<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Cybersécurité | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/cybersecurite/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Mon, 20 Jul 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/cybersecurite/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/cybersecurite/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>La gendarmerie s'est passée de Microsoft pendant vingt ans, l'Europe suit</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/administrations-europe-logiciel-libre-microsoft/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/administrations-europe-logiciel-libre-microsoft/</guid><pubDate>Mon, 20 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Souveraineté numérique</category><category>Logiciel libre</category><category>Administrations</category><category>Cybersécurité</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/administrations-europe-logiciel-libre-microsoft/cover.webp" length="34268" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Cent trois mille ordinateurs. C&rsquo;est presque tout le parc de la gendarmerie nationale. Aucun, ou presque, ne tourne sous Windows. La bascule a commencé il y a vingt ans, sans bruit. Aujourd&rsquo;hui l&rsquo;Allemagne, le Danemark et la ville de Lyon s&rsquo;y mettent à leur tour.</div>

<h2 id="vingt-ans-sans-windows-dans-les-brigades">Vingt ans sans Windows, dans les brigades</h2>
<p>La gendarmerie a d&rsquo;abord changé ses logiciels de bureau. Entre 2004 et 2008, elle a lâché la suite Office pour des outils libres et gratuits [3]. Puis elle a changé le système lui-même. Depuis 2008, ses ordinateurs tournent sous Linux, dans une version maison baptisée GendBuntu [3].</p>
<p>Le déploiement a été lent et régulier. Environ 25 000 postes fin 2011. 65 000 en 2014. 103 164 en juin 2024, soit près de 97 % du parc [1, 3]. Il resterait un peu plus de mille postes sous Windows [1].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">103 164</span> <span class="stat__label">postes de la gendarmerie sous logiciel libre en juin 2024, environ 97 % du parc</span></aside>

<p>Au départ, le déclencheur est concret. Microsoft arrête Windows XP, il faut changer, et remettre tout le parc à niveau coûte cher [3]. Un officier de la gendarmerie l&rsquo;a résumé sans détour. Le choix était financier, pas technique. Selon lui, Windows aurait coûté deux millions d&rsquo;euros de plus qu&rsquo;Ubuntu chaque année [4]. C&rsquo;est un chiffre de la gendarmerie sur son propre projet, jamais vérifié par un tiers.</p>
<p>Les montants annoncés ont grossi avec le temps. En audition parlementaire, le 7 mai 2026, le patron du numérique de la gendarmerie a avancé 500 millions d&rsquo;euros économisés en vingt ans [1]. Un officier avait parlé plus tôt d&rsquo;une baisse de 40 % du coût des postes entre 2008 et 2014 [2]. Ces estimations viennent toutes de l&rsquo;institution elle-même. Aucune méthode de calcul n&rsquo;a été publiée.</p>
<p>Derrière l&rsquo;argent, un autre mot revient. La souveraineté.</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Être souverain, c&rsquo;est s&rsquo;assurer que seul l&rsquo;État français a le doigt sur l&rsquo;interrupteur. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Général Marc Boget, patron du numérique de la gendarmerie, audition du 7 mai 2026</figcaption>
</figure>

<h2 id="lallemagne-le-danemark-lyon--la-même-porte-de-sortie">L&rsquo;Allemagne, le Danemark, Lyon : la même porte de sortie</h2>
<p>Le mouvement s&rsquo;accélère en Europe. En avril 2024, un Land allemand a tranché. Le Schleswig-Holstein a décidé de basculer ses 30 000 agents vers des logiciels libres, LibreOffice d&rsquo;abord, Linux ensuite [5]. Fin 2025, l&rsquo;administration annonçait environ 80 % de ses postes passés à LibreOffice (hors service des impôts), et 44 000 boîtes mail migrées [6]. Elle revendique plus de 15 millions d&rsquo;euros d&rsquo;économies de licences [6]. Là encore, ce sont ses propres chiffres, non audités.</p>
<p>Le Danemark a suivi en juin 2025. Son ministère du Numérique quitte la suite Office de Microsoft pour LibreOffice [7, 8]. Un point mérite d&rsquo;être dit clairement, car il est souvent brouillé. Seuls les logiciels de bureau changent. Windows reste sur beaucoup de postes [8]. La ministre a même reconnu pouvoir revenir à Microsoft si la transition devenait trop compliquée [7]. Copenhague et Aarhus, les deux plus grandes villes du pays, réduisent aussi leur dépendance [9].</p>
<p>Lyon fait le même pari. La ville migre environ 10 000 postes vers Linux et des outils libres, avec une formation lancée en juin 2025 [10].</p>
<p>Partout, les mêmes raisons reviennent. Le coût des licences. La fin du support d&rsquo;un vieux système, comme Windows 10 arrêté en octobre 2025. Et surtout la crainte de dépendre d&rsquo;une poignée de fournisseurs étrangers. En 2025, les tensions avec les États-Unis ont nourri cette crainte. Un élu de Copenhague a parlé d&rsquo;un « risque pour la sécurité nationale » [9].</p>
<p>Ce diagnostic a des chiffres. Une commission d&rsquo;enquête de l&rsquo;Assemblée nationale a rendu son rapport le 8 juillet 2026. Parmi les cinquante plus gros fournisseurs de logiciels aux administrations, elle chiffre les acteurs américains à près de 80 % des achats [14]. Elle évalue à 1,5 milliard d&rsquo;euros les dépenses vers des acteurs hors d&rsquo;Europe [14]. Elle note qu&rsquo;en 2025, les géants du numérique ont dépensé 35 millions d&rsquo;euros de lobbying à Bruxelles [14]. Cette commission a été créée à l&rsquo;initiative de l&rsquo;opposition écologiste. Ses chiffres restent à confirmer sur le rapport publié.</p>
<h2 id="ce-nest-pas-magique-et-munich-le-prouve">Ce n&rsquo;est pas magique, et Munich le prouve</h2>
<p>Un cas casse le récit trop lisse. Munich. La ville allemande avait migré vers Linux entre 2004 et 2013, plus de 15 000 postes [12]. Puis elle a fait marche arrière. Le retour à Windows a été voté le 23 novembre 2017, par 50 voix contre 25 [11].</p>
<p>Le coût de ce retour est disputé. La ville l&rsquo;a chiffré à 49,3 millions d&rsquo;euros pour la seule bascule vers Windows [11]. Le groupe des Verts, opposé au retour, avance plus de 100 millions [13]. Un chiffre officiel d&rsquo;un côté, un contre-chiffre d&rsquo;opposition de l&rsquo;autre.</p>
<p>Le plus instructif est ailleurs. Un audit a conclu que les vrais problèmes étaient d&rsquo;organisation, pas de technique [12]. Quinze versions différentes du système coexistaient. Des correctifs n&rsquo;étaient pas déployés. Des agents butaient sur des bugs corrigés depuis longtemps [12]. Munich ne prouve pas que le libre échoue. Il prouve que la façon de conduire la migration décide de tout.</p>
<p>Et le libre ne donne pas la souveraineté d&rsquo;un claquement de doigts. Le rappel vient d&rsquo;un député de cette même commission, elle-même favorable au logiciel libre. Selon lui, ce n&rsquo;est « nullement une garantie de souveraineté ». La maintenance coûte, et des solutions maîtrisées existent aussi hors du libre [14].</p>
<p>Reste une question sans réponse. L&rsquo;usager. Aucune source ne mesure sérieusement ce que la bascule change pour l&rsquo;agent derrière son guichet. Sa formation, sa satisfaction, ses ennuis de compatibilité. Le Danemark prévient qu&rsquo;il faudra beaucoup former [9]. À Munich, le mécontentement a été chiffré de 20 % à 40 %, sur un objet flou [12]. Sur le vécu réel des agents, le dossier reste muet.</p>
<h2 id="la-sécurité--un-atout-réel-un-piège-réel">La sécurité : un atout réel, un piège réel</h2>
<p>Côté sécurité, l&rsquo;argument favorable est solide sur le papier. Le code d&rsquo;un logiciel libre est ouvert. N&rsquo;importe qui peut l&rsquo;examiner. Pas de boîte noire, pas de dépendance aux virages d&rsquo;un éditeur privé. C&rsquo;est la position de l&rsquo;agence française de cybersécurité [15]. Mais elle ne dit pas que le libre est « plus sûr ». Elle dit qu&rsquo;il faut l&rsquo;auditer et le financer [15].</p>
<p>Un cas récent lui donne raison. En mars 2024, une brique critique de l&rsquo;écosystème Linux a failli être piégée. Un composant discret, présent dans des systèmes majeurs, a été compromis par une porte dérobée [17]. La méthode donne le vertige. Un contributeur masqué s&rsquo;était infiltré pendant plus de deux ans. Il avait poussé à bout le bénévole qui entretenait seul ce composant [17]. La trappe a été trouvée par hasard, par un ingénieur qui enquêtait sur une lenteur anormale [17].</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Le logiciel est gratuit. Le rendre sûr et durable, non.</aside>

<p>Deux lectures cohabitent, et les deux sont vraies. La communauté a fini par repérer et corriger la faille vite [18]. Mais elle était passée sous les radars pendant deux ans [17]. L&rsquo;affaire pose une question crue. Peut-on faire reposer des pièces vitales sur des bénévoles non payés [17] ?</p>
<p>Les institutions ont entendu le message. L&rsquo;agence française finance désormais des audits de logiciels libres [15]. La Commission européenne prévoit un instrument dédié à leur entretien, et place l&rsquo;open source « au centre de la souveraineté technologique » [16]. En clair, « libre » ne veut pas dire « entretenu et sûr » tout seul.</p>
<p>Les cas européens disent tous la même chose. La souveraineté numérique n&rsquo;est pas un interrupteur qu&rsquo;on bascule. C&rsquo;est vingt ans de travail dans la gendarmerie. Un pari encore ouvert en Allemagne et à Lyon. Un échec assumé à Munich. Le logiciel est gratuit. Le rendre sûr et durable, non. Cela se paie en années et en formation, pas en licences. Même ceux qui poussent le plus fort pour la bascule le disent.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://next.ink/237345/la-gendarmerie-a-economise-1-2-milliard-deuros-grace-au-libre-et-linux-en-20-ans/">La gendarmerie a économisé 1/2 milliard d'euros grâce au Libre et Linux en 20 ans</a>. Next (mai 2026)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.lemagit.fr/actualites/2240206478/La-Gendarmerie-devrait-avoir-migre-72-000-postes-vers-Ubuntu-a-lete-2014">La Gendarmerie devrait avoir migré 72 000 postes vers Ubuntu à l'été 2014</a>. LeMagIT (2013)</li><li id="ref-3"><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/GendBuntu">GendBuntu</a>. Wikipedia (consulté le 2026-07-20)</li><li id="ref-4"><a href="https://linuxfr.org/news/la-gendarmerie-nationale-migre-vers-ubuntu">La gendarmerie nationale migre vers Ubuntu</a>. LinuxFr.org (consulté le 2026-07-20)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.schleswig-holstein.de/DE/landesregierung/ministerien-behoerden/I/Presse/PI/2024/CdS/240403_cds_it-arbeitsplatz.html">Communiqué du gouvernement du Schleswig-Holstein sur le poste de travail informatique</a>. Landesregierung Schleswig-Holstein (2024-04-03)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.schleswig-holstein.de/DE/landesregierung/ministerien-behoerden/I/Presse/PI/2025/cds/251204_cds_open-source">Schleswig-Holstein : la souveraineté numérique est possible et rentable (communiqué d'avancement)</a>. Landesregierung Schleswig-Holstein (2025-12-04)</li><li id="ref-7"><a href="https://therecord.media/denmark-digital-agency-microsoft-digital-independence">Denmark's digital ministry moves off Microsoft toward digital independence</a>. The Record (Recorded Future News) (juin 2025)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.theregister.com/2025/06/13/danish_department_dump_microsoft/">Danish department determined to dump Microsoft</a>. The Register (2025-06-13)</li><li id="ref-9"><a href="https://ioplus.nl/en/posts/copenhagen-and-aarhus-say-goodbye-to-microsoft">Copenhagen and Aarhus say goodbye to Microsoft</a>. IO+ (2025-07-01)</li><li id="ref-10"><a href="https://dig.watch/updates/more-european-cities-move-to-replace-microsoft-software-as-part-of-digital-sovereignty-efforts">More European cities move to replace Microsoft software as part of digital sovereignty efforts</a>. Digital Watch Observatory (2025)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.theregister.com/2017/11/24/munich_will_spend_about_50_million_euros_on_windows_migration/">Munich va dépenser près de 50 M€ pour repasser sous Windows</a>. The Register (2017-11-24)</li><li id="ref-12"><a href="https://lwn.net/Articles/737818/">The rise and fall of LiMux</a>. LWN.net (2017)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.theregister.com/2018/01/04/munich_linux_costs_ownership/">Munich : le coût total du retour à Windows estimé à plus de 100 M€</a>. The Register (2018-01-04)</li><li id="ref-14">Commission d'enquête sur les dépendances du secteur numérique, compte rendu n° 47. Assemblée nationale (2026-07-08)</li><li id="ref-15"><a href="https://cyber.gouv.fr/enjeux-technologiques/open-source">Open source (doctrine)</a>. ANSSI (cyber.gouv.fr) (consulté le 2026-07-20)</li><li id="ref-16"><a href="https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/open-source-strategy">The EU Open Source Strategy</a>. Commission européenne (2026-06-03)</li><li id="ref-17"><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/XZ_Utils_backdoor">XZ Utils backdoor</a>. Wikipedia (consulté le 2026-07-20)</li><li id="ref-18"><a href="https://openssf.org/blog/2024/03/30/xz-backdoor-cve-2024-3094/">xz Backdoor CVE-2024-3094</a>. OpenSSF (2024-03-30)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>