<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Cinéma | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/cinema/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Wed, 12 Aug 2026 09:22:23 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/cinema/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/cinema/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>À Aubusson, la princesse Kaguya va renaître en 25 mètres carrés de laine</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/aubusson-tapisserie-ghibli-kaguya/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/aubusson-tapisserie-ghibli-kaguya/</guid><pubDate>Wed, 12 Aug 2026 09:22:23 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Culture</category><category>Artisanat</category><category>Patrimoine</category><category>Cinéma</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/aubusson-tapisserie-ghibli-kaguya/cover.webp" length="181372" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Une princesse exulte sous les cerisiers en fleurs, au premier jour du printemps. L&rsquo;image vient d&rsquo;un film d&rsquo;animation japonais. Bientôt, elle existera en laine, tissée à la main dans la Creuse. Vingt-cinq mètres carrés, cinq parties, deux ans de travail.</div>

<p>La Cité internationale de la tapisserie d&rsquo;Aubusson l&rsquo;a annoncé le 10 août 2026 [1]. Elle va tisser une nouvelle œuvre monumentale. Le sujet est un film du studio Ghibli, « Le Conte de la princesse Kaguya » [1]. Ce n&rsquo;est pas un film de Hayao Miyazaki. C&rsquo;est celui de son ami et cofondateur du studio, Isao Takahata, mort en 2018 [1].</p>
<p>L&rsquo;œuvre fera 25 mètres carrés, en cinq parties [1]. Le directeur de la Cité parle d&rsquo;un tissage en cinq plans, « en quelque sorte un storyboard » [1]. Le point de départ est une image précise du film.</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« La princesse Kaguya exulte avec l&rsquo;arrivée du printemps, sous les cerisiers en fleurs, ce sont des images très belles. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Emmanuel Gérard, directeur de la Cité internationale de la tapisserie</figcaption>
</figure>

<p>Le choix de ce film est un hommage à Takahata, selon la Cité [1]. C&rsquo;est lui qui aurait rendu le partenariat possible. L&rsquo;atelier chargé du tissage sera dévoilé à l&rsquo;automne 2026 [1]. Le rendu final est attendu en 2028 [1].</p>
<h2 id="traduire-une-image-en-laine-à-lenvers">Traduire une image en laine, à l&rsquo;envers</h2>
<p>Reprendre un film en tapisserie, ce n&rsquo;est pas le recopier. C&rsquo;est le traduire. Un premier artisan, le cartonnier, passe « du langage pictural au langage textile » [2]. Il redessine l&rsquo;image à sa taille finale. Il l&rsquo;inverse gauche-droite, car on tisse à l&rsquo;envers [3].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">25 m²</span> <span class="stat__label">la surface de la tapisserie Kaguya, en cinq parties</span></aside>

<p>Le lissier, lui, travaille sur l&rsquo;envers de l&rsquo;œuvre [3]. Il avance par bandes de 20 à 25 centimètres, enroulées au fur et à mesure [3]. Il ne voit jamais l&rsquo;ensemble pendant le tissage [3]. Pour contrôler l&rsquo;endroit, il glisse un miroir entre les fils [2, 4].</p>
<aside class="pullquote">Le lissier tisse à l&rsquo;envers, par bandes de vingt centimètres, sans jamais voir l&rsquo;ensemble.</aside>

<p>Pour Kaguya, le défi est clair. Le film joue l&rsquo;aquarelle et l&rsquo;encre. La cartonnière cherche « comment donner l&rsquo;illusion de la transparence avec la laine » [1]. C&rsquo;est là le cœur du métier : interpréter, pas photocopier. Une tapisserie se fait « à quatre mains », entre l&rsquo;artiste et le lissier [3]. Le tissage manuel autorise un nombre de couleurs presque infini [3].</p>
<h2 id="trois-métiers-pour-une-seule-œuvre">Trois métiers pour une seule œuvre</h2>
<p>Le marché public le montre noir sur blanc. La commande est découpée en trois lots [5]. Un pour les cartons. Un pour les laines teintes. Un pour le tissage [5]. Derrière ces trois lignes, trois métiers distincts : le cartonnier, le teinturier, le lissier.</p>
<p>L&rsquo;intitulé officiel parle d&rsquo;un « savoir-faire artisanal multiséculaire (&hellip;) reconnu par l&rsquo;UNESCO » [5]. Ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;une formule. La tapisserie d&rsquo;Aubusson est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l&rsquo;humanité depuis 2009 [6]. La laine y est « teinte artisanalement sur place » [6]. Chaque étape demande des années de formation [3].</p>
<p>Le temps aussi se compte à la main. Pour un mètre carré, il faut en moyenne un mois de travail par lissier [4]. La grande tapisserie tirée de « Mon voisin Totoro » a ainsi demandé près d&rsquo;un an et demi de tissage [9].</p>
<h2 id="un-savoir-faire-que-les-grandes-commandes-maintiennent-en-vie">Un savoir-faire que les grandes commandes maintiennent en vie</h2>
<p>Ce métier a bien failli disparaître. À Aubusson, la formation de lissier n&rsquo;était plus donnée depuis 1998 [11]. La Cité l&rsquo;a rouverte [11]. Le métier reste fragile. Beaucoup de lissiers travaillent en sous-traitance, sans revenu garanti si les commandes baissent [3].</p>
<p>D&rsquo;où l&rsquo;idée des grandes commandes. Prendre un univers connu et le tisser. La méthode est ancienne : dès 1937, un peintre avait déjà relancé Aubusson par la commande [3]. Elle revient aujourd&rsquo;hui avec le cinéma et la littérature. Une presse spécialisée compte, depuis 2010, une cinquantaine de lissiers formés et installés et une dizaine d&rsquo;ateliers créés [10].</p>
<p>Avant Ghibli, il y a eu Tolkien [7]. Quatorze tapisseries et deux tapis, 160 mètres carrés tissés d&rsquo;après les dessins de l&rsquo;écrivain [7]. Sept ateliers, quarante professionnels, sept ans de travail, achevés en juin 2024 [7].</p>
<p>Puis le studio Ghibli. Un accord signé en 2019, six tapisseries d&rsquo;après les films de Miyazaki [8]. La plus grande, tirée de « Mon voisin Totoro », a été terminée en juillet 2026 [8, 9]. Elle mesure plus de 31 mètres carrés [8].</p>
<p>Ces œuvres voyagent. « Le Château ambulant », cinq mètres de haut, a été montré à Hiroshima [9]. « Princesse Mononoké » a rejoint le pavillon français de l&rsquo;Exposition universelle d&rsquo;Osaka en 2025 [8]. Selon la Cité, 220 000 personnes ont vu la pièce exposée à Hiroshima en 2024 [8].</p>
<p>En 2028, une princesse née d&rsquo;un dessin japonais existera donc en laine de la Creuse. Cinq plans, vingt-cinq mètres carrés, tissés à l&rsquo;envers, main après main.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.franceinfo.fr/culture/cinema/films-animation/la-cite-internationale-de-la-tapisserie-d-aubusson-devoile-un-nouveau-projet-avec-le-studio-d-animation-ghibli_8141405.html">La Cité internationale de la tapisserie d'Aubusson dévoile un nouveau projet avec le studio d'animation Ghibli</a>. franceinfo (avec ICI Creuse) (2026-08-10)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.cite-tapisserie.fr/en/les-savoir-faire/tissage-et-finitions">Les savoir-faire de la tapisserie d'Aubusson, tissage et finitions</a>. Cité internationale de la tapisserie (2026-08-12)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.culture.gouv.fr/Media/Thematiques/Patrimoine-culturel-immateriel/Files/Fiches-inventaire-du-PCI/les-savoir-faire-des-lissiers-d-aubusson-felletin.pdf">Les savoir-faire des lissiers d'Aubusson-Felletin (fiche d'inventaire du patrimoine culturel immatériel)</a>. Ministère de la Culture (2020)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.cite-de-soreze.com/musees/le-savoir-faire-des-lissiers-daubusson-et-la-technique-de-la-tapisserie/">Le savoir-faire des lissiers d'Aubusson et la technique de la tapisserie</a>. Cité de Sorèze (2026-08-12)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.marchesonline.com/appels-offres/avis/prestation-de-tissage-respectant-le-savoir-faire-artisa/ao-9564221-1">Prestation de tissage respectant le savoir-faire artisanal multiséculaire de la tapisserie d'Aubusson reconnu par l'UNESCO — Le conte de la Princesse Kaguya de Isao Takahata (avis de marché BOAMP, réf. 3/boamp/2617486)</a>. marchesonline (avis BOAMP) (2026-02-22)</li><li id="ref-6"><a href="https://ich.unesco.org/fr/RL/la-tapisserie-d-aubusson-00250">La tapisserie d'Aubusson, Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité (dossier 00250)</a>. UNESCO (2009)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.cite-tapisserie.fr/en/le-musee/les-aventures-tissees/aubusson-tisse-tolkien">Aubusson tisse Tolkien</a>. Cité internationale de la tapisserie (2026-08-12)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.cite-tapisserie.fr/fr/programmation/exposition/l-imaginaire-de-hayao-miyazaki-en-tapisserie-d-aubusson">L'imaginaire de Hayao Miyazaki en tapisserie d'Aubusson</a>. Cité internationale de la tapisserie (2026-08-12)</li><li id="ref-9"><a href="https://dozodomo.com/2026/07/16/ghibli-x-aubusson-la-tapisserie-monumentale-la-sieste-de-mei-et-totoro-est-enfin-terminee/">Ghibli x Aubusson : la tapisserie monumentale La Sieste de Mei et Totoro est enfin terminée</a>. Dozodomo (2026-07-16)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.artnewspaper.fr/2026/05/29/aubusson-retrouve-sa-place-de-capitale-de-l-art-tisse">Aubusson retrouve sa place de capitale de l'art tissé</a>. The Art Newspaper (édition française) (2026-05-29)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.cite-tapisserie.fr/en/les-missions/transmettre-les-savoir-faire">Transmettre les savoir-faire</a>. Cité internationale de la tapisserie (2026-08-12)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>