<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Chiffres Publics | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/chiffres-publics/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Tue, 28 Jul 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/chiffres-publics/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/chiffres-publics/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>« 600 millions » pour la diversité de la police britannique : les deux tiers ne sont pas de l'argent dépensé</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/police-britannique-600-millions-diversite/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/police-britannique-600-millions-diversite/</guid><pubDate>Tue, 28 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Royaume-Uni</category><category>Police</category><category>Diversité</category><category>Chiffres publics</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/police-britannique-600-millions-diversite/cover.webp" length="34016" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 26 juillet, un rapport de 102 pages sort à Londres. Un chiffre en occupe le résumé : 631 millions de livres, le coût de la diversité dans la police depuis 2020. En deux jours, il devient « 600 millions » dans les titres, puis « 2 000 policiers de terrain en moins ». Reste une page que la reprise a sautée. Celle où l&rsquo;auteur explique comment il a obtenu son chiffre.</div>

<h2 id="un-chiffre-que-son-auteur-appelle-une--estimation-">Un chiffre que son auteur appelle une « estimation »</h2>
<p>Le chiffre vient d&rsquo;un seul document. Un rapport publié par Policy Exchange, un think tank britannique classé à droite [1, 4]. Ce n&rsquo;est pas un audit officiel. Ce n&rsquo;est pas une étude relue par des pairs. C&rsquo;est le travail d&rsquo;un acteur du débat, peu transparent sur ses financements [4], et dont l&rsquo;auteur, ancien policier, défend une ligne hostile à ces politiques [1].</p>
<p>Ce point compte pour une raison simple. L&rsquo;auteur ne prétend pas avoir compté des dépenses réelles. Il l&rsquo;écrit noir sur blanc. Il n&rsquo;existe, dit-il, « aucun relevé public du coût total ». Alors il a pris « le peu de données disponibles » et « extrapolé une estimation » [1]. Le mot est de lui. Son chiffre n&rsquo;est pas une addition. C&rsquo;est une projection.</p>
<h2 id="les-deux-tiers-nont-jamais-quitté-une-caisse">Les deux tiers n&rsquo;ont jamais quitté une caisse</h2>
<p>Sur les 631 millions, 431 forment le plus gros poste. Soit 68 % du total [1]. Cet argent n&rsquo;a pas été dépensé. C&rsquo;est du temps de formation, converti en livres.</p>
<p>La méthode tient en quelques lignes. L&rsquo;auteur suppose que chaque policier a suivi quatre heures de formation par an depuis 2020 [1]. Huit heures pour un gradé. Deux heures pour un civil. Ces durées ne sont pas mesurées. Elles sont supposées, et appliquées à 100 % des effectifs [1].</p>
<p>Puis il donne un prix à ces heures. Lequel ? Celui d&rsquo;une facture. La police britannique dispose d&rsquo;un tarif pour vendre ses services à un tiers, pensions et frais généraux compris [1]. C&rsquo;est ce tarif que le rapport applique, 551 livres par jour et par agent [1]. Un barème conçu pour facturer l&rsquo;extérieur, pas pour mesurer une dépense interne.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">431 millions qui ne correspondent à aucune dépense supplémentaire.</aside>

<p>Résultat : 431 millions qui ne correspondent à aucune dépense supplémentaire. Le temps a bien été passé en formation. Mais il était déjà payé, et aucune enveloppe dédiée n&rsquo;est sortie d&rsquo;une caisse pour cette somme.</p>
<p>Un détail du même poste mérite d&rsquo;être lu. Le compte inclut aussi, de l&rsquo;aveu du rapport, « les formations consacrées à d&rsquo;autres sujets mais comportant une composante diversité » [1]. Autrement dit, des heures qui ne portent pas d&rsquo;abord sur la diversité entrent quand même dans le total.</p>
<h2 id="le-reste-repose-sur-une-force-ou-sur-cinq">Le reste repose sur une force, ou sur cinq</h2>
<p>Restent deux postes. 177 millions pour des postes internes. 23 millions pour des prestations extérieures [1].</p>
<p>Le premier est extrapolé à partir d&rsquo;une seule force de police, celle de Londres [1]. Le rapport multiplie ses effectifs par 5,8 pour couvrir tout le pays, puis rabote de 30 % au cas où Londres compterait plus de personnel dédié qu&rsquo;ailleurs [1]. Ce rabot est lui-même une hypothèse, non mesurée [1].</p>
<p>Le second, les 23 millions, part des dépenses réelles de cinq forces, 2,7 millions constatés, multipliés par 8,54 [1]. C&rsquo;est le seul poste adossé à des dépenses observées. Il pèse 3,6 % du total [1]. Le reste, soit 96 %, est de l&rsquo;estimation.</p>
<h2 id="une-obligation-légale-comptée-comme-un-choix">Une obligation légale comptée comme un choix</h2>
<p>Le rapport présente l&rsquo;ensemble comme une dépense que la police se serait offerte. La loi dit autre chose. Une partie de ces activités découle d&rsquo;un devoir inscrit dans la loi britannique sur l&rsquo;égalité de 2010 [1]. Les forces n&rsquo;ont pas le choix : elles doivent s&rsquo;y conformer.</p>
<p>Et le rapport le sait. La preuve, il demande d&rsquo;abroger ces articles de loi [1]. Personne ne réclame la suppression d&rsquo;une obligation qui n&rsquo;existe pas. En comptant ensemble ce que la loi impose et ce que la police choisit, sans jamais les séparer, le chiffre range sous « dépense de confort » une part qui est en réalité une contrainte.</p>
<h2 id="moins-dun-penny-par-livre">Moins d&rsquo;un penny par livre</h2>
<p>Le chiffre impressionne parce qu&rsquo;il est gros et d&rsquo;un bloc. Mais il couvre six ans et tout le Royaume-Uni [1]. Ramené à l&rsquo;année, cela fait environ 105 millions de livres [1, 3].</p>
<p>Face à quoi ? Le budget de la police britannique tient entre 18 et 19,5 milliards par an [3]. Les 105 millions annuels en représentent 0,5 à 0,6 % [3]. Moins d&rsquo;un penny par livre dépensée.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">0,5 à 0,6 %</span> <span class="stat__label">la part du budget annuel de la police que pèse le chiffre, une fois ramené à l&#39;année</span></aside>

<p>C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;argument des chefs de police eux-mêmes. Ils parlent d&rsquo;« une très petite proportion » d&rsquo;un budget « de plusieurs milliards » [2]. Eux aussi défendent leur bilan, ils sont juges et parties. Mais cette proportion-là se vérifie sur les comptes publics. Elle tient [3].</p>
<h2 id="-2-000-policiers-en-moins---à-une-condition-près">« 2 000 policiers en moins » : à une condition près</h2>
<p>Reste la phrase qui a fait les titres. Cet argent, dit le rapport, aurait pu financer « 2 000 policiers de terrain » de plus par an [1].</p>
<p>Le calcul est juste, à une condition : que l&rsquo;argent existe. Or 68 % de ce total n&rsquo;a jamais été dépensé [1]. C&rsquo;est du temps déjà travaillé, pas une enveloppe rangée dans un tiroir. Un argent qui n&rsquo;a pas été sorti ne peut pas être « remis sur le terrain ».</p>
<p>C&rsquo;est pourtant la promesse qu&rsquo;en tirent certains. L&rsquo;opposition conservatrice y voit « un gaspillage choquant » [2]. Reform UK veut supprimer chaque poste concerné pour « remettre cet argent sur le terrain » [2]. La promesse sonne bien. Elle repose sur une somme dont les deux tiers n&rsquo;ont jamais quitté les caisses.</p>
<h2 id="le-débat-reste-ouvert-le-décompte-non">Le débat reste ouvert, le décompte non</h2>
<p>Une question demeure, que ce chiffre ne tranche pas. Ces dépenses de diversité sont-elles utiles, bien employées, justifiées ? Le débat est réel, et il est légitime. Mais il suppose un décompte solide.</p>
<p>Celui-ci additionne du temps de travail déjà payé, des obligations que la loi impose et des projections tirées d&rsquo;une poignée de forces [1]. Deux jours après sa parution, personne ne l&rsquo;avait encore vérifié. Il annonce 631 millions. Les deux tiers ne sont pas de l&rsquo;argent dépensé [1].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://policyexchange.org.uk/publication/without-fear-or-favour/">"Without fear or favour"? An assessment of 'Anti-Racism' in policing today</a>. Policy Exchange (2026-07-26)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.aol.co.uk/articles/cops-blow-631m-diversity-obsession-210000000.html">Cops blow £631m on diversity 'obsession' instead of fighting crime</a>. PA Media (via AOL UK) (2026-07-27)</li><li id="ref-3"><a href="https://questions-statements.parliament.uk/written-statements/detail/2024-12-17/hcws325">Déclarations écrites au Parlement sur le financement de la police (2024-25 et 2025-26)</a>. Home Office / Parlement britannique (2024-12-17)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.opendemocracy.net/en/dark-money-investigations/policing-bill-policy-exchange-exxonmobil-lobbying/">Policy Exchange, ExxonMobil and the Policing Bill (dark money investigations)</a>. openDemocracy</li></ol>]]></description></item></channel></rss>