<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Blocus Des Lycées | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/blocus-des-lycees/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Sat, 03 Oct 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/blocus-des-lycees/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/blocus-des-lycees/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Dégâts des lycées bloqués : la loi fait déjà payer les parents</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/faire-payer-parents-degats-blocus-mineurs/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/faire-payer-parents-degats-blocus-mineurs/</guid><pubDate>Sat, 03 Oct 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Justice des mineurs</category><category>Responsabilité civile</category><category>Blocus des lycées</category><category>Assurance</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/faire-payer-parents-degats-blocus-mineurs/cover.webp" length="59848" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 2 octobre, sur RTL, le garde des Sceaux a tranché. « Ce n&rsquo;est pas le mineur qui paye, ce sont les parents. » Il visait les lycées dégradés pendant les blocus. Et il a ajouté : « Il y a une loi désormais qui nous permet de le faire. » La loi existe. Le droit qui fait payer les parents, lui, est bien plus ancien.</div>

<h2 id="-une-loi-désormais-">« Une loi désormais »</h2>
<p>Gérald Darmanin a été clair sur les ondes. Quand on détruit un lycée, « on demande la responsabilité civile des parents » [1]. Le ministre dit avoir donné une consigne aux procureurs. Requérir une réponse ferme, et mettre les parents en cause. Il juge cela « bien plus utile que l&rsquo;enfermement » [1].</p>
<p>Le contexte est lourd. Depuis le début de la contestation, le ministère de l&rsquo;Intérieur compte environ 2 000 interpellations [1]. Neuf interpellés sur dix seraient mineurs. Un tiers l&rsquo;aurait été pour des violences contre des personnes. Ce sont des décomptes du ministère, une partie prenante, non vérifiés par un comptage indépendant.</p>
<p>Les dégâts, eux, se chiffrent en millions. La présidente de la région Île-de-France les estime à 7 millions d&rsquo;euros pour ses lycées [1]. C&rsquo;est aussi un chiffre d&rsquo;acteur, avancé par celui qui paie la note.</p>
<p>Un point n&rsquo;est pas en débat. Les jeunes interpellés sont, pour l&rsquo;essentiel, des mineurs. Ils sont présumés innocents tant qu&rsquo;un juge n&rsquo;a pas statué.</p>
<h2 id="faire-payer-les-parents-na-rien-de-neuf">Faire payer les parents n&rsquo;a rien de neuf</h2>
<p>Le code civil le prévoit déjà. Les parents qui exercent l&rsquo;autorité parentale sont « de plein droit, solidairement responsables du dommage causé par leurs enfants mineurs » [2]. « De plein droit » veut dire une chose simple. La victime n&rsquo;a aucune faute des parents à prouver. Un père ou une mère ne s&rsquo;en sort plus en montrant qu&rsquo;il a bien élevé son enfant. Ce principe est un vieux socle du droit français, pas une trouvaille de 2026.</p>
<p>La fiche officielle de l&rsquo;administration le dit dans les mêmes termes. Si un enfant mineur cause un dommage, « ce sont ses parents qui doivent vous indemniser » [3].</p>
<p>La suite est une mécanique rodée. Les lycées appartiennent à la région. Elle paie d&rsquo;abord les réparations, puis réclame son argent [4]. Au procès, elle se constitue partie civile. En clair, c&rsquo;est elle, la victime, qui demande réparation devant le tribunal, et fait condamner l&rsquo;auteur ainsi que ses parents [3, 4]. Le garde des Sceaux présente cette réparation comme une nouveauté. C&rsquo;est la règle depuis longtemps.</p>
<h2 id="dans-les-faits-cest-lassurance-qui-paie">Dans les faits, c&rsquo;est l&rsquo;assurance qui paie</h2>
<p>Reste une question que l&rsquo;annonce n&rsquo;aborde pas. Qui sort l&rsquo;argent, concrètement ?</p>
<p>Dans la grande majorité des cas, c&rsquo;est l&rsquo;assurance responsabilité civile de la famille [4]. Celle de la carte scolaire, de l&rsquo;habitation, du contrat multirisque. La loi oblige l&rsquo;assureur à couvrir les dommages causés par les personnes dont l&rsquo;assuré répond [4]. Et cette garantie joue même quand le geste de l&rsquo;enfant était volontaire [4]. La victime peut d&rsquo;ailleurs s&rsquo;adresser directement à l&rsquo;assureur.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">7 500 €</span> <span class="stat__label">le maximum que l&#39;assureur peut réclamer au parent, et seulement si ce parent a été condamné au pénal pour sa défaillance</span></aside>

<p>Le parent « qui paie » paie donc surtout à travers sa prime d&rsquo;assurance. Il ne vide pas son compte pour régler la facture du lycée. Une seule somme peut rester à sa charge directe. Depuis 2025, l&rsquo;assureur peut se retourner contre lui, mais dans la limite de 7 500 euros [7]. Et seulement si ce parent a été condamné au pénal pour s&rsquo;être soustrait à ses obligations [7]. Hors de ce cas précis, ce reste à charge ne joue pas.</p>
<h2 id="ce-que-la-loi-de-2025-ajoute">Ce que la loi de 2025 ajoute</h2>
<p>La loi invoquée par le ministre existe bien. C&rsquo;est la loi du 23 juin 2025. Son apport sur le volet parents est réel, mais étroit.</p>
<p>Le changement le plus utile pour ces dossiers tient en un mot : la cohabitation. Avant, le texte visait l&rsquo;enfant « habitant avec » ses parents. Un parent séparé, chez qui l&rsquo;enfant ne vivait pas, échappait souvent à la facture. La loi a supprimé cette condition [2]. Désormais les deux parents répondent du dommage, qu&rsquo;ils vivent ou non avec l&rsquo;enfant.</p>
<p>Mais ce verrou avait déjà sauté un an plus tôt. La Cour de cassation, dans sa formation la plus solennelle, l&rsquo;avait décidé le 28 juin 2024 [5]. La loi a inscrit dans le marbre ce que les juges appliquaient déjà. Elle a consacré le changement, elle ne l&rsquo;a pas inventé.</p>
<p>La loi a aussi alourdi la peine qui vise le parent lui-même, quand sa défaillance a conduit son enfant au délit. Elle a relevé l&rsquo;amende due par des parents qui ne se présentent pas devant le juge [7]. Ces mesures frappent le parent fautif ou la procédure. Pas la réparation due à la victime, qui, elle, existait déjà.</p>
<p>Un détail dit beaucoup de cette loi. Son volet le plus dur n&rsquo;a pas survécu. Le Conseil constitutionnel a censuré l&rsquo;essentiel des mesures de répression contre les mineurs : comparution immédiate, détention provisoire allongée, recul de l&rsquo;atténuation de peine liée à l&rsquo;âge [6]. Il a laissé passer l&rsquo;aggravation visant les parents défaillants [6]. La loi brandie pour les blocus est donc surtout une loi « parents », amputée de ses articles les plus sévères sur les enfants.</p>
<h2 id="une-consigne-pas-un-outil-neuf">Une consigne, pas un outil neuf</h2>
<p>Que change alors l&rsquo;annonce du 2 octobre, en droit ? Presque rien.</p>
<p>C&rsquo;est une consigne de politique pénale. Le ministre demande aux parquets de requérir fermement et de mettre les parents en cause. C&rsquo;est une orientation donnée aux procureurs, pas une loi nouvelle.</p>
<p>Le propos glisse d&rsquo;ailleurs sur un point de procédure. « On demande la responsabilité civile des parents » mélange deux choses. Le procureur porte l&rsquo;action publique, c&rsquo;est-à-dire la poursuite et la sanction. La réparation, elle, est réclamée par la victime, la région, qui se constitue partie civile. Une consigne peut pousser à mettre les parents en cause. Elle ne transforme pas le procureur en demandeur de dommages et intérêts.</p>
<h2 id="reste-une-question-sans-réponse">Reste une question sans réponse</h2>
<p>Le droit pour faire payer les parents est donc en place depuis longtemps. L&rsquo;inconnue est ailleurs. Est-il appliqué, et avec quel résultat ?</p>
<p>Là, aucune donnée. Rien ne dit combien de parents sont effectivement condamnés à réparer. Ni ce que les régions récupèrent au bout du compte. Ni la part des dossiers où l&rsquo;auteur mineur est seulement identifié. Car si personne n&rsquo;est retrouvé, la cascade se grippe, et l&rsquo;État ne répond que des débordements spontanés, pas des actions préméditées d&rsquo;un groupe organisé [4].</p>
<p>Une consigne ne vaut que par ce qu&rsquo;elle produit. L&rsquo;outil existait avant l&rsquo;annonce. Savoir s&rsquo;il sert, et à quelle hauteur, personne ne le mesure aujourd&rsquo;hui.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://lcp.fr/actualites/lycees-bloques-gerald-darmanin-veut-faire-payer-les-reparations-aux-parents-des-mineurs">Lycées bloqués : Gérald Darmanin veut faire payer les réparations aux parents des mineurs</a>. LCP (2026-10-02)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000051786000/2026-02-12">Article 1242 du code civil (version en vigueur depuis le 25 juin 2025)</a>. Légifrance (2025-06-25)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1422">Dommage causé par un enfant mineur : qui est responsable ?</a>. Service-public.gouv.fr (2025-06-25)</li><li id="ref-4"><a href="https://kohenavocats.com/lycees-vandalises-blocus-200-000-euros-degats-qui-paie-parents-assurance-etat-2026/">Lycées vandalisés pendant les blocus : qui paie les dégâts, parents, assurance ou État ?</a>. Kohen Avocats (2026-10-01)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000049857511">Cour de cassation, Assemblée plénière, 28 juin 2024, n° 22-84.760</a>. Cour de cassation (Légifrance) (2024-06-28)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2025/2025886DC.htm">Décision n° 2025-886 DC du 19 juin 2025 (loi sur les mineurs délinquants et leurs parents)</a>. Conseil constitutionnel (2025-06-19)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.defendstesdroits.fr/blog-posts/loi-attal-2025-ce-que-change-la-nouvelle-reforme-de-la-justice-des-mineurs">Loi Attal du 23 juin 2025 : ce que change la réforme de la justice des mineurs</a>. Defendstesdroits (2025-07-29)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>