<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Détenus | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/detenus/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Thu, 23 Jul 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/detenus/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/detenus/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Psychiatrie en prison : 705 places promises, 440 livrées, plus rien depuis 2018</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/psychiatrie-prison-uhsa-places-isolement/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/psychiatrie-prison-uhsa-places-isolement/</guid><pubDate>Thu, 23 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Prison</category><category>Psychiatrie</category><category>Santé mentale</category><category>Détenus</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/psychiatrie-prison-uhsa-places-isolement/cover.webp" length="23444" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Un détenu en crise psychiatrique doit être hospitalisé. On le menotte, on l&rsquo;escorte, on l&rsquo;enferme dans une chambre d&rsquo;isolement. Souvent, ce n&rsquo;est pas son état qui le commande. C&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de place pour lui ailleurs. Les autorités de contrôle décrivent cette scène comme la règle, pas l&rsquo;exception [1, 2].</div>

<h2 id="létat-a-bâti-la-moitié-de-ce-quil-avait-promis">L&rsquo;État a bâti la moitié de ce qu&rsquo;il avait promis</h2>
<p>Le dispositif existe sur le papier. Dix-sept unités hospitalières, 705 places réservées aux détenus [4]. Ce sont les UHSA. Des services de psychiatrie gardés par la pénitentiaire, soignés par l&rsquo;hôpital.</p>
<p>Sur le terrain, neuf unités ont ouvert. 440 places [3]. La dernière date de février 2018. Depuis, plus rien. Huit ans sans une seule ouverture [5].</p>
<p>La seconde tranche, 265 places, n&rsquo;a jamais été engagée [4]. Trois nouvelles unités ont été annoncées en juillet 2026. Les textes sont « en cours de signature », selon l&rsquo;administration. Sans date d&rsquo;ouverture. Sans nombre de lits précisé [5].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">440</span> <span class="stat__label">places d&#39;hôpital psychiatrique construites, sur 705 programmées</span></aside>

<h2 id="faute-de-place-la-chambre-disolement">Faute de place, la chambre d&rsquo;isolement</h2>
<p>Quand il n&rsquo;y a pas de lit en UHSA, le détenu part en hôpital psychiatrique ordinaire. C&rsquo;est devenu le mode principal [1]. Là, il est « quasi systématiquement » placé en chambre d&rsquo;isolement. Même quand son état ne le justifie pas [1].</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Les personnes détenues hospitalisées sans consentement dans les services psychiatriques de proximité sont presque systématiquement placées en chambre d&rsquo;isolement. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Contrôleur général des lieux de privation de liberté, 2019</figcaption>
</figure>

<p>Le transport suit la même logique. Contention systématique, en dehors de toute base légale, sur des instructions préfectorales anciennes et intraçables [2]. Les séjours sont souvent écourtés. Le détenu repart sans être stabilisé, les soins rompus [1].</p>
<p>Les UHSA, elles, ne sont pas saturées. Leur occupation moyenne est de 77,6 % [3]. Le problème n&rsquo;est pas une file d&rsquo;attente. C&rsquo;est qu&rsquo;il y a trop peu de places, et très mal réparties. Le nombre de détenus par lit varie du simple au triple selon les régions [3].</p>
<p>En 2026, le contrôleur des lieux de privation de liberté a visité huit des neuf UHSA. Son constat : une prise en charge « très hétérogène », un usage de la contention marqué par des « pratiques illégales » et des « durées excessives » [6].</p>
<h2 id="le-besoin-est-ancien-et-jamais-recompté">Le besoin est ancien, et jamais recompté</h2>
<aside class="pullquote pullquote--float">Neuf unités construites, la moitié du programme, plus aucune ouverture depuis 2018.</aside>

<p>Un décompte de 2004 reste la seule photographie d&rsquo;ensemble. Au moins un trouble psychiatrique chez huit détenus sur dix. Une schizophrénie quatre fois plus fréquente qu&rsquo;en population générale [1]. Ce chiffre a plus de vingt ans. Aucune enquête nationale sur l&rsquo;ensemble des détenus n&rsquo;a été menée depuis 2003 [1].</p>
<p>L&rsquo;État ne mesure pas grand-chose d&rsquo;autre. Il ignore le délai entre l&rsquo;entrée en prison et l&rsquo;admission en UHSA. Ses propres inspections notent que cette donnée, pourtant « stratégique », n&rsquo;existe nulle part [3].</p>
<p>Le contexte, lui, est chiffré. Au 1er décembre 2025, les prisons comptaient 86 229 détenus pour 63 613 places. Une densité de 135,6 %, un record. Et 6 440 matelas posés au sol [7].</p>
<h2 id="une-chaîne-où-personne-ne-répond-seul">Une chaîne où personne ne répond seul</h2>
<p>Qui est responsable ? La réponse tient en quatre acteurs. Depuis 1994, le soin relève de la Santé : un hôpital installe l&rsquo;unité, l&rsquo;assurance maladie paie [8]. La garde relève de la Justice, la pénitentiaire. La décision d&rsquo;hospitaliser sans consentement appartient au préfet. La sortie pour raison médicale revient au juge.</p>
<p>Quatre acteurs pour un même détenu. Les défaillances ne sont pas au cœur d&rsquo;un maillon. Elles sont aux jointures : l&rsquo;escorte, l&rsquo;isolement, la continuité des soins. Chacun tient sa part, personne ne répond de l&rsquo;ensemble.</p>
<p>Au-dessus, un pilotage commun. Une feuille de route de la Santé et de la Justice pour 2025-2028, 34 actions annoncées [9]. C&rsquo;est l&rsquo;administration qui décrit son propre plan. Pas un bilan de résultats.</p>
<h2 id="létat-condamné-et-responsable">L&rsquo;État condamné, et responsable</h2>
<p>La justice, elle, a déjà tranché. La Cour européenne des droits de l&rsquo;homme a condamné la France deux fois. En 2006, pour avoir maintenu en détention un homme gravement malade et suicidaire, sans encadrement médical adapté [10]. En 2012, pour avoir détenu quatre ans un homme schizophrène. Les allers-retours entre hôpital et prison l&rsquo;empêchaient de se stabiliser [11].</p>
<p>Le Conseil d&rsquo;État a posé une règle claire. L&rsquo;État répond du suicide d&rsquo;un détenu dès lors qu&rsquo;il y a eu un défaut de surveillance. Une faute simple suffit [12].</p>
<p>Les suicides augmentent. 157 personnes écrouées se sont donné la mort en 2023. Une hausse de 12,9 % en un an. Le taux atteint 17,5 pour 10 000, selon le service statistique du ministère de la Santé, qui appelle à la prudence sur de faibles effectifs [13]. Une association de défense des détenus le situe au 3e rang européen, dix fois le risque de l&rsquo;extérieur, à partir des chiffres du Conseil de l&rsquo;Europe [14].</p>
<p>Une porte de sortie existe pourtant. La loi permet de suspendre une peine quand l&rsquo;état de santé mentale est durablement incompatible avec la détention. C&rsquo;est le juge qui décide, sur expertise [15]. Le contrôleur des lieux de privation estime que ces suspensions restent trop rares [2].</p>
<p>La seconde tranche de places, elle, n&rsquo;a toujours pas été financée. Là où elle manque, un détenu en crise finit dans une cellule d&rsquo;isolement.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/EzPublish/2_4_1_sante_personnes_detenues_Tome_I.pdf">La santé des personnes détenues : des progrès encore indispensables</a>. Cour des comptes (2014)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.cglpl.fr/publications/avis-relatif-a-la-prise-en-charge-des-personnes-detenues-atteintes-de-troubles-mentaux">Avis relatif à la prise en charge des personnes détenues atteintes de troubles mentaux</a>. Contrôleur général des lieux de privation de liberté (14 octobre 2019)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.igas.gouv.fr/sites/igas/files/2024-04/Évaluation%20des%20unités%20hospitalières%20spécialement%20aménagées%20(UHSA)%20pour%20les%20personnes%20détenues.pdf">Évaluation des unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA) pour les personnes détenues</a>. IGAS et Inspection générale de la justice (décembre 2018)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.senat.fr/rap/r16-682/r16-682_mono.html">Soigner les détenus (rapport d'information)</a>. Sénat, commission des affaires sociales (26 juillet 2017)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.santementale.fr/2026/07/trois-nouvelles-unites-hospitalieres-pour-des-detenus-souffrant-de-troubles-psychiatriques/">Trois nouvelles unités hospitalières pour des détenus souffrant de troubles psychiatriques</a>. Santé Mentale (revue) (juillet 2026)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.santementale.fr/2026/07/uhsa-les-constats-de-la-controleuse-generale-des-lieux-de-privation-de-liberte/">UHSA : les constats de la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté</a>. Santé Mentale (revue), d'après le CGLPL (9 juillet 2026)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.ici.fr/infos/faits-divers-justice/surpopulation-carcerale-86-229-detenus-dans-les-prisons-francaises-au-1er-decembre-2025-un-niveau-record-8821748">Surpopulation carcérale : 86 229 détenus au 1er décembre 2025, un niveau record</a>. ici.fr, d'après la Direction de l'administration pénitentiaire (31 décembre 2025)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000728979/">Loi n° 94-43 du 18 janvier 1994 relative à la santé publique et à la protection sociale</a>. Légifrance (18 janvier 1994)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.drogues.gouv.fr/feuille-de-route-sante-des-personnes-placees-sous-main-de-justice-2025-2028">Feuille de route Santé des personnes placées sous main de justice 2025-2028</a>. Ministères de la Santé et de la Justice (2025)</li><li id="ref-10"><a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-76287">Rivière c. France, n° 33834/03</a>. Cour européenne des droits de l'homme (11 juillet 2006)</li><li id="ref-11"><a href="https://affairesjuridiques.aphp.fr/textes/cour-europeenne-des-droits-de-lhomme-23-fevrier-2012-n-2724409-cedh-detenus-troubles-mentaux-hopital-psychiatrique/">G. c. France, n° 27244/09</a>. Cour européenne des droits de l'homme (via fiche AP-HP) (23 février 2012)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000036411838">Conseil d'État, 28 décembre 2017, n° 400560</a>. Conseil d'État (Légifrance) (28 décembre 2017)</li><li id="ref-13"><a href="https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2025-02/Fiche%208%20-%20Chez%20les%20détenus,%20un%20taux%20de%20suicide%20en%20hausse,%20mais%20de%20nouveaux%20dispositifs%20de%20prévention.pdf">Chez les détenus, un taux de suicide en hausse</a>. DREES et Observatoire national du suicide (février 2025)</li><li id="ref-14"><a href="https://oip.org/analyse/dix-fois-plus-de-suicide-en-prison-qua-lexterieur/">Dix fois plus de suicides en prison qu'à l'extérieur</a>. Observatoire international des prisons (19 décembre 2024)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039279123">Article 720-1-1 du code de procédure pénale (suspension de peine pour raison médicale)</a>. Légifrance (en vigueur)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>