<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Aide Sociale À L'enfance | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/aide-sociale-a-lenfance/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Mon, 21 Sep 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/aide-sociale-a-lenfance/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/aide-sociale-a-lenfance/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Mineurs étrangers isolés : la loi les protège, l'État a été condamné pour ne pas l'appliquer</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/mineurs-etrangers-isoles-protection-loi-terrain/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/mineurs-etrangers-isoles-protection-loi-terrain/</guid><pubDate>Mon, 21 Sep 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Protection de l'enfance</category><category>Immigration</category><category>Mineurs non accompagnés</category><category>Aide sociale à l'enfance</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/mineurs-etrangers-isoles-protection-loi-terrain/cover.webp" length="44428" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Calais, fin 2015. Un garçon afghan de onze ans vit dans une cabane, au milieu du bidonville. Un juge des enfants a ordonné son placement. L&rsquo;ordonnance n&rsquo;est jamais exécutée. En 2019, la France est condamnée pour l&rsquo;avoir laissé là, dans des conditions jugées inhumaines [14].</div>

<h2 id="une-loi-qui-ne-regarde-pas-le-passeport">Une loi qui ne regarde pas le passeport</h2>
<p>Un mineur étranger isolé, c&rsquo;est d&rsquo;abord un enfant seul. Pas de parent pour le protéger. La loi le traite comme tel. Le juge des enfants intervient dès qu&rsquo;un mineur est en danger. Le texte ne pose aucune condition de nationalité [1]. Un enfant étranger en danger relève du même dispositif qu&rsquo;un enfant français [1].</p>
<p>Un principe passe avant tout le reste : l&rsquo;intérêt supérieur de l&rsquo;enfant. Il figure dans un traité que la France applique depuis 1990 [2]. Un enfant, au sens de ce texte, c&rsquo;est toute personne de moins de 18 ans, quelle que soit son origine [2].</p>
<p>Sur le papier, la marche à suivre est simple. Les services sociaux recueillent l&rsquo;enfant en urgence. Au bout de cinq jours, ils doivent saisir un juge [19].</p>
<aside class="pullquote">Un enfant étranger en danger relève du même dispositif qu&rsquo;un enfant français.</aside>

<p>Une loi de février 2022 a renforcé ce socle [3]. Elle interdit d&rsquo;héberger ces enfants à l&rsquo;hôtel, depuis le 1er février 2024. Elle met fin aux sorties sèches à 18 ans : l&rsquo;aide peut se poursuivre jusqu&rsquo;à 21 ans. Et quand un juge a reconnu qu&rsquo;un jeune est mineur, un département ne peut plus refaire l&rsquo;évaluation pour dire l&rsquo;inverse [3].</p>
<h2 id="sur-le-terrain-la-règle-des-cinq-jours-saute">Sur le terrain, la règle des cinq jours saute</h2>
<p>Voilà le droit. Voici la pratique. Le délai de cinq jours n&rsquo;est « quasiment jamais respecté », constate la Cour des comptes [10]. Les conditions varient beaucoup d&rsquo;un territoire à l&rsquo;autre. Et la participation de l&rsquo;État est « peu contrôlée » [10].</p>
<p>Beaucoup de ces enfants dorment à l&rsquo;hôtel. Sans suivi éducatif réel. Sans accès aux soins. Parfois sans école [11]. Environ 28 % des mineurs isolés admis à l&rsquo;aide sociale sont logés ainsi [12].</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Les mineurs non accompagnés sont trop souvent suspectés de fraude, perçus comme des étrangers en situation irrégulière, comme des majeurs, voire comme des délinquants, avant d&rsquo;être considérés comme des enfants en danger. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Défenseur des droits, rapport 2022</figcaption>
</figure>

<p>Les cas sont documentés. Un jeune Soudanais s&rsquo;est retrouvé à la rue, sans ressources, après le refus d&rsquo;une aide pourtant prévue pour les 18-21 ans [11]. Beaucoup restent sans prise en charge pendant qu&rsquo;ils contestent une décision [11].</p>
<h2 id="lâge-le-point-de-bascule">L&rsquo;âge, le point de bascule</h2>
<p>Tout se joue à un moment : l&rsquo;évaluation de l&rsquo;âge. Reconnu mineur, le jeune est protégé. Jugé majeur, il sort du dispositif [12].</p>
<p>Une idée revient souvent : ces jeunes seraient surtout des adultes qui mentent sur leur âge. Dans beaucoup de départements, une large part de ceux qui se présentent sont bien écartés comme majeurs [12]. Mais être classé majeur ne prouve pas une tricherie.</p>
<p>Car cette évaluation ressemble à une loterie. Selon le département, le taux de reconnaissance va de 9 % à 100 % [12]. Même profil, résultat inverse d&rsquo;un endroit à l&rsquo;autre. Cet écart ne mesure pas l&rsquo;âge réel des personnes. Il mesure des pratiques qui changent d&rsquo;un territoire à l&rsquo;autre [12].</p>
<p>« Majeur » veut donc souvent dire évalué majeur par ce guichet, pas fraudeur établi. Et quand un doute demeure, la loi tranche dans un sens précis : il profite au jeune [4].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">9 % à 100 %</span> <span class="stat__label">la part des jeunes reconnus mineurs, selon le département</span></aside>

<p>L&rsquo;outil médical le plus connu est le test osseux. Il repose sur un atlas américain établi dans les années 1930 et 1940 [6]. Son incertitude est la plus forte entre 15 et 20 ans [6]. C&rsquo;est justement l&rsquo;âge d&rsquo;une majorité de ces jeunes [15].</p>
<p>La loi connaît ces limites. Elle interdit de fonder la minorité sur ce seul test. Elle impose d&rsquo;indiquer la marge d&rsquo;erreur. Et le doute doit profiter au jeune [4]. Le juge constitutionnel lui-même reconnaît une « marge d&rsquo;erreur significative » [5].</p>
<p>Un fichier d&rsquo;empreintes complète le tout. Il est piloté par le ministère de l&rsquo;Intérieur [7]. La règle est nette : refuser de donner ses empreintes ne permet pas de présumer que le jeune est majeur [8]. Sur le terrain, dans de nombreux départements, l&rsquo;évaluation s&rsquo;arrête pourtant dès qu&rsquo;un jeune refuse ce fichier [9]. Le Défenseur des droits estime que ce fichier « ne poursuit aucunement » la protection de l&rsquo;enfant, et qu&rsquo;il sert surtout à gérer l&rsquo;immigration [9].</p>
<h2 id="-délinquants---ce-que-disent-les-chiffres">« Délinquants » : ce que disent les chiffres</h2>
<p>Un mot colle à ces jeunes : délinquance. La hausse de certains vols à Paris est réelle. La part des « jeunes en errance » parmi les mis en cause y est passée de 3 % à 7 % entre 2016 et 2020. Pour les vols avec violence, de 8 % à 27 % [12].</p>
<p>Mais ces « jeunes en errance » ne sont pas les mineurs suivis par l&rsquo;aide sociale [12]. Ce sont des jeunes laissés dehors, souvent pas reconnus mineurs, hors de tout accompagnement [12]. Deux populations différentes.</p>
<p>Parmi les mineurs isolés réellement pris en charge, une petite minorité connaît une affaire pénale : 5 à 10 % [12]. Fin 2024, ils représentaient 8,1 % des mineurs détenus, un chiffre en baisse [15].</p>
<p>Et une partie de ces jeunes livrés à la rue sont des victimes. Des réseaux les contraignent à voler, sous emprise. Aucun dispositif ne les repère comme victimes de traite. Ils sont traités en délinquants avant d&rsquo;être vus comme tels [18].</p>
<h2 id="combien-arrivent-et-pour-quel-résultat">Combien arrivent, et pour quel résultat</h2>
<p>Le nombre d&rsquo;arrivées n&rsquo;augmente pas sans fin. En 2023, un record : 19 370 décisions de placement [15]. En 2024, près de 30 % de moins, soit 13 554 [15].</p>
<p>Ces jeunes coûtent, c&rsquo;est un fait. Le Sénat chiffre leur prise en charge autour de 1,1 milliard d&rsquo;euros par an, pour environ 22 000 mineurs [12]. Un montant plus élevé circule : 2 milliards, ou 50 000 euros par jeune et par an. Il vient de l&rsquo;association des départements, qui réclame plus d&rsquo;argent à l&rsquo;État. Le Sénat le juge « probablement surévalué » [12].</p>
<p>L&rsquo;État verse des forfaits : 500 euros par évaluation, 90 euros par jour de mise à l&rsquo;abri, puis 20 euros [17]. L&rsquo;argent existe donc. La Cour des comptes le juge pourtant « peu contrôlé » [10]. Et plus d&rsquo;un quart de ces enfants dorment à l&rsquo;hôtel, sans école ni suivi [12, 11].</p>
<h2 id="la-plupart-sen-sortent-par-lécole-et-le-travail">La plupart s&rsquo;en sortent par l&rsquo;école et le travail</h2>
<p>Reste un point rarement mis en avant : ce que deviennent ces jeunes une fois pris en charge. Neuf sur dix vont à l&rsquo;école [16]. À 18 ans, 86 % sont encore scolarisés, contre 63 % des autres jeunes protégés [16]. En rupture : 5 %, contre 14 % [16].</p>
<p>Beaucoup visent un CAP, un apprentissage, un métier [16]. Un quart d&rsquo;entre eux étaient sans logement stable juste avant d&rsquo;entrer dans un foyer, en hébergement de fortune ou à la rue [16].</p>
<h2 id="la-loi-elle-na-pas-bougé">La loi, elle, n&rsquo;a pas bougé</h2>
<p>Depuis Calais, la France a de nouveau été mise en cause. Un comité de l&rsquo;ONU l&rsquo;a condamnée trois fois, en 2023, 2024 et 2026 [13]. Une enquête de ce comité parle de violations « graves et systématiques » [13]. Ces décisions n&rsquo;ont pas de force obligatoire en droit français, a jugé le Conseil d&rsquo;État [13].</p>
<p>Le texte, lui, dit toujours la même chose. Un enfant en danger se protège d&rsquo;abord. Sans regarder son passeport [1].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045136798">Code civil, article 375 : assistance éducative (mineur en danger)</a>. Légifrance (en vigueur)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000716856">Convention internationale des droits de l'enfant, articles 1, 2 et 3 (définition de l'enfant, non-discrimination, intérêt supérieur)</a>. Légifrance (JORF) (8 octobre 1990)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045133771">Loi n° 2022-140 du 7 février 2022 relative à la protection des enfants</a>. Légifrance (JORF) (7 février 2022)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032207528/">Code civil, article 388 : encadrement des examens osseux de détermination de l'âge</a>. Légifrance (loi du 14 mars 2016)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2019/2018768QPC.htm">Conseil constitutionnel, décision n° 2018-768 QPC (examens osseux, marge d'erreur)</a>. Conseil constitutionnel (21 mars 2019)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.ccne-ethique.fr/sites/default/files/2021-02/avis088.pdf">CCNE, avis n° 88 sur les méthodes de détermination de l'âge à des fins juridiques</a>. Comité consultatif national d'éthique (23 juin 2005)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000038074279">Décret n° 2019-57 du 30 janvier 2019 (création du traitement AEM)</a>. Légifrance (JORF) (30 janvier 2019)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2019/2019797QPC.htm">Conseil constitutionnel, décision n° 2019-797 QPC (fichier AEM)</a>. Conseil constitutionnel (26 juillet 2019)</li><li id="ref-9"><a href="https://juridique.defenseurdesdroits.fr/doc_num.php?explnum_id=19268">Défenseur des droits, décision n° 2019-105 sur le fichier AEM</a>. Défenseur des droits (20 septembre 2019)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-prise-en-charge-des-mineurs-non-accompagnes">Cour des comptes, La prise en charge des mineurs non accompagnés (référé)</a>. Cour des comptes (17 décembre 2020)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.defenseurdesdroits.fr/rapport-les-mineurs-non-accompagnes-au-regard-du-droit-267">Défenseur des droits, Les mineurs non accompagnés au regard du droit</a>. Défenseur des droits (février 2022)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.senat.fr/rap/r20-854/r20-8541.html">Sénat, Mineurs non accompagnés, jeunes en errance : 40 propositions</a>. Sénat (29 septembre 2021)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.unicef.fr/article/mineurs-non-accompagnes-3e-condamnation-de-la-france-par-le-comite-des-droits-de-lenfant/">Mineurs non accompagnés : 3e condamnation de la France par le Comité des droits de l'enfant de l'ONU</a>. UNICEF France (4 février 2026)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.cncdh.fr/actualite/arret-khan-contre-france-la-france-condamnee-par-la-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme">Arrêt Khan contre France : la France condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme</a>. CNCDH (28 février 2019)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/2025-10/DPJJ_Rapport_MMNA_2024.pdf">Rapport annuel de la Mission nationale mineurs non accompagnés (DPJJ, 2024)</a>. Ministère de la Justice (DPJJ) (2024)</li><li id="ref-16"><a href="https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications/etudes-et-resultats/un-quart-des-mineurs-non-accompagnes-mna-dormaient-en-centre">DREES, Un quart des mineurs non accompagnés dormaient à la rue avant leur entrée en établissement (Études et Résultats n° 1256)</a>. DREES (8 février 2023)</li><li id="ref-17"><a href="https://www.banquedesterritoires.fr/mineurs-non-accompagnes-les-nouveaux-montants-de-laide-de-letat">Mineurs non accompagnés : les montants de l'aide de l'État aux départements</a>. Banque des territoires (2019-2022)</li><li id="ref-18"><a href="https://www.defenseurdesdroits.fr/mieux-proteger-les-mineurs-victimes-de-traite-des-etres-humains-les-recommandations-de-la">Défenseur des droits, Repérer pour mieux protéger les mineurs victimes de traite des êtres humains</a>. Défenseur des droits (16 juillet 2026)</li><li id="ref-19"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006796811">Code de l'action sociale et des familles, article L223-2 : recueil provisoire d'urgence et délai de cinq jours</a>. Légifrance (en vigueur)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>