Au 1er octobre, la facture de gaz augmente encore. Environ 5 euros de plus dès ce mois-ci, en moyenne. Sur l’année, la facture pourrait grimper d’environ 120 euros, selon le régulateur 1. Un foyer sur trois dit déjà avoir eu froid chez lui 7.

Une seule brique du prix a bougé

Le prix du gaz n’est pas un bloc unique. Il additionne plusieurs morceaux. Le gaz lui-même, acheté sur le marché. Son acheminement dans les tuyaux. Les taxes. Chaque morceau change à sa propre date 2.

Au 1er octobre, un seul a bougé. Le prix du gaz sur le marché. Le régulateur le dit noir sur blanc 1.

« Seule la part approvisionnement évolue au 1er octobre 2026. Conséquence d’une augmentation des prix sur les marchés du gaz au mois d’août comparativement à juillet, le PRVG augmente. »

Commission de régulation de l'énergie, 10 septembre 2026

L’acheminement, lui, ne change qu’au printemps et en été 2. Les taxes sont fixées ailleurs, par le Parlement. Elles n’ont pas bougé ce mois-ci. Le prix de gros du gaz a monté en août. La facture d’octobre suit. Voilà toute la cause 1.

La taxe, elle, n’a pas flambé

La taxe sur le gaz reste sous son niveau du début 2025. Elle est passée de 17,16 à 15,43 euros par mégawattheure à l’été 2025 3. Elle est un peu remontée depuis, sans flambée 3.

Un point a bien alourdi la facture, mais avant. La TVA. Depuis août 2025, elle est à 20 % sur tout, abonnement compris 4. C’était l’an dernier. Ce n’est pas la hausse d’octobre.

Reste le vrai moteur, sur la durée. Le prix repère du gaz a grimpé d’environ 64 % depuis sa création, à l’été 2023 5. À chaque cran, le même ressort. Le marché.

Ceux qui se chauffent au gaz paient l’essentiel

La hausse ne touche pas l’abonnement. Elle porte sur le prix de chaque kilowattheure consommé 5. Donc plus un foyer consomme, plus il paie en euros.

Or les écarts sont énormes. Un foyer qui cuisine au gaz brûle moins de 1 000 kilowattheures par an. Un foyer qui se chauffe au gaz en brûle six à trente fois plus 5. Le chauffage, à lui seul, pèse environ les trois quarts du volume 5.

Le résultat est simple. Un foyer chauffé au gaz encaisse presque toute la hausse. Un foyer qui n’a le gaz que pour la plaque la sent à peine.

Et les gros consommateurs prennent une hausse plus forte que la moyenne. Sur les offres de chauffage, des relevés donnent près de 7,8 %, contre 6,2 % pour la cuisson 5. Plus de volume, et un pourcentage plus haut. Une nuance, toutefois. Tout le monde ne subit pas la hausse au même moment. Les offres à prix fixe, environ 40 % des clients, y échappent ce mois-ci 1.

Une même hausse, un effort inégal

À euros égaux, une hausse pèse plus lourd sur un petit budget. Le chauffage n’est pas une dépense qu’on choisit. On la subit. La même facture fait mal en bas de l’échelle, et se remarque à peine en haut.

Un tiers des foyers se chauffe au gaz 8. C’est, avec l’électricité, l’énergie la plus répandue. Elle équipe surtout les villes, les immeubles, le logement social. Dans le parc social, près des trois quarts des appartements sont chauffés par des réseaux, gaz compris 8.

Le gaz n’est pourtant pas l’énergie des plus pauvres. Par foyer, ceux qui se chauffent au gaz sont les moins exposés à la précarité. Le seul relevé officiel par énergie, ancien, de 2008, leur donne le taux le plus bas, 7,2 % 9. Loin derrière le fioul, à 38 % 9. La raison tient au bâti. Le gaz chauffe des logements collectifs et urbains, moins coûteux à chauffer qu’une maison isolée au fioul.

Le poids social de la hausse ne vient donc pas de là. Il vient du nombre. Un tiers des foyers, cela fait beaucoup de ménages modestes, même à faible taux d’exposition.

Le froid, et un filet qui ne vise pas le gaz

Le prix pèse déjà sur les habitudes. Dans un sondage de 2024, trois foyers sur quatre disent restreindre leur chauffage 7. Un tiers dit avoir eu froid, deux fois plus qu’en 2020 7. Les plus concernés sont les jeunes, les ouvriers, les employés, les locataires 7. C’est un ressenti déclaré, pas une mesure au thermomètre.

Une aide existe, le chèque énergie. Mais elle ne cible pas le gaz. Elle sert pour toutes les énergies, électricité comprise 6. En 2022, environ un chèque sur trois touchait une facture contenant du gaz 6. Environ 3,1 millions de foyers vivent en précarité énergétique 6. La hausse d’octobre ajoute un cran.

La cause de cette hausse, elle, tient en une ligne. Le prix du gaz a monté sur le marché, et la facture suit. Ni une taxe, ni les tuyaux, ni une décision publique 1.