<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Désinformation | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/desinformation/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Fri, 07 Aug 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/desinformation/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/desinformation/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Ingérences étrangères : beaucoup d'opérations, un effet le plus souvent faible</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/ingerences-etrangeres-avant-presidentielle-2027/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/ingerences-etrangeres-avant-presidentielle-2027/</guid><pubDate>Fri, 07 Aug 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Présidentielle 2027</category><category>Désinformation</category><category>Russie</category><category>Souveraineté</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/ingerences-etrangeres-avant-presidentielle-2027/cover.webp" length="71256" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 5 mai 2017, à deux jours du second tour de la présidentielle, 21 000 courriels privés d&rsquo;une équipe de campagne sont déversés en ligne. Quelques heures avant le silence électoral. L&rsquo;attaque visait à faire vaciller un candidat. Son effet sur le vote a été nul. Huit ans plus tard, Paris a nommé l&rsquo;auteur : le renseignement militaire russe.</div>

<h2 id="beaucoup-dopérations-une-portée-le-plus-souvent-faible">Beaucoup d&rsquo;opérations, une portée le plus souvent faible</h2>
<p>À un an de la présidentielle de 2027, une inquiétude monte. Des puissances étrangères chercheraient à peser sur le vote. Les opérations existent bel et bien. Elles sont nombreuses. Mais leur effet mesuré est, le plus souvent, faible. Ce constat n&rsquo;est pas celui d&rsquo;un sceptique. C&rsquo;est celui des services de l&rsquo;État eux-mêmes.</p>
<p>Aux municipales de mars 2026, le service de l&rsquo;État chargé de surveiller ces opérations en a repéré quatre venues de l&rsquo;étranger. Son bilan : « volume et impact restés très limités » [1]. La plupart ne sont jamais sorties de leur réseau de faux comptes d&rsquo;origine.</p>
<p>Le même écart revient partout. Un réseau prorusse a publié 152 464 articles en moins de trois mois. Son audience : environ 31 000 visites par mois, et le site qui visait la France était le moins lu [2]. Un autre réseau a mené près de 8 000 campagnes, pour une centaine de clics chacune en moyenne [3]. Pendant les Jeux de Paris 2024, le bilan officiel parle d&rsquo;un « impact relativement faible » d&rsquo;attaques « pourtant nombreuses » [4].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">≈ 103 clics</span> <span class="stat__label">l&#39;audience moyenne d&#39;une campagne du réseau prorusse Doppelganger</span></aside>

<p>Une précaution s&rsquo;impose, dans les deux sens. « Peu vu » ne veut pas dire « aucun effet sur le vote ». Décider si un scrutin a été faussé ne relève pas de ces services, mais du juge de l&rsquo;élection, et ils le disent eux-mêmes. Et un gros volume ne prouve pas un gros effet. Le fait solide est là : l&rsquo;attaque est réelle, sa portée mesurée est petite.</p>
<h2 id="lexception-qui-passe">L&rsquo;exception qui passe</h2>
<p>Tout ne fait pas long feu. Une opération se distingue, appelée Storm-1516, attribuée à une unité du renseignement militaire russe [1, 5]. Elle ne se contente pas d&rsquo;usines à faux comptes. Elle fabrique de fausses vidéos, parfois à l&rsquo;aide de l&rsquo;intelligence artificielle. Certains de ses récits touchent un large public. Ils sont même repris, à l&rsquo;occasion, par des responsables politiques [5]. Son effet reste difficile à chiffrer. Mais c&rsquo;est la méthode la plus préoccupante, parce qu&rsquo;elle passe par des relais bien réels.</p>
<aside class="pullquote">Une attaque avérée n&rsquo;est pas une attaque efficace.</aside>

<h2 id="lingérence-nest-pas-que-sur-internet">L&rsquo;ingérence n&rsquo;est pas que sur internet</h2>
<p>Réduire l&rsquo;ingérence aux faux comptes serait une erreur. Elle prend d&rsquo;autres formes, établies celles-là. En mars 2026, l&rsquo;Union européenne a sanctionné deux entités chinoises et une iranienne pour des cyberattaques. Elles visaient notamment Charlie Hebdo et les Jeux de 2024 [6]. Des « postes de police » chinois clandestins ont été recensés en France, puis confirmés par les services de renseignement. L&rsquo;un d&rsquo;eux a servi à des retours forcés vers la Chine [7]. En octobre 2023, les étoiles de David taguées sur des murs de Paris ont été, selon le renseignement intérieur, pilotées depuis la Russie [8].</p>
<p>L&rsquo;ordre est le même dans tous les rapports officiels. La Russie d&rsquo;abord, « de loin » l&rsquo;acteur le plus agressif, puis la Chine, puis d&rsquo;autres comme l&rsquo;Azerbaïdjan [9]. La menace est réelle, et elle vient de plusieurs pays. La nier serait aussi faux que d&rsquo;en exagérer la portée.</p>
<h2 id="un-prêt-russe--un-fait-établi-une-lecture-débattue">Un prêt russe : un fait établi, une lecture débattue</h2>
<p>Un fait dérange le camp qui, aujourd&rsquo;hui, se dit visé à tort. En 2014, le Front national a emprunté 9,4 millions d&rsquo;euros à une banque russe. Il affirmait alors que les banques françaises lui refusaient tout crédit. Ce prêt a été remboursé par anticipation en septembre 2023, grâce à l&rsquo;argent public gagné aux législatives de 2022 [10]. Son existence, son montant, son origine, son remboursement : tout cela est établi.</p>
<p>Ce qui l&rsquo;est moins, c&rsquo;est le sens qu&rsquo;on lui donne. Un rapport parlementaire a parlé de « traitement de faveur » et de parti « relais ». Le RN l&rsquo;a contesté dans ce même rapport. Et l&rsquo;autorité qui contrôle les comptes de campagne y jugeait, elle, le prêt consenti à un taux désavantageux, « non susceptible d&rsquo;entraîner des conséquences en termes d&rsquo;ingérences » [11]. Aucun lien prouvé entre ce prêt et les positions du parti. Le fait tient. Son interprétation, non.</p>
<p>En 2026, le RN dit ne plus trouver de prêt bancaire pour financer 2027. Ses financements étrangers passés, russe puis hongrois, sont devenus un poids [12]. Les banques, de leur côté, invoquent leurs critères de risque. Chacun sa version, à vérifier.</p>
<h2 id="quand-le-soupçon-devient-une-arme">Quand le soupçon devient une arme</h2>
<p>Le thème s&rsquo;installe vite. En juillet 2024, un rapport du Sénat a fait basculer le sujet du terrain de la sécurité vers celui de l&rsquo;élection [9]. Fin juillet 2026, le gouvernement a présenté un texte qui durcit les peines pour la diffusion de fausses informations en campagne. Jusqu&rsquo;à six ans de prison, selon le projet, quand c&rsquo;est « pour servir une puissance étrangère » [13].</p>
<p>Début août 2026, trois candidats disent avoir été visés par de fausses rumeurs : Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann, Gabriel Attal. Ces attaques ont été « attribuées à des réseaux prorusses ». Mais par une seule source de sécurité anonyme, sans caractérisation publique du service compétent [13]. Leur effet, ajoute la même dépêche, est « difficile à déterminer ». Ce n&rsquo;est pas un fait établi. C&rsquo;est une accusation, et elle se traite comme telle.</p>
<p>Le ton, lui, monte.</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« L&rsquo;élection peut être faussée. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Gabriel Attal, Renaissance</figcaption>
</figure>

<p>Il accuse la Russie de vouloir « voler » le scrutin. D&rsquo;autres suivent : suspendre le réseau X « le temps de la campagne » en cas d&rsquo;ingérence constatée, ne « pas avoir la main qui tremble » face aux plateformes [13]. À ce stade, ce sont surtout le gouvernement et des candidats du centre et de la gauche qui portent le thème. La droite et le RN se taisent [13]. Chacun de ces mots est une position d&rsquo;acteur, jamais une preuve.</p>
<p>Le soupçon marche dans les deux sens. Quand le patron du réseau X a qualifié une candidate d&rsquo;extrême droite de « dernier espoir de la France », une partie de la gauche a crié à « l&rsquo;ingérence étrangère » [18]. Or ce soutien n&rsquo;est pas illégal : un étranger a le droit d&rsquo;exprimer une préférence. Et dans l&rsquo;affaire du patron de Telegram, poursuivi par la justice française, l&rsquo;accusation d&rsquo;« ingérence » a été retournée contre Paris par Moscou, un grief que la France a démenti « totalement » [14]. Le mot « ingérence » sert à alerter. Il sert aussi à disqualifier un adversaire.</p>
<h2 id="ce-que-la-loi-peut-et-ce-quelle-ne-peut-pas">Ce que la loi peut, et ce qu&rsquo;elle ne peut pas</h2>
<p>Face à cela, les outils existent, mais ils butent. Le service de veille de l&rsquo;État peut détecter et nommer une opération. Il ne peut pas la sanctionner, et il ne regarde que les acteurs étrangers [15]. La loi de 2024 vise celui qui agit pour le compte d&rsquo;un État étranger. Pas le débat intérieur, ni un patron de plateforme qui agit pour son propre compte [16]. Un recours en urgence contre les fausses informations existe depuis 2018. Il n&rsquo;a presque jamais servi [17]. La prise la plus directe sur les algorithmes reste une règle européenne, qui vise leur fonctionnement, pas les opinions.</p>
<h2 id="deux-vérités-en-même-temps">Deux vérités en même temps</h2>
<p>À un an du vote, deux choses sont vraies ensemble. Des puissances étrangères cherchent bien à peser sur la France, la Russie en tête. Et leur effet mesuré sur les scrutins est, jusqu&rsquo;ici, le plus souvent faible. Entre les deux s&rsquo;ouvre une campagne où « l&rsquo;ingérence » devient un mot d&rsquo;accusation, brandi avant d&rsquo;être prouvé.</p>
<p>Le meilleur rappel reste le plus ancien. En 2017, 21 000 courriels volés, jetés à deux jours du vote, n&rsquo;ont pas changé une voix [11, 19]. Une attaque peut être réelle, nommée, et rester sans effet. Le vote, lui, est resté celui des électeurs.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.sgdsn.gouv.fr/files/files/viginum/Publications/20260611_SGDSN_VIGINUM_Rapport-public_Elections-municipales.pdf">Rapport public : protection du débat public contre les ingérences numériques étrangères durant les élections municipales de mars 2026</a>. SGDSN / VIGINUM (2026-06-11)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.sgdsn.gouv.fr/files/files/20240212_NP_SGDSN_VIGINUM_RAPPORT-RESEAU-PORTAL-KOMBAT_VF.pdf">Portal Kombat : un réseau structuré et coordonné de propagande prorusse</a>. SGDSN / VIGINUM (2024-02-12)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.disinfo.eu/doppelganger-hub/">Doppelganger / RRN, hub de suivi de la campagne</a>. EU DisinfoLab (2024)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/contenu/visualisation/909229/file/Rapport_DPR2024_versionpublique.pdf">Rapport d'activité 2023-2024 : état de la menace d'ingérence et bilan des JO de Paris 2024</a>. Délégation parlementaire au renseignement (Assemblée nationale) (2024)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.defense.gouv.fr/desinformation/analyses-sgdsn/sgdsn-viginum-analyse-du-mode-operatoire-informationnel-russe-storm-1516">Analyse du mode opératoire informationnel russe Storm-1516</a>. SGDSN / VIGINUM (relais defense.gouv.fr) (2025)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/presse-et-ressources/decouvrir-et-informer/actualites/cybersecurite-l-union-europeenne-sanctionne-plusieurs-acteurs-de-l-ecosysteme-cyber-offensif-prive">L'Union européenne sanctionne des acteurs du cyber offensif privé (dont deux entités chinoises)</a>. Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères (2026-03)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.franceinfo.fr/france/ile-de-france/seine-saint-denis/chine-en-france-des-postes-de-police-chinoise-clandestins-organisent-des-retours-forces_6521618.html">Chine : des postes de police clandestins en France organisent des retours forcés</a>. franceinfo (Envoyé spécial) (2023)</li><li id="ref-8"><a href="https://fr.timesofisrael.com/etoiles-de-david-taguees-en-france-loperation-etait-pilotee-par-le-fsb-russe-selon-une-nouvelle-source/">Étoiles de David taguées en France : l'opération était pilotée par le FSB russe</a>. The Times of Israël (2023)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.senat.fr/rap/r23-739-1/r23-739-1_mono.html">Rapport de la commission d'enquête sur les influences étrangères malveillantes (n° 739)</a>. Sénat (2024-07-25)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.malaymail.com/news/world/2023/09/21/french-far-right-says-russian-loan-repaid/92155">Le prêt russe du FN/RN remboursé par anticipation (dépêche AFP)</a>. AFP (2023-09-21)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/rapports/ceingeren/l16b1311_rapport-enquete">Rapport de la commission d'enquête sur les ingérences de puissances étrangères (n° 1311)</a>. Assemblée nationale (2023)</li><li id="ref-12"><a href="https://lcp.fr/actualites/on-fait-quoi-le-rn-denonce-les-refus-de-prets-bancaires-pour-financer-sa-campagne-de">Le RN dénonce les refus de prêts bancaires pour financer sa campagne de 2027</a>. LCP (2026)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.ledevoir.com/monde/europe/1000250/ingerences-russes-contre-aspirants-presidents-france-multiplient">Ingérences russes visant des candidats à un an de la présidentielle 2027 (dépêche AFP)</a>. AFP (via Le Devoir) (2026-08-06)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.globalsecurity.org/wmd/library/news/russia/2024/08/russia-240828-rferl01.htm">Pavel Durov (Telegram) : arrestation, mise en examen et cadrage « ingérence / liberté d'expression »</a>. RFE/RL (reprise GlobalSecurity) (2024-08-28)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.sgdsn.gouv.fr/viginum">VIGINUM, service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères</a>. SGDSN (2021)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050052193">Loi n° 2024-850 du 25 juillet 2024 visant à prévenir les ingérences étrangères en France</a>. Légifrance (République française) (2024-07-25)</li><li id="ref-17"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000037847559">Loi n° 2018-1202 du 22 décembre 2018 relative à la lutte contre la manipulation de l'information</a>. Légifrance (République française) (2018-12-22)</li><li id="ref-18"><a href="https://lcp.fr/actualites/marine-le-pen-est-le-dernier-espoir-de-la-france-le-soutien-d-elon-musk-au-rn-provoque">« Marine Le Pen est le dernier espoir de la France » : le soutien d'Elon Musk au RN</a>. LCP (2026-07)</li><li id="ref-19"><a href="https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/macron-leaks-en-2017-paris-accuse-officiellement-le-renseignement-militaire-russe-88035b8080fffaaf7ca4fd53be9a8359">Macron Leaks : Paris attribue officiellement l'attaque au renseignement militaire russe (dépêche AFP)</a>. AFP (via Boursorama) (2025-04-29)</li></ol>]]></description></item><item><title>Du tabac au climat : la mécanique du doute fabriqué</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/fabrique-du-doute-tabac-climat/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/fabrique-du-doute-tabac-climat/</guid><pubDate>Mon, 20 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Désinformation</category><category>Climat</category><category>Tabac</category><category>Ozone</category><category>Science</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/fabrique-du-doute-tabac-climat/cover.webp" length="39816" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Une controverse scientifique peut être vraie. Elle peut aussi être achetée. Depuis les années 1950, les mêmes techniques servent à fabriquer un doute là où la science a tranché. D&rsquo;abord sur le tabac, puis sur l&rsquo;ozone, puis sur le climat. Ce doute-là a une signature. Elle se lit sans être savant.</div>

<h2 id="la-cigarette-ou-le-doute-vendu-comme-un-produit">La cigarette, ou le doute vendu comme un produit</h2>
<p>En janvier 1954, une pleine page paraît dans 448 journaux américains. Les grands cigarettiers y jurent qu&rsquo;aucune preuve ne relie la cigarette au cancer. Ils mettent en doute « la validité même des statistiques ». Près de 43 millions de personnes la lisent [1].</p>
<p>La même année naît un comité de recherche financé par les fabricants. Il promet de chercher la vérité sur le tabac. En quarante ans, il ne finance presque jamais l&rsquo;étude qui établirait le lien avec le cancer. Il distribue plus de 300 millions de dollars. Sa fonction n&rsquo;est pas de chercher. Elle est d&rsquo;entretenir une controverse [1].</p>
<p>Un mémo interne de 1969 le dit sans détour. Il pose la doctrine maison.</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Le doute est notre produit. C&rsquo;est le meilleur moyen de rivaliser avec les faits installés dans l&rsquo;esprit du grand public. C&rsquo;est aussi le moyen d&rsquo;entretenir une controverse. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Mémo interne de l&#39;industrie du tabac, 1969</figcaption>
</figure>

<p>Le même document admet, en interne, que le public tient déjà la cigarette pour nocive. La controverse n&rsquo;existait plus dans les faits. Elle était fabriquée pour l&rsquo;opinion [2].</p>
<p>Car la science, elle, avait conclu. En janvier 1964, le rapport officiel du Surgeon General établit que le tabac cause le cancer du poumon. Dix experts, choisis pour n&rsquo;avoir jamais pris position, ont pesé plus de 7 000 études. Le verdict est sans qualificatif [3].</p>
<p>Reconnaître ce verdict a pourtant pris des décennies. En 2006, un tribunal fédéral juge que les cigarettiers ont fraudé. Ils « savaient depuis cinquante ans ou plus », et ont menti à répétition, en coordonnant relations publiques, recherche et marketing [4].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">42 ans</span> <span class="stat__label">entre la science officielle du tabac (1964) et la fraude reconnue par un tribunal (2006)</span></aside>

<p>Cet écart de quarante-deux ans n&rsquo;est pas un accident. C&rsquo;est le temps que la fabrique du doute a permis de gagner.</p>
<h2 id="reconnaître-un-doute-qui-esquive-la-preuve">Reconnaître un doute qui esquive la preuve</h2>
<p>Tout doute n&rsquo;est pas suspect. La science avance en doutant, et un vrai doute a des marques précises. Il est chiffré, borné, publié, réfutable.</p>
<p>Les organismes scientifiques ne brandissent pas l&rsquo;incertitude, ils la mesurent. Sur le climat, un événement « très probable » veut dire 90 à 100 % de probabilité. Ces bornes sont écrites noir sur blanc [5].</p>
<aside class="pullquote">Un vrai doute engage la preuve. Un doute fabriqué la contourne.</aside>

<p>Surtout, une incertitude chiffrée n&rsquo;est pas de l&rsquo;ignorance. Dire « aussi probable qu&rsquo;improbable » est même interdit pour signaler un manque de connaissance. C&rsquo;est le point que la fabrique du doute exploite. Elle fait passer « la science mesure une marge » pour « la science ne sait rien ». Les deux n&rsquo;ont rien à voir [5].</p>
<p>Le doute fabriqué, lui, esquive la preuve. Il a cinq gestes repérables [6]. Il produit de faux experts, pour simuler un désaccord. Il choisit l&rsquo;étude qui l&rsquo;arrange et ignore le reste. Il exige une certitude absolue avant d&rsquo;agir, puis déplace la barre dès qu&rsquo;elle est atteinte. Il enchaîne les raisonnements bancals. Il invoque un complot des chercheurs.</p>
<p>Trancher le fond demande un savoir. Mais il existe des signaux qui n&rsquo;en demandent aucun. Ils portent sur la forme, pas sur le contenu. Qui finance le doute, et cet acteur vend-il le produit en cause. Où l&rsquo;argument est-il publié, dans une revue réfutable ou dans une publicité. L&rsquo;acteur dit-il en privé le contraire de ce qu&rsquo;il affiche. Et les mêmes officines rejouent-elles le doute d&rsquo;un dossier à l&rsquo;autre. Ces quatre questions se posent sans diplôme.</p>
<h2 id="le-climat-la-même-signature">Le climat, la même signature</h2>
<p>Sur le climat, ces quatre signaux s&rsquo;allument ensemble.</p>
<p>Le doute climatique a un budget. Aux États-Unis, un ensemble d&rsquo;organisations qui contestent la science a totalisé environ 900 millions de dollars de revenus annuels sur 2003-2010. Cet argent vient pour l&rsquo;essentiel de 140 fondations, en très large majorité conservatrices [7].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">64 M$/an</span> <span class="stat__label">versés en moyenne à la contestation climatique aux États-Unis par 140 fondations (2003-2010)</span></aside>

<p>Une part de ces flux est devenue plus difficile à tracer avec le temps. Des financeurs visibles, comme ExxonMobil, ont réduit leur soutien déclaré. D&rsquo;autres versements sont passés par des relais qui masquent le donateur [7]. ExxonMobil a versé près de 16 millions de dollars, entre 1998 et 2005, à des groupes contestant la science. Le chiffre vient d&rsquo;une ONG, à recouper, mais il concorde avec le décompte financier indépendant [8, 7].</p>
<p>Le signal le plus net est ailleurs. Une analyse de 187 communications d&rsquo;ExxonMobil, entre 1977 et 2014, l&rsquo;a mesuré. Dans ses articles scientifiques et ses documents internes, l&rsquo;entreprise reconnaît un climat réel et d&rsquo;origine humaine, à plus de 80 %. Dans ses publicités, elle exprime au contraire du doute, à 81 % [9].</p>
<p>L&rsquo;écart est mesuré, pas inventé. Dire qu&rsquo;Exxon « savait et a menti » reste une interprétation, portée devant des tribunaux. Ce qui est établi, c&rsquo;est le décalage entre ses mots privés et ses mots publics [9].</p>
<p>Un autre document dit la même chose, presque mot pour mot. En 1995, un rapport interne d&rsquo;une coalition de l&rsquo;industrie fossile tranche.</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Les bases scientifiques de l&rsquo;effet de serre sont bien établies et ne peuvent être niées. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Rapport interne de la Global Climate Coalition, 1995</figcaption>
</figure>

<p>Début 1996, la direction fait retirer le passage qui réfutait les climato-négationnistes, avant diffusion. En 1997, le président de la coalition nie publiquement le lien [10]. Ce savoir est pourtant ancien. Dès la fin des années 1970, des scientifiques d&rsquo;Exxon alertent leur direction. Un rapport interne de 1982 décrit le réchauffement, la montée des eaux, la sécheresse. Il est marqué « ne pas distribuer à l&rsquo;extérieur » [11].</p>
<p>Reste la question des acteurs. Des historiens ont retracé un fil : quelques mêmes scientifiques et instituts, d&rsquo;abord actifs sur le tabac ou l&rsquo;ozone, puis sur le climat. Cette continuité coordonnée est une thèse, discutée, à créditer à ses auteurs [12]. Un fait, lui, ne se discute pas. Un physicien devenu figure du déni climatique avait d&rsquo;abord contesté la science de l&rsquo;ozone. Il la disait « localisée et temporaire », et attribuait le trou à une variation naturelle. Ses propres déclarations tracent la ligne, d&rsquo;un dossier à l&rsquo;autre [12].</p>
<h2 id="lozone-la-preuve-quun-vrai-doute-se-règle">L&rsquo;ozone, la preuve qu&rsquo;un vrai doute se règle</h2>
<p>L&rsquo;ozone raconte l&rsquo;histoire inverse. Un doute réel y est né, puis s&rsquo;est éteint. Par la preuve, pas par la fatigue.</p>
<p>En 1974, deux chimistes avancent une hypothèse. Les gaz CFC monteraient dans la haute atmosphère et y détruiraient l&rsquo;ozone. Au départ, c&rsquo;est une théorie, contestable, et contestée [13]. L&rsquo;industrie riposte. Le premier fabricant mondial de CFC achète une pleine page pour dire qu&rsquo;il est « trop tôt pour conclure ». Même après le tournant, en 1988, il juge inutile toute réduction spectaculaire [12].</p>
<p>En 1985, la preuve tombe. Des mesures relèvent un effondrement de l&rsquo;ozone au-dessus de l&rsquo;Antarctique, jusqu&rsquo;à un tiers en moins. L&rsquo;hypothèse est devenue un fait observé [13]. En 1987, les États signent le protocole de Montréal. Près de 100 substances sont éliminées. C&rsquo;est le traité environnemental le plus efficace jamais conclu [13].</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, la couche d&rsquo;ozone se répare. Près de 99 % des substances interdites ont disparu. Le retour à la normale est attendu autour du milieu du siècle [14]. Une réserve tient l&rsquo;élan : les gaz qui ont remplacé les CFC réchauffent le climat, ce qui a exigé un nouvel accord. Et ces échéances supposent que les politiques tiennent [14].</p>
<p>Le contraste est clair. Là où la science a tranché et où l&rsquo;action a suivi, la controverse est morte. Quand un doute survit des décennies après la preuve, ce n&rsquo;est plus la science qui le nourrit. C&rsquo;est un intérêt.</p>
<h2 id="le-partage-tient-en-une-question">Le partage tient en une question</h2>
<p>La différence entre les deux doutes ne tient pas au degré de certitude affiché. Elle tient au rapport à la preuve. L&rsquo;un l&rsquo;engage et accepte le verdict. L&rsquo;autre l&rsquo;esquive sans fin, pour empêcher la décision.</p>
<p>Sur l&rsquo;origine humaine du réchauffement, l&rsquo;accord des climatologues qui publient se situe entre 90 et 100 %, selon six études aux méthodes croisées. Le fameux « 97 % » désigne la part de ceux qui prennent position, pas la totalité. Les autres ne doutent pas, ils travaillent sur une question déjà réglée [15].</p>
<p>Un dernier relais amplifie le doute fabriqué : le réflexe d&rsquo;équilibre. Donner un temps de parole égal à deux thèses de poids inégal, c&rsquo;est déjà pencher. Sur la presse américaine de référence, entre 1988 et 2002, plus de la moitié des articles sur le climat traitaient les deux camps à parts sensiblement égales [16]. La proportion et l&rsquo;époque sont datées, le mécanisme reste.</p>
<p>Reste le plus utile. Face à une controverse, quatre questions suffisent souvent, et aucune ne demande d&rsquo;être savant. Qui paie. Où est-ce publié. Le discours privé colle-t-il au discours public. Et les mêmes voix reviennent-elles, dossier après dossier. Un doute honnête résiste à ces questions. Un doute fabriqué, presque jamais.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.tobaccotactics.org/article/tobacco-industry-research-committee/">Tobacco Industry Research Committee (dont Frank Statement, 1954)</a>. Tobacco Tactics, University of Bath (1953-1954)</li><li id="ref-2"><a href="https://legacy.library.ucsf.edu/tid/nvs40f00">Smoking and Health Proposal (mémo interne Brown & Williamson, Bates 690010951)</a>. Truth Tobacco Industry Documents, UCSF (1969)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.cdc.gov/tobacco-surgeon-general-reports/about/history.html">History of the Surgeon General's Reports on Smoking and Health</a>. Centers for Disease Control and Prevention (CDC) (1964)</li><li id="ref-4"><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/United_States_v._Philip_Morris">United States v. Philip Morris (jugement RICO, juge Gladys Kessler)</a>. U.S. District Court, D.C. (synthèse Wikipédia) (2006)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2018/05/uncertainty-guidance-note.pdf">Guidance Note on Consistent Treatment of Uncertainties</a>. GIEC (IPCC) (2010)</li><li id="ref-6"><a href="https://academic.oup.com/eurpub/article/19/1/2/463780">Denialism: what is it and how should scientists respond?</a>. European Journal of Public Health (Diethelm & McKee) (2009)</li><li id="ref-7"><a href="https://doi.org/10.1007/s10584-013-1018-7">Institutionalizing delay: foundation funding and the creation of U.S. climate change counter-movement organizations</a>. Climatic Change (Robert J. Brulle) (2014)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.ucs.org/resources/smoke-mirrors-hot-air">Smoke, Mirrors & Hot Air: How ExxonMobil Uses Big Tobacco's Tactics to Manufacture Uncertainty on Climate Science</a>. Union of Concerned Scientists (2007)</li><li id="ref-9"><a href="https://doi.org/10.1088/1748-9326/aa815f">Assessing ExxonMobil's climate change communications (1977-2014)</a>. Environmental Research Letters (Supran & Oreskes) (2017)</li><li id="ref-10"><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Global_Climate_Coalition">Predicting Future Climate Change: A Primer (mémo interne, versé au procès de 2009)</a>. Global Climate Coalition (1995)</li><li id="ref-11"><a href="https://theconversation.com/what-big-oil-knew-about-climate-change-in-its-own-words-170642">What Big Oil knew about climate change, in its own words</a>. The Conversation (Benjamin Franta) (2021)</li><li id="ref-12"><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Merchants_of_Doubt">Merchants of Doubt (thèse de la continuité du tabac au climat)</a>. Naomi Oreskes & Erik M. Conway (notice de référence) (2010)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.sciencehistory.org/education/scientific-biographies/mario-molina/">Mario Molina et la destruction de l'ozone (hypothèse 1974, preuve 1985, protocole de Montréal 1987)</a>. Science History Institute (1974)</li><li id="ref-14"><a href="https://news.un.org/en/story/2023/01/1132277">Ozone layer recovery is on track</a>. ONU / PNUE (2023)</li><li id="ref-15"><a href="https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/11/4/048002">Consensus on consensus: a synthesis of consensus estimates on human-caused global warming</a>. Environmental Research Letters (Cook et al.) (2016)</li><li id="ref-16"><a href="https://sciencepolicy.colorado.edu/admin/publication_files/2004.33.pdf">Balance as bias: global warming and the US prestige press</a>. Global Environmental Change (Boykoff & Boykoff) (2004)</li></ol>]]></description></item><item><title>Visas pour l'Algérie : plus d'un tiers des demandes sont refusées</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/visas-france-algerie-chiffres-debat/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/visas-france-algerie-chiffres-debat/</guid><pubDate>Sun, 19 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Immigration</category><category>Algérie</category><category>Visas</category><category>Désinformation</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/visas-france-algerie-chiffres-debat/cover.webp" length="250344" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le nombre de visas accordés aux Algériens revient dans chaque débat. Autour de ce chiffre, il y a une confusion qui change tout. Et un blocage réel, qui se joue ailleurs.</div>

<h2 id="un-visa-nest-pas-une-installation">Un visa n&rsquo;est pas une installation</h2>
<p>Un visa de court séjour autorise à entrer, pas à rester. C&rsquo;est un droit de passage. Quatre-vingt-dix jours au maximum, sur six mois. La règle officielle est nette : « le visa Schengen ne vous autorise pas à vous installer en France »[1]. Tourisme, affaires, visite à la famille. Rien de plus.</p>
<p>Ces visas de court séjour forment plus de neuf visas algériens sur dix[2, 3]. Le reste, le long séjour, est marginal. En 2025, il pèse 9 % du total[3]. Et il sert d&rsquo;abord aux études. Près d&rsquo;un visa long séjour sur deux est un visa étudiant[3]. Le motif familial vient ensuite. L&rsquo;installation durable est une petite part d&rsquo;une petite part.</p>
<p>Un visa délivré n&rsquo;est donc pas un immigré de plus. C&rsquo;est le point que le débat efface le plus souvent.</p>
<h2 id="le-compte-réel">Le compte réel</h2>
<p>Combien la France en délivre-t-elle ? Le chiffre bouge beaucoup. Il a chuté pendant le covid, puis rebondi. 63 649 visas en 2021. 250 095 en 2024. Puis un repli à 204 243 en 2025, soit 18 % de moins[2, 3]. Pas une hausse continue, une courbe en dents de scie.</p>
<p>L&rsquo;Algérie reste dans le peloton de tête des nationalités. Troisième pays en 2024, quatrième en 2025, derrière la Chine et le Maroc[2, 3]. Jamais en tête, mais toujours haut. La France est aussi de loin le premier pays Schengen où les Algériens déposent leurs demandes, devant l&rsquo;Espagne, l&rsquo;Allemagne et l&rsquo;Italie[4]. Déposer beaucoup de demandes et obtenir beaucoup de visas, ce n&rsquo;est pas la même chose.</p>
<p>Car un chiffre est peu cité. En 2024, la France a refusé 34,8 % des demandes algériennes[2]. Plus d&rsquo;une sur trois. C&rsquo;est le taux le plus élevé du Maghreb, devant la Tunisie (21,2 %) et le Maroc (12,5 %)[2]. Et plus du double de la moyenne française, toutes nationalités confondues (16,8 %)[2]. Un accès « privilégié » laisserait une autre trace dans les chiffres.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">34,8 %</span> <span class="stat__label">des demandes de visa algériennes refusées en 2024, le taux le plus élevé du Maghreb</span></aside>

<h2 id="le--40--pour-soin--nexiste-pas">Le « 40 % pour soin » n&rsquo;existe pas</h2>
<p>Un chiffre a beaucoup circulé. Jordan Bardella a affirmé que 40 % des visas algériens étaient des « visas pour soin ». Ce chiffre est faux. La France ne délivre aucun visa pour soin[5]. Le soin durable relève d&rsquo;un titre de séjour, pas d&rsquo;un visa. Ce sont deux documents différents.</p>
<p>Les titres pour raison médicale existent, eux. Ils pèsent 4 à 7 % des titres accordés aux Algériens, selon le périmètre retenu[5]. Rapporté à l&rsquo;ensemble des visas et des titres, cette part tombe autour de 1,3 %[5]. Loin, très loin des 40 %. L&rsquo;écart vient d&rsquo;une confusion entre le visa, qui sert à entrer, et le titre de séjour, qui sert à rester.</p>
<h2 id="laccord-de-1968-ne-parle-pas-de-ces-visas">L&rsquo;accord de 1968 ne parle pas de ces visas</h2>
<p>Le débat s&rsquo;est déplacé vers un texte : l&rsquo;accord franco-algérien de 1968. Il est présenté comme un privilège à supprimer. Mais cet accord ne règle pas les visas de court séjour[6]. Il règle le séjour, c&rsquo;est-à-dire les certificats de résidence des Algériens déjà installés[6].</p>
<p>L&rsquo;histoire est même l&rsquo;inverse du récit courant. L&rsquo;obligation de visa a été imposée aux Algériens en 1986, après des attentats[6]. Elle a été étendue au long séjour en 1994[6]. Sur les visas, le régime algérien est devenu moins favorable, pas plus[6].</p>
<p>L&rsquo;accord reste plus avantageux sur un point : le regroupement familial, et ce depuis 1976[6]. Ni privilège scandaleux, ni texte anodin. Un régime particulier sur le séjour, plus dur sur les visas. Les deux à la fois.</p>
<h2 id="le-vrai-blocage-est-ailleurs">Le vrai blocage est ailleurs</h2>
<p>Reste un chiffre que le camp restrictif avance, et il est exact. En 2022, 58 700 obligations de quitter le territoire visaient des Algériens[7]. Près de 44 % du total[7]. Première nationalité concernée. Le chiffre est officiel, il vient de la Cour des comptes[7].</p>
<p>Mais il faut le suivre jusqu&rsquo;au bout. Environ 4 % seulement de ces obligations ont été exécutées[7]. Pourquoi ? En 2023, 96 % des éloignements annulés l&rsquo;ont été pour une seule raison : le refus algérien de délivrer les laissez-passer consulaires[7]. Sans ce document, l&rsquo;expulsion n&rsquo;a pas lieu.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Le point de blocage n&rsquo;est pas le nombre de visas que la France accorde. C&rsquo;est le refus d&rsquo;Alger de reprendre ses ressortissants.</aside>

<p>Le point de blocage n&rsquo;est donc pas le nombre de visas que la France accorde. C&rsquo;est le refus d&rsquo;Alger de reprendre ses ressortissants. Deux sujets distincts, souvent fondus en un seul.</p>
<h2 id="comment-le-chiffre-est-devenu-une-arme">Comment le chiffre est devenu une arme</h2>
<p>Le visa est passé d&rsquo;outil technique à argument. En 2021, l&rsquo;exécutif instruit les consulats de refuser un visa sur deux aux demandeurs algériens[4]. Objectif affiché : forcer Alger à coopérer sur les expulsions. La Cour des comptes a jugé son efficacité « limitée »[2]. La mesure a été levée dès décembre 2022, après négociation[4]. Un levier de circonstance, pas une politique de fond.</p>
<p>Ensuite, la cible se déplace vers l&rsquo;accord de 1968. Puis vient l&rsquo;escalade de 2025 : expulsions croisées de diplomates, suspension d&rsquo;un accord sur les passeports officiels[9]. Chaque camp impute la rupture à l&rsquo;autre[9].</p>
<p>Le 30 octobre 2025, l&rsquo;Assemblée adopte une résolution du Rassemblement national demandant la dénonciation de l&rsquo;accord de 1968. Par 185 voix contre 184[8]. Une première pour un texte du RN[8].</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« C&rsquo;est une journée qu&rsquo;on peut qualifier d&rsquo;historique pour le RN. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Marine Le Pen, RN</figcaption>
</figure>

<p>Le texte est symbolique. Il n&rsquo;a aucune valeur contraignante pour le gouvernement[8]. Le Premier ministre a dit « respecter » le vote, tout en privilégiant une renégociation[8].</p>
<p>Un même chiffre a servi de preuve à des camps opposés. À chaque étape, une donnée technique a été enveloppée d&rsquo;un cadrage. L&rsquo;exécutif, le Rassemblement national, l&rsquo;État algérien : chacun défend son propre bilan, aucun n&rsquo;est un arbitre neutre de ses propres décisions. Les données mesurées, elles, tiennent en trois faits. Ces visas servent surtout aux visites familiales et aux études. Plus d&rsquo;une demande sur trois est refusée. Et le blocage réel se joue sur la réadmission, pas sur leur nombre.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F16146">Visa de court séjour Schengen (fiche F16146)</a>. DILA / service-public.gouv.fr (2025)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.senat.fr/rap/r24-904/r24-9041.pdf">La délivrance des visas par les services consulaires (rapport d'information n° 904)</a>. Sénat, commission des finances (2025)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.immigration.interieur.gouv.fr/documentation/etudes-et-statistiques/delivrance-de-visas-aux-etrangers-en-2025-dynamique-touristique-et-etudiante.html">La délivrance de visas aux étrangers en 2025 : une dynamique touristique et étudiante</a>. Ministère de l'Intérieur (DGEF-DSED) (2025)</li><li id="ref-4"><a href="https://theconversation.com/crise-diplomatique-franco-algerienne-les-visas-au-coeur-des-tensions-bilaterales-250594">Crise diplomatique franco-algérienne : les visas au cœur des tensions bilatérales</a>. The Conversation (2025)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-vrai-du-faux/vrai-ou-faux-immigration-40-des-demandes-de-visas-des-ressortissants-algeriens-ont-elles-un-but-medical_7028606.html">Vrai ou Faux : 40 % des demandes de visas des ressortissants algériens ont-elles un but médical ?</a>. franceinfo, « Vrai ou Faux » (2025)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/RINFANR5L17B1963.html">Rapport d'information sur l'accord franco-algérien de 1968</a>. Assemblée nationale (2025)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.jeuneafrique.com/1675615/politique/algerie-france-les-vrais-chiffres-des-oqtf-au-coeur-de-la-brouille-entre-paris-et-alger/">Algérie-France : les vrais chiffres des OQTF au cœur de la brouille (données Cour des comptes 2024)</a>. Jeune Afrique (2024)</li><li id="ref-8"><a href="https://lcp.fr/actualites/denonciation-des-accords-franco-algeriens-de-1968-un-texte-du-rn-adopte-a-une-voix-pres">Dénonciation des accords franco-algériens de 1968 : un texte du RN adopté à une voix près</a>. LCP (recoupements Euronews, Le Club des juristes) (2025-10-30)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.rts.ch/info/monde/2025/article/france-algerie-nouvelle-crise-diplomatique-apres-des-expulsions-mutuelles-28856404.html">France-Algérie : nouvelle crise diplomatique après des expulsions mutuelles</a>. RTS (recoupements Élysée, MAE algérien, Anadolu) (2025)</li></ol>]]></description></item><item><title>Sea-Watch : la vidéo présentée comme preuve d'une « collusion », et le tir libyen du même jour</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/sea-watch-images-sauvetage-collusion/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/sea-watch-images-sauvetage-collusion/</guid><pubDate>Sat, 18 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Immigration</category><category>Méditerranée</category><category>Sea-Watch</category><category>Libye</category><category>Désinformation</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/sea-watch-images-sauvetage-collusion/cover.webp" length="40700" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 11 mai 2026, une caméra de l&rsquo;agence européenne Frontex filme le Sea-Watch 5 au large de la Libye. On y voit un canot rapide, des hommes cagoulés, un transbordement, un pouce levé vers l&rsquo;équipage. Deux mois plus tard, ces images tournent sur les télévisions françaises comme la preuve d&rsquo;une « collusion » entre l&rsquo;ONG et des passeurs. Le même jour, une demi-heure après ce sauvetage, un patrouilleur libyen a ouvert le feu sur le navire.</div>

<h2 id="ce-que-la-caméra-filme">Ce que la caméra filme</h2>
<p>Les faits d&rsquo;abord. Le 11 mai 2026, le Sea-Watch 5 secourt environ 90 personnes en détresse, en eaux internationales au large de la Libye [2]. Un aéronef de Frontex filme la scène. On y voit un transbordement depuis un canot rapide, des hommes en tenue paramilitaire et cagoulés, un pouce levé vers l&rsquo;équipage [1].</p>
<p>À la mi-mai, le navire entre à Brindisi. Le parquet italien ouvre une enquête. Il vise le commandant du navire, de nationalité néerlandaise, pour aide à l&rsquo;immigration illégale [1]. Pour les enquêteurs, la vidéo montre « un rendez-vous », une rencontre organisée avec des passeurs, pas un secours fortuit [1].</p>
<p>C&rsquo;est une thèse d&rsquo;accusation. L&rsquo;enquête est préliminaire. Il n&rsquo;y a ni procès, ni mise en accusation, ni jugement. Le commandant est présumé innocent [1]. Sea-Watch nie tout rendez-vous et affirme que l&rsquo;équipage ignorait qui pilotait le canot [3]. Chaque camp défend sa version.</p>
<p>Reste la question simple. Ces gestes prouvent-ils une entente ? Un sauvetage en mer obéit à une procédure fixée par le droit maritime international. Des conventions signées par les États imposent à tout navire de secourir toute personne en détresse [13]. Elles confient la coordination à un centre étatique, pas à un contact privé. Le capitaine signale la détresse à ce centre. Ce centre, en l&rsquo;occurrence celui de Rome, transmet la position aux navires proches. Connaître un point de rencontre en mer, c&rsquo;est la règle, pas un secret partagé avec des passeurs. Un secours coordonné et une collusion produisent la même scène. À ce niveau, l&rsquo;image ne tranche pas.</p>
<aside class="pullquote">Un secours coordonné et une collusion produisent la même scène.</aside>

<h2 id="la-nuit-un-projecteur-un-téléphone">La nuit, un projecteur, un téléphone</h2>
<p>Des gestes de secours relus comme des preuves, ce n&rsquo;est pas nouveau. En 2017 déjà, une accusation visait des projecteurs allumés la nuit, des appels téléphoniques, un transpondeur coupé. Or ces gestes sont la routine d&rsquo;un sauvetage en mer. Un projecteur, la nuit, sert à repérer un canot. Un appel sert à prévenir les secours. Une contre-enquête, menée du côté de la défense des ONG, l&rsquo;a documenté en détail [11].</p>
<p>Un détail est rarement cité. Selon cette même enquête, les téléphones satellitaires des embarcations sont fournis par les passeurs, pas par les ONG [11].</p>
<h2 id="une-demi-heure-après-le-secours-les-tirs">Une demi-heure après le secours, les tirs</h2>
<p>Le 11 mai, il s&rsquo;est passé autre chose. Une demi-heure après le sauvetage, un patrouilleur de la garde-côte libyenne a ouvert le feu sur le Sea-Watch 5 [2]. Le bateau avait été fourni par l&rsquo;Italie [2]. Pas de mort, pas de blessé, mais trente membres d&rsquo;équipage et les rescapés visés.</p>
<p>Ce n&rsquo;était pas un cas isolé. Une investigation recense au moins 79 incidents graves impliquant la garde-côte libyenne depuis 2016 [2]. Le chiffre est tenu par une coalition où siège Sea-Watch, partie prenante, et présenté comme sous-estimé [2]. Un rapport interne de Frontex parlait, lui, d&rsquo;une mise en danger « fréquente » des vies par les autorités libyennes [2].</p>
<h2 id="lhomme-que-lonu-a-sanctionné-lui-porte-un-nom">L&rsquo;homme que l&rsquo;ONU a sanctionné, lui, porte un nom</h2>
<p>Le seul acteur de ce dossier formellement sanctionné pour trafic de migrants n&rsquo;est pas l&rsquo;ONG. C&rsquo;est un officier des garde-côtes libyens. Un chef d&rsquo;unité des garde-côtes de Zawiya, surnommé « Bija », a été inscrit en juin 2018 sur la liste des sanctions de l&rsquo;ONU pour trafic de migrants [7]. C&rsquo;était la première fois que l&rsquo;ONU sanctionnait des personnes pour ce motif [7]. Cette inscription est un acte du Conseil de sécurité, pas une condamnation pénale, et Bija nie les faits [7].</p>
<p>Un an plus tôt, en mai 2017, ce même homme était en Sicile. Avec un visa italien. À une réunion officielle sur le ralentissement des départs, côté italien [8]. Celui que l&rsquo;Italie finance pour garder ses frontières avait donc, dans ses rangs, un homme que l&rsquo;ONU allait sanctionner pour trafic.</p>
<h2 id="sept-ans-daccusations-aucune-condamnation">Sept ans d&rsquo;accusations, aucune condamnation</h2>
<p>L&rsquo;accusation de connivence entre ONG et passeurs n&rsquo;est pas neuve. Elle dure depuis 2017. En sept ans, aucune procédure n&rsquo;a débouché sur une condamnation pour entente avec des passeurs.</p>
<p>Le navire Iuventa a été saisi en 2017. Après plus de quarante audiences préliminaires et environ trois millions d&rsquo;euros de frais, le parquet lui-même a demandé l&rsquo;abandon [4]. En avril 2024, la justice a prononcé un non-lieu avec la formule la plus large de son droit : « le fait n&rsquo;existe pas » [4].</p>
<p>La capitaine Carola Rackete, arrêtée à Lampedusa en 2019, a été disculpée par la Cour de cassation italienne début 2020. Son arrestation était illégitime, jugent les magistrats, car elle accomplissait un devoir de sauvetage [5].</p>
<p>Quant au procureur de Catane qui, en 2017, disait détenir des « preuves » de contacts directs, il a fini par reconnaître n&rsquo;en avoir aucune d&rsquo;utilisable. Son enquête a été classée en 2019, faute de preuve d&rsquo;infraction [6].</p>
<h2 id="ce-que-disent-les-chiffres-sur-l-appel-dair-">Ce que disent les chiffres sur l&rsquo;« appel d&rsquo;air »</h2>
<p>Reste l&rsquo;idée que les secours en mer attireraient les départs, l&rsquo;« appel d&rsquo;air ». La recherche la plus solide sur le sujet, publiée dans une revue scientifique à comité de lecture, conclut que le sauvetage « n&rsquo;induit pas de migration » [9].</p>
<p>Un fait le montre simplement. La présence ou l&rsquo;absence des ONG n&rsquo;a rien changé au nombre de départs [10]. Mais le taux de morts, lui, a plus que doublé, de 2,4 % en 2016 à 6,4 % en 2019 [10]. Moins de sauveteurs n&rsquo;a pas donné moins de départs. Cela a donné plus de morts.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">6,4 %</span> <span class="stat__label">la part des morts en mer en 2019, contre 2,4 % en 2016, après le retrait des ONG</span></aside>

<p>Et la part des ONG dans les secours reste minoritaire. Même à leur maximum, en 2017 et 2018, elles n&rsquo;ont assuré qu&rsquo;environ quatre débarquements sur dix. L&rsquo;essentiel a toujours été le fait des autorités italiennes elles-mêmes [10].</p>
<h2 id="le-navire-anti-ong-pris-avec-des-migrants-à-bord">Le navire anti-ONG pris avec des migrants à bord</h2>
<p>En 2017, un groupe d&rsquo;extrême droite a affrété un navire pour gêner les ONG, accusées de connivence. Ce navire, le C-Star, a lui-même été pris avec une vingtaine de migrants à bord, amenés par des passeurs [12]. Son équipage a été arrêté pour trafic de migrants [12]. Le bateau avait coupé son signal de position, le geste même que ses affréteurs reprochaient aux ONG [12].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.open.online/2026/07/16/sea-watch-trasbordo-migranti-indagine/">La foto del trasbordo di migranti su Sea Watch 5 : « Era un appuntamento »</a>. Open (2026-07-16)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.thenewhumanitarian.org/feature/2026/07/13/eu-expands-libya-cooperation-despite-repeated-warnings-over-violence-sea">EU expands Libya cooperation despite repeated warnings over violence at sea</a>. The New Humanitarian (2026-07-13)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.cnews.fr/monde/2026-07-17/immigration-les-images-de-passeurs-qui-remettent-des-migrants-long-sea-watch-en">Les images de passeurs qui remettent des migrants à l'ONG Sea-Watch relancent les soupçons de collusion</a>. CNews (reprise du Figaro) (2026-07-17)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.ansa.it/sito/notizie/cronaca/2024/04/19/iuventa-prosciolti-tutti-gli-imputati-_05931cc8-a014-4494-8cac-10158d26600e.html">Iuventa, prosciolti tutti gli imputati</a>. ANSA (2024-04-19)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.sistemapenale.it/it/scheda/cassazione-sea-watch-illegittimo-larresto-di-carola-rackete">Cassazione : illegittimo l'arresto di Carola Rackete (arrêt n° 6626/2020)</a>. Sistema Penale (Cour de cassation italienne) (2020-01-16)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.open.online/2019/05/15/zuccaro-si-arrende-archiviata-dopo-linchiesta-sulle-ong-taxi-del-mare/">Zuccaro si arrende. Archiviata l'inchiesta sulle Ong « taxi del mare »</a>. Open (2019-05-15)</li><li id="ref-7"><a href="https://main.un.org/securitycouncil/en/sanctions/1970/materials/summaries/individual/abd-al-rahman-al-milad">Notice de motifs d'inscription, Abd al-Rahman al-Milad (« Bija »)</a>. Conseil de sécurité de l'ONU, Comité des sanctions 1970 (2018-06-08)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.theglobeandmail.com/world/article-how-a-notorious-libyan-trafficker-was-invited-to-an-official-italian/">How a notorious Libyan trafficker was invited to an official Italian meeting</a>. The Globe and Mail (2019)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.nature.com/articles/s41598-023-38119-4">Search-and-rescue in the Central Mediterranean Route does not induce migration</a>. Scientific Reports (Nature) (2023-08-03)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.migrationpolicy.org/article/criminalization-rescue-operations-mediterranean-rising-deaths">Criminalization of Search-and-Rescue Operations in the Mediterranean Has Been Accompanied by Rising Migrant Death Rate</a>. Migration Policy Institute (2020)</li><li id="ref-11"><a href="https://content.forensic-architecture.org/wp-content/uploads/2023/04/2017_Report_Blaming-The-Rescuers.pdf">Blaming the Rescuers</a>. Forensic Oceanography (Forensic Architecture) (2017-06)</li><li id="ref-12"><a href="https://hopenothate.org.uk/2017/07/27/people-smuggling-charges-owner-crew-far-right-ship/">People smuggling charges for owner and crew of far-right ship</a>. HOPE not hate (2017-07-27)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.sosmediterranee.org/legal-framework/">Cadre juridique du sauvetage en mer</a>. SOS Méditerranée (s. d.)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>