<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Antibiorésistance | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/antibioresistance/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Thu, 22 Oct 2026 10:12:23 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/antibioresistance/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/antibioresistance/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Ces virus qui mangent les bactéries reviennent au chevet des infections résistantes</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/phages-virus-bacteries-resistance-antibiotiques/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/phages-virus-bacteries-resistance-antibiotiques/</guid><pubDate>Thu, 22 Oct 2026 10:12:23 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Santé</category><category>Antibiorésistance</category><category>Recherche</category><category>Médicament</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/phages-virus-bacteries-resistance-antibiotiques/cover.webp" length="717724" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Au printemps 2016, un homme agonise dans un hôpital de Californie. Il a rapporté d&rsquo;Égypte une bactérie qu&rsquo;aucun antibiotique n&rsquo;arrête. Il est dans le coma, ses organes lâchent. En dernier recours, ses médecins ajoutent au traitement un cocktail de virus, injecté dans son sang. Après plusieurs semaines, la bactérie a disparu. L&rsquo;homme s&rsquo;est réveillé [1].</div>

<h2 id="un-virus-qui-ne-mange-que-des-bactéries">Un virus qui ne mange que des bactéries</h2>
<p>Ces virus portent un nom qui dit tout. Bactériophage veut dire « mangeur de bactéries ». Le mot a été forgé il y a un siècle, dans un laboratoire parisien.</p>
<p>Un phage est un virus, mais un virus qui n&rsquo;infecte que des bactéries. Il est inoffensif pour les cellules humaines. Il se pose sur sa cible, y injecte ses gènes, se recopie à l&rsquo;intérieur, puis fait éclater la bactérie [2]. Les copies libérées attaquent les bactéries voisines.</p>
<p>Le phage se multiplie donc là où sa proie est présente. Il s&rsquo;arrête quand elle a disparu. Et il est très précis. Il épargne les autres bactéries du corps, celles qui sont utiles. Un antibiotique, lui, fauche large.</p>
<p>Surtout, sa façon de tuer n&rsquo;a rien à voir avec celle des antibiotiques.</p>
<aside class="pullquote">Une bactérie que plus aucun antibiotique n&rsquo;arrête peut rester vulnérable à un virus.</aside>

<p>C&rsquo;est la raison de fond de son retour.</p>
<h2 id="pourquoi-maintenant">Pourquoi maintenant</h2>
<p>La raison est sombre. Les bactéries résistantes tuent, et de plus en plus.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">1,27 million</span> <span class="stat__label">morts dans le monde attribuables en 2019 à des bactéries résistantes aux antibiotiques</span></aside>

<p>En 2019, les bactéries résistantes ont causé 1,27 million de morts dans le monde. Ce décompte ne retient que les décès qui leur sont directement attribuables [3]. En 2023, environ une infection bactérienne confirmée sur six résistait aux antibiotiques [4].</p>
<p>Dans le même temps, l&rsquo;arsenal se vide. Sur les 90 antibiotiques en développement en 2025, 15 seulement sont jugés vraiment nouveaux. Cinq agissent contre les bactéries les plus dangereuses [5].</p>
<p>Pour un malade, une bactérie résistante, c&rsquo;est une plaie qui ne cicatrise pas. C&rsquo;est une pneumonie qui ne répond plus. C&rsquo;est une opération banale qui redevient risquée.</p>
<p>Quand les armes habituelles échouent, une vieille idée revient sur la table [6].</p>
<h2 id="une-idée-dil-y-a-cent-ans">Une idée d&rsquo;il y a cent ans</h2>
<p>Car l&rsquo;idée n&rsquo;est pas neuve. Les phages ont été découverts entre 1915 et 1917. On les a utilisés pour soigner dès les années 1920.</p>
<p>Puis l&rsquo;Occident les a presque abandonnés vers 1945. Les antibiotiques à large spectre arrivaient, plus simples à produire et à prescrire [7]. En France, des médicaments à base de phages ont été vendus jusque dans les années 1970. On en trouvait encore au Vidal, le dictionnaire des médecins, en 1976 [8].</p>
<p>L&rsquo;idée a survécu à l&rsquo;Est. En Géorgie, un institut de Tbilissi produit des phages depuis les années 1930. Il a fourni toute l&rsquo;URSS [9].</p>
<p>Le retour est donc une reprise, pas une invention.</p>
<h2 id="du-sur-mesure-pas-un-comprimé">Du sur-mesure, pas un comprimé</h2>
<p>Ce retour prend une forme particulière. On ne distribue pas un phage comme un comprimé standard.</p>
<p>On identifie d&rsquo;abord la bactérie précise du malade. On teste ensuite quels phages la tuent. Ce test porte un nom, le phagogramme [10]. Les phages viennent de banques tenues par des hôpitaux. Parfois, on modifie même un phage pour un seul patient.</p>
<p>En 2019, une adolescente britannique a été soignée ainsi. Atteinte de mucoviscidose, greffée des poumons, elle portait une infection que rien n&rsquo;arrêtait. Les médecins lui ont donné un cocktail de trois phages, dont deux modifiés en laboratoire. Son état s&rsquo;est amélioré [11].</p>
<p>Ce sur-mesure est le cœur du retour moderne. C&rsquo;est aussi ce qui le rend difficile à fabriquer en série.</p>
<h2 id="ce-que-la-preuve-dit-et-ce-quelle-ne-dit-pas-encore">Ce que la preuve dit, et ce qu&rsquo;elle ne dit pas encore</h2>
<p>Les sauvetages comme celui de Californie ou de Londres sont réels. Mais ce sont des cas individuels, des impasses, des derniers recours. Ils ne prouvent pas que la méthode marche pour tout le monde.</p>
<p>À Lyon, un centre de référence a traité 33 patients en 2022. La plupart sont allés mieux [13]. C&rsquo;est encourageant. Mais ce sont des observations, pas des essais comparés.</p>
<p>Un point revient souvent, et il est oublié tout aussi souvent. Les phages marchent mieux avec les antibiotiques que seuls. Dans une série de 100 patients, éliminer la bactérie était bien moins probable quand aucun antibiotique n&rsquo;accompagnait les phages [12]. Ils sont un allié des antibiotiques, pas leur remplaçant.</p>
<p>La limite est nette. À ce jour, aucun essai rigoureux, tiré au sort et comparé à un placebo, n&rsquo;a démontré l&rsquo;efficacité espérée [14]. L&rsquo;essai européen de référence, mené sur des brûlures infectées, a même été arrêté pour efficacité insuffisante. Une partie de cet échec venait d&rsquo;un produit très sous-dosé [15].</p>
<p>Il reste aussi des obstacles de nature. Le phage est difficile à bien apparier. Les bactéries peuvent lui résister à leur tour. Le corps l&rsquo;élimine vite. Rien de rédhibitoire, rien de magique.</p>
<p>Les phages sont donc une piste sérieuse, testée avec méthode. Pas encore un remède prouvé.</p>
<h2 id="un-cadre-qui-bouge-un-modèle-qui-vacille">Un cadre qui bouge, un modèle qui vacille</h2>
<p>Le cadre, lui, avance. En France, aucun phage n&rsquo;est un médicament autorisé. L&rsquo;agence du médicament ne les interdit pas pour autant. Elle les autorise au cas par cas, pour les impasses, sous le nom d&rsquo;usage compassionnel [16, 8].</p>
<p>La Belgique est allée plus loin. Depuis 2018, ses pharmacies d&rsquo;hôpital préparent des phages sous contrôle qualité de l&rsquo;État [14]. Et l&rsquo;Europe a franchi une étape. Depuis janvier 2025, une première norme de qualité est commune à tout le continent [17].</p>
<p>Reste une ombre au tableau. La science revient au moment où l&rsquo;économie flanche. Le phage colle mal au modèle du médicament. Sa composition est variable, sur-mesure, difficile à breveter, pour un marché étroit. En juin 2025, le seul producteur français de phages de qualité pharmaceutique a été liquidé [18].</p>
<p>La piste revient et vacille en même temps.</p>
<p>Reste l&rsquo;essentiel. Découverts dans un laboratoire parisien il y a un siècle, abandonnés, puis gardés vivants à Tbilissi, ces virus sont de retour. Un virus peut venir à bout d&rsquo;une bactérie que plus rien n&rsquo;arrête. Pour l&rsquo;homme de Californie, cela a fait la différence entre mourir et se réveiller. Reste à prouver que cela vaut pour beaucoup d&rsquo;autres. Les essais en cours le diront.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://doi.org/10.1128/aac.00954-17">Development and use of personalized bacteriophage-based therapeutic cocktails (cas Patterson, Acinetobacter baumannii multirésistant)</a>. Antimicrobial Agents and Chemotherapy (2017)</li><li id="ref-2"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10135294/">A Century of Clinical Use of Phages: A Literature Review</a>. Antibiotics (Basel) (2023-04-13)</li><li id="ref-3"><a href="https://doi.org/10.1016/S0140-6736(21)02724-0">Global burden of bacterial antimicrobial resistance in 2019</a>. The Lancet (2022-01-20)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/antimicrobial-resistance">Antimicrobial resistance (fiche d'information)</a>. Organisation mondiale de la santé (2026-07-16)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.healio.com/news/infectious-disease/20251126/a-time-of-urgency-crisis-in-the-antibacterial-pipeline">A time of urgency: crisis in the antibacterial pipeline (analyse OMS 2025)</a>. Healio (relais de l'analyse OMS) (2025-11-26)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.jci.org/articles/view/187996">Technologies and approaches of phage therapy against multidrug-resistant infections</a>. Journal of Clinical Investigation (2025)</li><li id="ref-7"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6203130/">An Alternative Cure: The Adoption and Survival of Bacteriophage Therapy in the USSR, 1922-1955</a>. Journal of the History of Medicine and Allied Sciences (2018-10-12)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.senat.fr/rap/r20-425/r20-4251.pdf">La phagothérapie : médecine d'hier et de demain (note scientifique n°24)</a>. OPECST, Sénat (2021-03)</li><li id="ref-9"><a href="https://eptc.ge/history-of-eptc/">History of EPTC (Eliava Phage Therapy Center)</a>. Eliava Phage Therapy Center, Tbilissi (2026)</li><li id="ref-10"><a href="https://academic.oup.com/jac/article/79/11/2742/7756615">Phagograms: a tool for phage susceptibility testing and phage selection</a>. Journal of Antimicrobial Chemotherapy (2024-11)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.nature.com/articles/s41591-019-0437-z">Engineered bacteriophages for treatment of a patient with a disseminated drug-resistant Mycobacterium abscessus</a>. Nature Medicine (2019-05)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.nature.com/articles/s41564-024-01705-x">Personalized bacteriophage therapy outcomes for 100 consecutive cases</a>. Nature Microbiology (2024-06-01)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0924857924002887">Access to phage therapy at Hospices Civils de Lyon in 2022: the PHAGEinLYON Clinic programme</a>. International Journal of Antimicrobial Agents (2024)</li><li id="ref-14"><a href="https://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/bitstream/JRC135367/JRC135367_01.pdf">Overview and Outlook of Phage Therapy and Phage Biocontrol (JRC135367)</a>. Commission européenne (Joint Research Centre) (2024)</li><li id="ref-15"><a href="https://doi.org/10.1016/S1473-3099(18)30482-1">Efficacy and tolerability of a cocktail of bacteriophages to treat burn wounds infected by Pseudomonas aeruginosa (PhagoBurn): a randomised, controlled, double-blind phase 1/2 trial</a>. The Lancet Infectious Diseases (2019)</li><li id="ref-16"><a href="https://archive.ansm.sante.fr/content/download/161649/2115877/version/2/file/CR_CSST_Phagotherapie_21032019_juin2019.pdf">Phagothérapie - Retour d'expérience et perspectives (compte-rendu du CSST du 21 mars 2019)</a>. ANSM (2019)</li><li id="ref-17"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12605122/">Chapitre 5.31 « Phage therapy medicinal products » de la Pharmacopée européenne, en vigueur depuis janvier 2025 (via relais peer-reviewed)</a>. Frontiers in Cellular and Infection Microbiology (2025-10)</li><li id="ref-18"><a href="https://echanges.dila.gouv.fr/OPENDATA/AMF/BWR/2025/06/FCBWR163429_20250612.pdf">PHAXIAM Therapeutics : liquidation judiciaire (communiqué réglementé du 12 juin 2025)</a>. PHAXIAM Therapeutics (dépôt réglementaire AMF/DILA) (2025-06-12)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>