<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Agriculture | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/tags/agriculture/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Wed, 22 Jul 2026 09:05:27 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/agriculture/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/tags/agriculture/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Néonicotinoïdes : sur la betterave, le coût du retrait ne se lit pas dans les rendements</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/neonicotinoides-fermes-francaises-pertes-concurrence/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/neonicotinoides-fermes-francaises-pertes-concurrence/</guid><pubDate>Wed, 22 Jul 2026 09:05:27 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Agriculture</category><category>Pesticides</category><category>Betterave</category><category>Noisette</category><category>Souveraineté alimentaire</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/neonicotinoides-fermes-francaises-pertes-concurrence/cover.webp" length="1252640" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Deux cent quatre-vingt-quatorze exploitations de betteraves, suivies une à une, avec et sans néonicotinoïdes. Un institut public a publié ce décompte en octobre 2025. En moyenne, pas de différence significative de rendement. Sept fermes sur les 294 ont bien connu une année noire, 60 à 80 % de dégâts, presque toutes pendant l&rsquo;épidémie de jaunisse de 2020. Dans la nuit du 20 au 21 juillet 2026, l&rsquo;Assemblée a rouvert la porte à ces produits au nom de ce qu&rsquo;ils coûtent aux fermes françaises. Ce coût existe. Il ne tombe pas là où le débat le place.</div>

<h2 id="un-produit-interdit-ici-autorisé-partout-ailleurs">Un produit interdit ici, autorisé partout ailleurs</h2>
<p>L&rsquo;acétamipride est un néonicotinoïde. La France l&rsquo;interdit depuis le 1er septembre 2018, au nom de la loi biodiversité de 2016 [2]. Au même moment, l&rsquo;Union européenne le maintient approuvé jusqu&rsquo;en 2033. Les vingt-six autres États membres l&rsquo;autorisent [1, 3]. Sur ce point, l&rsquo;argument des filières est exact. La France est le seul pays de l&rsquo;Union à avoir tranché ainsi.</p>
<p>Le contraste saute aux yeux sur la noisette. Un producteur turc dispose de quinze substances insecticides, dont quatre bannies dans l&rsquo;Union. L&rsquo;Oregon, aux États-Unis, en utilise quatorze interdites en Europe. Côté français, une seule reste utilisable. Ces chiffres viennent d&rsquo;une étude cosignée par les producteurs, à partir de bases officielles [6]. Sur la betterave, la Confédération des planteurs met en avant plusieurs voisins. L&rsquo;acétamipride reste homologué en Pologne, en Slovaquie et en Suède. Des dérogations annuelles ont aussi été reconduites en 2024, pour les betteraviers allemands et belges [7].</p>
<p>Une précision s&rsquo;impose quand même. « Autorisé » dans un pays veut dire qu&rsquo;au moins un produit y est homologué. Les usages réels, culture par culture, varient d&rsquo;un État à l&rsquo;autre. Le décompte des vingt-six pays est solide. La carte fine des usages, elle, n&rsquo;est pas publique.</p>
<h2 id="sur-la-betterave-un-décompte-que-personne-na-commandé">Sur la betterave, un décompte que personne n&rsquo;a commandé</h2>
<p>Sur la betterave, il existe une mesure que ni les filières ni les fabricants n&rsquo;ont produite. Un organisme public de recherche a comparé les rendements avec et sans néonicotinoïdes, ferme par ferme, sur toute la période [4]. Son résultat : pas de différence significative en moyenne. Les pertes lourdes existent, mais elles sont rares. Sept exploitations sur 294 ont connu une année sans le produit avec 60 à 80 % de dégâts, concentrées sur l&rsquo;épidémie de jaunisse de 2020 [4]. Pour la pomme, même conclusion. La baisse des rendements n&rsquo;est pas imputable au retrait de l&rsquo;insecticide [4].</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas un avis d&rsquo;expert. C&rsquo;est une comparaison chiffrée, menée par une institution neutre. Elle ne dit pas que la betterave va bien. Elle dit qu&rsquo;en année moyenne, le retrait ne se lit pas dans les rendements. C&rsquo;est la seule comparaison avec et sans le produit que l&rsquo;expertise publique ait produite, et elle porte sur la culture la plus vaste du dossier.</p>
<aside class="pullquote">La distorsion est un fait. Son coût, lui, dépend de qui le mesure.</aside>

<p>Le marché achève le tableau. La France est le premier producteur de sucre de l&rsquo;Union, et elle est exportatrice nette. 4,4 millions de tonnes de sucre de betterave en 2024-2025 [11]. Trente-huit pour cent partent sur le marché national, trente pour cent vers le reste de l&rsquo;Union [11]. Les exportations pèsent 1,3 milliard d&rsquo;euros, pour un solde extérieur positif d&rsquo;un milliard [11]. Les importations, elles, sont faibles [11].</p>
<h2 id="en-noisette-la-perte-est-bien-là">En noisette, la perte est bien là</h2>
<p>La récolte 2024 s&rsquo;est effondrée. La statistique publique la chiffre à 8 452 tonnes, en baisse de 49 % sur un an [8]. Le rendement a été divisé par plus de deux. Unicoque, la coopérative qui revendique environ 90 % de la récolte française, décrit une marge de producteur passée dans le rouge. Moins 1 721 euros par hectare en 2024, contre 1 861 euros de gain en moyenne les années d&rsquo;avant [4].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">-49 %</span> <span class="stat__label">la chute de la récolte française de noisettes en 2024, sur un an (source Agreste)</span></aside>

<p>Les comptes de la coopérative, déposés au greffe, confirment le choc. Chiffre d&rsquo;affaires de 27,58 millions d&rsquo;euros, résultat net de moins 3,35 millions [9]. C&rsquo;est son premier déficit, après quatre exercices à l&rsquo;équilibre. En avril 2026, l&rsquo;État a débloqué une aide d&rsquo;urgence de trois millions d&rsquo;euros pour les producteurs spécialisés [10]. La détresse est datée, chiffrée, vérifiable.</p>
<p>Reste la cause. Elle n&rsquo;est pas un insecticide, elle est un empilement. Une punaise venue d&rsquo;Asie, la punaise diabolique, est arrivée en France en 2012 et ravage les vergers depuis 2022. S&rsquo;ajoutent un autre ravageur, le balanin, le climat, et la fin de l&rsquo;acétamipride en 2020 [5]. Le chiffrage des pertes, lui, remonte à la coopérative elle-même. Aucune mesure indépendante ne l&rsquo;a établi. C&rsquo;est une réserve, pas un détail.</p>
<p>Un chiffre éclaire l&rsquo;enjeu de souveraineté. La France produit l&rsquo;équivalent de 12 % de la noisette qu&rsquo;elle consomme [6]. Le reste est importé, à 69 % de Turquie [6]. La dépendance ne date pas de l&rsquo;interdiction. Elle est ancienne et structurelle. L&rsquo;insecticide, présent ou absent, ne la renverse pas.</p>
<p>D&rsquo;où un fait que le mot unique de souveraineté écrase. Les deux filières vedettes du débat sont à l&rsquo;opposé l&rsquo;une de l&rsquo;autre. La noisette importe l&rsquo;essentiel de ce qu&rsquo;elle consomme. Le sucre s&rsquo;exporte en position de force. Le même argument de distorsion ne pèse donc pas pareil selon la case où l&rsquo;on se trouve.</p>
<h2 id="le-revenu-agricole-une-équation-plus-large">Le revenu agricole, une équation plus large</h2>
<p>La distorsion, à supposer qu&rsquo;elle coûte, n&rsquo;est qu&rsquo;un terme d&rsquo;une addition plus longue. Le revenu agricole a reculé de 38,8 % en 2023, à 36 200 euros par actif non salarié [19]. C&rsquo;est un retour de terre après une année 2022 record. Les écarts entre filières sont énormes. Vingt mille euros en bovins viande, cinquante-cinq mille en grandes cultures [12]. Sans les aides publiques, 18 % des exploitations dépenseraient plus qu&rsquo;elles ne gagnent, contre 3 % avec ces aides [12].</p>
<p>Un point mérite d&rsquo;être posé. Les défaillances agricoles montent, de 14,5 % au premier trimestre 2025 [13]. Mais elles frappent l&rsquo;élevage laitier et la viticulture, pas la betterave ni la noisette [13]. La détresse d&rsquo;une filière ne se transfère pas à une autre. De même, les fermetures de sucreries de 2019 et 2020 tiennent à la fin des quotas européens et à l&rsquo;effondrement des cours, pas aux néonicotinoïdes [14].</p>
<p>Sur longue période, un chiffre situe le partage. Les gains de valeur de la filière vont à 51 % à l&rsquo;aval, la distribution et la consommation, contre 39 % aux agriculteurs [12]. Un insecticide ne corrige pas ce partage-là.</p>
<h2 id="lautre-plateau-de-la-balance-et-létat-du-droit">L&rsquo;autre plateau de la balance, et l&rsquo;état du droit</h2>
<p>L&rsquo;autre plateau de la balance porte un coût, lui aussi documenté. L&rsquo;acétamipride laisse dans l&rsquo;eau un résidu de dégradation persistant [18]. Ses effets à faible dose sur l&rsquo;abeille sont documentés [17]. Le second produit visé, le flupyradifurone, peut contaminer les nappes au-delà du seuil réglementaire. Son évaluation européenne de 2015 s&rsquo;appuie sur l&rsquo;abeille domestique. Elle ne garantit probablement pas la protection des abeilles solitaires [17]. Côté santé humaine, l&rsquo;agence sanitaire européenne a proposé en 2024 de diviser par cinq la dose journalière admissible de l&rsquo;acétamipride. La raison : des données encore trop minces sur ses effets neurologiques chez l&rsquo;enfant [2, 18]. Ces éléments viennent en partie d&rsquo;une agence publique, en partie d&rsquo;une association, chacun à lire avec son étiquette.</p>
<p>Ce plateau a lui aussi une ligne de rendement. En Europe, 84 % des plantes à fleurs cultivées dépendent de la pollinisation animale [25]. Un défaut de pollinisation coûte, à l&rsquo;échelle mondiale, 3 à 5 % de la production de fruits, de légumes et de fruits à coque [25]. Deux des cultures citées dans le débat, la pomme et la cerise, sont dans ce cas. Pour un cerisier, la référence tourne autour de quatre ruches par hectare [25]. Le service rendu par l&rsquo;abeille ne figure sur aucune facture. Il figure dans la benne.</p>
<h2 id="ce-que-le-monde-agricole-a-dit-et-comment-le-vote-sest-tenu">Ce que le monde agricole a dit, et comment le vote s&rsquo;est tenu</h2>
<p>Le monde agricole n&rsquo;a pas parlé d&rsquo;une seule voix. La FNSEA, premier syndicat, a salué « un tournant majeur » [26]. La Confédération paysanne a dénoncé le même jour le texte, dans un communiqué titré « Victoire des lobbies au détriment de la santé, de l&rsquo;environnement et du revenu des paysannes et des paysans » [24]. Le syndicat y écrit que cette loi « ne résoudra en rien les problèmes des agriculteur·ices » et qu&rsquo;elle « contribuera à aggraver des situations déjà extrêmes dans les fermes » [24]. C&rsquo;est une position, pas une mesure. Elle suffit à établir un fait : la demande n&rsquo;est pas unanime chez les agriculteurs.</p>
<p>Le vote, lui, s&rsquo;est tenu sans débat sur ce point. L&rsquo;après-midi du 20 juillet, l&rsquo;entourage du Premier ministre indiquait à la presse que « c&rsquo;est au Parlement de le trancher ou de le faire évoluer » [23]. Le soir, des amendements supprimant l&rsquo;article ont été déposés, y compris par l&rsquo;ancienne Première ministre Élisabeth Borne. Le gouvernement a refusé de les mettre au vote, ce que la procédure lui permet à ce stade [21]. « Si le débat doit avoir lieu, ayons ce débat », a lancé en séance l&rsquo;ancienne ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher [21]. Le texte est passé par 296 voix contre 224, sur 520 suffrages exprimés [22].</p>
<h2 id="létat-du-droit-et-le-chiffre-qui-na-pas-été-discuté">L&rsquo;état du droit, et le chiffre qui n&rsquo;a pas été discuté</h2>
<p>Le débat juridique n&rsquo;est pas clos. La loi Duplomb rétablissait l&rsquo;acétamipride. Le Conseil constitutionnel l&rsquo;a censurée le 7 août 2025, pour encadrement insuffisant. Il a quand même reconnu un motif d&rsquo;intérêt général [15]. Le nouveau texte confie la dérogation à l&rsquo;agence sanitaire, dossier par dossier [16]. Le Conseil d&rsquo;État avait recommandé de borner ces dérogations à un an, renouvelable deux fois, pour un contrôle annuel [20]. Une adoption n&rsquo;est pas une promulgation. Et une dérogation encadrée n&rsquo;est pas un retour à l&rsquo;avant-2018.</p>
<p>Les producteurs de noisettes, eux, gardent leur punaise venue d&rsquo;Asie et leur marge dans le rouge. Leur détresse est datée, vérifiable, et elle ne se règle pas par un slogan.</p>
<p>Sur la betterave, en revanche, le dossier contient une pièce que personne n&rsquo;a payée pour l&rsquo;obtenir. Deux cent quatre-vingt-quatorze exploitations suivies une à une, avec et sans le produit, et pas de différence significative de rendement en moyenne [4]. Sur la pomme, la baisse observée n&rsquo;est pas imputable au retrait [4]. Cette pièce ne dit pas que la betterave va bien. Elle dit que le coût invoqué ne se lit pas dans les rendements. Elle n&rsquo;a pas été discutée en séance. Le 20 juillet, les amendements qui portaient sur cet article n&rsquo;ont pas été mis aux voix [21].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://food.ec.europa.eu/plants/pesticides/eu-pesticides-database_en">EU Pesticides Database, fiche de la substance acétamipride</a>. Commission européenne (2026)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.senat.fr/rap/l24-185/l24-185_mono.html">Rapport n°185 sur la proposition de loi visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur (loi Duplomb)</a>. Sénat, commission des affaires économiques (2025)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.senat.fr/questions/base/2024/qSEQ241001098.html">Question écrite n°01098 sur l'interdiction de l'acétamipride et réponse du gouvernement</a>. Sénat (2024)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.inrae.fr/sites/default/files/pdf/rapportcompletnni-inrae-vf-27oct25.pdf">Rapport complet 2025 sur les alternatives aux néonicotinoïdes (154 pages)</a>. INRAE (27 octobre 2025)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.inrae.fr/actualites/rapport-2025-alternatives-usage-neonicotinoides">Rapport 2025 sur les alternatives à l'usage des néonicotinoïdes (synthèse)</a>. INRAE (octobre 2025)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.fnh.org/wp-content/uploads/2025/02/MM-etude-Noisette.pdf">Étude de cas « La noisette » (mesures miroirs)</a>. Fondation pour la Nature et l'Homme, Institut Veblen, Unicoque-ANPN (mai 2024)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.euractiv.fr/section/agriculture-alimentation/news/les-producteurs-de-betteraves-pressent-le-gouvernement-dautoriser-les-neonicotinoides-pour-saligner-sur-ses-concurrents-europeens/">Les producteurs de betteraves pressent le gouvernement d'autoriser les néonicotinoïdes pour s'aligner sur ses concurrents européens</a>. Euractiv France (avril 2024)</li><li id="ref-8"><a href="https://draaf.nouvelle-aquitaine.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/agrestena_essentiel_66_juillet2024_productionfruitiere2023.pdf">L'essentiel n°66, production fruitière 2023 (noisette)</a>. Agreste, DRAAF Nouvelle-Aquitaine (juillet 2024)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.pappers.fr/entreprise/sca-unicoque-316468461">Comptes sociaux de la SCA Unicoque déposés au greffe</a>. Infogreffe / INPI (via Pappers) (dépôt du 28 février 2025)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.pleinchamp.com/actualite/une-aide-exceptionnelle-de-3-millions-d-euros-pour-les-producteurs-de-noisettes">Une aide exceptionnelle de 3 millions d'euros pour les producteurs de noisettes</a>. Pleinchamp (presse agricole) (avril 2026)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.franceagrimer.fr/sites/default/files/2026-02/21_FICHE_FILIERE_SUCRE_2026.pdf">Fiche filière sucre 2026</a>. FranceAgriMer (février 2026)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2024/10/15/disparites-des-revenus-agricoles">Trésor-Éco n°350, Disparités des revenus agricoles</a>. Direction générale du Trésor (octobre 2024)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.reussir.fr/les-defaillances-dentreprises-agricoles-en-hausse-de-145-au-premier-trimestre-2025">Les défaillances d'entreprises agricoles en hausse de 14,5 % au premier trimestre 2025</a>. Altares, via Réussir (2025)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.usinenouvelle.com/article/cristal-union-envisage-de-fermer-2-sucreries-en-france.N833310">Cristal Union envisage de fermer deux sucreries en France</a>. L'Usine Nouvelle (avril 2019)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2025/2025891DC.htm">Décision n°2025-891 DC du 7 août 2025 (loi Duplomb)</a>. Conseil constitutionnel (7 août 2025)</li><li id="ref-16"><a href="https://lcp.fr/actualites/urgence-agricole-l-assemblee-adopte-la-loi-malgre-un-article-controverse-sur-le-retour">Urgence agricole : l'Assemblée adopte la loi malgré un article controversé sur le retour de l'acétamipride</a>. LCP (21 juillet 2026)</li><li id="ref-17"><a href="https://www.generations-futures.fr/publications/acetamipride-et-flupyradifurone/">Dossier acétamipride et flupyradifurone</a>. Générations Futures (2026)</li><li id="ref-18"><a href="https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-44091-avis-efsa-acetamipride-2024.pdf">Statement on the toxicological properties and maximum residue levels of acetamiprid and its metabolites</a>. EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) (27 mars 2024)</li><li id="ref-19"><a href="https://agriculture.gouv.fr/synthese-de-la-commission-des-comptes-de-lagriculture-de-la-nation-du-12-decembre-2024">Synthèse de la Commission des comptes de l'agriculture de la Nation du 12 décembre 2024 (RICA 2023)</a>. Agreste, ministère de l'Agriculture (décembre 2024)</li><li id="ref-20"><a href="https://www.conseil-etat.fr/avis-consultatifs/derniers-avis-rendus/a-l-assemblee-nationale-et-au-senat/avis-sur-une-proposition-de-loi-visant-a-attenuer-une-surtransposition-relative-a-l-utilisation-de-produits-phytopharmaceutiques-afin-d-eviter-la-d">Avis sur la proposition de loi visant à atténuer une surtransposition relative à l'utilisation de produits phytopharmaceutiques</a>. Conseil d'État (26 mars 2026)</li><li id="ref-21"><a href="https://www.franceinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/l-assemblee-nationale-adopte-le-projet-de-loi-d-urgence-agricole-malgre-la-reintroduction-a-titre-derogatoire-de-pesticides_8115608.html">L'Assemblée nationale adopte le projet de loi d'urgence agricole, malgré un article contesté permettant la réintroduction à titre dérogatoire de pesticides</a>. franceinfo (21 juillet 2026)</li><li id="ref-22"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/8427">Scrutin public n°8427 sur l'ensemble du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles</a>. Assemblée nationale (20 juillet 2026)</li><li id="ref-23"><a href="https://www.franceinfo.fr/environnement/transition-ecologique-de-l-agriculture/pesticides/le-gouvernement-s-en-remet-au-parlement-pour-trancher-la-reintroduction-de-l-acetamipride-avant-le-vote-solennel-du-projet-de-loi-agricole_8115428.html">Le gouvernement s'en remet au Parlement pour trancher la réintroduction de l'acétamipride, avant le vote solennel du projet de loi agricole</a>. franceinfo (20 juillet 2026)</li><li id="ref-24"><a href="https://www.confederationpaysanne.fr/rp_article.php?id=16794">Loi d'urgence agricole : victoire des lobbies au détriment de la santé, de l'environnement et du revenu des paysannes et des paysans (communiqué)</a>. Confédération paysanne (21 juillet 2026)</li><li id="ref-25"><a href="https://agriculture.gouv.fr/enjeux-et-utilisations-du-service-de-pollinisation-en-france-analyse-ndeg203">Enjeux et utilisations du service de pollinisation en France (Analyse n°203, Centre d'études et de prospective)</a>. Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (11 juillet 2024)</li><li id="ref-26"><a href="https://www.economiematin.fr/loi-urgence-agricole-assemblee-adopte-texte-malgre-fracture-acetamipride">Loi d'urgence agricole : l'Assemblée adopte le texte malgré la fracture sur l'acétamipride</a>. Economie Matin (21 juillet 2026)</li></ol>]]></description></item><item><title>Acétamipride : deux mois pour trancher un dossier que l'Europe juge incomplet</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/acetamipride-flupyradifurone-derogation-anses/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/acetamipride-flupyradifurone-derogation-anses/</guid><pubDate>Wed, 22 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Pesticides</category><category>Agriculture</category><category>Néonicotinoïdes</category><category>ANSES</category><category>Abeilles</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/acetamipride-flupyradifurone-derogation-anses/cover.webp" length="166952" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Lundi 20 juillet 2026, début d&rsquo;après-midi. Sur ces deux insecticides, l&rsquo;entourage du Premier ministre est clair. « C&rsquo;est au Parlement de le trancher ou de le faire évoluer » [10]. Le soir, en séance, des députés de sa propre majorité déposent les amendements qui supprimeraient l&rsquo;article. Le gouvernement refuse de les mettre au vote [11]. Le texte passe peu après minuit. Il ne réautorise aucun produit. Il donne à l&rsquo;ANSES deux mois pour décider si l&rsquo;acétamipride et le flupyradifurone reviennent dans les champs. Voici l&rsquo;état du dossier qu&rsquo;on lui confie.</div>

<h2 id="une-loi-qui-ne-réautorise-rien-mais-tend-la-clé">Une loi qui ne réautorise rien, mais tend la clé</h2>
<p>Le scrutin est public. Sur 520 suffrages exprimés, 296 voix pour, 224 contre, 41 abstentions [12]. Le Sénat a adopté le texte le lendemain, sur le compromis d&rsquo;une commission mixte paritaire [1].</p>
<p>La loi n&rsquo;autorise pas l&rsquo;acétamipride ni le flupyradifurone. Elle confie à l&rsquo;ANSES, l&rsquo;agence de sécurité sanitaire, le pouvoir de les réintroduire à titre dérogatoire, sur demande du ministre de l&rsquo;agriculture [1]. Le co-rapporteur du texte l&rsquo;a résumé à la tribune.</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Ce texte n&rsquo;autorise aucune substance [&hellip;] il confie à l&rsquo;Anses le pouvoir d&rsquo;accorder des dérogations très encadrées [&hellip;] la science décidera. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Jean-René Cazeneuve, co-rapporteur (Ensemble pour la République)</figcaption>
</figure>

<p>Le débat, lui, n&rsquo;a pas eu lieu. Des amendements supprimant l&rsquo;article avaient bien été déposés le soir, y compris par l&rsquo;ancienne Première ministre Élisabeth Borne. Le gouvernement a refusé de les mettre au vote. À ce stade de la procédure, il en a le droit [11].</p>
<p>Une partie de la majorité l&rsquo;a mal pris. « Si le débat doit avoir lieu, ayons ce débat », a lancé en séance l&rsquo;ancienne ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher [11]. Gabriel Attal, qui préside le groupe Ensemble pour la République, s&rsquo;est étonné que le Parlement ne puisse pas « trancher » [11]. Le gouvernement avait semblé prêt à le lui laisser l&rsquo;après-midi même.</p>
<p>Aucune dérogation n&rsquo;a été délivrée à ce stade. Un précédent pèse sur le dossier. Un mécanisme voisin, porté par la loi Duplomb, avait été censuré en 2025 par le Conseil constitutionnel, faute d&rsquo;encadrement [1]. Une pétition citoyenne contre ce texte avait recueilli 2,2 millions de signatures [1]. Le Sénat a adopté la loi le 21 juillet, par 214 voix contre 111. Elle est repartie devant le Conseil constitutionnel, qui a un mois pour l&rsquo;examiner [17].</p>
<p>Un mot revient dans le débat : « surtransposition ». Il a donné son titre à la proposition de loi. Le Conseil d&rsquo;État le récuse. L&rsquo;interdiction française n&rsquo;est pas la reprise d&rsquo;une directive. C&rsquo;est l&rsquo;application d&rsquo;un article du règlement européen sur les pesticides. La France a le droit de prendre cette mesure de précaution [2].</p>
<h2 id="ce-que-lexpertise-publique-dit-du-besoin-des-champs">Ce que l&rsquo;expertise publique dit du besoin des champs</h2>
<p>La meilleure boussole sur l&rsquo;intérêt agricole est une expertise de l&rsquo;INRAE, publiée en octobre 2025. L&rsquo;institut a passé en revue six usages : noisette, betterave, navet, pomme, cerise, figue [3]. Sa conclusion est prudente. Chaque filière cherche des alternatives. Mais « cette transition n&rsquo;est pas achevée », et « une simple substitution par des produits de biocontrôle ne suffira pas » [3].</p>
<p>Le cas le plus dur est la noisette. La filière est dans une « situation financière extrêmement critique » face à une punaise et un charançon [3]. Sa protection tient à un petit nombre de produits, dont l&rsquo;usage a dû être « considérablement augmenté par dérogation en 2025 » [3]. Les experts jugent cette rustine « pas durable ». C&rsquo;est ce cas qui porte la demande pour l&rsquo;acétamipride, « pendant une période transitoire » [3]. La détresse de ces exploitations est réelle, et une institution publique la documente.</p>
<p>Deux faits, dans la même expertise, méritent d&rsquo;être posés à côté. D&rsquo;abord, elle ne chiffre nulle part les pertes de rendement [3]. Deux chiffres circulent : 280 millions d&rsquo;euros pour la betterave en 2020, la moitié de la récolte de noisettes perdue en 2024. Ils viennent d&rsquo;acteurs de ces filières, pas d&rsquo;une source neutre [6].</p>
<p>Ensuite, un point sur la betterave. Les produits que l&rsquo;expertise juge aujourd&rsquo;hui « incontournables » pour tenir ne sont ni l&rsquo;acétamipride ni le flupyradifurone [3]. Le débat porte donc sur deux molécules précises, pas sur tous les outils dont ces filières ont besoin.</p>
<h2 id="à-la-santé-de-ceux-qui-les-manipulent-une-preuve-mince">À la santé de ceux qui les manipulent, une preuve mince</h2>
<p>Sur ce point, trois notions se confondent souvent. Il faut les séparer.</p>
<p>Le danger, d&rsquo;abord, c&rsquo;est la toxicité propre du produit. Il est reconnu pour l&rsquo;acétamipride. L&rsquo;agence européenne le juge toxique en cas d&rsquo;ingestion et « susceptible de provoquer des cancers » [4]. Elle signale aussi des « incertitudes majeures » et réclame d&rsquo;autres études [4]. En 2024, elle a divisé par cinq ses valeurs de référence, y compris celle qui protège l&rsquo;opérateur qui pulvérise [5]. Un point compte ici. Elle l&rsquo;a fait par manque de données, pas parce qu&rsquo;un effet serait établi. Elle dit elle-même que ce facteur de sécurité peut « paraître arbitraire » [5].</p>
<p>L&rsquo;exposition, ensuite, ce sont les traces mesurées dans le corps. Elles existent. Un métabolite de l&rsquo;acétamipride a été retrouvé dans l&rsquo;urine d&rsquo;un quart de nouveau-nés d&rsquo;un service japonais [6], et dans le liquide autour du cerveau de treize enfants sur quatorze en Suisse [5]. Ces chiffres frappent. Ils disent une présence, pas un dommage. L&rsquo;agence européenne juge cette dernière étude à fort risque de biais, sur un échantillon minuscule [5]. Et ce métabolite se forme aussi par simple dégradation dans l&rsquo;environnement, pas seulement dans le corps [5].</p>
<p>Le risque, enfin, l&rsquo;effet réellement démontré sur la santé. C&rsquo;est là que le sol se dérobe. L&rsquo;expertise la mieux établie sur les personnes qui manipulent des pesticides est celle de l&rsquo;INSERM, en 2021 [7]. Elle retient des présomptions fortes de lien avec plusieurs maladies, dont la maladie de Parkinson et certains cancers [7]. Mais ces liens portent sur des familles de produits anciennes [7]. L&rsquo;acétamipride en est tout simplement absent [7].</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Sur la santé de ceux qui les manipulent, la preuve reste mince, dans les deux sens.</aside>

<p>Autrement dit, il existe un trou de connaissance propre à ces deux molécules. Ce trou n&rsquo;est pas une preuve de danger. Ce n&rsquo;est pas non plus une preuve d&rsquo;innocuité. Les signaux d&rsquo;alerte sur le cerveau des enfants ou sur des effets hormonaux reposent sur des études animales ou de très petits groupes [4]. Ce sont des pistes à confirmer.</p>
<p>Il n&rsquo;a pas laissé la profession médicale indifférente. Avant le vote du Sénat de juin, le Conseil national de l&rsquo;ordre des médecins s&rsquo;est prononcé pour l&rsquo;interdiction, avec quinze sociétés savantes et onze associations de patients [16]. C&rsquo;est une prise de position, pas une mesure. Le corps médical institué n&rsquo;a pas jugé le dossier rassurant.</p>
<h2 id="qui-produit-la-preuve-et-qui-peut-la-retenir">Qui produit la preuve, et qui peut la retenir</h2>
<p>Un point de procédure éclaire ces trous, et il est rarement expliqué.</p>
<p>Une substance ne s&rsquo;autorise pas sur simple déclaration. Le règlement européen impose un dossier complet d&rsquo;essais et d&rsquo;études. Un État membre l&rsquo;évalue, l&rsquo;autorité européenne le revoit [13]. La machine est lourde, et elle fonctionne. Mais la demande « est introduite par le producteur de la substance active », et c&rsquo;est lui qui joint le dossier [13]. Le texte prévoit même que chaque étude porte le nom de « la personne ou de l&rsquo;institut qui a effectué les essais » [13].</p>
<aside class="pullquote">La preuve est contrôlée par la puissance publique. Elle est produite et payée par celui qui demande l&rsquo;autorisation.</aside>

<p>Ce n&rsquo;est pas un scandale, c&rsquo;est le droit commun. Cela a une conséquence directe. Quand une pièce manque, c&rsquo;est au demandeur de la fournir, et l&rsquo;évaluateur attend. En 2023, l&rsquo;évaluation du flupyradifurone conduite par la Grèce n&rsquo;a pas pu conclure, faute d&rsquo;informations transmises par le fabricant [8].</p>
<h2 id="leau-le-versant-le-mieux-documenté">L&rsquo;eau, le versant le mieux documenté</h2>
<p>C&rsquo;est sur l&rsquo;environnement que les données sont les plus solides. Elles viennent, pour l&rsquo;essentiel, des évaluations européennes elles-mêmes. L&rsquo;acétamipride se dégrade, et l&rsquo;agence européenne retrouve un de ses produits de décomposition dans les cultures, jusque dans des fluides humains [5].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">0,1 µg/L</span> <span class="stat__label">la limite de qualité des pesticides dans l&#39;eau destinée à la consommation humaine, seuil que le flupyradifurone peut dépasser dans les nappes selon l&#39;évaluation européenne de 2015</span></aside>

<p>Le flupyradifurone est moins connu, et ce qu&rsquo;on en sait n&rsquo;est pas rassurant. Son évaluation de 2015 pointait déjà un risque pour les nappes. La contamination pouvait dépasser le seuil réglementaire, pour tous les usages examinés. L&rsquo;évaluation parlait d&rsquo;un « domaine de préoccupation critique » [9]. Elle restait pourtant lacunaire : un guide dépassé, l&rsquo;abeille domestique seule, des données fournies par le fabricant [9].</p>
<p>Ce seuil mérite d&rsquo;être traduit. Les 0,1 microgramme par litre ne sont pas un repère propre aux nappes. C&rsquo;est la limite de qualité fixée en France pour les pesticides dans l&rsquo;eau de consommation, substance par substance [14]. Le chiffre de référence, c&rsquo;est celui du robinet. Une nappe qui le dépasse ne rend pas l&rsquo;eau distribuée hors norme. Elle est traitée et contrôlée avant d&rsquo;arriver chez les gens. Mais la ressource où l&rsquo;on puise se dégrade, et le traitement doit rattraper.</p>
<h2 id="labeille-et-ce-quelle-fait-aux-rendements">L&rsquo;abeille, et ce qu&rsquo;elle fait aux rendements</h2>
<p>L&rsquo;acétamipride ne tue pas les abeilles d&rsquo;un coup, à la différence d&rsquo;autres insecticides. Après exposition, il les désoriente et réduit la pollinisation [4]. Sur le flupyradifurone, l&rsquo;agence européenne a conclu en 2022 que les abeilles sauvages y sont « considérablement plus sensibles » que l&rsquo;abeille des ruches [9]. En 2023, l&rsquo;évaluation grecque a retenu un « risque élevé pour les abeilles dans tous les scénarios pertinents » [8].</p>
<p>L&rsquo;abeille n&rsquo;est pas seulement un symbole. En Europe, 84 % des plantes à fleurs cultivées dépendent de la pollinisation animale [15]. Un défaut de pollinisation coûte, à l&rsquo;échelle mondiale, 3 à 5 % de la production de fruits, de légumes et de fruits à coque [15]. Deux des six cultures examinées par l&rsquo;expertise publique, la pomme et la cerise, sont dans ce cas. Pour un cerisier, la référence tourne autour de quatre ruches par hectare [15]. Un producteur qui perd ses pollinisateurs perd du rendement dans la même saison. C&rsquo;est un intrant que personne ne lui facture.</p>
<p>Une précision sur les sources. Les décomptes d&rsquo;études « oubliées » avancés par les associations écologistes sont leur travail militant. Les alertes citées ici ne viennent pas d&rsquo;elles. Elles viennent de l&rsquo;autorité européenne chargée d&rsquo;homologuer ces produits.</p>
<h2 id="sous-quelles-conditions-lanses-doit-décider">Sous quelles conditions l&rsquo;ANSES doit décider</h2>
<p>Reste la question centrale : dans quelles conditions cette expertise va se faire.</p>
<p>Le Conseil d&rsquo;État a examiné le texte en mars 2026. Son constat était sévère. Aucune évaluation scientifique systématique n&rsquo;était prévue au départ [2]. L&rsquo;avis d&rsquo;un simple conseil de surveillance ne vaut pas expertise des risques, écrivait-il [2]. Il recommandait un avis scientifique préalable, une durée bornée, et une condition de fond : pas de risque significatif pour la santé [2]. Sur le principe, la loi a suivi.</p>
<p>Un détail dit tout du reste. Elle laisse à l&rsquo;ANSES deux mois pour rendre son avis. Le gouvernement avait déposé un amendement pour porter ce délai à six mois, « pour que le travail scientifique puisse se faire dans de bonnes conditions sans aucune pression sur les scientifiques » [10]. Cet amendement a été rejeté [1].</p>
<p>La décision est donc renvoyée à la science, comme promis. Reste à savoir avec quoi. Sur l&rsquo;acétamipride, l&rsquo;autorité européenne signale des « incertitudes majeures » et réclame d&rsquo;autres études [4]. Elle a divisé par cinq ses valeurs sanitaires de référence en 2024, par manque de données, pas parce qu&rsquo;un effet serait établi [5]. Sur le flupyradifurone, l&rsquo;évaluation de 2015 s&rsquo;appuyait sur un guide dépassé et sur la seule abeille domestique [9]. Celle de 2023 n&rsquo;a pas pu conclure, faute d&rsquo;informations du fabricant [8].</p>
<p>Ces pièces manquent depuis 2015. Deux mois n&rsquo;en produiront aucune. L&rsquo;agence ne comblera pas le dossier, elle dira oui ou non sur le dossier tel qu&rsquo;il est. C&rsquo;est cela que le vote du 20 juillet a tranché, sans que les amendements qui le contestaient soient mis aux voix.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://lcp.fr/actualites/urgence-agricole-l-assemblee-adopte-la-loi-malgre-un-article-controverse-sur-le-retour">Urgence agricole : l'Assemblée adopte la loi malgré un article controversé sur le retour de pesticides</a>. LCP (chaîne parlementaire) (2026-07-21)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.conseil-etat.fr/avis-consultatifs/derniers-avis-rendus/a-l-assemblee-nationale-et-au-senat/avis-sur-une-proposition-de-loi-visant-a-attenuer-une-surtransposition-relative-a-l-utilisation-de-produits-phytopharmaceutiques-afin-d-eviter-la-d">Avis sur une proposition de loi visant à atténuer une surtransposition relative à l'utilisation de produits phytopharmaceutiques</a>. Conseil d'État (2026-03-26)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.inrae.fr/actualites/rapport-2025-alternatives-usage-neonicotinoides">Rapport 2025 sur les alternatives à l'usage des néonicotinoïdes (synthèse)</a>. INRAE (2025-10-28)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-vrai-du-faux/que-sait-on-des-consequences-de-l-acetamipride-sur-la-sante-humaine_8064662.html">Que sait-on des conséquences de l'acétamipride sur la santé humaine ?</a>. franceinfo (Le vrai du faux) (2026-07-21)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-44091-avis-efsa-acetamipride-2024.pdf">Statement on the toxicological properties and maximum residue levels of acetamiprid and its metabolites (DOI 10.2903/j.efsa.2024.8759)</a>. EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) (2024-03-27)</li><li id="ref-6"><a href="https://vert.eco/articles/bebes-contamines-abeilles-en-danger-cinq-chiffres-fous-sur-lacetamipride">Bébés contaminés, abeilles en danger : cinq chiffres sur l'acétamipride</a>. Vert (2025-07-01)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.inserm.fr/wp-content/uploads/2021-06/inserm-expertisecollective-pesticides2021-synthese.pdf">Pesticides et santé : nouvelles données (expertise collective, synthèse)</a>. INSERM (2021-06-01)</li><li id="ref-8"><a href="https://vert.eco/agriculture/laurent-duplomb-et-le-senat-veulent-le-reautoriser-revelations-sur-le-flupyradifurone-cet-autre-pesticide-tueur-dabeilles/">Révélations sur le flupyradifurone, cet autre pesticide « tueur d'abeilles »</a>. Vert (2026-07-01)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.generations-futures.fr/publications/acetamipride-et-flupyradifurone/">Fiche substance : flupyradifurone (dossier acétamipride et flupyradifurone)</a>. Générations Futures (2026-03-01)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.franceinfo.fr/environnement/transition-ecologique-de-l-agriculture/pesticides/le-gouvernement-s-en-remet-au-parlement-pour-trancher-la-reintroduction-de-l-acetamipride-avant-le-vote-solennel-du-projet-de-loi-agricole_8115428.html">Le gouvernement s'en remet au Parlement pour trancher la réintroduction de l'acétamipride, avant le vote solennel du projet de loi agricole</a>. franceinfo (2026-07-20)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.franceinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/l-assemblee-nationale-adopte-le-projet-de-loi-d-urgence-agricole-malgre-la-reintroduction-a-titre-derogatoire-de-pesticides_8115608.html">L'Assemblée nationale adopte le projet de loi d'urgence agricole, malgré un article contesté permettant la réintroduction à titre dérogatoire de pesticides</a>. franceinfo (2026-07-21)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/8427">Scrutin public n°8427 sur l'ensemble du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles</a>. Assemblée nationale (2026-07-20)</li><li id="ref-13"><a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex:32009R1107">Règlement (CE) n°1107/2009 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, articles 7 et 8</a>. Union européenne, Journal officiel L 309 du 24 novembre 2009 (2009-10-21)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000465574/">Arrêté du 11 janvier 2007 relatif aux limites et références de qualité des eaux brutes et des eaux destinées à la consommation humaine</a>. Légifrance (2007-01-11)</li><li id="ref-15"><a href="https://agriculture.gouv.fr/enjeux-et-utilisations-du-service-de-pollinisation-en-france-analyse-ndeg203">Enjeux et utilisations du service de pollinisation en France (Analyse n°203, Centre d'études et de prospective)</a>. Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (2024-07-11)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/le-senat-vote-la-reintroduction-de-lacetamipride-malgre-les-alertes-scientifiques-et">Le Sénat vote la réintroduction de l'acétamipride, malgré les alertes scientifiques et médicales</a>. What's up Doc (presse médicale) (2026-06-30)</li><li id="ref-17"><a href="https://www.pleinchamp.com/actualite/apres-le-vote-du-parlement-la-loi-d-urgence-agricole-en-partance-pour-le-conseil-constitutionnel">Après le vote du Parlement, la loi d'urgence agricole en partance pour le Conseil constitutionnel</a>. Pleinchamp (presse agricole) (2026-07-22)</li></ol>]]></description></item><item><title>Dans le désert le plus sec du monde, des plantes qui ne boivent jamais de pluie</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/atacama-plantes-secheresse-cultures/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/atacama-plantes-secheresse-cultures/</guid><pubDate>Sat, 18 Jul 2026 10:07:18 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Agriculture</category><category>Sécheresse</category><category>Recherche</category><category>Climat</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/atacama-plantes-secheresse-cultures/cover.webp" length="79546" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Dans le nord du Chili s&rsquo;étend un désert où, certaines années, il ne tombe pas une seule goutte. Des plantes y vivent quand même. Elles captent l&rsquo;eau de l&rsquo;air, s&rsquo;allient à des microbes du sol, fabriquent leurs propres protections. En les observant, la recherche commence à dresser une liste de pistes pour cultiver là où l&rsquo;eau manque.</div>

<h2 id="un-désert-où-la-pluie-a-presque-disparu">Un désert où la pluie a presque disparu</h2>
<p>L&rsquo;Atacama est le désert le plus sec de la planète, hors des pôles. Son cœur reçoit moins de deux millimètres de pluie par an [1]. Des années entières passent sans une averse [5]. Trois causes se cumulent : l&rsquo;air sec qui descend sous les tropiques, un courant marin froid le long de la côte, et le mur des Andes qui arrête les nuages [1].</p>
<p>Cette sécheresse n&rsquo;est pas récente. La région est aride depuis des millions d&rsquo;années. Elle est si extrême qu&rsquo;elle sert de terrain d&rsquo;essai pour imaginer la vie sur Mars [2].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">moins de 2 mm</span> <span class="stat__label">de pluie par an, au cœur de l&#39;Atacama</span></aside>

<p>Et pourtant, la vie tient. Le long des reliefs, des plantes poussent, se nourrissent, se reproduisent. Comment ? La réponse tient en trois savoir-faire, et chacun intéresse ceux qui cherchent à faire pousser plus avec moins d&rsquo;eau.</p>
<aside class="pullquote">Là où la pluie a disparu depuis des millions d&rsquo;années, la vie a trouvé d&rsquo;autres portes.</aside>

<h2 id="boire-le-brouillard">Boire le brouillard</h2>
<p>Sur la bande côtière, une plante grise vit sans presque toucher terre. Ses racines ne lui servent qu&rsquo;à s&rsquo;accrocher, pas à boire [3]. Elle tire toute son eau d&rsquo;ailleurs : le brouillard marin, que les habitants appellent la camanchaca [4]. C&rsquo;est la seule source d&rsquo;eau douce permanente de ce désert côtier [4].</p>
<p>La plante capte cette brume par de fins poils, à la surface de ses feuilles [3]. Le procédé est réglé au détail près. Le rendement du brouillard grimpe avec l&rsquo;altitude, d&rsquo;environ deux litres par mètre carré vers 980 mètres à treize litres vers 1 210 mètres [3]. La brume n&rsquo;arrose ces plantes qu&rsquo;une petite partie de l&rsquo;année, mais cela suffit [4].</p>
<h2 id="des-alliés-invisibles-dans-le-sol">Des alliés invisibles dans le sol</h2>
<p>Le deuxième secret se joue sous terre. Près de leurs racines, ces plantes hébergent des bactéries utiles [5]. Certaines captent l&rsquo;azote de l&rsquo;air, d&rsquo;autres libèrent le phosphore bloqué dans le sol [5]. Ce sont deux ressources rares en terre pauvre, et deux piliers de toute culture.</p>
<p>Des chercheurs ont voulu voir si ces micro-organismes aidaient vraiment. Ils les ont fait pousser avec de la laitue, en conditions contrôlées. Les plants nourris de ces bactéries ont grandi plus vite, avec plus de racines et plus de matière [5]. L&rsquo;effet est mesuré, mais en laboratoire seulement : reste à le vérifier en plein champ [5].</p>
<h2 id="une-pharmacie-intérieure">Une pharmacie intérieure</h2>
<p>Le troisième savoir-faire est chimique. Sur un même versant, vingt-quatre espèces très différentes partagent une même série de composés [6]. Beaucoup sont des molécules qui protègent des excès de lumière et du manque d&rsquo;eau [6]. Elles reviennent chez toutes ces plantes, quelle que soit la famille.</p>
<p>Ces composés sont si liés au terrain qu&rsquo;ils suffisent à deviner les conditions du milieu dans près de huit cas sur dix [6]. Pour l&rsquo;instant, ils signalent l&rsquo;adaptation sans qu&rsquo;on ait prouvé qu&rsquo;ils la commandent [6]. Mais la piste est nette : ces plantes fabriquent leur propre trousse de secours.</p>
<h2 id="ce-que-les-cultures-pourraient-en-retenir">Ce que les cultures pourraient en retenir</h2>
<p>Reste la piste la plus prometteuse, et la plus discutée : les gènes. Une étude a comparé trente-deux plantes de l&rsquo;Atacama à leurs proches parentes vivant dans des milieux plus doux [7]. Elle a repéré 265 gènes portant la marque d&rsquo;une sélection pour survivre avec peu d&rsquo;eau, en sol pauvre, sous forte lumière [7].</p>
<p>Un détail change tout. Certaines de ces plantes très résistantes sont cousines de cultures de base : céréales, légumineuses, famille de la pomme de terre [7]. L&rsquo;une d&rsquo;elles est même proche de la tomate cultivée [7]. Les chercheurs y voient une « mine génétique » pour concevoir des cultures plus solides face au climat [7].</p>
<p>Une découverte plus récente affine la leçon, et la rend plus crédible. Les voies chimiques qui rendent ces plantes robustes ne sont pas propres au désert. Les cultures ordinaires les possèdent déjà : l&rsquo;Atacama les a seulement poussées à leur maximum [8]. La piste n&rsquo;est donc pas d&rsquo;importer un gène magique. Elle serait plutôt de réveiller chez les cultures des capacités qu&rsquo;elles gardent en réserve [8].</p>
<h2 id="une-piste-sérieuse-pas-encore-une-récolte">Une piste sérieuse, pas encore une récolte</h2>
<p>Rien de tout cela ne pousse encore dans un champ. À ce jour, aucune variété résistante née de ces travaux n&rsquo;existe [9]. Les 265 gènes restent des candidats : une trace statistique, pas une fonction démontrée dans la plante [7]. Passer à une vraie culture demanderait du génie génétique, pas une simple sélection de graines [7]. Les relais de l&rsquo;étude le disent sans détour : ces découvertes ne donneront pas de nourriture miracle du jour au lendemain [9].</p>
<p>Il faut aussi éviter une confusion. On cultive déjà dans l&rsquo;Atacama, de la vigne notamment, une tradition vieille de plusieurs siècles [10]. Mais cela tient à l&rsquo;irrigation et à de petites oasis, pas à une robustesse innée des plants [10]. Amener de l&rsquo;eau et transmettre la force d&rsquo;une plante sauvage sont deux histoires distinctes.</p>
<p>Ce que ces plantes apprennent aujourd&rsquo;hui, ce ne sont donc pas des semences prêtes à mettre en terre. Ce sont des cibles précises et une méthode : capter l&rsquo;eau autrement, s&rsquo;allier aux bons microbes, activer les bonnes défenses. Une boîte à outils du vivant, mise au point sur des millions d&rsquo;années de sécheresse [2]. Face à des étés qui s&rsquo;assèchent, savoir où chercher est déjà une belle avance.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.nature.com/articles/s41598-019-41743-8">Climatic fluctuations in the hyperarid core of the Atacama Desert during the past 215 ka</a>. Scientific Reports (Nature Portfolio) (2019-03-27)</li><li id="ref-2"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5463503/">The Hyperarid Core of the Atacama Desert, an Extremely Dry and Carbon Deprived Habitat</a>. Frontiers in Microbiology (2017)</li><li id="ref-3"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7713976/">Ecophysiology of Tillandsia landbeckii in the coastal Atacama Desert</a>. Ecology and Evolution (2020)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.uc.cl/en/news/plants-living-on-the-edge-of-aridity-in-the-atacama-desert/">Plants Living on the Edge of Aridity in the Atacama Desert</a>. Université pontificale catholique du Chili (UC Chile) (2020)</li><li id="ref-5"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11237387/">Plant growth-promoting bacteria from the rhizosphere of halophytes in the hyperarid Atacama Desert</a>. Microbiology Spectrum (American Society for Microbiology) (2024-04-30)</li><li id="ref-6"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9324839">Predictive metabolomics of native plants across an altitudinal gradient in the Atacama Desert</a>. New Phytologist (2022-03-29)</li><li id="ref-7"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8609638/">Plant ecological genomics at the limits of life in the Atacama Desert</a>. PNAS (2021)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.uc.cl/en/news/how-do-plants-in-the-atacama-desert-adapt-to-drought/">How Do Plants in the Atacama Desert Adapt to Drought?</a>. Université pontificale catholique du Chili (UC Chile) (2024)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.thedailybeast.com/">Atacama Desert Plants Could Hold the Key to Drought-Resistant Crops</a>. The Daily Beast (2021)</li><li id="ref-10"><a href="https://southamericawineguide.com/atacama-desert-wines-a-400-year-old-pintatani-wine-tradition-a-guide-to-the-wines-of-northern-chile/">Atacama Desert Wines: a 400-year-old Pintatani wine tradition</a>. South America Wine Guide (2019)</li></ol>]]></description></item><item><title>Le prix du bœuf grimpe, l'éleveur vend souvent à perte</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/abattage-bovin-concentration-eleveurs-prix/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/abattage-bovin-concentration-eleveurs-prix/</guid><pubDate>Sat, 18 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Agriculture</category><category>Élevage</category><category>Prix alimentaires</category><category>Grande distribution</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/abattage-bovin-concentration-eleveurs-prix/cover.webp" length="44562" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le prix du bœuf a monté trois années de suite. Dans le même temps, beaucoup d&rsquo;éleveurs ont vendu leurs bêtes sous leur coût de production. Une poignée de groupes concentre l&rsquo;abattage. Reste une question simple, à laquelle les chiffres officiels répondent : où va l&rsquo;argent.</div>

<h2 id="léleveur-vend-sa-bête-sous-son-prix-de-revient">L&rsquo;éleveur vend sa bête sous son prix de revient</h2>
<p>La France est le premier producteur de bœuf d&rsquo;Europe [5]. Derrière ce rang, des fermes qui tiennent à peine. Fin 2023, il fallait vendre une vache de type viande 6,20 € le kilo de carcasse pour rentrer dans ses frais, selon l&rsquo;indicateur de coût de la filière [2]. Début 2024, le marché en payait 5,40 à 5,80 € [2]. Sous le seuil. Une vente à perte.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Premier producteur de bœuf d&rsquo;Europe, et l&rsquo;un des revenus agricoles les plus bas.</aside>

<p>Ce n&rsquo;est pas un accident de calendrier. Le revenu d&rsquo;un éleveur de bœuf est l&rsquo;un des plus bas de l&rsquo;agriculture française. Environ 18 000 € par an sur la période 2015-2019, tombés à 13 251 € en 2020, d&rsquo;après la Cour des comptes [1]. Sans les aides publiques, plus de neuf éleveurs de bœuf sur dix seraient en déficit [1]. L&rsquo;élevage bovin, lait et viande réunis, touche 4,3 milliards d&rsquo;euros d&rsquo;aides par an. C&rsquo;est l&rsquo;activité agricole la plus subventionnée du pays [1].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">13 251 €</span> <span class="stat__label">le revenu annuel moyen d&#39;un éleveur de bœuf en 2020</span></aside>

<p>Le nombre de fermes fond. 112 000 exploitations bovines en 2020, un quart de moins qu&rsquo;en 2010 [1]. Le cheptel recule aussi : 2,9 millions de bovins en moins depuis 2016, soit une baisse de 15 % [3]. La cause n&rsquo;est pas unique. Un revenu trop bas, des sécheresses, des maladies animales depuis 2023, des éleveurs qui partent en retraite sans repreneur. Et le mouvement touche toute l&rsquo;Europe, de l&rsquo;Allemagne à l&rsquo;Irlande [3].</p>
<h2 id="ni-le-supermarché-ni-labattoir-ne-senrichissent-sur-le-bœuf">Ni le supermarché ni l&rsquo;abattoir ne s&rsquo;enrichissent sur le bœuf</h2>
<p>Un récit revient à chaque hausse de prix : la grande distribution se gaverait sur le dos du client et de l&rsquo;éleveur. Sur le bœuf, les comptes officiels racontent autre chose.</p>
<p>Sur 100 € de bœuf vendu en 2025, environ 25 € reviennent à la grande surface [6]. Une grosse part. Mais ce n&rsquo;est pas du bénéfice. Il faut encore payer la découpe en magasin, les bouchers, le froid, les invendus. Une fois ces coûts réglés, le rayon boucherie des supermarchés dégage une marge nette nulle, parfois négative : -0,3 % en 2020 [7]. Le bœuf ne rapporte pas gros au distributeur.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">-0,3 %</span> <span class="stat__label">marge nette du rayon boucherie des supermarchés sur le bœuf en 2020</span></aside>

<p>Même constat à l&rsquo;abattoir. Son résultat courant tourne autour de 1 % du chiffre d&rsquo;affaires [7], et il était négatif sur le bœuf en 2024 [8]. La part du prix qui va à l&rsquo;abattage a même reculé, de 16 % en 2024 à 11,9 % en 2025 [6]. Ce maillon encaisse les hausses de coûts, il ne les empoche pas.</p>
<p>La plus grosse part du prix, et une part qui monte, rémunère la matière première, c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;animal : environ 63 % en 2025, contre la moitié avant 2022 [6]. Attention, ce n&rsquo;est pas ce que touche l&rsquo;éleveur. Ce pourcentage rapporte la valeur de la bête au kilo de viande vendu en rayon. Or une carcasse donne moins de viande que son poids. Le reste (os, abats, cuir) se vend à part. Résultat, cette part passe au-dessus du prix de la carcasse que l&rsquo;éleveur encaisse vraiment [5]. L&rsquo;écart est de l&rsquo;ordre de 30 %. Le prix, lui, a bien grimpé. Le panier de bœuf en grande surface est passé de 10,93 € le kilo en 2016 à 15,83 € en 2025 [5, 6]. Mais cette hausse ne s&rsquo;est transformée en profit visible nulle part le long de la chaîne.</p>
<h2 id="le-déséquilibre-se-joue-à-lachat-de-la-bête">Le déséquilibre se joue à l&rsquo;achat de la bête</h2>
<p>Si le surprix ne part pas en bénéfice, où penche la balance. Les sources publiques la situent au moment de l&rsquo;achat, quand l&rsquo;éleveur vend son animal.</p>
<p>D&rsquo;un côté, une multitude d&rsquo;éleveurs dispersés. De l&rsquo;autre, une demande resserrée. Le Sénat parle de « seulement quatre centrales d&rsquo;achat » face à une offre « fort peu concentrée » [4]. L&rsquo;agriculteur devient « preneur de prix » : il subit le tarif plus qu&rsquo;il ne le négocie [4]. La Cour des comptes fait le même constat, les éleveurs dispersés « ne sont pas en bonne position pour négocier » [1].</p>
<p>L&rsquo;abattage, lui, s&rsquo;est resserré sur quelques mains. Le maillage se réduit depuis des décennies : 230 abattoirs de boucherie en 2024, une trentaine pourrait encore fermer d&rsquo;ici un an, selon une mission parlementaire [11]. Au sommet, une poignée de groupes. En 2015, dernière répartition publique complète, les cinq premiers faisaient déjà 73 % des volumes de gros bovins [9]. Le premier, le groupe Bigard, en pesait 39 % à lui seul [9]. Une enquête récente estime qu&rsquo;il abat aujourd&rsquo;hui environ un bovin sur trois en France, mesuré en capacité accessible à l&rsquo;éleveur [10]. Il n&rsquo;existe pas de chiffre officiel unique plus récent : la part exacte dépend de ce que l&rsquo;on mesure [10].</p>
<h2 id="deux-lois-pour-rééquilibrer-un-marché-resté-au-comptant">Deux lois pour rééquilibrer, un marché resté au comptant</h2>
<p>Face à ce déséquilibre, deux lois. EGalim en 2018, EGalim 2 en 2021. L&rsquo;idée : partir du coût de production de l&rsquo;éleveur pour bâtir le prix, et non l&rsquo;inverse [1]. EGalim 2 a même rendu le contrat obligatoire pour le bœuf, début 2022 [1].</p>
<p>Sur le terrain, le contrat reste l&rsquo;exception. En 2023, la Cour des comptes décrit une filière « particulièrement déstructurée » [1]. Elle constate que 95 % des ventes de gros bovins se font encore au comptant, prix et volume fixés au coup par coup [1]. Les contrats qui intègrent un vrai coût de production pèsent environ 2 % [1]. La coopérative ne vend qu&rsquo;un tiers des bêtes. La moitié des éleveurs traitent en direct avec un négociant [1].</p>
<p>Pour un vrai bilan, la Cour juge qu&rsquo;il est encore trop tôt [1]. Mais le diagnostic qu&rsquo;elle cite n&rsquo;est « pas favorable » à cette filière [1].</p>
<p>Reste la question de fond. La concentration fait-elle baisser le prix payé à l&rsquo;éleveur. La Cour des comptes et le Sénat décrivent le même déséquilibre de négociation [1, 4]. Aucun ne le démontre comme une cause unique et isolée. Le prix dépend aussi de l&rsquo;offre : la baisse du cheptel a raréfié les bêtes et soutenu les cours en 2023 et 2024 [3]. Le rapport de force n&rsquo;explique pas tout. Mais il pèse, et il penche du même côté depuis des années.</p>
<p>La viande coûte plus cher. L&rsquo;éleveur n&rsquo;en profite guère. Le distributeur non plus, sur ce produit. L&rsquo;argent se joue plus tôt, au moment où quelques acheteurs fixent le prix d&rsquo;une bête. C&rsquo;est là que se décide ce que gagne celui qui l&rsquo;a élevée.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2023-10/20230522-S2023-0466-Soutiens-publics-eleveurs-bovins.pdf">Les soutiens publics aux éleveurs de bovins</a>. Cour des comptes (2023-05)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.web-agri.fr/vaches-allaitantes-pmtva/article/862431/l-idele-revoit-a-la-hausse-l-indicateur-de-cout-de-production-en-bovin-viande">L'Idele revoit à la hausse l'indicateur de coût de production en bovin viande / Revenus 2023 en élevage bovins viande</a>. Web-agri et Réussir (chiffres Institut de l'élevage) (2024)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/download/publication/publie/SynAbo25440/consyn440202506-Bovins.pdf">Production bovine et décapitalisation du cheptel en 2024 (Synthèses conjoncturelles n°440)</a>. Agreste, service statistique du ministère de l'Agriculture (2025-06)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.senat.fr/rap/r19-649/r19-649_mono.html">Agriculture et droit de la concurrence : redonner un pouvoir de marché aux agriculteurs (rapport n°649)</a>. Sénat, commission des affaires européennes (2020-07)</li><li id="ref-5"><a href="https://observatoire-prixmarges.franceagrimer.fr/sites/default/files/pictures/microsoft_word_-_07_2025_section_2_viande_bovine_v4.docx_.pdf">Rapport au Parlement 2025, section viande bovine (données 2024)</a>. Observatoire de la formation des prix et des marges / FranceAgriMer (2025)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.reussir.fr/lesmarches/viande-bovine-les-marges-brutes-de-labattage-decoupe-ont-fondu-en-2025">Viande bovine : les marges brutes de l'abattage-découpe ont fondu en 2025 (données OFPM 2026)</a>. Réussir Les Marchés (2026)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.web-agri.fr/marches-agricoles/article/222407/en-2020-et-2021-quelles-marges-pour-l-industrie-et-la-distribution-">En 2020 et 2021, quelles marges pour l'industrie et la distribution ? (données OFPM)</a>. Web-agri (2022)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.reussir.fr/prix-et-marges-des-produits-alimentaires-que-dit-lobservatoire-2026">Prix et marges des produits alimentaires : que dit l'Observatoire 2026 ? (données 2024)</a>. Réussir (données OFPM 2026) (2026)</li><li id="ref-9"><a href="https://tendances-lait-viande.fr/wp-content/uploads/2019/11/Marché-Viande-bovine-repères-et-fondamentaux.pdf">Marché de la viande bovine : repères et fondamentaux (répartition des volumes d'abattage 2015, données FranceAgriMer)</a>. Institut de l'Élevage (2019)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.lighthousereports.com/methodology/how-we-measured-consolidation-in-frances-cattle-industry-from-the-farmers-perspective/">How we measured consolidation in France's cattle industry from the farmers' perspective</a>. Lighthouse Reports (2026-07)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.reussir.fr/lesmarches/mission-dinformation-sur-les-problematiques-economiques-de-labattage-dans-le-contexte-de-reduction">Mission d'information sur les problématiques économiques de l'abattage (rapport A.N. n°1465)</a>. Réussir Les Marchés (2025-05)</li></ol>]]></description></item><item><title>Le citron le plus au nord du monde renaît sur les collines de Menton</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/citron-menton-terroir-transmission-filiere/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/citron-menton-terroir-transmission-filiere/</guid><pubDate>Sat, 11 Jul 2026 08:37:33 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Agriculture</category><category>Terroir</category><category>Menton</category><category>Gastronomie</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/citron-menton-terroir-transmission-filiere/cover.webp" length="110852" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Sur les hauteurs de Menton, des arbres portent des fruits jaune vif presque toute l&rsquo;année. Ce citron pousse là où aucun autre ne mûrit aussi loin au nord. Il a bien failli disparaître pour de bon. Aujourd&rsquo;hui, une poignée de producteurs le fait renaître, terrasse après terrasse.</div>

<h2 id="un-fruit-que-seul-ce-bout-de-côte-sait-faire">Un fruit que seul ce bout de côte sait faire</h2>
<p>Le citron de Menton n&rsquo;est pas une variété rare. L&rsquo;appellation protégée couvre cinq types de citronniers, pas un seul [1]. Ce qui le rend unique, c&rsquo;est l&rsquo;endroit. C&rsquo;est la zone de culture du citron la plus septentrionale au monde [1]. Un hémicycle de montagnes de plus de 1 000 mètres l&rsquo;abrite du froid. L&rsquo;air d&rsquo;été y reste humide, ce qui est rare sur la Méditerranée [1].</p>
<p>Le goût vient de là. Le texte officiel de l&rsquo;appellation l&rsquo;explique simplement. Le relatif manque de chaleur freine l&rsquo;accumulation de sucre dans le fruit [1]. Il en sort une saveur mi-acide, sans amertume [1]. L&rsquo;écorce est finement granulée et colle aux quartiers. Le fruit garde sa couleur jaune vif et se conserve longtemps [1].</p>
<p>Rien n&rsquo;est laissé au hasard à la récolte. Les fruits sont cueillis à la main, en plusieurs passages, tout au long de l&rsquo;année [1]. Aucun traitement chimique après la cueillette. Aucune cire pour les faire briller [1]. Beaucoup partent avec une ou deux feuilles encore attachées, comme preuve de fraîcheur [1].</p>
<aside class="pullquote">Ce n&rsquo;est pas une variété rare qui fait le citron de Menton. C&rsquo;est un bout de côte abrité par la montagne.</aside>

<h2 id="de-dizaines-de-milliers-darbres-à-presque-rien">De dizaines de milliers d&rsquo;arbres à presque rien</h2>
<p>L&rsquo;histoire de ce fruit est ancienne. Les premiers agrumes apparaissent à Menton vers 1341 [2]. Du milieu du XVIIIe au milieu du XIXe siècle, l&rsquo;agrume est la première activité de la ville [2]. On comptait alors des dizaines de milliers de citronniers sur les collines [2].</p>
<p>Puis tout s&rsquo;est effondré. Les gels, la concurrence, l&rsquo;urbanisation touristique ont grignoté les vergers [2]. En 1956, un champignon, le mal secco, ravage les citronniers [2]. Le déclin devient chute. En 2012, il ne reste que 5 000 arbres dans toute la zone [2].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">5 000</span> <span class="stat__label">citronniers restants en 2012, avant la relance</span></aside>

<p>La ville n&rsquo;a pas laissé faire. Dès 1992, elle aide les agrumiculteurs et protège les terres [2]. Une association de producteurs naît en 2004 [2]. En 2015, le citron de Menton décroche son appellation protégée européenne [3]. Entre 2004 et 2012, environ 3 000 arbres sont plantés ou remis en état [2]. Et la replantation continue. Sur la seule année 2020-2021, plus de 2 000 arbres de plus ont été mis en terre [6].</p>
<h2 id="le-savoir-faire-passe-la-main">Le savoir-faire passe la main</h2>
<p>À la Maison du Citron, la transmission s&rsquo;est faite de père en fils. Laurent Gannac s&rsquo;installe en 1990 et plante ses premiers citronniers [5]. Son fils Adrien reprend l&rsquo;exploitation en 2015, après des études de commerce [5]. Il a été primé jeune agriculteur en 2020 [5]. La maison emploie aujourd&rsquo;hui six salariés et trois apprentis, et vise le millier d&rsquo;arbres [5].</p>
<p>Le métier reste rude, et Adrien Gannac ne le cache pas [5].</p>
<blockquote>
<p>« Les terrains sont petits et trop pentus pour permettre l&rsquo;utilisation d&rsquo;outils mécaniques. »</p>
</blockquote>
<p>Tout se fait donc à la main, sur les terrasses de pierre. Ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;une contrainte. C&rsquo;est aussi ce qui garantit une cueillette au bon moment.</p>
<p>La relève ne vient pas que des familles historiques. Lyes El Achi, 43 ans, est un nouveau venu dans le métier [6]. Il a planté ses soixante premiers citronniers sur son terrain [6]. Il faudra patienter. Un citronnier met environ cinq ans à donner sa première vraie récolte [6].</p>
<p>Derrière les producteurs, des jardins veillent sur la diversité du fruit. Le jardin botanique du Val Rahmeh, rattaché au Muséum national d&rsquo;histoire naturelle, conserve les agrumes depuis les années 1930 [7]. Certains pieds ont plus de cent ans [7]. On y compte 24 espèces d&rsquo;agrumes, pour 52 formes différentes [7]. C&rsquo;est une mémoire vivante, gardée au cas où.</p>
<h2 id="une-renaissance-qui-passe-par-la-table">Une renaissance qui passe par la table</h2>
<p>Le citron de Menton a retrouvé du prestige par la cuisine. Dans la ville, le Mirazur affiche trois étoiles au guide Michelin [10]. Il a été élu meilleur restaurant du monde en 2019 [10]. Le chef cultive ses propres agrumes dans les jardins du restaurant [10].</p>
<p>La transformation fait vivre tout un artisanat. La Maison Herbin fabrique ses confitures à Menton depuis 1974, plus de 180 recettes préparées sur place [9]. Elle porte le label d&rsquo;entreprise du patrimoine vivant [9]. La Maison Gannac, elle, distille un limoncello bio récompensé d&rsquo;une médaille d&rsquo;or au Concours général agricole 2025 [8]. Rien ne se perd. La partie blanche de l&rsquo;agrume, restée après le zeste et le jus, devient une pâte à tartiner [8].</p>
<p>Et il y a la fête. Chaque hiver, la Fête du Citron habille les jardins Biovès de décors d&rsquo;agrumes [11]. Née en 1934, elle est inscrite depuis 2019 au patrimoine culturel immatériel [11].</p>
<h2 id="si-précieux-quon-ne-le-gaspille-pas-en-décor">Si précieux qu&rsquo;on ne le gaspille pas en décor</h2>
<p>Un détail dit tout de ce fruit. Les tonnes d&rsquo;agrumes qui décorent les chars de la fête ne viennent pas de Menton. Elles sont importées d&rsquo;Espagne [4]. La raison est simple. La récolte locale est bien trop rare et trop chère pour finir en ornement. Sur les cinq communes de l&rsquo;appellation, les producteurs récoltent une quantité sans commune mesure avec les grands fournisseurs espagnols [4]. Le citron de Menton se vend autour de dix euros le kilo [4]. Il part dans les assiettes et les bocaux, pas sur les chars [4].</p>
<p>Cette rareté fait la force et la fragilité de la filière. Le climat qui change lui pose une vraie question. À rebours de l&rsquo;intuition, la chaleur douce n&rsquo;est pas l&rsquo;ennemi principal des agrumes [12]. C&rsquo;est l&rsquo;eau. Le manque d&rsquo;eau est le facteur qui bride le plus les arbres [12]. Au-delà d&rsquo;environ quatre degrés de réchauffement, il n&rsquo;y aurait plus d&rsquo;adaptation possible, prévient une expertise indépendante [12]. En 2023, une sécheresse a même forcé l&rsquo;appellation à abaisser un temps la taille minimale des fruits, par arrêté [13].</p>
<p>La filière ne l&rsquo;attend pas les bras croisés. Elle travaille avec la recherche publique sur des variétés plus résistantes à la sécheresse, sans perdre le goût [14]. Elle récupère l&rsquo;eau de pluie et couvre les sols pour garder l&rsquo;humidité [14]. Le pari se joue sur le temps long, à hauteur d&rsquo;arbre. Celui qu&rsquo;on plante aujourd&rsquo;hui donnera ses premiers citrons dans cinq ans. Sur les terrasses de Menton, on a appris à être patient.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://info.agriculture.gouv.fr/gedei/site/bo-agri/document_administratif-735ca22e-cd8a-4112-9dfc-61ffde2e063c/telechargement">Cahier des charges de l'IGP « Citron de Menton » (homologué par arrêté du 2 décembre 2014)</a>. Ministère de l'Agriculture / INAO (2014-12-02)</li><li id="ref-2"><a href="https://extranet.inao.gouv.fr/fichier/PNODUIGPCitrondeMenton.pdf">Document unique IGP « Citron de Menton »</a>. INAO (Institut national de l'origine et de la qualité) (2015-09-21)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.inao.gouv.fr/produit/citron-de-menton-4371">Fiche produit IGP « Citron de Menton »</a>. INAO (2015-09-21)</li><li id="ref-4"><a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/alpes-maritimes/menton/de-l-espagne-a-menton-decouvrez-le-parcours-des-agrumes-qui-decoreront-les-chars-de-la-fete-du-citron-2704218.html">De l'Espagne à Menton, le parcours des agrumes qui décoreront les chars de la Fête du Citron</a>. France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur / franceinfo (2025-02-01)</li><li id="ref-5"><a href="https://agriculture.gouv.fr/la-maison-du-citron-agrumiculteurs-de-pere-en-fils-menton">La Maison du Citron, agrumiculteurs de père en fils</a>. Ministère de l'Agriculture (2021-01-01)</li><li id="ref-6"><a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/alpes-maritimes/menton/avec-50-tonnes-de-citrons-igp-de-menton-vendues-le-bilan-est-un-zeste-decevant-pour-certains-producteurs-2110432.html">Avec 50 tonnes de citrons IGP de Menton vendues, le bilan est un zeste décevant pour certains producteurs</a>. France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur / franceinfo (2021-06-01)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.mnhn.fr/fr/decouvrez-les-agrumes-du-jardin-botanique-val-rahmeh-a-menton">Découvrez les agrumes du Jardin botanique Val Rahmeh à Menton</a>. Muséum national d'histoire naturelle (2024-01-01)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.lamaisonducitron.com/products/limoncello-bio-2">Limoncello bio au citron de Menton IGP</a>. Maison Gannac (La Maison du Citron) (2025-01-01)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.ici.fr/emissions/bienvenue-chez-vous-ici-azur/la-confiture-de-la-maison-herbin-recompensee-au-salon-de-l-agriculture-9009000">La confiture de la Maison Herbin récompensée au Salon de l'agriculture</a>. ici / France Bleu Azur (2025-03-01)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.mirazur.fr/en/">Mirazur, restaurant de Mauro Colagreco à Menton</a>. Mirazur (2026-07-11)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.fete-du-citron.com/Histoire-de-la-Fete-du-Citron-R.html">Histoire de la Fête du Citron</a>. Fête du Citron (Ville de Menton) (2026-07-11)</li><li id="ref-12"><a href="https://consequences-france.org/evenement-a-menton-agrumes-et-changement-climatique-dans-le-sud-est-conference-avec-serge-zaka/">Agrumes et changement climatique dans le Sud-Est : conférence avec Serge Zaka</a>. Conséquences (2024-01-01)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047478032">Arrêté du 21 avril 2023 modifiant temporairement le cahier des charges de l'IGP « Citron de Menton »</a>. Journal officiel / Légifrance (2023-04-21)</li><li id="ref-14"><a href="https://monde-epicerie-fine.fr/igp-citron-de-menton-secheresse/">L'IGP Citron de Menton anticipe les suites du réchauffement</a>. Le monde de l'épicerie fine (2024-01-01)</li></ol>]]></description></item><item><title>Climat : l'adaptation coûte déjà des milliards, surtout de l'argent public</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/cout-adaptation-climat-qui-paie/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/cout-adaptation-climat-qui-paie/</guid><pubDate>Thu, 09 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Climat</category><category>Assurance</category><category>Agriculture</category><category>Canicule</category><category>Dépense publique</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/cout-adaptation-climat-qui-paie/cover.webp" length="227290" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Au 1er janvier 2025, une ligne a grimpé sur presque tous les contrats d&rsquo;assurance habitation. La surprime pour les catastrophes naturelles est passée de 12 à 20 %. Environ 41 euros par an pour un ménage, contre 25 avant. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;une ligne. Derrière, une facture déjà chiffrée en milliards. Et elle est surtout payée par de l&rsquo;argent public.</div>

<h2 id="la-surprime-a-grimpé-et-ce-nest-quun-début">La surprime a grimpé, et ce n&rsquo;est qu&rsquo;un début</h2>
<p>Cette hausse n&rsquo;est pas un hasard. Elle a été décidée par arrêté [1]. Le motif officiel tient en une phrase. Les dégâts climatiques augmentent, et cette cotisation n&rsquo;avait pas bougé depuis près de 25 ans [1]. Pour un ménage, un assureur chiffre l&rsquo;effet à environ 41 euros par an, contre 25 avant [2].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">41 €</span> <span class="stat__label">la cotisation catastrophes naturelles d&#39;un ménage en 2025, contre 25 € avant</span></aside>

<p>Les chiffres récents sont lourds. En 2022, les assureurs ont indemnisé 10,6 milliards d&rsquo;euros de dégâts climatiques [3]. De la grêle et une sécheresse d&rsquo;une ampleur inédite depuis 40 ans [3]. Bien plus que la moyenne des années d&rsquo;avant.</p>
<p>Un raccourci circule pourtant. Le climat ferait exploser le coût de l&rsquo;assurance. C&rsquo;est en partie faux. La fédération des assureurs projette 143 milliards d&rsquo;euros de dégâts cumulés d&rsquo;ici 2050 [4]. Le changement climatique pèse pour un tiers dans la hausse projetée, environ 24 milliards [4]. Le reste vient d&rsquo;ailleurs. Le pays a construit plus de biens, plus chers, dans des zones à risque [4].</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">La note grimpe parce que la richesse s&rsquo;est accumulée là où ça inonde et là où ça sèche.</aside>

<p>Le réassureur public, lui, projette une sinistralité en hausse de 40 % d&rsquo;ici 2050 sous le seul effet du climat [5]. Le sens est clair, même si ces chiffres mesurent des choses différentes. Les dégâts vont coûter beaucoup plus cher.</p>
<p>Le régime qui couvre ces dégâts est public. Une surprime obligatoire sur chaque contrat, et la garantie de l&rsquo;État en dernier recours [1]. Chacun paie la même part, où qu&rsquo;il habite. C&rsquo;est le principe de la mutualisation.</p>
<p>Reste une question d&rsquo;argent gênante. La hausse de janvier rapporte environ 1,2 milliard d&rsquo;euros par an au régime [1]. Une partie devait aller à la prévention, par un fonds dédié [1]. Un rapport du Sénat a constaté l&rsquo;inverse. Depuis 2021, ces recettes servent surtout à combler le déficit du régime, pas à prévenir les dégâts [1].</p>
<p>Et un choix lourd approche. Faut-il continuer à faire payer tout le monde pareil ? Ou faire payer plus ceux qui vivent en zone exposée ? Une mission commandée par le gouvernement penche pour moduler la cotisation selon le risque de chaque zone [3]. Le but affiché est d&rsquo;éviter que les assureurs délaissent les secteurs les plus touchés [3]. Le revers est direct. Les habitants les plus exposés paieraient davantage. Certains pourraient ne plus être couverts du tout [3].</p>
<h2 id="dans-les-champs-cest-surtout-limpôt-qui-paie">Dans les champs, c&rsquo;est surtout l&rsquo;impôt qui paie</h2>
<p>Le climat frappe aussi l&rsquo;assiette. En 2024, la récolte de céréales à paille a chuté de 22 % par rapport aux cinq années précédentes [6]. En cause, des conditions climatiques extrêmes [6].</p>
<p>Face à ça, la France a réformé son assurance récolte en 2023 [7]. L&rsquo;État subventionne désormais 70 % de la prime d&rsquo;assurance [7]. Au-delà d&rsquo;un certain niveau de pertes, la solidarité nationale prend le relais [7]. Autrement dit, le contribuable.</p>
<p>Le coût est déjà programmé. L&rsquo;assurance récolte représente une enveloppe d&rsquo;environ 600 millions d&rsquo;euros par an d&rsquo;argent public [8]. Cet argent vient de l&rsquo;Europe, par la politique agricole, et du budget de l&rsquo;État [8]. Le marché privé seul ne porte pas ce risque.</p>
<p>Et la couverture reste faible. Seules 30 % des surfaces agricoles sont assurées contre le climat [6]. Franchises, délais de versement, une branche qui perd de l&rsquo;argent de façon chronique [6]. Beaucoup d&rsquo;agriculteurs restent donc exposés, avec pour seul filet la solidarité nationale.</p>
<p>Le surcoût va grimper. Une projection officielle l&rsquo;estime entre 3 et 4 milliards d&rsquo;euros par an d&rsquo;ici 2050 pour l&rsquo;agriculture, selon le périmètre retenu [9]. Un défaut du système inquiète surtout. L&rsquo;indemnité se calcule sur une moyenne des rendements récents [10]. Quand les mauvaises années s&rsquo;accumulent, cette référence baisse [10]. Donc l&rsquo;indemnité diminue au moment où l&rsquo;agriculteur en aurait le plus besoin [10]. L&rsquo;outil censé protéger s&rsquo;affaiblit à mesure que le climat se dégrade.</p>
<h2 id="les-canicules-une-facture-dabord-humaine">Les canicules, une facture d&rsquo;abord humaine</h2>
<p>Le coût le plus lourd des canicules ne se compte pas en euros. Il se compte en morts. La canicule de 2003 a causé environ 15 000 décès en excès [11]. Depuis, les étés meurtriers se répètent. Entre 2017 et 2024, les canicules ont été liées à 11 700 décès, selon un décompte gouvernemental [21].</p>
<p>Un chiffre demande de la prudence. Ces décomptes n&rsquo;ont pas tous le même périmètre, ils ne se comparent pas tels quels [12]. Mais une constante revient. Les personnes de 75 ans et plus forment les trois quarts des victimes [12]. Et le danger ne se limite pas aux pics médiatisés. La plupart des décès surviennent lors de chaleurs modérées mais prolongées, hors canicule officielle [12].</p>
<p>Cette facture sanitaire est portée par tous. À l&rsquo;été 2022, les fortes chaleurs ont provoqué plus de 17 000 passages aux urgences et 10 000 hospitalisations [13]. Donc l&rsquo;assurance maladie, donc le contribuable.</p>
<p>Le coût économique existe aussi. Un assureur estime qu&rsquo;un épisode de forte chaleur coûte à la France environ 9 milliards d&rsquo;euros [14]. Ceux qui trinquent en premier, ce sont ceux qui travaillent dehors. Le bâtiment, l&rsquo;agriculture [14]. Au-delà de 33 degrés, un travailleur perd environ la moitié de sa capacité [14].</p>
<p>S&rsquo;adapter coûte aussi. Les Français dépensent déjà environ 3,5 milliards d&rsquo;euros par an en climatisation [15]. Mais cette réponse a un piège. En ville, un climatiseur rejette la chaleur dehors [15]. Le froid dedans fabrique du chaud dans la rue. Chacun refroidit son logement et réchauffe le quartier de tous [15].</p>
<p>Une autre voie marche mieux. Végétaliser les villes ferait baisser la température de 2 à 3 degrés, selon un dossier gouvernemental [21]. Un fonds public y a mis 223 millions d&rsquo;euros en deux ans [21]. Moins spectaculaire qu&rsquo;un climatiseur, mais utile à tout le monde.</p>
<h2 id="personne-na-tranché-qui-doit-payer">Personne n&rsquo;a tranché qui doit payer</h2>
<p>Au total, combien coûte l&rsquo;adaptation de la France ? Personne n&rsquo;a de chiffre d&rsquo;ensemble. Un institut spécialisé milite pour investir davantage. Il a recensé 1,7 milliard d&rsquo;euros de crédits publics dédiés à l&rsquo;adaptation en 2025 [17]. Il refuse d&rsquo;en tirer un coût total [17]. Le montant dépend de choix qui n&rsquo;ont pas été faits. Que protéger, que transformer, que laisser tomber [17].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">1,7 Md€</span> <span class="stat__label">les crédits publics dédiés à l&#39;adaptation en 2025, sans chiffre d&#39;ensemble établi</span></aside>

<p>Ce même travail pointe un vide.</p>
<blockquote>
<p>« Il n&rsquo;existe pas, à ce jour, de vision globale par les pouvoirs publics de l&rsquo;enjeu du financement de l&rsquo;adaptation à l&rsquo;échelle nationale. » [17]</p>
</blockquote>
<p>La question est donc tranchée bout par bout. Une surprime ici, une subvention là. Jamais dans son entier.</p>
<p>Et l&rsquo;action reste surtout réactive [17]. Les moyens se débloquent après coup, après chaque canicule, après chaque incendie [17]. Or anticiper coûte moins cher. Intégré à un chantier déjà prévu, s&rsquo;adapter renchérit la facture de moins de 5 % [16]. Réparer après coup coûte bien plus.</p>
<p>Reste une idée fausse à écarter. Un argument circule : il suffirait de s&rsquo;adapter, au lieu de réduire les émissions. Les données disent le contraire. S&rsquo;adapter ne remplace pas prévenir [18]. Plus le climat se réchauffe, moins l&rsquo;adaptation protège [18]. Et même une action précoce ne supprime pas toutes les pertes [18]. L&rsquo;État lui-même ne pose pas l&rsquo;un contre l&rsquo;autre. Son plan prépare le pays à un climat plus chaud, tout en gardant l&rsquo;objectif de réduire les émissions [19]. Se préparer au pire n&rsquo;est ni un but ni un renoncement.</p>
<p>Un rapport public le dit sans détour : retarder l&rsquo;effort coûte plus cher [20].</p>
<p>Au bout du compte, la facture de l&rsquo;adaptation est déjà là. Elle se paie surtout en commun, par l&rsquo;impôt et par la surprime mutualisée [1, 8]. Le marché seul ne la porte pas. Mais elle ne frappe pas tout le monde pareil [3]. Les personnes âgées, les isolés, ceux qui travaillent dehors, les ménages modestes mal assurés sont les plus exposés [6, 12]. La question n&rsquo;est pas de choisir entre s&rsquo;adapter et prévenir. Elle est de décider qui paie. Aucune décision d&rsquo;ensemble n&rsquo;a encore été prise.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://questions.assemblee-nationale.fr/q17/17-1613QE.htm">Question écrite n° 1613 et réponse du gouvernement sur la surprime cat-nat et le fonds Barnier</a>. Assemblée nationale (2025-02)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.groupama.fr/assurance-habitation/conseils/surprime-cat-nat/">Augmentation du taux de la surprime Cat Nat en 2025</a>. Groupama (2025)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/Rapport_final_Mission-assurance_climat.pdf">Adapter le système assurantiel français face à l'évolution des risques climatiques (rapport Langreney)</a>. Mission gouvernementale (Langreney, Le Cozannet, Mérad) (2024-04)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.franceassureurs.fr/wp-content/uploads/2022/09/vf_france-assureurs_impact-du-changement-climatique-2050.pdf">Impact du changement climatique sur l'assurance à l'horizon 2050</a>. France Assureurs (2021-11)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.ccr.fr/consequences-du-changement-climatique-sur-le-cout-des-catastrophes-naturelles-en-france-a-horizon-2050/">Conséquences du changement climatique sur le coût des catastrophes naturelles en France à horizon 2050</a>. Caisse centrale de réassurance (CCR), avec Météo-France (2023)</li><li id="ref-6"><a href="https://theconversation.com/proteger-lagriculture-francaise-face-aux-risques-climatiques-254892">Protéger l'agriculture française face aux risques climatiques</a>. The Conversation (données ministère de l'Agriculture 2024) (2024)</li><li id="ref-7"><a href="https://agriculture.gouv.fr/la-reforme-de-lassurance-recolte">La réforme de l'assurance récolte</a>. Ministère de l'Agriculture (2023)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.senat.fr/salle-de-presse/communiques-de-presse/presse/cp20220217e.html">Engagements financiers de l'État sur l'assurance récolte (communiqué)</a>. Sénat (2022-02)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.reussir.fr/combien-le-changement-climatique-va-t-il-couter-lagriculture-francaise">Combien le changement climatique va-t-il coûter à l'agriculture française (rapport CGAAER 2022)</a>. Réussir (reprise du rapport CGAAER) (2022)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.senat.fr/questions/base/2024/qSEQ241102387.html">La moyenne olympique en assurance récolte (question écrite)</a>. Sénat (2024-11)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.inserm.fr/rapport/surmortalite-liee-a-la-canicule-daout-2003/">Surmortalité liée à la canicule d'août 2003</a>. Inserm (2003)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/en/climat/fortes-chaleurs-canicule/national-bulletin/heat-and-health-a-review-summer-2024">Chaleur et santé, bilan de l'été 2024</a>. Santé publique France (2024)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/presse/bilan-canicule-et-sante-un-ete-marque-par-des-phenomenes-climatiques-multiples-et-un-impact">Bilan canicule et santé de l'été 2022</a>. Santé publique France (2022)</li><li id="ref-14"><a href="https://news.un.org/fr/story/2019/07/1046612">Working on a warmer planet (coût de la chaleur sur le travail) et synthèse productivité</a>. Organisation internationale du travail, chiffre France attribué à Allianz Research (2019)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.i4ce.org/en/publication/adapting-french-buildings-heatwaves-what-do-we-know-climate/">Adapter les bâtiments français aux vagues de chaleur, que sait-on des coûts</a>. I4CE (2024)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.adaptation-changement-climatique.gouv.fr/comprendre/enjeux/le-cout-de-l-adaptation-et-de-l-inaction">Le coût de l'adaptation et de l'inaction</a>. Centre de ressources pour l'adaptation (Cerema / ministère) (2024)</li><li id="ref-17"><a href="https://www.i4ce.org/wp-content/uploads/2025/09/Adapter-la-France-a-plus-4-degres-moyens-besoins-financements_V1.pdf">Adapter la France à +4°C : moyens, besoins, financements</a>. I4CE (2025-09)</li><li id="ref-18"><a href="https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg2/chapter/summary-for-policymakers/">6e rapport d'évaluation, Groupe II, Résumé pour décideurs</a>. GIEC (IPCC) (2022)</li><li id="ref-19"><a href="https://www.ecologie.gouv.fr/presse/troisieme-plan-national-dadaptation-changement-climatique-pnacc-3-plus-dun-apres-85-actions">3e Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC-3) et trajectoire TRACC</a>. Ministère de la Transition écologique (2025-03)</li><li id="ref-20"><a href="https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/Rapport/2023-incidences-economiques-rapport-pisani-5juin.pdf">Les incidences économiques de l'action pour le climat (rapport Pisani-Ferry / Mahfouz)</a>. France Stratégie (2023-05)</li><li id="ref-21"><a href="https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/20260617_DP_Endurance_vagues_de_chaleur.pdf">Endurance face aux vagues de chaleur (dossier de presse)</a>. Ministère de la Transition écologique (2026-06)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>