<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Droit Pénal | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/droit-penal/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Sat, 25 Jul 2026 07:54:37 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/droit-penal/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/droit-penal/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Crépol : le mobile raciste ajouté au dossier, mais rien n'est encore jugé</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/crepol-racisme-anti-blancs-justice/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/crepol-racisme-anti-blancs-justice/</guid><pubDate>Sat, 25 Jul 2026 07:54:37 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Crépol</category><category>Justice</category><category>Racisme</category><category>Droit pénal</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/crepol-racisme-anti-blancs-justice/cover.webp" length="153654" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, une rixe éclate à la sortie du bal de l&rsquo;hiver de Crépol, dans la Drôme. Des couteaux sortent. Quatre personnes sont grièvement blessées. Thomas Perotto, seize ans, meurt pendant son transport à l&rsquo;hôpital. Vingt mois plus tard, l&rsquo;essentiel manque toujours : qui a porté le coup mortel.</div>

<h2 id="ce-que-les-juges-ont-fait-le-20-juillet">Ce que les juges ont fait le 20 juillet</h2>
<p>Le 20 juillet 2026, les juges d&rsquo;instruction de Valence ont ajouté au dossier une circonstance aggravante de racisme [2]. Ils l&rsquo;ont fait contre l&rsquo;avis du parquet [2].</p>
<p>Une circonstance aggravante ne crée pas un crime. Elle alourdit la peine d&rsquo;un crime déjà reproché. Le crime reproché, lui, ne change pas. C&rsquo;est un homicide et des tentatives d&rsquo;homicide. Quatorze hommes sont mis en examen pour ces faits [1]. Ils sont présumés innocents. Aucun n&rsquo;a reconnu le coup mortel [1, 2].</p>
<p>Cet ajout n&rsquo;est pas un jugement. C&rsquo;est un acte d&rsquo;instruction. Il peut encore tomber. L&rsquo;ordonnance qui décidera du renvoi devant la cour d&rsquo;assises n&rsquo;est pas écrite [1]. Les jurés, ensuite, pourront retenir cette circonstance ou l&rsquo;écarter. Le procès n&rsquo;aura pas lieu avant fin 2027 [1]. Sur le fond, rien n&rsquo;est jugé.</p>
<h2 id="un-désaccord-à-lintérieur-de-la-justice">Un désaccord à l&rsquo;intérieur de la justice</h2>
<p>Ces témoignages ne sont pas nouveaux. Ils sont au dossier depuis le premier jour. Dès novembre 2023, le parquet lui-même les avait recensés : « neuf témoins ou victimes sur les 104 auditionnés » rapportaient des propos hostiles aux Blancs [2].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">9 sur 104</span> <span class="stat__label">témoins ou victimes entendus rapportent des propos hostiles aux Blancs (parquet de Valence, novembre 2023)</span></aside>

<p>Le même parquet en tirait alors la conclusion inverse de celle des juges. Son chef l&rsquo;a dite publiquement, le 26 novembre 2023 [3].</p>
<blockquote>
<p>« À ce stade de l&rsquo;enquête, rien ne caractérise un mobile raciste, une attaque anti-blanc. »</p>
</blockquote>
<p>Les éléments, ajoutait-il, n&rsquo;étaient « ni suffisants, ni déterminants juridiquement » [3]. Cette lecture, le parquet l&rsquo;a tenue jusqu&rsquo;à ses réquisitions de juin 2026 [1, 2].</p>
<aside class="pullquote">Les mêmes témoignages sont au dossier depuis novembre 2023. Deux magistratures les lisent en sens contraire.</aside>

<p>Un propos revient dans le récit, « on est là pour planter des Blancs ». C&rsquo;est un témoignage versé au dossier, rapporté par une source proche de l&rsquo;enquête [2]. Aucun aveu, aucune preuve matérielle ne l&rsquo;ont confirmé à ce jour. Il pèse le poids d&rsquo;une déclaration, pas d&rsquo;un fait établi.</p>
<p>Voilà l&rsquo;état du dossier. Le parquet, qui porte l&rsquo;accusation, a jugé le mobile raciste non caractérisé pendant deux ans et demi. Les juges d&rsquo;instruction, indépendants, l&rsquo;ont retenu en juillet 2026, après les observations de parties civiles [2]. Ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre n&rsquo;a le dernier mot. Le parquet est partie au procès. Les juges tranchent l&rsquo;instruction, pas la culpabilité. Le seul point acquis aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est que rien n&rsquo;est encore tranché sur le fond.</p>
<h2 id="un-récit-installé-bien-avant">Un récit installé bien avant</h2>
<p>Le mot est venu avant l&rsquo;acte. Dès le 21 novembre 2023, plusieurs responsables politiques parlaient de « razzia », de « guerre de civilisation », de « francocide » [8]. Un autre parlait d&rsquo;« une tuerie commise par des racailles » [8]. L&rsquo;identité des agresseurs, elle, était encore inconnue [8]. Au même moment, le parquet disait que rien ne caractérisait un mobile raciste [3]. Le récit courait déjà, deux ans et demi devant la justice.</p>
<p>En juillet 2026, plusieurs responsables politiques ont salué l&rsquo;ajout de la circonstance. Ils ont parlé d&rsquo;« une vérité » reconnue, d&rsquo;une « avancée judiciaire », de la « parole des victimes entendue » [2]. L&rsquo;acte qu&rsquo;ils décrivent est une circonstance ajoutée à l&rsquo;instruction, contre l&rsquo;avis du parquet, tirée de témoignages, et réversible [2]. Il ne désigne pas l&rsquo;auteur du coup mortel. Il n&rsquo;établit pas un crime raciste. Il ouvre une question pour le procès.</p>
<h2 id="une-victime-blanche-protégée-par-la-même-loi">Une victime blanche, protégée par la même loi</h2>
<p>Reste une question plus large que Crépol : que protège le droit quand une personne est visée parce qu&rsquo;elle est blanche ?</p>
<p>La réponse est nette. La loi la protège comme n&rsquo;importe quelle autre victime. Les textes ne nomment aucune couleur. Ils répriment les actes commis « à raison de l&rsquo;appartenance ou de la non-appartenance » d&rsquo;une personne à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion [4]. Le mot « non-appartenance » vise aussi celui qu&rsquo;on attaque parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas de tel groupe. Une victime blanche entre dans le texte, à l&rsquo;identique.</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;une théorie. En 2010, un homme est agressé sur un quai du RER à la gare du Nord, insulté « sale Blanc », « sale Français ». En 2014, la justice a retenu la circonstance de racisme : trois ans de prison [5]. La même année, un homme a été condamné à trois mois ferme pour injure raciale après un « sale Français, sale Blanc » lancé dans un train [6]. Être insulté pour sa couleur est puni. Point.</p>
<p>L&rsquo;application reste rare et prudente. Souvent, les juges retiennent le seul outrage et écartent le motif racial [6]. Et une limite existe. Dénoncer un racisme prêté à la société française tout entière n&rsquo;est pas puni : la Cour de cassation l&rsquo;a jugé en 2018, au nom de la liberté d&rsquo;expression [7]. Viser une personne, oui. Mettre en cause « la société » dans son ensemble, non. La loi sépare les deux.</p>
<h2 id="aucun-délit-ne-porte-ce-nom">Aucun délit ne porte ce nom</h2>
<p>Un point sépare pourtant le droit du récit. Aucune infraction ne s&rsquo;appelle « racisme anti-Blancs ». Aucune ne s&rsquo;appelle « anti-Noirs » ni « anti-Arabes » non plus. La loi ne classe pas les victimes par groupe. Elle punit l&rsquo;acte raciste, quelle que soit la cible [4]. Et rien, dans le droit en vigueur, ne crée une telle catégorie [4].</p>
<p>Reste le mot lui-même. Il recouvre deux choses différentes.</p>
<p>La première est un fait : une insulte, un coup, une agression qui vise une personne parce qu&rsquo;elle est blanche. Cela existe, et la loi le punit, on vient de le voir.</p>
<p>La seconde est une notion de sciences sociales : le racisme comme système, un pouvoir qui commande l&rsquo;accès au logement, à l&rsquo;emploi, à la sécurité. Sur ce terrain, une partie des chercheurs le conteste. Pour eux, ce système ne s&rsquo;applique pas à un groupe majoritaire, donc pas de « racisme anti-Blancs » à ce sens-là [6, 9]. C&rsquo;est une position de recherche, discutée, pas une vérité tranchée.</p>
<p>Ce sont deux questions distinctes, souvent mêlées dans le débat public. Les deux peuvent être vraies en même temps, parce qu&rsquo;elles ne parlent pas du même objet. Un spécialiste du sujet parle d&rsquo;un « débat piégé » [6].</p>
<p>Le terme, enfin, a une histoire. Il a d&rsquo;abord été porté par l&rsquo;extrême droite. Depuis les années 1980, le Front national et une association militante en ont fait un cheval de bataille [9]. Cette association a multiplié les procès, avec peu de succès [10]. En 2012, le mot est passé dans une partie de la droite de gouvernement, par un manifeste [9]. L&rsquo;idée d&rsquo;une « oppression systémique des Blancs » prolonge cette histoire. Le droit ne la connaît pas, faute de catégorie par groupe. Une partie des sciences sociales la conteste. Elle reste une thèse discutée, distincte de l&rsquo;insulte que la loi, elle, punit bel et bien.</p>
<h2 id="ce-qui-reste-dû">Ce qui reste dû</h2>
<p>Reste Thomas Perotto. Seize ans, mort il y a vingt mois. L&rsquo;homme qui a porté le coup n&rsquo;est toujours pas identifié. Quatorze personnes restent mises en examen. Un procès dira qui a fait quoi. Il ne s&rsquo;ouvrira pas avant fin 2027 [1]. C&rsquo;est là que les responsabilités seront établies, une par une.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/drome/meurtre-de-thomas-a-crepol-le-parquet-de-valence-a-rendu-ses-requisitions-definitives-dans-l-enquete-sur-la-mort-de-thomas-3367066.html">Meurtre de Thomas à Crépol : le parquet de Valence a rendu ses réquisitions définitives</a>. France 3 Auvergne-Rhône-Alpes (2026-06-11)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.franceinfo.fr/faits-divers/meurtre-de-thomas-a-crepol/meurtre-de-thomas-a-crepol-la-circonstance-aggravante-de-racisme-retenue-par-les-juges-d-instruction_8119274.html">Meurtre de Thomas à Crépol : la circonstance aggravante de racisme retenue par les juges d'instruction</a>. Agence France-Presse, via franceinfo (2026-07-23)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/mort-de-thomas-le-procureur-de-la-republique-appelle-au-calme-et-au-respect-de-chacun-6835939">Mort de Thomas : le procureur de la République appelle au calme et au respect de chacun</a>. France Bleu Drôme (Radio France) (2023-11-26)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006417501">Article 132-76 du code pénal (circonstance aggravante de racisme) et articles 24, 32, 33 de la loi du 29 juillet 1881</a>. Légifrance et service-public.gouv.fr (version en vigueur (2017))</li><li id="ref-5"><a href="https://www.franceinfo.fr/societe/premiere-condamnation-pour-racisme-anti-blanc_1680203.html">Première condamnation pour racisme anti-Blanc</a>. franceinfo (2014-01)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.laicite-republique.org">« Sale Français », une injure raciale ? Les hésitations des juges face au « racisme anti-Blancs » (Étienne Girard)</a>. L'Express (consulté via miroir laicite-republique.org) (2023-12-14)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.courdecassation.fr">Cour de cassation, chambre criminelle, 11 décembre 2018, n° 18-80.525 (« Nique la France »)</a>. Cour de cassation (2018-12-11)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.franceinfo.fr/replay-radio/l-edito-politique/edito-apres-le-drame-de-crepol-la-surenchere-de-la-recuperation-politique_6167967.html">Édito : après le drame de Crépol, la surenchère de la récupération politique</a>. franceinfo (Radio France), édito politique (2023-11-21)</li><li id="ref-9"><a href="https://revue-pouvoirs.fr/wp-content/uploads/pdfs_articles/pouvoirs181_p97-108_antiblancs_rac.pdf">Un racisme anti-Blancs ? (Daniel Sabbagh), revue Pouvoirs n° 181</a>. Revue Pouvoirs (Seuil) (2022)</li><li id="ref-10"><a href="https://marronnages.org/index.php/revue/article/view/8">La construction juridique de la notion de racisme anti-Blancs en France (Mathias Möschel, Marie-Laure Fournier)</a>. Revue Marronnages (revue académique) (2022-11-29)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>