Vingt jours en mer, presque tous des îles
Ils sont vingt-neuf à bord. Dix-neuf étudiants, sept encadrants, et trois venus des arts et des métiers de la mer 1. Le groupe porte un nom, l’École Bleu Outremer. La campagne, elle, s’appelle MAYOBS36. Elle court du 18 septembre au 8 octobre 2026. Vingt jours de surveillance en mer 1.
Les étudiants viennent des universités de Mayotte, de La Réunion, de Maurice et des Seychelles. D’autres arrivent d’un institut des sciences marines de Madagascar, d’une école d’arts et d’une école maritime de La Réunion 1. Presque tous sont des îles de l’océan Indien. Ils embarquent sur un sujet qui parle de chez eux.
Le volcan qui a fait trembler Mayotte
Le volcan s’appelle Fani Maoré. Il est né sous la mer, à cinquante kilomètres à l’est de Mayotte 2,3. Une mission du Marion Dufresne l’a découvert en 2019 2. En quelques mois, un édifice de huit cents mètres de haut avait poussé par trois mille cinq cents mètres de fond 2. Sa dernière éruption date de janvier 2021 3.
Avant lui, il y a eu la peur. En mai 2018, la terre s’est mise à trembler sous Mayotte. Les secousses ont atteint la magnitude 5,9. En novembre 2018, plus de deux mille séismes ont dépassé la magnitude 3,5 2. Pour les habitants, ce volcan n’a rien d’abstrait. Le sol a bougé sous leurs pieds.
C’est ce volcan que les étudiants partent surveiller. Pas dans un livre. En mer, là où il se trouve.
Une campagne réelle, pas un exercice
Le Marion Dufresne n’est pas un bateau-école. C’est un navire de recherche en activité. Il mène les campagnes scientifiques et ravitaille les îles australes françaises 4. Il embarque jusqu’à cent quatorze passagers et compte six cent cinquante mètres carrés de laboratoires 4. Les jeunes y travaillent aux côtés des scientifiques et d’un équipage professionnel.
Ce que vivent les étudiants de 2026 n’est pas encore raconté. La campagne vient de commencer. Le seul récit disponible est celui de la première édition, en 2022 5. Cette année-là, soixante-quinze jeunes avaient embarqué 5,6, du 28 juin au 27 juillet, à travers l’océan Indien 5.
Ils avaient déployé des instruments, analysé des données, étudié le même volcan Fani Maoré 5. À côté des scientifiques, il y avait des artistes et des jeunes en métiers de la mer. Un étudiant mahorais avait confié que les travaux autour du volcan avaient été, pour lui, le moment le plus important 5.
Ce que l’on sait, ce que l’on ne sait pas encore
Le programme est né d’une idée de l’institut public de recherche marine. Il est financé par plusieurs ministères, des agences publiques et des universités 6. Son but affiché : que ces jeunes deviennent des « passeurs » des enjeux de l’océan auprès de leur population 6. C’est un objectif, pas un résultat mesuré. Aucun regard extérieur n’a encore mesuré ce que le programme change vraiment.
Reste le fait le plus simple, et le plus solide. Des jeunes de territoires souvent tenus loin de la recherche de pointe montent à bord d’une mission de premier plan. Et cette mission veille sur leur propre mer.
