo;animal lui-même, environ 54 % de volume osseux régénéré dans les deux cas. Surtout, les sutures du crâne sont restées ouvertes, sans blocage de la croissance du visage [4].</p>
<p>Chez le mouton, l&rsquo;essai a été conçu pour coller à l&rsquo;enfant. Les animaux avaient un mois. Un âge que les auteurs rapprochent d&rsquo;un enfant de 3 à 5 ans, en pleine poussée osseuse. Un défaut de 30 millimètres, jugé trop grand pour se refermer seul, s&rsquo;est comblé entièrement en trois mois, sur un crâne qui grandissait [5]. Chez le porc, un autre implant résorbable, en molybdène, s&rsquo;est révélé faisable et bien toléré [3].</p>
<p>Ces travaux sont solides sur la méthode. Ils restent des travaux sur l&rsquo;animal.</p>
<h2 id="chez-lhumain-les-premiers-pas">Chez l&rsquo;humain, les premiers pas</h2>
<p>Le matériau, lui, est déjà entré dans des crânes humains. Un petit couvre-trou résorbable a été posé chez vingt-sept patients, dans une étude qui en suivait 126 en tout, et l&rsquo;os a repoussé au travers de ses pores [6]. Mais il s&rsquo;agissait d&rsquo;adultes âgés, de 69 à 75 ans en médiane. Un simple trou de forage, pas une voûte à reconstruire. Aucun enfant. Cette étude était en outre financée par le fabricant, un point à garder en tête.</p>
<p>Le cas le plus parlant date d&rsquo;août 2025. Un hôpital allemand a posé une plastie de voûte imprimée en 3D et biorésorbable, prétraitée avec les cellules souches du patient, présentée comme une première en Europe [7, 8]. Le geste a duré quatre-vingt-dix minutes. Cinq minutes après la fermeture, le patient s&rsquo;est réveillé et a senti sa voûte ferme et stable.</p>
<p>Il faut lire ce cas pour ce qu&rsquo;il est. Le patient est un homme de 60 ans, blessé après un accident de vélo, pas un enfant en croissance. La disparition complète de l&rsquo;implant est annoncée sous deux ans, mais c&rsquo;est un objectif, pas un résultat déjà mesuré. Le premier contrôle est prévu à six mois. Et l&rsquo;annonce vient de l&rsquo;hôpital et de ses partenaires industriels, une parole d&rsquo;acteurs engagés, à confirmer par le suivi.</p>
<h2 id="une-belle-promesse-pas-encore-tenue-chez-lenfant">Une belle promesse, pas encore tenue chez l&rsquo;enfant</h2>
<p>Où en est-on, alors. Une revue de l&rsquo;ensemble des travaux publiés le dit sans détour. La piste est sérieuse et active. Mais le domaine reste pour l&rsquo;essentiel au stade des essais précliniques. Chez l&rsquo;humain, la mise en pratique reste limitée, d&rsquo;autres essais sont nécessaires [9]. Des obstacles concrets restent à lever, comme irriguer en vaisseaux sanguins une pièce assez grande, ou lui donner assez de solidité.</p>
<p>Le point à retenir est simple. La preuve que l&rsquo;os réparé continue de grandir vient de l&rsquo;animal jeune. Le premier vrai patient humain est un adulte, sans recul. Aucun enfant en croissance n&rsquo;a encore été opéré et suivi avec ce type de prothèse.</p>
<p>Reste l&rsquo;essentiel, et il est beau. L&rsquo;idée de réparer le crâne d&rsquo;un enfant avec une pièce qui s&rsquo;efface une fois l&rsquo;os revenu n&rsquo;est plus de la science-fiction. Elle marche sur l&rsquo;animal, elle entre chez l&rsquo;humain. Le chemin jusqu&rsquo;à un enfant soigné puis suivi n&rsquo;est pas franchi. Mais il est, pour la première fois, tracé.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/probl%C3%A8mes-de-sant%C3%A9-infantiles/malformations-cong%C3%A9nitales-du-visage-et-du-cr%C3%A2ne/craniosynostose">Craniosynostose (fiches grand public)</a>. Manuel MSD et CHU de Lyon (2026)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.neurochirurgiepediatrique-necker.com/craniostenoses">Craniosténoses (neurochirurgie pédiatrique et centre maladies rares)</a>. AP-HP Necker-Enfants malades (2026)</li><li id="ref-3"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11121984/">Implant patient-specific en molybdène résorbable pour la chirurgie cranio-faciale pédiatrique (proof of concept)</a>. Journal of Functional Biomaterials (Hoppe et al.) (2024)</li><li id="ref-4"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6895073/">Échafaudage β-TCP au dipyridamole, régénération osseuse sans perturber la croissance</a>. Scientific Reports, Nature Portfolio (Wang et al.) (2019)</li><li id="ref-5"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9113234/">Échafaudage collagène minéralisé biphasique, régénération crânienne chez le mouton en croissance</a>. Regenerative Biomaterials (Zheng et al.) (2022)</li><li id="ref-6"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9687313/">Couvre-trous de trépan en polycaprolactone (Osteoplug-C), étude pilote sur 126 patients</a>. Biomedicines, MDPI (Toh et al.) (2022)</li><li id="ref-7"><a href="https://klinikum-dessau.de/ueber-uns/aktivitaeten/aktuelles/news-details/premiere-neurochirurgen-implantieren-neuartige-schaedelplastik-1051">Première implantation d'une plastie de voûte crânienne biorésorbable imprimée en 3D (communiqué)</a>. Klinikum Dessau (2025-08-28)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.3dnatives.com/en/researchers-create-bioresorbable-3d-printed-skull-implants-11092025/">Researchers create bioresorbable 3D-printed skull implants</a>. 3Dnatives (2025-09-11)</li><li id="ref-9"><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40289530/">Revue systématique des échafaudages crâniens imprimés en 3D</a>. Biotechnology and Bioengineering (Khorasani et Vahidi) (2025)</li></ol>]]></description></item><item><title>Affaire Lyhanna : neuf mois avant le drame, une plainte visait déjà le suspect</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/affaire-lyhanna-plainte-2025-carences-justice/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/affaire-lyhanna-plainte-2025-carences-justice/</guid><pubDate>Sun, 05 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Justice</category><category>Société</category><category>Enfance</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/affaire-lyhanna-plainte-2025-carences-justice/cover.webp" length="586208" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 29 mai 2026, une collégienne de 11 ans monte dans une voiture à la sortie de son collège, à Fleurance, dans le Gers. Son corps est retrouvé six jours plus tard. Neuf mois avant, une plainte visait déjà l&rsquo;homme aujourd&rsquo;hui poursuivi. Elle n&rsquo;a jamais été menée à son terme.</div>

<h2 id="ce-qui-sest-passé">Ce qui s&rsquo;est passé</h2>
<p>Le 29 mai, la fillette disparaît devant son collège [15]. La vidéosurveillance repère un véhicule. Le lendemain, un homme de 41 ans est placé en garde à vue [15]. Le 1er juin, il est mis en examen [15]. Le 4 juin, un corps dissimulé est découvert sur un site agricole, à une quinzaine de kilomètres [15]. L&rsquo;ADN confirme l&rsquo;identité le 5 juin [15].</p>
<p>L&rsquo;homme mis en examen s&rsquo;appelle Jérôme Barella [3]. Il connaissait l&rsquo;enfant, amie d&rsquo;une de ses filles [15]. Il avait travaillé sur le site où le corps a été retrouvé [15].</p>
<h2 id="ce-que-lautopsie-établit-et-ce-quelle-ne-dit-pas">Ce que l&rsquo;autopsie établit, et ce qu&rsquo;elle ne dit pas</h2>
<p>Le 24 juin, le parquet d&rsquo;Agen rend les conclusions de l&rsquo;autopsie [1]. Un viol est établi. L&rsquo;ADN de l&rsquo;homme mis en examen a été retrouvé sur l&rsquo;enfant [1]. Le corps portait des traces de liens et de bâillon [1].</p>
<p>La cause de la mort, elle, n&rsquo;est pas déterminée. Trois médecins légistes n&rsquo;ont trouvé aucune lésion mortelle explicative [1]. Des analyses restent en cours. Rien de définitif à ce jour.</p>
<p>L&rsquo;homme est poursuivi pour meurtre précédé ou accompagné d&rsquo;un viol. Il encourt la perpétuité [1]. Devant le juge, il garde le silence [3, 16]. Il reste présumé innocent tant qu&rsquo;il n&rsquo;a pas été jugé.</p>
<h2 id="neuf-mois-plus-tôt-une-plainte-visait-déjà-le-suspect">Neuf mois plus tôt, une plainte visait déjà le suspect</h2>
<p>Le 18 août 2025, une mère signale au parquet de Toulouse que sa fille de 11 ans dénonce des viols [2]. L&rsquo;homme qu&rsquo;elle met en cause est celui qui est poursuivi aujourd&rsquo;hui.</p>
<p>Au départ, l&rsquo;enquête avance. « En l&rsquo;espace de trois mois, l&rsquo;enquête préliminaire est parfaitement menée », note l&rsquo;inspection de l&rsquo;État [2]. Auditions, expertises, antécédents : le travail est fait.</p>
<p>Puis le dossier se perd. Toulouse n&rsquo;était pas compétent. La procédure devait revenir à Auch. Elle a été transmise par courrier [2]. L&rsquo;inspection juge cet envoi papier évitable : rien ne l&rsquo;imposait, le numérique était possible [2]. À Auch, le dossier est enregistré avec 23 jours de retard. Il avait été « placé par erreur dans la pile non urgente » [2].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">23 jours</span> <span class="stat__label">le retard d&#39;enregistrement de la plainte à Auch, « placée dans la pile non urgente »</span></aside>

<aside class="pullquote">Le travail avait été fait. Puis le dossier a glissé dans la mauvaise pile.</aside>

<p>Ensuite, plus rien. Après le 23 janvier, « les actes d&rsquo;enquête ne seront jamais réalisés et le suspect jamais entendu » [2]. Les appels répétés de la mère sont restés sans réponse [2].</p>
<p>L&rsquo;inspection conclut à des « carences graves » côté gendarmerie et à un « traitement défaillant » côté parquet d&rsquo;Auch [2]. Ce n&rsquo;est pas encore le rapport final. C&rsquo;est un pré-rapport, le document définitif est attendu en septembre [2].</p>
<h2 id="trois-fautes-trois-réponses">Trois fautes, trois réponses</h2>
<p>« À qui la faute » recouvre trois choses distinctes.</p>
<p>La faute pénale est celle de l&rsquo;auteur des faits. Le viol est établi. La responsabilité du meurtre reste à juger [1].</p>
<p>La faute de suivi est celle des services : une plainte grave laissée sans traitement. Elle est établie par l&rsquo;inspection [2]. Elle n&rsquo;efface pas la première, et la première ne l&rsquo;efface pas.</p>
<p>Reste une question de droit. L&rsquo;État répond du mauvais fonctionnement de la justice en cas de faute lourde [9]. La mère de l&rsquo;enfant a porté plainte contre l&rsquo;État. C&rsquo;est une procédure à part, non tranchée.</p>
<p>Personne ne peut affirmer que la plainte traitée à temps aurait empêché le drame. Elle aurait pu changer le cours des choses. Cette certitude-là, nul ne la possède.</p>
<h2 id="qui-est-visé-et-qui-ne-lest-pas">Qui est visé, et qui ne l&rsquo;est pas</h2>
<p>Le 22 juin, le garde des Sceaux retire à un substitut du parquet d&rsquo;Auch son habilitation sur les dossiers de mineurs [4]. Une enquête administrative est ouverte [4]. Côté gendarmerie, le ministre de l&rsquo;Intérieur demande la mutation de deux gendarmes [5]. Ce sont des mesures immédiates, prises avant toute conclusion disciplinaire [5].</p>
<p>La procureure d&rsquo;Auch, elle, n&rsquo;est pas la magistrate sanctionnée [7]. C&rsquo;est pourtant elle qui a été prise pour cible en ligne. Menacée de mort, harcelée, elle est sous protection policière depuis le 8 juin [6]. Elle maintient qu&rsquo;elle « ne pouvait faire mieux » [7] : c&rsquo;est sa défense, que le rapport final, attendu en septembre, confirmera ou non [2]. La personne la plus attaquée n&rsquo;est pas celle que l&rsquo;inspection met en cause.</p>
<p>Les deux plus hauts magistrats de France ont réagi [8]. Ils dénoncent « la mécanique de bouc émissaire » et jugent les défaillances de la protection de l&rsquo;enfance « structurelles et systémiques » [8]. Ils parlent depuis l&rsquo;institution mise en cause : leur texte est une défense, à lire comme telle. Un point de leur texte vaut pourtant pour tous les camps. La crise, écrivent-ils, « ne se réduit pas à une question de moyens » [8].</p>
<h2 id="ce-que-laffaire-dit-du-reste">Ce que l&rsquo;affaire dit du reste</h2>
<p>Le cas de Fleurance est d&rsquo;abord une faute de suivi. Le pré-rapport ne retient pas le manque de moyens comme cause. L&rsquo;enquête initiale avait été « parfaitement menée », c&rsquo;est le circuit d&rsquo;après qui a cédé [2]. Les sanctions en cours visent ce circuit [4, 5]. Reste que cette faute tombe sur un système déjà tendu, et cela se mesure.</p>
<p>La France compte 11,3 juges pour 100 000 habitants. La médiane européenne tourne autour de 17 [10]. Pour les procureurs, l&rsquo;écart est plus grand encore : 3,2 contre 11,2 [10]. Le budget de la justice pèse 0,20 % de la richesse nationale, contre une médiane de 0,28 % [10].</p>
<p>Le traitement des violences sexuelles sur enfants est lui-même défaillant en amont. Le nombre d&rsquo;enfants victimes chaque année est estimé à 160 000 [12]. Une plainte n&rsquo;est déposée que dans un cas sur cinq [12]. Et parmi les affaires jugées non poursuivables, le motif « infraction insuffisamment caractérisée » revient trois fois sur quatre [11].</p>
<p>Une plainte plus ancienne visant le même homme avait, elle aussi, été classée sans suite [15].</p>
<h2 id="ce-qui-bouge-maintenant">Ce qui bouge maintenant</h2>
<p>Deux textes de loi sont sur la table [13]. Le premier, porté par le gouvernement, veut la perpétuité pour les violeurs en série d&rsquo;enfants et un délai d&rsquo;enquête plafonné à trois mois [13]. Le second, une proposition plus large, attend l&rsquo;automne [13]. Aucun n&rsquo;est voté. Aucun ne s&rsquo;appelle officiellement « loi Lyhanna », malgré l&rsquo;usage [13].</p>
<p>Le 4 juillet, des marches ont eu lieu dans environ 80 villes [14]. Elles réclament une loi d&rsquo;ensemble contre les violences sexuelles [14].</p>
<p>Reste le fait le plus simple, et le plus dur. Un dossier existait. Il désignait un homme. Il n&rsquo;a pas été mené à son terme. Le reste, la justice le dira.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.ici.fr/occitanie/gers-32/fleurance/affaire-lyhanna-l-autopsie-de-la-fillette-n-a-pas-permis-de-determiner-les-causes-de-la-mort-2381871">Affaire Lyhanna : l'autopsie n'a pas permis de déterminer les causes de la mort</a>. ICI (France 3 Occitanie) (2026-06-24)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.actu-juridique.fr/justice/affaire-lyhanna-le-pre-rapport-de-linspection-generale-pointe-des-carences-graves-et-des-defaillances/">Affaire Lyhanna : le pré-rapport de l'inspection générale pointe des carences graves et des défaillances</a>. Actu-Juridique (Lextenso) (2026-06-22)</li><li id="ref-3"><a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/gers/auch/mort-de-lyhanna-l-autopsie-aurait-revele-un-viol-l-adn-de-jerome-barella-retrouve-sur-l-enfant-3371434.html">Mort de Lyhanna : le suspect placé à l'isolement garde le silence</a>. France 3 Occitanie / franceinfo (2026-06-18)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.europe1.fr/police-justice/affaire-lyhanna-gerald-darmanin-annonce-une-enquete-administrative-visant-un-substitut-du-procureur-dauch-958503">Affaire Lyhanna : une enquête administrative visant un substitut du procureur d'Auch</a>. Europe 1 (2026-06-22)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/affaire-lyhanna-apres-la-remise-dun-premier-rapport-accablant-les-premieres-sanctions-tombent">Affaire Lyhanna : après la remise d'un premier rapport accablant, les premières sanctions tombent</a>. Public Sénat (2026-06-22)</li><li id="ref-6"><a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/gers/auch/affaire-lyhanna-menacee-de-mort-et-visee-par-une-vague-de-haine-en-ligne-la-procureure-d-auch-placee-sous-protection-policiere-3365419.html">La procureure d'Auch, menacée de mort et visée par une vague de haine, placée sous protection</a>. France 3 Occitanie / franceinfo (2026-06-09)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.lejdd.fr/politique/affaire-lyhanna-bataille-autour-des-sanctions-177561">Affaire Lyhanna : bataille autour des sanctions</a>. Le JDD (2026-06-28)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.leclubdesjuristes.com/en-bref/affaire-lyhanna-les-deux-plus-hauts-magistrats-de-france-alertent-sur-une-mecanique-du-bouc-emissaire-dans-une-crise-systemique-16576/">Les deux plus hauts magistrats de France alertent sur une mécanique du bouc émissaire dans une crise systémique</a>. Le Club des Juristes (2026-06-25)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006451711">Responsabilité de l'État pour le fonctionnement défectueux du service de la justice (art. L. 141-1 COJ, art. 11-1 ord. 1958)</a>. Légifrance (2026-06-07)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.justice.gouv.fr/actualites/espace-presse/publication-du-rapport-2024-commission-europeenne-levaluation-systemes-judiciaires">Rapport 2024 de la CEPEJ sur les systèmes judiciaires européens (données 2022)</a>. CEPEJ (Conseil de l'Europe) (2024-10-16)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/2025-11/Infostat_Justice_205.pdf">Infostat Justice n°205, Viol et agression sexuelle sur mineur</a>. Ministère de la Justice (statistique publique) (2025-11-01)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.ciivise.fr/sites/ciivise/files/2024-12/CIIVISE_Rapport_On_vous_croit_nov_2023.pdf">Violences sexuelles faites aux enfants : on vous croit (rapport CIIVISE)</a>. CIIVISE (2023-11-01)</li><li id="ref-13"><a href="https://actu.orange.fr/france/enfance-un-projet-de-loi-a-l-assemblee-bientot-elargi-apres-l-affaire-lyhanna-CNT000002qfpYj.html">Enfance : un projet de loi à l'Assemblée bientôt élargi après l'affaire Lyhanna</a>. AFP (via Orange) (2026-06-28)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.euronews.com/my-europe/2026/07/04/thousands-of-protesters-march-throughout-france">Des milliers de manifestants marchent partout en France</a>. Euronews (2026-07-04)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.france24.com/fr/france/20260605-affaire-lyhanna-l-ex%C3%A9cutif-d%C3%A9plore-des-dysfonctionnements-accablants-des-services-de-l-%C3%A9tat">Affaire Lyhanna : le corps identifié, l'exécutif déplore des dysfonctionnements</a>. France 24 (avec AFP) (2026-06-05)</li><li id="ref-16"><a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/gers/auch/mort-de-lyhanna-viol-adn-retrouve-ce-que-changent-les-resultats-de-l-autopsie-sur-les-charges-qui-pesent-contre-jerome-barella-3371563.html">Mort de Lyhanna : viol, ADN retrouvé, ce que changent les résultats de l'autopsie sur les charges, qui pèsent contre Jérôme Barella</a>. France 3 Occitanie / franceinfo (2026-06-19)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>