<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Data Centers | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/data-centers/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Sat, 11 Jul 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/data-centers/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/data-centers/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Ce que l'intelligence artificielle consomme en eau et en électricité, et qui en paie le prix</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/ia-eau-electricite-qui-paie/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/ia-eau-electricite-qui-paie/</guid><pubDate>Sat, 11 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Intelligence artificielle</category><category>Data centers</category><category>Énergie</category><category>Eau</category><category>Climat</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/ia-eau-electricite-qui-paie/cover.webp" length="74170" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">En juillet 2022, dans une petite ville de l&rsquo;Iowa, un groupe de centres de données a pompé près de 11,5 millions de gallons d&rsquo;eau en un mois. Soit environ 6 % de ce que consomme tout le district voisin. C&rsquo;est l&rsquo;un des rares chiffres d&rsquo;eau relevés au compteur. Le reste du débat sur les ressources de l&rsquo;intelligence artificielle tient à des estimations, des projections, et une question rarement posée de front : qui règle l&rsquo;addition.</div>

<h2 id="le-courant--une-hausse-réelle-pas-un-raz-de-marée">Le courant : une hausse réelle, pas un raz-de-marée</h2>
<p>Les centres de données ont consommé environ 415 térawattheures en 2024. C&rsquo;est à peu près 1,5 % de l&rsquo;électricité mondiale [1]. La croissance est rapide. Environ 12 % par an depuis cinq ans, plus de quatre fois le rythme de la demande totale [1]. L&rsquo;IA en est le moteur principal.</p>
<p>Le scénario central de l&rsquo;agence de référence voit cette consommation plus que doubler d&rsquo;ici 2030. Autour de 945 térawattheures, un peu moins de 3 % du total mondial [1]. C&rsquo;est une projection, pas un fait acquis. La fourchette va presque du simple au double selon les hypothèses.</p>
<p>Un chiffre remet les proportions en place. D&rsquo;ici 2030, les centres de données pèseront moins de 10 % de la hausse de la demande électrique mondiale [1]. Loin derrière l&rsquo;industrie, la climatisation et les voitures électriques. Le « l&rsquo;IA va tout engloutir » force le trait. Le « c&rsquo;est négligeable » aussi.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">415 TWh</span> <span class="stat__label">l&#39;électricité des centres de données en 2024, environ 1,5 % du total mondial</span></aside>

<p>Tout tient dans un mot : la concentration. L&rsquo;effet est lourd par endroits, léger en moyenne. Près de la moitié de la hausse américaine vient des centres de données [1]. En Irlande, ils captent déjà 22 % de l&rsquo;électricité du pays, plus que tous les foyers des villes réunis [9]. Ailleurs, l&rsquo;aiguille bouge à peine.</p>
<h2 id="leau--deux-robinets-et-un-mot-qui-change-tout">L&rsquo;eau : deux robinets, et un mot qui change tout</h2>
<p>L&rsquo;IA boit de l&rsquo;eau de deux façons. D&rsquo;abord sur place, pour refroidir les serveurs. Ensuite, plus discrètement, à travers l&rsquo;eau des centrales qui fabriquent son électricité. Ce second robinet est souvent le plus gros, trois à cinq fois le premier [2].</p>
<p>Ici, un mot commande tout.</p>
<aside class="pullquote">L&rsquo;eau prélevée n&rsquo;est pas l&rsquo;eau consommée.</aside>

<p>Prélevée, elle est pompée puis en partie rendue à la rivière. Consommée, elle s&rsquo;évapore et ne revient pas. Gonfler avec l&rsquo;une ou minimiser avec l&rsquo;autre, c&rsquo;est le premier tour de passe-passe possible, dans les deux sens.</p>
<p>Les chiffres qui circulent sont presque tous des estimations. Entraîner une version connue de ces modèles aurait évaporé environ 700 000 litres sur site [2]. Une conversation type « boirait » à peu près un demi-litre pour dix à cinquante échanges, eau indirecte comprise [2, 3]. Ces ordres de grandeur portent sur un modèle précis et varient énormément selon le lieu et la saison. Ce ne sont pas des constantes universelles.</p>
<p>Les seuls faits durs sont des relevés de compteurs municipaux. L&rsquo;Iowa en 2022 [3]. Et The Dalles, dans l&rsquo;Oregon, où les centres de Google ont utilisé près d&rsquo;un tiers de l&rsquo;eau de la ville en 2021 [12]. Pour obtenir ce chiffre, un journal a dû affronter un procès. La municipalité voulait garder les volumes secrets, avec l&rsquo;appui financier du géant [12]. Elle a abandonné après treize mois.</p>
<h2 id="une-boîte-noire-et-des-progrès">Une boîte noire, et des progrès</h2>
<p>Combien consomme exactement une requête ? Personne ne peut le dire de l&rsquo;extérieur avec certitude. Les fabricants des modèles fermés forment « une boîte noire totale » [16]. Le chiffre le plus cité, environ 0,34 wattheure par requête, vient d&rsquo;un billet de blog du patron d&rsquo;OpenAI, sans la moindre méthode publiée [16]. Même l&rsquo;agence de l&rsquo;énergie écrit que ce manque de données empêche toute évaluation solide [1].</p>
<p>Les estimations sérieuses vont de 0,3 à plus de 2 wattheures par requête texte, et grimpent fort pour l&rsquo;image et la vidéo [15, 16]. L&rsquo;écart n&rsquo;est pas une contradiction. C&rsquo;est de l&rsquo;incertitude, faute de transparence.</p>
<p>Une chose n&rsquo;est pas cachée, en revanche. Les émissions des géants montent, et ils le reconnaissent eux-mêmes. Google admet une hausse de 48 % depuis 2019 [13]. Microsoft, environ 25 % sur la seule année 2025 [14]. Le chiffre de Microsoft est en partie comptable. Il vient aussi de l&rsquo;arrêt de certificats renouvelables qui abaissaient le bilan déclaré, pas seulement d&rsquo;émissions nouvelles [14]. Les deux disent leurs objectifs climatiques 2030 menacés par la course à l&rsquo;IA [13, 14]. L&rsquo;aveu reste crédible : une entreprise ne se noircit pas par plaisir.</p>
<p>Reste que l&rsquo;efficacité progresse aussi. Une estimation d&rsquo;énergie par requête a été divisée par dix en une seule révision [15]. Des centres passent au refroidissement par air pour économiser l&rsquo;eau. Le volume total continue de monter, car les usages explosent. Mais figer la consommation d&rsquo;une requête à son pire niveau serait aussi faux que de la nier.</p>
<h2 id="qui-règle-laddition">Qui règle l&rsquo;addition</h2>
<p>C&rsquo;est le cœur de la question. Et la réponse la plus documentée vient des États-Unis. Là-bas, une partie du coût des réseaux électriques bâtis pour ces centres retombe sur le grand public. Le mécanisme s&rsquo;appelle la socialisation des coûts. Il est établi sur pièces.</p>
<p>Une étude juridique de Harvard a passé en revue près de cinquante procédures officielles.</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Les structures tarifaires qui socialisaient les coûts d&rsquo;une distribution fiable forcent aujourd&rsquo;hui le public à payer pour une infrastructure conçue pour une poignée d&rsquo;entreprises extrêmement riches. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Harvard Electricity Law Initiative, revue de près de 50 procédures réglementaires</figcaption>
</figure>

<p>L&rsquo;opérateur du plus grand marché électrique américain répond qu&rsquo;un réseau neuf profite à tous [7]. Le partage n&rsquo;est pas tranché. Mais les chiffres d&rsquo;allocation, eux, sont réels. À la dernière enchère de capacité de ce marché, les centres de données ont pesé 40 % des coûts. Soit 6,5 milliards de dollars [8]. Le surveillant indépendant du marché en fait « la principale raison » des prix élevés [8]. Dans le Maryland, deux tiers des coûts de transport tombent en moyenne sur les foyers [7].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">40 %</span> <span class="stat__label">la part des centres de données dans les coûts de la dernière enchère de capacité du plus grand marché électrique américain</span></aside>

<p>À côté du kilowattheure, il y a l&rsquo;impôt. Pour attirer ces centres, au moins 36 États américains renoncent à des taxes. Le Texas et la Virginie y laissent chacun environ un milliard de dollars par an [10]. C&rsquo;est le contribuable qui comble ce manque, pas le voisin sur sa facture. Deux coûts bien réels, mais distincts.</p>
<p>Reste un chiffre qui a beaucoup tourné. Les factures américaines auraient bondi de 267 % à cause des centres de données. C&rsquo;est largement faux [11]. Le calcul confond le prix de gros et la facture finale. Les factures résidentielles ont bien grimpé, d&rsquo;environ 42 % en cinq ans, et les centres y contribuent par endroits [11]. Mais l&rsquo;équipement, un réseau vieillissant et la transition énergétique pèsent aussi. Attribuer toute la hausse à l&rsquo;IA est un raccourci.</p>
<h2 id="et-en-france">Et en France</h2>
<p>Le cas français est à part, et le contraste mérite d&rsquo;être posé net. Aujourd&rsquo;hui, les centres de données consomment environ 10 térawattheures par an. À peu près 2 % de l&rsquo;électricité nationale [4]. Huit gros sites en service, pour 800 mégawatts [4]. C&rsquo;est modéré.</p>
<p>Ce qui explose, c&rsquo;est l&rsquo;annonce. Près de 18 gigawatts de capacité étaient réservés en mai 2026, contre 5 fin 2024 [4]. Et 109 milliards d&rsquo;euros d&rsquo;investissements privés ont été annoncés au sommet de Paris sur l&rsquo;IA, début 2025 [6]. Deux précautions s&rsquo;imposent. Une réservation n&rsquo;est pas une consommation. Il faut dix à quinze ans pour atteindre le gros de la puissance réservée. Et des projets tomberont en route [4]. Et 109 milliards annoncés ne sont pas 109 milliards dépensés [6].</p>
<p>Surtout, le report de la note sur les ménages, prouvé aux États-Unis, n&rsquo;est pas établi en France. Le marché n&rsquo;a rien de comparable. Un gestionnaire de réseau unique, un tarif fixé par le régulateur, un mix électrique nucléaire. Aucune source sérieuse ne documente, à ce jour, une hausse de facture française due à l&rsquo;IA. Affirmer l&rsquo;inverse reviendrait à inventer.</p>
<p>Le mix décarboné est même un atout. À consommation égale, un centre installé en France émet bien moins de CO2 qu&rsquo;ailleurs, grâce au nucléaire et au renouvelable [5]. L&rsquo;avantage est réel. Il a une limite. L&rsquo;électricité bas-carbone reste une ressource finie, que se disputent aussi les transports, l&rsquo;industrie, l&rsquo;hydrogène [5]. Et le carbone n&rsquo;est pas le seul impact. L&rsquo;eau, le foncier, la chaleur restent posés. Près de Marseille, aux Pennes-Mirabeau, un projet a déjà déclenché recours et inquiétudes de riverains, sans qu&rsquo;aucun chiffre d&rsquo;eau du site n&rsquo;ait été rendu public [17].</p>
<p>Voilà où en sont les faits. L&rsquo;IA consomme des ressources bien réelles, et en hausse. L&rsquo;essentiel ne se lit pas dans la moyenne planétaire, mais dans quelques régions, quelques villes, quelques compteurs. Et dans une addition dont une part, aux États-Unis, tombe déjà sur des ménages qui ne décident de rien.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://iea.blob.core.windows.net/assets/de9dea13-b07d-42c5-a398-d1b3ae17d866/EnergyandAI.pdf">Energy and AI (World Energy Outlook Special Report)</a>. Agence internationale de l'énergie (AIE) (avril 2025)</li><li id="ref-2"><a href="https://arxiv.org/abs/2304.03271">Making AI Less "Thirsty": Uncovering and Addressing the Secret Water Footprint of AI Models</a>. Li, Yang, Islam, Ren (arXiv, accepté par Communications of the ACM) (2023)</li><li id="ref-3"><a href="https://apnews.com/article/chatgpt-gpt4-iowa-water-consumption-microsoft-f551fde98083d17a7e8d904f8be822c4">Artificial intelligence technology behind ChatGPT was built in Iowa, with a lot of water</a>. Associated Press (2023)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.rte-france.com/bases-electricite/consommation-electricite/essor-data-centers-france">L'essor des data centers en France (chiffres clés)</a>. RTE (2026)</li><li id="ref-5"><a href="https://ecoresponsable.numerique.gouv.fr/actualites/actualisation-ademe-impact/">Actualisation 2025 de l'empreinte environnementale du numérique en France (données 2022)</a>. ADEME-ARCEP (janvier 2025)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.info.gouv.fr/actualite/paris-accueille-le-sommet-pour-laction-sur-lia">Sommet pour l'action sur l'IA (Paris) : 109 milliards d'euros annoncés</a>. info.gouv.fr (février 2025)</li><li id="ref-7"><a href="https://eelp.law.harvard.edu/wp-content/uploads/2025/03/Harvard-ELI-Extracting-Profits-from-the-Public.pdf">Extracting Profits from the Public: How Utility Ratepayers Are Paying for Big Tech's Power</a>. Harvard Electricity Law Initiative (mars 2025)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.utilitydive.com/news/data-centers-pjm-capacity-auction/808951/">Data centers were 40% of PJM capacity costs in last auction: market monitor</a>. Utility Dive (d'après Monitoring Analytics) (janvier 2026)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.cso.ie/en/releasesandpublications/ep/p-dcmec/datacentresmeteredelectricityconsumption2024/keyfindings/">Data Centres Metered Electricity Consumption 2024</a>. Central Statistics Office (Irlande) (juin 2025)</li><li id="ref-10"><a href="https://goodjobsfirst.org/cloudy-data-costly-deals-how-poorly-states-disclose-data-center-subsidies/">Cloudy Data, Costly Deals: How Poorly States Disclose Data Center Subsidies</a>. Good Jobs First (2025)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.wral.com/news/state/fact-check-data-center-electricity-bills-june-15/">Fact-check : Did data centers cause US electricity bills to rise 267% over five years?</a>. WRAL / PolitiFact (juin 2025)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.datacenterdynamics.com/en/news/we-now-know-how-much-water-googles-oregon-data-centers-use-after-city-drops-lawsuit-against-journalists/">We now know how much water Google's Oregon data centers use, after city drops lawsuit against journalists</a>. Data Center Dynamics (décembre 2022)</li><li id="ref-13"><a href="https://earth.org/google-emissions-grow-48-in-five-years-owing-to-large-scale-ai-deployment-jeopardizing-companys-net-zero-plans/">Google emissions grow 48% in five years owing to large-scale AI deployment</a>. Earth.org (d'après le rapport environnemental Google) (juillet 2024)</li><li id="ref-14"><a href="https://fortune.com/2026/07/09/microsoft-carbon-emissions-2025-data-centers/">Microsoft's carbon emissions rose 25% in 2025 as data centers grow</a>. Fortune (d'après le rapport de durabilité Microsoft) (juillet 2026)</li><li id="ref-15"><a href="https://epoch.ai/gradient-updates/how-much-energy-does-chatgpt-use">How much energy does ChatGPT use?</a>. Epoch AI (février 2025)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.technologyreview.com/2025/05/20/1116327/ai-energy-usage-climate-footprint-big-tech/">We did the math on AI's energy footprint</a>. MIT Technology Review (mai 2025)</li><li id="ref-17"><a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/marseille/vous-etes-deja-fortement-pollues-donc-un-peu-plus-un-peu-moins-un-projet-de-data-center-declenche-la-resistance-d-elus-et-de-riverains-3337127.html">Un projet de data center déclenche la résistance d'élus et de riverains aux Pennes-Mirabeau</a>. France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur (2026)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>