De retour, tout près du musée
Les trois œuvres avaient été volées le 22 mars, à la fondation Magnani-Rocca 1,4. Ce musée privé se trouve à une vingtaine de kilomètres de Parme, dans le nord de l’Italie 2. Il occupe une villa pleine de chefs-d’œuvre. Un collectionneur les a réunis là, jusqu’à sa mort en 1984 6.
Les enquêteurs ont retrouvé les tableaux lors d’une perquisition, chez un suspect 2. Selon eux, les œuvres n’avaient jamais quitté Parme 1. Pas de trafic à l’étranger. Pas de revente lointaine. Les tableaux étaient restés sur place, cachés dans un simple débarras 1.
Un indice que les voleurs croyaient effacé
Tout tient à un détail. Sur les lieux du vol, les voleurs avaient laissé une pioche et un extincteur 2. Ils en avaient limé les numéros de série, pour les rendre anonymes 2.
La police scientifique a reconstitué ces numéros 2. Ils ont mené à un immeuble, puis à un membre présumé du groupe 2. C’est ce travail de laboratoire qui a ouvert la piste. Pas une dénonciation. Pas un coup de chance.
L’enquête a duré environ cinq mois 1,3. Des mois de recoupements, puis le cercle s’est refermé 1.
Un vol de quelques minutes
Le coup avait été rapide. Dans la nuit du 22 au 23 mars, un groupe d’au moins quatre hommes cagoulés force l’entrée du musée 1,4. Les caméras filment la scène 1. Deux d’entre eux décrochent trois tableaux, réunis dans une même salle 1. Ils les passent par la fenêtre à un complice resté dehors 1. Le tout en quelques minutes 2.
Un quatrième tableau a été abandonné dans la fuite 1. Il avait déclenché l’alarme 5.
Trois œuvres, trois valeurs très différentes
Les trois tableaux ne valent pas la même chose, loin de là. Le dessin aquarellé de Cézanne est estimé à environ 6 millions d’euros 1,2. L’huile de Renoir, à environ 3 millions 1,2. Le Matisse, lui, à environ 20 000 euros 1,2.
L’écart s’explique simplement. Le Matisse volé n’est pas une toile unique. C’est une estampe, un tirage imprimé sur papier 1. Au total, le butin est estimé à près de 9 millions d’euros 3,5. Ces montants restent des estimations, pas des prix de vente.
L’enquête continue
Neuf personnes sont mises en cause dans cette affaire 1,5. Cinq sont en détention 1,2. Les enquêteurs les présentent comme un groupe organisé, derrière plusieurs cambriolages dans la région 2. À ce stade, ce ne sont que des soupçons. Aucune n’a été jugée.
Reste l’essentiel. Trois œuvres que l’on croyait perdues ont refait surface. Elles le doivent à des numéros de série que personne n’était censé pouvoir relire 2.
