<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Défense Planétaire | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/defense-planetaire/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Fri, 23 Oct 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/defense-planetaire/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/defense-planetaire/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Dévier un astéroïde : une sonde l'a fait, et voici ce qu'on sait en faire</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/devier-asteroide-defense-planetaire-dart/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/devier-asteroide-defense-planetaire-dart/</guid><pubDate>Fri, 23 Oct 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Espace</category><category>Astéroïdes</category><category>Défense planétaire</category><category>Sciences</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/devier-asteroide-defense-planetaire-dart/cover.webp" length="726418" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 26 septembre 2022, une sonde a percuté un petit astéroïde à plus de 22 000 km/h. Le choc était voulu. L&rsquo;idée : voir s&rsquo;il est possible de dévier un caillou de l&rsquo;espace en lui rentrant dedans. La réponse est oui.</div>

<h2 id="un-astéroïde-déplacé-de-trente-trois-minutes">Un astéroïde déplacé de trente-trois minutes</h2>
<p>La cible s&rsquo;appelait Dimorphos. Un bloc de roche de 160 mètres, qui tourne autour d&rsquo;un astéroïde plus gros, Didymos [1]. Ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre ne menaçait la Terre. C&rsquo;était un essai, choisi exprès loin de la planète.</p>
<p>Avant le choc, Dimorphos faisait le tour de son compagnon en 11 heures et 55 minutes. Après, en 11 heures et 23 minutes. Son orbite a été raccourcie de 33 minutes [2]. Un engin construit sur Terre venait de modifier la course d&rsquo;un astéroïde. Pour la première fois.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">33 min</span> <span class="stat__label">de moins sur l&#39;orbite de l&#39;astéroïde Dimorphos après l&#39;impact de la sonde</span></aside>

<p>Il y a même eu une surprise. Le choc a projeté un nuage de débris dans l&rsquo;espace. Ce jet de roche a poussé l&rsquo;astéroïde comme un petit moteur. L&rsquo;effet a donc été plus fort que le seul impact de la sonde [3]. De combien, exactement, personne ne le sait encore avec certitude : le calcul dépend de la masse de Dimorphos, qui n&rsquo;était pas mesurée ce jour-là [3].</p>
<h2 id="une-seule-fois-sur-un-seul-petit-caillou">Une seule fois, sur un seul petit caillou</h2>
<p>Reste à ne pas confondre une réussite avec un bouclier. Les agences spatiales emploient parfois le mot. Il va plus vite que la réalité.</p>
<p>Une technique a marché, une seule fois, sur un seul petit objet. Pour savoir si le résultat tient vraiment, il faut peser Dimorphos. C&rsquo;est le travail d&rsquo;une autre sonde, Hera, lancée le 7 octobre 2024 vers le même astéroïde [4]. Elle doit l&rsquo;atteindre fin 2026 ou en 2027. Là, elle mesurera sa masse, la taille du cratère creusé par le choc et ce qu&rsquo;il y a à l&rsquo;intérieur [4]. Tant que ce n&rsquo;est pas fait, l&rsquo;ampleur réelle de la déviation reste une estimation encadrée [3, 4].</p>
<p>Les limites sont connues, et les agences les écrivent elles-mêmes. Aujourd&rsquo;hui, la défense planétaire sait dévier un objet de moins d&rsquo;un kilomètre, à condition de le repérer plus de deux ans à l&rsquo;avance [5]. Un astéroïde plus gros, ou repéré trop tard, sort de ce cadre. Et il n&rsquo;existe aucun système prêt à décoller en cas d&rsquo;alerte. La doctrine officielle parle de capacités « à développer et à faire mûrir avant d&rsquo;en avoir besoin » [6]. Tout reste à construire.</p>
<h2 id="les-autres-idées-sont-encore-sur-le-papier">Les autres idées sont encore sur le papier</h2>
<p>Percuter n&rsquo;est pas la seule méthode imaginée. Mais c&rsquo;est la seule testée en vrai.</p>
<p>Une sonde pourrait se placer à côté de l&rsquo;astéroïde et le tirer doucement par sa seule gravité, pendant des années. Lent, précis, jamais essayé, et sans doute inopérant au-delà de 500 mètres [8]. On a aussi proposé de le pousser avec le jet d&rsquo;un moteur à ions. Jamais appliqué non plus [8]. Ou de vaporiser sa surface au laser, un procédé testé seulement en laboratoire [8].</p>
<p>Et le nucléaire ? La doctrine le réserve aux cas extrêmes : objet très gros, ou alerte trop courte. L&rsquo;idée n&rsquo;est pas de casser l&rsquo;astéroïde en morceaux, ce qui multiplierait les projectiles, mais de faire exploser une charge à distance pour vaporiser une couche de surface et le pousser [6]. Un premier essai en laboratoire, en 2024, a validé le principe sur de minuscules éclats de roche. Mais à l&rsquo;échelle d&rsquo;un vrai astéroïde, cela reste un calcul, jamais une démonstration [7].</p>
<h2 id="le-vrai-verrou-cest-de-voir-lastéroïde-arriver">Le vrai verrou, c&rsquo;est de voir l&rsquo;astéroïde arriver</h2>
<p>Toute cette mécanique suppose une chose : avoir repéré l&rsquo;objet. Une déviation parfaite ne sert à rien sur un astéroïde qu&rsquo;aucun télescope n&rsquo;a vu venir.</p>
<aside class="pullquote">Le point faible n&rsquo;est pas la poussée. C&rsquo;est de voir l&rsquo;astéroïde arriver à temps.</aside>

<p>Un exemple l&rsquo;a rappelé. Le 15 février 2013, au-dessus de la ville russe de Tcheliabinsk, un objet d&rsquo;une vingtaine de mètres a explosé en plein ciel. Il libérait l&rsquo;énergie d&rsquo;une demi-mégatonne, soit trente-cinq bombes d&rsquo;Hiroshima. L&rsquo;onde de choc a soufflé des milliers de fenêtres. Environ 1 500 personnes ont été blessées, surtout par des éclats de verre [12]. Personne ne l&rsquo;avait vu arriver : il venait de la direction du Soleil, un angle mort pour les télescopes au sol [12].</p>
<p>Le recensement progresse quand même. On connaît aujourd&rsquo;hui plus de 42 000 astéroïdes qui croisent l&rsquo;orbite de la Terre [9]. Les plus gros, ceux de plus d&rsquo;un kilomètre, capables d&rsquo;un effet mondial, sont presque tous répertoriés. Aucun ne menace la Terre dans les cent prochaines années [11]. Le trou est ailleurs. Les objets moyens, à partir de 140 mètres, assez puissants pour ravager une région, ne sont catalogués qu&rsquo;à moins de la moitié [10]. Et les petits, de la taille de celui de Tcheliabinsk, échappent presque tous au comptage.</p>
<p>Pour combler l&rsquo;angle mort du Soleil, deux télescopes spatiaux sont en préparation, l&rsquo;un américain, l&rsquo;autre européen. Ils observeront plus près de la direction du Soleil que ne le permet le sol [10]. Promesse d&rsquo;agences, pas encore un instrument en service.</p>
<h2 id="le-danger-est-réel-mais-rare">Le danger est réel, mais rare</h2>
<p>Le danger est réel mais rare, et les ordres de grandeur méritent d&rsquo;être posés. Un objet de la taille de celui de Tcheliabinsk tombe tous les 50 à 100 ans [12]. Un objet de 50 à 80 mètres, comme celui qui a rasé 2 000 km² de forêt en Sibérie en 1908, de l&rsquo;ordre du millénaire [13]. Et un géant de 10 kilomètres, comme celui qui a précipité la fin des dinosaures, tous les cent millions d&rsquo;années et davantage [11].</p>
<p>Une vraie alerte a eu lieu récemment, et elle montre comment le système travaille. Fin 2024, un astéroïde baptisé 2024 YR4 est repéré. Sa probabilité de frapper la Terre en 2032 grimpe : 1,2 % fin janvier 2025, puis un pic à 2,8 % selon le centre de calcul européen, 3,1 % selon l&rsquo;américain, le 18 février [16, 17]. Dès le lendemain, de nouvelles observations la divisent par deux. Fin février, elle retombe à 0,001 %. Le risque est écarté [16]. Une probabilité qui monte puis chute n&rsquo;est pas une fausse alerte. C&rsquo;est le calcul de trajectoire qui s&rsquo;affine, mesure après mesure.</p>
<p>Le prochain rendez-vous sera à l&rsquo;œil nu. Le 13 avril 2029, un astéroïde de 340 mètres, Apophis, passera à environ 32 000 kilomètres de la surface terrestre. Plus près que les satellites de télévision. Il sera visible sans télescope depuis l&rsquo;Europe, l&rsquo;Afrique et l&rsquo;Asie [14]. Aucun danger : le risque de collision a été écarté, pour 2029 comme pour au moins un siècle [14]. Une sonde européenne, Ramses, doit partir en 2028 pour l&rsquo;accompagner pendant ce survol et observer comment la gravité terrestre le déforme [15].</p>
<p>Il y a dix ans, face à un astéroïde lancé sur la Terre, l&rsquo;humanité n&rsquo;avait aucune parade. Aujourd&rsquo;hui, une sonde a déplacé une orbite de trente-trois minutes. Une autre va bientôt dire de combien, exactement. Ce n&rsquo;est pas encore un bouclier. C&rsquo;est un début, et il est réel.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.nasa.gov/news-release/nasa-confirms-dart-mission-impact-changed-asteroids-motion-in-space/">NASA Confirms DART Mission Impact Changed Asteroid's Motion in Space</a>. NASA (2022-10-11)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.nature.com/articles/s41586-023-05805-2">Orbital period change of Dimorphos due to the DART kinetic impact</a>. Nature (2023)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.nature.com/articles/s41586-023-05878-z">Momentum transfer from the DART mission kinetic impact on asteroid Dimorphos</a>. Nature (2023)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.esa.int/Space_Safety/Hera/Hera_mission_overview">Hera mission overview</a>. ESA (2024)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.esa.int/Space_Safety/Space_Safety_at_ESA">Space Safety at ESA</a>. ESA (2024)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.nasa.gov/wp-content/uploads/2023/06/nasa_-_planetary_defense_strategy_-_final-508.pdf">NASA Planetary Defense Strategy and Action Plan</a>. NASA (2023)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.astronomy.com/science/nuclear-bombs-really-could-deflect-asteroids-lab-tests-suggest">Nuclear bombs really could deflect asteroids, lab tests suggest</a>. Astronomy.com (2024)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.planetary.org/articles/asteroid-deflection-techniques-to-save-the-earth">Asteroid deflection techniques to save the Earth</a>. The Planetary Society</li><li id="ref-9"><a href="https://neo.ssa.esa.int/">ESA NEOCC, Near-Earth Object Coordination Centre</a>. ESA NEOCC (2026-10-23)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.nasa.gov/solar-system/near-earth-object-observations-program/">Near-Earth Object Observations Program</a>. NASA (2024)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.jpl.nasa.gov/news/10-things-you-should-know-about-planetary-defense/">10 Things You Should Know About Planetary Defense</a>. NASA/JPL (2021)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.esa.int/ESA_Multimedia/Images/2023/02/Chelyabinsk_a_decade_on_the_Sun_s_invisible_asteroids">Chelyabinsk a decade on: the Sun's invisible asteroids</a>. ESA (2023-02)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.nasa.gov/solar-system/tunguska-revisited-111-year-old-mystery-impact-inspires-new-more-optimistic-asteroid-predictions/">Tunguska Revisited: 111-Year-Old Mystery Impact Inspires New, More Optimistic Asteroid Predictions</a>. NASA (2019)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.jpl.nasa.gov/news/nasa-analysis-earth-is-safe-from-asteroid-apophis-for-100-plus-years/">NASA Analysis: Earth Is Safe From Asteroid Apophis for 100-Plus Years</a>. NASA/JPL (2021-03)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.esa.int/Space_Safety/Planetary_Defence/ESA_and_JAXA_team_up_on_planetary_defence_Ramses_mission_to_asteroid_Apophis">ESA and JAXA team up on planetary defence: Ramses mission to asteroid Apophis</a>. ESA (2024)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.esa.int/Space_Safety/Planetary_Defence/Asteroid_2024_YR4_no_longer_poses_significant_impact_risk">Asteroid 2024 YR4 no longer poses significant impact risk</a>. ESA (2025-02)</li><li id="ref-17"><a href="https://science.nasa.gov/solar-system/asteroids/2024-yr4/">Asteroid 2024 YR4</a>. NASA (2025)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>