<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"><channel><title>Amphibiens | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/amphibiens/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Wed, 28 Oct 2026 00:00:00 +0100</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/amphibiens/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/amphibiens/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>En Colombie, un massif où le champignon qui décime les grenouilles n'est pas encore arrivé</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/grenouilles-chytride-santa-marta-refuge/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/grenouilles-chytride-santa-marta-refuge/</guid><pubDate>Wed, 28 Oct 2026 00:00:00 +0100</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Biodiversité</category><category>Amphibiens</category><category>Colombie</category><category>Sciences</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/grenouilles-chytride-santa-marta-refuge/grenouilles-chytride-santa-marta-refuge.mp3" length="5264779" type="audio/mpeg"/><media:content url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/grenouilles-chytride-santa-marta-refuge/cover.webp" type="image/webp" medium="image"/><description><![CDATA[<div class="chapo">De 2021 à 2025, des équipes ont parcouru 34 sites de la Sierra Nevada de Santa Marta, un massif isolé du nord de la Colombie, et de ses abords. Elles ont fait 2 212 prélèvements sur la peau de grenouilles, de crapauds et de salamandres. Elles ont analysé des échantillons d&rsquo;eau. Résultat : aucune trace du champignon qui a vidé tant d&rsquo;autres montagnes d&rsquo;Amérique tropicale [1, 2].</div>

<h2 id="le-champignon-qui-vide-les-montagnes">Le champignon qui vide les montagnes</h2>
<p>Les amphibiens sont les vertébrés les plus menacés de la planète. En 2023, un bilan mondial portant sur plus de 8 000 espèces en classait 40,7 % comme menacées [3]. Grenouilles, crapauds, tritons, salamandres : quatre sur dix.</p>
<p>Un champignon microscopique y a pris une grande part. Il s&rsquo;appelle le chytride. Il infecte la peau de l&rsquo;animal. Chez beaucoup d&rsquo;espèces qui ne l&rsquo;ont jamais croisé, il tue. Sur 2004-2022, la maladie qu&rsquo;il cause est la première raison pour 89 % des espèces passées au statut « possiblement éteinte » [3]. Ce n&rsquo;est pas la seule menace. Depuis 2004, le climat et la perte d&rsquo;habitat expliquent plus de dégradations de statut que la maladie [3].</p>
<p>Le champignon vient d&rsquo;Asie de l&rsquo;Est. Là-bas, des grenouilles sauvages le portent sans tomber malades [4]. Le commerce mondial d&rsquo;amphibiens a contribué à l&rsquo;emporter sur les autres continents [4]. Il y a trouvé des espèces sans défense.</p>
<h2 id="un-refuge-entouré-de-terres-sèches">Un refuge entouré de terres sèches</h2>
<p>Santa Marta fait exception. Le massif est isolé, entouré de basses terres chaudes et sèches. Ces plaines font probablement barrière, comme la mer autour d&rsquo;une île [1]. La barrière n&rsquo;est pas étanche : certains modèles jugent une partie de ces plaines favorable au champignon [2].</p>
<p>Le refuge reste fragile. À une vingtaine de kilomètres, dans une autre chaîne de montagnes, un échantillon d&rsquo;eau a livré la lignée pandémique du champignon, que l&rsquo;étude qualifie d&rsquo;« hypervirulente » [1, 2]. Une seule détection, dans l&rsquo;eau, pas sur un animal. Mais elle est là.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">2 212</span> <span class="stat__label">prélèvements de peau dans le massif et ses abords, de 2021 à 2025, et aucune trace du champignon</span></aside>

<p>L&rsquo;enjeu est grand. Le massif compte au moins 48 espèces d&rsquo;amphibiens [2]. Selon les auteurs, l&rsquo;arrivée du champignon pourrait en faire disparaître 25 qui n&rsquo;existent nulle part ailleurs [1].</p>
<p>Les auteurs ont aussi cherché la trace d&rsquo;une épidémie passée inaperçue. Les gènes de 19 crapauds d&rsquo;un même site ne montrent aucun signe d&rsquo;effondrement ancien [1, 2]. Une seule espèce, un seul site, mais rien ne contredit l&rsquo;absence.</p>
<h2 id="trois-espèces-trois-réactions">Trois espèces, trois réactions</h2>
<p>L&rsquo;équipe a voulu savoir ce qui arriverait si le champignon passait la barrière. En laboratoire, elle a mis en contact trois espèces du massif avec la lignée pandémique [1, 2]. Les chiffres de ces essais viennent d&rsquo;une version de l&rsquo;étude pas encore relue par d&rsquo;autres chercheurs [2].</p>
<p>La première, une petite grenouille de ruisseau, n&rsquo;a pas tenu. Les six animaux infectés ont tous atteint le stade terminal de la maladie en moins de sept semaines [2]. La deuxième, une salamandre, a survécu presque entièrement. Mais elle a gardé le champignon sur sa peau, de plus en plus chargée. Elle pourrait donc le transmettre aux autres [2].</p>
<p>La troisième est un crapaud arlequin, <em>Atelopus laetissimus</em>. Aucun n&rsquo;est mort pendant l&rsquo;essai. Deux sur neuf se sont même débarrassés de l&rsquo;infection. Chez cinq autres, la charge du champignon remontait en fin d&rsquo;essai [2].</p>
<aside class="pullquote">En laboratoire, aucun crapaud arlequin n&rsquo;est mort pendant l&rsquo;essai, et deux sur neuf se sont débarrassés de l&rsquo;infection.</aside>

<p>La nouvelle compte. Le genre <em>Atelopus</em> est l&rsquo;un des plus frappés au monde. Ce résultat reste une première mesure : quelques animaux, des adultes seulement, une seule lignée, en laboratoire. Ce qui protège ce crapaud n&rsquo;est pas encore connu.</p>
<h2 id="ailleurs-des-survivantes-qui-se-défendent-mieux">Ailleurs, des survivantes qui se défendent mieux</h2>
<p>Santa Marta n&rsquo;est pas le seul signe d&rsquo;espoir. Dans d&rsquo;autres régions, des populations ont été frappées, puis sont reparties en partie. C&rsquo;est une minorité : 12 % des espèces en déclin montrent des signes de reprise, le plus souvent modestes [18].</p>
<p>Au Panama, des espèces se rétablissent alors que le champignon reste aussi dangereux qu&rsquo;au début de l&rsquo;épidémie. Certaines ont aujourd&rsquo;hui des défenses plus efficaces qu&rsquo;avant son arrivée [5]. Le microbe n&rsquo;a donc pas faibli. Pour les auteurs, la reprise pourrait venir d&rsquo;un changement des défenses chez certaines espèces [5].</p>
<p>En Australie, une petite rainette des montagnes a été exposée au champignon en conditions contrôlées. Les animaux d&rsquo;une population touchée depuis longtemps ont une défense immunitaire plus solide dès le début de l&rsquo;infection [6].</p>
<p>À l&rsquo;échelle du monde, 57 espèces d&rsquo;amphibiens ont vu leur situation s&rsquo;améliorer sans aucune aide humaine. La plupart avaient décliné à cause du chytride [3].</p>
<h2 id="ce-que-les-survivantes-apprennent-aux-sauveteurs">Ce que les survivantes apprennent aux sauveteurs</h2>
<p>Ces grenouilles qui résistent ouvrent des pistes concrètes.</p>
<p>En Californie, dans le parc de Yosemite, des grenouilles à pattes jaunes ont été prises dans des populations qui se rétablissaient. De 2006 à 2020, elles ont été relâchées 24 fois, sur 12 sites. Elles se reproduisent sur 9 d&rsquo;entre eux [7]. Les auteurs estiment qu&rsquo;il faudra une dizaine d&rsquo;années de suivi pour confirmer le résultat. La part de l&rsquo;hérédité n&rsquo;a pas été mesurée.</p>
<p>Ailleurs, des abris chauffés par le soleil attirent des grenouilles menacées. Leur corps y monte assez en température pour éliminer l&rsquo;infection. Une fois guéries ainsi, elles résistent ensuite au champignon, même au frais [8]. Le résultat vient d&rsquo;essais contrôlés. Son effet sur une population sauvage reste à démontrer.</p>
<p>À Majorque, une équipe a réussi à chasser le champignon de quatre mares sur cinq, en traitant les têtards et le milieu. Le résultat tenait encore deux ans plus tard [9]. Un cas simple, avec une seule espèce sur place. Ce genre de réussite dans la nature reste rare [9].</p>
<p>Tout ne marche pas. En Californie, un essai a appliqué une bactérie protectrice sur la peau de grenouilles. En un mois, elle était retombée à son niveau de départ, sans protéger les animaux [10]. Le bilan mondial de 2023 constate qu&rsquo;aucune mesure ne protège encore à coup sûr les populations sauvages contre la maladie [3]. D&rsquo;où la priorité des auteurs pour Santa Marta : empêcher le champignon d&rsquo;entrer. Contrôle des visiteurs et du matériel, surveillance continue, et élevages de secours montés avec les habitants et les peuples autochtones du massif [1, 2].</p>
<h2 id="et-dans-les-mares-françaises">Et dans les mares françaises</h2>
<p>Le champignon est déjà en France. Dans l&rsquo;ouest des Pyrénées, il tue chaque année en masse des alytes, ou crapauds accoucheurs [11]. Au lac d&rsquo;Arlet, le crapaud épineux a disparu localement en 2013, une chute que les auteurs attribuent à la maladie [11]. Un second chytride, qui tue les salamandres, a touché plus de 130 foyers en Belgique, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Espagne [12]. Aucun cas n&rsquo;est connu en France. Mais en 2024, des spécialistes de l&rsquo;Office français de la biodiversité écrivaient qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de recherche effective de ce champignon sur le territoire [17].</p>
<p>La porte commerciale, elle, est ouverte. Ce second champignon est probablement arrivé en Europe par le commerce d&rsquo;animaux de compagnie [12]. Les règles européennes qui imposaient test et certificat aux salamandres vendues ont expiré fin 2022. Et dans la plupart des pays européens, la certification sanitaire est largement absente [12]. La France n&rsquo;a pas de plan national contre ce champignon [12]. La loi prévoit pourtant des plans d&rsquo;action pour les espèces protégées, quand leur situation le justifie [16]. C&rsquo;est au ministère chargé de la protection de la nature d&rsquo;en décider.</p>
<p>Les gestes de terrain comptent aussi. Un amphibien trouvé malade ou mort se photographie sans être ramassé. La photo et le lieu précis partent au réseau SAGIR de l&rsquo;Office français de la biodiversité, dans son service départemental [13, 14]. Son adresse : sagir (a) ofb.gouv.fr [14]. L&rsquo;adresse de signalement citée par l&rsquo;État en 2023 ne fonctionne plus [15].</p>
<p>Les espèces protégées ne se capturent ni ne se transportent, vivantes ou mortes [16]. Les animaux transportés font partie des voies par lesquelles le champignon gagne un site neuf [2]. Un amphibien de compagnie ne se relâche donc pas dans la nature [12]. Entre deux sites humides éloignés de plus de 500 mètres, la Société herpétologique de France recommande à ceux qui fréquentent les mares de nettoyer puis désinfecter bottes et matériel, à l&rsquo;alcool à 70° par exemple [13].</p>
<p>À Santa Marta, le champignon n&rsquo;est toujours pas entré. Pour les auteurs, c&rsquo;est le dernier grand refuge connu des amphibiens de montagne d&rsquo;Amérique tropicale encore épargné par le champignon [1, 2].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://doi.org/10.1016/j.cub.2026.09.048">The chytrid fungus threatens the last epidemiologically naive Neotropical montane amphibian biodiversity hotspot</a>. Current Biology (Cell Press) (2026-10)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.biorxiv.org/content/early/2026/02/04/2026.02.02.703360">Imminent invasion of the chytrid fungus threatens the last naive amphibian biodiversity hotspots (prépublication, version 1)</a>. bioRxiv (2026-02-04)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.nature.com/articles/s41586-023-06578-4">Ongoing declines for the world's amphibians in the face of emerging threats</a>. Nature (2023-10-04)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.science.org/doi/10.1126/science.aar1965">Recent Asian origin of chytrid fungi causing global amphibian declines</a>. Science (2018-05-11)</li><li id="ref-5"><a href="https://doi.org/10.1126/science.aao4806">Shifts in disease dynamics in a tropical amphibian assemblage are not due to pathogen attenuation</a>. Science (2018-03-30)</li><li id="ref-6"><a href="https://doi.org/10.1111/mec.14493">Evolution of resistance to chytridiomycosis is associated with a robust early immune response</a>. Molecular Ecology (Wiley) (2018-02)</li><li id="ref-7"><a href="https://doi.org/10.1038/s41467-024-53608-4">Reintroduction of resistant frogs facilitates landscape-scale recovery in the presence of a lethal fungal disease</a>. Nature Communications (2024)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.nature.com/articles/s41586-024-07582-y">Hotspot shelters stimulate frog resistance to chytridiomycosis</a>. Nature (2024-06-26)</li><li id="ref-9"><a href="https://royalsocietypublishing.org/doi/10.1098/rsbl.2015.0874">Successful elimination of a lethal wildlife infectious disease in nature</a>. Biology Letters (Royal Society) (2015)</li><li id="ref-10"><a href="https://doi.org/10.7717/peerj.12712">Effectiveness of antifungal treatments during chytridiomycosis epizootics in populations of an endangered frog</a>. PeerJ (2022)</li><li id="ref-11"><a href="https://royalsocietypublishing.org/doi/10.1098/rstb.2015.0454">Climate forcing of an emerging pathogenic fungus across a montane multi-host community</a>. Philosophical Transactions of the Royal Society B (2016)</li><li id="ref-12"><a href="https://wwwnc.cdc.gov/eid/article/32/7/25-1271_article">Inconsistent Strategies to Mitigate the Effects of Batrachochytrium salamandrivorans, Europe</a>. Emerging Infectious Diseases (CDC) (2026-07)</li><li id="ref-13"><a href="https://lashf.org/ressources/protocole-dhygiene-pour-limiter-la-dissemination-des-agents-infectieux-des-amphibiens-sur-le-terrain-miaud-et-al-2025/">Protocole d'hygiène pour limiter la dissémination des agents infectieux des amphibiens sur le terrain</a>. Société herpétologique de France (2025)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.ofb.gouv.fr/le-reseau-sagir">Le réseau SAGIR</a>. Office français de la biodiversité (2026)</li><li id="ref-15"><a href="https://rm.coe.int/item-5-2-france/1680ace1f6">Rapport oral de la France au groupe d'experts de la convention de Berne sur les amphibiens et reptiles</a>. Conseil de l'Europe (2023-09-26)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/download/file/pdf/LEGITEXT000006074220.pdf/LEGI">Code de l'environnement (articles L411-1 et L411-3)</a>. Légifrance (2026-10-06)</li><li id="ref-17"><a href="https://sciencepress.mnhn.fr/fr/periodiques/naturae/2024/14">Biosécurité en milieu humide : bonnes pratiques d'intervention sur les amphibiens sauvages</a>. Naturae, Muséum national d'Histoire naturelle (2024)</li><li id="ref-18"><a href="https://www.science.org/doi/10.1126/science.aav0379">Amphibian fungal panzootic causes catastrophic and ongoing loss of biodiversity</a>. Science (2019-03-29)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>