<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Boycott Culturel | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/boycott-culturel/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Wed, 22 Jul 2026 10:26:01 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/boycott-culturel/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/boycott-culturel/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Grenoble : le concert de Barbara Butch interrompu, une enquête pour entrave ouverte</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/barbara-butch-concert-grenoble-entrave/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/barbara-butch-concert-grenoble-entrave/</guid><pubDate>Wed, 22 Jul 2026 10:26:01 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Liberté d'expression</category><category>Boycott culturel</category><category>Grenoble</category><category>Antisémitisme</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/barbara-butch-concert-grenoble-entrave/cover.webp" length="21280" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Samedi 18 juillet, vers 22h20, la scène du festival Cabaret Frappé s&rsquo;éteint au bout de vingt minutes. Une centaine de personnes sont massées devant la DJ Barbara Butch. La Ville de Grenoble suspend le concert pour raisons de sécurité. Trois jours plus tard, le parquet ouvre une enquête pour entrave.</div>

<h2 id="ce-qui-sest-passé-ce-soir-là">Ce qui s&rsquo;est passé ce soir-là</h2>
<p>Le concert commence. Il dure une vingtaine de minutes [1, 2]. Puis des militants pro-palestiniens s&rsquo;avancent devant la scène. Ils sont une centaine selon le parquet, environ 150 selon un autre décompte [1, 2]. Des banderoles, des sifflets, des drapeaux palestiniens, des insultes lancées vers l&rsquo;artiste [2]. La Ville de Grenoble décide alors de suspendre le concert, pour « garantir la sécurité » [2]. Barbara Butch quitte la scène [2].</p>
<p>Un point est établi et il compte. La décision d&rsquo;arrêter vient de la mairie, pas de l&rsquo;artiste. Elle ne décide de rien. Elle subit. Le lendemain, elle publie un message.</p>
<blockquote>
<p>« J&rsquo;ai eu peur. Ce qui s&rsquo;est passé n&rsquo;est pas un accident ni un débordement. » [12]</p>
</blockquote>
<h2 id="violences-ou-action-pacifique-ce-que-lenquête-doit-établir">Violences ou action pacifique, ce que l&rsquo;enquête doit établir</h2>
<p>Que s&rsquo;est-il passé exactement devant la scène ? Les versions s&rsquo;opposent. La Ville fait état de « jets délibérés de bouteilles en verre », de projectiles visant la scène, d&rsquo;un sabotage des installations électriques et de menaces contre l&rsquo;artiste [2, 4]. La France insoumise, qui soutenait la mobilisation, dément. Un élu local affirme « il n&rsquo;y a pas eu de projectiles » et parle d&rsquo;une « action pacifique » [3, 4].</p>
<p>Ces deux récits ne pèsent pas tout à fait pareil, mais aucun n&rsquo;est neutre. La Ville décrit des violences. Elle est partie prenante : elle a suspendu le concert, puis porté plainte [14]. Elle a intérêt à justifier sa décision. L&rsquo;artiste, elle, dit avoir eu peur et décrit une agression [12]. La presse locale reprend le mot « violente » [14]. Mais le détail matériel, les bouteilles et le sabotage, reste porté par la parole de la maire. Un journal n&rsquo;était pas sur scène. En face, un seul démenti, celui du camp mis en cause. Et aucun constat indépendant n&rsquo;existe encore. Pas de procès-verbal de police versé, pas d&rsquo;huissier. Ce qui s&rsquo;est exactement passé reste à prouver. C&rsquo;est précisément le travail de l&rsquo;enquête.</p>
<p>Le 20 juillet, la mairie porte plainte contre X [1]. Le lendemain, le parquet de Grenoble ouvre une enquête préliminaire [1]. La qualification retenue : « délit d&rsquo;entrave concertée aux libertés », pour avoir entravé « par des voies de fait » la liberté de création artistique [1]. Le délit est passible d&rsquo;un an de prison [1]. Une enquête n&rsquo;est pas une condamnation. À ce stade, personne n&rsquo;est jugé coupable.</p>
<h2 id="la-ligne-entre-la-parole-et-lacte">La ligne entre la parole et l&rsquo;acte</h2>
<p>Le droit français trace une frontière nette. Appeler au boycott, manifester, siffler, huer : c&rsquo;est de la parole, et elle est protégée. La justice européenne l&rsquo;a rappelé en 2020. Un appel au boycott relève de la liberté d&rsquo;expression, même virulent, sauf s&rsquo;il tourne à l&rsquo;appel à la violence, à la haine ou à l&rsquo;intolérance [6].</p>
<p>Empêcher, c&rsquo;est autre chose. Entraver un spectacle « à l&rsquo;aide de menaces », à plusieurs, c&rsquo;est un délit puni d&rsquo;un an de prison [7]. Avec des violences ou des voies de fait, la peine monte à trois ans [7]. Le basculement tient à un point précis : la présence de menaces ou de coups, et, en principe, une entrave qui produit son effet [7].</p>
<p>Il y a là une nuance à relever. Le parquet, lui, retient à ce stade des « voies de fait » tout en annonçant un an de prison encouru [1]. Le code réserve plutôt ce quantum aux menaces, et les trois ans aux voies de fait [7]. C&rsquo;est l&rsquo;enquête qui fixera le texte exact. Rien n&rsquo;est tranché.</p>
<aside class="pullquote">Appeler au boycott est une parole. Empêcher physiquement une artiste de jouer est un acte. Le droit ne les juge pas de la même façon.</aside>

<p>Toute l&rsquo;affaire se joue sur cette ligne. Le débat politique la rejoue mot pour mot. D&rsquo;un côté « la censure » [4]. De l&rsquo;autre « une protestation pacifique » [3, 4]. L&rsquo;enquête devra dire de quel côté l&rsquo;action est tombée.</p>
<h2 id="un-boycott-lancé-pour-un-texte-déjà-retiré">Un boycott lancé pour un texte déjà retiré</h2>
<p>À l&rsquo;origine, il y a une date : le 19 mai. Ce jour-là, la section grenobloise de La France insoumise appelle au « boycott culturel » de Barbara Butch [5]. Le motif : l&rsquo;artiste a signé une tribune de soutien à la loi Yadan, un texte contre l&rsquo;antisémitisme, et elle est présentée comme un soutien d&rsquo;Israël [5].</p>
<p>Trois faits datés compliquent ce motif.</p>
<p>D&rsquo;abord, la loi Yadan n&rsquo;existait plus au soir du concert. Son autrice l&rsquo;a retirée le 16 avril, avant tout vote [9, 15]. Le boycott de juillet visait donc une signature apposée sous un texte abandonné trois mois plus tôt.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">16 avril 2026</span> <span class="stat__label">retrait de la loi Yadan, trois mois avant le concert visé par le boycott</span></aside>

<p>Ensuite, ce que LFI Grenoble dit de la loi dépasse son contenu. Le mouvement la décrit comme un texte « criminalisant tout soutien au peuple palestinien » [5]. Le texte réel est plus étroit. Son article central créait un délit de provocation à la destruction d&rsquo;un État [8]. Le Conseil d&rsquo;État avait bien pointé un risque pour la liberté d&rsquo;expression, jugeant difficile d&rsquo;en tracer la frontière [8]. La loi était donc critiquable. Mais pas pour ce que le boycott lui prêtait.</p>
<p>Enfin, un des griefs est faux. LFI reprochait à l&rsquo;artiste sa participation à la Pride de Tel-Aviv en 2025. Or cette édition avait été annulée, et le nom de Barbara Butch ne figurait pas au programme [5].</p>
<h2 id="antisémitisme-ou-antisionisme-une-frontière-que-personne-na-tranchée">Antisémitisme ou antisionisme, une frontière que personne n&rsquo;a tranchée</h2>
<p>Critiquer la loi Yadan, ou la politique d&rsquo;Israël comme celle de tout autre État, n&rsquo;est pas de l&rsquo;antisémitisme. Ce point tient. Mais empêcher de se produire une artiste juive pose une autre question. D&rsquo;autant que l&rsquo;affiche du boycott, publiée par LFI Grenoble, mêlait un drapeau LGBT frappé de l&rsquo;étoile de David [5]. L&rsquo;artiste y était représentée maculée de sang [5]. Ce que cette image dit, aucune des parties ne l&rsquo;a établi.</p>
<p>Barbara Butch, elle, a tranché pour son compte. Dans une tribune parue le 20 juillet, elle écrit que « l&rsquo;antisionisme invoqué n&rsquo;a été, à Grenoble, que le vêtement de l&rsquo;antisémitisme » [13]. C&rsquo;est son point de vue, celui de la personne visée.</p>
<p>Les responsables politiques ont réagi en ordre dispersé. Le ministre de l&rsquo;Intérieur dénonce « une atteinte inacceptable à la liberté d&rsquo;expression » [3]. Un dirigeant de Renaissance accuse : « L&rsquo;antisémitisme de LFI est tout sauf résiduel » [3]. À gauche, hors de LFI, plusieurs élus parlent aussi de « censure » et d&rsquo;une « ère de censure » [4], et certains réclament un rappel à l&rsquo;ordre de la direction insoumise [4]. Ces voix visent LFI, dont elles sont aussi les concurrentes. La France insoumise, elle, maintient qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;« une protestation pacifique » [3, 4].</p>
<h2 id="une-même-artiste-visée-deux-fois">Une même artiste, visée deux fois</h2>
<p>Barbara Butch n&rsquo;en est pas à sa première campagne. En 2024, elle participait à la cérémonie d&rsquo;ouverture des Jeux olympiques. Un tableau de ce spectacle avait été lu par certains comme une parodie de la Cène. Le directeur artistique avait démenti cette lecture [10, 11]. Il n&rsquo;empêche : l&rsquo;artiste avait alors reçu des menaces de mort, de torture, de viol, et des insultes antisémites, homophobes et grossophobes [10, 11]. L&rsquo;hostilité venait cette fois d&rsquo;un tout autre bord, d&rsquo;évêques catholiques jusqu&rsquo;à Donald Trump et Elon Musk [11]. Elle avait porté plainte pour cyberharcèlement [10].</p>
<p>Deux campagnes, deux ans d&rsquo;écart. La même artiste visée, la même avocate à ses côtés [10, 13]. Les motifs, les auteurs et les méthodes n&rsquo;ont rien de commun, et rien ici ne les met sur le même plan. Reste un fait simple : en deux ans, Barbara Butch a été prise pour cible des deux bords à la fois.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.ici.fr/auvergne-rhone-alpes/isere-38/grenoble/concert-interrompu-de-barbara-butch-le-parquet-de-grenoble-ouvre-une-enquete-9895300">Concert interrompu de Barbara Butch : le parquet de Grenoble ouvre une enquête</a>. ICI (France 3 Isère) (2026-07-21)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.20min.ch/fr/story/grenoble-f-un-concert-de-barbara-butch-interrompu-par-des-militants-et-lfi-103605653">Grenoble : un concert de Barbara Butch interrompu par des militants et LFI</a>. 20 minutes (juillet 2026)</li><li id="ref-3"><a href="https://lcp.fr/actualites/concert-de-barbara-butch-interrompu-par-des-manifestants-pro-palestiniens-la-france">Concert de Barbara Butch interrompu par des manifestants pro-palestiniens, la France insoumise sous le feu des critiques</a>. LCP (juillet 2026)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/concert-de-barbara-butch-interrompu-la-gauche-denonce-la-censure-en-provenance-de-lfi">Concert de Barbara Butch interrompu : la gauche dénonce « la censure » en provenance de LFI</a>. Public Sénat (juillet 2026)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.placegrenet.fr/2026/05/19/cabaret-frappe-lfi-grenoble-appelle-au-boycott-culturel-de-la-dj-barbara-butch/680034">Cabaret frappé : LFI Grenoble appelle au boycott culturel de la DJ Barbara Butch</a>. Place Gre'net (2026-05-19)</li><li id="ref-6"><a href="https://hudoc.echr.coe.int/app/conversion/pdf/?library=ECHR&id=003-6718556-8953655&filename=Judgment%20Baldassi%20and%20Others%20v.%20France.pdf">Baldassi et autres c. France (communiqué de presse du greffier)</a>. Cour européenne des droits de l'homme (2020-06-11)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032859304/">Code pénal, article 431-1 (entrave concertée à l'exercice des libertés)</a>. Légifrance (Journal officiel) (en vigueur 2021)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b0575_avis-conseil-etat">Avis sur une proposition de loi visant à lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme</a>. Conseil d'État (2025-05-22)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/antisemitisme-apres-le-retrait-de-la-loi-yadan-vers-un-projet-de-loi-plus-general-pour-lutter-contre-tous-les-racismes">Après le retrait de la loi Yadan, vers un projet de loi plus général pour lutter contre tous les racismes</a>. Public Sénat (2026-04-28)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.bbc.com/news/articles/c0xj358y7n5o">Barbara Butch: French DJ files legal complaint over Paris Olympics opening ceremony abuse</a>. BBC News (2024-07-30)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.nbcnews.com/sports/olympics/target-last-supper-ire-paris-olympics-takes-legal-action-rcna164275">Target of 'Last Supper' ire at Paris Olympics takes legal action</a>. NBC News (2024-07-30)</li><li id="ref-12"><a href="https://actu.orange.fr/france/j-ai-eu-peur-la-dj-barbara-butch-denonce-une-campagne-d-exclusion-apres-son-concert-interrompu-a-grenoble-magic-CNT000002qBTrw.html">« J'ai eu peur » : Barbara Butch dénonce une campagne d'exclusion après son concert interrompu à Grenoble</a>. Actu Orange (6Médias / L'Express) (2026-07-21)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.grenoblemag.com/article/3083/barbara-butch-contre-attaque-apres-les-incidents-du-cabaret-frappe-a-grenoble-les-plaintes-sont-pretes">Barbara Butch contre-attaque après les incidents du Cabaret Frappé à Grenoble : « les plaintes sont prêtes »</a>. Grenoble Mag (2026-07-21)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.placegrenet.fr/2026/07/21/la-ville-de-grenoble-porte-plainte-apres-linterruption-violente-du-concert-de-barbara-butch/686059">Grenoble porte plainte contre X après l'interruption violente du concert de Barbara Butch</a>. Place Gre'net (2026-07-21)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/lutter_formes_renouvelees_antisemitisme">Dossier législatif : proposition de loi visant à lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme (n° 575)</a>. Assemblée nationale (2026-04-16)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>