<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Santé | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/categories/sante/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Wed, 05 Aug 2026 08:43:35 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/categories/sante/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/categories/sante/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Mortalité des nourrissons : la France était première d'Europe, elle est aujourd'hui 21e</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/mortalite-infantile-france-hausse-donnees/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/mortalite-infantile-france-hausse-donnees/</guid><pubDate>Wed, 05 Aug 2026 08:43:35 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Santé publique</category><category>Périnatalité</category><category>Enfance</category><category>Inégalités</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/mortalite-infantile-france-hausse-donnees/cover.webp" length="281504" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">En 2024, 2 700 enfants sont morts en France avant leur premier anniversaire. Un sur 250. Il y a quinze ans, il en mourait à peu près autant. Mais il naissait alors bien plus d&rsquo;enfants. Le taux, lui, remonte. La France a longtemps compté le moins de bébés morts de toute l&rsquo;Europe. Ce n&rsquo;est plus le cas.</div>

<h2 id="un-enfant-sur-250-et-la-courbe-qui-remonte">Un enfant sur 250, et la courbe qui remonte</h2>
<p>Le chiffre vient d&rsquo;un décompte officiel, publié en avril 2025 [1]. En 2024, la mortalité infantile atteint 4,1 pour 1 000 naissances. Soit 2 700 enfants morts avant un an. Le taux remonte lentement depuis le début des années 2010. Environ 1 % de plus chaque année [3].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">2 700</span> <span class="stat__label">enfants morts avant un an en France en 2024</span></aside>

<p>Il faut poser l&rsquo;échelle tout de suite. Ce niveau reste historiquement très bas. En 1901, c&rsquo;était 151 pour 1 000. Près d&rsquo;un enfant sur sept. Personne ne revit cela. La remontée d&rsquo;aujourd&rsquo;hui se compte en dixièmes de point, pas en effondrement.</p>
<p>Ce qui inquiète n&rsquo;est donc pas le niveau. C&rsquo;est le sens de la courbe, et la comparaison. En 1990, la France comptait le moins de bébés morts de toute l&rsquo;Union européenne [2]. En 2024, elle est 21e sur 27 [3]. La Suède fait presque moitié moins. Ses voisins ont continué de baisser. La France, elle, est repartie vers le haut.</p>
<h2 id="où-la-hausse-se-loge-et-qui-elle-touche">Où la hausse se loge, et qui elle touche</h2>
<p>La donnée est précise sur un point. La hausse ne vient pas du jour de la naissance. Ni de la période après le premier mois. Ces deux moments sont restés stables. Toute la remontée se concentre entre le premier et le vingt-septième jour de vie [1].</p>
<p>Elle ne frappe pas au hasard. Les jumeaux et triplés meurent cinq fois plus que les enfants seuls, souvent nés trop tôt [1]. Outre-mer, le taux est deux fois celui de l&rsquo;Hexagone [1]. En métropole, le département le plus touché est la Seine-Saint-Denis, le plus pauvre du territoire métropolitain (5,4 pour 1 000 sur 2019-2021) [1]. Ces écarts ne disent pas une origine. Ils disent la pauvreté, l&rsquo;accès aux soins, l&rsquo;information.</p>
<p>La santé des mères s&rsquo;est aussi dégradée. Le surpoids et l&rsquo;obésité pendant la grossesse concernent 37 % des femmes en 2024, contre 27 % en 2012 [3]. Les grossesses arrivent plus tard. Ce sont des facteurs de risque de population, pas une faute individuelle.</p>
<h2 id="les-maternités-qui-ferment--un-soupçon-qui-ne-tient-pas-la-mesure">Les maternités qui ferment : un soupçon qui ne tient pas la mesure</h2>
<p>Un récit s&rsquo;est installé. On ferme des maternités, donc des bébés meurent. Le premier fait est vrai. Le nombre de maternités a été divisé par trois depuis 1975, de 1 369 à 446 [4]. La part des femmes à plus de 45 minutes d&rsquo;une maternité a augmenté d&rsquo;environ 40 % entre 2000 et 2017 [4]. Loin des grandes villes, il faut rouler plus longtemps pour accoucher. Le sentiment d&rsquo;un service qui recule est fondé.</p>
<p>Mais le lien avec la mortalité, lui, n&rsquo;est pas démontré [4]. Les taux les plus élevés ne sont pas dans les campagnes isolées.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Les taux les plus élevés touchent des femmes qui vivent à moins de cinq kilomètres d&rsquo;une maternité.</aside>

<p>Ils touchent des femmes qui vivent à moins de cinq kilomètres d&rsquo;une maternité, dans des villes pauvres [4, 2]. Ce qui pèse n&rsquo;est pas le nombre de kilomètres. C&rsquo;est la distance sociale : la précarité, le suivi médical, les transports.</p>
<p>Cette prudence a une limite, et il faut la dire. « Non démontré » ne veut pas dire « aucun effet ». Les sociétés savantes qui écartent ce lien plaident aussi pour plus de moyens dans leurs propres services : elles sont juges et parties [4]. Reste que rien, à ce jour, ne permet d&rsquo;écrire que les fermetures expliquent la hausse. C&rsquo;est pourtant sur ce lien supposé que repose le moratoire sur les fermetures voté par les députés en 2025 [4].</p>
<h2 id="une-mort-sur-dix-reste-sans-cause">Une mort sur dix reste sans cause</h2>
<p>Le fait le plus lourd du dossier est rarement dit. Environ une mort infantile sur dix n&rsquo;a aucune cause documentée. Et cette part augmente depuis 2020 [3]. La raison est administrative : les certificats de décès sont de plus en plus souvent incomplets [3].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">1 sur 10</span> <span class="stat__label">décès de nourrissons sans cause documentée</span></aside>

<p>Le pays compte ses décès, mais il ne les relie pas à une histoire médicale. Faute de registre national, il n&rsquo;a pas l&rsquo;outil pour le faire.</p>
<aside class="pullquote">La France sait combien d&rsquo;enfants meurent. Elle ne sait pas toujours pourquoi.</aside>

<p>Sans cet outil, aucune politique ne peut viser juste. On agit à l&rsquo;aveugle sur un problème qu&rsquo;on ne cartographie pas.</p>
<h2 id="des-annonces-un-rapport-quon-attend-toujours">Des annonces, un rapport qu&rsquo;on attend toujours</h2>
<p>Le manque était connu. Dès 2024, la Cour des comptes réclamait un registre des naissances et des décès [6]. Un registre a été annoncé en 2025. La même année, les députés ont adopté en première lecture une loi qui le prévoit, en plus du moratoire sur les fermetures [4]. Un système national d&rsquo;observation est en construction depuis septembre 2025 [7].</p>
<p>Puis, début 2026, le gouvernement a lancé une nouvelle mission sur la périnatalité. Quelques experts, trois mois pour conclure [5]. Le 7 juillet 2026, il en a présenté les « premières recommandations », rangées en quatre axes [3]. Mais le travail complet qui les fonde n&rsquo;a pas été rendu public. On connaît les conclusions, pas le diagnostic.</p>
<p>Ce procédé a fait réagir. Le président des gynécologues-obstétriciens a parlé « d&rsquo;apparat, de représentation et de démagogie », et d&rsquo;un calendrier relevant de « l&rsquo;improvisation et de la manipulation » [5]. La présidente d&rsquo;un collège de sages-femmes a jugé que « pour le moment, c&rsquo;est mal engagé » [5]. Ces voix sont elles aussi parties prenantes : elles défendent des professions concernées. Mais le constat de base ne prête pas à discussion. Des recommandations ont été publiées, le rapport qui devrait les porter, non.</p>
<p>Reste le chiffre qui résume tout. Une mort d&rsquo;enfant sur dix, en France, sans cause écrite. Tant qu&rsquo;il ne baisse pas, le pays saura combien de nourrissons il perd, sans toujours pouvoir dire pourquoi.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/8547061">INSEE Première n° 2048 (mortalité infantile en 2024)</a>. INSEE (avril 2025)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.ined.fr/fr/actualites/presse/une-mortalite-infantile-plus-elevee-en-france-que-chez-ses-voisins/">Une mortalité infantile plus élevée en France que chez ses voisins</a>. INED (20 mars 2025)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/anomalies-congenitales/bulletin-national/sante-perinatale-et-petite-enfance-en-france-entre-2012-2024">Santé périnatale et petite enfance en France entre 2012 et 2024</a>. Santé publique France (8 juillet 2026)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.franceinfo.fr/sante/enfant-ado/vrai-ou-faux-la-hausse-de-la-mortalite-infantile-en-france-est-elle-liee-aux-fermetures-de-maternites_7261248.html">Vrai ou faux : la hausse de la mortalité infantile est-elle liée aux fermetures de maternités ?</a>. franceinfo (2025)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.vidal.fr/actualites/37537-mortalite-infantile-a-peine-lances-par-le-gouvernement-des-travaux-deja-contestes.html">Mortalité infantile : à peine lancés par le gouvernement, des travaux déjà contestés</a>. Vidal (mars 2026)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-politique-de-perinatalite">La politique de périnatalité</a>. Cour des comptes (mai 2024)</li><li id="ref-7"><a href="https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sources-outils-et-enquetes/systeme-national-dobservation-obstetrical-perinatal-et-infantile-snoopi">Système national d'observation obstétrical, périnatal et infantile (Snoopi)</a>. DREES (2025)</li></ol>]]></description></item><item><title>Poumons détruits à 45 ans : la maladie des tailleurs de plans en quartz</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/plans-travail-quartz-silicose-artisans/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/plans-travail-quartz-silicose-artisans/</guid><pubDate>Mon, 03 Aug 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Santé au travail</category><category>Silicose</category><category>Artisanat</category><category>Réglementation</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/plans-travail-quartz-silicose-artisans/cover.webp" length="80126" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">En Californie, des médecins ont réuni les dossiers de 52 hommes qui taillaient des plans de cuisine en quartz. Âge médian au diagnostic, 45 ans. Un sur cinq était déjà mort, souvent vers 46 ans. Onze ont été adressés pour une greffe de poumons. Leur maladie porte un nom ancien, la silicose. Ce qui est nouveau, c&rsquo;est qu&rsquo;elle prend des travailleurs si jeunes, à cause d&rsquo;un matériau posé dans des milliers de cuisines.</div>

<h2 id="un-matériau-chargé-en-silice-comme-aucune-pierre-naturelle">Un matériau chargé en silice comme aucune pierre naturelle</h2>
<p>Le plan de travail en quartz n&rsquo;est pas de la pierre. C&rsquo;est un matériau fabriqué. On broie du quartz très fin, on le lie avec de la résine, on presse et on cuit. Le résultat contient autour de 90 % de quartz, parfois plus [1, 4]. Un fabricant en annonce même 93 % [4].</p>
<p>Cette teneur change tout. Un organisme public canadien la situe entre 90 et 97 % pour la pierre reconstituée [3]. Le granit, lui, reste sous les 45 %. Le marbre, sous les 5 % [3]. Des mesures de laboratoire confirment l&rsquo;écart, avec une réserve, la teneur des pierres naturelles varie beaucoup d&rsquo;un bloc à l&rsquo;autre [2].</p>
<p>Le quartz n&rsquo;est pas dangereux en soi. Le danger, c&rsquo;est ce qui s&rsquo;en échappe quand on le taille. Découpé, meulé, poncé, surtout à sec, le matériau libère une poussière de silice cristalline très fine [4]. Ces grains sont plus petits que ceux de la pierre naturelle. Ils descendent plus loin dans les poumons [2]. Plus de silice, des particules plus fines, l&rsquo;exposition est plus dangereuse à chaque geste.</p>
<h2 id="une-maladie-qui-ne-recule-jamais">Une maladie qui ne recule jamais</h2>
<p>Inhalée jour après jour, cette poussière provoque une silicose. C&rsquo;est une fibrose du poumon. Le tissu se cicatrise et durcit. La maladie est irréversible. Elle continue de s&rsquo;aggraver même quand le travailleur a cessé d&rsquo;être exposé [5, 6]. Au bout, c&rsquo;est l&rsquo;insuffisance respiratoire.</p>
<p>Chez les tailleurs de quartz, elle prend une forme accélérée. Elle touche des travailleurs jeunes, après des durées d&rsquo;exposition plus courtes que la silicose classique des mineurs [1]. La série californienne le montre. 52 hommes, âge médian 45 ans. Presque tous étaient des ouvriers immigrés [8]. Le diagnostic est tombé tard. Dans 58 % des cas, la maladie avait d&rsquo;abord été prise pour une pneumonie ou une tuberculose [8].</p>
<p>Le foyer israélien, l&rsquo;un des premiers décrits, disait déjà la gravité. Entre 1997 et 2010, 25 malades de la pierre artificielle ont été adressés au programme national de greffe pulmonaire. Dix ont été greffés [9].</p>
<p>À ce risque s&rsquo;ajoute le cancer. La silice cristalline est classée cancérogène pour l&rsquo;humain, au plus haut niveau, pour le cancer du poumon [7]. L&rsquo;exposition est aussi liée, de façon établie, à des maladies auto-immunes comme la sclérodermie [5]. D&rsquo;autres atteintes sont évoquées sans être prouvées, ce journal ne les présente pas comme certaines.</p>
<p>Le mal n&rsquo;est pas resté au laboratoire. En Espagne, 632 nouveaux cas de silicose ont été déclarés en 2025, année record, tous types de silice confondus [16].</p>
<h2 id="interdit-dun-côté-encadré-de-lautre">Interdit d&rsquo;un côté, encadré de l&rsquo;autre</h2>
<p>Face au même danger, deux pays ont fait deux choix opposés.</p>
<p>L&rsquo;Australie a interdit le matériau. Depuis le 1er juillet 2024, la fabrication, la fourniture et la pose de plans en pierre artificielle y sont prohibées [12]. C&rsquo;est une première mondiale [13]. La décision a été prise par les ministres du travail en décembre 2023 [11, 13]. Le déclencheur, la mort d&rsquo;un travailleur en 2015, puis une campagne du syndicat de la construction [10, 13].</p>
<p>Les fabricants avaient proposé un compromis, autoriser la pierre sous 40 % de silice. Le régulateur australien a refusé. Son motif, aucune preuve scientifique d&rsquo;un seuil sûr n&rsquo;existe [11, 12]. Faute de dose que l&rsquo;on sache inoffensive, il n&rsquo;en a autorisé aucune. Le matériau a des substituts, ce qui a pesé dans la balance [11].</p>
<p>La France et l&rsquo;Union européenne ont choisi d&rsquo;encadrer. Les travaux exposant à la silice sont classés cancérogènes [6]. Une valeur limite d&rsquo;exposition existe, fixée à 0,1 mg par mètre cube d&rsquo;air pour le quartz [6]. La maladie, une fois déclarée, est reconnue comme maladie professionnelle [15].</p>
<p>L&rsquo;agence sanitaire française a instruit ce dossier après un signalement de 2015. En 2019, elle a jugé cette valeur limite « insuffisamment protectrice » [1]. Elle citait des références étrangères plus basses [1]. Sept ans plus tard, la limite française est toujours à 0,1 [1, 6].</p>
<aside class="pullquote">L&rsquo;agence sanitaire française a jugé sa limite d&rsquo;exposition trop permissive dès 2019. Elle n&rsquo;a pas bougé depuis.</aside>

<p>Dans cette affaire, le profit et le risque ne sont pas au même endroit. Le matériau est importé et vendu par des groupes industriels, comme l&rsquo;espagnol Cosentino et sa marque Silestone. Le risque, lui, est porté au bout de la chaîne, par des marbriers souvent installés en petites entreprises. Interrogés, les fabricants minimisent le lien avec la maladie [16]. Ce sont des parties prenantes de leur propre dossier.</p>
<h2 id="la-prévention-existe-surtout-sur-le-papier">La prévention existe, surtout sur le papier</h2>
<p>Le danger est connu, et les moyens de s&rsquo;en protéger aussi. La règle tient en peu de mots, travailler à l&rsquo;eau plutôt qu&rsquo;à sec, capter la poussière à la source, filtrer l&rsquo;air, porter un masque adapté [5]. L&rsquo;eau plaque les particules et les empêche de voler.</p>
<p>Le problème est ailleurs. Il est dans l&rsquo;écart entre la règle et l&rsquo;atelier. Une observation de terrain aux États-Unis a compté les pratiques. Les trois quarts des entreprises repérées réalisaient au moins une étape à sec [14].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">9 %</span> <span class="stat__label">des ateliers surveillés appliquaient les bonnes méthodes de protection à toutes les étapes</span></aside>

<p>La coupe à sec est déconseillée. Elle n&rsquo;est pas interdite par un texte. Le risque n&rsquo;est donc pas seulement dans le matériau. Il est aussi dans la façon dont on le travaille.</p>
<h2 id="en-france-un-décompte-qui-manque">En France, un décompte qui manque</h2>
<p>Combien de marbriers français sont touchés ? Personne ne le sait précisément. Environ 365 000 travailleurs sont exposés à la silice cristalline dans le pays [1]. Mais ce chiffre couvre toute la silice, pas les seuls tailleurs de quartz, et il compte des exposés, pas des malades. Le métier de tailleur de pierre figure parmi les plus exposés [1].</p>
<p>Le premier cas français lié à la pierre artificielle a été mis en investigation en 2017 [14]. Depuis, aucun décompte à jour et propre à ce matériau n&rsquo;a été publié. C&rsquo;est un trou réel. Chaque année, environ 200 cas de maladie liés à la silice sont reconnus, tous secteurs confondus [6].</p>
<p>Le dispositif français répare plus qu&rsquo;il ne prévient. Il reconnaît la maladie une fois qu&rsquo;elle est là [15]. Or la silicose ne recule jamais. Quand elle est reconnue, elle continue d&rsquo;avancer.</p>
<p>Le signalement qui a alerté la France date du 26 juin 2015 [1]. Son agence sanitaire a rendu son diagnostic en 2019, la limite d&rsquo;exposition protège mal. Elle n&rsquo;a pas changé depuis. L&rsquo;Australie, elle, a cessé d&rsquo;importer le matériau.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.anses.fr/fr/system/files/AIR2015SA0236Ra.pdf">Évaluation des dangers, des expositions et des risques liés à la silice cristalline (saisine 2015-SA-0236)</a>. ANSES (mars 2019)</li><li id="ref-2"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8921240/">Characterisation of dust emissions from machined engineered stones to understand the hazard for accelerated silicosis</a>. Scientific Reports (2022)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.ccohs.ca/oshanswers/chemicals/engineered-stone-countertops.html">Engineered Stone Countertops</a>. Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail (CCOHS) (page consultée en 2026)</li><li id="ref-4"><a href="https://theconversation.com/les-plans-de-travail-en-quartz-a-lorigine-dune-crise-de-sante-publique-aux-etats-unis-et-dans-le-monde-286271">Les plans de travail en quartz, à l'origine d'une crise de santé publique aux États-Unis et dans le monde</a>. The Conversation (page consultée en 2026)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.inrs.fr/dam/ficheTox/FicheFicheTox/FICHETOX_232-2.pdf">Silice cristalline, fiche toxicologique FT 232</a>. INRS (page consultée en 2026)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.inrs.fr/risques/silice-cristalline/ce-qu-il-faut-retenir.html">Silice cristalline, ce qu'il faut retenir</a>. INRS (page consultée en 2026)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK304370/">Silica dust, crystalline (monographie IARC vol. 100C)</a>. Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/OMS) (2012)</li><li id="ref-8"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10366949/">Silicose chez des travailleurs de plans de travail en pierre artificielle, Californie 2019-2022 (série de cas)</a>. revue médicale peer-reviewed (NCBI/PMC) (2023)</li><li id="ref-9"><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22383661/">Artificial stone silicosis: disease resurgence among artificial stone workers</a>. Chest (2012)</li><li id="ref-10"><a href="https://thoracic.org.au/wp-content/uploads/2024/01/Editorial-on-engineered-stone-ban-Lancet-Jan-11th-2024.pdf">Australia bans engineered stone to prevent silicosis</a>. The Lancet Respiratory Medicine (11 janvier 2024)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.etui.org/sites/default/files/2024-12/HM29_Australia%E2%80%99s%20ban%20of%20engineered%20stone%20a%20historic%20turning%20point_2024.pdf">Australia's ban of engineered stone, a historic turning point (HesaMag 29)</a>. ETUI (Institut syndical européen) (hiver 2024)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.safework.nsw.gov.au/news/safework-public-notice/engineered-stone-prohibition-to-commence-1-july-2024">Engineered stone prohibition to commence 1 July 2024</a>. SafeWork NSW (2024)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.sbs.com.au/news/article/australias-life-saving-ban-on-engineered-stone-over-silicosis-concerns-a-world-first/esmu6iiiv">Australia's life-saving ban on engineered stone over silicosis concerns, a world first</a>. SBS News (décembre 2023)</li><li id="ref-14"><a href="https://vigilanses.anses.fr/sites/default/files/VigilansesN2_Mat%C3%A9riauxsurfacessolides.pdf">Risque de silicose lié à la fabrication des plans de travail en pierre artificielle à haute teneur en quartz (Vigil'Anses n°2)</a>. ANSES (juin 2017)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006746316">Tableau n°25 des maladies professionnelles du régime général (silice cristalline)</a>. Légifrance (texte consulté en 2026)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.eldiario.es/economia/silicosis-sigue-plena-explosion-espana-600-nuevos-casos-2025-trunca-27-anos_1_13204965.html">La silicosis sigue en plena explosión en España: 600 nuevos casos en 2025</a>. elDiario.es (2025)</li></ol>]]></description></item><item><title>Cancers des pompiers : un danger certain, une reconnaissance qui commence à peine</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/cancers-pompiers-reconnaissance-france/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/cancers-pompiers-reconnaissance-france/</guid><pubDate>Sun, 02 Aug 2026 09:05:45 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Pompiers</category><category>Cancer</category><category>Santé au travail</category><category>Maladies professionnelles</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/cancers-pompiers-reconnaissance-france/cover.webp" length="923414" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Un pompier sort d&rsquo;un feu. Sa tenue a tenu. Le danger, lui, est passé quand même, par la peau chaude et la sueur, jusque sous l&rsquo;équipement. Ce qu&rsquo;il a respiré ce jour-là, une agence de l&rsquo;Organisation mondiale de la santé l&rsquo;a jugé en 2022. Verdict : cancérogène certain pour l&rsquo;humain. Le même niveau de preuve que pour l&rsquo;amiante.</div>

<h2 id="un-danger-reconnu-au-plus-haut-niveau">Un danger reconnu au plus haut niveau</h2>
<p>En juin 2022, un groupe d&rsquo;experts s&rsquo;est réuni à Lyon. Ils travaillent pour le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l&rsquo;OMS. Leur conclusion est nette. Exercer le métier de pompier est « cancérogène certain » [1]. C&rsquo;est le classement le plus élevé qui existe.</p>
<p>Deux cancers sont clairement en cause. Le mésothéliome, une tumeur liée à l&rsquo;amiante. Et le cancer de la vessie [1]. Pour cinq autres, les preuves existent mais restent plus faibles : côlon, prostate, testicule, mélanome de la peau, lymphome [1].</p>
<p>Ce qui rend malade, ce sont les fumées. Un feu libère un mélange toxique. Benzène, formaldéhyde, particules fines, métaux, amiante des vieux bâtiments [1, 2]. Ces produits entrent par les poumons. Mais aussi par la peau. La chaleur et la sueur les font pénétrer, même sous la tenue [2].</p>
<p>Un point doit rester clair. Ce classement dit qu&rsquo;il y a un danger. Il ne dit pas combien de pompiers tomberont malades [1]. Le danger et le risque chiffré sont deux choses différentes. La suite le montre.</p>
<h2 id="en-france-personne-ne-compte">En France, personne ne compte</h2>
<p>Combien de pompiers français développent un cancer à cause du métier ? Personne ne le sait.</p>
<p>Il existe seulement deux études françaises, et elles sont anciennes [2]. Toutes deux se heurtent au même biais. Les pompiers sont recrutés en bonne santé, triés physiquement [4]. Du coup, ils meurent globalement moins que la moyenne. Et cela masque les cancers en trop sur certains organes [4].</p>
<p>Les seuls chiffres solides viennent de l&rsquo;étranger. Une méta-analyse estime le sur-risque de mésothéliome à +58 %, celui de la vessie à +16 % [3]. Mais ces données ne sont pas françaises. Elles ne peuvent pas être recopiées ici comme si elles l&rsquo;étaient.</p>
<p>La France a même réduit sa surveillance. En décembre 2023, son organisme public de santé a abandonné le programme de suivi du mésothéliome [2]. Les données de santé des pompiers existent. Elles ne sont ni centralisées ni exploitées [2]. Le Sénat « regrette vivement le manque d&rsquo;études épidémiologiques sérieuses » [2].</p>
<p>Résultat : impossible d&rsquo;affirmer que les pompiers français ont plus de cancers. Ni de le prouver, ni de l&rsquo;exclure.</p>
<h2 id="le-danger-était-certain-la-reconnaissance-restait-fermée">Le danger était certain, la reconnaissance restait fermée</h2>
<p>Longtemps, la France n&rsquo;a présumé que deux cancers liés au métier. Le carcinome du nasopharynx et le carcinome du foie [2]. Or, note le Sénat, ce lien « ne semble établi par aucune publication » [2]. Deux cancers reconnus sans base scientifique, et pas ceux que la science pointe.</p>
<p>Le retard est visible ailleurs. Le Québec présume 9 cancers, l&rsquo;Ontario 19, le Nevada 28 [2].</p>
<p>Et sur le terrain, la reconnaissance ne suivait pas. En 2023, les pompiers ont déclaré 24 maladies professionnelles. Aucune n&rsquo;était un cancer [7]. L&rsquo;année d&rsquo;avant, ils n&rsquo;en avaient recensé que 31 en tout, le signe d&rsquo;une forte sous-déclaration [2]. Et en dix ans, la caisse des agents territoriaux n&rsquo;a reçu que 21 demandes d&rsquo;indemnisation pour cancer. Aucune ne venait d&rsquo;un pompier [2].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">0</span> <span class="stat__label">cancer déclaré comme maladie professionnelle par les pompiers français en 2023</span></aside>

<p>Un métier classé cancérogène certain dans le monde entier. Et, en France, pas une seule demande d&rsquo;un pompier en dix ans.</p>
<h2 id="fin-2025-une-première-ouverture">Fin 2025, une première ouverture</h2>
<p>Puis les choses ont bougé. Un décret du 26 décembre 2025 est entré en vigueur [5]. Il inscrit la lutte contre l&rsquo;incendie dans deux tableaux de maladies professionnelles. Concrètement, un pompier atteint d&rsquo;un cancer de la peau, du poumon ou de la vessie n&rsquo;a plus à prouver l&rsquo;origine de sa maladie [5]. Le lien est présumé, c&rsquo;est le principe des tableaux [12]. À l&rsquo;administration, désormais, de démontrer le contraire.</p>
<p>Le mésothéliome, lié à l&rsquo;amiante, entre lui aussi dans ce cadre [5]. Et les trois statuts sont couverts : professionnels, volontaires, militaires [5].</p>
<p>L&rsquo;avancée est réelle. Elle a des limites précises. Le décret couvre les cancers des fumées et de l&rsquo;amiante. Pas les sept cancers pointés par la science internationale [5, 2]. Le tableau dédié réclamé par le Sénat n&rsquo;existe toujours pas. Le gouvernement défend une ligne prudente : n&rsquo;ouvrir la présomption qu&rsquo;aux cancers au lien scientifique établi, des études étant en cours [11].</p>
<p>Il manque surtout une pièce. Pour activer cette présomption, il faut prouver qu&rsquo;on a été exposé. Or aucune fiche ne trace les interventions à risque de chaque pompier [2]. Une loi devait la créer. Le Sénat l&rsquo;a votée à l&rsquo;unanimité le 19 mars 2025 [6]. L&rsquo;Assemblée nationale ne l&rsquo;a jamais examinée [6]. Sans cette trace, la présomption ouverte reste difficile à faire jouer.</p>
<h2 id="deux-pompiers-sur-le-même-feu-pas-la-même-protection">Deux pompiers sur le même feu, pas la même protection</h2>
<p>Sur un incendie, tous les pompiers respirent les mêmes fumées. Mais ils ne sont pas protégés pareil.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">Sur un incendie, tous respirent les mêmes fumées. Ils ne sont pas protégés pareil.</aside>

<p>Près de quatre pompiers français sur cinq sont volontaires. Ils sont plus de 200 000 [10]. Or le suivi médical après la carrière ne concerne que les professionnels [2]. Les volontaires en sont exclus. Même danger au feu, protection moindre.</p>
<p>Il y a aussi les tenues. Elles contiennent des PFAS, ces « polluants éternels » qui les rendent étanches [8]. Une loi de février 2025 interdit les PFAS dans les vêtements du grand public à partir de 2026 [9]. Mais elle prévoit une exception pour les vêtements de protection [9]. La loi protège donc le consommateur. Et elle laisse hors du champ la tenue du pompier, le plus exposé au feu. Le ministère de l&rsquo;Intérieur reconnaît qu&rsquo;elles « devraient bien en contenir » [8]. La direction de la sécurité civile plaide qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas d&rsquo;alternative industrielle pour l&rsquo;étanchéité aux hydrocarbures [7].</p>
<p>La décontamination, elle, dépend de chaque caserne. Chaque service d&rsquo;incendie est géré de façon autonome [2]. Certains lavent les tenues sur place, d&rsquo;autres non. Beaucoup de volontaires « lavent encore eux-mêmes leurs affaires », relève un syndicat [8]. Les cagoules qui filtrent vraiment les fumées existent. Mais peu de services en sont équipés, faute de moyens [7].</p>
<h2 id="ce-qui-est-établi-ce-qui-reste-à-faire">Ce qui est établi, ce qui reste à faire</h2>
<p>Le danger, lui, est établi, au plus haut niveau de preuve qui existe [1]. Ce que la France ignore encore, c&rsquo;est son ampleur chez ses propres pompiers, faute de l&rsquo;avoir mesurée [2]. La première vraie reconnaissance date de fin 2025 [5]. Elle couvre les cancers des fumées et de l&rsquo;amiante, pas les sept que pointe la science [5, 2]. Et la loi qui permettrait de la faire jouer, en traçant l&rsquo;exposition, attend toujours d&rsquo;être examinée [6].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.iarc.who.int/wp-content/uploads/2022/07/pr317_E.pdf">Monographie vol. 132 : occupational exposure as a firefighter classée cancérogène pour l'homme (Groupe 1), communiqué n°317 et questions-réponses</a>. Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC, OMS) (1er juillet 2022)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.senat.fr/rap/r23-641/r23-641.html">Rapport d'information n° 641, Cancers imputables à l'activité de sapeur-pompier : protéger les soldats du feu</a>. Sénat (29 mai 2024)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.cancer-environnement.fr/fiches/publications-du-circ/monographie-vol-132-cancerogenicite-exposition-professionnelle-pompier/">Monographie vol. 132 : cancérogénicité de l'exposition professionnelle en tant que pompier</a>. Cancer-Environnement (Centre Léon Bérard, INCa et Santé publique France) (2022)</li><li id="ref-4"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10213433/">Cancer incidence and mortality among firefighters, méta-analyse de 38 études</a>. PubMed Central (article peer-reviewed) (2023)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053176919">Décret n° 2025-1349 du 26 décembre 2025 (tableaux de maladies professionnelles 16 bis et 30)</a>. Journal officiel, Légifrance (26 décembre 2025)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b1158_proposition-loi">Proposition de loi n° 1158 visant à garantir le suivi de l'exposition des sapeurs-pompiers aux agents CMR</a>. Parlement (adoptée par le Sénat le 19 mars 2025, en attente à l'Assemblée nationale) (19 mars 2025)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.lagazettedescommunes.com/1002719/feu-fumer-maladie-pompiers-face-aux-risques-de-cancers-la-lutte-sintensifie/">Sapeurs-pompiers : face aux risques de cancers, la lutte s'intensifie</a>. La Gazette des communes (7 octobre 2025)</li><li id="ref-8"><a href="https://reporterre.net/PFAS-chez-les-pompiers-un-difficile-avenir-sans-polluants-eternels">PFAS : les pompiers confrontés à des risques invisibles depuis des décennies</a>. Reporterre (23 décembre 2025)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051260902">Loi n° 2025-188 du 27 février 2025 visant à protéger la population des risques liés aux PFAS</a>. Journal officiel, Légifrance (27 février 2025)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.secoursmag.fr/2026/05/07/augmentation-de-lactivite-des-sdis-en-2025/">Statistiques des services d'incendie et de secours 2025 (effectifs sapeurs-pompiers)</a>. DGSCGC (ministère de l'Intérieur), relayé par Secours Mag (7 mai 2026)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/questions/QANR5L17QE4337">Question écrite n° 4337 et réponse du gouvernement sur la reconnaissance des cancers des pompiers</a>. Assemblée nationale (2025)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.cancer-environnement.fr/fiches/informations-generales/demarches-de-reconnaissance-dun-cancer-professionnel/">Démarches de reconnaissance d'un cancer professionnel</a>. Cancer-Environnement (Centre Léon Bérard, INCa et Santé publique France) (2024)</li></ol>]]></description></item><item><title>Franchises médicales : le doublement des plafonds touche d'abord les malades</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/franchises-medicales-doublement-plafonds-malades/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/franchises-medicales-doublement-plafonds-malades/</guid><pubDate>Fri, 24 Jul 2026 08:25:34 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Franchises médicales</category><category>Sécurité sociale</category><category>ALD</category><category>Reste à charge</category><category>Assurance maladie</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/franchises-medicales-doublement-plafonds-malades/cover.webp" length="57778" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Un patient en affection de longue durée retire ses médicaments chaque mois. Ses soins sont pris en charge à 100 %. Et pourtant, chaque boîte lui coûte un euro, prélevé sans qu&rsquo;il le voie sur ses remboursements. Le 23 juillet 2026, la ministre de la Santé a annoncé un décret qui doublera le plafond de ce qu&rsquo;il paie ainsi chaque année.</div>

<h2 id="ce-que-le-décret-change-exactement">Ce que le décret change, exactement</h2>
<p>Le texte double un seul chiffre : le plafond annuel. Aujourd&rsquo;hui, deux prélèvements existent. La participation forfaitaire de 2 euros par consultation, plafonnée à 50 euros par an. La franchise de 1 euro par boîte de médicament, plafonnée elle aussi à 50 euros par an [1, 7]. Un assuré paie donc au maximum 100 euros par an au titre des deux. Le décret porterait ce maximum à 200 euros [1].</p>
<p>Les montants par acte, eux, ne bougent pas. C&rsquo;est l&rsquo;inverse exact de la mesure de 2024, qui avait doublé le prix de chaque boîte et de chaque acte en laissant le plafond à 50 euros [2]. Cette fois, les montants restent, le plafond double.</p>
<p>Le chemin choisi compte. Doubler ces plafonds ne demande pas de loi. Le code de la sécurité sociale laisse au gouvernement le soin de fixer les chiffres par décret [3]. Donc sans vote du Parlement. En décembre 2025, une version plus large, glissée dans le budget de la Sécurité sociale, avait été retirée face à l&rsquo;opposition [4]. Le Premier ministre d&rsquo;alors disait ne pas vouloir « passer en force » [4]. Sept mois plus tard, la même idée revient, réduite aux plafonds, par une voie qui ne passe plus par les députés [1]. Au 24 juillet 2026, le décret est annoncé, pas encore publié [1].</p>
<h2 id="un-plafond-quon-natteint-quen-se-soignant-beaucoup">Un plafond qu&rsquo;on n&rsquo;atteint qu&rsquo;en se soignant beaucoup</h2>
<aside class="pullquote">Doubler un plafond ne change rien pour qui ne l&rsquo;atteint jamais, et coûte le maximum à qui le sature déjà.</aside>

<p>C&rsquo;est une règle arithmétique. Quelqu&rsquo;un qui va peu chez le médecin et achète peu de médicaments ne s&rsquo;approche jamais des 50 euros. Pour lui, le plafond peut doubler, il ne paie pas un centime de plus. Le surcoût tombe entièrement sur ceux qui atteignent déjà le plafond. Et ceux-là sont les gros consommateurs de soins.</p>
<p>Ils sont déjà nombreux. Selon la Cour des comptes, 33 % des assurés atteignent chaque année la tranche haute des franchises, entre 46 et 50 euros [5]. Un sur cinq pour les participations forfaitaires [5]. Un tiers des assurés encaissera donc le doublement en entier.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">33 %</span> <span class="stat__label">des assurés atteignent déjà le plafond annuel des franchises, selon la Cour des comptes</span></aside>

<h2 id="les-malades-chroniques-ne-sont-pas-exonérés">Les malades chroniques ne sont pas exonérés</h2>
<p>Reste une idée répandue : les malades chroniques seraient à l&rsquo;abri. Pris en charge à 100 %, ils ne paieraient rien. C&rsquo;est faux. L&rsquo;affection de longue durée supprime le ticket modérateur sur les soins liés à la maladie. Elle ne supprime ni la franchise ni la participation forfaitaire. Un établissement public de la consommation l&rsquo;écrit noir sur blanc : « les patients en affection de longue durée ne sont pas exonérés et doivent payer les franchises comme les autres assurés » [6]. La fiche officielle des droits ne les inscrit sur aucune liste d&rsquo;exonération [7].</p>
<p>Ce sont 13,8 millions de personnes, environ un Français sur cinq [8]. Elles concentrent les deux tiers des dépenses de santé remboursées [8]. Ceux qui consomment le plus de soins, parce qu&rsquo;ils sont les plus malades, sont donc ceux qui saturent le plafond. La ministre l&rsquo;a chiffré elle-même.</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Si vous êtes quelqu&rsquo;un qui a une maladie chronique, en moyenne, c&rsquo;est 78 euros par an actuellement, donc si on double, on peut estimer qu&rsquo;il sera plutôt à 150 qu&rsquo;à 200 euros. » [9]</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Stéphanie Rist, ministre de la Santé</figcaption>
</figure>

<p>78 euros, c&rsquo;est déjà tout près du plafond actuel de 100. Le malade chronique moyen y est donc presque. Doubler le plafond, pour lui, revient à doubler la facture [9]. L&rsquo;âge suit la même pente. Une simulation officielle chiffre l&rsquo;écart. Un ménage dont le plus âgé a 75 ans ou plus paierait de l&rsquo;ordre de 57 euros de plus par an. Un ménage de moins de 40 ans, environ 15 euros [10]. Près de quatre fois moins. Ce scénario est calibré sur une économie plus large que le décret, les montants valent comme ordre de grandeur. L&rsquo;écart entre les âges, lui, tient.</p>
<h2 id="-responsabiliser---un-effet-que-personne-na-mesuré">« Responsabiliser » : un effet que personne n&rsquo;a mesuré</h2>
<p>Le gouvernement avance un mot : la responsabilisation. L&rsquo;idée serait de faire contribuer ceux qui « achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou vont plus de 25 fois chez le médecin » [9]. Mais 50 boîtes par an, ce n&rsquo;est pas un abus. C&rsquo;est une maladie chronique traitée. Le décompte ne fait pas la différence.</p>
<p>Et l&rsquo;effet supposé n&rsquo;a jamais été observé. La Cour des comptes est nette : « la démonstration chiffrée d&rsquo;un effet de responsabilisation par le prix » fait défaut [5]. Un chiffre le résume. Après le doublement de 2024, le nombre de boîtes de médicaments délivrées a augmenté de 200 millions [5]. Le prix n&rsquo;a pas freiné la consommation. C&rsquo;est logique : la somme est prélevée après coup, sur les remboursements, pas au guichet [6]. Le patient ne la voit pas au moment où il se soigne.</p>
<h2 id="une-facture-qui-remonte-un-filet-qui-laisse-passer">Une facture qui remonte, un filet qui laisse passer</h2>
<p>D&rsquo;abord la mesure des choses. Le reste à charge des Français reste l&rsquo;un des plus faibles d&rsquo;Europe : 7,8 % de la dépense de santé en 2024 [11]. Le système protège encore beaucoup. Mais ce reste à charge remonte depuis deux ans, poussé notamment par le doublement des franchises de 2024 [11]. Le décret de 2026 prolonge cette pente.</p>
<p>Un filet existe pour les plus modestes : la complémentaire santé solidaire, qui exonère de ces franchises [7]. Mais il laisse passer du monde. Son seuil d&rsquo;accès se situe sous le seuil de pauvreté, et une partie de ceux qui y ont droit ne la demandent pas [10]. Une frange de ménages modestes reste donc exposée.</p>
<p>Le gain attendu, lui, reste modeste. La commission des affaires sociales du Sénat l&rsquo;estime entre 430 et 530 millions d&rsquo;euros [1]. Le gouvernement n&rsquo;a avancé aucun chiffre officiel [1]. Ces sommes s&rsquo;ajouteraient aux 2,5 milliards que les franchises et les participations forfaitaires rapportent déjà chaque année [5].</p>
<p>Le service statistique du ministère prévient enfin d&rsquo;un risque, qu&rsquo;il n&rsquo;a pas chiffré. Une hausse des franchises « pourrait entraîner un renoncement à certains soins, notamment pour les moins aisés » [10]. L&rsquo;étude le signale sans le mesurer. Les usagers et les syndicats ont déjà tranché. France Assos Santé parle de patients réduits à une « variable d&rsquo;ajustement » [12]. L&rsquo;intersyndicale dénonce une façon de « taxer la maladie » [13]. Ce sont des positions d&rsquo;acteurs engagés. Sur la question de qui paie, elles rejoignent pourtant les constats de la Cour des comptes et du service statistique.</p>
<h2 id="qui-paie-et-qui-serait-épargné-autrement">Qui paie, et qui serait épargné autrement</h2>
<p>Ces sommes ont une dernière particularité. Les complémentaires santé n&rsquo;ont pas le droit de les rembourser [10]. Elles restent au patient, par construction. Une mutuelle ne peut rien pour lui sur ce poste précis.</p>
<p>Le service statistique du ministère de la Santé a comparé les leviers possibles pour économiser la même somme. Parmi ces leviers, relever le plafond des franchises est celui qui « pèse relativement plus sur les ménages âgés ou en mauvaise santé » [10]. Doubler le plafond cible les malades encore plus précisément que doubler les montants, la mesure de 2024 [10].</p>
<p>Rapportée au revenu, la charge est deux fois plus lourde pour les ménages modestes que pour les aisés [10]. En euros, pourtant, les aisés paient plus, car ils consomment plus de soins. Dans la même simulation, de l&rsquo;ordre de 40 euros contre une vingtaine pour les plus modestes [10]. C&rsquo;est le poids sur un petit budget qui bascule.</p>
<p>La même étude pose une comparaison simple. Une hausse équivalente d&rsquo;un impôt existant, CSG ou TVA, « pèserait moins sur les ménages modestes, malades et âgés » que cette mesure [10].</p>
<p>Le patient du début, lui, continue de retirer ses médicaments chaque mois, sur un poste que sa mutuelle n&rsquo;a pas le droit de couvrir. L&rsquo;impôt équivalent aurait pesé moins lourd sur lui. C&rsquo;est la franchise qui a été retenue.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/franchises-medicales-un-decret-est-en-preparation-pour-passer-de-100-a-200-euros-le-plafond-sur-les-medicaments-et-les-consultations-annonce-la-ministre-de-la-sante">Franchises médicales : un décret est en préparation pour passer de 100 à 200 euros le plafond</a>. Public Sénat (2026-07-23)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A17166">Franchises médicales et participations forfaitaires : ce qui change en 2024</a>. Service-public.gouv.fr (DILA) (2024)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000051284908">Code de la sécurité sociale, article L160-13</a>. Légifrance (2026-07-24)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.caducee.net/actualite-medicale/16714/plfss-2026-le-gouvernement-renonce-au-doublement-des-franchises-medicales.html">PLFSS 2026 : le gouvernement renonce au doublement des franchises médicales</a>. Caducee.net (2025-12-07)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2026-05/20260527-RALFSS-2026-5-Franchises-et-participations-forfaitaires-de-l-assurance-maladie.pdf">RALFSS 2026, chapitre « Les franchises et participations forfaitaires de l'assurance maladie »</a>. Cour des comptes (2026-05-27)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.inc-conso.fr/content/remboursement-cpam-quelles-franchises-la-charge-du-patient">Remboursement CPAM : quelles franchises à la charge du patient ?</a>. Institut national de la consommation (60 millions de consommateurs) (2026-07-24)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F165">Participation forfaitaire et franchise médicale (fiche F165)</a>. Service-public.gouv.fr (DILA) (2026-07-24)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.assurance-maladie.ameli.fr/etudes-et-donnees/prevalence-beneficiaires-ald">Prévalence des bénéficiaires d'affections de longue durée (ALD)</a>. Assurance maladie (ameli) (2024)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.franceinfo.fr/sante/doublement-des-franchises-medicales-on-vous-explique-ce-que-vous-allez-devoir-payer_8118953.html">Doublement des franchises médicales : on vous explique ce que vous allez devoir payer</a>. franceinfo (2026-07-23)</li><li id="ref-10"><a href="https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2026-02/DD135_Mesures_d%C3%A9remboursements.pdf">Les Dossiers de la DREES n° 135, « Dérembourser des soins pour maîtriser la dépense de santé : qui paie ? »</a>. DREES (2026-02)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2025-09/Les%20d%C3%A9penses%20de%20sant%C3%A9%20en%202024_MEL.pdf">Les dépenses de santé en 2024 (édition 2025)</a>. DREES (2025-09)</li><li id="ref-12"><a href="https://france-assos-sante.org/communique_presse/doublement-du-plafond-des-franchises-et-des-forfaits-transferts-massifs-vers-les-complementaires-sante-les-patients-penalises-lacces-aux-soins-fragilise/">Doublement du plafond des franchises et des forfaits : les patients pénalisés</a>. France Assos Santé (2026-07-23)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.cgt.fr/comm-de-presse/franchises-medicales-nouveau-coup-bas-du-gouvernement-contre-les-malades-en-plein-ete">Franchises médicales : nouveau coup bas du gouvernement contre les malades en plein été</a>. CGT (2026-07-23)</li></ol>]]></description></item><item><title>Le moustique tigre occupe désormais 81 départements, et les cas suivent</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/moustique-tigre-dengue-chikungunya-france/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/moustique-tigre-dengue-chikungunya-france/</guid><pubDate>Mon, 20 Jul 2026 07:38:53 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Moustique tigre</category><category>Chikungunya</category><category>Dengue</category><category>Climat</category><category>Prévention</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/moustique-tigre-dengue-chikungunya-france/cover.webp" length="53636" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">En 2025, 809 personnes ont attrapé le chikungunya sans quitter la métropole. Un an plus tôt, il n&rsquo;y en avait eu qu&rsquo;une seule. Des foyers sont apparus dans des régions jamais touchées jusque-là. Le moustique qui transmet ce virus, lui, occupe déjà 81 départements sur 96.</div>

<h2 id="le-moustique-est-déjà-là">Le moustique est déjà là</h2>
<p>Le moustique tigre n&rsquo;est pas un nouveau venu. Il est installé en France depuis 2004, d&rsquo;abord dans les Alpes-Maritimes. Depuis, il monte vers le nord. En 2020, il occupait 58 départements. Au 1er janvier 2026, il en occupe 81, soit environ 84 % du territoire [1]. Aucun département colonisé n&rsquo;est jamais redevenu indemne.</p>
<p>Il n&rsquo;est pas arrivé dans les bagages des voyageurs. Ses œufs résistent des mois à la sécheresse. Ils voyagent dans le commerce mondial : surtout les pneus usagés, où l&rsquo;eau de pluie stagne [2]. Une fois posé quelque part, le moustique avance en autostop, le long des routes.</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas une exception française. Dans l&rsquo;Union européenne, le moustique tigre est solidement installé dans 16 pays. Le nombre de régions où il vit est passé de 114 à 369 en dix ans [3]. L&rsquo;agence sanitaire européenne parle d&rsquo;une nouvelle norme.</p>
<h2 id="ces-maladies-ne-se-passent-pas-de-main-en-main">Ces maladies ne se passent pas de main en main</h2>
<p>La dengue et le chikungunya ne s&rsquo;attrapent pas comme un rhume. On ne les transmet pas par contact, ni par une poignée de main, ni par une toux. Le seul passeur, c&rsquo;est le moustique [4].</p>
<aside class="pullquote">Le seul passeur, c&rsquo;est le moustique.</aside>

<p>Le cycle est simple. Une personne infectée se fait piquer. Le moustique porte alors le virus. Il pique ensuite quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre. Ce deuxième malade n&rsquo;a pas voyagé : c&rsquo;est un cas dit autochtone. Pour qu&rsquo;il existe, il faut deux choses réunies. Un moustique tigre installé sur place, et un premier malade rentré d&rsquo;une zone touchée.</p>
<h2 id="doù-viennent-les-cas">D&rsquo;où viennent les cas</h2>
<p>Chaque année, des voyageurs rentrent en métropole avec le virus dans le sang. Ce sont les cas importés. En 2024, la dengue importée a battu un record : 4 683 cas, selon la surveillance de Santé publique France [5].</p>
<p>Reste à savoir d&rsquo;où ils reviennent. En 2024, les deux premières provenances sont la Guadeloupe et la Martinique [5]. Deux territoires français. Des résidents rentrés chez eux. En 2025, la vague de chikungunya vient d&rsquo;ailleurs : de La Réunion, autre territoire français, frappée par une épidémie massive [6].</p>
<p>Ces malades de retour ont servi de point de départ. Là où le moustique tigre était installé, il a piqué, puis propagé. C&rsquo;est ainsi que 2025 a vu 809 cas de chikungunya contractés sur place, contre un seul l&rsquo;année d&rsquo;avant. La moitié en Provence-Alpes-Côte d&rsquo;Azur, où le moustique est le plus présent [6].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">809</span> <span class="stat__label">cas de chikungunya contractés en métropole en 2025, contre un seul en 2024</span></aside>

<h2 id="la-réunion-lépidémie-qui-a-tout-amorcé">La Réunion, l&rsquo;épidémie qui a tout amorcé</h2>
<p>Sur l&rsquo;île de La Réunion, l&rsquo;épidémie a été brutale. Environ deux habitants sur trois ont été touchés [7]. Les hôpitaux ont compté 554 séjours de plus de 24 heures. Et 45 personnes sont mortes en 2025, dont 22 directement à cause du virus. Parmi elles, des nourrissons.</p>
<p>Le chikungunya est souvent bénin. Mais pas toujours. Il frappe fort les tout-petits et les personnes âgées déjà fragiles. Et même guéri, il laisse des traces : des douleurs dans les articulations qui peuvent durer des mois, parfois des années [4].</p>
<p>La dengue, elle, passe souvent sans symptôme. Mais elle a un piège. Une deuxième infection, par une autre souche du virus, peut être plus grave que la première [8].</p>
<h2 id="la-prévention-existe-avec-ses-limites">La prévention existe, avec ses limites</h2>
<p>Depuis 2020, la lutte contre le moustique est pilotée par les agences régionales de santé [9]. Avant, c&rsquo;était l&rsquo;affaire des départements. Le maire, lui, doit agir sur sa commune.</p>
<p>Quand un cas est confirmé, une équipe enquête. Elle repère les lieux fréquentés par le malade. Puis elle traite à l&rsquo;insecticide, la nuit, sur un petit périmètre, de l&rsquo;ordre de 150 mètres [9]. Le moustique tigre bouge peu. Il reste à environ 150 mètres de son lieu de naissance [9]. Traiter plus large ne servirait à rien.</p>
<p>Chacun peut agir aussi. La règle première : supprimer les eaux qui stagnent. Une soucoupe sous un pot, une gouttière bouchée, un seau oublié suffisent à le faire pondre [9].</p>
<p>Un site permet de signaler l&rsquo;insecte [10]. Mais un signalement ne déclenche pas de démoustication. Il sert à suivre l&rsquo;avancée du moustique, pas à traiter un jardin.</p>
<p>La lutte a ses failles. Le moustique résiste de plus en plus aux insecticides employés, l&rsquo;agence de sécurité sanitaire l&rsquo;a mesuré [9]. Et la question des moyens revient à chaque saison, face à un insecte qui gagne du terrain.</p>
<h2 id="des-vaccins-mais-pas-pour-tout-le-monde">Des vaccins, mais pas pour tout le monde</h2>
<p>Des vaccins existent désormais. Contre la dengue, l&rsquo;un d&rsquo;eux n&rsquo;est recommandé qu&rsquo;outre-mer, là où la maladie circule de façon régulière. La métropole en est écartée [11].</p>
<p>Contre le chikungunya, deux vaccins sont disponibles. L&rsquo;un d&rsquo;eux a connu une alerte. Lancé à La Réunion au printemps 2025, il a provoqué des effets graves chez des personnes âgées, dont des atteintes du cerveau et des décès [12]. Dès le 26 avril 2025, il a été déconseillé aux 65 ans et plus. La restriction a été en partie levée en septembre, avec des mises en garde maintenues.</p>
<p>Aucune campagne de vaccination générale n&rsquo;est prévue en métropole. Ces vaccins visent l&rsquo;outre-mer, les voyageurs et les zones en épidémie [11].</p>
<h2 id="la-cause-de-fond">La cause de fond</h2>
<p>Reste la cause de fond. Le moustique monte vers le nord. Il s&rsquo;installe plus haut en altitude et reste actif plus longtemps dans l&rsquo;année. Ce qui le permet, d&rsquo;abord, c&rsquo;est le réchauffement [13]. Sur le pourtour méditerranéen, la saison des piqûres dépasse déjà trois mois par an. Elle gagne, saison après saison, les régions du nord.</p>
<p>Le moustique est installé. Il ne repartira pas. Ce qui se joue maintenant, c&rsquo;est la vitesse à laquelle les maladies qu&rsquo;il transporte s&rsquo;installent avec lui.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://sante.gouv.fr/sante-et-environnement/substances-chimiques/especes-nuisibles-et-parasites/article/cartes-de-presence-du-moustique-tigre-aedes-albopictus-en-france-metropolitaine">Cartes de présence du moustique tigre (Aedes albopictus) en France métropolitaine</a>. Santé publique France / Ministère de la Santé (1er janvier 2026)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.pasteur.fr/fr/journal-recherche/actualites/qui-est-moustique-tigre-ou-aedes-albopictus">Qui est le « moustique tigre », ou Aedes albopictus ?</a>. Institut Pasteur (29 mars 2017)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.ecdc.europa.eu/en/news-events/world-mosquito-day-2025-europe-sets-new-records-mosquito-borne-diseases">World Mosquito Day 2025: Europe sets new records for mosquito-borne diseases</a>. ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies) (20 août 2025)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/chikungunya">Chikungunya (aide-mémoire)</a>. Organisation mondiale de la Santé (2026)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-a-transmission-vectorielle/chikungunya/bulletin-national/chikungunya-dengue-et-zika-en-france-hexagonale-bilan-2024">Chikungunya, dengue et Zika en France hexagonale. Bilan 2024</a>. Santé publique France (2025)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/en/vector-borne-diseases/chikungunya/national-bulletin/chikungunya-dengue-and-zika-metropolitan-france-2025-report">Chikungunya, dengue et Zika en France hexagonale. Bilan 2025</a>. Santé publique France (6 mai 2026)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/regions-et-territoires/ocean-indien/bulletin-regional/cas-hospitalises-et-deces-lies-au-chikungunya-a-la-reunion-bulletin-du-10-decembre-2025">Cas hospitalisés et décès liés au chikungunya à La Réunion. Bulletin du 10 décembre 2025</a>. Santé publique France (10 décembre 2025)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/dengue-and-severe-dengue">Dengue et dengue sévère (aide-mémoire)</a>. Organisation mondiale de la Santé (2026)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.iledefrance.ars.sante.fr/les-actions-de-lars-ile-de-france-pour-surveiller-et-lutter-contre-le-moustique-tigre">Lutte anti-vectorielle contre le moustique tigre : dispositif, surveillance et prévention (décret n° 2019-258)</a>. Agence régionale de santé Île-de-France / Légifrance / ANSES (2025)</li><li id="ref-10"><a href="https://signalement-moustique.anses.fr/signalement_albopictus/">Portail de signalement du moustique tigre</a>. ANSES (2026)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3461308/fr/strategie-de-vaccination-contre-la-dengue-place-du-vaccin-qdenga">Stratégie de vaccination contre la dengue, place du vaccin Qdenga</a>. Haute Autorité de santé (17 décembre 2024)</li><li id="ref-12"><a href="https://ansm.sante.fr/informations-de-securite/vaccin-ixchiq-contre-le-chikungunya-levee-de-la-contre-indication-temporaire-chez-les-adultes-de-65-ans-et-plus-mise-en-garde-concernant-les-effets-indesirables-graves-notamment-lencephalite">Vaccin Ixchiq contre le chikungunya : levée de la contre-indication temporaire chez les 65 ans et plus, mise en garde sur les effets indésirables graves</a>. ANSM (22 septembre 2025)</li><li id="ref-13"><a href="https://lemag.ird.fr">Étude de niche climatique : le réchauffement explique une grande part de l'expansion du moustique tigre</a>. Institut de recherche pour le développement (IRD) (2025)</li></ol>]]></description></item><item><title>Crack en France : qui consomme, et ce que le soin peut vraiment faire</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/crack-france-qui-consomme-quel-soin/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/crack-france-qui-consomme-quel-soin/</guid><pubDate>Mon, 20 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Crack</category><category>Addiction</category><category>Santé publique</category><category>Réduction des risques</category><category>Précarité</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/crack-france-qui-consomme-quel-soin/cover.webp" length="49574" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Fin mars 2026, dans un centre de soins des Pyrénées-Orientales, un homme pose quarante-deux ans d&rsquo;addiction derrière lui. « Le crack, c&rsquo;est la plus belle des saloperies », lâche-t-il. Cette dépendance ne se traite avec aucun médicament. Le soin repose sur un accompagnement long. Et près des trois quarts de l&rsquo;argent public contre les drogues vont à la répression.</div>

<h2 id="un-usage-étroit-des-adultes-déjà-à-terre">Un usage étroit, des adultes déjà à terre</h2>
<p>Le crack, c&rsquo;est de la cocaïne. La même poudre, rendue solide et fumable. La poudre se sniffe, le crack se fume. Un seul produit, deux mondes d&rsquo;usage [1].</p>
<p>La cocaïne, elle, se répand. Chez les adultes, la part de ceux qui l&rsquo;ont déjà essayée est passée de 5,6 % en 2017 à 9,4 % en 2023 [1].</p>
<p>Le crack, non. Il reste un usage étroit. En 2021, on comptait 48 000 usagers de cocaïne fumée dans le mois, contre près de 139 000 pour la poudre [1].</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas non plus une drogue de jeunes. À 17 ans, l&rsquo;avoir essayé reste marginal : 0,4 % [1].</p>
<p>Les personnes concernées sont des adultes en difficulté. L&rsquo;observation de terrain décrit deux profils. D&rsquo;un côté, la grande précarité des scènes de rue. De l&rsquo;autre, d&rsquo;anciens usagers d&rsquo;héroïne, des hommes de 40 à 60 ans, « surtout des salariés », que le passage au crack a fait rebasculer [2].</p>
<p>Les femmes précaires paient le prix le plus lourd. Violences, et une prostitution de survie décrite comme fréquente chez celles que les intervenants rencontrent [2, 5].</p>
<p>Ce qui installe le crack n&rsquo;est ni une origine ni un statut. Ce sont trois choses : la précarité, une cocaïne devenue abondante et bon marché, et l&rsquo;histoire de certains territoires [1, 3]. Le rôle prêté à telle « communauté » dans les trafics relève, dans les enquêtes de terrain, de propos d&rsquo;usagers rapportés, pas d&rsquo;un constat mesuré [5].</p>
<h2 id="deux-foyers-dont-un-plus-vieux-que-lhexagone">Deux foyers, dont un plus vieux que l&rsquo;Hexagone</h2>
<p>La carte a deux centres. L&rsquo;Île-de-France, avec les scènes ouvertes du nord-est parisien. Et les Antilles-Guyane [3, 4].</p>
<p>Là-bas, le crack est installé depuis le milieu des années 1980. Il y est arrivé avant la métropole, par la route de la cocaïne venue d&rsquo;Amérique du Sud [4].</p>
<p>En 2021, la scène de rue la plus précaire de Paris comptait entre 700 et 800 consommateurs [6]. C&rsquo;est un décompte local, pas un total national : ce total n&rsquo;existe pas.</p>
<p>Le produit gagne aussi du terrain neuf. Des métropoles régionales et des villes moyennes voient arriver le crack déjà prêt, vendu au caillou. Rennes, Lyon, Grenoble sont cités [2].</p>
<h2 id="le-soin-existe-un-médicament-non">Le soin existe. Un médicament, non.</h2>
<p>Le dispositif de soin est réel. Des centres gratuits et confidentiels existent dans tous les départements, les CSAPA. Des structures à bas seuil accueillent les plus à la rue, les CAARUD. La réduction des risques est inscrite dans la loi depuis 2016 [7].</p>
<p>Mais il y a un mur. Pour l&rsquo;héroïne, il existe des traitements de substitution éprouvés, la méthadone et la buprénorphine. Pour la cocaïne et le crack, aucun médicament de substitution n&rsquo;est autorisé [7].</p>
<aside class="pullquote">Pour l&rsquo;héroïne, un traitement de substitution existe. Pour le crack, aucun.</aside>

<p>Ce n&rsquo;est pas une lacune française isolée. Les méta-analyses internationales aboutissent au même constat : aucun médicament d&rsquo;efficacité prouvée contre la dépendance à la cocaïne [8].</p>
<p>Attention au raccourci. « Pas de médicament prouvé » ne veut pas dire « rien ne marche ». Le soin repose alors sur un accompagnement psychosocial et une psychothérapie. Il est souvent long, et semé de rechutes [10].</p>
<p>Le sevrage est dur pour une raison précise. Le crack monte en une à deux minutes, et l&rsquo;effet dure dix à quinze minutes. Cela pousse à répéter les prises. La dépendance est surtout psychique, et le modèle du manque physique des opioïdes ne s&rsquo;y applique pas [1].</p>
<p>Le recours au soin existe malgré tout. En 2022, près de 14 000 personnes ont consulté un centre pour la cocaïne ou le crack [1].</p>
<h2 id="les-nuisances-sont-réelles-la-réponse-penche-dun-seul-côté">Les nuisances sont réelles. La réponse penche d&rsquo;un seul côté.</h2>
<p>Autour des scènes ouvertes, les nuisances existent. Personne ne les invente. Des riverains vivent avec des scènes de consommation à ciel ouvert et des seringues au sol [3].</p>
<p>L&rsquo;état de santé des usagers de rue est lourd. Plaies infectées, abcès, amputations, et le retour de maladies que l&rsquo;on croyait rares [3].</p>
<p>Une réponse a bien été tentée. Le « plan crack » parisien, signé en 2019 par l&rsquo;État, la Ville et les préfectures. La Cour des comptes en a jugé les résultats « inégaux », faute d&rsquo;hébergement pérenne et d&rsquo;un suivi suffisant [6].</p>
<p>Reste que l&rsquo;argent public, lui, penche d&rsquo;un seul côté. Sur 2,6 milliards d&rsquo;euros consacrés aux drogues dans le budget 2026, environ 1,9 va à la répression [3].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">≈ 75 %</span> <span class="stat__label">du budget public contre les drogues part à la répression (projet de budget 2026)</span></aside>

<p>Pendant ce temps, l&rsquo;offre de soin est jugée sous-dimensionnée. L&rsquo;hébergement est saturé en Île-de-France, et les soins sont sous-dotés outre-mer [3].</p>
<p>Et l&rsquo;usager simple est de plus en plus poursuivi. En Île-de-France, le nombre de personnes mises en cause pour usage a augmenté de 8,6 % en dix ans [3].</p>
<p>Le choix est assumé par ceux qui le portent. En février 2025, le ministre de l&rsquo;Intérieur le formulait ainsi.</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Bien sûr, je sais, il y a des malades, on doit s&rsquo;en occuper. Je ne suis pas ministre de la Santé et mon rôle est d&rsquo;assumer l&rsquo;ordre public. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Bruno Retailleau, ministre de l&#39;Intérieur (propos rapportés par la presse, février 2025)</figcaption>
</figure>

<p>C&rsquo;est une position politique, pas un constat de santé publique.</p>
<h2 id="un-dispositif-qui-marche-toujours-à-lessai">Un dispositif qui marche, toujours à l&rsquo;essai</h2>
<p>Un maillon est évalué comme efficace : les haltes soins addictions. Il en existe deux, à Paris et à Strasbourg [9, 11].</p>
<p>Elles réduisent les abcès, les overdoses non fatales, les passages aux urgences et les seringues abandonnées [9]. Certains de ces gains sont mesurés sur le terrain, d&rsquo;autres sont des projections d&rsquo;un modèle sur dix ans : à ne pas confondre [9].</p>
<p>Leur portée reste faible. Les deux structures accueillent environ 1 600 personnes, soit moins de 1 % des usagers en difficulté [11].</p>
<p>Surtout, leur statut est fragile. Le dispositif est encore expérimental, prolongé jusqu&rsquo;au 31 décembre 2027 seulement [11]. Une inspection de l&rsquo;État recommande de le pérenniser, mais c&rsquo;est un avis, pas encore une loi [11].</p>
<p>Une limite tient au produit lui-même. Ces salles ont d&rsquo;abord été pensées pour l&rsquo;injection. Or le crack se fume, un usage que les évaluations couvrent mal [9].</p>
<h2 id="ce-que-disent-les-faits">Ce que disent les faits</h2>
<p>Le crack n&rsquo;est pas d&rsquo;abord une affaire d&rsquo;origine. C&rsquo;est une addiction très dure, sans médicament pour en sortir, qui frappe des personnes déjà à terre. Le soin existe, il fonctionne par étapes, mais il reste court en moyens là où le besoin est le plus fort. À Font-Romeu, l&rsquo;homme aux quarante-deux ans d&rsquo;addiction appelle son parcours sa dernière chance [12].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.ofdt.fr/produits-et-addictions/de-z/cocaine-et-crack/">Cocaïne et crack, synthèse des connaissances</a>. OFDT (consulté juillet 2026)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.ofdt.fr/sites/ofdt/files/2025-03/tendances_166_trend.pdf">Substances psychoactives, usagers et marchés : tendances en 2023 (Tendances n° 166, dispositif TREND)</a>. OFDT (décembre 2024)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.ofdt.fr/publication/2026/substances-psychoactives-usagers-et-marches-tendances-recentes-paris-et-en-ile-de">Substances psychoactives, usagers et marchés : tendances récentes à Paris et en Île-de-France en 2025 (TREND)</a>. OFDT (juin 2026)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.ofdt.fr/BDD/publications/docs/epfxio2a6.pdf">Drogues et addictions dans les outre-mer. État des lieux et problématiques</a>. OFDT (2020)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.ofdt.fr/publication/2026/drogues-et-conduites-addictives-en-guadeloupe-2691">Drogues et conduites addictives en Guadeloupe</a>. OFDT (26 juin 2026)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-mise-en-oeuvre-du-plan-crack-paris">La mise en œuvre du plan crack à Paris</a>. Cour des comptes (9 décembre 2021)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.drogues-info-service.fr/Tout-savoir-sur-les-drogues/Se-faire-aider/L-aide-specialisee-ambulatoire">L'aide spécialisée et la réduction des risques (CSAPA, CAARUD)</a>. Drogues Info Service, Santé publique France (consulté juillet 2026)</li><li id="ref-8"><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27670244/">Psychostimulant drugs for cocaine dependence (Castells et al.)</a>. Cochrane Database of Systematic Reviews (2016)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.inserm.fr/rapport/salles-de-consommation-a-moindre-risque-rapport-scientifique-mai-2021/">Salles de consommation à moindre risque, rapport scientifique</a>. INSERM (mai 2021)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.inserm.fr/dossier/addictions/">Dossier addictions (prise en charge)</a>. INSERM (consulté juillet 2026)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.igas.gouv.fr/les-haltes-soins-addictions-hsa-un-dispositif-experimente-depuis-2016-pour-reduire-les-nuisances-liees-la-consommation-de-stupefiants-dans-lespace-public">Les haltes soins addictions (HSA), un dispositif expérimenté depuis 2016</a>. IGAS-IGA (décembre 2025)</li><li id="ref-12"><a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/190726/le-crack-c-est-la-plus-belle-des-saloperies-deux-consommateurs-temoignent">« Le crack, c'est la plus belle des saloperies » : deux consommateurs témoignent</a>. Mediapart (19 juillet 2026)</li></ol>]]></description></item><item><title>Lait cru : un danger concentré sur les tout-petits, un seul bénéfice sérieusement étudié</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/lait-cru-risques-benefices-enfants/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/lait-cru-risques-benefices-enfants/</guid><pubDate>Tue, 14 Jul 2026 08:44:17 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Alimentation</category><category>Fromages</category><category>Santé publique</category><category>Enfance</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/lait-cru-risques-benefices-enfants/cover.webp" length="115520" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Au printemps 2019, quatorze jeunes enfants ont souffert d&rsquo;une grave atteinte des reins. Le plus jeune avait six mois. Tous avaient mangé un fromage au lait cru. Sept ont eu besoin d&rsquo;un rein artificiel. En dix ans, la France a connu trois épidémies de ce genre. Le lait cru fait pourtant l&rsquo;objet d&rsquo;un vieux débat, entre danger sanitaire et vertus supposées. Les études permettent de trancher.</div>

<h2 id="trois-épidémies-presque-toujours-des-enfants">Trois épidémies, presque toujours des enfants</h2>
<p>Le point commun de ces épidémies est une bactérie. Un type d&rsquo;E. coli, présent parfois dans le lait cru [1]. Elle produit une toxine qui attaque les reins. Chez le jeune enfant, cela déclenche parfois un syndrome grave. Les médecins l&rsquo;appellent syndrome hémolytique et urémique. C&rsquo;est la première cause d&rsquo;insuffisance rénale aiguë chez les tout-petits [1].</p>
<p>Ce syndrome ne vient pas que du lait cru. La viande hachée mal cuite, l&rsquo;eau souillée, le contact avec des animaux le provoquent aussi. Mais les fromages au lait cru en sont une cause régulière et tracée. Sur la dernière décennie, ils sont liés à une large part des infections à cette bactérie en France.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">60 %</span> <span class="stat__label">des infections à cette bactérie E. coli en France, ces dix dernières années, sont liées aux fromages au lait cru (ANSES)</span></aside>

<p>Les épidémies récentes portent des noms de fromages connus. En 2018, un reblochon au lait cru a contaminé plusieurs enfants de un à cinq ans. Onze ont développé la maladie rénale. Un enfant est mort [3]. En 2019, des Saint-Marcellin et Saint-Félicien ont touché quatorze enfants. Six ont présenté des complications neurologiques [4]. Fin 2024, un morbier au lait cru a de nouveau frappé. Onze enfants malades, quatre rappels de lots [5].</p>
<p>Le poids sur les plus jeunes est net. Chaque année, cent à cent soixante enfants de moins de quinze ans développent ce syndrome, toutes causes confondues [2]. En 2023, sur cent quarante-trois cas, près de sept sur dix touchaient un enfant de moins de trois ans [2]. De là vient la règle officielle. Pas de fromage au lait cru avant cinq ans [1].</p>
<h2 id="tous-les-fromages-au-lait-cru-ne-se-valent-pas">Tous les fromages au lait cru ne se valent pas</h2>
<p>Le lait cru reste un pilier du patrimoine fromager français. Près des trois quarts des fromages sous appellation en sont faits [6]. La France ne l&rsquo;a pas interdit. Elle recommande, elle encadre, elle n&rsquo;impose pas l&rsquo;arrêt [1]. Les États-Unis, eux, interdisent sa vente entre États depuis 1987 [7].</p>
<p>Surtout, le risque n&rsquo;est pas le même d&rsquo;un fromage à l&rsquo;autre. Les pâtes pressées cuites sont sûres. Le comté, le gruyère, le beaufort en font partie [1]. Leur fabrication chauffe le caillé, puis un long affinage fait le reste. Un fromage au lait cru bien cuit dans un plat au four ne pose plus de problème non plus [1].</p>
<p>Le danger se concentre ailleurs. Sur les pâtes molles comme le camembert ou le reblochon jeune, surtout pour les publics fragiles [1]. Un détail compte. Retirer la croûte ne protège pas. La bactérie se répartit dans toute la pâte [1].</p>
<h2 id="la-légende-du-lait-cru--plus-sain-">La légende du lait cru « plus sain »</h2>
<p>Une idée circule depuis longtemps. Le lait cru serait plus riche, et la pasteurisation détruirait ses nutriments. Les études disent le contraire. Chauffer le lait ne détruit presque aucune de ses vitamines [8, 9]. La seule vraiment sensible à la chaleur est la vitamine C. Or le lait en contient de toute façon très peu [8]. Les protéines et le calcium, eux, restent identiques [8].</p>
<p>Le reste des vertus prêtées au lait cru ne tient pas mieux. Ses enzymes ne facilitent pas la digestion. L&rsquo;acidité de l&rsquo;estomac les détruit avant qu&rsquo;elles agissent [8]. Il ne contient pas non plus de « bonnes bactéries » utiles. Celles qu&rsquo;il porte ne sont pas des probiotiques [8, 10]. Au contraire, un taux élevé de bactéries dans un lait signale surtout un défaut d&rsquo;hygiène à la traite [10].</p>
<p>Quant à l&rsquo;intolérance au lactose, le lait cru ne la soulage pas. Il contient autant de lactose que le lait pasteurisé [8]. Au total, aucune preuve solide ne montre qu&rsquo;il nourrit mieux, se digère mieux, ou aide contre le lactose [10].</p>
<h2 id="le-seul-bénéfice-sérieux-et-ce-quen-disent-ses-découvreurs">Le seul bénéfice sérieux, et ce qu&rsquo;en disent ses découvreurs</h2>
<p>Un bénéfice, pourtant, résiste à l&rsquo;examen. Les enfants qui grandissent à la ferme et boivent du lait cru font moins d&rsquo;asthme et d&rsquo;allergies [11]. La baisse atteint environ 40 % pour l&rsquo;asthme dans une grande étude [11]. L&rsquo;effet est réel, mesuré plusieurs fois. Mais il ne dit pas ce qu&rsquo;une lecture rapide en conclut.</p>
<p>D&rsquo;abord, cet effet va avec toute la vie à la ferme. L&rsquo;étable, les animaux, la poussière, le lait, tout est mêlé [11]. Impossible d&rsquo;isoler le rôle du seul lait. Ensuite, l&rsquo;effet disparaît quand le lait est chauffé [11]. Ce qui protège serait une molécule fragile, détruite par la cuisson.</p>
<aside class="pullquote">Ce qui protégerait est détruit par le geste même qui rend le lait sûr.</aside>

<p>Un dernier point tranche le débat. Les chercheurs qui ont mis en évidence cet effet refusent d&rsquo;en tirer un conseil. Ils écrivent noir sur blanc qu&rsquo;il ne faut pas boire de lait cru pour se protéger des allergies [12]. La raison tient aux bactéries dangereuses qu&rsquo;il peut contenir [12]. Leur piste est d&rsquo;isoler la molécule utile, pour la mettre un jour dans un produit sûr. Jamais de recommander le lait cru.</p>
<h2 id="ce-que-pèsent-les-deux-plateaux">Ce que pèsent les deux plateaux</h2>
<p>Au bout du compte, les deux plateaux ne pèsent pas pareil. D&rsquo;un côté, un danger prouvé, daté, grave chez les tout-petits. De l&rsquo;autre, un bénéfice réel mais fragile, que ses propres découvreurs refusent de conseiller.</p>
<p>Le lait cru reste un produit du terroir, légal et encadré. La règle sanitaire, elle, tient en peu de mots. Pas de lait cru pour les tout-petits et les publics fragiles, sauf les pâtes pressées cuites. Le comté et le beaufort passent la table de tout le monde. Le camembert au lait cru, lui, attendra les cinq ans de l&rsquo;enfant.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.anses.fr/en/content/raw-milk-cheeses-what-are-associated-health-risks-and-what-preventive-measures-can-be-taken">Fromages au lait cru : quels risques sanitaires et quelles mesures de prévention ?</a>. ANSES (4 août 2022)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-infectieuses-d-origine-alimentaire/syndrome-hemolytique-et-uremique-pediatrique/documents/bulletin-national/syndrome-hemolytique-et-uremique-en-france.-bilan-2023">Syndrome hémolytique et urémique en France, bilan 2023</a>. Santé publique France (29 octobre 2024)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2018/epidemie-de-syndrome-hemolytique-et-uremique-pediatrique-a-escherichia-coli-o26-en-france-metropolitaine-en-lien-avec-la-consommation-de-reblochon">Épidémie de SHU à E. coli O26 liée au reblochon au lait cru, France 2018</a>. Santé publique France (15 juin 2018)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2019/epidemie-de-shu-pediatrique-a-e.-coli-o26-en-france-metropolitaine-en-lien-avec-la-consommation-de-fromages-saint-marcellin-et-saint-felicien-poi">Épidémie de SHU à E. coli O26 liée aux fromages Saint-Marcellin et Saint-Félicien au lait cru, France 2019</a>. Santé publique France (25 mai 2019)</li><li id="ref-5"><a href="https://agriculture.gouv.fr/e-coli-retrait-rappel-de-morbier-au-lait-cru-de-la-societe-perrin-vermot-en-raison-dune-possible">E. coli : retrait-rappel de morbier au lait cru de la société Perrin-Vermot</a>. ministère de l'Agriculture (25 janvier 2025)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.inao.gouv.fr/sites/default/files/2024-11/Chiffres-cl%C3%A9s-laitier-AOP-IGP-2023.pdf">Chiffres clés des produits laitiers AOP-IGP, part du lait cru</a>. INAO (2024)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.fda.gov/food/buy-store-serve-safe-food/food-safety-and-raw-milk">Food Safety and Raw Milk</a>. FDA (États-Unis) (2024)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.fda.gov/food/buy-store-serve-safe-food/raw-milk-misconceptions-and-danger-raw-milk-consumption">Raw Milk Misconceptions and the Danger of Raw Milk Consumption</a>. FDA (États-Unis) (2011)</li><li id="ref-9"><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22054181/">Systematic Review and Meta-Analysis of the Effects of Pasteurization on Milk Vitamins</a>. Journal of Food Protection (2011)</li><li id="ref-10"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4890836/">Raw Milk Consumption: Risks and Benefits</a>. Nutrition Today (2015)</li><li id="ref-11"><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21875744/">Consumption of unprocessed cow's milk and asthma/allergy in children (cohorte GABRIELA)</a>. Journal of Allergy and Clinical Immunology (octobre 2011)</li><li id="ref-12"><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21155907/">Can farm milk consumption prevent allergic diseases ?</a>. Clinical & Experimental Allergy (janvier 2011)</li></ol>]]></description></item><item><title>Prothèse de hanche : un patient sur dix paie plus de 1 400 euros de dépassement</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/depassements-honoraires-cataracte-hanche/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/depassements-honoraires-cataracte-hanche/</guid><pubDate>Mon, 13 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Santé</category><category>Assurance maladie</category><category>Reste à charge</category><category>Accès aux soins</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/depassements-honoraires-cataracte-hanche/cover.webp" length="58688" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Une opération de la cataracte à 70 ans, une prothèse de hanche à 75. Deux gestes banals, plus d&rsquo;un million par an. Sur la facture, un supplément que ni la Sécurité sociale ni la mutuelle ne couvrent en entier. Pour un patient sur dix opéré d&rsquo;une hanche, il dépasse 1 400 euros.</div>

<h2 id="un-supplément-que-la-sécu-ne-rembourse-jamais">Un supplément que la Sécu ne rembourse jamais</h2>
<p>Ces suppléments portent un nom : les dépassements d&rsquo;honoraires. Un médecin de secteur 2 fixe ses tarifs librement. La seule règle est déontologique : facturer « avec tact et mesure ». Aucun plafond chiffré ne l&rsquo;encadre [4].</p>
<p>L&rsquo;Assurance maladie, elle, rembourse toujours sur le même tarif de base. Le dépassement, elle ne le paie jamais [1, 4]. La complémentaire santé en couvre une partie. En moyenne 37 à 40 %, dans les limites du contrat [1]. Le reste est pour le patient.</p>
<h2 id="petit-sur-le-total-lourd-pour-les-exposés">Petit sur le total, lourd pour les exposés</h2>
<p>À l&rsquo;échelle du pays, la somme est élevée. 4,5 milliards d&rsquo;euros de dépassements en 2024. La hausse atteint 27 % depuis 2019, une fois l&rsquo;inflation retirée [1, 2]. Rapporté à tous les honoraires des médecins, le poids paraît petit : 2,4 % [3]. Les deux chiffres sont vrais. Ils ne mesurent pas la même chose.</p>
<p>Le supplément n&rsquo;est pas réparti également. Près de la moitié des patients ne paient aucun dépassement [1]. La France garde d&rsquo;ailleurs un des restes à charge les plus bas d&rsquo;Europe [3]. Mais la charge se concentre. Dans les cabinets libéraux hors secteur 1, les dépassements montent à 31,4 % des honoraires [3].</p>
<p>Un point mérite d&rsquo;être posé net. Ces suppléments ne creusent pas le déficit de la Sécurité sociale. Puisqu&rsquo;ils ne sont jamais remboursés, ils ne pèsent pas sur ses comptes [1]. L&rsquo;enjeu est ailleurs. Il est dans ce que paie le patient exposé.</p>
<h2 id="cataracte-et-hanche--le-lieu-décide">Cataracte et hanche : le lieu décide</h2>
<p>La cataracte, d&rsquo;abord. 76 % des patients concernés paient un dépassement sur l&rsquo;ensemble de leur parcours. En moyenne 280 euros [1, 2]. Pour la prothèse de hanche, c&rsquo;est près de huit sur dix. En moyenne 700 euros. Et plus de 1 400 euros pour un patient sur dix [2].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">1 410 €</span> <span class="stat__label">le dépassement payé par le patient le plus exposé sur dix, pour une prothèse de hanche</span></aside>

<p>Ces chiffres laissent de côté les personnes couvertes par la complémentaire santé solidaire, qui ne peuvent pas se voir facturer de dépassement [1]. Ils décrivent donc les autres, c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;immense majorité.</p>
<p>Un facteur pèse plus que tout : le lieu. Ces deux opérations se font surtout en clinique privée, 76 % pour la cataracte, 69 % pour la hanche. Or dans le privé, la probabilité d&rsquo;un dépassement grimpe à 80 ou 90 %. Dans le public, elle tombe à 30 ou 40 % [1, 2].</p>
<p>Ce ne sont pas deux exceptions. Sur quatorze actes chirurgicaux courants réalisés surtout en libéral, un patient a « plus d&rsquo;une chance sur deux de devoir régler un dépassement » [1]. Et ce qui monte, ce n&rsquo;est pas le nombre de patients touchés. C&rsquo;est le montant. Pour la hanche, le cumul moyen est passé de 290 euros en 2005 à 540 euros en 2021, en euros constants [2].</p>
<h2 id="là-où-le-secteur-1-a-disparu">Là où le secteur 1 a disparu</h2>
<p>Le vrai problème commence quand il n&rsquo;y a plus le choix. Dans certains départements, l&rsquo;offre à tarif sans dépassement a presque disparu. Le dépassement devient alors « inéluctable » [2]. Les habitants des communes modestes le paient aussi, faute d&rsquo;alternative. Dans le Bas-Rhin, 88 % des patients défavorisés opérés d&rsquo;une hanche paient un supplément, près de 1 000 euros [2].</p>
<aside class="pullquote">Le vrai problème commence quand il n&rsquo;y a plus le choix.</aside>

<p>La protection existe, mais elle s&rsquo;arrête vite. Huit millions de personnes bénéficient de la complémentaire santé solidaire. Elles sont soignées sans dépassement possible [1]. Juste au-dessus du seuil, plus rien d&rsquo;équivalent. Et la couverture des mutuelles est inégale. En contrat individuel, 60 % seulement des assurés ont une prise en charge des dépassements. En contrat collectif d&rsquo;entreprise, 90 % [1]. Les personnes âgées et les emplois précaires, plus souvent en contrat individuel, sont les moins bien couverts [1].</p>
<p>Un dispositif est souvent cité comme filet : le « 100 % Santé », le reste à charge zéro. Il ne couvre que trois domaines, l&rsquo;optique, l&rsquo;audition et les prothèses dentaires [4]. La chirurgie n&rsquo;y entre jamais. Ni la cataracte, ni la hanche [4]. Face à ces opérations, il ne protège personne.</p>
<p>Quand la facture monte et que la mutuelle couvre mal, certains repoussent les soins. Le renoncement pour raisons financières touche 1,8 % des adultes, mais 3,2 % chez les 20 % les plus modestes [5]. Il ne tient pas qu&rsquo;aux dépassements. Le premier facteur reste l&rsquo;absence de complémentaire, qui double le risque [5]. La part directement due aux seuls dépassements, elle, n&rsquo;est pas isolable en l&rsquo;état [1, 2].</p>
<h2 id="pourquoi-ça-se-répand">Pourquoi ça se répand</h2>
<p>Le secteur 2 n&rsquo;est plus l&rsquo;exception. Il est devenu la norme. 56 % des spécialistes hors médecine générale l&rsquo;ont choisi en 2024, contre 37 % en 2000. Parmi les nouveaux installés, c&rsquo;est près de trois sur quatre [1]. Sur les deux actes en question, la concentration est plus forte encore : 86 % des chirurgiens et 72 % des ophtalmologues exercent en secteur 2 [1].</p>
<p>La logique est connue. « Pratiquer des dépassements plus élevés permet d&rsquo;avoir des revenus plus importants tout en réalisant moins d&rsquo;actes » [2]. Pour un chirurgien ou un ophtalmologue, le dépassement pèse environ un tiers du revenu libéral [2]. Les dispositifs censés freiner la hausse existent depuis 2012. Ils n&rsquo;y arrivent plus. Les taux repartent à la hausse depuis 2020 [1].</p>
<p>Reste la règle de base, « avec tact et mesure », sans aucun montant plafond [4]. Le Haut Conseil qui suit ces dépenses juge que cette formule « ne peut constituer une solution », et parle d&rsquo;une « désocialisation rampante » d&rsquo;actes essentiels [1]. C&rsquo;est le jugement d&rsquo;une instance qui prépare une réforme, pas un constat neutre. Les chiffres, eux, sont partagés par la recherche et par la statistique publique.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-10-02%20-%20HCAAM%20-%20D%C3%A9passement%20d'honoraires/Rapport%20DH%20Etat%20des%20lieux%20Hcaam.pdf">Les dépassements d'honoraires des médecins : état des lieux</a>. HCAAM (Haut Conseil pour l'avenir de l'Assurance maladie) (2025-10)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.irdes.fr/recherche/2025/rapport-596-les-depassements-d-honoraires-pratiques-des-medecins-part-dans-leurs-revenus-et-impacts-pour-les-patients.html">Rapport 596 : Les dépassements d'honoraires, pratiques des médecins, part dans leurs revenus et impacts pour les patients</a>. IRDES (Institut de recherche et documentation en économie de la santé) (2025-10)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2025-09/Les%20d%C3%A9penses%20de%20sant%C3%A9%20en%202024_MEL.pdf">Les dépenses de santé en 2024 (édition 2025)</a>. DREES (ministère de la Santé) (2025-09)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.ameli.fr/assure/remboursements/reste-charge/depassements-honoraires">Dépassements d'honoraires, secteurs conventionnels, OPTAM et 100 % Santé</a>. Assurance maladie (ameli.fr) / Légifrance (2026-07)</li><li id="ref-5"><a href="https://evaluation.securite-sociale.fr/home/maladie/252-renoncement-aux-soins-pour-r.html">Le renoncement aux soins pour raisons financières (Études et Résultats n°1200, et fiche d'évaluation Sécurité sociale)</a>. DREES / Direction de la Sécurité sociale (2023)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>