<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Énergie | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/energie/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Mon, 20 Jul 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/energie/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/energie/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Éolien : une opposition minoritaire, très organisée, au financement opaque</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/eolien-opposition-organisation-financement/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/eolien-opposition-organisation-financement/</guid><pubDate>Mon, 20 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Éolien</category><category>Solaire</category><category>Énergie</category><category>Lobbying</category><category>Recours</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/eolien-opposition-organisation-financement/cover.webp" length="171498" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Neuf Français sur dix soutiennent les énergies renouvelables. Près des parcs éoliens déjà installés, l&rsquo;adhésion grimpe encore. Pourtant, l&rsquo;éolien reste la seule filière en retard sur ses objectifs. Le blocage ne vient pas de l&rsquo;opinion. Il tient à une opposition minoritaire mais très organisée, à des recours en série, et à un argent difficile à tracer.</div>

<h2 id="une-majorité-pour-un-retard-réel">Une majorité pour, un retard réel</h2>
<p>Les chiffres sont nets. En 2024, 91 % des Français se disent favorables aux énergies renouvelables [1]. Pour l&rsquo;éolien seul, 73 % en ont une bonne image [2]. Et le chiffre monte encore chez ceux qui vivent près d&rsquo;une éolienne.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">80 %</span> <span class="stat__label">des riverains à moins de 10 km d&#39;un parc éolien en ont une bonne image, contre 73 % en population générale</span></aside>

<p>Ce chiffre casse une idée répandue. Ceux qui vivent à côté ne rejettent pas l&rsquo;éolien [2]. Une nuance s&rsquo;impose. Ces 80 % portent sur un rayon de 10 km. Les riverains immédiats d&rsquo;un projet en cours sont moins nombreux, et plus mobilisés. L&rsquo;adhésion progresse à peine quand la machine est à moins d&rsquo;un kilomètre [1].</p>
<p>Reste le paradoxe. L&rsquo;éolien terrestre n&rsquo;atteint que 66 à 69 % de sa cible pour 2028. L&rsquo;éolien en mer est encore plus loin [3]. Le solaire, lui, tient ses objectifs et accélère [3]. Le blocage ne tient donc pas à l&rsquo;adhésion de principe. Il se joue dans le passage du projet à sa réalisation [4]. C&rsquo;est là que tout se décide.</p>
<h2 id="une-opposition-à-deux-étages">Une opposition à deux étages</h2>
<p>L&rsquo;opposition existe, et elle est réelle. Elle se lit d&rsquo;abord sur le terrain. Une étude recense que 76,2 % des opposants habitent à moins de 10 km du projet visé [4]. Ce sont des riverains. Certains trouvent les mâts trop proches. D&rsquo;autres regrettent un paysage. Cette gêne est réelle, et personne ne la conteste ici.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Une minorité organisée pèse plus qu&rsquo;une majorité qui se tait.</aside>

<p>Au-dessus, une autre strate. Des fédérations nationales outillent les collectifs locaux. La plus connue, la Fédération Environnement Durable, est née en 2007 [5]. Une autre, Vent de colère, est plus ancienne encore [6]. Elles fournissent des kits clés en main : statuts types, modèles de tracts, argumentaires, procédures de recours, courriers aux élus [5]. Leurs chiffres, près de 1 750 adhérents et structures pour l&rsquo;une, sont auto-déclarés et invérifiables [5].</p>
<p>À côté, un réseau pro-nucléaire. Des cercles et des think tanks défendent l&rsquo;atome contre l&rsquo;éolien et le solaire [7]. L&rsquo;un d&rsquo;eux, le Cérémé, a déclaré 300 000 à 400 000 euros de dépenses de lobbying en 2020 [7]. Ce sont des acteurs situés, avec leurs intérêts.</p>
<p>Le mode d&rsquo;action principal est juridique. Selon les estimations disponibles, 70 à 90 % des projets éoliens font l&rsquo;objet d&rsquo;un recours [4]. Cette fourchette vient surtout d&rsquo;avocats et de la filière, et mélange des périmètres différents [4]. L&rsquo;État a réformé la procédure pour l&rsquo;accélérer [8]. C&rsquo;est une reconnaissance implicite de l&rsquo;effet retardateur des recours [8].</p>
<h2 id="suivre-largent">Suivre l&rsquo;argent</h2>
<p>C&rsquo;est le cœur de la question. C&rsquo;est aussi le point le plus opaque. Le budget de la principale fédération est inconnu [5]. En France, une association n&rsquo;a pas d&rsquo;obligation générale de publier ses ressources. Suivre l&rsquo;argent bute vite sur un mur.</p>
<p>Un seul financement est établi sur pièce, et par un juge. En 2022, la région Hauts-de-France a versé 170 000 euros à la fédération Stop Éoliennes Hauts-de-France [9]. Le 31 mars 2026, le tribunal administratif de Lille a annulé cette subvention, jugée illégale [9]. Il a ordonné le remboursement de 150 000 euros déjà versés [9]. La décision est de première instance, et la région a fait appel [9]. Son président, Xavier Bertrand, avait assumé vouloir « accompagner les associations et les habitants dans leurs recours » [9].</p>
<p>Au-delà de ce cas, les preuves manquent. L&rsquo;idée que l&rsquo;industrie fossile financerait les anti-éoliens en France circule, mais elle n&rsquo;est pas établie [7]. Il existe des proximités : le fondateur d&rsquo;une fédération a fait carrière dans le pétrole [7]. Une trajectoire personnelle n&rsquo;est pas un flux d&rsquo;argent. Le seul financement fossile organisé prouvé concerne les États-Unis, pas la France [7]. Une convergence d&rsquo;intérêts n&rsquo;est pas une preuve de commande. Le dossier s&rsquo;arrête là où s&rsquo;arrêtent les pièces.</p>
<h2 id="les-arguments-passés-au-crible">Les arguments, passés au crible</h2>
<p>Les arguments de l&rsquo;opposition méritent d&rsquo;être pris un par un. Certains tiennent, d&rsquo;autres non. Et le même examen vaut pour les chiffres qui arrangent l&rsquo;éolien.</p>
<p>Le coût, d&rsquo;abord. Le soutien public aux renouvelables a coûté environ 2,9 milliards d&rsquo;euros par an en moyenne [10]. Ce montant est tiré par d&rsquo;anciens contrats à tarif garanti [10]. Mais quand les prix de l&rsquo;électricité ont flambé, le mécanisme s&rsquo;est inversé.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">4,83 milliards €</span> <span class="stat__label">ce que le soutien aux renouvelables a rapporté à l&#39;État en 2022-2023, quand les prix de l&#39;électricité ont flambé</span></aside>

<p>L&rsquo;éolien terrestre est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;un des moyens de production les moins chers [11]. Attention toutefois : ce coût brut n&rsquo;inclut pas celui des réseaux et de la flexibilité [11]. Symétrie oblige, un chiffre circule aussi à charge de l&rsquo;éolien. La production éolienne a baissé de 12,6 % en 2024. Cette baisse est météorologique, il a moins venté [3]. Ce n&rsquo;est pas un déclin de la filière.</p>
<p>La santé, ensuite. Les infrasons des éoliennes ne causent pas de pathologie, c&rsquo;est la conclusion d&rsquo;une agence sanitaire d&rsquo;État [13]. Une académie parle d&rsquo;un effet lié à l&rsquo;attente, pas au bruit lui-même [14]. La gêne ressentie, elle, est bien réelle. Les riverains gênés ne mentent pas, c&rsquo;est son attribution aux infrasons qui est fausse [14]. Le bruit audible reste un vrai enjeu à courte distance. Il est encadré : 500 mètres minimum de toute habitation, contrôles obligatoires [15].</p>
<p>La biodiversité. Une éolienne tue en moyenne quelques oiseaux par an [16]. C&rsquo;est peu au regard des chats domestiques, qui en tuent des dizaines de millions [17]. Mais le chiffre global masque un enjeu ciblé. L&rsquo;éolien touche particulièrement des rapaces et des chauves-souris rares [16]. Cet enjeu ne se balaie pas d&rsquo;un revers de main.</p>
<p>Le recyclage. Les panneaux solaires et la structure des éoliennes se recyclent à plus de 90 % [18]. Les pales, en matériaux composites, restent un point dur, et la filière se construit encore [18]. Enfin le CO2. « L&rsquo;éolien ne réduit pas les émissions » est faux. Sur son cycle de vie, il émet une fraction du gaz ou du charbon [12]. Le gain réel dépend de ce qu&rsquo;il remplace [12].</p>
<p>Reste le paysage. C&rsquo;est l&rsquo;argument le plus honnête des opposants, parce qu&rsquo;il est subjectif et assumé [14]. Aucune donnée ne tranche un jugement esthétique. C&rsquo;est un arbitrage de goûts, pas une question de santé.</p>
<h2 id="à-qui-ça-profite">À qui ça profite</h2>
<p>Reste la dernière question. Qui gagne à cette opposition ?</p>
<p>D&rsquo;abord, un bénéfice politique. Le rejet de l&rsquo;éolien est ancien à l&rsquo;extrême droite. Dès 2012, Marine Le Pen le jugeait « immonde » [7]. Le programme du Rassemblement national de 2022 prévoyait de démonter le parc existant [20]. Une partie de la droite tient une ligne différente : arrêter les subventions, sans démanteler [7]. Ces positions se sont traduites au Parlement.</p>
<p>Le 19 juin 2025, l&rsquo;Assemblée a adopté un moratoire sur l&rsquo;éolien et le solaire [19]. L&rsquo;amendement venait d&rsquo;un député de droite. Il est passé grâce aux voix du Rassemblement national et d&rsquo;une partie de la droite, dans un hémicycle clairsemé [19]. Cinq jours plus tard, la loi entière était rejetée, par 377 voix contre 142 [19]. Le moratoire n&rsquo;est jamais entré en vigueur [19].</p>
<p>Ensuite, une convergence d&rsquo;intérêts. Une partie du réseau anti-éolien défend le nucléaire, concurrent de l&rsquo;éolien dans le mix électrique [7]. Des acteurs fossiles ont, eux aussi, intérêt à ralentir les renouvelables [7]. Ces intérêts convergent. Ils ne prouvent pas une opération pilotée.</p>
<p>Enfin, l&rsquo;espace médiatique. Un observatoire spécialisé a relevé 665 cas de désinformation climatique à la télévision et à la radio en 2025 [21]. Les renouvelables en sont la première cible [21]. L&rsquo;essentiel se concentre sur quelques chaînes et radios privées [21]. À l&rsquo;inverse, les partisans de l&rsquo;éolien ne sont pas neutres non plus. La filière défend son bilan et ses emplois, avec ses propres chiffres [19]. Le même doute vaut pour tout le monde.</p>
<p>Au bout du compte, l&rsquo;opposition à l&rsquo;éolien est minoritaire dans l&rsquo;opinion. Mais elle est organisée, juridiquement armée, et relayée. Son financement, lui, reste largement dans l&rsquo;ombre. C&rsquo;est peut-être le fait le plus solide de ce dossier.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://infos.ademe.fr/lettre-strategie-fevrier-2025/des-francais-moins-mobilises-mais-en-attente-de-politiques-publiques-plus-ambitieuses/">Baromètre des représentations sociales du changement climatique (édition 2024)</a>. ADEME (2024)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.banquedesterritoires.fr/pres-des-trois-quarts-des-francais-toujours-favorables-leolien-selon-un-sondage-harris-interactive">Les Français et l'énergie éolienne (sondage 2021)</a>. Harris Interactive (commande ADEME et ministère) (juillet-août 2021)</li><li id="ref-3"><a href="https://assets.rte-france.com/prod/public/2025-06/2025-06-02-panorama-enr-2024.pdf">Panorama de l'électricité renouvelable au 31 décembre 2024</a>. RTE, Enedis, Agence ORE, SER (juin 2025)</li><li id="ref-4"><a href="https://journals.openedition.org/gc/15126">L'opposition aux projets éoliens terrestres, une contestation « territorialisée »</a>. Géographie et cultures n°114 (Romain Garcia) (2020)</li><li id="ref-5"><a href="https://environnementdurable.net/">Fédération Environnement Durable : présentation et revendications d'adhésion</a>. Fédération Environnement Durable (2024)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.aefinfo.fr/depeche/603434-les-mouvements-anti-eolien-connaissent-ils-une-resurgence-en-france">Les mouvements anti-éolien connaissent-ils une résurgence en France ?</a>. AEF info (2019)</li><li id="ref-7"><a href="https://multinationales.org/fr/enquetes/faf40-enquetes-sur-l-extreme-droite-les-grandes-fortunes-et-les-milieux-d/energies-renouvelables-l-extreme-droite-est-elle-en-train-de-gagner">Énergies renouvelables : l'extrême droite est-elle en train de gagner ?</a>. Observatoire des multinationales (A.-S. Simpère) (12 novembre 2025)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.conseil-etat.fr/content/download/193592/file/A.%20FRANK-%2029092023">Le contentieux des éoliennes</a>. Conseil d'État (A. Frank) (septembre 2023)</li><li id="ref-9"><a href="https://reporterre.net/La-justice-annule-une-subvention-de-170-000-euros-donnee-a-une-association-anti-eoliennes">La justice annule une subvention de 170 000 euros donnée à une association anti-éoliennes</a>. Reporterre (2026)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.ccomptes.fr/fr/publications/le-soutien-aux-energies-renouvelables">Le soutien aux énergies renouvelables (rapport 2025)</a>. Cour des comptes (2025)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.geothermies.fr/sites/default/files/inline-files/ademe_couts-energies-renouvelables-et-recuperation-donnees2022-011599.pdf">Coûts des énergies renouvelables (données 2022) et Renewable Power Generation Costs in 2023</a>. ADEME et IRENA (2023-2024)</li><li id="ref-12"><a href="https://base-empreinte.ademe.fr">Contenu carbone de l'électricité en analyse de cycle de vie (Base Carbone)</a>. ADEME (2024)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.anses.fr/fr/system/files/AP2013SA0115Ra.pdf">Effets sanitaires des basses fréquences et infrasons des parcs éoliens</a>. ANSES (mars 2017)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.academie-medecine.fr/nuisances-sanitaires-des-eoliennes-terrestres/">Nuisances sanitaires des éoliennes terrestres (rapport 17-03)</a>. Académie nationale de médecine (mai 2017)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000024507365">Arrêté du 26 août 2011 relatif aux installations éoliennes (bruit, distance 500 m)</a>. Légifrance (26 août 2011)</li><li id="ref-16"><a href="https://eolien-biodiversite.com/IMG/pdf/eolien_lpo_2017.pdf">Le parc éolien français et ses impacts sur l'avifaune (étude nationale)</a>. LPO (2017)</li><li id="ref-17"><a href="https://www.mnhn.fr/fr/le-chat-domestique-est-il-une-menace-pour-la-biodiversite">Le chat domestique est-il une menace pour la biodiversité ?</a>. MNHN / SFEPM (2024)</li><li id="ref-18"><a href="https://www.soren.eco">Recyclage et fin de vie des pales d'éoliennes et des panneaux photovoltaïques</a>. Soren (2024)</li><li id="ref-19"><a href="https://www.franceinfo.fr/environnement/energie/energies-renouvelables/un-moratoire-sur-l-eolien-et-le-photovoltaique-adopte-a-l-assemblee-avec-les-voix-de-l-extreme-droite-et-de-la-droite_7326003.html">Un moratoire sur l'éolien et le photovoltaïque adopté à l'Assemblée avec les voix de l'extrême droite et de la droite</a>. franceinfo (juin 2025)</li><li id="ref-20"><a href="https://www.institutmontaigne.org/presidentielle-2022/marine-le-pen/construire-6-epr-rouvrir-fessenheim-et-demanteler-toutes-les-eoliennes/">Programmes énergie de la présidentielle 2022 (Le Pen, Zemmour)</a>. Institut Montaigne (2022)</li><li id="ref-21"><a href="https://quotaclimat.org/actualites/665-fake-news-television-radio-2025-desinformation-climatique/">665 cas de désinformation climatique à la télévision et à la radio en 2025</a>. Observatoire des médias sur l'écologie (Quota Climat) (2025)</li></ol>]]></description></item><item><title>Électricité : la hausse du 1er août vient du réseau, pas des taxes</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/electricite-prix-reglemente-hausse-aout/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/electricite-prix-reglemente-hausse-aout/</guid><pubDate>Fri, 17 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Électricité</category><category>Énergie</category><category>Pouvoir d'achat</category><category>Tarifs réglementés</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/electricite-prix-reglemente-hausse-aout/cover.webp" length="75622" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Au 1er août, le tarif réglementé de l&rsquo;électricité doit augmenter de 2,5 %, environ 26 euros de plus par an pour un foyer moyen. Ce jour-là pourtant, les taxes sur l&rsquo;électricité baissent. Et sur un an, le coût de l&rsquo;énergie a reculé. Ce qui monte, c&rsquo;est le péage des réseaux. Pour une raison qui surprend : un hiver trop doux.</div>

<h2 id="trois-blocs-dans-chaque-facture">Trois blocs dans chaque facture</h2>
<p>Le prix du kilowattheure n&rsquo;est pas un chiffre unique. Il s&rsquo;obtient en additionnant des blocs de coûts. La loi impose cette méthode, dite par empilement [2].</p>
<p>Trois grands blocs composent la facture. L&rsquo;énergie elle-même, achetée sur les marchés, pèse environ 39 %. Le transport de cette énergie jusqu&rsquo;à la prise, environ 28 %. Les taxes, environ 33 % [3]. Ce sont des ordres de grandeur, mesurés fin 2025.</p>
<p>Aucune de ces parts n&rsquo;est figée. Le poids des taxes suit les décisions de l&rsquo;État. Il valait 35 % fin 2018, puis 22 % au début 2024 sous le bouclier tarifaire, puis 33 % fin 2025 [4]. La fiscalité dans la facture est donc elle-même un choix politique, pas une donnée fixe.</p>
<p>Ces choix ne pèsent pas sur tous de la même façon. En août 2025, l&rsquo;unification de la TVA à 20 % a été calibrée pour rester neutre en moyenne [12]. Mais un petit consommateur, dont l&rsquo;abonnement pèse lourd dans sa facture, a pu la voir grimper. Un gros consommateur, lui, y gagnait [12].</p>
<h2 id="la-hausse-daoût-vient-du-réseau">La hausse d&rsquo;août vient du réseau</h2>
<p>Au 1er août, la hausse proposée est de 2,5 % [1]. Elle ne vient ni de l&rsquo;énergie ni des taxes. Trois éléments jouent. Deux poussent vers le haut, un vers le bas.</p>
<p>Le péage des réseaux monte : 3,04 % pour la distribution, 3,34 % pour le transport [5]. Un mécanisme de capacité s&rsquo;ajoute. Et l&rsquo;accise, la principale taxe sur l&rsquo;électricité, baisse légèrement [1]. La taxe tire donc vers le bas ce jour-là.</p>
<p>Reste le réseau. Et sa hausse n&rsquo;a rien à voir avec de nouveaux travaux.</p>
<p>L&rsquo;hiver 2025 a été plus doux que prévu. Les foyers ont moins chauffé, donc moins consommé. Les recettes du gestionnaire du réseau ont été inférieures de 231,6 millions d&rsquo;euros aux prévisions [5]. Or ce réseau coûte à peu près la même chose, qu&rsquo;on consomme beaucoup ou peu. La régulation lui garantit ses recettes prévues. Le manque à gagner est donc rattrapé l&rsquo;année suivante, sur le tarif [5].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">231,6 M€</span> <span class="stat__label">le manque à gagner du réseau après un hiver doux, rattrapé sur le tarif de 2026</span></aside>

<aside class="pullquote pullquote--float">Parce que le pays a moins consommé, le péage du réseau monte l&rsquo;année d&rsquo;après.</aside>

<p>La loi plafonne ce rattrapage à 3 % par an. Sans ce plafond, la hausse du réseau aurait atteint 3,93 % [5]. Ce n&rsquo;est donc ni un surcoût de l&rsquo;énergie, ni une nouvelle taxe, ni un effort d&rsquo;investissement.</p>
<h2 id="personne-ne-décide-seul">Personne ne décide seul</h2>
<p>Sur ce prix, il n&rsquo;y a pas un décideur unique. Trois pouvoirs se partagent trois leviers.</p>
<p>Le Parlement vote les taxes, chaque année, dans la loi de finances [6]. Il fixe aussi, par la loi, la méthode de calcul du tarif [2]. C&rsquo;est le levier le plus politique.</p>
<p>La Commission de régulation de l&rsquo;énergie calcule le reste. Elle propose l&rsquo;évolution du tarif et fixe le péage des réseaux [1]. C&rsquo;est une autorité administrative indépendante, pas le gouvernement.</p>
<p>Les ministres, eux, ont surtout un droit de veto. La proposition de la Commission est adoptée d&rsquo;office si aucun ministre ne s&rsquo;y oppose sous trois mois [7]. Le silence vaut accord. C&rsquo;est pour cela que la hausse d&rsquo;août reste, à ce stade, une proposition, pas encore un arrêté signé [1].</p>
<p>Aucun de ces acteurs ne fixe le prix à lui seul.</p>
<h2 id="la-courbe-na-pas-fait-que-monter">La courbe n&rsquo;a pas fait que monter</h2>
<p>Sur dix-huit mois, le tarif a d&rsquo;abord beaucoup baissé. Au 1er février 2025, il a reculé de 15 %, environ 190 euros de moins par an pour un foyer type [8]. La chute des prix de gros de l&rsquo;énergie l&rsquo;a porté.</p>
<p>Un an plus tard, en février 2026, il bouge à peine, une baisse de 0,83 % [1]. Puis vient la hausse de 2,5 % en août. Même après elle, le tarif reste très en dessous de son niveau de début 2024 [1]. La courbe a d&rsquo;abord fortement baissé, puis se réajuste à la marge.</p>
<h2 id="le-vrai-point-de-vigilance-est-ailleurs">Le vrai point de vigilance est ailleurs</h2>
<p>Le sujet de fond est structurel, et il ne concerne pas la hausse d&rsquo;août. Fin 2025, un dispositif a disparu : l&rsquo;ARENH. Depuis 2011, il obligeait EDF à vendre une partie de son électricité nucléaire à prix fixe, 42 euros le mégawattheure [9]. C&rsquo;était un amortisseur.</p>
<p>Un nouveau système l&rsquo;a remplacé début 2026. Il ne redistribue aux clients que si les revenus du nucléaire dépassent 78 euros le mégawattheure [10]. En 2026, ce seuil ne devrait pas être atteint [11].</p>
<p>Pour l&rsquo;instant, la situation reste favorable. Le coût de l&rsquo;énergie a reculé, d&rsquo;environ 103 à 64 euros le mégawattheure [11]. Mais cette accalmie tient surtout aux prix de gros bas. Si le marché remonte durablement, le tarif serait plus exposé qu&rsquo;avant, avec moins de coussin [11].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.cre.fr/actualites/toutes-les-actualites/evolution-des-tarifs-reglementes-de-vente-d-electricite.html">Évolution des tarifs réglementés de vente d'électricité au 1er août 2026</a>. Commission de régulation de l'énergie (CRE) (2026-07-16)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048623720">Code de l'énergie, article L337-6</a>. Légifrance (2026-01-01)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/prix-de-lelectricite-en-france">Observatoire des marchés de détail de l'électricité, 4e trimestre 2025 (composition de la facture)</a>. CRE, relayé par Connaissance des énergies (2025-12-31)</li><li id="ref-4"><a href="https://selectra.info/energie/guides/comprendre/prix-electricite">Observatoire de l'électricité : évolution de la part des taxes dans la facture</a>. Selectra (2025-12-31)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.cre.fr/documents/deliberations/decision/turpe-2026.html">Délibération n°2026-105 portant révision du TURPE au 1er août 2026</a>. Commission de régulation de l'énergie (CRE) (2026-05-21)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.impots.gouv.fr/professionnel/accise-sur-lelectricite">L'accise sur l'électricité (tarif fixé en loi de finances)</a>. impots.gouv.fr / DGFiP (2026-01-01)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048623726">Code de l'énergie, article L337-4</a>. Légifrance (2026-01-01)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.cre.fr/actualites/toutes-les-actualites/baisse-trve-fevrier-2025.html">Baisse des tarifs réglementés de vente d'électricité au 1er février 2025</a>. Commission de régulation de l'énergie (CRE) (2025-01-16)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.connaissancedesenergies.org/afp/fin-de-larenh-2026">Fin de l'ARENH au 31 décembre 2025</a>. AFP, via Connaissance des énergies (2025-12-31)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.cre.fr/documents/publications/lenergie-du-droit/versement-nucleaire-universel.html">Versement nucléaire universel : seuils opposables (arrêté du 11 février 2026)</a>. CRE, L'énergie du droit n°93 / arrêté du 11 février 2026 (2026-02-11)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.cre.fr/documents/deliberations/decision/trve-2026.html">Délibération sur les tarifs réglementés 2026 (coût d'approvisionnement et méthode)</a>. Commission de régulation de l'énergie (CRE) (2026-01-16)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A17456">TVA sur l'électricité : unification du taux à 20 % au 1er août 2025</a>. service-public.fr (2025-08-01)</li></ol>]]></description></item><item><title>Ce que l'intelligence artificielle consomme en eau et en électricité, et qui en paie le prix</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/ia-eau-electricite-qui-paie/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/ia-eau-electricite-qui-paie/</guid><pubDate>Sat, 11 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Intelligence artificielle</category><category>Data centers</category><category>Énergie</category><category>Eau</category><category>Climat</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/ia-eau-electricite-qui-paie/cover.webp" length="74170" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">En juillet 2022, dans une petite ville de l&rsquo;Iowa, un groupe de centres de données a pompé près de 11,5 millions de gallons d&rsquo;eau en un mois. Soit environ 6 % de ce que consomme tout le district voisin. C&rsquo;est l&rsquo;un des rares chiffres d&rsquo;eau relevés au compteur. Le reste du débat sur les ressources de l&rsquo;intelligence artificielle tient à des estimations, des projections, et une question rarement posée de front : qui règle l&rsquo;addition.</div>

<h2 id="le-courant--une-hausse-réelle-pas-un-raz-de-marée">Le courant : une hausse réelle, pas un raz-de-marée</h2>
<p>Les centres de données ont consommé environ 415 térawattheures en 2024. C&rsquo;est à peu près 1,5 % de l&rsquo;électricité mondiale [1]. La croissance est rapide. Environ 12 % par an depuis cinq ans, plus de quatre fois le rythme de la demande totale [1]. L&rsquo;IA en est le moteur principal.</p>
<p>Le scénario central de l&rsquo;agence de référence voit cette consommation plus que doubler d&rsquo;ici 2030. Autour de 945 térawattheures, un peu moins de 3 % du total mondial [1]. C&rsquo;est une projection, pas un fait acquis. La fourchette va presque du simple au double selon les hypothèses.</p>
<p>Un chiffre remet les proportions en place. D&rsquo;ici 2030, les centres de données pèseront moins de 10 % de la hausse de la demande électrique mondiale [1]. Loin derrière l&rsquo;industrie, la climatisation et les voitures électriques. Le « l&rsquo;IA va tout engloutir » force le trait. Le « c&rsquo;est négligeable » aussi.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">415 TWh</span> <span class="stat__label">l&#39;électricité des centres de données en 2024, environ 1,5 % du total mondial</span></aside>

<p>Tout tient dans un mot : la concentration. L&rsquo;effet est lourd par endroits, léger en moyenne. Près de la moitié de la hausse américaine vient des centres de données [1]. En Irlande, ils captent déjà 22 % de l&rsquo;électricité du pays, plus que tous les foyers des villes réunis [9]. Ailleurs, l&rsquo;aiguille bouge à peine.</p>
<h2 id="leau--deux-robinets-et-un-mot-qui-change-tout">L&rsquo;eau : deux robinets, et un mot qui change tout</h2>
<p>L&rsquo;IA boit de l&rsquo;eau de deux façons. D&rsquo;abord sur place, pour refroidir les serveurs. Ensuite, plus discrètement, à travers l&rsquo;eau des centrales qui fabriquent son électricité. Ce second robinet est souvent le plus gros, trois à cinq fois le premier [2].</p>
<p>Ici, un mot commande tout.</p>
<aside class="pullquote">L&rsquo;eau prélevée n&rsquo;est pas l&rsquo;eau consommée.</aside>

<p>Prélevée, elle est pompée puis en partie rendue à la rivière. Consommée, elle s&rsquo;évapore et ne revient pas. Gonfler avec l&rsquo;une ou minimiser avec l&rsquo;autre, c&rsquo;est le premier tour de passe-passe possible, dans les deux sens.</p>
<p>Les chiffres qui circulent sont presque tous des estimations. Entraîner une version connue de ces modèles aurait évaporé environ 700 000 litres sur site [2]. Une conversation type « boirait » à peu près un demi-litre pour dix à cinquante échanges, eau indirecte comprise [2, 3]. Ces ordres de grandeur portent sur un modèle précis et varient énormément selon le lieu et la saison. Ce ne sont pas des constantes universelles.</p>
<p>Les seuls faits durs sont des relevés de compteurs municipaux. L&rsquo;Iowa en 2022 [3]. Et The Dalles, dans l&rsquo;Oregon, où les centres de Google ont utilisé près d&rsquo;un tiers de l&rsquo;eau de la ville en 2021 [12]. Pour obtenir ce chiffre, un journal a dû affronter un procès. La municipalité voulait garder les volumes secrets, avec l&rsquo;appui financier du géant [12]. Elle a abandonné après treize mois.</p>
<h2 id="une-boîte-noire-et-des-progrès">Une boîte noire, et des progrès</h2>
<p>Combien consomme exactement une requête ? Personne ne peut le dire de l&rsquo;extérieur avec certitude. Les fabricants des modèles fermés forment « une boîte noire totale » [16]. Le chiffre le plus cité, environ 0,34 wattheure par requête, vient d&rsquo;un billet de blog du patron d&rsquo;OpenAI, sans la moindre méthode publiée [16]. Même l&rsquo;agence de l&rsquo;énergie écrit que ce manque de données empêche toute évaluation solide [1].</p>
<p>Les estimations sérieuses vont de 0,3 à plus de 2 wattheures par requête texte, et grimpent fort pour l&rsquo;image et la vidéo [15, 16]. L&rsquo;écart n&rsquo;est pas une contradiction. C&rsquo;est de l&rsquo;incertitude, faute de transparence.</p>
<p>Une chose n&rsquo;est pas cachée, en revanche. Les émissions des géants montent, et ils le reconnaissent eux-mêmes. Google admet une hausse de 48 % depuis 2019 [13]. Microsoft, environ 25 % sur la seule année 2025 [14]. Le chiffre de Microsoft est en partie comptable. Il vient aussi de l&rsquo;arrêt de certificats renouvelables qui abaissaient le bilan déclaré, pas seulement d&rsquo;émissions nouvelles [14]. Les deux disent leurs objectifs climatiques 2030 menacés par la course à l&rsquo;IA [13, 14]. L&rsquo;aveu reste crédible : une entreprise ne se noircit pas par plaisir.</p>
<p>Reste que l&rsquo;efficacité progresse aussi. Une estimation d&rsquo;énergie par requête a été divisée par dix en une seule révision [15]. Des centres passent au refroidissement par air pour économiser l&rsquo;eau. Le volume total continue de monter, car les usages explosent. Mais figer la consommation d&rsquo;une requête à son pire niveau serait aussi faux que de la nier.</p>
<h2 id="qui-règle-laddition">Qui règle l&rsquo;addition</h2>
<p>C&rsquo;est le cœur de la question. Et la réponse la plus documentée vient des États-Unis. Là-bas, une partie du coût des réseaux électriques bâtis pour ces centres retombe sur le grand public. Le mécanisme s&rsquo;appelle la socialisation des coûts. Il est établi sur pièces.</p>
<p>Une étude juridique de Harvard a passé en revue près de cinquante procédures officielles.</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Les structures tarifaires qui socialisaient les coûts d&rsquo;une distribution fiable forcent aujourd&rsquo;hui le public à payer pour une infrastructure conçue pour une poignée d&rsquo;entreprises extrêmement riches. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Harvard Electricity Law Initiative, revue de près de 50 procédures réglementaires</figcaption>
</figure>

<p>L&rsquo;opérateur du plus grand marché électrique américain répond qu&rsquo;un réseau neuf profite à tous [7]. Le partage n&rsquo;est pas tranché. Mais les chiffres d&rsquo;allocation, eux, sont réels. À la dernière enchère de capacité de ce marché, les centres de données ont pesé 40 % des coûts. Soit 6,5 milliards de dollars [8]. Le surveillant indépendant du marché en fait « la principale raison » des prix élevés [8]. Dans le Maryland, deux tiers des coûts de transport tombent en moyenne sur les foyers [7].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">40 %</span> <span class="stat__label">la part des centres de données dans les coûts de la dernière enchère de capacité du plus grand marché électrique américain</span></aside>

<p>À côté du kilowattheure, il y a l&rsquo;impôt. Pour attirer ces centres, au moins 36 États américains renoncent à des taxes. Le Texas et la Virginie y laissent chacun environ un milliard de dollars par an [10]. C&rsquo;est le contribuable qui comble ce manque, pas le voisin sur sa facture. Deux coûts bien réels, mais distincts.</p>
<p>Reste un chiffre qui a beaucoup tourné. Les factures américaines auraient bondi de 267 % à cause des centres de données. C&rsquo;est largement faux [11]. Le calcul confond le prix de gros et la facture finale. Les factures résidentielles ont bien grimpé, d&rsquo;environ 42 % en cinq ans, et les centres y contribuent par endroits [11]. Mais l&rsquo;équipement, un réseau vieillissant et la transition énergétique pèsent aussi. Attribuer toute la hausse à l&rsquo;IA est un raccourci.</p>
<h2 id="et-en-france">Et en France</h2>
<p>Le cas français est à part, et le contraste mérite d&rsquo;être posé net. Aujourd&rsquo;hui, les centres de données consomment environ 10 térawattheures par an. À peu près 2 % de l&rsquo;électricité nationale [4]. Huit gros sites en service, pour 800 mégawatts [4]. C&rsquo;est modéré.</p>
<p>Ce qui explose, c&rsquo;est l&rsquo;annonce. Près de 18 gigawatts de capacité étaient réservés en mai 2026, contre 5 fin 2024 [4]. Et 109 milliards d&rsquo;euros d&rsquo;investissements privés ont été annoncés au sommet de Paris sur l&rsquo;IA, début 2025 [6]. Deux précautions s&rsquo;imposent. Une réservation n&rsquo;est pas une consommation. Il faut dix à quinze ans pour atteindre le gros de la puissance réservée. Et des projets tomberont en route [4]. Et 109 milliards annoncés ne sont pas 109 milliards dépensés [6].</p>
<p>Surtout, le report de la note sur les ménages, prouvé aux États-Unis, n&rsquo;est pas établi en France. Le marché n&rsquo;a rien de comparable. Un gestionnaire de réseau unique, un tarif fixé par le régulateur, un mix électrique nucléaire. Aucune source sérieuse ne documente, à ce jour, une hausse de facture française due à l&rsquo;IA. Affirmer l&rsquo;inverse reviendrait à inventer.</p>
<p>Le mix décarboné est même un atout. À consommation égale, un centre installé en France émet bien moins de CO2 qu&rsquo;ailleurs, grâce au nucléaire et au renouvelable [5]. L&rsquo;avantage est réel. Il a une limite. L&rsquo;électricité bas-carbone reste une ressource finie, que se disputent aussi les transports, l&rsquo;industrie, l&rsquo;hydrogène [5]. Et le carbone n&rsquo;est pas le seul impact. L&rsquo;eau, le foncier, la chaleur restent posés. Près de Marseille, aux Pennes-Mirabeau, un projet a déjà déclenché recours et inquiétudes de riverains, sans qu&rsquo;aucun chiffre d&rsquo;eau du site n&rsquo;ait été rendu public [17].</p>
<p>Voilà où en sont les faits. L&rsquo;IA consomme des ressources bien réelles, et en hausse. L&rsquo;essentiel ne se lit pas dans la moyenne planétaire, mais dans quelques régions, quelques villes, quelques compteurs. Et dans une addition dont une part, aux États-Unis, tombe déjà sur des ménages qui ne décident de rien.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://iea.blob.core.windows.net/assets/de9dea13-b07d-42c5-a398-d1b3ae17d866/EnergyandAI.pdf">Energy and AI (World Energy Outlook Special Report)</a>. Agence internationale de l'énergie (AIE) (avril 2025)</li><li id="ref-2"><a href="https://arxiv.org/abs/2304.03271">Making AI Less "Thirsty": Uncovering and Addressing the Secret Water Footprint of AI Models</a>. Li, Yang, Islam, Ren (arXiv, accepté par Communications of the ACM) (2023)</li><li id="ref-3"><a href="https://apnews.com/article/chatgpt-gpt4-iowa-water-consumption-microsoft-f551fde98083d17a7e8d904f8be822c4">Artificial intelligence technology behind ChatGPT was built in Iowa, with a lot of water</a>. Associated Press (2023)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.rte-france.com/bases-electricite/consommation-electricite/essor-data-centers-france">L'essor des data centers en France (chiffres clés)</a>. RTE (2026)</li><li id="ref-5"><a href="https://ecoresponsable.numerique.gouv.fr/actualites/actualisation-ademe-impact/">Actualisation 2025 de l'empreinte environnementale du numérique en France (données 2022)</a>. ADEME-ARCEP (janvier 2025)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.info.gouv.fr/actualite/paris-accueille-le-sommet-pour-laction-sur-lia">Sommet pour l'action sur l'IA (Paris) : 109 milliards d'euros annoncés</a>. info.gouv.fr (février 2025)</li><li id="ref-7"><a href="https://eelp.law.harvard.edu/wp-content/uploads/2025/03/Harvard-ELI-Extracting-Profits-from-the-Public.pdf">Extracting Profits from the Public: How Utility Ratepayers Are Paying for Big Tech's Power</a>. Harvard Electricity Law Initiative (mars 2025)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.utilitydive.com/news/data-centers-pjm-capacity-auction/808951/">Data centers were 40% of PJM capacity costs in last auction: market monitor</a>. Utility Dive (d'après Monitoring Analytics) (janvier 2026)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.cso.ie/en/releasesandpublications/ep/p-dcmec/datacentresmeteredelectricityconsumption2024/keyfindings/">Data Centres Metered Electricity Consumption 2024</a>. Central Statistics Office (Irlande) (juin 2025)</li><li id="ref-10"><a href="https://goodjobsfirst.org/cloudy-data-costly-deals-how-poorly-states-disclose-data-center-subsidies/">Cloudy Data, Costly Deals: How Poorly States Disclose Data Center Subsidies</a>. Good Jobs First (2025)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.wral.com/news/state/fact-check-data-center-electricity-bills-june-15/">Fact-check : Did data centers cause US electricity bills to rise 267% over five years?</a>. WRAL / PolitiFact (juin 2025)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.datacenterdynamics.com/en/news/we-now-know-how-much-water-googles-oregon-data-centers-use-after-city-drops-lawsuit-against-journalists/">We now know how much water Google's Oregon data centers use, after city drops lawsuit against journalists</a>. Data Center Dynamics (décembre 2022)</li><li id="ref-13"><a href="https://earth.org/google-emissions-grow-48-in-five-years-owing-to-large-scale-ai-deployment-jeopardizing-companys-net-zero-plans/">Google emissions grow 48% in five years owing to large-scale AI deployment</a>. Earth.org (d'après le rapport environnemental Google) (juillet 2024)</li><li id="ref-14"><a href="https://fortune.com/2026/07/09/microsoft-carbon-emissions-2025-data-centers/">Microsoft's carbon emissions rose 25% in 2025 as data centers grow</a>. Fortune (d'après le rapport de durabilité Microsoft) (juillet 2026)</li><li id="ref-15"><a href="https://epoch.ai/gradient-updates/how-much-energy-does-chatgpt-use">How much energy does ChatGPT use?</a>. Epoch AI (février 2025)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.technologyreview.com/2025/05/20/1116327/ai-energy-usage-climate-footprint-big-tech/">We did the math on AI's energy footprint</a>. MIT Technology Review (mai 2025)</li><li id="ref-17"><a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/marseille/vous-etes-deja-fortement-pollues-donc-un-peu-plus-un-peu-moins-un-projet-de-data-center-declenche-la-resistance-d-elus-et-de-riverains-3337127.html">Un projet de data center déclenche la résistance d'élus et de riverains aux Pennes-Mirabeau</a>. France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur (2026)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>