<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Écophyto | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/ecophyto/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Wed, 12 Aug 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/ecophyto/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/ecophyto/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Pesticides : la baisse promise n'a pas eu lieu, la facture est déjà là</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/reduction-pesticides-prix-revenus-filieres/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/reduction-pesticides-prix-revenus-filieres/</guid><pubDate>Wed, 12 Aug 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Pesticides</category><category>Agriculture</category><category>Eau</category><category>Prix alimentaires</category><category>Écophyto</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/reduction-pesticides-prix-revenus-filieres/cover.webp" length="460800" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Débarrasser l&rsquo;eau du robinet des pesticides et des nitrates coûte jusqu&rsquo;à deux milliards d&rsquo;euros par an [15]. En France, cette somme est réglée par les ménages, sur leur facture d&rsquo;eau [15]. La pollution, elle, vient d&rsquo;abord des champs [2].</div>

<h2 id="quinze-ans-de-promesses-un-usage-qui-na-pas-bougé">Quinze ans de promesses, un usage qui n&rsquo;a pas bougé</h2>
<p>En 2009, la loi fixe un cap clair. Réduire de moitié l&rsquo;usage des pesticides en dix ans [1]. Quinze ans plus tard, la baisse n&rsquo;a pas eu lieu.</p>
<p>L&rsquo;indicateur qui mesure l&rsquo;intensité des traitements a même progressé de 12 % entre 2009 et 2016 [1]. Fin 2023, une commission d&rsquo;enquête de l&rsquo;Assemblée nationale le confirme. Les chiffres sont « au même niveau qu&rsquo;en 2009 » [2].</p>
<p>Entre-temps, l&rsquo;objectif a glissé. Reporté de 2018 à 2025 [1]. Puis la période de référence a été déplacée vers des années plus chargées. Ce choix, selon le rapporteur parlementaire, revient à réviser l&rsquo;objectif à la baisse [2].</p>
<p>En 2024, le gouvernement change d&rsquo;outil de mesure. Il adopte un indicateur calculé à l&rsquo;échelle européenne, et affiche une baisse de 49 % [3]. Mais cet indicateur baisse surtout quand une molécule est retirée du marché, pas quand les pratiques changent [4]. Le seul retrait d&rsquo;un fongicide en 2021 suffirait à le faire chuter de 44 %, sans qu&rsquo;un seul champ soit traité autrement [4].</p>
<p>Un autre chiffre circule. Les tonnages de pesticides utilisés en agriculture conventionnelle ont baissé de 17 % [2]. C&rsquo;est vrai. Mais le poids et le nombre de traitements ne mesurent pas la même chose. Retirer un produit employé à forte dose fait baisser le poids sans réduire le nombre de passages dans les champs [2].</p>
<h2 id="réduire-est-ce-que-ça-ruine-les-fermes-">Réduire, est-ce que ça ruine les fermes ?</h2>
<p>C&rsquo;est la crainte la plus répandue. Moins de pesticides, moins de récolte, des fermes qui coulent.</p>
<p>Les données disent autre chose, au moins pour les grandes cultures. Une étude portant sur 946 fermes françaises n&rsquo;a trouvé, dans 77 % des cas, aucun conflit entre usage bas, bon rendement et bonne rentabilité [6]. Mieux : réduire l&rsquo;usage de 42 % serait possible sans aucune perte pour près de six fermes sur dix [6].</p>
<aside class="pullquote">Réduire de 42 % l&rsquo;usage est possible sans perte pour près de six fermes sur dix.</aside>

<p>Une condition, toutefois. Il ne s&rsquo;agit pas de baisser les doses à l&rsquo;identique. Il faut repenser le système : varier les cultures, désherber mécaniquement, choisir des variétés résistantes [6].</p>
<p>Sur le terrain, un réseau public suit des fermes engagées depuis dix ans. Elles ont réduit leurs traitements d&rsquo;un quart. Leur marge a reculé d&rsquo;environ 10 % [8]. Le repli est réel. Mais le même bilan ajoute un détail décisif. Les fermes qui ont le plus réduit sont celles qui ont le mieux tenu leur marge [8]. La réduction n&rsquo;est donc pas la cause du recul.</p>
<p>Les deux sources se rejoignent sur un point. Réduire ne fait pas gagner d&rsquo;argent [7]. C&rsquo;est pourquoi la transition a besoin d&rsquo;un coup de pouce public pour démarrer. Le gouvernement l&rsquo;a acté à sa façon, avec 250 millions d&rsquo;euros annoncés et un mot d&rsquo;ordre, « pas d&rsquo;interdiction sans solution » [5].</p>
<p>Un rappel s&rsquo;impose ici. Ces preuves valent pour les grandes cultures, le blé, le maïs, le colza. Elles ne disent rien d&rsquo;un verger, d&rsquo;une vigne ou d&rsquo;un champ de betterave attaqué par un ravageur, où retirer un produit précis peut coûter cher. Et les fermes les plus fragiles ne sont pas celles-là. Un éleveur de bovins gagne en moyenne autour de 20 000 euros par an, contre 55 000 en grandes cultures [16]. La détresse d&rsquo;une filière ne se transfère pas à une autre.</p>
<h2 id="et-le-prix-des-courses-">Et le prix des courses ?</h2>
<p>Deuxième crainte, l&rsquo;addition en rayon.</p>
<p>Là encore, l&rsquo;effet est plus faible qu&rsquo;il n&rsquo;y paraît. Dans le prix d&rsquo;un produit alimentaire, la matière agricole ne pèse en moyenne que 44 % [9]. Et cette part s&rsquo;effondre dès qu&rsquo;un produit est transformé. Moins de 8 % pour une baguette, contre 73 % pour un produit brut [9]. Plus il y a de transformation, moins une hausse au champ se voit à la caisse.</p>
<p>Un seul chiffre mesure directement l&rsquo;effet d&rsquo;une réduction sur le prix. Environ 15 % de plus pour le consommateur [12]. Mais c&rsquo;est une projection, bâtie sur l&rsquo;hypothèse d&rsquo;une taxe forte. Et une partie de la production perdue serait remplacée par des importations, ce qui déplace le prix et envoie les pesticides ailleurs [12].</p>
<p>Le bio, souvent cité en exemple, coûte 20 à 30 % de plus [11]. Sauf que ce surcoût mélange bien des choses. Ni pesticide ni engrais de synthèse, une certification, des rendements plus bas [11]. Il ne mesure pas le seul prix des pesticides.</p>
<p>Si le prix monte, il pèse d&rsquo;abord sur les budgets serrés, où l&rsquo;alimentation tient une place plus lourde. En 2023, quand les prix alimentaires ont bondi de 12,2 %, les ménages ont acheté 3,1 % de quantités en moins [10].</p>
<h2 id="le-coût-que-létiquette-ne-montre-pas">Le coût que l&rsquo;étiquette ne montre pas</h2>
<p>Reste la part invisible. Celle qui n&rsquo;apparaît sur aucun ticket de caisse.</p>
<p>Une expertise collective publique a fait le point en 2021 sur les liens entre pesticides et santé. Elle retient des présomptions fortes pour la maladie de Parkinson, plusieurs cancers, des troubles du développement chez l&rsquo;enfant exposé, des maladies respiratoires [13]. Les premiers touchés sont ceux qui manipulent les produits, les agriculteurs eux-mêmes. Puis les riverains et les enfants. Ce risque n&rsquo;entre dans le prix d&rsquo;aucun légume.</p>
<p>Mis bout à bout, ces coûts pour la société ont été chiffrés pour la France, sur l&rsquo;année 2017. Entre 372 millions et 8,2 milliards d&rsquo;euros par an [14]. La fourchette est large, parce qu&rsquo;une partie des dégâts reste difficile à attribuer avec certitude. Le bas de la fourchette est le plancher le plus prudent, pas le total [14].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">jusqu&#39;à 2 milliards €/an</span> <span class="stat__label">le coût pour retirer pesticides et nitrates de l&#39;eau potable, réglé par la facture d&#39;eau des ménages</span></aside>

<p>À cela s&rsquo;ajoute l&rsquo;eau. Retirer du robinet les pesticides et les nitrates venus des champs coûte cher. Les estimations officielles vont de 500 millions à deux milliards d&rsquo;euros par an [15]. Entre 1980 et 2019, 4 300 points de captage ont dû fermer, pollués surtout par les nitrates et les pesticides [2]. La facture, elle, arrive chez les ménages [15].</p>
<h2 id="à-qui-la-note">À qui la note</h2>
<p>Deux coûts, donc, face à face.</p>
<p>D&rsquo;un côté, celui d&rsquo;une réduction. Réel, parfois lourd pour les fermes fragiles, mais borné et incertain selon la méthode retenue. De l&rsquo;autre, celui de l&rsquo;usage d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Une facture d&rsquo;eau et une facture de santé, versées chaque année par des gens qui n&rsquo;ont rien décidé.</p>
<p>Le prix des courses ne montre ni l&rsquo;une ni l&rsquo;autre.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.ccomptes.fr/system/files/2020-01/20200204-refere-S2019-2659-bilan-plans-ecophyto.pdf">Le bilan des plans Écophyto (référé S2019-2659)</a>. Cour des comptes (2019-11-27)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/rapports/cepestici/l16b2000-t1_rapport-enquete.pdf">Rapport de la commission d'enquête sur l'incapacité à atteindre les objectifs Écophyto (n° 2000)</a>. Assemblée nationale (2023)</li><li id="ref-3"><a href="https://agriculture.gouv.fr/les-indicateurs-de-suivi-de-la-strategie-ecophyto-2030">Les indicateurs de suivi de la stratégie Écophyto 2030</a>. Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (2025-08-30)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.fondationbiodiversite.fr/plan-ecophyto-reduction-des-pesticides-et-indicateurs/">Plan Écophyto, réduction des pesticides et indicateurs</a>. Fondation pour la recherche sur la biodiversité (2025)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.info.gouv.fr/actualite/pesticides-les-5-axes-de-la-strategie-ecophyto-2030">Pesticides, les 5 axes de la stratégie Écophyto 2030</a>. Gouvernement (info.gouv.fr) (2024-05-06)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.nature.com/articles/nplants20178">Reducing pesticide use while preserving crop productivity and profitability on arable farms (Lechenet et al.)</a>. Nature Plants (2017)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.inrae.fr/en/news/reducing-pesticide-use-agriculture-without-lowering-productivity">Reducing pesticide use in agriculture without lowering productivity</a>. INRAE (2017)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.terre-net.fr/protection-des-plantes/article/226355/les-fermes-du-reseau-dephy-partagent-leurs-resultats">Les fermes du réseau DEPHY partagent leurs résultats (bilan 2010-2020)</a>. Terre-net (2023)</li><li id="ref-9"><a href="https://observatoire-prixmarges.franceagrimer.fr/sites/default/files/pictures/04_2024_chapitre_2_synthese_v11_0.pdf">Rapport au Parlement 2024, chapitre 2 (décomposition du prix au détail)</a>. Observatoire de la formation des prix et des marges (FranceAgriMer) (2024)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/8210847?sommaire=8071406">La consommation des ménages en 2023</a>. INSEE (2024)</li><li id="ref-11"><a href="https://theconversation.com/lalimentation-bio-toujours-boudee-malgre-la-reduction-des-ecarts-des-prix-avec-les-produits-conventionnels-224398">L'alimentation bio face à l'écart de prix avec le conventionnel</a>. The Conversation (2024)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.laterre.fr/reduire-les-pesticides-quelles-consequences-economiques-pour-les-filieres-agro-alimentaires/">Réduire les pesticides, quelles conséquences économiques pour les filières agro-alimentaires ?</a>. La Terre (simulation INRAE) (2024)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.inserm.fr/expertise-collective/pesticides-et-sante-nouvelles-donnees-2021/">Pesticides et santé, nouvelles données 2021 (expertise collective, synthèse)</a>. INSERM (2021)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.frontiersin.org/journals/sustainable-food-systems/articles/10.3389/fsufs.2022.1027583/full">The social costs of pesticide use in France</a>. Frontiers in Sustainable Food Systems (2022)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.senat.fr/rap/l24-691/l24-6911.pdf">Protéger les ressources en eau potable contre les pollutions diffuses (rapport n° 691)</a>. Sénat (2025-06-04)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2024/10/15/disparites-des-revenus-agricoles">Disparités des revenus agricoles</a>. Direction générale du Trésor (2024-10-15)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>