Une attaque, puis le vide derrière
Le Tour de Lombardie 2026 s’est joué dans une seule montée. La côte de Civiglio, 4,2 kilomètres à près de 10 % de pente. C’est la difficulté clé de cette édition. Seixas y place son accélération à moins de 20 kilomètres de l’arrivée 1,2. Remco Evenepoel ne tient pas. Isaac Del Toro décroche à son tour. Tom Pidcock et Giulio Ciccone résistent, puis cèdent 2.
Le reste, le Français l’a couru seul. 18,2 kilomètres en tête, d’après le relevé de course 3. Une descente vers Côme, une dernière bosse à San Fermo della Battaglia, puis une avance qui grimpe au-delà de 40 secondes 2. Il franchit la ligne sans personne dans la roue. La course faisait 239 kilomètres et près de 4 700 mètres de dénivelé 3.
Le plus jeune de l’histoire de la course
Le Tour de Lombardie existe depuis 1905. C’est l’un des cinq Monuments, les cinq classiques qui comptent plus que les autres, et le dernier de la saison 5. En cent vingt éditions, aucun vainqueur n’avait jamais été aussi jeune. Seixas avait 20 ans et 16 jours samedi 1,2.
Il devient aussi le quatrième plus jeune coureur à gagner un Monument 1. C’était son premier. Et le premier remporté par un Français depuis Julian Alaphilippe, à Milan-San Remo. Le dernier datait de 2019 2.
Ni un hasard, ni un inconnu
Seixas n’est pas sorti de nulle part. L’an dernier, il finissait déjà 7e de ce même Tour de Lombardie 4. La même année, il gagnait le Tour de l’Avenir, la grande course des coureurs de moins de 23 ans 4. Au printemps 2026, il a terminé 2e de Liège-Bastogne-Liège, un autre Monument, juste derrière Tadej Pogacar 2. La marche d’après, c’était une victoire. Elle est venue en Lombardie.
Ce que la victoire pèse
Une précision, pour être juste. Tadej Pogacar n’était pas au départ. Il a gagné les cinq dernières éditions. Son absence ouvrait la course 2. Mais Seixas n’a pas devancé des seconds couteaux. Derrière lui, on trouve l’Espagnol Enric Mas, l’Italien Giulio Ciccone et le Belge Remco Evenepoel, trois des meilleurs du monde 3. Et 48 secondes d’avance sur une classique, ce n’est pas une victoire volée 1. Un autre Français, Mathys Rondel, a pris la 10e place 2.
« On dirait que c’est un rêve »
Au micro, le Lyonnais cherchait encore ses mots.
« C’est fou. Je ne réalise pas pour l’instant. Tout s’est parfaitement déroulé. Mes coéquipiers ont tous fait un peu plus que ce qu’ils devaient faire. J’avais des jambes incroyables. »
Il a raconté sa fin de course comme un contre-la-montre contre lui-même 2. La peur de se tromper dans la descente. L’écart qu’il surveillait sans oser y croire. Puis la ligne, et personne derrière. Sa dernière phrase disait tout. « On dirait que c’est un rêve. »
