<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Biodiversité | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/biodiversite/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Tue, 28 Jul 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/biodiversite/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/biodiversite/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Une application gratuite met un nom sur le chant des oiseaux, sans réseau</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/application-gratuite-reconnaitre-oiseaux-chant/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/application-gratuite-reconnaitre-oiseaux-chant/</guid><pubDate>Tue, 28 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Oiseaux</category><category>Intelligence artificielle</category><category>Biodiversité</category><category>Sciences participatives</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/application-gratuite-reconnaitre-oiseaux-chant/cover.webp" length="34346" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Dans une haie, un oiseau lance quelques notes. Le promeneur ne sait pas lequel. Il sort son téléphone et appuie sur un bouton. Le chant défile à l&rsquo;écran comme une vague lumineuse, et un nom s&rsquo;affiche : rougegorge familier. Un deuxième oiseau chante, un autre nom apparaît. L&rsquo;application est gratuite. Elle a tout fait sur l&rsquo;appareil, sans réseau.</div>

<h2 id="le-son-devient-une-image">Le son devient une image</h2>
<p>Le principe tient en une phrase. Le téléphone enregistre le chant. Il le transforme en image, une sorte de partition qui montre les sons dans le temps [1]. Un programme entraîné à reconnaître des formes lit cette image. Il procède comme un logiciel qui repère un visage sur une photo [1].</p>
<p>Ce programme a appris à force d&rsquo;exemples. Des milliers d&rsquo;enregistrements, captés par des passionnés et des experts, classés espèce par espèce [1]. À chaque écoute, il a retenu un peu mieux la signature sonore de chaque oiseau. Il ne rend jamais une certitude. Il donne une probabilité, et laisse la personne confirmer [2].</p>
<p>Un filtre optionnel resserre la liste avant même d&rsquo;écouter. Il tient compte du lieu et de la saison [3]. En France, au printemps, il écarte d&rsquo;emblée les espèces qui ne s&rsquo;y trouvent pas. La liste des candidats devient plus courte, et le tri plus sûr.</p>
<h2 id="sur-lappareil-pas-sur-un-serveur">Sur l&rsquo;appareil, pas sur un serveur</h2>
<p>C&rsquo;est là que se joue le « sans connexion ». Pour l&rsquo;application Merlin, éditée par un laboratoire d&rsquo;ornithologie américain, tout le calcul se fait dans le téléphone [1]. « Sound ID runs on your device, without requiring a network connection », écrit l&rsquo;éditeur : l&rsquo;identification tourne sur l&rsquo;appareil, sans réseau [1]. Rien n&rsquo;a besoin de partir vers un serveur.</p>
<p>Une nuance, pour être exact. Il faut d&rsquo;abord une préparation connectée. La première fois qu&rsquo;on vise un endroit, l&rsquo;application télécharge les données des espèces de la zone [2]. Ensuite, elle se passe du réseau.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">2 066</span> <span class="stat__label">espèces d&#39;oiseaux reconnues au chant par Merlin (octobre 2025)</span></aside>

<p>Toutes les applications ne se valent pas sur ce point, et c&rsquo;est le piège du sujet. Une application nommée BirdNET, très répandue, envoie au contraire le son à des serveurs pour l&rsquo;analyser [4]. Une autre, BirdNET Live, du même laboratoire, fonctionne comme Merlin, sur l&rsquo;appareil, et son code est ouvert à qui veut le vérifier [5]. Sous une même idée, « l&rsquo;appli gratuite qui reconnaît les oiseaux », se cachent des outils différents.</p>
<h2 id="un-savoir-dexpert-dans-la-poche">Un savoir d&rsquo;expert dans la poche</h2>
<p>Reconnaître un oiseau à l&rsquo;oreille demandait des années de pratique. L&rsquo;application met ce savoir dans n&rsquo;importe quelle poche, sans connaissance préalable. Elle est gratuite et sans publicité [6]. Elle affiche le nom en temps réel, même quand plusieurs oiseaux chantent en même temps [6].</p>
<p>Elle couvre aujourd&rsquo;hui 2 066 espèces [7]. Les oiseaux les plus communs de France en font partie : rougegorge, merle noir, chardonneret, rossignol, pigeon ramier [7]. L&rsquo;outil propose, la personne confirme en comparant à des enregistrements de référence [2].</p>
<aside class="pullquote">Un savoir qui demandait des années de pratique tient maintenant dans une poche.</aside>

<p>Pour certains, ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;un plaisir de balade. Une personne aveugle ou malvoyante peut identifier un oiseau à l&rsquo;oreille, l&rsquo;application lue à voix haute par le téléphone [8]. Des fiches d&rsquo;usage et des sorties « à l&rsquo;oreille » existent déjà pour cela [8]. Un savoir longtemps réservé aux voyants aguerris devient accessible autrement.</p>
<h2 id="ce-quelle-sait-faire-et-ce-quelle-ne-sait-pas">Ce qu&rsquo;elle sait faire, et ce qu&rsquo;elle ne sait pas</h2>
<p>Une identification reste une suggestion. Utile, mais faillible, et l&rsquo;honnêteté commande de le dire. Les mesures le confirment. Sur l&rsquo;ensemble des études, la justesse tourne entre 72 et 85 % [9]. La part des oiseaux réellement retrouvés varie bien plus, de 33 à 84 % selon les conditions [9].</p>
<p>La distance change tout. Une expérience de terrain l&rsquo;a chiffré. À moins de 50 mètres, l&rsquo;application retrouve 92 % des chants diffusés. Au-delà, à peine 35 % [10]. Un oiseau lointain passe souvent inaperçu.</p>
<p>L&rsquo;outil est aussi meilleur là où les gens enregistrent beaucoup, en Europe et dans les Amériques. Il l&rsquo;est moins ailleurs, en Afrique et en Asie [3]. L&rsquo;éditeur le reconnaît lui-même : « Merlin may not be as precise in remote regions » [2]. La raison est simple. Le programme a appris sur les enregistrements disponibles, et ils viennent surtout de l&rsquo;hémisphère Nord [3].</p>
<p>Reste la question du micro, car un micro capte aussi des voix. Pour Merlin, les enregistrements restent sur le téléphone et ne partent jamais seuls vers le laboratoire [2]. Pour l&rsquo;application BirdNET classique, c&rsquo;est l&rsquo;inverse : le son est conservé sur des serveurs, et l&rsquo;éditeur conseille lui-même de ne pas envoyer d&rsquo;audio qu&rsquo;on jugerait privé [11].</p>
<h2 id="de-la-balade-au-comptage-des-oiseaux">De la balade au comptage des oiseaux</h2>
<p>Identifier un oiseau au chant n&rsquo;est pas qu&rsquo;un loisir. C&rsquo;est le geste de base du suivi scientifique. En France, des bénévoles écoutent depuis plus de trente ans, sur des milliers de points, et notent ce qu&rsquo;ils entendent [12]. C&rsquo;est ce comptage patient qui mesure l&rsquo;état des oiseaux.</p>
<p>Et cet état préoccupe. En Europe, environ 800 millions d&rsquo;oiseaux ont disparu depuis 1980 [13]. En France, les oiseaux des champs ont reculé d&rsquo;environ 30 % en trente ans [14]. La cause principale documentée est l&rsquo;agriculture intensive [13]. Moins d&rsquo;oiseaux, c&rsquo;est un signal sur les milieux où l&rsquo;on vit, pas seulement une perte pour les amateurs.</p>
<p>C&rsquo;est là que l&rsquo;application dépasse le gadget. Elle apprend à des milliers de gens à reconnaître les oiseaux. Le même moteur sert déjà aux chercheurs : une étude française et européenne l&rsquo;a testé sur 629 enregistrements et 194 sites, et le juge utile, à condition de bien le régler [15]. Chaque personne qui sait écouter est une oreille de plus pour observer.</p>
<p>Les observations que les utilisateurs choisissent de partager nourrissent une base mondiale. Elle a dépassé 2 milliards de signalements, selon le laboratoire qui la gère [16]. Un chiffre à prendre pour ce qu&rsquo;il est, celui d&rsquo;un acteur qui compte son propre programme, mais qui dit l&rsquo;ampleur du mouvement.</p>
<h2 id="aller-plus-loin--le-jardin-qui-sécoute">Aller plus loin : le jardin qui s&rsquo;écoute</h2>
<p>Pour les bricoleurs, un prolongement existe. Un petit ordinateur, un micro, et le jardin s&rsquo;écoute tout seul, jour et nuit, en local [17]. Le matériel coûte environ 100 à 125 dollars [18]. Le logiciel s&rsquo;installe facilement, mais l&rsquo;assemblage demande un vrai savoir-faire [18]. Ce n&rsquo;est plus une application de téléphone, c&rsquo;est un projet.</p>
<p>Reste le geste simple du début. Un chant dans une haie, un nom sur l&rsquo;écran, gratuit et sans réseau. Un savoir qui demandait des années tient maintenant dans une main. Et chaque oreille en plus est une chance de plus de voir ce qui, dans le ciel, est en train de changer.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.macaulaylibrary.org/2021/06/22/behind-the-scenes-of-sound-id-in-merlin/">Behind the Scenes of Sound ID in Merlin</a>. Macaulay Library, Cornell Lab of Ornithology (2021-06-22)</li><li id="ref-2"><a href="https://support.ebird.org/en/support/solutions/articles/48001185783-sound-id">Sound ID et Merlin Bird ID FAQs (centre d'aide eBird)</a>. Cornell Lab of Ornithology / eBird (2026-07-28)</li><li id="ref-3"><a href="https://birdnet-team.github.io/BirdNET-Analyzer/best-practices/species-lists.html">Creating Your Own Species List (documentation BirdNET-Analyzer, GeoModel)</a>. BirdNET-Analyzer (Cornell Lab / Chemnitz University of Technology) (2026-07-28)</li><li id="ref-4"><a href="https://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.3001670">The machine learning-powered BirdNET App reduces barriers to global bird research by enabling citizen science participation</a>. PLOS Biology (2022-06-28)</li><li id="ref-5"><a href="https://birdnet.cornell.edu/live-app/">BirdNET Live (page officielle)</a>. Cornell Lab of Ornithology (2026-07-28)</li><li id="ref-6"><a href="https://news.cornell.edu/stories/2022/04/merlin-bird-id-app-identifies-more-450-bird-species-sound">Merlin Bird ID app identifies more than 450 bird species by sound</a>. Cornell Chronicle (2022-04-12)</li><li id="ref-7"><a href="https://merlin.allaboutbirds.org/sound-id/">Merlin Sound ID (page officielle)</a>. Cornell Lab of Ornithology (2026-07-28)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.birdability.org/blog/listening-with-merlin-bird-id-community-and-connection">Listening with Merlin Bird ID: community and connection</a>. Birdability (2026-07-28)</li><li id="ref-9"><a href="https://bou.org.uk/blog-granados-birdnet/">BirdNET: applications, performance, pitfalls and future opportunities</a>. Ibis (British Ornithologists' Union), synthèse via le blog officiel BOU (2023)</li><li id="ref-10"><a href="https://rua.ua.es/server/api/core/bitstreams/da46b057-d36d-4c43-817c-9d4f91d28319/content">A first assessment of BirdNET performance at varying distances: a playback experiment</a>. Ardeola 70(2) (2023)</li><li id="ref-11"><a href="https://birdnet.cornell.edu/privacy-app/">BirdNET App Privacy Policy</a>. Cornell Lab of Ornithology (2026-07-28)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.vigienature.fr/fr/tous-nos-articles/stoc-30-ans-de-surveillance-de-l-etat-de-sante-des-oiseaux-communs">STOC, 30 ans de surveillance de l'état de santé des oiseaux communs</a>. Vigie-Nature, Muséum national d'histoire naturelle (2021-04-01)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.cnrs.fr/en/press/agricultural-intensification-driving-decline-bird-populations-across-europe">Agricultural intensification is driving the decline of bird populations across Europe (étude Rigal et al., PNAS)</a>. CNRS (2023-05-15)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.mnhn.fr/fr/actualites/pres-de-30-d-oiseaux-en-moins-en-30-ans-dans-les-villes-et-les-campagnes-francaises">Près de 30 % d'oiseaux en moins en 30 ans dans les villes et les campagnes françaises (bilan STOC 1989-2019)</a>. Muséum national d'histoire naturelle (2021-05-31)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.biorxiv.org/content/10.1101/2023.12.06.570351.full.pdf">Évaluer BirdNET pour reconstituer les communautés d'oiseaux européennes (Funosas et al., Ecological Informatics 2024)</a>. Ecological Informatics (preprint bioRxiv) (2023-12-06)</li><li id="ref-16"><a href="https://news.cornell.edu/stories/2025/08/lab-ornithology-hits-2-billion-bird-sightings-3-million-recordings">Cornell Lab of Ornithology hits 2 billion bird sightings, 3 million recordings</a>. Cornell Chronicle (2025-08)</li><li id="ref-17"><a href="https://github.com/Nachtzuster/BirdNET-Pi">BirdNET-Pi (dépôt du fork actif Nachtzuster)</a>. GitHub, projet Nachtzuster (2026-07-28)</li><li id="ref-18"><a href="https://anconafamily.com/tech/birdnet/">Building a BirdNET-Pi (détail de coût matériel)</a>. Anne & Jim Ancona (2026-07-28)</li></ol>]]></description></item><item><title>Au large du Bénin, une équipe filme un récif que l'on croyait mort depuis soixante ans</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/recif-corallien-vivant-benin-pirogue/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/recif-corallien-vivant-benin-pirogue/</guid><pubDate>Fri, 24 Jul 2026 09:04:19 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Océans</category><category>Biodiversité</category><category>Bénin</category><category>Recherche</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/recif-corallien-vivant-benin-pirogue/cover.webp" length="264234" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Sur l&rsquo;écran, d&rsquo;abord du sable et du sédiment. Rien. Puis une structure rocheuse surgit du fond. Et à 54 mètres sous la surface, au large du Bénin, du corail bien vivant. Une équipe béninoise venait de retrouver un récif que des relevés vieux de soixante ans avaient classé mort.</div>

<h2 id="un-jardin-de-corail-dans-la-pénombre">Un jardin de corail dans la pénombre</h2>
<p>L&rsquo;écosystème se tient à 54 mètres de fond, dans le golfe de Guinée [1]. La lumière y est déjà rare. Les images montrent un jardin dense de coraux mous [1]. On y voit aussi des coraux noirs. Et huit espèces de poissons qui s&rsquo;abritent entre les colonies. Un vivaneau doré, un poisson-ange guinéen, un chirurgien de Monrovia, un poisson-papillon à trois bandes [1, 2]. En tout, huit types de coraux différents [2].</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas la grande barrière colorée des eaux de surface. Les coraux bâtisseurs y sont rares [1]. Le corail forme des taches sur les zones rocheuses, pas un mur continu [2]. Ce type de milieu porte un nom. Un récif mésophotique. Il vit sous la limite de la plongée de loisir, là où la lumière décline [5]. C&rsquo;est l&rsquo;un des milieux marins les moins explorés de la planète [3].</p>
<p>Selon l&rsquo;équipe, c&rsquo;est le premier écosystème corallien mésophotique vivant confirmé sur le plateau continental du golfe de Guinée [2, 6].</p>
<h2 id="un-récif--mort--sur-le-papier">Un récif « mort » sur le papier</h2>
<p>Le récif n&rsquo;a pas ressuscité. Il n&rsquo;a jamais été observé mort.</p>
<p>Dans les années 1960, deux gouvernements commandent des relevés du fond marin. Le Dahomey, devenu le Bénin, et le Togo [6]. Le but est simple. Repérer les zones chalutables et la ressource en poisson [6]. Les appareils remontent des indices d&rsquo;un récif à plus de cinquante mètres [1]. Faute d&rsquo;outils pour aller voir, on le suppose mort [1, 6]. Ce verdict reposait sur des dragages et des retours acoustiques, jamais sur une observation directe [6].</p>
<p>L&rsquo;étude actuelle le dit clairement. Ce diagnostic de mort reflétait surtout les moyens limités de l&rsquo;époque [1, 5]. Le récif est resté là, invisible, pendant soixante ans.</p>
<aside class="pullquote">Le récif n&rsquo;a pas ressuscité. Il n&rsquo;était mort que dans une supposition.</aside>

<h2 id="une-pirogue-de-pêcheurs-et-vingt-mille-dollars">Une pirogue de pêcheurs et vingt mille dollars</h2>
<p>Le Bénin n&rsquo;a pas de navire de recherche océanographique [3, 4]. Pour mener la campagne, l&rsquo;équipe a affrété une pirogue de pêcheurs [3, 4]. Le financement tient dans une bourse de 20 000 dollars de la National Geographic Society, obtenue début 2025 [4, 7]. Le sonar a mangé près de 80 % de ce budget [3]. La caméra de fond, elle, a été prêtée par la même société [2].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">20 000 $</span> <span class="stat__label">la bourse qui a financé toute la campagne, sans navire de recherche</span></aside>

<p>Avec ces moyens, la mission a sondé plus de onze kilomètres de fond au sonar [2]. Puis elle a envoyé un drone sous-marin et des caméras posées au fond [1, 2]. C&rsquo;est ainsi que sont apparues les premières images.</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Nous n&rsquo;avons pas besoin d&rsquo;attendre que d&rsquo;autres viennent dans notre pays nous montrer ce qu&rsquo;il y a sous notre mer. C&rsquo;est à nous de prendre nos responsabilités. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Le chef de projet de la mission</figcaption>
</figure>

<h2 id="ce-que-léquipe-a-vu-et-ce-quelle-ne-sait-pas-encore">Ce que l&rsquo;équipe a vu, et ce qu&rsquo;elle ne sait pas encore</h2>
<p>La prudence, ici, fait partie de la bonne nouvelle. L&rsquo;équipe n&rsquo;a filmé qu&rsquo;une petite portion du récif décrit à l&rsquo;origine [1, 6]. Le corail est vivant, c&rsquo;est établi par l&rsquo;image. Mais certaines colonies de coraux mous étaient mortes, déjà recolonisées par d&rsquo;autres organismes [1]. Et l&rsquo;étude n&rsquo;a mesuré ni la couverture de corail, ni le blanchiment [1, 5]. « En pleine santé » reste donc une description, pas un chiffre.</p>
<p>Une autre question reste ouverte. Personne ne sait encore si ce récif a vécu sans interruption depuis les années 1960, ou s&rsquo;il s&rsquo;est reconstitué depuis [1, 5]. L&rsquo;étude refuse de trancher et appelle à de nouveaux prélèvements [1]. Ce qui l&rsquo;a maintenu là, nul ne l&rsquo;explique à ce jour.</p>
<h2 id="combien-dautres-encore-invisibles">Combien d&rsquo;autres, encore invisibles</h2>
<p>Le site n&rsquo;est aujourd&rsquo;hui protégé par aucun statut [3]. Les chercheurs veulent y remédier. Ils plaident pour une aire marine protégée et une reconnaissance de la zone comme habitat important pour les requins et les raies [3, 7]. La menace qu&rsquo;ils pointent est générale. La pression humaine sur les plateaux continentaux, dont la pêche de fond [1].</p>
<p>Depuis les années 1950, le blanchiment et la surpêche ont réduit de plus de moitié la surface mondiale des récifs, selon les données citées par la presse environnementale [3]. Sur ce fond de recul, un récif vivant retrouvé compte double.</p>
<p>D&rsquo;où l&rsquo;espoir de l&rsquo;équipe. Retrouver celui-ci après soixante ans, c&rsquo;est se demander combien d&rsquo;autres attendent encore, plus loin sur une côte que la recherche a longtemps laissée de côté [3].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.frontiersin.org/journals/marine-science/articles/10.3389/fmars.2026.1848226/full">First evidence of live mesophotic coral reefs on the Benin continental shelf</a>. Frontiers in Marine Science (2026-07-20)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.frontiersin.org/news/2026/07/20/underwater-drones-coral-reefs-benin-presumed-dead-teeming-life-frontiers-marine-science">Underwater drones reveal coral reefs off Benin, presumed dead, teeming with life</a>. Frontiers (2026-07-20)</li><li id="ref-3"><a href="https://e360.yale.edu/digest/benin-coral-reef">Long Presumed Dead, a West African Reef Is Found Thriving</a>. Yale Environment 360 (2026-07-20)</li><li id="ref-4"><a href="https://insideclimatenews.org/news/20072026/west-africa-thriving-coral-reef/">Long Presumed Dead, a West African Reef Is Found Thriving</a>. Inside Climate News (2026-07-20)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.scientificamerican.com/article/long-lost-coral-reefs-rediscovered-off-the-coast-of-africa/">Long-Lost Coral Reefs Rediscovered off the Coast of Africa</a>. Scientific American (2026-07-22)</li><li id="ref-6"><a href="https://nautil.us/a-dead-coral-reef-found-thriving-off-the-coast-of-africa-1282826">A 'Dead' Coral Reef Found Thriving off the Coast of Africa</a>. Nautilus (2026-07-21)</li><li id="ref-7"><a href="https://24haubenin.info/?Un-recif-corallien-oublie-renait-au-large-du-Benin=">Un récif corallien oublié renaît au large du Bénin</a>. 24 Heures au Bénin (2026-07-21)</li></ol>]]></description></item><item><title>Le grand poisson des Grands Lacs, donné pour perdu, est revenu</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/lamproie-grands-lacs-peche-sauvee/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/lamproie-grands-lacs-peche-sauvee/</guid><pubDate>Mon, 20 Jul 2026 10:01:18 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Biodiversité</category><category>Amérique du Nord</category><category>Espèces invasives</category><category>Coopération internationale</category><category>Pêche</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/lamproie-grands-lacs-peche-sauvee/cover.webp" length="37956" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Un poisson que l&rsquo;on croyait perdu est réapparu dans le lac Supérieur. Le touladi a retrouvé son niveau d&rsquo;avant 1938. Derrière ce retour, soixante-dix ans de lutte contre un envahisseur venu de l&rsquo;Atlantique, et une coopération rare entre deux pays.</div>

<h2 id="un-parasite-venu-de-la-mer">Un parasite venu de la mer</h2>
<p>Il ressemble à une anguille. Il vit accroché aux poissons. La lamproie de mer se colle par une bouche en ventouse, perce les écailles, et se nourrit du sang. Une seule détruit jusqu&rsquo;à dix-huit kilos de poisson au cours de sa vie [2]. Elle vient de l&rsquo;océan Atlantique. Dans les Grands Lacs, aucun prédateur ne la mange, et aucun poisson n&rsquo;a appris à s&rsquo;en défendre [3].</p>
<p>Comment est-elle arrivée si loin dans les terres ? Par des canaux creusés par l&rsquo;humain. Le canal Welland, approfondi en 1919, lui a ouvert la route vers les lacs d&rsquo;en haut. En 1938, les cinq Grands Lacs étaient envahis [2, 3].</p>
<h2 id="une-pêche-effondrée-en-six-ans">Une pêche effondrée en six ans</h2>
<p>Le résultat a été brutal. Sur le lac Huron, les prises de touladi sont tombées de 940 000 livres en 1940 à 38 000 livres en 1946 [1]. En six ans, la pêche d&rsquo;un grand poisson s&rsquo;est écroulée. Sur le lac Michigan, le touladi a frôlé la disparition [1]. Au plus fort de l&rsquo;invasion, la lamproie tuait chaque année près de cent millions de livres de poisson [10].</p>
<h2 id="deux-pays-une-commission">Deux pays, une commission</h2>
<p>Face au désastre, le Canada et les États-Unis ont fait une chose rare. Ils se sont mis d&rsquo;accord. Deux traités avaient échoué avant, en 1908 et en 1946. C&rsquo;est l&rsquo;effondrement de la pêche qui a fait aboutir le troisième [4]. La Convention sur les pêcheries des Grands Lacs est signée le 10 septembre 1954 [5]. Elle crée une commission commune aux deux pays. Elle tient toujours, soixante-dix ans plus tard [5].</p>
<h2 id="une-arme-qui-ne-vise-que-la-lamproie">Une arme qui ne vise que la lamproie</h2>
<p>La commission a cherché une arme précise. Pas un poison qui tue tout. Un produit qui ne s&rsquo;attaque qu&rsquo;à la lamproie. Après des années d&rsquo;essais, un composé est trouvé à la fin des années 1950 [6]. On l&rsquo;appelle le TFM. Il tue les larves de lamproie dans les rivières, là où elles grandissent avant de gagner les lacs. La lamproie n&rsquo;arrive pas à l&rsquo;éliminer de son corps. Les autres poissons, si [7].</p>
<p>Le TFM n&rsquo;agit pas seul. Des barrières bloquent la remontée des lamproies vers les zones de ponte. Des pièges capturent les adultes. Le travail se fait rivière par rivière, sur environ deux cents cours d&rsquo;eau [6]. Chaque année, le programme détruit huit à neuf millions de lamproies [13].</p>
<h2 id="le-retour-du-grand-poisson">Le retour du grand poisson</h2>
<p>Le résultat se mesure. Les populations de lamproie ont chuté d&rsquo;environ 90 % [8]. Ce chiffre ne vient pas seulement de la commission. Un service d&rsquo;analyse indépendant du Congrès américain le confirme [8]. Une revue scientifique aussi [7]. La mortalité de poissons causée par la lamproie est passée de cent à dix millions de livres par an [10].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">90 %</span> <span class="stat__label">la chute des populations de lamproie, un chiffre confirmé hors de la commission</span></aside>

<p>Et le grand poisson est revenu. Le 21 novembre 2024, le touladi du lac Supérieur a été déclaré pleinement rétabli [9]. Sa reproduction naturelle a retrouvé son niveau d&rsquo;avant l&rsquo;invasion de 1938 [9]. Il aura fallu près de soixante-dix ans.</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« C&rsquo;est une incroyable réussite, rendue possible par la large collaboration et la coordination des gouvernements tribaux, des États et du fédéral. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Bill Mattes, président du comité de gestion du lac Supérieur</figcaption>
</figure>

<h2 id="un-acquis-qui-se-mérite-chaque-année">Un acquis qui se mérite chaque année</h2>
<p>Cette réussite a une condition. Ce n&rsquo;est pas une éradication. La lamproie n&rsquo;a pas disparu, elle est tenue [8]. Arrêter le traitement, c&rsquo;est la voir revenir.</p>
<p>La preuve est venue toute seule. Pendant la pandémie, les traitements ont été réduits deux années de suite. L&rsquo;abondance de lamproie est repartie à la hausse dans tout le bassin [11]. Le programme a repris, et les cibles ont de nouveau été tenues.</p>
<p>Le reste tient à des budgets. En 2025, des coupes fédérales américaines ont écarté quatorze employés qui travaillaient sur la lamproie [13]. Le programme repose sur quelques dizaines de spécialistes, difficiles à remplacer vite [13]. Le produit lui-même n&rsquo;est pas parfait. Il épargne la plupart des poissons, mais une espèce native déjà menacée, l&rsquo;esturgeon jaune, y est sensible quand elle est jeune [12]. L&rsquo;étude qui l&rsquo;a montré recommande de mieux caler le calendrier des traitements, pas de les arrêter [12].</p>
<aside class="pullquote">Ce n&rsquo;est pas une victoire gagnée une fois pour toutes, c&rsquo;est un effort qui ne s&rsquo;arrête jamais.</aside>

<p>L&rsquo;histoire des Grands Lacs n&rsquo;est pas celle d&rsquo;un triomphe définitif. C&rsquo;est celle d&rsquo;un travail qui recommence chaque année. Et c&rsquo;est peut-être ce qui la rend remarquable. Deux pays ont décidé, il y a soixante-dix ans, de ne pas lâcher. Le grand poisson revenu dans le lac Supérieur leur donne raison.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://pubs.usgs.gov/publication/1000215">Trends in the lake trout fishery of Lake Huron through 1946</a>. U.S. Geological Survey (1949)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.dfo-mpo.gc.ca/species-especes/publications/ais-eae/lamprey-lamproie/index-eng.html">Sea lamprey / La lamproie de mer</a>. Pêches et Océans Canada (s.d.)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.frontiersin.org/journals/fish-science/articles/10.3389/frish.2025.1591515/full">Ecophysiology and management of the invasive sea lamprey</a>. Frontiers in Fish Science (2025)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0380133021000058">Why a Great Lakes Fishery Commission ?</a>. Journal of Great Lakes Research (Gaden et al.) (2021)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.glfc.org/pubs/conv.htm">Convention on Great Lakes Fisheries (1954)</a>. Great Lakes Fishery Commission (1954)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.glfc.org/control.php">Sea Lamprey Control</a>. Great Lakes Fishery Commission (s.d.)</li><li id="ref-7"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5448140/">Sea Lamprey Control in the Great Lakes: A Success Story</a>. Journal of Great Lakes Research (Siefkes) (2017)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.congress.gov/crs_external_products/IF/PDF/IF12500/IF12500.2.pdf">Sea Lamprey Control in the Great Lakes (IF12500)</a>. Congressional Research Service (2023)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.seagrant.wisc.edu/news/lake-trout-population-is-fully-restored-in-lake-superior/">Lake trout population is fully restored in Lake Superior</a>. Wisconsin Sea Grant (2024)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.ijc.org/en/sea-lamprey-greatest-invasive-control-success-story">Sea lamprey, the greatest invasive control success story</a>. International Joint Commission (s.d.)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.usgs.gov/publications/sea-lamprey-control-reduction-during-covid-19-pandemic-corresponds-rapid-increase-sea">Sea lamprey control reduction during the COVID-19 pandemic corresponds to a rapid increase in abundance</a>. U.S. Geological Survey (Marcy-Quay et al.) (2025)</li><li id="ref-12"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8427354/">Sensitivity of juvenile lake sturgeon to the lampricide TFM</a>. Conservation Physiology (2021)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.cbc.ca/news/canada/sudbury/sea-lamprey-program-cuts-1.7468338">Sea lamprey control program hit by U.S. federal cuts</a>. CBC News (2025)</li></ol>]]></description></item><item><title>Un singe aux lèvres orange sort de la forêt du Congo, révélé par ceux qui la connaissent</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/likweli-nouvelle-espece-singe-congo/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/likweli-nouvelle-espece-singe-congo/</guid><pubDate>Fri, 17 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Sciences</category><category>Biodiversité</category><category>Congo</category><category>Découverte</category><category>Animaux</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/likweli-nouvelle-espece-singe-congo/cover.webp" length="194268" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Novembre 2018, forêt de la Lomami, dans l&rsquo;est de la République démocratique du Congo. Un agent en patrouille lève les yeux. Un singe noir, la bouche cerclée d&rsquo;orange, grimpe plus haut dans la canopée au lieu de fuir. Il vient de photographier un animal que la science n&rsquo;a encore jamais décrit. Huit ans plus tard, il porte un nom : le likweli.</div>

<h2 id="un-singe-que-huit-villages-seulement-connaissaient">Un singe que huit villages seulement connaissaient</h2>
<p>Le likweli est un petit colobe. Pelage noir, longue queue, une tache de peau nue rose à orange autour de la bouche [1]. Comme tous les colobes, il n&rsquo;a pas de pouces [5]. Il pèse autour de sept kilos [5]. Une tache blanche marque son arrière-train [1].</p>
<p>Il est discret. À l&rsquo;approche de l&rsquo;humain, il grimpe au lieu de fuir [1]. Cette timidité l&rsquo;a longtemps caché. Sur cinquante-deux villages riverains consultés, huit seulement le connaissaient assez pour le décrire précisément [1].</p>
<p>Son nom vient de ces riverains. « Likweli » chez les Balanga, à l&rsquo;ouest de la rivière Lomami. « Kasaba nkoni », le secoueur de branches, chez les Mituku, à l&rsquo;est [1]. La science a retenu le premier.</p>
<h2 id="cinq-preuves-qui-pointent-au-même-endroit">Cinq preuves qui pointent au même endroit</h2>
<p>Comment affirme-t-on qu&rsquo;un animal est une espèce nouvelle ? Jamais sur un seul indice. L&rsquo;équipe a croisé cinq jeux de données qui ne se recoupent pas entre eux [1].</p>
<aside class="pullquote">Chacun de ces indices, seul, ne suffirait pas. Ensemble, ils disent la même chose.</aside>

<p>Le premier, c&rsquo;est l&rsquo;aspect : petite taille, tache orange autour d&rsquo;une face noire, marque blanche à l&rsquo;arrière [1]. Le deuxième, le crâne et les dents. Comparé aux collections de musée, le crâne du likweli est plus petit que celui de tous les autres colobes connus [1, 2]. Le troisième, l&rsquo;ADN. Le quatrième, le cri, dont vingt-trois traits ont été mesurés et comparés [1]. Le cinquième, un indice de régime alimentaire lu dans la forme des dents, donné comme hypothèse et non comme observation [1].</p>
<p>Chaque piste, prise seule, resterait fragile. Prises ensemble, elles convergent. Les auteurs résument leur démarche en une phrase.</p>
<blockquote>
<p>« Notre équipe a évalué plusieurs jeux de données, qui aboutissaient tous à la même conclusion. »</p>
</blockquote>
<h2 id="ladn-a-livré-la-surprise">L&rsquo;ADN a livré la surprise</h2>
<p>Le signal le plus fort est venu des gènes. L&rsquo;ADN range le likweli aux côtés du colobe noir, son plus proche parent [1]. Mais un parent lointain. Leurs deux lignées se sont séparées il y a environ cinq millions d&rsquo;années [1]. C&rsquo;est l&rsquo;une des plus vieilles séparations connues chez les colobes.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">~5 millions d&#39;années</span> <span class="stat__label">depuis que la lignée du likweli s&#39;est séparée de celle de son plus proche cousin</span></aside>

<p>Les chercheurs disent avoir été frappés par ce résultat, tant le signal de divergence était profond [5]. Ce cousin le plus proche vit aujourd&rsquo;hui à plus de 1 200 kilomètres de là [1]. Entre les deux, des rivières et des barrières de forêt, franchies par personne depuis des âges.</p>
<h2 id="sans-les-congolais-rien">Sans les Congolais, rien</h2>
<p>La découverte n&rsquo;a pas tenu à un coup de chance. Elle a tenu à des années de marche en forêt. Une première photo, floue, date de 2008 [1]. Le cliché net arrive en novembre 2018, pris sur une patrouille de surveillance [1]. Un programme dédié démarre en 2020 [5]. Entre 2018 et 2022, l&rsquo;espèce est observée cent quatorze fois, sur environ 1 700 kilomètres carrés [1, 6].</p>
<p>Ce travail, des naturalistes congolais l&rsquo;ont porté. Des centaines d&rsquo;heures et des milliers de kilomètres de reconnaissance, dans une forêt sans piste [3]. Le premier auteur de l&rsquo;étude ne s&rsquo;en cache pas.</p>
<blockquote>
<p>« La découverte et la documentation du likweli n&rsquo;auraient jamais eu lieu sans notre équipe de naturalistes explorateurs congolais. »</p>
</blockquote>
<p>Le nom scientifique lui-même est un hommage. <em>Colobus congoensis</em> a été proposé par un doctorant congolais, en référence au patrimoine naturel du bassin du Congo [1, 2]. Un pays a nommé, dans la langue de la science, un animal que ses habitants connaissaient déjà.</p>
<h2 id="le-bassin-du-congo-garde-des-secrets">Le bassin du Congo garde des secrets</h2>
<p>Le likweli est la cinquième nouvelle espèce de singe décrite en Afrique en soixante-quinze ans [1, 4]. La même équipe avait déjà décrit un autre singe de la même région, le lesula, en 2012 [1].</p>
<p>Qu&rsquo;un singe diurne, bruyant et de taille moyenne ait échappé si longtemps à la science en dit long sur cette forêt. Le bassin du Congo reste l&rsquo;une des dernières grandes frontières de la découverte des mammifères, notent les auteurs [2]. Un chercheur extérieur à l&rsquo;étude, qui n&rsquo;y a pas participé, juge l&rsquo;analyse très rigoureuse et convaincante [4].</p>
<h2 id="une-espèce-rare-déjà-fragile">Une espèce rare, déjà fragile</h2>
<p>L&rsquo;enthousiasme n&rsquo;efface pas une inquiétude. Le likweli est rare [1]. Les chercheurs n&rsquo;avancent aucun chiffre de population, seulement des taux de rencontre très faibles sur le terrain [1]. Une partie des tissus analysés provient d&rsquo;ailleurs d&rsquo;animaux chassés, dont trois carcasses saisies à des chasseurs en 2021 [3, 5].</p>
<p>Les auteurs recommandent de le classer « En danger » sur la liste rouge [1]. Cette évaluation n&rsquo;est encore qu&rsquo;une proposition, pas une décision officielle [1]. Leur priorité tient en deux points : protéger le parc national de la Lomami, et associer les communautés qui, les premières, ont su le nommer [1].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371%2Fjournal.pone.0349857">Likweli: A remarkable new species of Colobus monkey from the Lomami National Park, Democratic Republic of Congo</a>. PLOS One (2026-07-15)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.fau.edu/newsdesk/articles/new-monkey-species-congo">New monkey species discovered in the Congo Basin</a>. Florida Atlantic University (2026-07-15)</li><li id="ref-3"><a href="https://news.yale.edu/2026/07/15/meet-likweli-new-monkey-species-discovered-congo-basin">Meet Likweli, a New Monkey Species Discovered in the Congo Basin</a>. Yale News (2026-07-15)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.cnn.com/2026/07/16/science/new-monkey-species-likweli-scli-intl">Monkey with orange lips identified as newfound species</a>. CNN (2026-07-16)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.scientificamerican.com/video/scientists-discover-a-remarkable-new-monkey-species-with-orange-lips-and-a-froglike-roar/">Scientists Discover a Remarkable New Monkey Species with Orange Lips and a Froglike Roar</a>. Scientific American (2026-07-15)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.discoverwildlife.com/animal-facts/colobus-congoensis-congo">Colobus congoensis (Likweli monkey)</a>. Discover Wildlife (2026-07-15)</li></ol>]]></description></item><item><title>Au large du Costa Rica, une espèce des abysses remontée dans les filets</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/requin-fantome-costa-rica-nouvelle-espece/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/requin-fantome-costa-rica-nouvelle-espece/</guid><pubDate>Fri, 10 Jul 2026 08:30:03 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Biodiversité</category><category>Océans</category><category>Costa Rica</category><category>Sciences</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/requin-fantome-costa-rica-nouvelle-espece/cover.webp" length="84776" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Pendant vingt-trois ans, des bateaux de pêche ont remonté par hasard trois poissons pâles des grands fonds du Pacifique. Il aura fallu tout ce temps pour comprendre que personne ne les avait encore décrits. C&rsquo;est une espèce nouvelle.</div>

<h2 id="trois-poissons-vingt-trois-ans">Trois poissons, vingt-trois ans</h2>
<p>Le poisson porte désormais un nom, <em>Rhinochimaera costaricana</em>. Une revue scientifique a publié sa description le 10 juin 2026 [1]. L&rsquo;annonce au grand public a suivi, le 3 juillet, dans un musée de zoologie du Costa Rica [2].</p>
<p>Les trois spécimens sont des mâles, longs de 77 à 83 centimètres [1, 3]. Ils ont été pêchés entre 2000 et 2023, au large de la côte Pacifique, entre 390 et 787 mètres de fond [1]. Aucun n&rsquo;a été cherché. Tous sont des prises accidentelles, remontées dans les filets de campagnes de pêche [1, 2]. La science, ici, s&rsquo;est construite sur ce que la mer rendait.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">23 ans</span> <span class="stat__label">de prises accidentelles accumulées avant que l&#39;espèce soit décrite</span></aside>

<p>Comment être sûr qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une espèce à part ? Par la mesure et par l&rsquo;ADN. Chaque spécimen a été mesuré sur 49 points, comparé à plus de 90 individus des espèces déjà connues du genre [1, 4]. L&rsquo;analyse génétique a tranché. Le marqueur étudié s&rsquo;écarte de 3,9 à 4,7 % des autres espèces du genre [1, 3]. Trois méthodes distinctes concluent à une espèce nouvelle [1]. Une dépêche le résume simplement : ces animaux « n&rsquo;ont aucun contact sur le plan reproductif » avec leurs voisins [2].</p>
<h2 id="ni-requin-ni-raie">Ni requin, ni raie</h2>
<p>Son surnom prête à confusion. On appelle ces poissons des « requins fantômes », pour leur teinte pâle et leur vie dans le noir des profondeurs [3]. Mais ce ne sont pas des requins.</p>
<p>Ce sont des chimères. Une lignée à part, cousine des requins et des raies, séparée d&rsquo;eux depuis près de 400 millions d&rsquo;années [5, 6]. Leurs chemins ont divergé bien avant les dinosaures.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Leurs chemins ont divergé bien avant les dinosaures.</aside>

<p>Les différences se voient. Un requin porte cinq à sept fentes branchiales nues. Une chimère n&rsquo;a qu&rsquo;une ouverture de chaque côté, fermée par un repli de peau [5]. Ses dents forment des plaques pour broyer, pas des rangées qui se remplacent [6]. Sa peau est lisse, sans écailles [6]. Chez certaines espèces, la première épine dorsale est venimeuse [6].</p>
<p>L&rsquo;espèce du Costa Rica est la quatrième de son genre. Et la première décrite du Pacifique oriental [1, 2]. Ses cousines vivent dans l&rsquo;Atlantique, au large de l&rsquo;Afrique du Sud, dans l&rsquo;Indo-Pacifique [1]. Sa répartition exacte, elle, reste ouverte. Des poissons semblables, observés près du Pérou et du Chili, restent à comparer [2].</p>
<h2 id="ce-que-la-mer-garde-encore">Ce que la mer garde encore</h2>
<p>Une telle trouvaille apprend deux choses. D&rsquo;abord, combien l&rsquo;océan profond reste mal connu. Il a fallu des outils modernes pour séparer cette espèce d&rsquo;une autre, sous laquelle on l&rsquo;aurait rangée sans les voir [1].</p>
<p>Ensuite, la lenteur du travail. Décrire une espèce demande du temps. Pour les seules chimères, 23 des 52 espèces connues ont été décrites depuis 2002 [7]. Le cas costaricien le montre en creux. Des spécimens gardés dès 2000, une description en 2026.</p>
<p>Un programme international de recensement des espèces marines estime à treize ans et demi le délai moyen entre une première capture et sa description [9]. Le même programme avance qu&rsquo;il resterait jusqu&rsquo;à 90 % des espèces de l&rsquo;océan à découvrir [9]. Le chiffre est une estimation, portée par ceux qui explorent. À prendre comme un ordre d&rsquo;idée, pas comme un décompte.</p>
<h2 id="une-bonne-nouvelle-de-connaissance">Une bonne nouvelle de connaissance</h2>
<p>Cette découverte est une bonne nouvelle. Encore faut-il dire laquelle. C&rsquo;est un gain de savoir, pas un signal d&rsquo;alarme.</p>
<p>Les chimères sont le groupe de poissons cartilagineux le moins menacé. Une évaluation d&rsquo;ensemble en recense 8 % d&rsquo;espèces menacées, et près de 70 % sans souci particulier [7]. La raison est simple. Elles vivent trop profond, et rapportent trop peu, pour intéresser la pêche [7].</p>
<p>Leurs cousins directs vont plus mal. Près d&rsquo;un tiers des requins et des raies sont menacés d&rsquo;extinction, la surpêche en tête [8]. Les deux réalités tiennent ensemble. On décrit de nouvelles espèces pendant qu&rsquo;une part du groupe s&rsquo;éteint.</p>
<p>Le lieu, enfin, n&rsquo;est pas indifférent. Les spécimens viennent de deux réserves parmi les plus anciennes du pays, Cabo Blanco, créée en 1963, et l&rsquo;île du Caño, protégée depuis 1976 [10]. Le Costa Rica classe plus d&rsquo;un quart de son territoire en aires protégées [10].</p>
<p>Reste un détail qui dit beaucoup. La description a été co-signée par un institut public des pêches [1]. Les poissons remontés par erreur dans les filets, patiemment, ont fini sous le microscope. Une espèce de plus au catalogue du vivant. Et le rappel, tranquille, que l&rsquo;océan garde encore l&rsquo;essentiel de ses habitants.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.mapress.com/zt/article/view/zootaxa.5828.3.7">A new species of Rhinochimaera Garman 1901 (Holocephali: Chimaeriformes: Rhinochimaeridae) from the Eastern Pacific Ocean</a>. Zootaxa (Magnolia Press) (10 juin 2026)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.franceinfo.fr/environnement/biodiversite/animaux/au-costa-rica-des-chercheurs-pensent-avoir-decouvert-une-nouvelle-espece-de-requins-fantomes-qui-ne-sont-pas-vraiment-des-requins_8093699.html">Au Costa Rica, des chercheurs pensent avoir découvert une nouvelle espèce de requins fantômes, qui ne sont pas vraiment des requins</a>. AFP / franceinfo (4 juillet 2026)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.newsweek.com/new-ghost-shark-species-discovered-costa-rica-pacific-deep-sea-12115096">New Ghost Shark Species Discovered off Costa Rica</a>. Newsweek (juillet 2026)</li><li id="ref-4"><a href="https://ticotimes.net/2026/06/23/scientists-discover-new-deep-sea-ghost-shark-species-off-costa-rica">Scientists Discover New Deep-Sea Ghost Shark Species Off Costa Rica</a>. The Tico Times (23 juin 2026)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.britannica.com/animal/chimaera">Chimaera (fish subclass)</a>. Encyclopædia Britannica (18 décembre 2017)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.floridamuseum.ufl.edu/discover-fish/species-profiles/hydrolagus-colliei/">Spotted Ratfish (Hydrolagus colliei)</a>. Florida Museum of Natural History (consulté en juillet 2026)</li><li id="ref-7"><a href="http://www.nespmarine.edu.au/system/files/Finucci_Kyne%20et%20al_Ghosts%20of%20the%20Ocean...2021_Accepted%20Version.pdf">Ghosts of the ocean: biodiversity, fisheries, and extinction risk of ghost sharks</a>. Fish and Fisheries (2021)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822(21)01198-2">Overfishing drives over one-third of all sharks and rays toward a global extinction crisis</a>. Current Biology (6 septembre 2021)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.globenewswire.com/news-release/2026/05/18/3297089/0/en/scientists-discover-over-1-100-new-marine-species-in-landmark-ocean-census.html">Scientists discover over 1,100 new marine species in landmark Ocean Census</a>. Ocean Census (The Nippon Foundation-Nekton) (18 mai 2026)</li><li id="ref-10"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9serve_nationale_absolue_de_Cabo_Blanco">Réserve nationale absolue de Cabo Blanco ; Isla del Caño</a>. Wikipédia (consulté en juillet 2026)</li></ol>]]></description></item><item><title>La santé d'un lac se lit désormais dans un flacon d'eau</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/adn-eau-ia-diagnostic-lacs/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/adn-eau-ia-diagnostic-lacs/</guid><pubDate>Tue, 07 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Environnement</category><category>Sciences</category><category>Lacs</category><category>Biodiversité</category><category>Eau</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/adn-eau-ia-diagnostic-lacs/cover.webp" length="59322" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Un litre d&rsquo;eau de lac, un filtre, et l&rsquo;inventaire complet du vivant qui l&rsquo;habite. La méthode existe déjà. Elle ne blesse aucun poisson, et elle repère jusqu&rsquo;aux espèces les plus discrètes.</div>

<h2 id="un-peu-deau-et-le-vivant-apparaît">Un peu d&rsquo;eau, et le vivant apparaît</h2>
<p>Tout être vivant sème son ADN autour de lui. Un poisson perd des écailles, du mucus, des cellules. Ces traces flottent dans l&rsquo;eau. Il suffit d&rsquo;en prélever, de la filtrer, puis de lire les fragments d&rsquo;ADN retenus. Un logiciel les compare ensuite à une base de références. Le résultat est une liste des espèces présentes. [1]</p>
<p>C&rsquo;est le principe de la police scientifique, transposé à la nature. Une trace suffit à savoir qui est passé. Un seul opérateur prélève l&rsquo;échantillon. Aucun animal n&rsquo;est capturé ni blessé. Et la méthode voit ce que l&rsquo;œil manque : les espèces rares, discrètes, difficiles à pêcher. [1, 7]</p>
<h2 id="la-méthode-davant-lourde-et-lente">La méthode d&rsquo;avant, lourde et lente</h2>
<p>Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;état d&rsquo;un lac se juge sur cinq familles d&rsquo;indicateurs vivants. Les algues microscopiques, les plantes, les petits invertébrés, les poissons. La règle est simple : le plus mauvais élément fixe la note finale. [3]</p>
<p>Mesurer tout cela coûte cher. Reconnaître chaque espèce au microscope prend du temps. Cela demande des spécialistes rares. [4] Compter les poissons passe souvent par la pêche à l&rsquo;électricité. Elle est coûteuse, se concentre sur les bords, et rate les espèces rares. [6]</p>
<p>Le besoin est réel. En 2019, sur 398 plans d&rsquo;eau français, un tiers seulement atteignait au moins le bon état écologique. [2]</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">34 %</span> <span class="stat__label">des plans d&#39;eau français au moins en bon état écologique, en 2019</span></aside>

<h2 id="ce-que-le-prélèvement-dadn-change">Ce que le prélèvement d&rsquo;ADN change</h2>
<p>L&rsquo;ADN dans l&rsquo;eau élargit d&rsquo;un coup le champ de vision. En mer, un simple prélèvement a recensé 116 espèces de poissons. Le filet, lui, en attrapait 16. Près de dix fois plus, sur la même zone. [5]</p>
<p>En rivière, une seule campagne d&rsquo;ADN égale des années de pêche cumulées. Et sur près de neuf sites sur dix, son verdict rejoint celui des méthodes officielles. [6]</p>
<p>Un point d&rsquo;honnêteté demeure. L&rsquo;ADN dit qui vit dans le lac, pas combien. Il ne mesure pas de façon fiable le nombre ni le poids des individus. [7] Il complète donc les anciennes méthodes, il ne les remplace pas encore. [1]</p>
<aside class="pullquote">L&rsquo;ADN dit qui vit dans le lac, pas combien.</aside>

<h2 id="lintelligence-artificielle-entre-en-scène">L&rsquo;intelligence artificielle entre en scène</h2>
<p>C&rsquo;est là que l&rsquo;intelligence artificielle prend le relais. En Angleterre, une équipe a étudié 52 lacs. Elle a croisé l&rsquo;ADN de l&rsquo;eau avec des données chimiques et physiques. Un programme a passé au crible 43 facteurs d&rsquo;environnement. [8, 9]</p>
<p>Le but : trouver ce qui fait vraiment reculer la vie d&rsquo;un lac. Le programme a pointé un coupable discret, les résidus de pesticides. [8]</p>
<p>L&rsquo;intelligence artificielle ne lit pas l&rsquo;ADN à la place du laboratoire. Elle trie, elle croise, elle relie des masses de données. Sur les algues d&rsquo;un grand réservoir, une autre étude l&rsquo;a montré. Un programme qui reconnaît les images compte les espèces les plus courantes. L&rsquo;ADN, lui, débusque les espèces rares. Les deux se complètent. [11]</p>
<h2 id="la-france-sur-ses-grands-lacs">La France, sur ses grands lacs</h2>
<p>La France n&rsquo;est pas en retard sur l&rsquo;ADN de l&rsquo;eau. À Thonon-les-Bains, un laboratoire public travaille sur les grands lacs alpins. Il utilise l&rsquo;ADN pour compléter la surveillance classique, des bactéries aux poissons. [12]</p>
<p>Sur le Léman, cette approche a posé 156 points de prélèvement le long des 200 km de rives. Les méthodes classiques n&rsquo;en suivent qu&rsquo;une poignée. [13]</p>
<p>Ces travaux avancent avec prudence. Ils parlent de calculs et d&rsquo;algorithmes, pas encore d&rsquo;intelligence artificielle. Et l&rsquo;indice tiré de l&rsquo;ADN n&rsquo;est pas encore une méthode officielle en France. [13] Il progresse, pas à pas.</p>
<p>Une ambition se dessine pour la suite : construire des jumeaux numériques de lacs. Des copies virtuelles pour tester l&rsquo;effet d&rsquo;un nouveau polluant avant qu&rsquo;il ne frappe. [10] Ce n&rsquo;est pas encore fait. Mais la direction est claire. Veiller sur l&rsquo;eau devient plus fin, plus doux, et un peu plus juste.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://ofb.gouv.fr/adn-environnemental-une-technique-innovante-pour-etude-de-la-biodiversite">L'ADN environnemental : une technique innovante pour l'étude de la biodiversité</a>. Office français de la biodiversité (OFB) (2026)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.eaufrance.fr/la-qualite-des-plans-deau">La qualité des plans d'eau</a>. Eaufrance (2019)</li><li id="ref-3"><a href="https://ofb.gouv.fr/elements-biologiques-plans-eau-methodes-de-surveillance-etat-ecologique">Éléments biologiques des plans d'eau : méthodes de surveillance de l'état écologique</a>. Office français de la biodiversité (OFB) (2022)</li><li id="ref-4"><a href="https://revue-set.fr/article/view/9565">Les microalgues, sentinelles de l'état écologique des plans d'eau</a>. Sciences Eaux & Territoires (INRAE) (2026-03-10)</li><li id="ref-5"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7391350/">Comparison of eDNA metabarcoding and traditional trawl survey (poissons marins)</a>. Ecology and Evolution (Fraija-Fernández et al.) (2020-06)</li><li id="ref-6"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7891642/">The future of fish-based ecological assessment of European rivers</a>. Journal of Fish Biology (Pont et al.) (2019-11)</li><li id="ref-7"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12225700/">Improving Whole Biodiversity Monitoring and Discovery With Environmental DNA Metagenomics</a>. Molecular Ecology Resources (Curto et al.) (2025-04)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.birmingham.ac.uk/news/2025/ai-technology-helps-scientists-detect-which-pollutants-in-englands-lakes-are-most-harmful-to-life">AI technology helps scientists detect which pollutants in England's lakes are most harmful to life</a>. Université de Birmingham (2025-01-22)</li><li id="ref-9"><a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/edn3.70058">Unveiling Landscape-Level Drivers of Freshwater Biodiversity Dynamics</a>. Environmental DNA (Eastwood et al.), DOI 10.1002/edn3.70058 (2025)</li><li id="ref-10"><a href="https://hellofuture.orange.com/en/biodiversity-in-lakes-multimodal-ai-crunches-eadn-data-to-monitor-pollution/">Biodiversity in lakes: multimodal AI crunches eDNA data to monitor pollution</a>. Orange, Hello Future (2025-03-18)</li><li id="ref-11"><a href="https://pubs.acs.org/doi/10.1021/acs.est.5c17985">eDNA and AI Identification Reveal Complementary Signals in Phytoplankton Monitoring</a>. Environmental Science & Technology (ACS) (2026)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.univ-smb.fr/2019/01/22/le-carrtel-mobilise-son-expertise-sur-ladn-environnemental-pour-des-methodes-innovantes-de-surveillance-des-milieux-aquatiques-alpins/">Le CARRTEL mobilise son expertise sur l'ADN environnemental (projet Eco-AlpsWater)</a>. Université Savoie Mont Blanc / INRAE (2019-01-22)</li><li id="ref-13"><a href="https://synaqua.hub.inrae.fr/">SYNAQUA : biosurveillance des milieux aquatiques par l'ADN</a>. INRAE / CARRTEL (Interreg France-Suisse) (2023)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>