<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>International | Le Courrier de France</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/categories/international/</link><description>Le Courrier de France, le premier journal d'information français entièrement produit par une intelligence artificielle. Chaque affirmation porte sa preuve : les sources sont au bas de chaque article.</description><language>fr-FR</language><copyright>2026 Le Courrier de France</copyright><managingEditor>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</managingEditor><webMaster>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</webMaster><lastBuildDate>Fri, 07 Aug 2026 00:00:00 +0200</lastBuildDate><generator>Hugo</generator><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/categories/international/feed.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><atom:link href="https://lecourrierdefrance.fr/categories/international/" rel="alternate" type="text/html"/><item><title>Ingérences étrangères : beaucoup d'opérations, un effet le plus souvent faible</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/ingerences-etrangeres-avant-presidentielle-2027/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/ingerences-etrangeres-avant-presidentielle-2027/</guid><pubDate>Fri, 07 Aug 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Présidentielle 2027</category><category>Désinformation</category><category>Russie</category><category>Souveraineté</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/ingerences-etrangeres-avant-presidentielle-2027/cover.webp" length="71256" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 5 mai 2017, à deux jours du second tour de la présidentielle, 21 000 courriels privés d&rsquo;une équipe de campagne sont déversés en ligne. Quelques heures avant le silence électoral. L&rsquo;attaque visait à faire vaciller un candidat. Son effet sur le vote a été nul. Huit ans plus tard, Paris a nommé l&rsquo;auteur : le renseignement militaire russe.</div>

<h2 id="beaucoup-dopérations-une-portée-le-plus-souvent-faible">Beaucoup d&rsquo;opérations, une portée le plus souvent faible</h2>
<p>À un an de la présidentielle de 2027, une inquiétude monte. Des puissances étrangères chercheraient à peser sur le vote. Les opérations existent bel et bien. Elles sont nombreuses. Mais leur effet mesuré est, le plus souvent, faible. Ce constat n&rsquo;est pas celui d&rsquo;un sceptique. C&rsquo;est celui des services de l&rsquo;État eux-mêmes.</p>
<p>Aux municipales de mars 2026, le service de l&rsquo;État chargé de surveiller ces opérations en a repéré quatre venues de l&rsquo;étranger. Son bilan : « volume et impact restés très limités » [1]. La plupart ne sont jamais sorties de leur réseau de faux comptes d&rsquo;origine.</p>
<p>Le même écart revient partout. Un réseau prorusse a publié 152 464 articles en moins de trois mois. Son audience : environ 31 000 visites par mois, et le site qui visait la France était le moins lu [2]. Un autre réseau a mené près de 8 000 campagnes, pour une centaine de clics chacune en moyenne [3]. Pendant les Jeux de Paris 2024, le bilan officiel parle d&rsquo;un « impact relativement faible » d&rsquo;attaques « pourtant nombreuses » [4].</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">≈ 103 clics</span> <span class="stat__label">l&#39;audience moyenne d&#39;une campagne du réseau prorusse Doppelganger</span></aside>

<p>Une précaution s&rsquo;impose, dans les deux sens. « Peu vu » ne veut pas dire « aucun effet sur le vote ». Décider si un scrutin a été faussé ne relève pas de ces services, mais du juge de l&rsquo;élection, et ils le disent eux-mêmes. Et un gros volume ne prouve pas un gros effet. Le fait solide est là : l&rsquo;attaque est réelle, sa portée mesurée est petite.</p>
<h2 id="lexception-qui-passe">L&rsquo;exception qui passe</h2>
<p>Tout ne fait pas long feu. Une opération se distingue, appelée Storm-1516, attribuée à une unité du renseignement militaire russe [1, 5]. Elle ne se contente pas d&rsquo;usines à faux comptes. Elle fabrique de fausses vidéos, parfois à l&rsquo;aide de l&rsquo;intelligence artificielle. Certains de ses récits touchent un large public. Ils sont même repris, à l&rsquo;occasion, par des responsables politiques [5]. Son effet reste difficile à chiffrer. Mais c&rsquo;est la méthode la plus préoccupante, parce qu&rsquo;elle passe par des relais bien réels.</p>
<aside class="pullquote">Une attaque avérée n&rsquo;est pas une attaque efficace.</aside>

<h2 id="lingérence-nest-pas-que-sur-internet">L&rsquo;ingérence n&rsquo;est pas que sur internet</h2>
<p>Réduire l&rsquo;ingérence aux faux comptes serait une erreur. Elle prend d&rsquo;autres formes, établies celles-là. En mars 2026, l&rsquo;Union européenne a sanctionné deux entités chinoises et une iranienne pour des cyberattaques. Elles visaient notamment Charlie Hebdo et les Jeux de 2024 [6]. Des « postes de police » chinois clandestins ont été recensés en France, puis confirmés par les services de renseignement. L&rsquo;un d&rsquo;eux a servi à des retours forcés vers la Chine [7]. En octobre 2023, les étoiles de David taguées sur des murs de Paris ont été, selon le renseignement intérieur, pilotées depuis la Russie [8].</p>
<p>L&rsquo;ordre est le même dans tous les rapports officiels. La Russie d&rsquo;abord, « de loin » l&rsquo;acteur le plus agressif, puis la Chine, puis d&rsquo;autres comme l&rsquo;Azerbaïdjan [9]. La menace est réelle, et elle vient de plusieurs pays. La nier serait aussi faux que d&rsquo;en exagérer la portée.</p>
<h2 id="un-prêt-russe--un-fait-établi-une-lecture-débattue">Un prêt russe : un fait établi, une lecture débattue</h2>
<p>Un fait dérange le camp qui, aujourd&rsquo;hui, se dit visé à tort. En 2014, le Front national a emprunté 9,4 millions d&rsquo;euros à une banque russe. Il affirmait alors que les banques françaises lui refusaient tout crédit. Ce prêt a été remboursé par anticipation en septembre 2023, grâce à l&rsquo;argent public gagné aux législatives de 2022 [10]. Son existence, son montant, son origine, son remboursement : tout cela est établi.</p>
<p>Ce qui l&rsquo;est moins, c&rsquo;est le sens qu&rsquo;on lui donne. Un rapport parlementaire a parlé de « traitement de faveur » et de parti « relais ». Le RN l&rsquo;a contesté dans ce même rapport. Et l&rsquo;autorité qui contrôle les comptes de campagne y jugeait, elle, le prêt consenti à un taux désavantageux, « non susceptible d&rsquo;entraîner des conséquences en termes d&rsquo;ingérences » [11]. Aucun lien prouvé entre ce prêt et les positions du parti. Le fait tient. Son interprétation, non.</p>
<p>En 2026, le RN dit ne plus trouver de prêt bancaire pour financer 2027. Ses financements étrangers passés, russe puis hongrois, sont devenus un poids [12]. Les banques, de leur côté, invoquent leurs critères de risque. Chacun sa version, à vérifier.</p>
<h2 id="quand-le-soupçon-devient-une-arme">Quand le soupçon devient une arme</h2>
<p>Le thème s&rsquo;installe vite. En juillet 2024, un rapport du Sénat a fait basculer le sujet du terrain de la sécurité vers celui de l&rsquo;élection [9]. Fin juillet 2026, le gouvernement a présenté un texte qui durcit les peines pour la diffusion de fausses informations en campagne. Jusqu&rsquo;à six ans de prison, selon le projet, quand c&rsquo;est « pour servir une puissance étrangère » [13].</p>
<p>Début août 2026, trois candidats disent avoir été visés par de fausses rumeurs : Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann, Gabriel Attal. Ces attaques ont été « attribuées à des réseaux prorusses ». Mais par une seule source de sécurité anonyme, sans caractérisation publique du service compétent [13]. Leur effet, ajoute la même dépêche, est « difficile à déterminer ». Ce n&rsquo;est pas un fait établi. C&rsquo;est une accusation, et elle se traite comme telle.</p>
<p>Le ton, lui, monte.</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« L&rsquo;élection peut être faussée. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">Gabriel Attal, Renaissance</figcaption>
</figure>

<p>Il accuse la Russie de vouloir « voler » le scrutin. D&rsquo;autres suivent : suspendre le réseau X « le temps de la campagne » en cas d&rsquo;ingérence constatée, ne « pas avoir la main qui tremble » face aux plateformes [13]. À ce stade, ce sont surtout le gouvernement et des candidats du centre et de la gauche qui portent le thème. La droite et le RN se taisent [13]. Chacun de ces mots est une position d&rsquo;acteur, jamais une preuve.</p>
<p>Le soupçon marche dans les deux sens. Quand le patron du réseau X a qualifié une candidate d&rsquo;extrême droite de « dernier espoir de la France », une partie de la gauche a crié à « l&rsquo;ingérence étrangère » [18]. Or ce soutien n&rsquo;est pas illégal : un étranger a le droit d&rsquo;exprimer une préférence. Et dans l&rsquo;affaire du patron de Telegram, poursuivi par la justice française, l&rsquo;accusation d&rsquo;« ingérence » a été retournée contre Paris par Moscou, un grief que la France a démenti « totalement » [14]. Le mot « ingérence » sert à alerter. Il sert aussi à disqualifier un adversaire.</p>
<h2 id="ce-que-la-loi-peut-et-ce-quelle-ne-peut-pas">Ce que la loi peut, et ce qu&rsquo;elle ne peut pas</h2>
<p>Face à cela, les outils existent, mais ils butent. Le service de veille de l&rsquo;État peut détecter et nommer une opération. Il ne peut pas la sanctionner, et il ne regarde que les acteurs étrangers [15]. La loi de 2024 vise celui qui agit pour le compte d&rsquo;un État étranger. Pas le débat intérieur, ni un patron de plateforme qui agit pour son propre compte [16]. Un recours en urgence contre les fausses informations existe depuis 2018. Il n&rsquo;a presque jamais servi [17]. La prise la plus directe sur les algorithmes reste une règle européenne, qui vise leur fonctionnement, pas les opinions.</p>
<h2 id="deux-vérités-en-même-temps">Deux vérités en même temps</h2>
<p>À un an du vote, deux choses sont vraies ensemble. Des puissances étrangères cherchent bien à peser sur la France, la Russie en tête. Et leur effet mesuré sur les scrutins est, jusqu&rsquo;ici, le plus souvent faible. Entre les deux s&rsquo;ouvre une campagne où « l&rsquo;ingérence » devient un mot d&rsquo;accusation, brandi avant d&rsquo;être prouvé.</p>
<p>Le meilleur rappel reste le plus ancien. En 2017, 21 000 courriels volés, jetés à deux jours du vote, n&rsquo;ont pas changé une voix [11, 19]. Une attaque peut être réelle, nommée, et rester sans effet. Le vote, lui, est resté celui des électeurs.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.sgdsn.gouv.fr/files/files/viginum/Publications/20260611_SGDSN_VIGINUM_Rapport-public_Elections-municipales.pdf">Rapport public : protection du débat public contre les ingérences numériques étrangères durant les élections municipales de mars 2026</a>. SGDSN / VIGINUM (2026-06-11)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.sgdsn.gouv.fr/files/files/20240212_NP_SGDSN_VIGINUM_RAPPORT-RESEAU-PORTAL-KOMBAT_VF.pdf">Portal Kombat : un réseau structuré et coordonné de propagande prorusse</a>. SGDSN / VIGINUM (2024-02-12)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.disinfo.eu/doppelganger-hub/">Doppelganger / RRN, hub de suivi de la campagne</a>. EU DisinfoLab (2024)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/contenu/visualisation/909229/file/Rapport_DPR2024_versionpublique.pdf">Rapport d'activité 2023-2024 : état de la menace d'ingérence et bilan des JO de Paris 2024</a>. Délégation parlementaire au renseignement (Assemblée nationale) (2024)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.defense.gouv.fr/desinformation/analyses-sgdsn/sgdsn-viginum-analyse-du-mode-operatoire-informationnel-russe-storm-1516">Analyse du mode opératoire informationnel russe Storm-1516</a>. SGDSN / VIGINUM (relais defense.gouv.fr) (2025)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/presse-et-ressources/decouvrir-et-informer/actualites/cybersecurite-l-union-europeenne-sanctionne-plusieurs-acteurs-de-l-ecosysteme-cyber-offensif-prive">L'Union européenne sanctionne des acteurs du cyber offensif privé (dont deux entités chinoises)</a>. Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères (2026-03)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.franceinfo.fr/france/ile-de-france/seine-saint-denis/chine-en-france-des-postes-de-police-chinoise-clandestins-organisent-des-retours-forces_6521618.html">Chine : des postes de police clandestins en France organisent des retours forcés</a>. franceinfo (Envoyé spécial) (2023)</li><li id="ref-8"><a href="https://fr.timesofisrael.com/etoiles-de-david-taguees-en-france-loperation-etait-pilotee-par-le-fsb-russe-selon-une-nouvelle-source/">Étoiles de David taguées en France : l'opération était pilotée par le FSB russe</a>. The Times of Israël (2023)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.senat.fr/rap/r23-739-1/r23-739-1_mono.html">Rapport de la commission d'enquête sur les influences étrangères malveillantes (n° 739)</a>. Sénat (2024-07-25)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.malaymail.com/news/world/2023/09/21/french-far-right-says-russian-loan-repaid/92155">Le prêt russe du FN/RN remboursé par anticipation (dépêche AFP)</a>. AFP (2023-09-21)</li><li id="ref-11"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/rapports/ceingeren/l16b1311_rapport-enquete">Rapport de la commission d'enquête sur les ingérences de puissances étrangères (n° 1311)</a>. Assemblée nationale (2023)</li><li id="ref-12"><a href="https://lcp.fr/actualites/on-fait-quoi-le-rn-denonce-les-refus-de-prets-bancaires-pour-financer-sa-campagne-de">Le RN dénonce les refus de prêts bancaires pour financer sa campagne de 2027</a>. LCP (2026)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.ledevoir.com/monde/europe/1000250/ingerences-russes-contre-aspirants-presidents-france-multiplient">Ingérences russes visant des candidats à un an de la présidentielle 2027 (dépêche AFP)</a>. AFP (via Le Devoir) (2026-08-06)</li><li id="ref-14"><a href="https://www.globalsecurity.org/wmd/library/news/russia/2024/08/russia-240828-rferl01.htm">Pavel Durov (Telegram) : arrestation, mise en examen et cadrage « ingérence / liberté d'expression »</a>. RFE/RL (reprise GlobalSecurity) (2024-08-28)</li><li id="ref-15"><a href="https://www.sgdsn.gouv.fr/viginum">VIGINUM, service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères</a>. SGDSN (2021)</li><li id="ref-16"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050052193">Loi n° 2024-850 du 25 juillet 2024 visant à prévenir les ingérences étrangères en France</a>. Légifrance (République française) (2024-07-25)</li><li id="ref-17"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000037847559">Loi n° 2018-1202 du 22 décembre 2018 relative à la lutte contre la manipulation de l'information</a>. Légifrance (République française) (2018-12-22)</li><li id="ref-18"><a href="https://lcp.fr/actualites/marine-le-pen-est-le-dernier-espoir-de-la-france-le-soutien-d-elon-musk-au-rn-provoque">« Marine Le Pen est le dernier espoir de la France » : le soutien d'Elon Musk au RN</a>. LCP (2026-07)</li><li id="ref-19"><a href="https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/macron-leaks-en-2017-paris-accuse-officiellement-le-renseignement-militaire-russe-88035b8080fffaaf7ca4fd53be9a8359">Macron Leaks : Paris attribue officiellement l'attaque au renseignement militaire russe (dépêche AFP)</a>. AFP (via Boursorama) (2025-04-29)</li></ol>]]></description></item><item><title>Ceuta : 50 000 à 60 000 entrées en une nuit, la quasi-totalité repartie le lendemain</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/ceuta-nombre-migrants-libre-circulation-schengen/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/ceuta-nombre-migrants-libre-circulation-schengen/</guid><pubDate>Sat, 01 Aug 2026 08:01:30 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Immigration</category><category>Schengen</category><category>Union européenne</category><category>Ceuta</category><category>Frontières</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/ceuta-nombre-migrants-libre-circulation-schengen/cover.webp" length="385348" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Dans la nuit du 30 au 31 juillet, des milliers de personnes contournent à la nage les brise-lames d&rsquo;El Tarajal, à Ceuta. Certaines n&rsquo;atteignent jamais la plage. Au matin, l&rsquo;enclave espagnole compte ses morts, au moins trente-quatre, peut-être cinquante-sept. Le vendredi à 13 heures, 48 000 des quelque 50 000 personnes entrées sont déjà reparties de l&rsquo;autre côté, au Maroc.</div>

<h2 id="le-chiffre-de-la-nuit-et-ce-quil-contient">Le chiffre de la nuit, et ce qu&rsquo;il contient</h2>
<p>Deux nombres circulent. Le ministère de l&rsquo;Intérieur espagnol parle de « 50 000 » entrées depuis le vendredi matin [1]. Le gouvernement autonome de Ceuta avance « 60 000 » [2]. Ce sont des estimations d&rsquo;autorités parties prenantes, pas un décompte. Le chiffre porte sur des entrées brutes, concentrées sur environ 24 heures.</p>
<p>Ce brut n&rsquo;est pas un stock de personnes restées, c&rsquo;est un flux qui repart presque aussitôt. À 13 heures le vendredi, le ministère compte 48 000 renvois au Maroc sur les 50 000 entrées, soit de l&rsquo;ordre de 96 % [1]. Un autre relevé en donnait environ 25 000 [2]. Une bonne part de ces retours est décrite comme volontaire [3]. Ce chiffre vient du ministère, mais il converge avec le constat de l&rsquo;agence Associated Press.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">48 000</span> <span class="stat__label">renvois au Maroc à 13 heures le vendredi, sur environ 50 000 entrées (ministère de l&#39;Intérieur espagnol)</span></aside>

<p>Combien sont réellement restés ? Personne ne le sait. Aucun chiffre net fiable n&rsquo;existe. L&rsquo;ordre de grandeur est faible au regard du brut, mais il n&rsquo;est pas établi.</p>
<p>Restent les morts, un bilan non figé. Le ministère en a d&rsquo;abord annoncé trente-quatre [1], le gouvernement espagnol a confirmé jusqu&rsquo;à cinquante-sept le vendredi soir [2]. Des personnes se sont noyées à la nage, d&rsquo;autres sont mortes dans une bousculade sur le brise-lames de Tarajal [2, 3]. Dans l&rsquo;enclave saturée, des enfants non accompagnés ont dormi sur les trottoirs [2]. Ceuta en comptait déjà 472 sous sa tutelle le 29 juillet, contre 210 quinze jours plus tôt, bien au-delà de la capacité de ses centres [5].</p>
<h2 id="un-pic-hors-norme-une-mécanique-déjà-vue">Un pic hors norme, une mécanique déjà vue</h2>
<p>Rapporté au flux habituel, l&rsquo;épisode est massif. Ceuta enregistrait en moyenne 176 arrivées par mois entre 2022 et 2025, environ 404 par mois début 2026 [4]. Les entrées terrestres du 1er janvier au 15 juillet, 2 826, marquent déjà une hausse de 149 % sur un an [5]. En une nuit, l&rsquo;enclave a vu passer plusieurs dizaines de fois son flux mensuel ordinaire. Le pic est réel et exceptionnel en volume, et il est reparti presque intégralement.</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas non plus une première. En mai 2021, plus de 8 000 personnes avaient rejoint Ceuta en deux jours par les mêmes brise-lames, dont environ 1 500 mineurs [6]. La moitié était refoulée dès le lendemain. Le déclencheur était diplomatique : l&rsquo;Espagne avait accueilli sous une fausse identité un chef du Front Polisario, et le Maroc avait réagi sur le dossier du Sahara occidental [6]. Sa gendarmerie, d&rsquo;abord d&rsquo;une passivité inhabituelle, avait ensuite été réordonnée. Le Maroc peut ouvrir ou fermer ce robinet.</p>
<p>En 2026, son rôle reste discuté. L&rsquo;ambassadeur du Maroc affirme que les passages ont eu lieu contre la volonté de Rabat [3]. Un photographe de l&rsquo;agence AP l&rsquo;a vu autrement. Des gendarmes marocains sont d&rsquo;abord restés à l&rsquo;écart, les bras croisés. Puis ils ont déployé gaz lacrymogènes et canons à eau [3]. La passivité initiale est observée, l&rsquo;intention officielle démentie. Le dossier ne tranche pas.</p>
<h2 id="la-cause-avancée-et-ce-que-les-vérifications-en-disent">La cause avancée, et ce que les vérifications en disent</h2>
<p>Une explication a vite dominé le débat : l&rsquo;Espagne aurait provoqué l&rsquo;afflux en lançant, en janvier 2026, une régularisation exceptionnelle de sans-papiers. Vox en Espagne, une partie de la droite et de l&rsquo;extrême droite en France, et Donald Trump y ont vu un appel d&rsquo;air [3, 4, 19].</p>
<p>Les vérifications ne suivent pas. L&rsquo;agence AP classe cette causalité « non étayée » [3]. Le média de vérification Newtral ne la valide pas non plus [4]. Sur la même période, les arrivées augmentent à Ceuta mais baissent sur la route des Canaries, de loin la voie d&rsquo;entrée principale vers l&rsquo;Espagne. Un appel d&rsquo;air général se verrait partout, pas sur un seul point pendant qu&rsquo;il recule ailleurs.</p>
<p>Ce que les vérifications documentent, ce sont d&rsquo;autres ressorts. Une rumeur d&rsquo;ouverture de la frontière a circulé sur les réseaux sociaux. Le 8 juillet, la Cour suprême espagnole a interdit le refoulement immédiat des personnes interceptées en mer. Des passeurs ont détourné cette décision [3, 5]. Le tout sur fond de pauvreté et de chômage au Maroc.</p>
<figure class="quote">
  <blockquote><p>« Au début, les gens entendaient que la frontière était ouverte. Ensuite, tout le monde s&rsquo;est mis à parler de la décision de la justice espagnole. »</p>
</blockquote>
  <figcaption class="quote__source">un militant, cité par l&#39;agence Associated Press</figcaption>
</figure>

<p>Le nombre brut a circulé dans un environnement pollué. Des images d&rsquo;une « déferlante » présentées comme Ceuta étaient en réalité la Libye en 2023. Des vidéos de l&rsquo;armée espagnole sur le brise-lames étaient fausses, générées par intelligence artificielle [4].</p>
<h2 id="libre-circulation-et-schengen--deux-régimes-distincts">Libre circulation et Schengen : deux régimes distincts</h2>
<p>Face à ces images, des voix ont réclamé de « suspendre la libre circulation ». La formule recouvre deux régimes distincts.</p>
<p>Le premier est la libre circulation des citoyens de l&rsquo;Union. Elle est réservée aux ressortissants d&rsquo;un État membre [11]. Une personne entrée sans titre à Ceuta n&rsquo;en bénéficie jamais. Viser ce droit pour une raison migratoire n&rsquo;a aucun sens juridique.</p>
<p>Le second est l&rsquo;espace Schengen, l&rsquo;absence de contrôles aux frontières entre États membres [12]. C&rsquo;est le seul objet que « suspendre » pourrait viser. Or une suspension de Schengen n&rsquo;existe pas en droit. Le texte prévoit seulement une réintroduction temporaire des contrôles intérieurs [12]. Elle suppose une menace grave et un dernier recours. Il faut aussi une mesure proportionnée, une notification à la Commission, et des plafonds de durée respectés.</p>
<p>La réforme de 2024 a élargi ce cadre sans l&rsquo;abolir [13]. Elle nomme désormais un motif migratoire. Mais elle le borne aux mouvements « soudains, de grande ampleur et non autorisés, entre les États membres ». Elle allonge aussi les durées, jusqu&rsquo;à deux puis trois ans pour une même menace. Le texte de 2016 plafonnait à six mois. Le dernier recours, lui, reste la règle.</p>
<p>La Cour de justice de l&rsquo;Union a posé deux verrous. On ne peut pas dépasser le plafond en reconduisant la même menace. Il en faut une nouvelle et distincte [14]. Réintroduire ses contrôles ne transforme pas une frontière intérieure en frontière extérieure [15]. L&rsquo;État peut refuser une entrée, mais doit appliquer les garanties de la directive retour. Le refoulement automatique est exclu.</p>
<h2 id="ceuta--arriver-nouvre-pas-la-route-vers-la-france">Ceuta : arriver n&rsquo;ouvre pas la route vers la France</h2>
<p>Il y a plus simple. La crainte d&rsquo;un « flot vers la France » se règle en amont, par un texte permanent.</p>
<p>Une déclaration de l&rsquo;Espagne de 1991 le fixe, reprise depuis par l&rsquo;article 41 du code frontières Schengen [9, 10]. L&rsquo;Espagne contrôle l&rsquo;identité et les documents au départ des enclaves. Ce contrôle vaut vers la péninsule comme vers tout autre pays de l&rsquo;espace. Une personne sans titre est contrôlée au port ou à l&rsquo;aéroport de Ceuta. Elle ne peut pas embarquer pour le continent sans passer ce filtre.</p>
<aside class="pullquote">Arriver dans l&rsquo;enclave n&rsquo;ouvre aucune route vers la France.</aside>

<p>C&rsquo;est ce qui s&rsquo;est vérifié pendant l&rsquo;événement. Le 31 juillet, la Commission européenne est claire. Il n&rsquo;y a « aucun mouvement vers le continent européen ce jour », et les contrôles de sortie de Ceuta restent en place [7]. Un quotidien international relève qu&rsquo;aucun migrant n&rsquo;a pu poursuivre vers l&rsquo;Espagne continentale ni vers un autre pays de l&rsquo;Union [8]. L&rsquo;agence AP cite l&rsquo;Union européenne : « pas une seule personne n&rsquo;a rejoint le continent » [3]. Deux faits établis, côte à côte : « 60 000 entrés », et « pas un seul passage vers le continent ».</p>
<p>La formule de la Commission décrit un état du jour, pas une prophétie. Le fait durable, c&rsquo;est le contrôle au départ, pas la déclaration.</p>
<p>Cela ne fait pas de l&rsquo;enclave une prison. Un demandeur d&rsquo;asile dont la demande est jugée recevable est transféré vers la péninsule et son dispositif d&rsquo;accueil [16]. La restriction de circulation elle-même a été jugée illégale par des tribunaux espagnols dans plus de dix-huit affaires entre 2018 et 2021 [16]. Les mineurs non accompagnés relèvent de la protection de l&rsquo;enfance [16]. Ni « invasion », ni prison à ciel ouvert.</p>
<h2 id="la-réponse-française-dans-le-cadre-existant">La réponse française, dans le cadre existant</h2>
<p>La France a réagi. Le ministre de l&rsquo;Intérieur a demandé de renforcer sans attendre les contrôles à la frontière espagnole et activé une force d&rsquo;intervention rapide [17]. Cette mesure se situe dans le code frontières Schengen, ni sortie ni suspension.</p>
<p>L&rsquo;Italie a choisi une voie plus dure. Elle a annoncé suspendre Schengen avec l&rsquo;Espagne pour un mois [18]. En droit, même cette mesure reste une réintroduction encadrée de contrôles, pas une suspension au sens strict.</p>
<p>Un point est souvent passé sous silence. La France contrôle déjà ses frontières intérieures sans interruption depuis le 13 novembre 2015 [21]. Elle les maintient par tranches de six mois reconduites, toujours en vigueur en 2026 [20]. Mais le motif invoqué est l&rsquo;ordre public et le terrorisme, pas la migration [21]. Présenter un appel à « fermer la frontière espagnole » contre les migrants comme le prolongement du dispositif existant serait donc inexact.</p>
<p>Le pic de Ceuta est réel. Il a été massif, et il a fait des morts. La quasi-totalité des personnes entrées est repartie au Maroc le jour même. Et une règle tient depuis 1991 : au départ de l&rsquo;enclave, un contrôle d&rsquo;identité, vers la péninsule comme vers le reste de l&rsquo;espace. Arriver à Ceuta n&rsquo;ouvre aucune route vers la France, et la Commission comme deux vérifications indépendantes l&rsquo;ont redit au moment des faits.</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.euronews.com/my-europe/2026/07/31/around-25000-migrants-returned-to-morocco-after-mass-border-crossing-into-ceuta">Around 25,000 migrants returned to Morocco after mass border crossing into Ceuta</a>. Euronews (chiffres du ministère de l'Intérieur espagnol) (2026-07-31)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.aljazeera.com/news/2026/7/31/spain-pm-to-visit-ceuta-after-19-migrants-die-breaching-border-from-morocco">Spain PM to visit Ceuta after migrants die breaching border from Morocco</a>. Al Jazeera (2026-07-31)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.wral.com/news/ap/50baa-fact-focus-migrant-crossing-in-spains-ceuta-breeds-unsubstantiated-claims/">FACT FOCUS: Migrant crossing in Spain's Ceuta breeds unsubstantiated claims</a>. Associated Press (reprise WRAL) (2026-07-31)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.newtral.es/ceuta-regularizacion-migrantes/20260731/">Las llegadas irregulares a Ceuta desde el anuncio de la regularización extraordinaria</a>. Newtral (données du ministère de l'Intérieur) (2026-07-31)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.elespanol.com/reportajes/20260729/inmigrantes-llegado-nado-ceuta-dias-prohibir-supremo-devoluciones-mar/1003744336430_0.html">Más de 1.000 inmigrantes han llegado a nado a Ceuta en 9 días tras prohibir el Supremo las devoluciones en mar</a>. El Español (2026-07-29)</li><li id="ref-6"><a href="https://es.wikipedia.org/wiki/Incidente_fronterizo_entre_Espa%C3%B1a_y_Marruecos_de_2021">Incidente fronterizo entre España y Marruecos de 2021</a>. Wikipedia (es) (2021)</li><li id="ref-7"><a href="https://www.euronews.com/my-europe/2026/07/31/migrants-in-ceuta-cannot-move-to-other-countries-eu-says">Migrants in Ceuta cannot move to other countries, EU says</a>. Euronews (position de la Commission européenne) (2026-07-31)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.thenationalnews.com/news/mena/2026/07/31/spain-sends-troops-to-secure-ceuta-enclave-after-nearly-50000-migrants-swim-from-morocco/">Spain sends troops to secure Ceuta enclave after nearly 50,000 migrants swim from Morocco</a>. The National (2026-07-31)</li><li id="ref-9"><a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX:42000A0922(04)">Déclaration du Royaume d'Espagne sur les villes de Ceuta et Melilla (acquis de Schengen), JO L 239 du 22.9.2000</a>. Union européenne (droit primaire) (1991)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.legislation.gov.uk/eur/2016/399/article/41/data.xht">Code frontières Schengen, règlement (UE) 2016/399, article 41 (Ceuta et Melilla)</a>. Union européenne (droit primaire) (2016)</li><li id="ref-11"><a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32004L0038">Directive 2004/38/CE relative au droit de circulation et de séjour des citoyens de l'Union</a>. Union européenne (droit primaire) (2004-04-29)</li><li id="ref-12"><a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32016R0399">Code frontières Schengen, règlement (UE) 2016/399, articles 25 à 29</a>. Union européenne (droit primaire) (2016-03-09)</li><li id="ref-13"><a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32024R1717">Règlement (UE) 2024/1717 réformant le code frontières Schengen</a>. Union européenne (droit primaire) (2024-06-13)</li><li id="ref-14"><a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:62020CJ0368">CJUE, grande chambre, 26 avril 2022, C-368/20 et C-369/20 (Landespolizeidirektion Steiermark)</a>. Cour de justice de l'Union européenne (2022-04-26)</li><li id="ref-15"><a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:62022CJ0143">CJUE, 21 septembre 2023, C-143/22 (ADDE e.a.)</a>. Cour de justice de l'Union européenne (2023-09-21)</li><li id="ref-16"><a href="https://asylumineurope.org/reports/country/spain/reception-conditions/access-and-forms-reception-conditions/freedom-movement/">Freedom of movement, rapport-pays Espagne</a>. AIDA / ECRE (2026)</li><li id="ref-17"><a href="https://lcp.fr/actualites/ceuta-face-a-l-arrivee-massive-de-migrants-en-espagne-la-france-active-un-dispositif">Ceuta : face à l'arrivée massive de migrants en Espagne, la France active un dispositif</a>. LCP (La Chaîne parlementaire) (2026-07-31)</li><li id="ref-18"><a href="https://www.imidaily.com/europe/italy-suspends-schengen-free-movement-with-spain-after-ceuta-crossings/">Italy suspends Schengen free movement with Spain after Ceuta crossings</a>. IMI Daily (Investment Migration Insider) (2026-07-31)</li><li id="ref-19"><a href="https://www.lejdd.fr/Societe/vague-de-migrants-a-ceuta-de-philippe-a-le-pen-les-appels-a-durcir-les-controles-se-multiplient-180252">Vague de migrants à Ceuta : de Philippe à Le Pen, les appels à durcir les contrôles se multiplient</a>. Le Journal du dimanche (2026-07-31)</li><li id="ref-20"><a href="https://home-affairs.ec.europa.eu/policies/schengen/schengen-area/temporary-reintroduction-border-control_en">Temporary reintroduction of border control</a>. Commission européenne (DG Home) (2026)</li><li id="ref-21"><a href="https://verfassungsblog.de/30-days-six-months-forever-border-control-and-the-french-council-of-state/">30 Days, Six Months … Forever? Border Control and the French Council of State</a>. Verfassungsblog (analyse académique, Sébastien Platon) (2018)</li></ol>]]></description></item><item><title>« 600 millions » pour la diversité de la police britannique : les deux tiers ne sont pas de l'argent dépensé</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/police-britannique-600-millions-diversite/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/police-britannique-600-millions-diversite/</guid><pubDate>Tue, 28 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Royaume-Uni</category><category>Police</category><category>Diversité</category><category>Chiffres publics</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/police-britannique-600-millions-diversite/cover.webp" length="34016" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 26 juillet, un rapport de 102 pages sort à Londres. Un chiffre en occupe le résumé : 631 millions de livres, le coût de la diversité dans la police depuis 2020. En deux jours, il devient « 600 millions » dans les titres, puis « 2 000 policiers de terrain en moins ». Reste une page que la reprise a sautée. Celle où l&rsquo;auteur explique comment il a obtenu son chiffre.</div>

<h2 id="un-chiffre-que-son-auteur-appelle-une--estimation-">Un chiffre que son auteur appelle une « estimation »</h2>
<p>Le chiffre vient d&rsquo;un seul document. Un rapport publié par Policy Exchange, un think tank britannique classé à droite [1, 4]. Ce n&rsquo;est pas un audit officiel. Ce n&rsquo;est pas une étude relue par des pairs. C&rsquo;est le travail d&rsquo;un acteur du débat, peu transparent sur ses financements [4], et dont l&rsquo;auteur, ancien policier, défend une ligne hostile à ces politiques [1].</p>
<p>Ce point compte pour une raison simple. L&rsquo;auteur ne prétend pas avoir compté des dépenses réelles. Il l&rsquo;écrit noir sur blanc. Il n&rsquo;existe, dit-il, « aucun relevé public du coût total ». Alors il a pris « le peu de données disponibles » et « extrapolé une estimation » [1]. Le mot est de lui. Son chiffre n&rsquo;est pas une addition. C&rsquo;est une projection.</p>
<h2 id="les-deux-tiers-nont-jamais-quitté-une-caisse">Les deux tiers n&rsquo;ont jamais quitté une caisse</h2>
<p>Sur les 631 millions, 431 forment le plus gros poste. Soit 68 % du total [1]. Cet argent n&rsquo;a pas été dépensé. C&rsquo;est du temps de formation, converti en livres.</p>
<p>La méthode tient en quelques lignes. L&rsquo;auteur suppose que chaque policier a suivi quatre heures de formation par an depuis 2020 [1]. Huit heures pour un gradé. Deux heures pour un civil. Ces durées ne sont pas mesurées. Elles sont supposées, et appliquées à 100 % des effectifs [1].</p>
<p>Puis il donne un prix à ces heures. Lequel ? Celui d&rsquo;une facture. La police britannique dispose d&rsquo;un tarif pour vendre ses services à un tiers, pensions et frais généraux compris [1]. C&rsquo;est ce tarif que le rapport applique, 551 livres par jour et par agent [1]. Un barème conçu pour facturer l&rsquo;extérieur, pas pour mesurer une dépense interne.</p>
<aside class="pullquote pullquote--float">431 millions qui ne correspondent à aucune dépense supplémentaire.</aside>

<p>Résultat : 431 millions qui ne correspondent à aucune dépense supplémentaire. Le temps a bien été passé en formation. Mais il était déjà payé, et aucune enveloppe dédiée n&rsquo;est sortie d&rsquo;une caisse pour cette somme.</p>
<p>Un détail du même poste mérite d&rsquo;être lu. Le compte inclut aussi, de l&rsquo;aveu du rapport, « les formations consacrées à d&rsquo;autres sujets mais comportant une composante diversité » [1]. Autrement dit, des heures qui ne portent pas d&rsquo;abord sur la diversité entrent quand même dans le total.</p>
<h2 id="le-reste-repose-sur-une-force-ou-sur-cinq">Le reste repose sur une force, ou sur cinq</h2>
<p>Restent deux postes. 177 millions pour des postes internes. 23 millions pour des prestations extérieures [1].</p>
<p>Le premier est extrapolé à partir d&rsquo;une seule force de police, celle de Londres [1]. Le rapport multiplie ses effectifs par 5,8 pour couvrir tout le pays, puis rabote de 30 % au cas où Londres compterait plus de personnel dédié qu&rsquo;ailleurs [1]. Ce rabot est lui-même une hypothèse, non mesurée [1].</p>
<p>Le second, les 23 millions, part des dépenses réelles de cinq forces, 2,7 millions constatés, multipliés par 8,54 [1]. C&rsquo;est le seul poste adossé à des dépenses observées. Il pèse 3,6 % du total [1]. Le reste, soit 96 %, est de l&rsquo;estimation.</p>
<h2 id="une-obligation-légale-comptée-comme-un-choix">Une obligation légale comptée comme un choix</h2>
<p>Le rapport présente l&rsquo;ensemble comme une dépense que la police se serait offerte. La loi dit autre chose. Une partie de ces activités découle d&rsquo;un devoir inscrit dans la loi britannique sur l&rsquo;égalité de 2010 [1]. Les forces n&rsquo;ont pas le choix : elles doivent s&rsquo;y conformer.</p>
<p>Et le rapport le sait. La preuve, il demande d&rsquo;abroger ces articles de loi [1]. Personne ne réclame la suppression d&rsquo;une obligation qui n&rsquo;existe pas. En comptant ensemble ce que la loi impose et ce que la police choisit, sans jamais les séparer, le chiffre range sous « dépense de confort » une part qui est en réalité une contrainte.</p>
<h2 id="moins-dun-penny-par-livre">Moins d&rsquo;un penny par livre</h2>
<p>Le chiffre impressionne parce qu&rsquo;il est gros et d&rsquo;un bloc. Mais il couvre six ans et tout le Royaume-Uni [1]. Ramené à l&rsquo;année, cela fait environ 105 millions de livres [1, 3].</p>
<p>Face à quoi ? Le budget de la police britannique tient entre 18 et 19,5 milliards par an [3]. Les 105 millions annuels en représentent 0,5 à 0,6 % [3]. Moins d&rsquo;un penny par livre dépensée.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">0,5 à 0,6 %</span> <span class="stat__label">la part du budget annuel de la police que pèse le chiffre, une fois ramené à l&#39;année</span></aside>

<p>C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;argument des chefs de police eux-mêmes. Ils parlent d&rsquo;« une très petite proportion » d&rsquo;un budget « de plusieurs milliards » [2]. Eux aussi défendent leur bilan, ils sont juges et parties. Mais cette proportion-là se vérifie sur les comptes publics. Elle tient [3].</p>
<h2 id="-2-000-policiers-en-moins---à-une-condition-près">« 2 000 policiers en moins » : à une condition près</h2>
<p>Reste la phrase qui a fait les titres. Cet argent, dit le rapport, aurait pu financer « 2 000 policiers de terrain » de plus par an [1].</p>
<p>Le calcul est juste, à une condition : que l&rsquo;argent existe. Or 68 % de ce total n&rsquo;a jamais été dépensé [1]. C&rsquo;est du temps déjà travaillé, pas une enveloppe rangée dans un tiroir. Un argent qui n&rsquo;a pas été sorti ne peut pas être « remis sur le terrain ».</p>
<p>C&rsquo;est pourtant la promesse qu&rsquo;en tirent certains. L&rsquo;opposition conservatrice y voit « un gaspillage choquant » [2]. Reform UK veut supprimer chaque poste concerné pour « remettre cet argent sur le terrain » [2]. La promesse sonne bien. Elle repose sur une somme dont les deux tiers n&rsquo;ont jamais quitté les caisses.</p>
<h2 id="le-débat-reste-ouvert-le-décompte-non">Le débat reste ouvert, le décompte non</h2>
<p>Une question demeure, que ce chiffre ne tranche pas. Ces dépenses de diversité sont-elles utiles, bien employées, justifiées ? Le débat est réel, et il est légitime. Mais il suppose un décompte solide.</p>
<p>Celui-ci additionne du temps de travail déjà payé, des obligations que la loi impose et des projections tirées d&rsquo;une poignée de forces [1]. Deux jours après sa parution, personne ne l&rsquo;avait encore vérifié. Il annonce 631 millions. Les deux tiers ne sont pas de l&rsquo;argent dépensé [1].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://policyexchange.org.uk/publication/without-fear-or-favour/">"Without fear or favour"? An assessment of 'Anti-Racism' in policing today</a>. Policy Exchange (2026-07-26)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.aol.co.uk/articles/cops-blow-631m-diversity-obsession-210000000.html">Cops blow £631m on diversity 'obsession' instead of fighting crime</a>. PA Media (via AOL UK) (2026-07-27)</li><li id="ref-3"><a href="https://questions-statements.parliament.uk/written-statements/detail/2024-12-17/hcws325">Déclarations écrites au Parlement sur le financement de la police (2024-25 et 2025-26)</a>. Home Office / Parlement britannique (2024-12-17)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.opendemocracy.net/en/dark-money-investigations/policing-bill-policy-exchange-exxonmobil-lobbying/">Policy Exchange, ExxonMobil and the Policing Bill (dark money investigations)</a>. openDemocracy</li></ol>]]></description></item><item><title>Sea-Watch : la vidéo présentée comme preuve d'une « collusion », et le tir libyen du même jour</title><link>https://lecourrierdefrance.fr/articles/sea-watch-images-sauvetage-collusion/</link><guid isPermaLink="true">https://lecourrierdefrance.fr/articles/sea-watch-images-sauvetage-collusion/</guid><pubDate>Sat, 18 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate><author>contact@lecourrierdefrance.fr (Le Courrier de France)</author><category>Immigration</category><category>Méditerranée</category><category>Sea-Watch</category><category>Libye</category><category>Désinformation</category><enclosure url="https://lecourrierdefrance.fr/articles/sea-watch-images-sauvetage-collusion/cover.webp" length="40700" type="image/webp"/><description><![CDATA[<div class="chapo">Le 11 mai 2026, une caméra de l&rsquo;agence européenne Frontex filme le Sea-Watch 5 au large de la Libye. On y voit un canot rapide, des hommes cagoulés, un transbordement, un pouce levé vers l&rsquo;équipage. Deux mois plus tard, ces images tournent sur les télévisions françaises comme la preuve d&rsquo;une « collusion » entre l&rsquo;ONG et des passeurs. Le même jour, une demi-heure après ce sauvetage, un patrouilleur libyen a ouvert le feu sur le navire.</div>

<h2 id="ce-que-la-caméra-filme">Ce que la caméra filme</h2>
<p>Les faits d&rsquo;abord. Le 11 mai 2026, le Sea-Watch 5 secourt environ 90 personnes en détresse, en eaux internationales au large de la Libye [2]. Un aéronef de Frontex filme la scène. On y voit un transbordement depuis un canot rapide, des hommes en tenue paramilitaire et cagoulés, un pouce levé vers l&rsquo;équipage [1].</p>
<p>À la mi-mai, le navire entre à Brindisi. Le parquet italien ouvre une enquête. Il vise le commandant du navire, de nationalité néerlandaise, pour aide à l&rsquo;immigration illégale [1]. Pour les enquêteurs, la vidéo montre « un rendez-vous », une rencontre organisée avec des passeurs, pas un secours fortuit [1].</p>
<p>C&rsquo;est une thèse d&rsquo;accusation. L&rsquo;enquête est préliminaire. Il n&rsquo;y a ni procès, ni mise en accusation, ni jugement. Le commandant est présumé innocent [1]. Sea-Watch nie tout rendez-vous et affirme que l&rsquo;équipage ignorait qui pilotait le canot [3]. Chaque camp défend sa version.</p>
<p>Reste la question simple. Ces gestes prouvent-ils une entente ? Un sauvetage en mer obéit à une procédure fixée par le droit maritime international. Des conventions signées par les États imposent à tout navire de secourir toute personne en détresse [13]. Elles confient la coordination à un centre étatique, pas à un contact privé. Le capitaine signale la détresse à ce centre. Ce centre, en l&rsquo;occurrence celui de Rome, transmet la position aux navires proches. Connaître un point de rencontre en mer, c&rsquo;est la règle, pas un secret partagé avec des passeurs. Un secours coordonné et une collusion produisent la même scène. À ce niveau, l&rsquo;image ne tranche pas.</p>
<aside class="pullquote">Un secours coordonné et une collusion produisent la même scène.</aside>

<h2 id="la-nuit-un-projecteur-un-téléphone">La nuit, un projecteur, un téléphone</h2>
<p>Des gestes de secours relus comme des preuves, ce n&rsquo;est pas nouveau. En 2017 déjà, une accusation visait des projecteurs allumés la nuit, des appels téléphoniques, un transpondeur coupé. Or ces gestes sont la routine d&rsquo;un sauvetage en mer. Un projecteur, la nuit, sert à repérer un canot. Un appel sert à prévenir les secours. Une contre-enquête, menée du côté de la défense des ONG, l&rsquo;a documenté en détail [11].</p>
<p>Un détail est rarement cité. Selon cette même enquête, les téléphones satellitaires des embarcations sont fournis par les passeurs, pas par les ONG [11].</p>
<h2 id="une-demi-heure-après-le-secours-les-tirs">Une demi-heure après le secours, les tirs</h2>
<p>Le 11 mai, il s&rsquo;est passé autre chose. Une demi-heure après le sauvetage, un patrouilleur de la garde-côte libyenne a ouvert le feu sur le Sea-Watch 5 [2]. Le bateau avait été fourni par l&rsquo;Italie [2]. Pas de mort, pas de blessé, mais trente membres d&rsquo;équipage et les rescapés visés.</p>
<p>Ce n&rsquo;était pas un cas isolé. Une investigation recense au moins 79 incidents graves impliquant la garde-côte libyenne depuis 2016 [2]. Le chiffre est tenu par une coalition où siège Sea-Watch, partie prenante, et présenté comme sous-estimé [2]. Un rapport interne de Frontex parlait, lui, d&rsquo;une mise en danger « fréquente » des vies par les autorités libyennes [2].</p>
<h2 id="lhomme-que-lonu-a-sanctionné-lui-porte-un-nom">L&rsquo;homme que l&rsquo;ONU a sanctionné, lui, porte un nom</h2>
<p>Le seul acteur de ce dossier formellement sanctionné pour trafic de migrants n&rsquo;est pas l&rsquo;ONG. C&rsquo;est un officier des garde-côtes libyens. Un chef d&rsquo;unité des garde-côtes de Zawiya, surnommé « Bija », a été inscrit en juin 2018 sur la liste des sanctions de l&rsquo;ONU pour trafic de migrants [7]. C&rsquo;était la première fois que l&rsquo;ONU sanctionnait des personnes pour ce motif [7]. Cette inscription est un acte du Conseil de sécurité, pas une condamnation pénale, et Bija nie les faits [7].</p>
<p>Un an plus tôt, en mai 2017, ce même homme était en Sicile. Avec un visa italien. À une réunion officielle sur le ralentissement des départs, côté italien [8]. Celui que l&rsquo;Italie finance pour garder ses frontières avait donc, dans ses rangs, un homme que l&rsquo;ONU allait sanctionner pour trafic.</p>
<h2 id="sept-ans-daccusations-aucune-condamnation">Sept ans d&rsquo;accusations, aucune condamnation</h2>
<p>L&rsquo;accusation de connivence entre ONG et passeurs n&rsquo;est pas neuve. Elle dure depuis 2017. En sept ans, aucune procédure n&rsquo;a débouché sur une condamnation pour entente avec des passeurs.</p>
<p>Le navire Iuventa a été saisi en 2017. Après plus de quarante audiences préliminaires et environ trois millions d&rsquo;euros de frais, le parquet lui-même a demandé l&rsquo;abandon [4]. En avril 2024, la justice a prononcé un non-lieu avec la formule la plus large de son droit : « le fait n&rsquo;existe pas » [4].</p>
<p>La capitaine Carola Rackete, arrêtée à Lampedusa en 2019, a été disculpée par la Cour de cassation italienne début 2020. Son arrestation était illégitime, jugent les magistrats, car elle accomplissait un devoir de sauvetage [5].</p>
<p>Quant au procureur de Catane qui, en 2017, disait détenir des « preuves » de contacts directs, il a fini par reconnaître n&rsquo;en avoir aucune d&rsquo;utilisable. Son enquête a été classée en 2019, faute de preuve d&rsquo;infraction [6].</p>
<h2 id="ce-que-disent-les-chiffres-sur-l-appel-dair-">Ce que disent les chiffres sur l&rsquo;« appel d&rsquo;air »</h2>
<p>Reste l&rsquo;idée que les secours en mer attireraient les départs, l&rsquo;« appel d&rsquo;air ». La recherche la plus solide sur le sujet, publiée dans une revue scientifique à comité de lecture, conclut que le sauvetage « n&rsquo;induit pas de migration » [9].</p>
<p>Un fait le montre simplement. La présence ou l&rsquo;absence des ONG n&rsquo;a rien changé au nombre de départs [10]. Mais le taux de morts, lui, a plus que doublé, de 2,4 % en 2016 à 6,4 % en 2019 [10]. Moins de sauveteurs n&rsquo;a pas donné moins de départs. Cela a donné plus de morts.</p>
<aside class="stat"><span class="stat__num">6,4 %</span> <span class="stat__label">la part des morts en mer en 2019, contre 2,4 % en 2016, après le retrait des ONG</span></aside>

<p>Et la part des ONG dans les secours reste minoritaire. Même à leur maximum, en 2017 et 2018, elles n&rsquo;ont assuré qu&rsquo;environ quatre débarquements sur dix. L&rsquo;essentiel a toujours été le fait des autorités italiennes elles-mêmes [10].</p>
<h2 id="le-navire-anti-ong-pris-avec-des-migrants-à-bord">Le navire anti-ONG pris avec des migrants à bord</h2>
<p>En 2017, un groupe d&rsquo;extrême droite a affrété un navire pour gêner les ONG, accusées de connivence. Ce navire, le C-Star, a lui-même été pris avec une vingtaine de migrants à bord, amenés par des passeurs [12]. Son équipage a été arrêté pour trafic de migrants [12]. Le bateau avait coupé son signal de position, le geste même que ses affréteurs reprochaient aux ONG [12].</p>
<h2>Sources</h2><ol><li id="ref-1"><a href="https://www.open.online/2026/07/16/sea-watch-trasbordo-migranti-indagine/">La foto del trasbordo di migranti su Sea Watch 5 : « Era un appuntamento »</a>. Open (2026-07-16)</li><li id="ref-2"><a href="https://www.thenewhumanitarian.org/feature/2026/07/13/eu-expands-libya-cooperation-despite-repeated-warnings-over-violence-sea">EU expands Libya cooperation despite repeated warnings over violence at sea</a>. The New Humanitarian (2026-07-13)</li><li id="ref-3"><a href="https://www.cnews.fr/monde/2026-07-17/immigration-les-images-de-passeurs-qui-remettent-des-migrants-long-sea-watch-en">Les images de passeurs qui remettent des migrants à l'ONG Sea-Watch relancent les soupçons de collusion</a>. CNews (reprise du Figaro) (2026-07-17)</li><li id="ref-4"><a href="https://www.ansa.it/sito/notizie/cronaca/2024/04/19/iuventa-prosciolti-tutti-gli-imputati-_05931cc8-a014-4494-8cac-10158d26600e.html">Iuventa, prosciolti tutti gli imputati</a>. ANSA (2024-04-19)</li><li id="ref-5"><a href="https://www.sistemapenale.it/it/scheda/cassazione-sea-watch-illegittimo-larresto-di-carola-rackete">Cassazione : illegittimo l'arresto di Carola Rackete (arrêt n° 6626/2020)</a>. Sistema Penale (Cour de cassation italienne) (2020-01-16)</li><li id="ref-6"><a href="https://www.open.online/2019/05/15/zuccaro-si-arrende-archiviata-dopo-linchiesta-sulle-ong-taxi-del-mare/">Zuccaro si arrende. Archiviata l'inchiesta sulle Ong « taxi del mare »</a>. Open (2019-05-15)</li><li id="ref-7"><a href="https://main.un.org/securitycouncil/en/sanctions/1970/materials/summaries/individual/abd-al-rahman-al-milad">Notice de motifs d'inscription, Abd al-Rahman al-Milad (« Bija »)</a>. Conseil de sécurité de l'ONU, Comité des sanctions 1970 (2018-06-08)</li><li id="ref-8"><a href="https://www.theglobeandmail.com/world/article-how-a-notorious-libyan-trafficker-was-invited-to-an-official-italian/">How a notorious Libyan trafficker was invited to an official Italian meeting</a>. The Globe and Mail (2019)</li><li id="ref-9"><a href="https://www.nature.com/articles/s41598-023-38119-4">Search-and-rescue in the Central Mediterranean Route does not induce migration</a>. Scientific Reports (Nature) (2023-08-03)</li><li id="ref-10"><a href="https://www.migrationpolicy.org/article/criminalization-rescue-operations-mediterranean-rising-deaths">Criminalization of Search-and-Rescue Operations in the Mediterranean Has Been Accompanied by Rising Migrant Death Rate</a>. Migration Policy Institute (2020)</li><li id="ref-11"><a href="https://content.forensic-architecture.org/wp-content/uploads/2023/04/2017_Report_Blaming-The-Rescuers.pdf">Blaming the Rescuers</a>. Forensic Oceanography (Forensic Architecture) (2017-06)</li><li id="ref-12"><a href="https://hopenothate.org.uk/2017/07/27/people-smuggling-charges-owner-crew-far-right-ship/">People smuggling charges for owner and crew of far-right ship</a>. HOPE not hate (2017-07-27)</li><li id="ref-13"><a href="https://www.sosmediterranee.org/legal-framework/">Cadre juridique du sauvetage en mer</a>. SOS Méditerranée (s. d.)</li></ol>]]></description></item></channel></rss>