<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Bordeaux | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/bordeaux/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Wed, 09 Sep 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/bordeaux/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/bordeaux/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Absent à son procès pour injures racistes, un patron bordelais jugé quand même</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/employeur-absent-proces-propos-racistes/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/employeur-absent-proces-propos-racistes/</guid><pubDate>Wed, 09 Sep 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Justice</category><category>Racisme</category><category>Travail</category><category>Procédure pénale</category><category>Bordeaux</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/employeur-absent-proces-propos-racistes/cover.webp" length="478580" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 6 octobre 2025, un restaurant du centre de Bordeaux, un service de plus de quatre heures. Des salariés disent avoir entendu leur patron lâcher « c&rsquo;est du travail d&rsquo;Arabe » ou « les Noirs, c&rsquo;est à la cave ». Onze mois plus tard, l&rsquo;homme passe en jugement pour injures racistes. Sa chaise, elle, est restée vide.</div>

<h2 id="labsence-narrête-pas-le-procès">L&rsquo;absence n&rsquo;arrête pas le procès</h2>
<p>Daniel Marion, patron du café-restaurant Le Régent, ne s&rsquo;est pas présenté à son audience, le 7 septembre 2026, pour « des raisons médicales » [2]. Le tribunal correctionnel de Bordeaux l&rsquo;a jugé quand même.</p>
<p>C&rsquo;est la première règle. Un prévenu, c&rsquo;est-à-dire la personne poursuivie, informée dans les règles et qui ne vient pas, est jugé sans lui [3]. Ne pas venir ne suspend rien. Le procureur réclame une peine. Les parties civiles sont entendues. Le tribunal décide sur les pièces du dossier.</p>
<p>Douze salariés se sont portés parties civiles à l&rsquo;audience [2]. Au moins dix-sept avaient déposé plainte [1]. Plusieurs ont été placés en arrêt de travail après cette journée [1].</p>
<p>L&rsquo;absence ne vaut pas non plus reconnaissance. Le tribunal doit prouver l&rsquo;infraction. Il ne la déduit pas d&rsquo;une chaise vide [3]. Et une absence sans motif n&rsquo;est pas une excuse : seule une raison jugée valable peut faire reporter le procès [3].</p>
<h2 id="présent-représenté-ou-seul-absent">Présent, représenté, ou seul absent</h2>
<p>La forme du jugement dépend de deux choses. Le prévenu a-t-il été prévenu en personne ? Un avocat le défend-il à l&rsquo;audience ?</p>
<p>Trois cas, trois étiquettes.</p>
<p>Le jugement « contradictoire », d&rsquo;abord : le prévenu est là, ou son avocat le représente et plaide pour lui [4]. C&rsquo;est traité comme s&rsquo;il avait comparu.</p>
<p>Le « contradictoire à signifier », ensuite : le prévenu a bien été prévenu en personne, il ne vient pas et ne s&rsquo;excuse pas. Il est jugé comme présent, et la décision lui est ensuite remise par huissier [3].</p>
<p>Le « par défaut », enfin, et seulement là : le prévenu n&rsquo;a pas été prévenu en personne, rien ne prouve qu&rsquo;il connaissait la date, et personne ne se présente pour lui [5].</p>
<p>Le point que beaucoup ignorent tient en une phrase. Dès qu&rsquo;un avocat vient défendre l&rsquo;absent, ce n&rsquo;est plus un jugement « par défaut » [3, 5].</p>
<p>Dans cette affaire, Daniel Marion était absent, mais un avocat assurait sa défense [1]. En droit, cela range le dossier du côté du contradictoire. Aucune source ne dit quelle étiquette le tribunal a retenue, mais la présence d&rsquo;un avocat ferme presque toujours la voie du défaut.</p>
<h2 id="appel-ou-opposition--la-sortie-dépend-de-létiquette">Appel ou opposition : la sortie dépend de l&rsquo;étiquette</h2>
<p>Cette étiquette compte pour une raison simple : elle commande le recours possible.</p>
<p>Un jugement contradictoire, ou contradictoire à signifier, se conteste par un appel. Dix jours pour demander un nouveau procès devant une autre juridiction [3, 6].</p>
<p>Un jugement par défaut, lui, s&rsquo;attaque par une « opposition ». Le condamné reçoit la décision par huissier, puis a dix jours pour la contester [6]. L&rsquo;opposition efface le jugement : l&rsquo;affaire est rejugée depuis le début [6].</p>
<p>D&rsquo;où une idée répandue. Ne jamais venir, se faire condamner par défaut, puis tout faire recommencer. Elle bute sur deux verrous.</p>
<p>Premier verrou : un avocat présent suffit à fermer la porte du défaut [3, 5]. Second verrou : si le condamné obtient un nouveau procès par opposition et ne vient toujours pas, son opposition tombe et la première condamnation reprend effet [6]. Se dérober une seconde fois referme la porte pour de bon.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Envoyer son avocat sans venir soi-même ne rouvre pas le dossier : il ne reste que l&rsquo;appel.</aside>

<h2 id="des-mots-en-public-ou-entre-soi">Des mots en public ou entre soi</h2>
<p>Reste le fond : sous quel nom la justice poursuit les propos racistes d&rsquo;un patron.</p>
<p>Il n&rsquo;existe pas de « délit de racisme » unique. Tout dépend des mots, et surtout de leur caractère public.</p>
<p>Tenus en public, ces propos relèvent de l&rsquo;injure publique à caractère raciste. C&rsquo;est la loi de 1881. La peine peut monter à un an de prison et 45 000 euros d&rsquo;amende, devant le tribunal correctionnel [7]. C&rsquo;est la qualification retenue ici [2].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">1 an et 45 000 €</span> <span class="stat__label">la peine maximale de l&#39;injure publique à caractère raciste</span></aside>

<p>Les mêmes mots tenus dans un cercle fermé changent de catégorie. Ils deviennent une simple contravention, jugée au tribunal de police, avec une amende bien plus basse [8]. La frontière entre public et privé décide donc de presque tout.</p>
<p>Un second terrain existe, en parallèle du pénal. Devant les prud&rsquo;hommes, un employeur informé de propos racistes doit agir. S&rsquo;il ne fait rien, il engage sa propre responsabilité, et un licenciement motivé par le racisme peut être annulé [9]. Les deux plans se cumulent : un salarié peut être partie civile au pénal et agir aux prud&rsquo;hommes [9].</p>
<h2 id="le-verdict-attendu">Le verdict attendu</h2>
<p>À l&rsquo;audience, la défense a avancé une hypothèse : le patron aurait été drogué à son insu, des analyses étaient annoncées [1]. Rien n&rsquo;est tranché.</p>
<p>Le tribunal rendra sa décision le 5 octobre 2026 [2]. Tant qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas prononcée, Daniel Marion reste présumé innocent.</p>
<p>Une chose est déjà acquise. Son absence n&rsquo;a pas gelé le dossier, ni gagné de temps. La justice a suivi son cours sans lui.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/gironde/bordeaux/c-est-du-travail-d-arabe-le-patron-du-restaurant-le-regent-a-bordeaux-juge-pour-une-salve-d-insultes-racistes-envers-ses-salaries-3412442.html">« C'est du travail d'Arabe » : le patron du restaurant Le Régent à Bordeaux jugé pour une salve d'insultes racistes envers ses salariés</a>. France 3 Nouvelle-Aquitaine (franceinfo) (2026-09-07)</li><li id="ref-2"><a href="https://rue89bordeaux.com/2026/09/le-racisme-decomplexe-du-patron-du-regent-a-la-barre-du-tribunal-de-bordeaux/">Le racisme décomplexé du patron du Régent à la barre du tribunal de Bordeaux</a>. Rue89 Bordeaux (2026-09-08)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006576508">Article 410 du code de procédure pénale</a>. Légifrance (2004-03-09)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006576513">Article 411 du code de procédure pénale</a>. Légifrance (2004-03-09)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006576516">Article 412 du code de procédure pénale</a>. Légifrance (2004-03-09)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006071154/LEGISCTA000006167484/">Du jugement par défaut et de l'opposition (art. 487 à 494 du code de procédure pénale)</a>. Légifrance (2019-03-23)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000049312747">Article 33 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse</a>. Légifrance (2024-03-27)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070719/LEGISCTA000006165460/">Provocations, diffamations et injures non publiques présentant un caractère raciste ou discriminatoire (art. R625-7 à R625-8-2 du code pénal)</a>. Légifrance (2017-03-05)</li><li id="ref-9"><a href="https://lesaf.org/la-lettre/octobre-2025/le-defi-judiciaire-du-racisme-au-travail/">Le défi judiciaire du racisme au travail</a>. Syndicat des avocats de France (2025-10-01)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>