<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Concessions | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/concessions/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Thu, 13 Aug 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/concessions/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/concessions/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Sur l'autoroute sans barrière, un oubli de péage peut coûter 375 euros</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/peage-flux-libre-fraudeur-concessions/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/peage-flux-libre-fraudeur-concessions/</guid><pubDate>Thu, 13 Aug 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Autoroutes</category><category>Péage</category><category>Concessions</category><category>Consommation</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/peage-flux-libre-fraudeur-concessions/cover.webp" length="266192" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Sur l&rsquo;A79, dans l&rsquo;Allier, il n&rsquo;y a plus de barrière de péage. On roule, une caméra lit la plaque, le montant se calcule tout seul. Le conducteur sans badge doit ensuite aller payer. Soixante-douze heures, pas une de plus. Passé ce délai, aux yeux du barème, il devient un fraudeur. Exactement comme celui qui n&rsquo;a jamais voulu payer.</div>

<h2 id="le-barème-ne-fait-pas-le-tri">Le barème ne fait pas le tri</h2>
<p>Le principe du flux libre est simple. Plus de barrière, plus d&rsquo;arrêt. Des portiques photographient la plaque au passage [1, 2]. Le péage se calcule après le trajet, selon le véhicule et l&rsquo;itinéraire.</p>
<p>Avec un badge de télépéage, tout est automatique. Sans badge, c&rsquo;est à l&rsquo;automobiliste d&rsquo;agir. Il paie en ligne, ou en espèces chez un buraliste du réseau Nirio. Il a 72 heures [1, 2].</p>
<p>Ensuite, l&rsquo;engrenage se met en route. D&rsquo;abord une indemnité de 90 euros, en plus du péage. Elle tombe à 10 euros si le règlement intervient sous quinze jours. Sans paiement au bout de deux mois, le dossier part au ministère public. L&rsquo;automobiliste devient redevable d&rsquo;une amende de 375 euros. C&rsquo;est une contravention de 4e classe [1].</p>
<p>Et ça ne s&rsquo;arrête pas là. Amende impayée après quatre mois, la vente du véhicule est bloquée [1]. Au-delà de cinq amendes majorées en un an, le risque grimpe à 7 500 euros [1].</p>
<p>Ce barème ne distingue pas l&rsquo;oubli de la fraude. Celui qui a manqué le délai par étourderie et celui qui refuse de payer tombent sous la même règle. Le reproche vient de plusieurs députés [3]. Le gouvernement, lui, le conteste. Il défend la progression de l&rsquo;échelle et invoque « une forme de droit à l&rsquo;erreur » [3].</p>
<p>Reste un fait de décision. Cette sanction n&rsquo;a pas toujours été aussi lourde. Un décret de l&rsquo;État, fin 2020, l&rsquo;a relevée de la 2e à la 4e classe [1, 3]. C&rsquo;est une décision publique, datée, qui a durci l&rsquo;échelle.</p>
<h2 id="combien-de-conducteurs-sont-touchés">Combien de conducteurs sont touchés</h2>
<p>Sur ce point, deux comptes s&rsquo;opposent, et aucun ne tranche.</p>
<p>Le gouvernement décrit un problème rare. Sur l&rsquo;A79, il annonce « moins de 3 % des passages » exposés à l&rsquo;amende de 375 euros [3]. Il ajoute que 88 % des usagers sont satisfaits, et que plus des deux tiers des non-abonnés paient à temps [3]. Ce sont ses propres chiffres, sur son propre bilan.</p>
<p>Des députés avancent l&rsquo;inverse. Pour la seule A79, sur un an, ils citent environ 180 000 impayés, 80 000 dossiers de pénalités et plus de 600 000 courriers de rappel [3]. Ces chiffres viennent du débat parlementaire. Ils ne sont ni audités ni confirmés par l&rsquo;exécutif.</p>
<p>Les deux camps ne mesurent pas la même chose. L&rsquo;un donne un taux de passages, l&rsquo;autre un nombre brut d&rsquo;impayés. Le nombre total de passages sur l&rsquo;A79 n&rsquo;est donné nulle part. Impossible, donc, de convertir un chiffre dans l&rsquo;autre. Aucun des deux ne suffit à dire l&rsquo;ampleur réelle.</p>
<p>Un repère aide quand même. Sur l&rsquo;A79, 65 % des trajets se font avec un badge [3]. Le risque de l&rsquo;amende ne pèse donc que sur la minorité sans abonnement.</p>
<h2 id="ce-qui-change-pour-celui-qui-roule">Ce qui change pour celui qui roule</h2>
<p>Trois choses changent, concrètement.</p>
<p>La route est plus fluide. Plus d&rsquo;arrêt, plus de file au péage. Le bénéfice est réel, mais c&rsquo;est surtout l&rsquo;argument des sociétés d&rsquo;autoroutes, qui vendent leur dispositif [2].</p>
<p>La charge de payer a changé de camp. Avant, la barrière prélevait sur place. Maintenant, c&rsquo;est au conducteur non abonné de penser à payer, dans les 72 heures [1]. Un oubli, et l&rsquo;engrenage démarre. Avant l&rsquo;avis, des agents assermentés contrôlent le passage sur les photos, selon le concessionnaire [2].</p>
<p>Reste la question des données. Le système lit chaque plaque avec des caméras infrarouges [4]. Un concessionnaire, APRR, déclare garder ces images « treize mois maximum », sur des serveurs en France, pour la seule facturation [4]. L&rsquo;État, lui, ne fixe aucune durée chiffrée [8]. Aucune décision publique de la CNIL sur ce péage n&rsquo;a été retrouvée. La presse rapporte une validation, sans qu&rsquo;une source officielle la confirme [6]. Sur ce point, un document clair manque. Ce n&rsquo;est pas un scandale prouvé, c&rsquo;est un angle mal éclairé.</p>
<h2 id="à-qui-va-largent">À qui va l&rsquo;argent</h2>
<p>Le prix du péage, lui, monte régulièrement. Il a augmenté de 4,6 % en 2023 [5]. Sur vingt ans, les recettes par kilomètre ont grimpé deux fois plus vite que les prix à la consommation [7]. Le sentiment de payer toujours plus repose sur des chiffres.</p>
<p>Reste une question rarement posée : à qui profite ce péage.</p>
<p>Il rapporte beaucoup. En 2024, les sociétés d&rsquo;autoroutes ont encaissé 12,8 milliards d&rsquo;euros, presque tout en péages [5]. Leur bénéfice net a atteint 4,3 milliards [5]. Et elles ont versé 4,4 milliards de dividendes à leurs actionnaires [5].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">4,4 milliards €</span> <span class="stat__label">dividendes versés aux actionnaires des autoroutes en 2024, plus que leur propre bénéfice</span></aside>

<p>Ce chiffre mérite qu&rsquo;on s&rsquo;y arrête. Cette année-là, les dividendes ont dépassé le bénéfice. Ils ont même augmenté de 9 %, quand le bénéfice reculait de 3 % [5].</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Ces autoroutes ne leur appartiennent pas : le réseau est la propriété de l&rsquo;État.</aside>

<p>Ces autoroutes ne leur appartiennent pas. Le réseau est la propriété de l&rsquo;État, évalué à 194 milliards d&rsquo;euros [7]. Les sociétés n&rsquo;ont qu&rsquo;un droit d&rsquo;exploitation, pour un temps. Deux groupes de travaux publics, Vinci et Eiffage, en tiennent la plus grande part.</p>
<p>L&rsquo;affaire est très rentable. Chez Vinci, les autoroutes ne pèsent que 9 % des ventes, mais 43 % du bénéfice du groupe [7]. Elles financent le reste. Le rendement mesuré par le régulateur atteint environ 8 %, au-dessus de ce qu&rsquo;attend le marché [5].</p>
<p>Certains parlent de « rente ». Un rapport du Sénat évoque jusqu&rsquo;à 40 milliards d&rsquo;euros de revenus en trop, gagnés surtout sur le refinancement de la dette [7]. Mais ce chiffre de 40 milliards vient du régulateur lui-même. Et le régulateur refuse de le dire « excessif » : il le juge « compatible avec les aléas normaux d&rsquo;une concession » [5, 7]. Le montant est chiffré, sa lecture reste discutée. Le même régulateur estime tout de même à 500 millions d&rsquo;euros les hausses de péage « indues » depuis 2016 [5, 7].</p>
<p>Le calendrier compte. Les sept grandes concessions arrivent à échéance entre 2031 et 2036 [7]. D&rsquo;ici là, le flux libre s&rsquo;installe : c&rsquo;est déjà le modèle par défaut des nouvelles autoroutes [7]. Il supprime les gares de péage et leur personnel. Aucun chiffre public ne dit l&rsquo;économie ainsi réalisée. La bascule de tout le réseau existant, elle, n&rsquo;aura pas lieu avant ces échéances [7].</p>
<p>Deux faits, posés côte à côte. Sur un réseau qui appartient à l&rsquo;État, un péage sans barrière verse à ses actionnaires plus que ce qu&rsquo;il gagne. Et le conducteur qui oublie de payer quelques euros sous 72 heures devient, lui, un fraudeur passible de 375 euros.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35730">Que faire en cas de non-paiement d'un péage sur une autoroute en flux libre ?</a>. Service-Public.gouv.fr (DILA) (2026-06-24)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.groupe.sanef.com/sites/default/files/storage/flux-libre/site/le-fonctionnement-du-peage-en-flux-libre.html">Le fonctionnement du péage en flux libre</a>. Sanef (2026)</li><li id="ref-3"><a href="https://questions.assemblee-nationale.fr/q17/17-2679QE.htm">Question écrite n° 2679 et réponse du ministère chargé des Transports (péage en flux libre, A79)</a>. Assemblée nationale (2024-12-17)</li><li id="ref-4"><a href="https://peagereinvente.aprr.fr/peage-en-flux-libre-ou-vont-vos-donnees.html">Péage en flux libre : où vont vos données ?</a>. APRR (2026)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.autorite-transports.fr/les-autoroutes/">Les autoroutes : comptes et rentabilité des sociétés concessionnaires (exercice 2024)</a>. Autorité de régulation des transports (2024)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.tomsguide.fr/peages-en-flux-libre-quel-bilan-apres-les-premiers-deploiements-en-france/">Péages en flux libre, quel bilan après les premiers déploiements en France</a>. Tom's Guide (2026-05)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.senat.fr/fileadmin/Presse/Documents_pdf/Rapport_provisoire_autoroutes.pdf">Échéance des concessions d'autoroutes (rapport d'information, commission des finances)</a>. Sénat (2024-10-23)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.ecologie.gouv.fr/peage-flux-libre">Le péage en flux libre</a>. Ministère de la Transition écologique (2026)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>